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samedi 31 juillet 2021

Les gardiens et leurs superstitions

En tant que gardien, j'entends souvent l'énoncé "Vous autres les gardiens, vous êtes spécial !". Ce que je trouve tout à fait approprié. Quand on apprécie se faire lancer des rondelles à chaque match et qu'on en redemande aux matchs suivants, faut vraiment être spécial. Que ce soit en étant un féru de statistiques tout comme "Fern" dans "Les Boys" ou en ayant des manies particulières, peu importe notre calibre de jeu.

Y'était cool Fernand

Et ces manies particulières se présentent souvent sous la forme de superstitions, bien que la majorité des gardiens les appellent plutôt "leur routine". Mais dormir avec la même rondelle sous son oreiller depuis l'âge Pee-Wee comme Philippe Ozga faisait n'est pas ce que j'appelle une "routine", j'appelle ça limite freak. Mais Ozga, que j'ai eu la chance de côtoyer lors de la saison 1999-2000 avec les Tigres de Victoriaville, n'est pas le seul gardien à avoir ses propres superstitions.

Jocelyn Thibault se versait de l'eau sur sa tête avant chaque match. Vous allez vous dire "Ouais, fair enough, si ça le réveillait, tant mieux !". Le hic ici, c'est que Thibault s'exécutait exactement six minutes et demie avant de sauter sur la glace.

Félix Potvin prenait deux bouts de rubans et les collait en forme de croix sur son casier avant chaque match. Une superstition à saveur religieuse qui a porté chance au gardien québécois durant sa carrière de 13 saisons.

God bless the Cat

Ed Belfour avait comme superstition de refuser quiconque sauf lui-même à toucher un objet de son équipement. La superstition était en fait si forte qu'il était connu pour menacer de mort ceux qui s'approchaient ou touchaient son équipement. Manifestement pas sérieux au sujet de la menace, il savait quand quelqu'un avait touché son équipement, car il sentait qu'il jouait à son meilleur alors qu'il avait  le seul a y avoir touché. Belfour était également connu pour démonter/remonter des parties de son équipement, comme son gant, s'il connaissait un mauvais match ou concédait un mauvais but.

Damian Rhodes avait une habitude que mon coiffeur (si j'en avais un …) aurait détesté. Il se teignait les cheveux en blond avant CHAQUE FOUTU MATCH ! Pas sur que ça devait réellement l'aider à arrêter des pucks. Avec sa carrière mémorable oubliable, je dirais que ça ne fonctionnait pas.


Quant à notre José Théodore national, il allait prendre une douche avant le match. "Ah, c'était pour se réveiller je suppose, comme Thibault ?". Peut-être, mais quand je fais ça, ce n'est pas avec mon équipement complet sur le dos comme Théo faisait !

Même les hall-of-famers avaient certaines manies. Ken Dryden ne sortait pas d'un échauffement d'avant-match sans avoir fait un dernier arrêt. Larry Robinson s'était rendu compte de cette manie et, lorsqu'il en avait l'occasion vers la fin du réchauffement, il lui dégainait un de ses meilleurs lancers, question de challenger encore plus la superstition de Dryden. 

Glenn Hall vomissait avant chaque match. Ceci fut souvent expliqué par le fait qu'il était trop nerveux et que cela le faisait vomir. C'était vrai pour le début de sa carrière, mais Hall vint à s'habituer à la pression et n'avait plus besoin de vomir. Le hic ? Il sentait qu'il ne donnait pas son plein rendement lorsqu'il ne renvoyait pas avec un match. Il commença donc à le faire de façon, disons, volontaire.

