J'aime les vendredis 13 en février, ça veut dire que j'en ai un qui suit pile 28 jours plus tard. Ça donne justement le ton pour le thème de ce mois-ci … Si vous avez fait le lien, "28 jours plus tard" est le premier film d'une trilogie d'horreur, précisément de zombies. Eh bien c'est justement ce que j'avais envie de vous partager, soit des masques de zombies (ou de squelettes revenant, c'est quasiment la même chose).
Tout d'abord, pour être 100% dans le thème, nous avons l'ancien récipiendaire du trophée Calder remis à la recrue de l'année dans la LNH en 2009, et j'ai nommé Steve Mason. Si vous souvenirs ne sont pas trop vague, vous vous rappellerez qu'il a obtenu ce titre avec les Blue Jackets de Colombus. Mais après avoir perdu des plumes après son bon départ dans la ligue (ça me rappelle un certain Andrew Raycroft ou même Jim Carey), Mason fut échangé aux Flyers lors de la saison écourté de 2012-13, où il resta un peu plus de quatre saisons, soit une éternité à Philadelphie. Dans ses choix de design, il lui vint l'idée de représenter ses coéquipiers et certaines figures légendaires des Broad Street Bullies sous forme de zombie.
Suite à son passage dans la ville de l'amour fraternel, Mason signa un contrat avec les Jets de Winnipeg mais après des résultats plus qu'ordinaire, il fut échangé à la fin du mois de juin 2018 en compagnie de Joel Armia aux Canadiens de Montréal en retour de Simon Bourque. N'ayant pas besoin de ses services, le CH racheta son contrat dès le lendemain et ce fut fini pour lui dans la LNH.
L'autre masque présenté ce mois-ci (oui oui, je vous offre un doublé ici) provient justement de la première équipe de Steve Mason, alors que Curtis McElhinney décida de représentant des blousons bleus revenants sur son masque.
Je sais que ce n'était pas le but, mais avec les crânes et le sabre, ça donne un petit look "Pirates des Caraïbes" non ?
Dans la première partie, j'ai parlé exclusivement des réunions des années 90 d'anciens coéquipiers de la dynastie des Oilers. C'était pas mal le meilleur exemple de retrouvailles dans le genre. Mais il y eut beaucoup d'autres réunions du genre ailleurs dans la LNH. En voici quelques-unes.
Stars de Dallas - 1999
Si la recette «Oilers» était un incontournable, il ne faut pas non plus sous-estimer la recette «ex-CH». Ayant d'abord boosté son équipe de plusieurs éléments intéressants au cours des années (Joe Nieuwendyk, Ed Belfour, Brett Hull etc...), le directeur général des Stars Bob Gainey trouvait que son équipe avait aussi besoin de vétérans défensifs qui connaissaient surtout bien la game du hockey des séries. Il décida alors d'y aller avec une gang qu'il connaissait bien.
Il avait déjà fait l'acquisition de son ancien coéquipier Craig Ludwig en 1991 lorsque l'équipe était encore au Minnesota. Mais c'est après quelques années à Dallas qu'il commença la véritable réunion, principalement en 1995 lorsqu'il obtint son apprenti Guy Carbonneau des Blues de St.Louis. Ensuite, à la date limite des transaction de mars 1998, il envoya Todd Harvey et Bob Errey aux Rangers en retour de Mike Keane et Brian Skrudland.
Ces 4 ex-membres du tricolore avaient tous joué avec Gainey auparavant. Même Mike Keane qui avait débuté sa carrière en 1988-89 lors de la dernière saison en carrière de Gainey, saison qui s'était terminé par une défaite en finale contre les Flames. Les trois autres avaient remporté la coupe de 1986 avec lui tandis que Keane et Carbonneau avaient ensuite remporté une autre coupe en 1993. Keane avait de plus remporté une autre coupe avec l'Avalanche en 1996, finale gagnée contre les Panthers qui eux avaient comme capitaine Brian Skrudland.
Toute cette expérience fut très importante pour les Stars de 1999 car excepté ces ex-CH, seuls Joe Nieuwendyk et Sergei Zubov avaient auparavant remporté la coupe.
Les Stars passèrent bien proche de répéter en 1999-2000, s'inclinant en finale contre les Devils. Skrudland et Ludwig n'étaient alors plus là mais Gainey amena en renfort un autre ex-CH (et ex-capitaine du CH) en la personne de Kirk Muller qui restera en poste à Dallas jusqu'en 2003.
Gainey, Carbonneau et Muller se réuniront de nouveau à la direction du CH quelques années plus tard mais pas avec des résultats aussi concluants...
Geoff Sanderson - Andrew Cassels
Il n'y a pas seulement chez les équipes championnes que l'on retrouve des réunions du genre. Chez les équipes poches aussi ça arrive.
En 2000-01, la nouvelle équipe d'expansion des Blue Jackets de Columbus sélectionna trois anciens Whalers de longue date lors du repêchage d'expansion; Kevin Dineen (Ottawa), Robert Kron (Caroline) et Geoff Sanderson (Buffalo).
Kron fut libéré après la saison 2001-02 tandis que Dineen prit sa retraite après seulement 4 matchs au début de la saison 2002-03. Cependant, les Blue Jackets aimaient bien l'apport de Sanderson (30 buts lors de leur saison inaugurale) et pensèrent donc que de ramener un autre ex-Whaler serait probablement bénéfique pour lui. C'est alors qu'ils signèrent Andrew Cassels comme agent libre durant l'été 2002.
Sanderson et Cassels ont joué ensemble à Hartford de 1991 à 1997
soit durant les six dernières saisons de la franchise bleue et verte
avant son déménagement en Caroline. Malgré l'instabilité de l'équipe sur
ses derniers miles, leurs fans pouvaient au moins compter sur ce duo
pour la mettre dedans. Cassels a ensuite été échangé aux Flames et plus tard aux Canucks pendant que Sanderson se ramassa avec les Sabres.
La réunion fut un succès pour Columbus alors que Sanderson termina la saison 2002-03 avec une fiche de 34 buts et 33 passes pour 67 points tandis que Cassels termina à 68 points dont 20 buts, ce qui était son deuxième meilleur total en carrière.
Mais ce fut bien éphémère alors que Sanderson fut échangé aux Canucks durant la saison suivante tandis que Cassels ne put jouer que 58 matchs. Cassels termina ensuite sa carrière à Washington en 2006 et Sanderson à Edmonton en 2008.
