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samedi 8 octobre 2022

Jack Marshall


C’est en 1877 à Saint-Vallier, dans le comté de Bellechasse qu’est né Jack Marshall. Toutefois, au cours de son enfance, sa famille déménagea à Montréal, dans le quartier Pointe-St-Charles, où il commença à jouer au hockey. Il pratiqua également le basketball, le soccer, la crosse et ce qu’on appelait alors le rugby football.

En 1898, c’est encore plus vers l’ouest que Marshall alla, s’arrêtant à Winnipeg. Il continua à jouer, allant jusqu’à s’aligner comme ailier droit avec les Victorias de l’endroit, qui étaient devenus le premier club de l’ouest à remporter la Coupe Stanley en 1896.

En 1901, les Victorias défièrent les champions, les Shamrocks de Montréal. (C’était l’époque où une équipe pouvait défier les champions en titre.) Ils firent donc le voyage pour les affronter dans une série 2 de 3 à l'Aréna de Montréal. Dans un rôle de réserviste à la pointe, Marshall aida son équipe à vaincre les Shamrocks 4-3 et 2-1, mettant ainsi la main sur le Coupe Stanley pour la première fois.

En 1902, Marshall décida de revenir à la maison et s’entendit avec le Montreal Hockey Club, affilié au Montreal Amateur Athletic Association (MAAA). Maintenant au centre, Marshall marqua 11 buts en 8 matchs, le troisième total de la ligue. De plus, lorsqu’il était dans l’ouest, il portait des patins à tube. À son retour dans l’est, il continua de porter cet équipement qui n’était pas encore répandu dans notre partie du pays. On ne tarda alors pas de l’imiter et les tubes devinrent ainsi la norme aussi dans l’est.

Au mois de mars, ce fut au tour des "Little Men of Iron" (le Montreal HC, reconnu pour ses petits joueurs tenaces, dont lui-même) de défier l’ancienne équipe de Marshall. Ce dernier marqua 3 buts en 3 matchs et Montréal remporta la série qui eut lieu à Winnipeg.

Winnipeg tenta de reprendre la Coupe en janvier 1903 dans une série qui eut cette fois lieu à Montréal. Dans cette série qui, en théorie, était toujours un 2 de 3, il y eut en fait 4 matchs. En effet, le deuxième match fut interrompu à minuit, alors en prolongation avec une marque de 2-2. Selon l’article de La Presse de l’époque, "… les autorités de Westmount n’auraient pas permis qu’un délit aussi grave que de jouer au hockey le dimanche fut commis dans les limites de la municipalité." La partie fut donc déclarée nulle.

Montréal remporta finalement deux matchs (en plus d’une défaite et d’une nulle) et conserva son titre, alors que Marshall marqua sept fois au cours de la série.

Ce fut toutefois ensuite la fin de l’aventure de Marshall avec le Montreal HC. Un groupe de joueurs, incluant lui, exprima son mécontentement quant à la gestion du club. Ce groupe quitta donc pour se joindre aux nouveaux Wanderers de la nouvelle Federal Amateur Hockey League (FAHL).

Marshall termina premier compteur de la nouvelle ligue, avec 11 buts en 4 matchs et les Wanderers, avec une saison parfaite (6-0), remportèrent le titre. Ceci leur permit de défier les Silver Seven d’Ottawa pour la Coupe Stanley. Notons en passant qu’Ottawa venait de claquer la porte de la Canadian Amateur Hockey League (CAHL). La série commença par un match décrit comme étant l’un des plus salauds, indigne de l'esprit amateur et empreint de l'esprit du professionnalisme de la victoire à tout prix.  La rencontre se termina par un match nul de 5-5. Les Wanderers exigèrent ensuite que le deuxième match ait lieu à Montréal au lieu d’Ottawa et qu’un autre arbitre soit employé. Devant le refus des Silver Seven, la série prit fin et Ottawa conserva la Coupe. Les deux clubs se retrouvèrent ensuite l’année suivante dans la FAHL, mais seulement pour un an, alors qu’Ottawa changea ensuite encore de ligue. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en ces années, le hockey organisé ne l’était peut-être pas que ça.

Pour en revenir à Marshall, il joua une autre saison avec les Wanderers, avant de rejoindre en 1906 le Toronto Professional Hockey Club, un nouveau club professionnel (peu commun à l’époque) qui ne disputait que des matchs d’exhibition.

