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samedi 8 octobre 2022

Jack Marshall


C’est en 1877 à Saint-Vallier, dans le comté de Bellechasse qu’est né Jack Marshall. Toutefois, au cours de son enfance, sa famille déménagea à Montréal, dans le quartier Pointe-St-Charles, où il commença à jouer au hockey. Il pratiqua également le basketball, le soccer, la crosse et ce qu’on appelait alors le rugby football.

En 1898, c’est encore plus vers l’ouest que Marshall alla, s’arrêtant à Winnipeg. Il continua à jouer, allant jusqu’à s’aligner comme ailier droit avec les Victorias de l’endroit, qui étaient devenus le premier club de l’ouest à remporter la Coupe Stanley en 1896.

En 1901, les Victorias défièrent les champions, les Shamrocks de Montréal. (C’était l’époque où une équipe pouvait défier les champions en titre.) Ils firent donc le voyage pour les affronter dans une série 2 de 3 à l'Aréna de Montréal. Dans un rôle de réserviste à la pointe, Marshall aida son équipe à vaincre les Shamrocks 4-3 et 2-1, mettant ainsi la main sur le Coupe Stanley pour la première fois.

En 1902, Marshall décida de revenir à la maison et s’entendit avec le Montreal Hockey Club, affilié au Montreal Amateur Athletic Association (MAAA). Maintenant au centre, Marshall marqua 11 buts en 8 matchs, le troisième total de la ligue. De plus, lorsqu’il était dans l’ouest, il portait des patins à tube. À son retour dans l’est, il continua de porter cet équipement qui n’était pas encore répandu dans notre partie du pays. On ne tarda alors pas de l’imiter et les tubes devinrent ainsi la norme aussi dans l’est.

Au mois de mars, ce fut au tour des "Little Men of Iron" (le Montreal HC, reconnu pour ses petits joueurs tenaces, dont lui-même) de défier l’ancienne équipe de Marshall. Ce dernier marqua 3 buts en 3 matchs et Montréal remporta la série qui eut lieu à Winnipeg.

Winnipeg tenta de reprendre la Coupe en janvier 1903 dans une série qui eut cette fois lieu à Montréal. Dans cette série qui, en théorie, était toujours un 2 de 3, il y eut en fait 4 matchs. En effet, le deuxième match fut interrompu à minuit, alors en prolongation avec une marque de 2-2. Selon l’article de La Presse de l’époque, "… les autorités de Westmount n’auraient pas permis qu’un délit aussi grave que de jouer au hockey le dimanche fut commis dans les limites de la municipalité." La partie fut donc déclarée nulle.

Montréal remporta finalement deux matchs (en plus d’une défaite et d’une nulle) et conserva son titre, alors que Marshall marqua sept fois au cours de la série.

Ce fut toutefois ensuite la fin de l’aventure de Marshall avec le Montreal HC. Un groupe de joueurs, incluant lui, exprima son mécontentement quant à la gestion du club. Ce groupe quitta donc pour se joindre aux nouveaux Wanderers de la nouvelle Federal Amateur Hockey League (FAHL).

Marshall termina premier compteur de la nouvelle ligue, avec 11 buts en 4 matchs et les Wanderers, avec une saison parfaite (6-0), remportèrent le titre. Ceci leur permit de défier les Silver Seven d’Ottawa pour la Coupe Stanley. Notons en passant qu’Ottawa venait de claquer la porte de la Canadian Amateur Hockey League (CAHL). La série commença par un match décrit comme étant l’un des plus salauds, indigne de l'esprit amateur et empreint de l'esprit du professionnalisme de la victoire à tout prix.  La rencontre se termina par un match nul de 5-5. Les Wanderers exigèrent ensuite que le deuxième match ait lieu à Montréal au lieu d’Ottawa et qu’un autre arbitre soit employé. Devant le refus des Silver Seven, la série prit fin et Ottawa conserva la Coupe. Les deux clubs se retrouvèrent ensuite l’année suivante dans la FAHL, mais seulement pour un an, alors qu’Ottawa changea ensuite encore de ligue. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en ces années, le hockey organisé ne l’était peut-être pas que ça.

Pour en revenir à Marshall, il joua une autre saison avec les Wanderers, avant de rejoindre en 1906 le Toronto Professional Hockey Club, un nouveau club professionnel (peu commun à l’époque) qui ne disputait que des matchs d’exhibition.

Il tenta ensuite sa chance avec les Montagnards, un club francophone de la FAHL, qui se retira de la ligue avant la fin de la saison. Marshall retourna alors aux Wanderers, qui n’étaient plus dans la FAHL, mais bien dans la ECAHA, qui était en fait une réincarnation de la CAHL. (Vous suivez toujours?)

Lorsque les Wanderers défièrent les champions en titre, Ottawa, et qu’ils eurent le dessus, Marshall remporta ainsi la Coupe Stanley avec une troisième équipe différente.

Après un détour de deux ans avec les Shamrocks de Montréal de la ECAHA, Marshall revint avec les Wanderers pour remporter une autre Coupe en 1910.

En 1912, il se joignit aux nouveaux Blueshirts de Toronto (qu’on pourrait considérer comme les ancêtres des Maple Leafs, bien que ce soit un peu plus compliqué que ça) de la NHA (l’ancêtre de la LNH).

Lorsqu’au début de la saison 1913-14, Bruce Ridpath démissionna de son poste d’entraîneur, c’est Marshall qui prit sa place, tout en continuant de jouer, à la pointe cette fois. D’ailleurs, au fil de sa carrière, Marshall joua un peu partout.