Joe Nieuwendyk et Gary Roberts
Joe Nieuwendyk et Gary Roberts ont été coéquipiers à presque tous les niveaux, et ce dès leur jeunesse alors qu'ils se connaissent depuis leur enfance passée à Whitby en Ontario. Leur carrière prit d'abord une direction différente alors que Roberts prit le chemin de la OHL tandis que Nieuwendyk choisit plutôt les rangs universitaires américains avec l'Université Cornell.
Mais les deux furent repêchés par les Flames, Roberts en premier en 1984 (12e au total) et Nieuwendyk en 1985 (27e au total). Ils jouèrent longtemps ensemble avec les Flames, remportant au passage la coupe en 1989. Ensuite leur chemin se sépara de nouveau alors que Nieuwendyk prit le chemin de Dallas en 1995 tandis que Roberts eut de gros problèmes avec son cou, ce qui lui fit rater presque deux saisons d'activités, dont la saison 1996-97 au complet.
Roberts se réinventa ensuite avec les Hurricanes et les Maple Leafs, avec qui il signa en 2000-01. Pour sa part, après une troisième coupe avec une troisième équipe (Devils en 2003), Nieuwendyk signa également à Toronto pour la saison 2003-04.
Après cette seule saison à Toronto et
ensuite le lock-out, ils renégocièrent ensemble leur contrat car ils
désiraient poursuivre et terminer leur carrière ensemble. Incapables de
s'entendre avec les Maple Leafs, ils obtinrent tous les deux le même
contrat (2 ans/4,5 millions) en Floride.
Les deux joueurs avaient encore beaucoup à offrir offensivement. Malgré
quelques blessures respectives, ils se hissèrent parmi les meilleurs
pointeurs des Panthers en 2005-06. Nieuwendyk termina deuxième derrière
Olli Jokinen avec 26 buts et 56 points en 65 matchs. Pour sa part,
Roberts obtint 40 points en 58 matchs. Cependant lors de leur deuxième
année en Floride, des maux de dos persistants firent manquer la moitié
des 30 premiers matchs de la saison à Nieuwendyk et il fut forcé par ses
médecins à prendre sa retraite en décembre 2006 à l'âge de 40 ans. Les
Panthers, sortis de la course pour les séries en février, envoyèrent Roberts aux Penguins de Pittsburgh. Il y joua une autre
saison (seulement 38 matchs en raison de blessures) et une dernière à
Tampa Bay en 2008-09.
Et des fois, il y a des réunions qui ne fonctionnent tout simplement pas...
Après quelques saisons où le duo était séparé, Paul Kariya et Teemu Selanne signèrent ensemble à rabais avec la puissante équipe de l'Avalanche du
Colorado en 2003-04 dans l'espoir de gagner la Coupe Stanley. Selanne accepta environ 2 millions de moins que ce que les Sharks lui offraient pour rester à San Jose tandis que Kariya signa véritablement à rabais, soit un contrat d'un an à seulement 1,2 million. Chez l'Avalanche, Patrick Roy venait de
prendre sa retraite mais l'Avalanche comptait toujours sur un solide
noyau de superstars avec Peter Forsberg, Joe Sakic, Rob Blake, Milan
Hejduk et autres.
Malheureusement, ces deux vedettes connurent une des pires saisons de
leur carrière respective et l'Avalanche s'inclina en deuxième ronde contre les
Sharks. Selanne, un habitué des saisons d'au moins un point par match, termina celle-ci avec seulement 32 points. Kariya pour
sa part n'était plus vraiment le même joueur depuis sa blessure subie lors de
la finale de 2003 contre Scott Stevens et les Devils. Il connut d'autres
ennuis de santé qui le limitèrent à 51 matchs en saison régulière et
seulement 1 en série. Il obtint 36 poins avec Colorado.
L'expérience Colorado fut donc un échec mais il revinrent tous les
deux à leur forme d'antan après le lock-out de 2005. Kariya signa avec
les Predators et il obtint 85 points en 2005-06 tandis que Selanne
retourna à Anaheim où il retrouva sa touche avec 40 buts et 90 points.
Il me reste d'autres exemples de réunions du genre mais ce sera pour une autre fois. À plus.
Brian Alan Holzinger est né le 10 octobre 1972 à Parma en Ohio, une banlieue de Cleveland. Après y avoir joué au niveau du high school, il s’enrôla dans la North American Hocley League (NAHL) avec les Compuware Ambassadors de Détroit. Vous connaissez peut-être l'équipe du même nom (étrange) qui évolua brièvement dans la OHL avant de devenir éventuellement les Whalers de Plymouth. Le club avait à ce moment deux incarnations, une dans la OHL et l'autre dans le niveau junior A américain dans la NAHL. En fait, ce sont les succès de l'équipe de la NAHL au cours des années 80 qui incitèrent leurs dirigeants à prendre de l'expansion dans la OHL. L'incarnation NAHL des Compuware Ambassadors évolua de 1984 à 2003 et aura été un tremplin pour beaucoup de futurs vedettes de la LNH comme Pat Lafontaine, Jimmy Carson, Al Iafrate, David Legwand et même Eric Lindros. Ce dernier n'y aura toutefois joué que 14 matchs en 1989-90 où il brûla la ligue avec 52 points avant de passer rapidement à la OHL avec les Generals d'Oshawa.
Brian Holzinger débuta également avec les Compuware Ambassadors, étant nommé au sein de l'équipe d'étoiles de la NAHL à chacune de ses deux saisons passées là-bas. Mais contrairement à toutes les vedettes nommées plus haut qui graduèrent dans le junior canadien avant de se rendre à la LNH, Holzinger prit le chemin de la NCAA en 1991-92 avec l'Université Bowling Green, quelques mois après sa sélection par les Sabres de Buffalo en 6e ronde du repêchage de 1991 (124e au total).
Il y joua durant ses 4 années d'éligibilité, se distinguant de plus en plus à chaque année, le tout culminant en 1994-95 où il remporta le trophée Hobey Baker comme joueur de l'année dans la NCAA. C'est également en 94-95 qu'il joua ses premiers matchs dans la LNH, étant rappelé par les Sabres en fin de saison et en séries. Il fit bonne impression avec 3 points en 4 matchs et 3 autres en séries dont ses 2 premiers buts.
