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mardi 5 août 2025

Face Off et sa parodie de SCTV


 
Bonjour chers puckeux,

Suite à notre appel pour des textes, notre fidèle lecteur qui commente sous le nom de Jellos a décidé de de se lancer et de nous soumettre son billet nostalgique au sujet du film Face Off.  On lui souhaite la bienvenue!


 
À la lecture de l'excellent article de keithacton sur l'ancien capitaine des Leafs de Toronto, George Armstrong, un souvenir d'enfance m'est revenu en mémoire. Pendant plusieurs années de suite, à chaque automne, la télé programmait le film Face-Off (ou Mise au jeu en version française) à Radio-Canada et en version originale à CBC, le canal 6 à Montréal. 
 
Film de 1971 comprenant plusieurs belles scènes en action, on peut entre autres y voir Réjean Houle se faire recoudre le visage (quoi de neuf ?), Doug Jarrett engager le combat avec le personnage principal du film, Billy Duke, joué par l'acteur canadien Art Hindle. Cet acteur ne se débrouillait pas trop mal sur la glace, sans doute mieux que Carl Marotte (même si Hindle est parfois doublé par Jim McKenny). Derek Sanderson a aussi quelques répliques. Le film comprend plusieurs séquences de match impliquant les joueurs des Leafs, en plus des scènes hors-glace avec le capitaine Armstrong. Un film mélangeant violence et romantisme : j'écris ça pour rire, film cheesy au possible qui avait fait pleurer mon coeur d'enfant. Je n’en dis pas plus au cas où certains auraient envie de le voir. 
 
 
 

 
 
Armstrong joue en fait son propre rôle dans le film. Il "fait l'éducation" du jeune Billy chez les pros. Le parallèle peut sans doute être fait avec le vrai Armstrong qui a pris l'avenir des Leafs, Sittler, sous son aile à sa 1ère saison en 1970. 
 
Ce préambule m'amène à la parodie de Face-Off tournée par le groupe d'humoristes de SCTV (Second City Television), l'équivalent canadien de Saturday Night Live, où John Candy, Eugene Levy, Martin Short, Catherine O'Hara, Andrea Martin, Rick Moranis et Dave Thomas (ces deux-là connus pour leurs personnages des frères Bob et Doug McKenzie originaires du "Great White North"), se sont fait connaître. Mais bref, je ne suis pas un si grand fan de l'humour du ROC (Rest of Canada) mais cette parodie de Face-Off vaut, à mon humble avis, le détour. Les pauvres Leafs du début des années 80 prêtaient flanc à toutes les critiques et les humoristes s'en donnaient à cœur joie. 
 

 
 
Sous des dehors loufoques, le sketch Power Play de SCTV souligne à gros traits quelques aspects du hockey professionnel de l'époque : 
 
- le jeune de l'Ouest canadien profond près à tout pour jouer dans la LNH ; 
 
- le coach qui vit par la violence mais qui s'évapore pendant une bagarre ; 
 
- le jeune poussé à se battre qui fait une crise d'anxiété sur le banc ; 
 
- la popularité des armes à feu dans l'Ouest canadien ; 
 
- les nombreux noms de familles à consonance polonaise et ukrainienne. 
 
On peut remarquer l'entraîneur, surjoué par « le Canadien William Shatner » (Shatner joué par Dave Thomas), habillé dans le style Don Cherry et un journaliste, qui ressemble étrangement à Frank Orr. À l'époque, Orr était l'un des critiques les plus virulents de la gestion rock n'roll d'Harold Ballard. Le tout puissant Ballard avait répliqué en faisant circuler la rumeur selon laquelle Orr, pourtant marié, était homosexuel. Et la scène de l'énorme chapeau indique peut-être que Todd avait fini par s'enfler la tête ?
 
On peut lire dans le générique du début "Introducing Daryl Sittler" (avec un seul "r"). Et on peut y entendre avant un match un certain chanteur folk appelé Eagleson... 
 
Il y a même un clin d'œil au film bien connu Planes, Trains & Automobiles (Voyage tous risques, assurément le meilleur de Candy). Pourtant le sketch de SCTV date de 1983 et le film avec Candy de 1987. Peut-être que le scénario avait déjà germé dans leur tête bien avant la sortie du film ? 
 
Finalement, la parodie de SCTV se moque du système de financement du cinéma canadien ayant cours entre 1975 et 1982, le fameux Canadian Movie Tax Shelter. Les cinéastes américains pouvaient venir tourner presque "sur le bras" au Canada, en autant qu'ils embauchent des artisans et des techniciens canadiens et quelques acteurs canadiens, souvent les mêmes, en majorité anglophones : Donald Sutherland, Gordon Pinsent, Al Waxman, Kate Reid, Walter Massey pour en nommer quelques-uns. Ils ajoutaient une ou deux vedettes américaines vieillissantes pour améliorer leurs chances de succès au box-office. C'était bien avant que le Canada commence, tel un vampire, à aspirer les ressources des pôvres Américains… mais ça, c'est une autre histoire. 
 

lundi 10 mars 2025

Howie Young



 



Né le 2 août 1937 à Toronto, le jeune Howard Young rêvait de devenir cowboy comme son idole John Wayne, jusqu'à ce qu'il assiste à son premier match de hockey au vieux Maple Leaf Gardens. 

Cependant, les parents de Young étaient tous les deux alcooliques, donc c'est avec sa grand-mère qu'il fut principalement élevé. Cette dernière mourut lorsqu'il avait 16 ans, et il dut alors se débrouiller seul, au même moment qu'il commençait lui aussi à développer de sévères problèmes d'alcool. 

Young était toutefois un défenseur très prometteur au sein des Canucks de Kitchener. Costaud, manieur de rondelle hors-pair et rapide patineur, il aurait apparemment attiré l'attention des Canadiens qui l'invitèrent à leur camp d'entraînement, mais il aurait supposément bousillé l'occasion en étant trop souvent lendemain de veille durant cet essai.

Young avec les Saguenéens
de Chicoutimi en 1958
Il devint ensuite propriété des Maple Leafs et continua son apprentissage junior à Hamilton. Les Leafs l'envoyèrent éventuellement débuter son parcours professionnel en 1958-59 avec les Saguenéens de Chicoutimi, alors dans la ligue du Québec. 

Il devint alors à la fois une vedette ainsi qu'un paria dans cette ligue, étant à la fois célébré pour sa rapidité et sa vision, mais aussi détesté pour ses excès de rudesse. Il était notamment réputé pour ses mises en échec percutantes, mais souvent jugées trop brutales aux yeux des arbitres et de cette ligue. Il avait aussi ce qu'on appelle une «short fuse», étant prompt à complètement perdre la boule sans préavis et se ruer sauvagement sur les joueurs adverses ou engueuler les arbitres. 

Il termina la saison avec 20 points, mais il accumula aussi 180 minutes de pénalité, un sommet dans la ligue, ainsi que quelques suspensions et amendes. 

Les Leafs l'envoyèrent ensuite dans la Ligue américaine avec les Americans de Rochester pour la saison 1959-60. Il continua ses frasques dans la AHL durant toute la saison, terminant troisième pour les minutes de pénalité. Cependant, malgré son potentiel certain, son indiscipline lui coûta sa place avec les Leafs, qui le libérèrent. 