Toronto connut du succès et termina en tête de la ligue, à égalité avec une autre équipe qui existait depuis peu, les Canadiens de Montréal. Suite à une série de deux matchs au total des buts, Toronto fut sacré champion et se mérita la Coupe O'Brien. Ce triomphe lui donna aussi le droit d’affronter les Aristocrats de Victoria de la Pacific Coast Hockey Association (PCHA) pour la Coupe Stanley.

Dans une série disputée à Toronto, les Blueshirts balayèrent les Aristocrats. Marshall se mérita alors une Coupe Stanley avec une quatrième équipe, un record. Il s’agissait aussi de sa sixième Coupe, bien qu’en cette période où la Coupe pouvait se gagner en défiant les champions en titre, le contexte était différent.

On constate donc que la première fois de l’histoire que la Coupe s’est retrouvée à Toronto, l’entraîneur était un natif de Saint-Vallier-de-Bellechasse.

Marshall passa une autre année à Toronto comme joueur-entraîneur, bien que sa saison fut écourtée en raison d'une appendicite, avant de faire une troisième tour de piste avec les Wanderers.

Sa carrière de joueur prit fin en 1916-17, juste avant la formation de la Ligue nationale. Il y fut toutefois par après arbitre pendant quelques années.

Lorsque plus tard, on lui demanda de comparer les joueurs de différentes époques, il affirma d’abord que le jeu avait changé avec entre autres le retrait du "rover" (ou maraudeur), position qu’il a joué comme pratiquement toutes les autres, et la plus grande emphase sur la vitesse. Il mentionna également l’équipement différent, pestant au passage au sujet des jambières des gardiens maintenant beaucoup trop larges. En lisant ceci, je me disais qu’un joueur des années 1970 pourrait avoir les mêmes commentaires en comparant son époque avec aujourd’hui. Comme quoi qu'il y a des classiques qui ne se démodent pas.

Jack Marshall est décédé en 1965, peu de temps après avoir été admis au Temple de la renommée, à l’âge de 88 ans.

Sources:

"Les Winnipeg triomphent", 30 janvier 1901, La Presse, page 3,

"Partie nulle samedi, à l’aréna", 2 février 1903, La Presse, page 3,

"Nouvelle ligue de hockey", 2 décembre 1903, La Presse, page 3,

"Game was a draw", March 3, 1904, Montreal Gazette, page 2,

"Ottawa says no; Others won’t go", March 5, 1904, Montreal Gazette, page 2,

"Turning Back Hockey’s Pages" de D.A.L. MacDonald, February 13, 1934, Montreal Gazette, page 14,

"Casual Close-Ups" de Marc T. McNeil, December 7, 1939, Montreal Gazette, page 14,

hhof.com, wikipedia.org.

mardi 20 août 2019

Les arénas des Canadiens - L'Aréna de Montréal



C’est en 1898 que fut construit l’Aréna de Montréal (aussi appelé l’Aréna de Westmount), au coût de 75 000$. S’il a servi de domicile aux Wanderers de Montréal à partir de 1903, ces derniers le quittèrent en 1910 pour rejoindre les nouveaux Canadiens au Jubilée. Il faut dire que leur nouveau propriétaire, Patrick Doran, était aussi propriétaire du Jubilée. Par contre, comme la capacité de ce dernier était inférieure (3200 spectateurs contre 4000 places assises à l’Aréna de Montréal et 10 000 au total), les recettes furent inférieures, au grand déplaisir des clubs visiteurs. Le confort n’était pas le même non plus. Les Wanderers, vendus à Sam Lichtenhein (le propriétaire des Royaux de la Ligue internationale de baseball), retournèrent donc à l’Aréna de Montréal l’année suivante, et les Canadiens les imitèrent.

Les bouts de la patinoire étaient arrondis, ce qui était une innovation à l’époque. De plus, on y installa une glace artificielle en 1915. Par contre, on retrouvait de nombreux poteaux de structure près de la glace.



Si les Canadiens y remportèrent leur première Coupe Stanley en 1915-16, les Wanderers, particulièrement affectés par la perte de joueurs partis au front, y connurent des saisons difficiles. Rapatrier leur ancienne gloire (et plus tard le premier entraîneur de l’histoire des Bruins) Art Ross n’a pas suffi.

Le 2 janvier 1918, un incendie s’y déclara. Après trente minutes, les dommages causés par la chaleur à la structure d’acier et l’écroulement des murs de briques causèrent l’effondrement de la structure. Le brasier fut combattu pendant plus de quatre heures par les pompiers, mais en vain. Des dommages estimés à environ de 150 000$ ne laissèrent derrière eux que des ruines.



Les Canadiens retournèrent alors au Jubilée. Par contre, les Wanderers, déjà affaiblis financièrement, disparurent en même temps que le site où ils avaient gagné et défendu (à l’époque, on pouvait défier les champions) des Coupes Stanley.

L’Aréna de Montréal était situé 4055, Sainte-Catherine Ouest, au coin de la rue Wood. Situé juste à côté de ce qui est maintenant la Place Alexis-Nihon (et donc près du Forum), on y trouve aujourd’hui un immeuble d’usage commercial.


L'actuel 4055, Sainte-Catherine Ouest




Juste à côté, la Place Alexis-Nihon


Encore une fois, j’ai cherché une mention ou une plaque, mais je n’en ai pas trouvée.