Il mérita son poste à Buffalo en 1995-96 où il joua 58 matchs (10 buts 10 passes) tout en faisant quelques séjours dans les mineures. Les Sabres ayant raté les séries, il termina la saison à Rochester et aidera l'équipe à remporter les grands honneurs de la AHL, la coupe Calder. Il connaitra ensuite sa meilleure saison en carrière en 1996-97, amassant 22 buts et 29 passes pour 51 points avec les Sabres. Il ne s'approchera cependant plus jamais d'une telle production, demeurant plutôt dans la trentaine de points annuellement. Il devint toutefois un bon plombier dans cette équipe compétitive des Sabres qui se rendit jusqu'à la finale de 1999 dans une cause perdante contre les Stars de Dallas.
C'est justement cette finale de 1999 qui m'a inspiré à parler de Holzinger.
Quand on parle de cette finale particulière, la première chose qui nous vient en tête c'est le fameux but controversé de Brett Hull en prolongation lors du 6e match, but qui permit aux Stars de remporter la série et la Coupe. Les fans brisés des Sabres surnomment ce but le «No goal» car une règle idiote était en place à ce moment, soit celle de la zone de protection du gardien où aucun but ne pouvait être accordé si le moindre atome appartenant à l'autre équipe s'y retrouvait. J'en ai peut-être déjà parlé mais je me souviens vivement d'un but refusé au CH parce que Benoit Brunet avait perdu son casque dans ce trapèze de protection mais aucun patin ni rien d'autre n'y figurait. J'aimerais vraiment trouver une archive vidéo de ce but car je revois clairement dans ma tête le bon vieux Brunet lâcher un gros «Tabarnak» lors de son retour au banc... J'ai parlé abondamment de ce but d'ailleurs dans la série «d'un autre angle».
Bref le scénario catastrophe que personne ne voulait voir se produire se matérialisa et un but décisif de la Coupe Stanley fut marqué malgré cette règle et personne ne voulait rien voir ni ne rien faire alors que les joueurs des Stars avaient déjà balancé tout leur équipement dans les airs et commencé leurs célébrations.
Je parles de tout ça car une chose m'a toujours chicoté avec cette règle conne. Pour ça il faut revoir ce but:
En regardant attentivement, vous allez vous rendre compte que Dominik Hasek est non seulement peu ennuyé par la présence du patin de Brett Hull dans son demi-cercle mais qu'il est clairement plus dérangé par la présence de Holzinger (#19) qui tentait d'enlever la rondelle au Golden Brett...
En tentant de repousser Hull et de s'emparer de la rondelle avec son patin, Holzinger a poussé sur le bloqueur et la mitaine de Hasek et a comme pour ainsi dire bien préparé la table pour Hull qui avait le champ libre devant lui pour tirer par la suite.
Donc bref tout ça pour dire que Brett Hull mérite ce but et que cette règle était de la grosse merde, représentant d'ailleurs parfaitement une époque assez glauque pour le hockey. Je trouvais aussi qu'on ne parlait pas vraiment du rôle secondaire de Holzinger dans cette histoire...
Ce dernier avait précédemment récolté 8 points durant ces 21 matchs des séries de 1999. Il en avait aussi récolté 11 en 15 matchs lors des séries de 1998. Il débuta la saison suivante avec les Sabres mais ce fut ses derniers moments là-bas alors qu'il fut échangé aux Lightning de Tampa Bay en mars 2000, en compagnie de Wayne Primeau, Cory Sarich et Alexander Kharitonov. En retour, les Sabres mirent la main sur Chris Gratton et un choix de 2e ronde en 2001 qui devint un membre à long terme des Sabres, Derek Roy.
Holzinger joua 2 autres saisons à Tampa, dont sa dernière de plus de 10 buts en 2000-01 avec 11 buts et 36 points. Il rata toutefois la majorité de la saison suivante avec plusieurs blessures et joua seulement 23 matchs. Il fut ensuite très peu utilisé en 2002-03, en plus d'être de nouveau blessé. Le Lightning l'envoya éventuellement dans les mineures avec les Falcons de Springfield. Ils l'échangèrent finalement aux Penguins en mars 2003 en retour de Marc Bergevin.
Il débuta ensuite la saison 2003-04 avec les Penguins, avant d'être échangé à l'équipe de son état, les Blue Jackets, en fin de saison. Il profita de l'arrêt des activités de la LNH en 2004 pour prendre sa retraite.
En 547 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 93 buts et 145 passes pour 238 points. Son numéro 19 fut retiré par les Falcons de Bowling Green et il est membre du temple de la renommé de l'équipe en plus du temple de la renommée du sport de Cleveland.
La plupart des joueurs que je prends pour cette série sont soit des joueurs oubliés (duh) méconnus ou bien sous-estimés. Mais le joueur d'aujourd'hui est plutôt un vrai mystère...
Jan Caloun est né le 20 décembre 1972 à Ústí nad Labem en Tchéquie. Ailier droit de 5' 11" et 176 livres, Caloun était un marqueur né et il domina assez tôt dans le système mineur tchèque comme par exemple sa saison 1988-89 avec le HC Litvinov dans la division des moins de 16 ans où il mena la ligue avec 66 buts et 95 points en seulement 24 matchs. Il continua à se démarquer lors des années suivantes, le tout culminant en 1991-92 alors qu'il mena la première ligue tchèque avec 32 buts en 37 matchs, devançant des joueurs de renom comme Zigmund Palffy et Martin Straka. Il se distingua également au championnat mondial junior où il mena le tournoi au niveau des buts marqués avec 8.
Les Sharks de San Jose en firent ensuite leur choix de 4e ronde au repêchage de 1992 avec la 75e sélection au total. Il demeura en Tchéquie lors des deux saisons suivantes et mena la ligue une fois de plus pour les buts en 1992-93 avec 45 buts en 47 matchs.
Bref, le gars était un scorer.
Il traversa en Amérique du nord pour la saison 1994-95 qu'il passa avec le club-école des Sharks, les Blades de Kansas City dans la IHL. Il s'en sortit bien lors de cette première saison alors qu'il termina premier pointeur des Blades avec 34 buts et 73 points en 76 matchs, et ensuite 13 buts en 21 matchs en séries alors que les Blades s'inclinèrent en finale de la IHL. Il demeura à Kansas City en 1995-96 où après 38 buts en 61 matchs, il fut finalement rappelé par les Sharks pour terminer la saison.