Il se retrouva alors du boulot avec les Bears de Hershey en 1960-61, mais ces derniers trouvaient également qu'il était trop indiscipliné et l'échangèrent aux Red Wings contre Marc Réaume. 

C'est avec les Wings qu'il parvint à finalement atteindre la LNH à l'âge de 23 ans. Malgré qu'il ne joua que 29 des 70 matchs de l'équipe, il termina en tête de l'équipe avec 108 minutes au cachot. Il aida les Wings à se rendre jusqu'en finale dans une cause perdante contre Chicago, amassant 2 buts et 2 aides en 11 matchs durant les séries.

Sa saison 1961-62 fut toutefois à oublier à Détroit, où après 30 matchs avec seulement 2 passes au compteur et beaucoup trop d'indiscipline de sa part, autant sur la glace qu'en dehors, les Wings l'envoyèrent terminer la saison avec les Flyers d'Edmonton dans la Western Hockey League. Il aida toutefois les Flyers à remporter la coupe Patrick au printemps 1962.

Il passa ensuite la saison 1962-63 entièrement à Détroit, et termina en tête des joueurs pénalisés avec un 273 minutes de punition, battant le record de 202 minutes détenu par Lou Fontinato depuis 1956. Ce nouveau record de Young dura ensuite jusqu'en 1970. 

À ce moment à travers la LNH, autant les joueurs, dirigeants et fans étaient polarisés sur ce mystère qu'était Howie Young, à savoir s'il était un joueur qui méritait de jouer ou non dans la ligue. Maurice Richard, alors à la retraite, qualifia Young de complètement fou. Frank Selke Jr. abonda dans le même sens en déclarant dans le journal que Young avait besoin d'un psychiâtre. Mais d'un autre côté, Jack Adams déclara qu'il avait aussi le potentiel de devenir le prochain Eddie Shore.

Et même si son style de jeu attirait les foudres, il demeurait extrêmement populaire auprès des fans, car en plus de faire lever les gens de leurs sièges avec son jeu violent, il avait aussi un look de beau gosse et beaucoup de charisme. Il fut d'ailleurs en vedette sur la couverture de Sports Illustrated en janvier 1963. Il avoua plusieurs années plus tard qu'il était lendemain de veille lors de la prise de cette photo.

 


Éditorial de Frank Selke dans le journal La Patrie

Donc malgré son talent indéniable, il ne parvenait pas à calmer ses démons, étant en plus de nombreuses fois arrêté par la police suite à d'autres bagarres, dans les bars cette fois-ci. Il lui arrivait aussi de rater des matchs, des pratiques ou même l'avion de l'équipe. Après avoir causé de nombreux maux de têtes en peu de temps aux Red Wings, ces derniers perdirent finalement patience avec lui, l'échangeant aux Blackhawks durant l'été 1963 en retour du gardien Roger Crozier et du défenseur Ron Ingram. 

Les Blackhawks regretteront amèrement cet échange, car malgré que Young aida à remplir leur aréna, Crozier gagna le trophée Calder en 1964-65. Pendant ce temps, Howie Young et ses problèmes ne firent que passer à Chicago, mais ce fut très chaotique. Un exemple d'un match typique du «mauvais» Young se produisit lors d'un match contre Montréal en début de saison. Il aurait alors pourchassé Ralph Backstrom pendant plusieurs secondes avant de l'envoyer brutalement sur la bande. Après avoir reçu un deux minutes de pénalité, il jeta ses gants sur la glace en protestation, suite à quoi l'arbitre lui donna un 10 minutes supplémentaire. Young aurait ensuite menacé l'arbitre, qui l'a ensuite expulsé du match et donné une amende. 

Pendant un autre match à Toronto, il aurait craché vers Stafford Smythe, le DG les Leafs, alors que ce dernier était derrière le banc des pénalités avec son épouse et ses enfants. Clarence Campbell songea alors à bannir Young à vie de la LNH, mais cela ne résulta finalement qu'à une suspension de 5 matchs. Campbell déclara toutefois à Young qu'il était “the greatest detriment to hockey that ever laced on a pair of skates".

Donc après seulement 39 matchs, 99 minutes de pénalité et seulement 7 passes, les Blackhawks s'en débarrassèrent en vendant Young aux Blades de Los Angeles dans la WHL, tout en gardant ses droits dans la LNH.

Young déménagea donc en Californie et joua trois saisons avec les Blades. Il continua d'amasser les mauvaises pénalités, menant la ligue avec 227 minutes en 1964-65, mais obtint de meilleures statistiques, démontrant finalement son côté offensif. 

Son look hollywoodien correspondait parfaitement à l'endroit et il rencontra un jour Frank Sinatra qui l'engagea pour jouer dans son film «None but the Brave», un film sur la 2e guerre mondiale où il eut une seule ligne de dialogue. Il revint de ce tournage avec une coupe «Mohawk» peu orthodoxe pour l'époque, ce qui lui causa davantage de controverse.

 

Frank Sinatra en compagnie d'Howie Young sur le plateau du film «None but the brave»

La coupe «Mohawk» de Young durant son temps avec les Blades de Los Angeles

Les démons de Young le suivirent évidemment en Californie mais un beau jour en 1965 où il se réveilla de nouveau en prison, un codétenu l'invita à se joindre aux alcooliques anonymes. C'est alors que Young arrêta de boire et qu'il remit sa carrière sur la bonne voie.

Lors de la saison 1966-67, un Howie Young désormais plus assagi et sobre depuis 2 ans réussit à s'attirer les grâces des dirigeants et à revenir sur le radar le la LNH. Alors qu'il menait les Blades avec 22 points en 29 matchs, l'ancien DG de Young à Détroit, Sid Abel, se retrouvait avec un club en difficulté et des trous en défense. Il tenta alors une fois de plus le pari Howie Young en ramenant l'enfant trouble au bercail. Pour se faire, il transigea de nouveau avec les Hawks qui détenaient toujours ses droits.

Plusieurs doutèrent de la décision de Abel et s'attendaient à un nouveau fiasco, mais c'était véritablement un nouveau Howie Young qui revint à Détroit durant la saison 1966-67. Il appliqua de son propre aveu les mêmes principes qu'il apprit avec les AA, soit d'éviter le trouble, et ne prit plus autant de pénalités inutiles. Il connut même sa meilleure saison jusque là dans la LNH avec 17 points en 44 matchs et aida les Wings à sortir de leur torpeur, malgré qu'ils ratèrent les séries. Il n'avait toutefois pas perdu toute son agressivité et sa robustesse, terminant avec 100 minutes de pénalité.

Il joua ensuite une autre saison à Détroit, ponctuée d'un court séjour de 4 matchs dans les mineures. Mais durant l'été 1968, il fit partie d'une grosse transaction entre les Wings et les Seals d'Oakland envoyant le malheureux défenseur Bobby Baun à Détroit. Apparemment que Baun, autrefois vedette des Maple Leafs, détestait jouer en Californie, meublant son appartement de tableaux aux paysages nordiques afin de se sentir plus chez lui...

Avec les Seals... mais pas vraiment.

Young non plus ne voulait rien savoir de la Californie, même s'il y avait auparavant joué trois ans avec les Blades dans la WHL, car il refusa de se rapporter à l'équipe à l'aube de la saison 1968-69. Il fut donc suspendu et éventuellement placé au repêchage intra-ligue. C'est alors qu'une autre ancienne équipe le ramena au bercail, cette fois-ci les Blackhawks. 