Sources: 
“The Westmount Arena Fire” de John Gales, The Hockey Research Journal 2010, p.48 à 53, (galesfiresafety.files.wordpress.com),
“Arena not likely to rise from ashes”, Montreal Gazette, 3 janvier 1918, page 5,
"Plusieurs amphithéâtres sportifs ont été la proie des flammes" de Marcel Desjardins, 27 février 1984, La Presse, p.S20,
wikipedia.org, yorkufire.com.

samedi 23 mars 2019

Riley Hern



À la fin du 19e siècle, Riley Hern jouait autant à l’avant que dans les buts dans sa région de Stratford, en Ontario, en plus de jouer à la crosse. Il choisit finalement la position de gardien quand, en 1901, il eut vent d’une innovation. Une ligue dans la région de Pittsburgh se déclarait officiellement comme professionnelle, la Western Pennsylvania Hockey League (WPHL). Le but était d’occuper leur aréna, le Duquesne Gardens, à Pittsburgh. Hern signa donc avec les Keystones de Pittsburgh.

Il ne mit pas de temps à se distinguer, car dès la première année de la ligue sous cette forme, avec neuf victoires en quinze matchs, il mena ses adversaires à ce chapitre. Il fut ainsi nommé au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue.

L’année qui suivit fut tout autre. Les Keystones terminèrent derniers de la ligue. Quant à Hern, il ne remporta qu’un seul match, contre dix défaites.

Ce fut alors la dernière saison de Hern dans la WPHL. Par la suite, il joua avec le Portage Lakes Hockey Club, une équipe basée au Michigan, qui se joindra à une autre ligue professionnelle naissante, l’International Professional Hockey League (IPHL).

En 1905-06, Hern aida à nouveau son équipe à remporter le championnat de la ligue, avant de revenir au Canada. Il se joignit alors aux champions de la Coupe Stanley, les Wanderers de Montréal, où il aura comme coéquipiers une kyrielle de joueurs qui ont marqué cette période du hockey, comme Hod Stuart, Sprague Cleghorn, "Bad" Joe Hall et Lester Patrick.

Encore une fois, Hern aida son équipe à remporter le championnat, la Coupe Stanley dans ce cas, avec une saison parfaite de surcroît. Ce faisant, il devint le premier gardien professionnel à remporter la Coupe. Toutefois, c’était l’époque où des équipes d’autres ligues pouvaient défier les champions en titre. Après avoir défait une équipe de New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, les Wanderers se firent alors surprendre par les Thistles de Kenora. Pour parvenir à ses fins, l’équipe de la ville du nord-ouest de l’Ontario de 5200 habitants (qui demeure à ce jour la plus petite ville à avoir remporté la Coupe Stanley) avait engagé pour l’occasion le futur premier entraîneur des Bruins, Art Ross, pour 1000$. Les Wanderers reprirent ensuite la Coupe, en plus d’embaucher Art Ross la saison suivante.

Les Wanderers remportèrent ensuite cinq défis, en plus de conserver leur titre pour la saison 1908, où Hern joua un rôle important. À partir de ce moment, la Coupe Stanley couronna la meilleure équipe professionnelle, alors que les clubs amateurs se disputèrent plutôt la nouvelle Coupe Allan.

Les Wanderers laissèrent la Coupe à Ottawa en 1909, avant de la reprendre en 1910.

Hern joua une dernière saison en 1910-11, mais c’est à nouveau Ottawa qui remporta le titre.

Une pub pour son magasin
Au cours de sa carrière, Hern était devenu porte-parole de la chaîne de mercerie Semi-ready. Celle-ci offrait des complets déjà assemblés, mais auxquels il ne restait que les derniers ajustements à faire, ce qui constituait une nouveauté à l’époque par rapport aux habits sur mesure, plus longs à obtenir et plus coûteux. La chaîne lui a même offert un magasin au coin de Peel et Ste-Catherine. Après la saison 1910-11, Hern décida de se consacrer entièrement à son commerce. Toutefois, pour demeurer près du hockey, il travailla également comme arbitre et juge de but dans la LNH. Il s’impliqua également dans le milieu local des affaires.

En 1929, Hern eut des problèmes cardiaques, qui l’emportèrent à l’âge de 50 ans.

La contribution de ce pionnier du hockey professionnel fut soulignée en 1963, lorsqu’il fut admis au Temple de la renommée du hockey à titre posthume.

Fait intéressant, on compte parmi sa descendance l’acteur et chanteur Allan F. Nicholls, qui a entre autres fait partie du groupe Mashmakhan pendant un moment. Toutefois, il est surtout connu pour son rôle de Johnny Upton, le joueur moustachu qui a ouvert sa robe de chambre lors de la parade de mode, dans le film Slap Shot. Jusqu’à un certain point, on peut donc dire que le hockey unit le petit-fils au grand-père qu’il n’a jamais connu…


Sources : The Westmount News, 9 octobre 1914, p.9, “′Riley′ Hern Died In His 49th Year”, 25 juin 1929, Montreal Gazette, p.5, “Riley Hern : St.Mary’s Original Hockey Hero” de Stewart Grant, 20 janvier 2017, St.Mary’s Independent (stmarysindy.com), hhof.com, wikipedia.org.

vendredi 5 mai 2017

Gagnants de la Coupe Stanley à Montréal et à Ottawa



Pour faire suite aux articles au sujet des joueurs qui se sont mérités les grands honneurs avec plus d’une équipe près de chez nous, en voici un autre au sujet des six joueurs qui ont remporté la Coupe Stanley à Montréal et à Ottawa.

Comme les Sénateurs (2e version) n’ont jamais gagné la Coupe et que leurs ancêtres l’ont remporté pour la dernière fois en 1927, on se doute bien que les joueurs en question sont loin d’être contemporains.

Le premier à réaliser cet exploit est Bruce Stuart. Comme son frère Hod, il a joué avec Ottawa, les Bulldogs de Québec et avec Pittsburgh, dans l’une des premières ligues professionnelles.