Il étonna alors dans la plus grande ligue au monde en marquant à son premier tir lors de son premier match. Lors de son deuxième, il obtint deux autres tirs et marqua également sur chacun d'entre eux. À son troisième match, il marqua encore une fois. Cela porta sa séquence à 4 buts marqués lors de ses 4 premiers tirs en carrière, ce qui demeure un record à ce jour. Il obtint en tout un excellent 8 buts et 3 passes pour 11 points en 11 matchs pour terminer cette saison.
On peut appeler ça un très bon départ et je le rappelle, tout un scorer.
Mais alors que tout semblait bien parti pour Caloun dans la LNH, les Sharks le retournèrent dans leur club-école en 1996-97, cette fois-ci dans la Ligue américaine avec les Thoroughblades du Kentucky. Il ne fut rappelé que pour deux petits matchs en décembre où il ne joua que très peu et ne récolta pas de points. Il continuait pourtant de prouver sa valeur dans les mineures, alors qu'il récolta 43 buts et 43 passes pour 86 points en 66 matchs et fut élu sur la deuxième équipe d'étoiles de la AHL. Cependant, les Sharks ne firent plus jamais appel à ses services et il opta plutôt de mettre le cap sur la Finlande dans la SM-Liiga en 1997-98 avec le club HIFK d'Helsinki.
Il devint un joueur culte avec HIFK, les menant d'abord au championnat de la SM-Liiga en 1998, saison où il termina au deuxième rang des pointeurs de la ligue. Il participa également aux Jeux olympiques de Nagano avec l'équipe de la République Tchèque, qu'il aida à remporter l'or.
En 1998-99, lui et le défenseur américain Brian Rafalski brulèrent la SM-Liiga alors que Caloun termina au premier rang de la ligue avec 81 points, une des meilleures saisons offensives de l'histoire de la SM-Liiga (saison de 54 matchs), le record étant de 93 points par un certain Kari Jalonen en 1986-87. Quant à lui, Rafalski termina au premier rang des défenseurs avec 53 points, ce qui lui valut le titre du joueur de l'année et un contrat avec les Devils la saison suivante. On connait la suite dans son cas.
Caloun remporta également l'or avec l'équipe tchèque aux championnats du monde de 1999.
Championnat de la SM-Liiga en 1998 avec Brian Rafalski et Olli Jokinen dans le haut de l'image
Donc on avait quand même droit à tout un joueur ici et il est vraiment à se demander ce qui s'est passé avec les Sharks pour ne pas qu'il puisse avoir droit, non seulement à pouvoir débuter la saison 96-97 avec eux mais au moins à se mériter une meilleure chance par la suite... Un marqueur qui marque 4 buts à ses 3 premiers matchs et avec un superbe pourcentage de tir (40%), normalement tu es un peu plus patient. Mais comme je disais, c'est un peu un mystère alors que je n'ai pas vraiment trouvé grand chose comme explication à travers mes recherches.
Du moins en anglais et en français. Je ne parle malheureusement pas le tchèque.
J'ai cependant trouvé cette entrevue qu'il réalisa en Finlande en 1998 alors qu'il était fraichement débarqué de la LNH. Je me disais peut-être que je pourrais voir s'il parlait un peu de son traitement par les Sharks mais l'entrevue est bel et bien en tchèque avec sous-titres en finnois...
Je me suis alors souvenu que Google Translate existait.
Mais là vous ne pensez tout de même pas que j'allais retranscrire tout ça manuellement dans Google Translate? Juste pour tenter de trouver une parcelle d'information sur un joueur obscur qui intéresse probablement juste moi et quelques autres geeks?
...
Oui je l'ai fait...
Je suis un craqué mental, je l'ai déjà dit.
Étonnement ça a vraiment bien marché avec Google Translate pour la plupart du texte. Un petit truc que je vous donne si jamais l'occasion se présente à vous de traduire du russe, du finnois ou whatever, c'est de mettre la deuxième langue en anglais. Comme ça, ça peut vous éviter des petits pièges d’ambiguïté avec la langue française difficile à traduire.
Voici mon transcript de la partie de cette entrevue où il parle de son séjour avec les Sharks:
- I still don't know why. In 11 matches, i had 8 goals and 3 assists. The team management promised that I get to play NHL. In the summer at home in the Czech Republic, I was preparing for a NHL career but in the fall in San Jose, almost the management of the whole team and all the coaches changed and I got to start all over again, achievements of the previous period wiped off, in addition to the coach who did not like Europeans like me and Ville Peltonen. The coach didn’t like us and sent us to the farm team.
Donc on a ici une bonne explication sur ce qui s'est passé après sa bonne prestation à la fin de la saison 1995-96 et on peut finalement compléter la narrative. Les Sharks de 1995-96 étaient médiocres et connurent surtout une saison décevante après deux saisons où ils avaient accédé aux séries, dont la victoire surprise contre les Red Wings en première ronde des séries de 1994. L'entraîneur Kevin Constantine fut congédié durant la saison, étant remplacé par Jim Wiley pour le restant de l'année. C'est ce Wiley qui donna sa chance à Caloun pour la fin de cette saison à oublier pour les Sharks où il est souvent habituel de tester quelques recrues. Le DG Chuck Grillo fut lui aussi congédié en mars 1996 et remplacé par Dean Lombardi.
La saison suivante, les Sharks nommèrent Al Sims comme nouvel entraîneur, et apparemment qu'il n'aimait pas les européens selon Caloun. Ce ne fut pas mieux pour les Sharks avec Sims, qui fut également congédié après une seule saison où les Sharks terminèrent avant-derniers, ce qui leur permit toutefois de repêcher Patrick Marleau au repêchage de 1997.
Donc, malheureusement, le timing n'était pas bon pour Caloun et probablement qu'il fut victime de la vieille garde en place dans l'équipe et dans la ligue où il s'agissait d'une époque difficile pour les marqueurs et petits joueurs de finesse.
Caloun demeura donc en Finlande lors des années suivantes tandis que ses droits demeurèrent avec les Sharks pendant qu'il brûlait la ligue finlandaise. Il eut finalement une autre chance dans la LNH lorsque les Sharks échangèrent ses droits aux Blue Jackets de Columbus pour leur saison inaugurale en 2000-01. Il fit donc partie de l'alignement partant des Blue Jackets au début de leur histoire mais malheureusement, la magie de ses débuts n'opérait plus. Après 11 matchs où il amassa seulement 3 passes, les Blue Jackets le placèrent au ballotage. N'étant pas réclamé, il fut libéré et retourna en Finlande avec HIFK à la mi-novembre.