Désormais âgé de 31 ans, Young commença à ressentir le poids des années et n'était plus aussi efficace, jouant désormais dans un rôle plus effacé avec les Hawks qui le libérèrent après la saison. 

Il passa ensuite la saison 1969-70 avec une autre ancienne équipe, cette fois-ci dans la ligue américaine, les Americans de Rochester. 

En 1969-70 il retourna dans la WHL,avec les Canucks de Vancouver. Le timing sembla bon de joindre cette équipe car il put retourner dans la LNH l'année suivante, demeurant avec les Canucks lors de leur année d'expansion en 1970-71. Mais après seulement 11 matchs, il fut récalé dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH. 

Après sa fin de saison 70-71 à Phoenix, il opta de prendre sa retraite. Il revint toutefois au jeu la saison suivante, toujours avec les Roadrunners, mais cette fois-ci non pas comme défenseur mais comme attaquant.

Désormais à 35 ans et dans un nouveau rôle d'attaquant et de vétéran, il s'en sortit bien avec une saison de 58 points en 1972-73, aidant les Roadrunners à remporter les grands honneurs. Il sembla également canaliser le Howie Young d'antan en terminant au premier rang de la WHL pour les minutes de punition.

Il fit encore mieux en 1973-74 avec 37 buts et 69 points, aidant les Roadrunners à remporter le championnat pour une deuxième saison consécutive dans ce qui était la dernière saison d'existence de la WHL. Il s'agissait des premiers championnats de Young depuis son premier passage dans cette même WHL en 1962 avec les Flyers d'Edmonton. 

Avec les Jets de Winnipeg dans l'AMH

Il revint dans les «majeures» en 1974-75 lorsque les Roadrunners firent le saut dans l'AMH. Après 30 matchs, il fut toutefois échangé aux Jets de Winnipeg où il retrouva son ancien coéquipier des Hawks Bobby Hull. 

Après une autre retraite de seulement une saison, il revint de nouveau au jeu en 1976-77, de nouveau avec les Roadrunners pour 26 matchs, en plus de 4 matchs dans la CHL avec les Blazers d'Oklahoma City.

Alors au crépuscule de sa carrière, Young demeura en Arizona la saison suivante, suivant toujours la franchise des Roadrunners, qui migrèrent alors dans l'obscure Pacific Hockey League. S'en suivit ensuite une dernière saison de 14 matchs avec les Blades de Los Angeles, nommés en honneur des anciens Blades de la WHL où il avait joué presque 15 ans auparavant. 

Mais comme lors de nombreuses autres fois dans ce texte, ce n'était pas encore la véritable fin pour Howie Young. En 1985, alors âgé de 48 ans, il lit dans le Hockey News que les Spirits de Flint de la IHL recherchaient des joueurs et offraient des essais ouverts. Le DG des Spirits croyait qu'il n'avait que 38 ans et lui accorda un poste avant d'apprendre son véritable âge. Il joua 4 matchs avec Flint et ensuite un autre 7 matchs avec les Slapshots de New York dans la ACHL.

Il occupa ensuite plusieurs boulots divers suite à sa véritable retraite, et tenta durant les années 90 de reprendre son side job comme acteur. Il obtint quelques petits rôles dans des films et séries western comme «Young Guns II» avec Emilio Estevez et le téléfilm «Last Stand at Saber River» avec Tom Selleck.

Et en plus de finalement pouvoir imiter son ancienne idôle John Wayne à l'écran dans des westerns, il put également réaliser son rêve de devenir cowboy, lorsqu'il acheta un ranch au Nouveau-Mexique.


Il mourut en 1999 à 62 ans d'un cancer du pancreas.

En 336 matchs dans la LNH sa fiche fut de 12 buts et 62 passes pour 74 points.
En 394 matchs dans la WHL sa fiche fut de 93 buts et 173 passes pour 266 points.
En 98 matchs dans l'AMH sa fiche fut de 17 buts et 25 passes pour 42 points.

En 157 matchs dans la AHL sa fiche fut de 25 buts et 32 passes pour 57 points.

 

Sources:
50 Years Ago in Hockey: Howie Young’s Biggest Battle, The Hockey Writers
Remembering Red Wing Bad Boy Howie Young, Vintagedetroit.com
Howie Young pourrait être suspendu à vie, L'événement, 11 janvier 1964
Du mystère autour de ce Howie Young, L'événement, 30 mars 1961
Un circuit de femmelettes?, Le Lingot, 20 novembre 1958
Young a besoin d'un psychiatre, La Patrie, 24 octobre 1963
Howie Young est injustement traité, Le Petit Journal, 19 janvier 1964
La réhabilitation de Young n'a pas été chose facile, La Presse, 7 février 1967

dimanche 5 janvier 2025

Net Worth



Au fil des ans, la CBC a produit plusieurs films et séries reliées au hockey très intéressants (qui sont malheureusement rarement traduits par Radio-Canada). Je me souvenais d’avoir lu le livre ″Net Worth : Exploding the Myths of Pro Hockey″, paru en 1991, dont une section avait inspiré un film présenté par CBC en 1995, que j’avais vu et apprécié, mais qui, à ce que je sache, n’avait pas été rediffusé depuis longtemps.

Lorsque, par hasard, je suis tombé sur le DVD que je pouvais acheter pour quelques dollars, j’ai sauté sur l’occasion. (Je me suis ensuite rendu compte qu’il était disponible sur youtube, mais bon, ce n’est pas très grave…)


L’histoire met principalement l’emphase sur les Red Wings de 1956-57. Après avoir dominé la première moitié des années 1950, Détroit vient de perdre la finale contre Montréal. Le camp d’entraînement débute et le directeur-gérant Jack Adams se montre sans merci. Il insulte ses joueurs, même ses vedettes, et dispose sans hésitation de ceux sur la pente descendante, incluant ceux qui avaient accepté de jouer blessés.

À cette époque, les salaires sont tabous et Adams se sert de ceci pour négocier (ou devrait-on dire imposer) des salaires les plus bas possibles. On apprend plus tard qu’Adams est payé en fonction ce qu’il reste du budget une fois les joueurs payés. Il utilise donc toutes les tactiques de manipulation possibles pour obtenir les meilleures aubaines possibles. Gordie Howe est présenté comme un grand naïf qui veut surtout jouer au hockey et qui avale toutes les salades d’Adams. Ce dernier lui laisse choisir son salaire, mais seulement après lui avoir présenté un constat plutôt larmoyant de la situation. Howe se montre donc très ″raisonnable″.

Ted Lindsay se montre toutefois moins crédule et négocie plus serré, bien qu’à ce moment, les joueurs, souvent sans éducation, n’ont pas d’agent et que sa demande de consulter un avocat est considéré comme un outrage par Adams. Alors qu’il pense avoir fait quelques gains, Adams lui retire son titre de capitaine.