Si Hod remporta la Coupe Stanley avec les Wanderers de Montréal en 1907, Bruce fit de même la saison suivante. Il déménagea ensuite à Ottawa pour devenir capitaine et mener les Senators à la Coupe en 1909, 1910 et 1911, à une époque où le trophée de Lord Stanley pouvait encore faire l’objet de défi venant de différentes équipes.

Bruce Stuart a été admis au Temple de la renommée en 1961, peu de temps avant son décès à l’âge de 79 ans.

Les trois suivants, Sprague Cleghorn, Clint Benedict et Punch Broadbent, ont joué ensemble avec les Sens et remporté la Coupe en 1920 et 1921. Si Cleghorn a ensuite pris le chemin de Montréal pour s’aligner avec les Canadiens, Benedict et Broadbent ont remporté une autre Coupe à Ottawa en 1923.

Cleghorn s’est ensuite repris sur ses anciens coéquipiers en gagnant la Coupe Stanley à Montréal en 1924 et en devenant le seul à réaliser la combinaison Coupe à Montréal et à Ottawa avec les Canadiens.

Benedict et Broadbent ont alors rejoint Cleghorn à Montréal, mais pas au sein de la même équipe. Ils ont ainsi tous les deux été échangés aux nouveaux rivaux des Canadiens, les Maroons, avec qui ils complétèrent le doublé Montréal-Ottawa en 1926.

Celui qui prit la place de Benedict devant le but d’Ottawa en 1924, Alec Connell, remporta la Coupe en 1927, tout comme Hooley Smith. Ce dernier fut ensuite échangé aux Maroons, contre… Punch Broadbent, qui retourna à Ottawa.

En 1934, Smith fut rejoint avec les Maroons par son ex-coéquipier, Alec Connell. Ensemble, ils ont remporté la Coupe Stanley en 1935, devenant ainsi les cinquième et sixième à réaliser le doublé Montréal-Ottawa.

Personne n’est même passé près de rééditer l’exploit depuis, puisqu’en plus de voir Ottawa disparaître de la LNH pendant plusieurs décennies, les deux équipes n’ont pas connu leurs moments forts aux mêmes périodes.




Sources : legendsofhockey.net, nhl.com, wikipedia.org.





lundi 1 mai 2017

George Prodgers



George Prodgers a eu un parcours plutôt nomade. Pendant cette période, le professionnalisme était encore jeune et fragmenté. Plusieurs équipes dans plusieurs ligues cherchaient à s'accaparer les joueurs les plus talentueux. Ceux qui étaient prêts à écouter les offres pouvaient donc aller d’un endroit à l’autre. Le fait que la durée de vie de certaines équipes pouvait être courte aidait aussi à faire des joueurs des globe-trotteurs.

Prodgers est originaire de London. En 1911, il fit ses débuts avec les Colts de Waterloo de l’OPHL (Ontario Professional Hockey League), une ligue de quatre équipes qui en était à sa quatrième année.

Les Colts se rendirent en finale de la ligue avant de s’incliner devant les Professionnals de Galt.

L’année suivante, il se laissa convaincre de joindre les Bulldogs de Québec de la NHA (National Hockey Association). Il fut l’un des nombreux joueurs à quitter l’OPHL. Plusieurs autres prirent le chemin de l’ouest vers la PCHA (Pacific Coast Hockey Association), ou de l’est, vers la MPHL (Maritime Professional Hockey League). En bout de ligne, l’OPHL s’effondra.

Prodgers connut un lent début, mais le joueur de centre s’est finalement acclimaté à sa nouvelle équipe et Québec connut du succès. Menés par Joe Malone, les Bulldogs finirent en tête de la NHA, avant d’affronter les champions de la MPHL, les Victorias de Moncton. (Ceux-ci étaient essentiellement composés de la défunte équipe de Galt de l’OPHL, que Moncton avait presque entièrement dépouillé.) Québec remporta les deux matchs et par le fait même, la Coupe Stanley.

Toujours sous contrat, Prodgers semblait en voie de s’installer à Québec, puisqu’il y avait passé l’été à travailler chez un armurier et à jouer au baseball. Par contre, la rivalité entre les différentes ligues reprit de plus belle. Lorsque les Wanderers de Montréal firent signer un contrat Harry Hyland, le meilleur buteur de la PCHA et toujours sous contrat, la guerre éclata. La PCHA, qui l’avait d’ailleurs déjà fait, se mit à solliciter activement les joueurs de la NHA. Pour 2500$, Prodgers accepta donc de renier sa signature sur le contrat qu’il avait signé avec Québec. Il prit plutôt le chemin de Victoria, pour s’aligner avec les Aristocrats.

Après une saison frustrante sur la côte ouest, Prodgers décida de revenir à Québec en 1913-14. Mais encore une fois, ce fut de courte durée. Il demanda à être transféré aux Wanderers, où il passa la saison 1914-15.

La saison qui suivit, Prodgers demeura à Montréal, mais il changea à nouveau d’adresse lorsqu’il se retrouva avec les Canadiens.

Avec une fiche de 16-7-1, ils terminèrent en tête de la NHA et remportèrent leur première Coupe O’Brien. Ils jouèrent alors pour la Coupe Stanley, en affrontant les Rosebuds de Portland de la PCHA. Prodgers fut peu utilisé, mais il marqua à 8:15 de la troisième période le but gagnant du cinquième et décisif match. Les Canadiens remportèrent ainsi la première Coupe de leur histoire.

Du même coup, Prodgers devint le premier et le seul à ce jour à remporter la Coupe Stanley avec Québec et avec Montréal. (Joe Malone l’a remporté en 1912 et 1913 avec les Bulldogs. Il faisait aussi partie des Canadiens en 1923-24, mais comme il n’a pas joué durant les séries, son nom n’apparaît pas sur la Coupe.)