Il joua jusqu'en 2004 dans la SM-Liiga, passant aux Blues d'Espoo en 2001-02 et continuant d’amasser des points et de se distinguer dans cette ligue, terminant une nouvelle fois au premier rang des pointeurs en 2002-03.
Petite parenthèse intéressante ici, le trophée de la SM-Liiga du meneur pour les points (l'équivalent du Art Ross) est le trophée Veli-Pekka Ketola, cet ancien joueur des Jets dans l'AMH avec un des meilleurs noms ever.
Caloun retourna ensuite en Tchéquie en 2004-05 avec le HC Chemopetrol, en plus de jouer quelques matchs en Russie. Il joua pour plusieurs clubs en première et deuxième divisions tchèques jusqu'à sa retraite en 2010, un an après un dernier championnat en deuxième division. Il devint ensuite entraineur au niveau junior et plus tard DG du HC Slovan dans son patelin d'Ústí nad Labem. Quel beau nom pour une ville d'ailleurs. Je serais curieux d'y voyager un jour.
Ses exploits avec le HIFK furent honorés lors d'une cérémonie en 2020.
Voici ses statistiques dans les différentes ligues où il a joué:
LNH: 24 matchs, 8 buts et 6 passes pour 14 points.
SM-Liiga: 298 matchs, 145 buts et 230 passes pour 375 points. IHL: 137 matchs, 72 buts et 69 passes pour 141 points. AHL: 66 matchs, 43 buts et 43 passes pour 83 points.
Ligue Tchèque (division 1 et 2): 249 matchs, 123 buts et 95 passes pour 218 points.
Il marqua également plus de 200 buts au niveau international en combinant les nombreux tournois auquel il a participé. Vraiment dommage qu'il soit tombé chez les Sharks.
Continuons
d'emblée avec la suite de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de
l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle
d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque
incarnation de chaque franchise, soit chaque changement de nom,
déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte
que j'ai presque une centaine de
ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à
vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.
Allons-y donc... Aujourd'hui nous allons continuer avec les équipes 27 à 36... ça va être long en sale cette série...
On retourne dans les premières années de la ligue et encore une fois ça va devenir compliqué avec cette franchise qui connaîtra plusieurs incarnations et pas seulement dans la ECHL...
Les Cyclones de Cincinnati furent une des premières équipes de la ECHL situé dans un marché considéré «majeur» et cette tentative fonctionna puisqu'ils étaient la meilleure équipe de la ligue au niveau des assistances. La performance des Cyclones fut si encourageante que ses dirigeants obtinrent une franchise d'expansion dans la IHL pour la saison 1992-93 qu'ils gardèrent sous ce même nom des Cyclones. C'en fut donc terminé pour cette première incarnation des Cyclones dans la ECHL. L'équipe déménagea alors à Birmingham en Alabama.
Les nouveaux Cyclones opérèrent dans la IHL jusqu'à la dissolution de cette dernière en 2001. Une nouvelle incarnation de l'équipe réapparut alors dans la ECHL mais ça on le verra plus tard.
28. Bulls de Birmingham (1992-2001)
Les Cyclones furent donc achetés en 1992 et déménagés à Birmingham en Alabama, ramenant une fois de plus le nom des Bulls de Birmingham après ceux de l'AMH (1976-79), de la CHL (79-81) et ensuite une courte tentative dans l'ancêtre de la ECHL, la ACHL en 1983-84. Au cœur de ces nouveaux Bulls, on retrouvait un homme d'affaires du nom de Art Clarkson, une figure emblématique du sport professionnel à Birmingham. Il était aussi propriétaire d'un club de baseball AA, les Barons de Birmingham, qui accueillirent brièvement Michael Jordan en 1994 lors de son essai au baseball.
Les Bulls jouèrent donc un respectable 9 saisons en Alabama, étant généralement un club de milieu de peloton. Clarkson vendit l'équipe en 1998 au moment où les assistances commençaient à décliner. Après quelques autres saisons, les nouveaux propriétaires décidèrent de vendre la franchise à George Shinn, également proprio des Hornets de Charlotte dans la NBA.
C'en était donc fini de cette version des Bulls mais plusieurs années plus tard, soit en 2017, Clarkson ramena une fois de plus les Bulls mais cette fois-ci dans la SPHL. Il mourra 2 ans plus tard.
29. Boardwalk Bullies d'Atlantic City (2001-2005)
Ça c'est du nom d'équipe. Donc le proprio des Hornets, d'ailleurs on voit la ressemblance des couleurs, déménagea l'équipe dans le Las Vegas du nord-est, Atlantic City...
Pour l'occasion, il emprunta aux Flyers leur célèbre surnom «Broadstreet Bullies» et l'adapta à la sauce Atlantic City, reconnue mondialement pour sa célèbre promenade côtière. D'ailleurs dans un autre ordre d'idée, si vous ne l'avez jamais écoutée, je vous recommande la série «Boardwalk Empire» où l'histoire se déroule dans cette ville durant la période de la prohibition. C'est violent à souhait.
Mais bref, les Boardwalk Bullies n'ont jamais été un succès au guichet malgré de performances admirables sur la glace dont la conquête de la Coupe Kelly en 2003. Mais malgré ces succès, les assistances ne dépassèrent jamais plus de 3700 en moyenne et descendirent jusqu'à 2400 en 2004-05, suite à quoi la franchise fut vendue à un groupe d'hommes d'affaires de Stockton en Californie.
30. Thunder de Stockton (2005-2015)
Les Boardwalk Bullies déménagèrent donc en Californie pour la saison 2005-06, soit quelques années après la fusion de la ECHL avec sa rivale dans l'ouest, la West Coast Hockey League (WCHL). Voir mon historique de la ECHL pour en savoir plus. En plus des nouvelles équipes déjà implantées dans l'ouest provenant de la WCHL, de nouveaux marchés s'ouvrirent ainsi pour des clubs de l'est en difficulté comme les Boardwalk Bullies qui déménagèrent donc à Stockton, ville d'environ 300 000 habitants entre San Francisco et Sacramento.