Lindsay consulte alors un avocat new yorkais. Celui-ci a eu accès aux livres des équipes américaines par l’entremise d’une commission sur le crime organisé. Les quatre équipes au sud de la frontière sont contrôlées de près ou de loin par la famille Norris. En tant que propriétaire d’arénas, James D. Norris est impliqué dans le monde de la boxe, qui a très mauvaise réputation, a donc de mauvaises fréquentations et se retrouve mêlé à cette commission. L’avocat lui explique donc que les profits sont cachés dans les livres des arénas. Si les propriétaires prétendent à peine faire leurs frais avec leurs équipes et qu’ils le font par pure passion, il en demeure que sur une base globale, ils s’en mettent plein les poches, mais dans d’autres entités.

Lindsay décide donc qu’il serait temps de mettre sur pied une association des joueurs. Même si un syndicat aurait l’avantage de se trouver sous les lois du travail, ce terme a une connotation très négative, et Lindsay préfère une association.

Il profite donc du match des étoiles à Montréal pour établir des contacts avec des adversaires. Il faut dire que comme le repêchage n’existe pas encore, les joueurs sont développés par une équipe depuis leur jeune âge. Les échanges existent, mais ils ne sont pas si nombreux et évidemment la notion d’agent libre n’existe pas. Il en résulte donc un sentiment d’appartenance assez fort envers leur équipe. De plus, comme il n’y a que six équipes, on s’affronte souvent. Par conséquent, les joueurs ne fraternisent pas avec les adversaires. Ajoutons à cela que Lindsay est un joueur robuste, pour ne pas dire salaud et n’est pas le plus populaire parmi ses pairs. Malgré cela, il réussit tout de même à établir des contacts avec des joueurs des autres équipes (entre autres Jim Thomson à Toronto, Doug Harvey à Montréal et Gus Mortson à Chicago).

Des réunions sont tenues et finalement, 119 des 120 joueurs acceptent de former une association, incluant Gordie Howe, bien qu’avec réticence. Même si les demandes du groupe sont plutôt anodines, la réaction de la ligue est virulente.

Lorsque Larry Suharchuk, un personnage fictif, meurt dans l’auto où il habite après avoir été libéré par les Wings sans cérémonie et être tombé dans l’indigence, l’opinion de Lindsay se radicalise et il décide donc que c’est un syndicat qu’il leur faut.

La scène où les gouverneurs expliquent à Lindsay que les statuts de la ligue empêchent les joueurs d’être syndiqués, mais que les mêmes statuts indiquent qu’il est aussi interdit aux joueurs de voir les dits statuts montre toute la condescendance qu’éprouvent les propriétaires envers eux.

Comme vous le savez peut-être, les joueurs finirent par plier en échange de quelques concessions mineures et abandonnèrent Lindsay. Ce dernier fut échangé à Chicago, équipe misérable de cette période, tout comme Jim Thomson.

C’est Aidan Devine qui joue Lindsay. Celui qu’on a aussi vu dans ″De l’amour et des restes humains″ de Denys Arcand et dans ″The Arrow″ a d’ailleurs remporté un prix Gémeau pour son interprétation. Il s’acquitte très bien de sa tâche, mais selon moi, c’est Al Waxman qui se démarque le plus. Son Jack Adams est détestable, manipulateur, vulgaire (il traite les Canadiens de frogs à quelques reprises) en plus d’être au service des propriétaires, même s’il est lui-même un ancien joueur. Parmi ses nombreux rôles, Waxman, aujourd’hui décédé, est surtout connu de ce côté-ci de la frontière pour avoir joué le rôle principal dans le téléroman ″King of Kensington″. On retrouve d’ailleurs une statue à son effigie au Kensington Market, à Toronto. Aux États-Unis, on le connait surtout pour son rôle du lieutenant dans la série policière ″Cagney & Lacey″.

Soulignons aussi la présence de Carl Marotte, notre Pierre Lambert national, qui joue un Marty Pavelich en fin de carrière et assez favorable aux projets de Lindsay.

Dans une entrevue sur le DVD, Lindsay explique qu’Adams, en plus d’être détestable, était un mauvais homme de hockey qui, en l’échangeant avec Glenn Hall pour mater la rébellion tout en obtenant peu en retour, a causé des torts immenses aux Wings. Il faut dire qu’après la Coupe de 1954-55, il leur faudra attendre à 1996-97 avant de la remporter à nouveau, tout en passant par une longue traversée du désert. Ironiquement, Adams a été élu au Temple de la renommée quelques années plus tard, en 1959, et le trophée du meilleur entraîneur, instauré en 1974, porte son nom.

Dans la même entrevue, Lindsay affirme que suite à la sortie du film, sa relation avec Gordie Howe, dépeint comme mou et à la limite collaborateur, s’est détériorée. Quelques années plus tard, en 2013, CBC a produit une très bonne série ayant comme sujet le passage de Howe avec les Aeros de Houston de l’AMH, où il paraît beaucoup plus affirmé.


Bruce Norris, qui est officiellement le propriétaire des Red Wings, est présenté comme un insignifiant, oeuvrant dans l’ombre de son frère Jim (ou James D), le propriétaire des Hawks. Malgré son implication avec la pègre, il est aujourd’hui au Temple de la renommée, tout comme son frère Bruce.

La reconstitution de l’époque est intéressante, tout comme la leçon d’histoire. Évidemment, il s’agit du point de vue de Lindsay, mais si le cœur vous en dit, je vous le recommande.

Sources :

″The mean season – A TV drama revisits the old, cold, NHL″ de James Deacon, November 27, 1995, MacLean’s, page 57.

mardi 29 août 2023

Stan Mikita's Donuts


Mike Myers est originaire de Scarborough, en banlieue de Toronto. Après des présences plus ou moins régulières dans des séries canadiennes (incluant un épisode de The Littlest Hobo ou Le Vagabond en version française), il se joignit à la Second City. Cette troupe d’humour et d’improvisation (qui eut aussi une version télé) servit de tremplin à une multitude d’acteurs comiques comme Bill Murray, John Candy et Dan Aykroyd.

Dans le cas de Myers, ceci le mena en 1989 vers Saturday Night Live, l'émission légendaire de NBC. Parmi les nombreux personnages qu’il y interpréta, il y avait Wayne qui, avec son ami Garth, animait une émission assez déjantée à partir de chez ses parents. Le personnage de Wayne tire son origine d’émissions canadiennes auxquelles Myers avait participées et qui contenaient ce qu’on pourrait appeler "l’ancêtre" de Wayne.

Lorsque vint l’idée de faire un film à partir de Wayne’s World, on dut lui créer un univers un peu plus élaboré. Pour ce faire, bien que l’action se situe à Aurora, en banlieue de Chicago, Myers s’inspira de son enfance à Scarborough. Entre autres, comme lui le faisait, Wayne joue au hockey de rue, mais avec un chandail des Blackhawks et non des Leafs.

Une autre activité que Myers faisait fréquemment était de se retrouver au Tim Hortons local. Horton étant principalement identifié aux Leafs, il eut l’idée d’en créer une version "Chicago". Mais qui pouvait donc l’incarner?

Myers pensa immédiatement à Stan Mikita, qui joua avec les Hawks de 1958 à 1979. Celui qui avait la particularité d’être à son époque un rare joueur à ne pas être né au Canada (il est né en Tchécoslovaquie, mais est arrivé au Canada à l’âge de 8 ans), a connu une carrière exceptionnelle. D’abord connu comme un joueur salaud, il effectua un virage au point de remporter le Trophée Lady Byng, remis au joueur le plus gentilhomme, en 1967 et 1968. À noter que lors de ces deux saisons, il remporta également le Art Ross (champion pointeur) et le Hart (joueur le plus utile), triplé qu’il est le seul à avoir réalisé.