Prodgers changea alors à nouveau d’adresse. La guerre faisait rage et il s’enrôla. Il se retrouva ainsi à Toronto, avec le 228e bataillon. Il y fut le temps que dura l’aventure, se classant comme deuxième meilleur compteur de l’équipe, avant d’aller combattre en Europe.

À son retour de la guerre, ses droits furent assignés à Québec, mais il refusa de s’y rapporter. Il fut alors échangé à Montréal, qui le refila presque immédiatement aux St.Patricks de Toronto, avec qui il joua la saison 1919-20.

C’est finalement en 1920-21 qu’il se stabilisa un peu, lorsqu’il fut échangé aux faibles Tigers d'Hamilton, où il retrouva Joe Malone. Il y passa cinq saisons, où il alterna entre l’avant et la défense.

Lorsque le club prit le chemin de New York en 1925, pour devenir les Americans, Prodgers préféra prendre sa retraite.

Il retourna alors dans sa ville natale de London, pour devenir entraîneur du club de la nouvelle CPHL (Canadian Professional Hockey League). L’aventure dura deux ans. Il géra également l’aréna local.

Celui qu’on surnommait « Goldie » est décédé d’un arrêt cardiaque en 1935, à l’âge de 44 ans.


Sources :

Durand, Marc, La Coupe à Québec, Les Bulldogs et la naissance du hockey, Éditions Sylvain Harvey, 2012, p.80 à 103,

« Le Canadien est enfin champion du monde », 31 mars 1916, Le Canada, p.2, « George Prodgers Dead », CP, 26 octobre 1935, Montreal Gazette, p.18, hhof.com, londonsportshalloffame.com, wikipedia.org.

mardi 17 février 2015

Les derniers joueurs actifs (2ème partie)





Voici la deuxième partie des derniers joueurs actifs des équipes défuntes de l'histoire de la LNH. Si vous avez manqué la 1ère partie vous pouvez la lire en cliquant ici.

Je croyais pouvoir terminer cette série en seulement 2 parties mais il y en aura finalement une troisième car il y a ici beaucoup d'informations. Allons-y donc.
 

North Stars du Minnesota (1967-1993) : Mike Modano (2011)

Modano fut le dernier joueur à porter le N étoilé des North Stars. Il suivit l'équipe lors du déménagement à Dallas pour la saison 1993-94 et restera avec la franchise jusqu'à la fin de la saison 2009-10 suite à quoi il fit un Martin Brodeur de lui-même et joua une dernière saison dans la ligue avec les Red Wings de Détroit. Il détient les principaux records offensifs de l'histoire des Stars/North Stars et est aussi le meneur pour les buts et les points chez les attaquants d'origine américaine. Il fut capitaine de l'équipe de 2003 à 2006 et les mena à la conquête de la coupe en 1999. Il fut introduit au temple de la renommée en 2014.

Écart entre la fin des North Stars et le dernier match de Modano : 18 ans.

Mike Craig

J'ajoute ici le nom de Mike Craig, qui est officiellement le dernier joueur professionnel (hors-LNH) à avoir porté les couleurs des North Stars. Craig fut repêché par l'équipe au 28ème rang en 1989 et joua durant les 3 dernières saisons au Minnesota et une autre saison à Dallas. Il joua ensuite à Toronto durant 3 autres saisons avant d'ensuite faire la navette dans la IHL et la AHL pendant quelques années et joua aussi quelques matchs avec les Sharks. En 2002 il marqua le but vainqueur du Canada lors de la finale de la coupe Spengler contre le HC Davos. Je crois qu'il aima ce séjour en Europe car il joua par la suite en Suisse et en Autriche jusqu'en 2012 et joua une dernière saison en Italie en 2013.

Écart entre la fin des North Stars et le dernier match de Craig : 20 ans.


Passons maintenant à une franchise qui connut plusieurs difficultés sous 4 incarnations :

Bulldogs de Québec (1878-1920) : Dave Ritchie (1926)

Les Bulldogs, doubles champions de la coupe Stanley en 1912 et 1913, furent une des 4 équipes fondatrices de la LNH en 1917 mais ne purent cependant disputer aucun match avant la saison 1919-20, faute de financement. Il ne jouèrent donc qu'une seule saison misérable (fiche de 4-20-0) dans la LNH suite à quoi l'équipe déménagea à Hamilton. Le dernier Bulldog fut Dave Ritchie qui joua de 1914 à 1917 avec l'équipe avant d'être transféré aux Wanderers, aux Sénators et aux Arenas de Toronto pendant que l'équipe était en suspens. Il revint finalement à Québec pour la seule saison de l'équipe dans la LNH. Il ne joua cependant pas pour les Tigers par la suite, étant plutôt échangé aux Canadiens pour la saison 1920-21. Il ne joua que 6 matchs à Montréal suite à quoi il prit sa retraite pour devenir arbitre. Il fit toutefois un retour dans la ligue avec les Canadiens pour 5 matchs en 1924-25 et 2 matchs en 1925-26. Il joua donc pour pour toutes les équipes originales de la LNH (Canadiens, Wanderers, Bulldogs, Senators et Arenas).

Écart entre le dernier match des Bulldogs de Québec et celui de Ritchie : 6 ans.