Le nouveau Thunder de Stockton fut initialement un succès à son nouveau domicile, menant la ligue pour les assistances de 2006 à 2009. C'est toutefois en déclin constant depuis. Le club fut affilié aux Islanders, Oilers et Sharks jusqu'en 2015 lorsque la franchise fut achetée par les Flames de Calgary lors de ce remaniement de 2015 entre la AHL et la ECHL où plusieurs clubs changèrent de ligues et de nom afin de créer une division pacifique dans la AHL. Le Thunder déménagea donc à Glenn Falls dans l'état de New York pour la saison 2015-16 tandis que le club-école des Flames dans la AHL, les Flames d'Adirondack, déménagèrent à Stockton (sous le nom du Heat) et Stockton qui passa donc de la ECHL à la AHL et vice-versa pour Adirondack.
Mais auparavant, le Thunder s'inclina en finale de la coupe Kelly de 2013 contre les Royals de Reading. Parmi les joueurs développés à Stockton durant cette période ECHL, on retrouve principalement de futurs joueurs des Oilers comme Devan Dubnyk, Mark Arcobello et notre éternel ex-CH Brandon Davidson.
31. Thunder de l'Adirondack (2015 - )
Donc après les Cyclones, les Bulls, les Boardwalk Bullies et le Thunder de Stockton, la franchise retourna dans l'est américain, plus précisément à Glenn Falls, New York dans cette région montagneuse du nom de l'Adirondack. L'équipe garda étrangement le nom du Thunder de l'Adirondack alors qu'au même moment, on retrouvait aussi le Thunder de Wichita, équipe qui est arrivée sur la scène de la ECHL en 2014 (et que l'on verra plus loin). On assista donc (et ça continue depuis) à un de ces bizarres cas «Roughriders vs Rough Riders» où on a l'occasion dans la ECHL de voir un match Thunder vs. Thunder... J'imagine que les fans locaux ne doivent pas vraiment scander «Let's go Thunder!» lors de ces matchs et doivent donc trouver d'autres slogans... Heureusement pour eux, les deux équipes sont dans des conférences séparées, donc ils ne se rencontrent pas souvent.
Le Thunder n'était pas la première équipe à jouer sous le dénominatif géographique de l'Adirondack. Il y eut pendant longtemps dans la AHL les Red Wings (1979-1999), ensuite les IceHawks et le Frostbite dans la défunte UHL. La AHL revint en 2009 avec les Phantoms et ensuite les Flames jusqu'à ce remaniement de marchés discuté plus haut. Les Flames terminèrent toutefois rapidement leur association avec le Thunder qui est désormais affilié aux Devils, ce qui fait aussi plus de sens géographiquement avec leur autre club affilié dans la AHL à Albany.
32. Icehawks de Louisville (1990-1994)
Pas beaucoup d'informations ou de souvenirs de cette équipe éphémère des débuts de la ligue, les Icehawks de Louisville. Ils avaient de beaux chandails basés sur celui des Canucks de l'époque et leur mascotte s'appelait «Tommy Hawk», un des meilleurs noms de mascotte que j'aie jamais vu. La mascotte actuelle des Blackhawks s'appelle aussi «Tommy Hawk» et je me demande si c'est la même que les Icehawks qui aurait gradué dans la grande ligue...
Mais peu de choses à dire sur les Icehawks en tant que tel. Ils se sont rendus en finale en 1992 dans une cause perdante contre les Admirals de Hampton Roads (voir 3e partie). Leurs assistance furent quand même respectables, sans jamais être extraordinaires. La franchise mis en suspens après la saison 1993-94.
Pas grand monde dans leur alumni non plus, le nom le plus notable étant le meneur pour les points dans l'histoire dans la LHJMQ, Patrice Lefebvre, qui y joua une vingtaine de matchs en 1990-91, soit durant sa première saison professionnelle après la LHJMQ.
33. Lizard Kings de Jacksonville (1995-2000)
Après un an d'inactivité, la franchise des Icehawks passa du Kentucky à la Floride et se renomma sous le nom des Lizard Kings de Jacksonville, probablement la seule équipe sportive nommée en honneur de Jim Morrison. Cela pourrait avoir l'air de sortir de nulle part mais techniquement, Morrison est bien né en Floride, plus précisément à Melbourne, une ville plus près d'Orlando que de Jacksonville mais bon...
Les Lizard Kings s'inclinèrent en finale à leur première saison d'existence en 1995-96 mais ne parvinrent jamais à attirer assez de fans pour survivre et de plus, leur aréna tombait en morceaux. En attendant un nouvel aréna qui n'arriva finalement qu'en 2003, la franchise cessa ses activités pour de bon après la saison 1999-2000. Une autre équipe, les Barracudas de Jacksonville, élut ensuite domicile en 2002-03 dans cette ville, d'abord dans une nouvelle version de la Atlantic Coast Hockey League (l'ancêtre de la ECHL), ensuite dans l'obscure et nébuleuse WHA2 en 2003-04 et finalement dans la SPHL de 2004 à 2008. Ce n'est qu'en 2017 que la ECHL revint à Jacksonville, mais ça on le verra plus tard.
C'en était donc terminé des Lizard Kings en 2000 mais au moins cette équipe avait un marketing du tonnerre...
34. Renegades de Richmond (1990-2003)
Wow. Mais quel chandail...
Les Renegades de Richmond apparurent sur la scène de la ECHL en 1990-91 et étaient à l'époque la 3e équipe établie en Virginie, un des états centraux de la ECHL dans sa première décennie avec la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, le Tennessee et l'Ohio. Les Renegades furent respectables sans plus durant leurs 13 années d'existence mais tout cliqua pour eux en 1994-95 alors qu'ils terminèrent premiers de leur division et remportèrent le championnat de la Coupe Riley.
Ils furent alors aidés en fin de saison lorsque l'équipe fut contactée par l'ex-défenseur étoile Rod Langway qui désirait s'initier au métier d’entraîneur avec eux. Il fut alors amené comme entraîneur-adjoint durant la saison mais décida éventuellement de revenir au jeu après plus d'une saison d'inactivité. Il n'avait joué que 20 petits matchs avec les Capitals lors de sa dernière saison frustrante en 1992-93 mais il avait encore du gaz dans le réservoir à 37 ans. Il joua donc 6 matchs en fin de saison avec les Renegades et participa ensuite à ce parcours vers la coupe Riley où il joua 9 matchs, récoltant 1 but et 1 passe en plus d'apporter sans doute une énorme dose de leadership. La saison suivante, il revint une fois de plus au jeu mais cette fois dans la IHL avec les Spiders de San Francisco. Il revint plus tard comme adjoint à Richmond de 1998 à 2000.