Après s’être fait déchirer un bout d’oreille, Mikita devint l’un des pionniers du port du casque sur une base permanente, en plus d’avoir popularisé avec son coéquipier Bobby Hull la palette courbée.

Myers catégorisa Mikita comme étant un "défoliant" puisqu’il avait le don de faire mal à ses Leafs adorés, faisant ainsi tomber les pauvres feuilles d’érable…

On écrivit alors le scénario sur cette base, pour ensuite passer au tournage. On mit sur pied le décor d’un grand kitsch, en plus de produire une foule d’accessoires à l’effigie de Mikita pour agrémenter le tout. C’est à ce moment qu’on réalisa qu’on avait omit d’obtenir le consentement du principal intéressé. Trop avancé, il était trop tard pour reculer et Mikita aurait pu profiter de la situation pour exiger un montant substantiel. Reconnu comme bienveillant, impliqué dans la communauté et respectueux des partisans, il n’en fit rien. Il se contenta plutôt d’un aller-retour à Los Angeles et d’un caméo dans le film. (Il devait initialement échanger avec Wayne, mais la scène a été coupée au montage.)

Myers, qui a un faible évident pour les vedettes de hockey, fut très impressionné de côtoyer Mikita lors du tournage de son premier film. De son côté, Mikita fit un bilan mitigé de son expérience. Il trouva qu’il y avait trop d’attente entre les quelques moments d’action. Par contre, il apprécia de voir comment fonctionne un tournage et retourna à la maison avec une caisse d’accessoires avec son visage dessus.

Le film connut un grand succès, générant 183M$ au box-office et une suite fut lancée l’année suivante.

On demanda souvent à la réalisatrice du film, Penelope Spheeris, si le Stan Mikita’s Donuts existait pour vrai. En fait non, c’est une pure invention. Toutefois, en 2017, pour le 25e anniversaire du film, on créa un semblant de Stan Mikita’s Donuts (Stan Mikita’s All Star Café) commandité par Honda, dans le cadre du match des étoiles qui avait lieu cette année-là à Los Angeles.

Par la suite, on ramena le Stan Mikita de 9 pieds de haut à Aurora pour les festivités soulignant les 25 ans du film et on en profita pour organiser un concours de beignes.


Sur une note plus triste, souffrant de démence depuis quelques temps, Mikita est décédé l’année suivante, à l’âge de 78 ans.

Sources:

"Mike Myers riffs on Stan Mikita’s Donuts, the iconic shop from ′Wayne’s World′" d’Alex Prewitt, January 24, 2017, Sports Illustrated (si.com),

"Honda Brings Stan Mikita’s All Star Café to 2017 NHL All Star Weekend in Los Angeles", January 25, 2017, (hondanews.com),

"Replica Stan Mikita to help Aurora party on for ′Wayne’s World′ anniversary" de David Sharos, January 30, 2017, Chicago Tribune (chicagotribune.com),

"Is Stan Mikita’s Donuts From ′Wayne’s World′ For Real?" de Paul Farrell, August 7, 2018, (heavy.com),

"Stan Mikita’s legacy and grace endure even as dementia afflicts the Blackhawks legend" d’Alex Prewitt, Updated March 4, 2020, Sports Illustrated (foxsports.com),

wikipedia.org.

samedi 29 juillet 2023

Les Barbares de La Malbaie


Je l’ai déjà dit, je ne suis pas à jour au niveau des films. Ce n’est donc que maintenant que j’ai vu Les Barbares de La Malbaie de Vincent Biron. Ce long métrage avait pourtant été lancé en novembre 2019, quelques mois avant la pandémie. Comme il s’agit d’un film à thématique de hockey, je vous en fais ici un compte-rendu… quelques années plus tard.

Jean-Philippe (joué par Justin Leyrolles-Bouchard), 16 ans, est issu d’un milieu modeste. Il a toutefois espoir de faire mieux, bien qu’il néglige ses études. Il est passionné de hockey et s’accroche désespérément à son cousin Yves (interprété par Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques). Dans ce qu’il estime être une famille de perdants, aux yeux de Jean-Philippe, Yves est le seul gagnant.

Espoir de premier plan, Yves a été un choix de deuxième ronde des Panthers. Les choses ne se sont toutefois pas déroulées comme prévu. Sa carrière fut finalement limitée à un match dans Ligue Nationale, avant d’être interrompue par une blessure. Aujourd’hui au début de la trentaine, il évolue maintenant pour l’équipe senior locale, les Barbares. Si son talent le garde à flot, il semble lui-même à la dérive. Passant son temps à boire, autant au bar de danseuses que sur le banc des joueurs, il doit être constamment être couvert par son jeune cousin. Que ce soit pour aller le chercher aux petites heures de la nuit à la sortie du bar ou pour prendre sa place au magasin de sport où ils travaillent tous les deux lorsqu’Yves n’est pas en état de s’y rendre, Jean-Philippe se sacrifie pour son cousin. Ce sont toutefois ses études qui écopent.

Yves subit toutefois une blessure lors d’un match des Barbares, ce qui accentue son dérapage. Pendant ce temps, son équipe se regroupe et malgré l’absence de son meilleur joueur, elle remporte le championnat de la ligue. Même si officiellement, il est toujours blessé (la réalité est probablement autre), Yves croit qu’il lui revient de droit de réintégrer l’équipe. Ne voulant pas briser la chimie, son entraîneur (Jean-Michel Anctil) pense autrement, ce qui l’exclut du championnat national, qui se déroule à Thunder Bay.

Yves décide alors de s’y rendre malgré tout. N’ayant pas de voiture et ayant perdu son permis de conduire pour alcool au volant, il ne trouvera pas mieux que de tirer avantage de l’admiration sans borne que lui porte son cousin, qui se croit aussi son agent. Il le convainc alors de prendre son bazou pour qu’il puisse le conduire vers Thunder Bay.

S’en suit alors un road trip où au fil des kilomètres, Yves reprend contact avec différentes anciennes connaissances et fait tout pour extraire les dernières gouttes de jus de sa notoriété passée. Par le fait même, Jean-Philippe constate ses agissements discutables et prend connaissance de cadavres qu’il a dans son placard. On voit donc graduellement fondre son estime pour son cousin, pour finalement se rendre compte que malgré son talent, il est aussi un perdant.

Nous avons tous côtoyé à des degrés divers un Yves, quelqu’un qu’on jalouse un peu (peut-être beaucoup) en raison de son grand talent et qui pourtant ne semble pas être capable de se sortir les doigts du nez. On se dit que si quelqu’un d’autre qui a du cœur au ventre avait ce talent, les résultats seraient extraordinaires. Ça peut être dans un autre domaine que le sport mais ici, le fait que ce soit au hockey lui donne une autre béquille, sa célébrité, dont il profite amplement. Celle-ci entraîne en plus une certaine arrogance qui nous fait rapidement perdre la certaine sympathie qu’on pourrait avoir pour une personne qui aurait été victime d’un coup du sort. En effet, Yves ne cesse de rappeler en plein visage de ses coéquipiers qu’il est le meilleur, que c’est lui qui a été repêché, ainsi de suite. On plaint Jean-Philippe qui lui, n’y voit pas clair, jusqu’à ce que graduellement il vienne nous rejoindre.

