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dimanche 3 juillet 2022

R.I.P. Eric Nesterenko


Il y a quelques semaines est décédé Eric Nesterenko. Il avait 88 ans.

Fils d’immigrants ukrainiens, Nesterenko est né à Flin Flon, dans le nord du Manitoba. Il déménagea toutefois à l’adolescence à Toronto avec sa famille. Il se retrouva ainsi dans la cour des Leafs, en s’alignant avec les Marlboros de Toronto.

Le talent offensif de Nesterenko attira rapidement l’attention et il devint un espoir de premier plan des Leafs. Pendant que leurs rivaux montréalais avaient Jean Béliveau dans leur pépinière, Toronto voulut mousser le talent de Nesterenko. Il accéda même à la LNH sur une base régulière avant Béliveau, puisque ce dernier prolongea son séjour avec les As de Québec plus longtemps que le tricolore ne l’aurait voulu. Toutefois, une fois tous les deux bien installés dans la grande ligue, les résultats furent très différents et le parallèle ne tenait plus.

De 1952 à 1955, Nesterenko connut des saisons respectables de 10, 14 et 15 buts. Toutefois, en 1955-56, sa production baissa à 4 buts et il termina l’année avec Winnipeg dans la Ligue de l’ouest. Pendant ce temps, Béliveau en comptait 47 et remportait sa première Coupe Stanley.

Les comparaisons cessèrent et Toronto considéra alors Nesterenko comme un échec. Il fut donc échangé aux Black Hawks, une équipe de fond de classement à ce moment, en compagnie de Harry Lumley pour un montant d’argent.

Nesterenko adapta alors son style. Moins flamboyant, il devint un joueur défensif utilisé en désavantage numérique, et qui avait habitude de garder ses coudes bien hauts.

L’équipe montra aussi un certain progrès. Avec l’arrivée de Bobby Hull, Pierre Pilote, Glenn Hall et Stan Mikita, les Hawks atteignirent finalement les séries en 1958-59, après les avoir ratées 11 fois en 12 ans.

Au cours de la saison 1960-61, Nesterenko fut au cœur d’un événement controversé. Willie O’Ree était parvenu à faire sa place au sein de l’alignement des Bruins, devenant ainsi le premier noir à jouer dans Ligue nationale. Selon O’Ree, lors d’un match à Chicago, Nesterenko l’aurait traité de ce qu’on appelle de nos jours le "mot en n", en plus d’utiliser le bout de son bâton pour lui casser le nez et les dents d’en avant. O’Ree a répliqué avec son bâton, causant une blessure qui nécessita 15 points de suture à Nesterenko. Le tout dégénéra en échauffourée. Nesterenko affirma plus tard qu’il ne se souvenait pas d’avoir utilisé d’insultes racistes.

À la fin de la saison, Nesterenko atteignit son sommet en carrière avec 125 minutes de punition et en séries, il aida Chicago à remporter sa seule Coupe des 25 ans que dura l’époque des six équipes. Par la suite, les Hawks eurent de bonnes années. Ils atteignirent deux autres fois la finale avant l’expansion de 1967, mais ils ne remportèrent pas d’autres Coupes.

Nesterenko demeura au-delà de la période des six équipes, jusqu’en 1972. Il joua au total 1013 matchs avec les Hawks, pour un total de 1219 en ajoutant ceux dans l’uniforme des Leafs.


Il tenta ensuite l’expérience suisse en devenant entraîneur (et parfois joueur) du club de Lausanne. L’expérience fut toutefois mitigée et après un an, il revint en Amérique du Nord pour un dernier tour de piste chez les pros. Il joua une dernière saison avec les Cougars de Chicago de l’AMH, sous les ordres de son ancien coéquipier, Pat Stapleton. Il joua également au niveau senior avec les Smoke Eaters de Trail, avant d’accrocher ses patins.

Par la suite, Nesterenko, qui a toujours été de nature solitaire et qui a déjà eu des questionnements au sujet de la pertinence de son travail de hockeyeur, s’est mis à se concentrer sur le ski alpin. Après un passage à vide qui a inclus un peu trop d’alcool, c’est là qu’il alla chercher un peu d’oxygène. Établi au Colorado, il fut patrouilleur, puis travailla au contrôle des avalanches, avant de devenir moniteur, poste qu’il occupa pendant plusieurs années.

En 1986, il fut consultant pour le film Youngblood, où il aida Rob Lowe, qui jouait le personnage principal, à apprendre à patiner. (Une doublure fut toutefois nécessaire pour la plupart des scènes sur la glace.) Il fut aussi devant la caméra, alors qu’il joua le père du personnage de Lowe.