Eddie Oatman

J'accorde une mention spéciale ici à Eddie Oatman qui fut officiellement le dernier Bulldog actif professionnelement. Il eut une carrière phénoménalement longue de 32 ans (1907 à 1939) et était un des meilleurs marqueurs dans toutes les ligues où il a pu jouer. Il joua 2 saisons avec les Bulldogs en 1911 et 1912, aidant l'équipe à remporter la coupe de 1912. Il joua par la suite plusieurs saisons dans la ligue de l'ouest avec les Cougars de Victoria et les Rosebuds de Portland. Il joua d'ailleurs dans la finale de la coupe contre les Canadiens en 1916 (la première coupe de l'équipe). Il disputa une autre fois la finale de la coupe en 1924 en tant que membre des Tigers de Calgary encore une fois contre les Canadiens (qui gagnèrent leur 2ème coupe). Il joua par la suite plusieurs saisons dans des circuits mineurs dans le nord-est des États-unis jusqu'en 1939.

Écart entre la fin des Bulldogs et le dernier match de Oatman : 19 ans.


Tigers d'Hamilton (1920-1925) : Billy Burch (1933)

Les Bulldogs déménagèrent donc à Hamilton pour la saison 1920-21 et connurent 4 premières saisons difficiles avant de finalement devenir compétitifs durant la saison 1924-25. Il terminèrent la saison en première place mais leurs joueurs firent une grève (la première de l'histoire de la ligue) en protestation contre leurs conditions salariales. La ligue avait augmenté le nombre de matchs de 24 à 30 et les joueurs n'étaient pas plus payés. Les Tigers refusèrent donc de jouer en finale de la coupe Stanley et ce sont les Canadiens qui disputèrent la finale cette année-là contre les Cougars de Victoria. Les Tigers ne revinrent jamais dans la LNH alors que les droits des joueurs furent achetés par un promoteur de New York, Bill Dwyer, qui instaura une nouvelle équipe, les Americans de New York en 1925. Dwyer augmenta d'ailleurs le salaire des joueurs pour l'occasion. Billy Burch s'amena donc à New York et fut d'ailleurs le premier capitaine de l'équipe, lui qui avait gagné le trophée Hart la saison précédente. Il marqua aussi le premier but de l'histoire de l'équipe. Il joua avec les Americans jusqu'en 1932 suite à quoi il fut échangé aux Bruins pour la saison 1932-33. Il termina toutefois la saison avec les Black Hawks et prit ensuite sa retraite. Il fut introduit au temple de la renommée en 1974.

Écart entre le dernier match des Tigers et la retraite de Burch : 8 ans.



Americans de New York (1925-1941) : Pat Egan (1951)

Les Americans furent la première équipe de la LNH à New York, alors qu'ils débutèrent leurs activités en 1925, un an avant les Rangers. Ils furent toutefois moins populaires que leurs voisins et l'équipe décida de se renommer les Americans de Brooklyn pour la saison 1941-42. Ils ne jouèrent toutefois pas un seul match à Brooklyn, faute d'aréna adéquat. La franchise suspendit ses activités en 1942 en attendant que la 2ème guerre mondiale se termine. Mais les Americans ne revinrent jamais dans le décor et la fin de l'équipe coincide avec le début de la période des "Original 6". Le dernier joueur à avoir porté un uniforme des Americans de New York fut Pat Egan qui joua durant 2 saisons et demie avec l'équipe avant de s'enrôler dans l'armée en 1942. Il revint en 1944 avec les Red Wings mais ils l'échangèrent rapidement aux Bruins de Boston avec qui il connaitra les meilleurs années de sa carrière, étant notemment nommé au match des étoiles de 1949. Fait amusant, il fut échangé des Red Wings aux Bruins contre Flash Hollett, également le dernier joueur actif des anciens Senators d'Ottawa. Il joua également 2 autres saisons avec les Rangers avant d'être renvoyé dans les mineures en 1951. Il joua toutefois 9 autres saisons dans les ligues mineures dont plusieurs comme joueur-entraineur avec les Reds de Providence (AHL) et les Cougars de Victorina (WHL). Il deviendra plus tard entraineur chef des Indians de Springfield qu'il mena à un record de 3 coupes Calder consécutives.

Écart entre la fin des Americans (de New York) et le dernier match de Egan : 10 ans.


Americans de Brooklyn (1941-1942) : Ken Mosdell (1959)

Egan fut officiellement le dernier American de New York mais Mosdell fut le dernier American de Brooklyn car il commença sa carrière lors de la saison 1941-42, la seule saison de l'équipe à Brooklyn (même s'ils ne jouaient pas à Brooklyn en tant que tel). Il serait donc le dernier joueur actif de la franchise (tout dénominatif confondus). Il s'amena à Brooklyn après avoir attiré l'attention lors de la coupe Memorial de 1941 en marquant 10 buts en 10 matchs. Après la fin des Americans, il joua pour l'équipe de la Canadian Royal Air Force durant deux saisons avant de s'amener avec les Canadiens en 1945. Il devint un spécialiste en défense avec Montréal et remporta 4 coupes Stanley et devint un ami très proche de Maurice Richard, l'aidant notemment à améliorer son anglais. Il fut vendu aux Blackhawks en 1956 mais prit sa retraite après 25 matchs avec les Black Hawks et revint à Montréal pour être proche de sa famille. Il joua ensuite dans des ligues séniors mais fit un retour avec les Canadiens pour 2 matchs lors des séries de 1959 où il remporta sa 4ème coupe Stanley avant d'accrocher ses patins pour de bons. Il fut donc le dernier joueur actif ayant joué pour les Americans de Brooklyn et également le dernier à avoir joué avec une équipe qui n'était pas dans les "Original 6".

Écart entre la fin des Americans (de Brooklyn) et le dernier match de Mosdell : 17 ans.