Les superstitions peuvent survenir aussi pendant les matchs. Bill Ranford refusait de remettre la rondelle au juge de ligne tant et aussi longtemps qu'il n'avait pas réussi à la faire virevolter dans les airs et la faire atterrir sur le dos de sa mitaine. Je me demande si ça lui est déjà arrivé de rater sa shot deux ou trois fois consécutive …

Il y a aussi les pièces d'équipements chanceuse, comme un survêtement. L'illustre Pelle Lindbergh avait un t-shirt orange "chanceux" qui faisait office de "combine". Pelle portait ce chandail orange à chaque match. Mais plus particulier encore, il n'a jamais lavé ce chandail. Jamais comme dans jamais ! Content de ne pas avoir été son voisin de casier, ça devait sentir la charogne.

Ouais, ce chandail … même le préposé à l'équipement a de la misère avec l'odeur …


lundi 7 décembre 2015

Bruce Gardiner









Bruce Gardiner a connu une carrière respectable dans la Ligue nationale, mais elle est semblable à des centaines d’autres.  Par contre, ce sont des faits qui se sont passés à l’extérieur de la patinoire qui sortent du lot.
D’abord à l’âge de 14 ans, il fit preuve d’héroïsme.  Alors que lui et son ami se promenaient le long de la rivière, ils aperçurent deux adultes et deux enfants en difficulté, parce que leur embarcation avait chaviré.  Gardiner descendit le long d’un câble, aida les victimes à se réchauffer en leur donnant leurs vêtements et leur apporta son soutien le temps que les secours arrivent.  Les deux amis furent récompensés en recevant la médaille de la bravoure du Gouverneur-général.
Au niveau du hockey, il prit le chemin universitaire, en s’alignant pendant quatre ans avec les Raiders de l’Université Colgate.
Repêché par les Blues de St-Louis en sixième ronde en 1991, il ne prit part qu’à trois matchs avec les Rivermen de Peoria de l’IHL avant qu’ils ne le laissent aller.  Il signa ainsi avec les faibles Sénateurs d’Ottawa en 1994.  Après deux saisons avec leur club-école à l’Île-du-Prince-Édouard, il accéda finalement à la LNH.
Joueur au talent limité, il passa à un moment une disette offensive.  Son coéquipier Tom Chorske lui suggéra alors qu’il traitait son bâton avec trop de respect.  Pour lui « donner une leçon », Chorske lui proposa de le tremper dans la toilette.  Gardiner en fit l’essai et joua un bon match.  C’est ainsi que naquit une superstition des plus bizarres, que Gardiner conserva tout au long de sa carrière.  Avant chaque match, Gardiner trempait son bâton dans la cuvette…
Gardiner joua un peu plus de trois saisons avec Ottawa, avant d’être échangé au Lightning de Tampa Bay.
En 2000, il fut laissé sans protection et choisi au repêchage d’expansion par les Blue Jackets de Columbus.  Gardiner compta d’ailleurs le premier but de l’histoire de l’équipe le 7 octobre 2000.
L’année suivante, il joua ses sept derniers matchs dans la Ligue nationale avec les Devils.
En 312 parties, il montre une fiche de 34-54-88.
Il joua ensuite en Russie et en Finlande, avant de retourner dans sa ville natale de Barrie, en Ontario, où il devint agent de police.
En juillet 2009, le nom de Gardiner refit surface lorsqu’il fut accusé de harcèlement criminel et de voyeurisme.  Après enquête, les accusations furent abandonnées, alors que Gardiner accepta de garder la paix et de ne pas entrer en contact avec la personne ayant porté plainte.
Il se reprit en octobre 2013 alors que dans ses fonctions, il sauva une autre vie.
Sources :
Podnieks, Andrew, “Hockey Superstitions: From Playoff Beards to Crossed Sticks and Lucky Sticks”, McClelland & Stewart, 2010, p.93,
“Barrie officer charges” de Ian McInroy, 1er août 2009, Barrie Examiner (thebarrieexaminer.com), “Charges on cop dropped” de Tracy McLaughlin, 17 juin 2010, Barrie Examiner (thebarrieexaminer), “Police awards handed out in Barrie”, 21 mars 2014, CTV Barrie (barrie.ctvnews.ca), archive.gg.ca, wikipedia.org.