Sources :

"Out of hockey and listening still for that distant drum" de Trent Frayne, March 10, 1980, MacLean’s (archives.macleans.ca),

"The career after the hype" de Stan Fischler, July 16, 2019, The Hockey News (thehockeynews.com),

"Eric Nesterenko, member of the 1961 Chicago Blackhawks, dies at 88 – and leaves behind a complicated hockey legacy" de Phil Thompson, June 7, 2022, Chicago Tribune (chicagotribune.com),

"Eric Nesterenko, le premier vainqueur de la Coupe Stanley à Lausanne", 9 juin 2022 (lausannehc.ch),

brownscremationservice.com/obituary/eric-nesterenko, wikipedia.org.

lundi 14 septembre 2009

RIP Derek Sutton


Hey oui, j'ai le regret de vous annoncer que l'ancien capitaine des Mustangs d'Hamilton, Derek Sutton, est décédé à l'âge de 57 ans d'un cancer du pancréas. Rappelons qu'en 1986 avec l'aide de la jeune recrue Dean Youngblood, les Mustangs remportèrent le championnat de leur ligue. Sutton se fit sauvagement attaquer durant la finale et dût mettre un terme à sa carrière suite à ces blessures... Rappelons qu'il est devenu danseur quétaine par la suite avant de devenir un fantôme spécialisé dans la poterie après un passage dans un bar routier... On l'a d'ailleurs déjà soupçonné de faire des cambriolages avec un masque de président Reagan. Toutefois, ces accusations ne furent jamais confirmées faute de preuve et ce, malgré l'utilisation de policier en infiltration...





Repose en paix!

mardi 7 juillet 2009

Youngblood

J'ai passé la soirée d'hier à écouter ce splendide film de hockey. Ce que j'aime de ce film c'est qu'on dirait la version Rocky 4 (ou 1 ou 2) du premier épisode de Lance et Compte, celui où Pierre joue dans les mineures. Mais au lieu d'être un livreur de chips, Dean Youngblood vient du milieu rural le plus délabré du nord des États-Unis. C'est de là que provient d'ailleurs la morale du film qui doit d'ailleurs plus avoir eu de l'effet chez les jeunes de l'Ouest Canadien que ceux du Québec : "Si tu veux pas jouer, retourne vivre ta vie misérable à la ferme ou à l'usine." Donc saisie ta chance quand tu peux. Une autre bonne leçon de hockey que l'on peut recevoir à l'écoute de Youngblood c'est que la finesse ne suffit pas, parfois il faut jouer robuste. Il faudrait peut-être acheter une copie du DVD à Tomas Plekanec...



J'adore particulièrement la fin du film. Avez-vous déjà entendu parler d'une finale où même si nous avions une équipe championne, les joueurs des deux équipes se rassemblent au milieu de la glace pour une bataille? Si au moins c'était vrai... J'aime aussi le fait que Youngblood se retire en plein milieu de la série finale pour retourner dans sa ferme et que son frère lui apprenne le temps de le dire comment se battre avec un superbe montage de film sportif. Et son père, joué par l'ancien joueur des Black Hawks Eric Nesterenko (qui a des airs de Charles Bronson), lui enseignera comment se battre sur la glace parce que même si on sait boxer, c'est pas pareil avec des patins. Dean sera donc prêt a aller affronter les méchants Bombers de Thunder Bay, qui sont tellement violents qu'ils ont les couleurs de Bruins de Boston et un coach qui ressemble étrangement à Don Cherry. La ville de Thunder Bay est tellement violente qu'à la place de la baie vitrée on a droit à du grillage de cage à poulet...

À part ça c'est tout ce qu'il y a de plus cliché dans un film sportif, par exemple, notre héro qui sort avec la fille du coach avec qui il a des problèmes...
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Autres trucs à remarquer :

-Youngblood a 17 ans et il sort dans les bars en Ontario...

-L'ancien joueur Steve Thomas joue dans le film. Il se fait d'ailleurs donner un coup de serviette par Patrick Swayze. Il a le numéro 4 et son nom est Jordie.

-Il y a quand même beaucoup de drapeaux du Québec partout dans les arénas...

-Les joueurs font de la musculation avec leur équipement de joueur...

-Le regretté Peter Zezel joue aussi dans le film, son nom est Rossini.

-En plus de Zezel et Thomas, d'autres très bons joueurs de la ligue de l'Ontario n'ayant pas atteint la NHL comme Tim Salmon et Kevin Robinson font parti des Mustangs.

-Keanu Reeves n'est pas un bon comédien ni un bon gardien...

-Lors du camp d'essais des Mustangs, le gardien porte un jersey des Crusaders de Cleveland de la WHA...

-Remarquez le nombre de buts marqués que l'on donne tout au long du film. Par exemple, quand le personnage de Patrick Swayze donne le nombre qu'il a récolté sans Youngblood et le nombre que lui dit un enfant lorsque Youngblood demande à une bande de jeunes combien de buts ils ont marqués durant la saison... Il s'en score des buts dans le monde de Youngblood.