Les Renegades attirèrent une bonne base de partisans mais commencèrent à piquer du nez après l'an 2000. La franchise fut finalement dissoute après la saison 2002-03.
35. Chill de Columbus (1991-1999)
Parallèlement aux succès de la ECHL en Caroline du Nord (Raleigh et Greensboro) qui menèrent à l'arrivée des Hurricanes dans la LNH, une histoire similaire se produisait en Ohio avec le Chill de Columbus. D'ailleurs si comme moi vous vous êtes déjà demandé pourquoi la LNH a choisi Columbus et non Cleveland lors de son retour en Ohio, et bien la réponse provient en partie de la ECHL.
À l'origine du Chill se trouvait un entrepreneur nommé Horn Chen qui obtint une franchise d'expansion dans la ECHL pour la saison 1991-92. Chen avait d'abord l'intention d'installer sa franchise à Cleveland mais son associé David Paitson le convainquit de choisir le marché de Columbus à la place. Menés par l'ancien joueur de la LNH Terry Ruskowski et une base de supporters dévoués, le Chill de Columbus devint la plus populaire des équipes de la ECHL mais cela était surtout dû aux campagnes de marketing du Chill qui firent une sensation de cette équipe et qui firent de l'équipe une sensation en Ohio et même au niveau national alors que leur modèle d'affaire capta l'attention de plusieurs médias.
Ça vaut la peine d'en regarder quelques unes.
Moe Mantha...
Donc le Chill était un succès médiatique, malgré une fiche quand même ordinaire sur la glace, et ils remplissaient leur petit aréna de 5000 places à pleine capacité dont une séquence 83 matchs consécutifs à partir de janvier 1992, ce qui était un record des ligues mineures, apparemment trois fois plus que le record précédent. Leur aréna, le Ohio Expo Center, fut bâti en 1918 et était alors le plus vieil aréna en Amérique du nord à héberger une équipe professionnelle.
Tous ces succès et cette attention médiatique incitèrent la ville et quelques dirigeants du Chill à aller rencontrer Gary Bettman et la LNH pour une possible équipe d'expansion à Columbus, ce que vous savez arriva par la suite. Le Chill continua ses opérations jusqu'à la fin de la saison 1998-99 et laissa ensuite la place aux Blue Jackets et un nouvel aréna de 21 000 places. Horn Chen fut également actionnaire minoritaire des Blue Jackets à leurs débuts. En fait, ce Chen semblait être un collectionneur de franchises. En plus du Chill, il était propriétaire du Ice d'Indianapolis dans la IHL et fut également le fondateur de la CHL (Central Hockey League) en 1992-93. Il était alors propriétaire de la majorité des équipes de cette ligue et en garda toujours quelques-unes jusqu'à la fusion de la CHL et la ECHL en 2013.
36. Royals de Reading (2001 - )
Voici pour terminer cette partie, les Royals de Reading. Mise en suspens après la saison 1998-99, la franchise du Chill fut ensuite vendue à un consortium comprenant en partie les Kings de Los Angeles (d'où proviennent le nom et les couleurs des Royals) qui établirent leur nouveau club-école secondaire dans cette ville de Reading en Pennsylvanie.
Les Royals furent affiliés aux Kings jusqu'en 2008, développant au passage des joueurs comme Dave Steckel, Rich Peverley et surtout Jonathan Quick qui y joua 38 matchs comme numéro un en 2007-08 avant de graduer à temps plein et devenir rapidement numéro un avec les Kings. Quick est d'ailleurs un des meilleurs joueurs à avoir gradué de la ECHL dans toute son histoire.
Les Kings se départirent éventuellement de la franchise en 2011 et changèrent d'affiliations à quelques reprises au cours des années suivantes, malgré qu'ils continuent toujours de porter les couleurs des Kings. Ils sont présentement affiliés avec les Flyers. Les Royals remportèrent une fois la coupe Kelly et ce en 2013 contre le Thunder de Stockton vu plus haut. Depuis ce temps, ils ont développé plusieurs autres joueurs de la LNH comme James Reimer et Philipp Grubauer et demeurent assez constants au niveau des assistances et de leurs performances.
Voici la deuxième partie de cette série que j'écris véritablemt à mesure que je découvre l'information. Le concept est de découvrir quel fut le marqueur du premier but en saison régulière de l'histoire chaque franchise de la LNH. Parfois ce sont des joueurs auxquels on s'attendait mais plus souvent ce sont des surprises et des joueurs obscurs, ce que j'aime particulièrement. On continue dans l'ordre alphabétique traditionnel, en déviant au besoin lorsque des franchises ont déménagé.
Continuons donc avec les Blackhawks. Si vous avez manqué la première partie, cliquez ici.
Black Hawks de Chicago
Ah les années 20! C'est comme si c'était hier. En fait oui c'était hier et même aujourd'hui car nous sommes dans les années 20 du 21e siècle. Mais moi je parlais plutôt des années 1920. Non ce n'était pas hier que le premier but des Blackhawks fut compté mais plutôt le 17 novembre 1926, premier match de la saison de la nouvelle franchise des Blackhawks de Chicago qui recevaient les St.Patricks de Toronto, plus tard renommés sous le sobriquet des Maple Leafs. C'est donc l'éternel George Hay qui marqua le premier but des Blackhawks, et ce assez égoïstement sans assistances. Les Blackhawks remportèrent ce premier match 4-1 et terminèrent cette première saison avec une fiche de 19-22-3, assez pour faire les séries à l'époque.
Hay était un des meilleurs marqueurs de la ligue de la côte ouest dans
les années 20. Il s'amena dans la LNH avec les Chicago mais n'y joua qu'une saison avant d'être échangé à Detroit
où il joua le reste de sa carrière. Il est considéré comme un des
meilleurs manieurs de bâton de son époque. Membre du temple de la
renommée depuis 1958.
Avalanche du Colorado
L'Avalanche débuta ses activités le 6 octobre 1995 en recevant les Red Wings de Detroit. C'est Valeri Kamensky qui marqua le premier but de l'histoire de l'équipe à exactement mi-chemin de leur première période d'existence. On a ainsi droit à un premier but à thématique KKK avec des mentions d'assistance à Uwe Krupp et Andrei Kovalenko. Le premier du genre jusqu'à l'ère Koivu-Kovalev-Komisarek... ou peut-être que c'est arrivé aussi à Detroit avec Kozlov, Konstantinov et... Klarionov.