Il tenta ensuite sa chance avec les Montagnards, un club francophone de la FAHL, qui se retira de la ligue avant la fin de la saison. Marshall retourna alors aux Wanderers, qui n’étaient plus dans la FAHL, mais bien dans la ECAHA, qui était en fait une réincarnation de la CAHL. (Vous suivez toujours?)

Lorsque les Wanderers défièrent les champions en titre, Ottawa, et qu’ils eurent le dessus, Marshall remporta ainsi la Coupe Stanley avec une troisième équipe différente.

Après un détour de deux ans avec les Shamrocks de Montréal de la ECAHA, Marshall revint avec les Wanderers pour remporter une autre Coupe en 1910.

En 1912, il se joignit aux nouveaux Blueshirts de Toronto (qu’on pourrait considérer comme les ancêtres des Maple Leafs, bien que ce soit un peu plus compliqué que ça) de la NHA (l’ancêtre de la LNH).

Lorsqu’au début de la saison 1913-14, Bruce Ridpath démissionna de son poste d’entraîneur, c’est Marshall qui prit sa place, tout en continuant de jouer, à la pointe cette fois. D’ailleurs, au fil de sa carrière, Marshall joua un peu partout.

Toronto connut du succès et termina en tête de la ligue, à égalité avec une autre équipe qui existait depuis peu, les Canadiens de Montréal. Suite à une série de deux matchs au total des buts, Toronto fut sacré champion et se mérita la Coupe O'Brien. Ce triomphe lui donna aussi le droit d’affronter les Aristocrats de Victoria de la Pacific Coast Hockey Association (PCHA) pour la Coupe Stanley.

Dans une série disputée à Toronto, les Blueshirts balayèrent les Aristocrats. Marshall se mérita alors une Coupe Stanley avec une quatrième équipe, un record. Il s’agissait aussi de sa sixième Coupe, bien qu’en cette période où la Coupe pouvait se gagner en défiant les champions en titre, le contexte était différent.

On constate donc que la première fois de l’histoire que la Coupe s’est retrouvée à Toronto, l’entraîneur était un natif de Saint-Vallier-de-Bellechasse.

Marshall passa une autre année à Toronto comme joueur-entraîneur, bien que sa saison fut écourtée en raison d'une appendicite, avant de faire une troisième tour de piste avec les Wanderers.

Sa carrière de joueur prit fin en 1916-17, juste avant la formation de la Ligue nationale. Il y fut toutefois par après arbitre pendant quelques années.

Lorsque plus tard, on lui demanda de comparer les joueurs de différentes époques, il affirma d’abord que le jeu avait changé avec entre autres le retrait du "rover" (ou maraudeur), position qu’il a joué comme pratiquement toutes les autres, et la plus grande emphase sur la vitesse. Il mentionna également l’équipement différent, pestant au passage au sujet des jambières des gardiens maintenant beaucoup trop larges. En lisant ceci, je me disais qu’un joueur des années 1970 pourrait avoir les mêmes commentaires en comparant son époque avec aujourd’hui. Comme quoi qu'il y a des classiques qui ne se démodent pas.

Jack Marshall est décédé en 1965, peu de temps après avoir été admis au Temple de la renommée, à l’âge de 88 ans.

Sources:

"Les Winnipeg triomphent", 30 janvier 1901, La Presse, page 3,

"Partie nulle samedi, à l’aréna", 2 février 1903, La Presse, page 3,

"Nouvelle ligue de hockey", 2 décembre 1903, La Presse, page 3,

"Game was a draw", March 3, 1904, Montreal Gazette, page 2,

"Ottawa says no; Others won’t go", March 5, 1904, Montreal Gazette, page 2,

"Turning Back Hockey’s Pages" de D.A.L. MacDonald, February 13, 1934, Montreal Gazette, page 14,

"Casual Close-Ups" de Marc T. McNeil, December 7, 1939, Montreal Gazette, page 14,

hhof.com, wikipedia.org.

dimanche 11 août 2013

Russell "Dubbie" Bowie



Il n'est pas rare de nos jours de voir des joueurs de hockey être payés plus cher que ce qu'ils méritent. Nous aurons longtemps souvenir, ici à Montréal, de l'aventure Scott Gomez. Cette chose qui caractérise notre ère du sport professionnel, ce que je nomme l'ère des mercenaires (et ça n'ira probablement pas en descendant), est un peu plus stupéfiante quand on tient compte qu'avant les années 70, notamment avec l'arrivée de la WHA, les joueurs de hockey professionnels avaient des bien maigres salaires. Elles sont légions les histoires de joueur morts dans la pauvreté après avoir connu une brillante carrière.