Cette introduction dans ce monde en périphérie du hockey (junior entre autres) est faite sans emballage et de façon lucide.

Larrue St-Jacques est très crédible en star déchue. Si on y retrouve des touches de certains de ses personnages de Like-moi (adulescent d’une intelligence en bas de la moyenne et qui a la profondeur philosophique d’une roche), le registre est par contre tout autre. Nous ne sommes pas dans la franche comédie, au contraire. Florence Longpré, qui était aussi dans Like-moi, fait d’ailleurs également une brève apparition qui n’est pas plus dans la comédie. Jean-Michel Anctil n’est pas là pour faire des blagues non plus.

Quant à Leyrolles-Bouchard, qu’on avait vu dans Pieds nus dans l’aube, il rend bien la graduation de l’estime que son personnage a pour son cousin, qui débute au plafond et qui finit par s’écraser au sol.

Au final, il s’agit d’un film de désillusion, qui est bien fait. L’intérêt pour ceux qui s’intéressent au monde du hockey est évident, mais peut-être un peu moins pour ceux que ça indiffère. La relation entre les deux cousins a beau être au cœur de l’histoire, le monde du hockey en est indissociable.

Parlant du hockey, les scènes de patinoire sont peu nombreuses, mais crédibles pour une ligue senior. Toutefois, le geek en moi a tout de même accroché sur certains petits détails :

-Dans leur périple, les deux cousins s’arrêtent à Val-d’Or, où Yves a joué junior. Au plafond de l’aréna, on a accroché une fausse bannière en honneur d’Yves, à côté de celle de Roberto Luongo, un beau clin d’œil;

-Lors de cette même visite, Yves montre à Jean-Philippe comment patiner. Je ne sais pas comment un ado de 16 ans qui a grandi à La Malbaie, qui est absolument passionné de hockey (et qui vend des patins dans un magasin de sport) peut ne pas savoir patiner…

-Yves a été repêché en deuxième ronde. Son ancien agent (Vincent Graton) confie à Jean-Philippe qu’il est son plus grand regret et qu’il aurait pu être un Mario Lemieux… Peut-être un peu poussé, disons.

Malgré tout, rien de majeur ou d’impardonnable. Un bon petit film, un peu acidulé et bien fait.

vendredi 17 mars 2023

Kyle McDonough





 


Né le 20 février 1966 à Manchester au New Hampshire, Kyle McDonough joignit les rangs des Catamounts de l'Université du Vermont en 1985-85. Il y joua durant quatre saisons et fut nommé sur l'équipe d'étoiles de sa division en 1988-89. Non repêché par une équipe de la LNH, il mit le cap sur l'Europe, d'abord au Danemark et ensuite en Norvège. 

Il tenta ensuite le coup dans la ECHL en 1991-92 avec les Icecaps de Raleigh mais cela ne dura que deux matchs, suite à quoi il retourna en Europe dans la ligue du Royaume-Uni. Par la suite, il retourna jouer en Norvège et, à l'exception d'une saison passée en Suède, il y joua exclusivement pour le restant de sa carrière, soit jusqu'en 2002, le tout culminant par un championnat lors de cette dernière saison.

Mais avant sa carrière professionnelle et universitaire, McDonough a grandi dans son patelin de  Manchester au New Hampshire et avait comme ami notable le futur célèbre comédien Adam Sandler qu'il a rencontré lors de son premier jour d'école. Les deux sont d'ailleurs toujours amis à ce jour. 




Le père de Sandler amenait souvent son fils et ses amis jouer au golf. McDonough avait un impressionnant drive et parvenait toujours à envoyer la balle beaucoup plus loin que les autres et il attribuait cet exploit à son lancer frappé au hockey. De là naquit l'inspiration pour Sandler du personnage de Happy Gilmore, héros titulaire du film paru en 1996 ou Sandler joue un hockeyeur au tempérament violent qui se distingue chez les pros avec son drive hallucinant et son fameux chandail des Bruins. 

Dans la vraie vie, McDonough n'était pas aussi impulsif que Gilmore et seulement l'aspect de son lancer frappé fut utilisé pour le personnage, le reste étant totalement différent.


 

McDonough a plus tard participé au tournage du film «Grown Ups 2» mais sa scène ne fut pas utilisée dans le résultat final.

S'il n'a pas réussi à percer au golf, ni dans les rangs professionnels nord-américains, McDonough demeure à ce jour au 8e rang de l'histoire de la ligue de Norvège avec 271 buts, 326 passes pour 597 points en 313 matchs. Il est d'ailleurs le plus grand pointeur de cette ligue à être originaire d'un autre pays.

 

Son frère, Hubie McDonough, a toutefois réussi à se rendre à la LNH. Non-repêché, il a quand même joué 195 matchs dans la LNH avec les Kings, les Islanders et les Sharks, avec notamment une saison de 18 buts en 1989-90 à Long Island.

Pour compléter sur le sujet de Happy Gilmore, apparemment que Joe Sakic fait partie des figurants de la fameuse scène où Happy participe et se fait couper d'un camp d'entrainement. Mais malgré plusieurs visionnements durant ma vie, je n'ai jamais réussi à l'identifier.


 

Sources:
Ex-Racer the inspiration for Happy Gilmore, britishicehockey.co.uk, 13 mai 2016

dimanche 2 octobre 2022

Les Ducks ont 30 ans

Ça fait déjà 30 ans aujourd'hui que cette bande de jeunots devinrent ce qui fut notre film culte d'enfance si, comme moi, vous êtes dans la fin trentaine. Ça ne rajeunit personne ...

Si ce n'est pas déjà le cas, vous verrez fort probablement plusieurs articles sur vos réseaux sociaux à propos des Ducks du District 5, dont sûrement des articles de type "Where are they now ?". Ça ne me ente pas vraiment d'embarquer dans ce genre d'article. Sachez toutefois que Connie Moreau (interprétée par Marguerite Moreau) est toujours aussi jolie, et que l'acteur qui joue Greg Goldberg, Shaun Weiss, est maintenant sobre depuis 977 jours. Je me suis laissé tenter et j'ai réécouté le film original dernièrement. Ça m'a permis de trouver quelques faits cocasses sur le film.

Une preuve que Disney ne connaissaient encore rien au hockey. Bien que ce ne soit que pour le poster, la grille du masque à Goldberg est tronquée pour qu'on voit mieux ses yeux ... Je juge tous les gardiens qui font ça au Dek hockey. Tout comme je juge Jim Corsi. En fait, pratiquement tous les aspects "hockey" sont massacrés dans le film, alors qu'il y a plusieurs erreurs factuelles (comme dans "Sudden Death"). On voit des joueurs sur le banc ET sur la glace en même temps, les pénalités sont peu appelées, etc. Mais loin de moi l'idée ici de tout décortiquer, je vais scrapper votre enfance ...