Wanderers de Montréal (1904-1918) : George Gerran (1926)

Les Wanderers étaient une des meilleures équipes professionnelles avant la fondation de la LNH en 1917. Ils gagnèrent 4 coupes Stanley entre 1906 et 1910. Leurs succès diminuèrent rapidement par la suite après leur entrée dans la NHA (ancètre de la NHL). À l'exception de leur première saison dans la NHA où ils remportèrent la coupe, il ne firent les séries qu'une seule fois en 1915. Leur séjour dans la LNH ne dura que 6 matchs suite à quoi un incendie détruisit leur aréna en janvier 1918 et l'équipe fut par la suite dissoute. Le dernier joueur à avoir joué pour les Wanderers fut Gerran, lui qui fut également le premier américain à jouer dans la LNH. Il joua 4 des 6 matchs des Wanderers avant l'incendie suite à quoi il retourna jouer aux États-Unis, participant d'ailleurs aux jeux olympiques en 1920 où les américains gagnèrent la médaille d'argent. Il ne revint pas dans la LNH avant 1925, lorsqu'il s'aligna avec les Bruins de Boston pour 33 matchs. Il joua une autre saison dans les mineures en 1926-27 avant de prendre sa retraite. Un autre joueur déjà mentionné plus haut, Dave Ritchie joua également avec les Wanderers lors de leur saison maudite et joua également jusqu'en 1926 mais seulement pour 2 matchs contrairement à Gerran qui joua toute la saison.

Écart entre le dernier match des Wanderers et celui de Gerran : 8 ans.


Dans la prochaine partie j'ai gardé les meilleurs : les Seals, les Barons, les Whalers etc... c'est à découvrir bientôt...

lundi 12 août 2013

Hod Stuart









William Hodgson «Hod » Stuart était originaire d’Ottawa.  Athlète accompli, il avait joué quelques matchs avec les Rough Riders d’Ottawa.  Par contre, c’est surtout pour ses talents de hockeyeur que lui et son frère Bruce furent reconnus.  

Après un passage avec les Thistles de Rat Portage (aujourd’hui Kenora), il retourna dans sa ville natale en 1898, pour se joindre aux Silver Seven avec son frère.  L’année suivante, Hod, un joueur de pointe (défenseur) fut nommé capitaine.

Par contre, en ces années, on ne gagnait pas sa vie avec le hockey, qui était toujours amateur.  Le père des Stuart était maçon et ses fils travaillaient avec lui.  Lorsqu’en 1900, il déménagea à Québec pour son travail, Hod et Bruce le suivirent.  Ottawa perdit donc ses deux vedettes, qui se retrouvèrent alors avec le Quebec Hockey Club (plus tard surnommé « Bulldogs »).

L’addition était bienvenue car, en plus de traverser des années difficiles sur la patinoire, l’équipe venait de perdre neuf membres, partis au front en Afrique du Sud, pour la Guerre des Boers.  Québec eut malgré tout une autre saison laborieuse (1-7-0) dans une CAHL (Canadian Amateur Hockey League) dominée par Ottawa (7-0-1).

En 1901-02, Bruce retourna à Ottawa.  De son côté, Hod fut de nouveau nommé capitaine, à Québec cette fois.  Il marqua cinq buts au cours de la saison et Québec fit enfin des progrès (4-4).  Par contre, ce fut sa dernière saison dans la Vieille Capitale.  Une première ligue professionnelle se formait à Pittsburgh.  Dans ce cas, il n’y avait pas de cachette ou de « cadeaux » comme ça pouvait parfois être le cas à cette époque.  Il s’agissait bien d’un salaire qu’on offrait à Stuart, considéré comme l’un des meilleurs joueurs de cette période : 15 à 20$ par semaine, en plus d’un emploi de jour. 

Hod signa donc pour les Bankers de Pittsburgh, pendant que Bruce signa pour les Victorias de la même ville.  Hod amassa quinze points en treize matchs, fut nommé le meilleur joueur de pointe de la ligue et aida les Bankers à gagner le titre de la Western Pennsylvania Hockey League.  Il fut ensuite attiré au Michigan en 1903-04, avant de se faire offrir 1500$ pour jouer la saison 1904-05 avec les Miners de Calumet de l’IPHL (International Professional Hockey League) et gérer le club.  L’équipe gagna le titre de la ligue et Stuart fut de nouveau nommé meilleur joueur de pointe.


Hod retourna à Pittsburgh pour 1905-06, au grand déplaisir des autres équipes, qui voulurent le faire suspendre parce qu’ils le considéraient trop fort et trop dur pour la ligue.  Il compta onze buts en vingt matchs et fut une fois de plus nommé meilleur joueur de pointe.

De retour à Pittsburgh en 1906-07, il devint de plus en plus insatisfait du degré de violence et du niveau de l’arbitrage dans la ligue et ne s’en cacha pas.  Il fut finalement libéré par son club.  Il en profita alors pour retourner au Canada, avec les Wanderers de Montréal.  

En décembre 1906, lors d’un challenge pour la Coupe Stanley contre les Cubs de New Glasgow, lui et quatre autres coéquipiers devinrent les premiers joueurs professionnels à jouer pour la Coupe.  Les Wanderers sortirent vainqueurs.  Après avoir ensuite perdu la Coupe contre Kenora en janvier, les Wanderers la récupérèrent en mars.

Néanmoins, même de ce côté-ci de la frontière, Stuart n’était pas à l’abri de la violence.  Il s’en lassa et abandonna le hockey à la fin de la saison.  Il retourna ainsi travailler avec son père. 

En juin, alors qu’il travaillait à Belleville, en Ontario, il décida d’aller se baigner dans la Baie de Quinte.  En voulant plonger, un triste incident se produisit.  Il tomba sur des roches, se brisa le cou et mourut sur le coup. 

Pour venir en aide à sa veuve (qu’il avait rencontrée lors de son passage à Québec) et ses deux enfants, les Wanderers organisèrent le 2 janvier 1908 un match bénéfice entre eux et une sélection des meilleurs joueurs, une première.  Les Wanderers l’emportèrent 10-7 et 2000$ furent amassés.