Pour revenir à ce premier but de l'Avalanche, c'était dans ces étranges premières semaines de cette équipe nouvellement débarquée de Québec et qui portait des casques noirs lors de ses premiers matchs à domicile avant de changer peu après pour des casques blancs.
Nordiques de Québec
Pour les ancêtres de l'Avalanche, et bien c'est Réal Cloutier qui marqua le premier ainsi que tous les buts du premier match LNH de l'équipe sous le nom des Nordiques, le 10 octobre 1979 contre les Flames d'Atlanta.
Je ne peux vraiment faire plus que de vous mettre ce vidéo pour vous remettre dans l'ambiance de l'époque.
Blue Jackets de Columbus
Pour cette équipe de l'Ohio, et bien c'est l'ancien des Sénateurs Bruce Gardiner qui ouvrit le bal en ce 7 octobre 2000 à domicile contre les Blackhawks. Columbus démarra d'ailleurs ce match en lion avec une avance de 3 buts en première période mais perdit finalement le match 5-3... Columbus terminera cette première saison avec un bilan potable pour une équipe de première année avec une fiche de 28-39-9-6.
Gardiner est un joueur obscur, typique d'une équipe d'expansion mais son historique personnel est intéressant. Voir ce texte du 7 décembre 2015 pour en savoir plus.
Stars de Dallas
Pas mal le meilleur joueur qui pouvait marquer ce premier but de la franchise à Dallas après leur déménagement du Minnesota, à part peut-être Mike Modano. Ce fut d'ailleurs un bon choix pour la franchise de retirer le numéro 7 de Broten, même s'il n'a pas beaucoup joué à Dallas.
Ce premier but en territoire du Texas dans l'histoire de la LNH eut lieu le 5 octobre 1993 contre Detroit qui furent battus 6-4 contre ces nouveaux Stars. Un but assez fou d'ailleurs assisté par Mike McPhee... et probablement 2-3 autres joueurs non-officiellement...
North Stars du Minnesota
Avant d'être à Dallas, les Stars étaient plus au nord et débutèrent leurs activités en même temps que 5 autres équipes d'expansion pour la saison 1967-68. C'est un autre joueur emblématique de la franchise, le regretté Bill Masterton, qui marqua le premier but de l'équipe le 11 octobre 1967 lors d'un match nul de 2-2 contre St.Louis. Masterton ne marquera que 3 autres buts durant sa courte carrière avant de décéder tragiquement des suites d'une mise en échec où sa tête heurta la glace. Il est bien sûr celui envers qui sera dédié le trophée à son nom, récompensant la persévérance et l'esprit sportif.
Sur une note plus joyeuse, nos lecteurs de longue date sont surement impatients de connaitre le prochain ''premier buteur'', car dans l'arbre généalogique et l'ADN des Stars de Dallas, il n'y a pas seulement les anciens North Stars mais aussi les mythiques Barons de Cleveland, équipe qui fusionna avec les North Stars en 1978. Je crois que j'en ai déjà parlé, peut-être même2 ou 3 foisdans le passé.
Fred Ahern? Je le connais même pas. Et je connais quand même un bon nombre de ces joueurs obscurs qui ont joué pour les Barons. Son but fut sur des aides de Jim Moxey... WTF. Un autre que je ne connais pas. Je suis un peu déçu ici. Ahern était un produit de l'équipe de l'époque des Golden Seals qui joua une centaine de matchs dans la LNH avec Oakland, Cleveland et Colorado, trois des pires «pit stops» que tu pouvais faire dans la LNH à l'époque. Un peu la même histoire pour Moxey, qui joua une soixantaine de matchs avec les Barons en 2 ans et ensuite quelques matchs avec les Kings.
Ouais ben c'est pas le Pérou pour les Barons. C'est même assez typiquement Cleveland... Et inutile de vous dire que je n'ai pas trouvé de vidéo de ce fameux but. Ce but fut le premier de deux dans ce premier match à Cleveland, un match nul de 2-2 contre les Kings le 6 octobre 1976.
Je peux quand même me rabattre sur le 2e but qui lui est plus intéressant:
Bon, là tu parles!
Comme je disais il n'y a malheureusement pas beaucoup d'archives vidéos des Barons. Je vous mets quand même hors-sujet ce vidéo d'une demie-heure d'un match de 1977 contre les Penguins. Ça vaut la peine pour voir l'ambiance déchainée du Richfield Coliseum et d'écouter l’enthousiasme contagieux de l'annonceur.
Bon et bien on va terminer cette partie de la meilleure façon possible avec l'autre branche cassée de l'arbre généalogique des Stars, les Golden Seals, premièrement connus sous le nom des Seals d'Oakland. Et je vais me garder une gêne et je parlerai même pas des Sharks tout de suite.
Seals d'Oakland
Bon, un autre que je ne connais pas. Ce Kent Douglas a cependant joué plus de 400 matchs dans la LNH mais comme c'était principalement avec les Maple Leafs c'est normal que j'aie un petit blanc. Il a même remporté le trophée Calder en 1963, joué trois fois au match des étoiles dans les années 60 et remporté la coupe de 1963 avec les Leafs en plus de 3 coupes Calder dans la ligue américaine. Il était même le premier défenseur à recevoir le trophée Calder. Je m'avoue vaincu ici alors que c'est vraiment pas un tout nu. Et que dire de ce premier but pour les Seals. Ça c'est mieux que toutes ces coupes et ce trophée Calder. Les Leafs n'avaient cependant plus de place pour lui en 1967. Il n'a même pas joué durant les séries et durant la dernière conquête des Leafs et il fut laissé disponible pour le repêchage d'expansion.
Note à moi-même, me renseigner sur ce fameux ''Swarbrick'', récipiendaire de la 2e mention d'assistance de l'histoire des Seals.
Ce premier but et premier match des Seals annonçait des choses prometteuses car ils gagnèrent ce match du 11 octobre 1967 par la marque de 5-1 contre les Flyers. Mais ils terminèrent cette première saison avec seulement 15 victoires et hors des séries comme souvent durant le reste de leur histoire.
Douglas ne joua qu'une quarantaine de matchs à Oakland avant d'être échangé à Detroit. Il ne joua que très peu dans la LNH par la suite, terminant sa carrière en 1976 avec les Clippers de Baltimore.
C'est donc ce qui conclut cette 2e partie. Dans la 3e on verra les Red Wings, les Oilers, les Kings, le Wild et plein d'autres.