Lors de la première rencontre entre Gordon et les jeunes, remarquez que Averman porte un coton ouaté des Sharks de San Jose. Bien vu, alors que les Sharks avaient à peine un an à la sortie du film. Toutefois, ça démontre l'engouement envers le turquoise à l'époque. En plus, les Sharks sont intimement lier au Minnesota

Alors que les Ducks ont pris leur envol (tadum tss) pour les séries éliminatoires, Gordon les amène au Met Center, assister à un entraînement des North Stars, avant une séance de patinage. C'est d'ailleurs avant d'embarquer sur la glace qu'ils croisent Basil McRae et Mike Modano. McRae indique à Modano qu'il connait Bombay depuis le pee-wee, vantant d'ailleurs les mérites de Gordon et lui disant qu'il lui trouverait une place dans les mineures s'il le voulait. Pourtant, McRae est né et a grandi en Ontario. Il ne peut avoir joué avec Bombay qui lui, a grandi au Minnesota. Et s'il n'avait que joué contre lui ? Ouais, possible, dans des tournois internationaux. Mais au point de se rappeler de lui ? Bombay n'était tout de même pas Gretzky ! Au moins, Basil a tenu sa promesse pour la place dans les ligues mineures.

En soirée, l'équipe assiste au match des North Stars du Minnesota, alors qu'ils accueillent les Whalers d'Hartford. Étrangement, les Stars portent leur chandail noir et les Whalers sont en blanc. Faut croire que le film de 1992 a porté malchance aux deux équipes, alors que les Whalers déménagèrent en Caroline en 1997 et que les North Stars se dirigèrent vers Dallas pour la saison 1993. Dans ce cas, le transfert était imminent puisque le club était déjà en vente.

Vous avez déjà joué au hockey bottines ou fait des lancers dans la ruelle ? En fait, qui ne l'a pas fait ? Sauf que, logiquement, on essayait de viser un endroit peu dommageable. Fulton Reed lui, qui a accès à des murs de brique tire vers la rue ... Quoique une chance, Bombay ne l'aurait jamais recruté sinon.

Image tiré du 3e film

D'ailleurs, saviez-vous que Fulton Reed est le frère de Guy Germaine (celui qui cruise Connie Moreau tout le long du film) ? En fait, pas les personnages, mais les acteurs. Toutefois, ils n'ont pas exactement le même nom de famille au générique. Alors que Fulton est interprêté par "Elden Ratliff" (et "Elden Ryan Ratliff" pour les deux autres opus), le personnificateur de Germaine est identifié en tant que "Garette Ratliff Henson". Des deux, c'est Elden qui a une carrière d'acteur plus complète, accumulant plusieurs petits rôles.

Et si vous regardez bien le générique, vous remarquerez également que Disney s'est trompé dans le nom du personnage de Joshua Jackson. Au lieu de "Charlie Conway", il est inscrit "Charlie Conroy". 

Bill Murray dans le rôle de Gordon Bombay ? Ça a bien failli arriver. La production l'a toutefois considéré trop vieux pour le rôle et ont jeté leur dévolu sur Emilio Estevez. Avec Murray dans le rôle, ça n'aurait sûrement pas eu le même impact, et Mister Valaire n'aurait peut-être pas produit cette chanson.


"La victoire ne vaut le coup que si on gagne beaucoup" ... Dicton de marde

Parlant de coach, j'espère ne pas être le seul qui grince des dents quand je vois le coach Reilly être fucking trop intense avec son équipe, comme les parents dans les estrades d'ailleurs. Célébrer chaque but des Hawks contre les piteux joueurs du District 5 ... Que la victoire qui compte, no matter what. Si vous êtes entraîneur ou parent au hockey mineur, ils sont le parfait exemple de ce qui n'est plus toléré dans nos arénas.

Il y a plus de cinq ans, avant le 25e anniversaire du film, il y avait des pourparlers pour un 4e film. Surtout que depuis les trois "Mighty Ducks", Disney s'est amélioré dans les films de hockey. "Miracle" est un vrai chef d'oeuvre. Personnellement, j'aurais ADORÉ un quatrième film, avec un Charlie Conway qui aurait eu une carrière professionnelle plus ou moins réussie et qui devient entraîneur, soit avec des enfants (ça aurait fait copié/collé du film original) ou avec une équipe de ligues mineures, genre ECHL. Gordon Bombay lui aurait servi de mentor, comme Hans envers Gordon dans les deux premiers films. Plusieurs autres personnages auraient pu revenir. J'imagine Averman en agent de joueur, Goldberg en membre des médias (un genre de Don Cherry), etc. Un vrai "feel good movie" comme Disney est capable de faire. Pensez seulement à "The Rookie" avec Dennis Quaid. Mais ça, c'est que dans ma tête. Ça s'est plutôt traduit en "semi-reboot" avec la série "Mighty Ducks - Game Changers", qui est apparue sur la plateforme "Disney +" en mars 2021. L'action se déroule 25 ans après le troisième film. C'est sûr que la montée en force du streaming et le succès de "Cobra Kai" aura amené nos anciens héros dans ce format. Pour ce qui est de l'impact, "Game Changers" n'a pas eu le même effet sur mes enfants que sur moi à l'époque.

Profitez de ce dimanche pour être nostalgique. Écoutez le/les film/s, faites-les découvrir à vos enfants si ce n'est déjà fait, que ce soit sur votre vieille cassette VHS, votre DVD ou "streamez" le sur Disney +.

dimanche 3 juillet 2022

R.I.P. Eric Nesterenko


Il y a quelques semaines est décédé Eric Nesterenko. Il avait 88 ans.

Fils d’immigrants ukrainiens, Nesterenko est né à Flin Flon, dans le nord du Manitoba. Il déménagea toutefois à l’adolescence à Toronto avec sa famille. Il se retrouva ainsi dans la cour des Leafs, en s’alignant avec les Marlboros de Toronto.

Le talent offensif de Nesterenko attira rapidement l’attention et il devint un espoir de premier plan des Leafs. Pendant que leurs rivaux montréalais avaient Jean Béliveau dans leur pépinière, Toronto voulut mousser le talent de Nesterenko. Il accéda même à la LNH sur une base régulière avant Béliveau, puisque ce dernier prolongea son séjour avec les As de Québec plus longtemps que le tricolore ne l’aurait voulu. Toutefois, une fois tous les deux bien installés dans la grande ligue, les résultats furent très différents et le parallèle ne tenait plus.

De 1952 à 1955, Nesterenko connut des saisons respectables de 10, 14 et 15 buts. Toutefois, en 1955-56, sa production baissa à 4 buts et il termina l’année avec Winnipeg dans la Ligue de l’ouest. Pendant ce temps, Béliveau en comptait 47 et remportait sa première Coupe Stanley.

Les comparaisons cessèrent et Toronto considéra alors Nesterenko comme un échec. Il fut donc échangé aux Black Hawks, une équipe de fond de classement à ce moment, en compagnie de Harry Lumley pour un montant d’argent.

Nesterenko adapta alors son style. Moins flamboyant, il devint un joueur défensif utilisé en désavantage numérique, et qui avait habitude de garder ses coudes bien hauts.

L’équipe montra aussi un certain progrès. Avec l’arrivée de Bobby Hull, Pierre Pilote, Glenn Hall et Stan Mikita, les Hawks atteignirent finalement les séries en 1958-59, après les avoir ratées 11 fois en 12 ans.