Mais une partie de l'histoire du hockey est encore plus surprenante quant à la manière dont les joueurs furent traitrés. Au début du hockey organisé, le hockey était un sport réservé aux riches bourgeois membres de clubs sportifs, ce qui conférait, pour des raisons élitistes si je peux m'avancer, un statut de joueur amateur aux meilleurs joueurs. C'est un fait de son époque, par exemple, lorsque le baron Pierre de Coubertin décida que seuls les athlètes amateurs devaient compétitionner aux Jeux Olympiques, l'idée de ce bon aristocrate n'était pas tant de donner un sens noble au sport que d'éloigner la "plèbe" de ces compétitions.  C'était une époque où les classes sociales étaient en quelques sortes plus marquées que de nos jours, quoi que si vous croyez que les classes sociales n'existent pas, allez faire un tour sur le site Rich Kids Of Instagram.

Le hockey par contre n'a pas pris trop de temps à devenir un sport professionnel. L'intérêt de certains propriétaires d'équipes à attirer les meilleurs joueurs en les rémunérant fit en sorte de faire plier les ligues où évoluaient les équipes les plus connues qui commencèrent à payer des joueurs afin de les retenir. Par contre, certaines de ces équipes puissantes du début du XXe siècle refusèrent de devenir des équipes professionnelles et continuèrent à être des équipes amateurs dans un bassin d'équipes professionnelles. Ce fut le cas des Victorias de Montréal qui alignaient le meilleur joueur de l'époque, Russell Bowie...

Russell Bowie est né en 1880 à Montréal. Très tôt. il fut reconnu comme un des joueurs les plus exceptionnels de la métropole, ce qui lui valut une invitation pour les célèbres Victorias de Montréal alors qu'il était âgé que de 16 ans. Ce n'est en 1898 que Bowie fit ses débuts officiels avec les "Vics", alors les défendants de la Coupe Stanley. Je vous rappelle que la Coupe Stanley était alors disputée en challenge. Bowie fit d'ailleurs parti de la dernière formation des Victorias qui défendirent la Coupe Stanley, en 1899 contre les Victorias de Winnipeg. 

Mais ce qui caractérisait fortement le jeu de Bowie, c'est qu'il était un très gros marqueur de but. D'ailleurs, en 1901, il remporta le premier de cinq championnat des marqueurs en huit ans avec sa récolte de pas moins de 24 buts en 7 matchs (!). Sa meilleure campagne fut en 1906-07 alors qu'il récolta 39 buts en 10 matchs, terminant toutefois second au championnat des marqueurs derrière Ernie Russell des Wanderers de Montréal qui en récolta 42 en 9 match... Ayoye...

Mais comme je l'ai mentionné plus haut, Russell Bowie était non seulement le premier des grands marqueurs de but, avant Joe Malone, Cyclone Taylor et Newsy Lalonde, récoltant en tout 234 buts en 80 matchs durant sa carrière qui s'échelonna de 1898 à 1910, mais il fut reconnu comme un des derniers joueurs à avoir refusé de devenir d'être un professionnel. Apparemment que par principe, Bowie a même refusé une offre des Silver Senven d'Ottawa de 3000$ pour une saison plus 4$ par minutes jouées et aurait refusé une offre des Wanderers qui lui offrirent un piano comme cadeau afin de l'inviter, piano qui fut retourné. Bowie se considérait comme un amateur et affirmait qu'il allait mourir en amateur. Malgré tout, Bowie jouait dans une ligues où amateurs et professionnels s'affrontaient. Par contre, les Victorias furent contraint de quitter les ligues de haut niveau en 1908 en raison de leur acharnement à demeurer une équipe amateur, les autres équipes étant devenues professionnelles.

Bowie joua encore deux saisons avec son équipes au sein de ligues inférieures avant de se retirer en 1910 suite à une blessure à la clavicule. Il devint arbitre par la suite au sein de la très professionnelle NHA. 

Lorsqu'il prit sa retraite, il fut un des derniers joueurs à avoir joué au 19e siècle...

Il est décédé en 1959 à l'âge vénérable de 79 ans...

Il fut l'un des premiers joueurs à être intronisé au Temple de la Renommée, en 1947.