Au cours de la saison 1960-61, Nesterenko fut au cœur d’un événement controversé. Willie O’Ree était parvenu à faire sa place au sein de l’alignement des Bruins, devenant ainsi le premier noir à jouer dans Ligue nationale. Selon O’Ree, lors d’un match à Chicago, Nesterenko l’aurait traité de ce qu’on appelle de nos jours le "mot en n", en plus d’utiliser le bout de son bâton pour lui casser le nez et les dents d’en avant. O’Ree a répliqué avec son bâton, causant une blessure qui nécessita 15 points de suture à Nesterenko. Le tout dégénéra en échauffourée. Nesterenko affirma plus tard qu’il ne se souvenait pas d’avoir utilisé d’insultes racistes.

À la fin de la saison, Nesterenko atteignit son sommet en carrière avec 125 minutes de punition et en séries, il aida Chicago à remporter sa seule Coupe des 25 ans que dura l’époque des six équipes. Par la suite, les Hawks eurent de bonnes années. Ils atteignirent deux autres fois la finale avant l’expansion de 1967, mais ils ne remportèrent pas d’autres Coupes.

Nesterenko demeura au-delà de la période des six équipes, jusqu’en 1972. Il joua au total 1013 matchs avec les Hawks, pour un total de 1219 en ajoutant ceux dans l’uniforme des Leafs.


Il tenta ensuite l’expérience suisse en devenant entraîneur (et parfois joueur) du club de Lausanne. L’expérience fut toutefois mitigée et après un an, il revint en Amérique du Nord pour un dernier tour de piste chez les pros. Il joua une dernière saison avec les Cougars de Chicago de l’AMH, sous les ordres de son ancien coéquipier, Pat Stapleton. Il joua également au niveau senior avec les Smoke Eaters de Trail, avant d’accrocher ses patins.

Par la suite, Nesterenko, qui a toujours été de nature solitaire et qui a déjà eu des questionnements au sujet de la pertinence de son travail de hockeyeur, s’est mis à se concentrer sur le ski alpin. Après un passage à vide qui a inclus un peu trop d’alcool, c’est là qu’il alla chercher un peu d’oxygène. Établi au Colorado, il fut patrouilleur, puis travailla au contrôle des avalanches, avant de devenir moniteur, poste qu’il occupa pendant plusieurs années.

En 1986, il fut consultant pour le film Youngblood, où il aida Rob Lowe, qui jouait le personnage principal, à apprendre à patiner. (Une doublure fut toutefois nécessaire pour la plupart des scènes sur la glace.) Il fut aussi devant la caméra, alors qu’il joua le père du personnage de Lowe.

Sources :

"Out of hockey and listening still for that distant drum" de Trent Frayne, March 10, 1980, MacLean’s (archives.macleans.ca),

"The career after the hype" de Stan Fischler, July 16, 2019, The Hockey News (thehockeynews.com),

"Eric Nesterenko, member of the 1961 Chicago Blackhawks, dies at 88 – and leaves behind a complicated hockey legacy" de Phil Thompson, June 7, 2022, Chicago Tribune (chicagotribune.com),

"Eric Nesterenko, le premier vainqueur de la Coupe Stanley à Lausanne", 9 juin 2022 (lausannehc.ch),

brownscremationservice.com/obituary/eric-nesterenko, wikipedia.org.

samedi 26 mars 2022

D'un autre angle #7 : Maurice Richard et Sugar Henry


 

 

Re-bienvenue à cette série où je vous montre quelques-uns des plus grands moments photographiés de l'histoire du hockey vus sous un autre angle.

Une autre des photographies les plus célèbres de l'histoire du hockey fut prise au Forum de Montréal le 8 avril 1952 lors du 7e match de la demi-finale de la Coupe Stanley entre les Bruins de Boston et le Canadien. C'est durant ce match que le légendaire Maurice Richard marqua ce qui selon plusieurs fut son plus beau but en carrière.

Alors que les deux équipes étaient à égalité à 1-1, Richard tenta une montée en territoire ennemi. En tentant d'éviter de défenseur Hal Laycoe, il ne vit pas apparaître l'autre défenseur des Bruins Léo Labine qui plaqua solidement Richard. Ce dernier reçut un coup de bâton et ensuite un coup de genou au visage, ce qui l'envoya violemment sur la glace. Après avoir perdu connaissance et avoir retraité au vestiaire, il revint héroïquement au jeu en troisième et alors que l'égalité perdurait toujours, il effectua une montée avec moins de 4 minutes à faire et déjoua le gardien Jim «Sugar» Henry avec un but d'anthologie. Ce but devint le filet décisif et après la fin du match, lors de la poignée de mains entre les deux équipes, un photographe captura cette célèbre photo où Jim Henry s'incline devant un Maurice Richard ensanglanté.




Cette photographie est une des plus célèbres de Richard et de l'histoire du hockey en général. Elle a même été recrée dans le film Maurice Richard, paru en 2005.




Vous avez donc probablement vu cette photo dans le passé et entendu parler de cet autre épisode légendaire de la carrière de Maurice. Mais voici cette photo vu d'un autre angle:

Premièrement, parlons du but menant à cette fameuse poignée de main. Malheureusement il n'existe pas d'archives vidéos de ce but (selon mes moyens) mais on retrouve plusieurs photographies. C'est d'ailleurs davantage ce but qui fut illustré sous différents angles dans les journaux le lendemain et non pas le célèbre cliché Richard/Henry.





Ce photographe était moins bien positionné mais ça nous donne quand même un angle intéressant...


Ensuite et bien lorsque la fameuse photographie de Richard serrant la main à Jim Henry a été prise, c'est normalement la photo suivante que vous avez pu voir.




Cependant cette photo n'était pas cadrée telle quelle à l'origine. Voici la photo intégrale:




On peut y voir non seulement Richard et Henry mais aussi une bonne partie de cette cérémonie de félicitations d'après série. On voit qu'il s'agissait plus d'un «free for all» que la traditionnelle rangée de poignées de main que l'on retrouve de nos jours.

Je me demande ce que le joueur du CH derrière Maurice est en train de dire...

Ensuite je n'ai pas trouvé d'autres «angles» de cette fameuse photo mais quand même d'autres photographies de ces mêmes célébrations d'après-match:




D'abord Henry avec le gardien du Canadien Gerry McNeil. On voit qu'avec ce dernier il n'avait pas à s'incliner...




Ici on voit Maurice avec son père dans le vestiaire après le match. Et à droite on voit une photo du premier but du match, celui d'Eddie Mazur (#23) du Canadien.
 


Un autre cliché de Maurice avec son père et ensuite de sa rencontre avec le président du club Donat Raymond où il éclata en sanglots. Une scène qui fut d'ailleurs recréée dans le film.


Ici on peut voir une photo de Maurice étendu sans connaissance sur la glace après l'impact violent qu'il venait de subir.


Ensuite et bien c'est principalement la photo principale qui demeure célèbre de nos jours. Elle a été immortalisée en peinture à plusieurs reprises:
 





«Sugar» Jim Henry est décédé 4 ans après le Rocket, dans sa ville natale de Winnipeg en 2004 à l'âge de 83 ans. Il a toujours été lié à cette photographie et a d'ailleurs toujours été honoré d'avoir pu être immortalisé de la sorte aux cotés d'un joueur légendaire comme Maurice Richard. Il avait même lui aussi une reproduction de cette photo célèbre à sa résidence:
 
 

 

Sources:
The legend of Sugar Jim, Winnipeg Free Press, 8 sept. 2020
Le Canada, 10 avril 1952
La Patrie, 9 avril 1952
La Presse 9 avril 1952