Hod Stuart fit partie de la première classe intronisée au Temple de la Renommée du Hockey en 1945.

Sources : Durand, Marc, La Coupe à Québec, Les Bulldogs et la naissance du hockey, Éditions Sylvain Harvey, 2012, p.46, 50, 52, 63.

legendsofhockey.net, wikipedia.org.

samedi 18 septembre 2010

Les Maroons et le Canadien... Partie 1 - Avant les Maroons




Il y a des choses qui m'énerve dans le monde et une d'entre elle est lorsqu'une personne parle en public et fait une erreur sur ce qu'elle dit... C'est mon côté nerd... Je déteste quand une personne fait allusion à un moment histoirique et se fourvoie en public... Ça m'énerve au plus haut point et ça m'enrage... Une de ces erreurs qui me fait le plus chier est une erreur à propos de l'histoire du hockey et elle revient quand même souvent. C'est arrivé par exemple à Tout Le Monde En Parle quand Biz des Loco Locass était l'invité. Biz a dit un truc du genre "Il y avait les Maroons et là on a fait les Canadiens, une équipe de valeureux canadiens-français pour compétitionner avec eux." Bizz me pardonnera de mal le citer, mais il a dit ce qui était le plus important à citer, le fait que selon lui, les Maroons de Montréal était l'autre équipe montréalaise de hockey, celle-ci constituée d'anglophones, dont le Canadien a été fondé afin de compétitionner contre avec des joueurs francophones. Il a d'ailleurs, question de doubler son erreur, répété la semaine lors de l'émission de Jean-Charles Lajoie à CKAC commentant le commentaire ben ordinaire de Pierre Curzi sur l'orientation politique du Canadien de Montréal...

Je peux vous donner une autre idée de cette erreur très courante. Le site www.danslescoulisses.com reprenait cette même erreur courante récemment quand il disait :
"Le Canadien n’était-il pas l’équipe du peuple francophone qui avait comme mission, à la base, de concurrencer les Maroons (et les anglophones)?"

Pourquoi ça me pompe? Tout simplement parce que c'est faux. Il est absolument vrai qu'une équipe de la NHL se nommait les Maroons et qu'elle était formée principalement d'anglophones alors que le Canadien pour sa part était formé de canadiens-français. Le Canadien de Montréal a été fondé en 1909 (vous le savez ça, on se l'est fait dire assez souvent depuis 2 ans) tandis que les Maroons se sont joints à la NHL en même temps que les Bruins de Boston, soit en 1924.

L'erreur vient souvent du fait qu'il y avait bel et bien une équipe d'anglophones à l'époque de la formation du Canadien, les Wanderers. Je pourrais même dire plus, il y avait une autre équipe de canadiens-français qui était fort populaire à cet époque, le National de Montréal. Il y eut un peu avant une autre équipe avec des joueurs canadiens-français qui se nommait les Montagnards. C'est d'ailleurs les premiers partisans de cette équipe qui ont popularisé le fameux "Halte-là" qui avait pour refrain "Les Montagnards sont là". Vous voyez donc que l'idée héroïque et romantique répandue de la formation d'une équipe de canadiens-français presqu'armée de bâton de hockey à la défense du fait français est un mythe. Il y eut des équipes très populaires canadiennes-françaises avant le Canadien de Montréal...

La réalité est que lors de la formation du Canadien en 1909, la création à Montréal d'une équipe formée de canadiens-français était tout au plus une décision d'affaire. Le fondateur du Canadien, monsieur John Ambrose O'Brien voyait plutôt une occasion d'affaire pour sa nouvelle ligue, une sorte de public cible, plutôt qu'un geste proto-patriotique... Il y avait d'ailleurs à cet époque à Montréal une équipe formée uniquement de joueurs catholiques-irlandais nommée les Shamrocks... Et de toute façon, ce n'est sûrement pas avec le Canadien de Montréal qu'O'Brien voulait passer à la postérité, mais plutôt avec ses Renfrew Creamery Kings, équipe qu'il avait formé avec tous les meilleurs joueurs de l'époque en les payant très cher...

Néanmoins, avec toutes les difficultés du monde, l'équipe du Canadien de Montréal a survécut aux première très difficiles saisons de la NHA, tout comme les Wanderers, formant ainsi une sorte de rivalité ethnique entre les deux équipe dans une ligue qui comportait que quelques autres équipes comme les Bulldogs de Québec, les Arenas de Toronto, les Senators d'Ottawa et quelques autres équipes obscures de la région de Toronto comme les Tecumseh, les Ontarios et les Shamrocks. Les Wanderers avaient été, en compagnie des Silver Sevens/Senators d'Ottawa l'une des équipes d'avant-plan du hockey de la première décennie du 20e siècle. L'équipe, à l'époque où la Coupe Stanley se décidait suite à un challenge, avait conservé le précieux bol d'argent à sept reprises entre 1906 et 1910. À leur entrée dans la NHA, l'équipe était un peu moins forte qu'avant, mais tout autant compétitive...

Lors de la formation de la NHL en 1917, les Wanderers furent l'une des 4 équipes à entrer dans ce nouveau circuit. Malheureusement, l'équipe qui connaissait déjà un très mauvais début de saison, ayant une victoire et trois défaites, dut abandonner ses activités en janvier 1918 après que le Montréal Arena où se déroulaient les matchs locaux de l'équipe fut incendiée le 2 janvier 1918. En passant cet aréna était situé où est dorénavant la Place Alexis-Nihon, pas très loins de l'ancien Forum. Cet aréna fut le premier aréna intérieur au monde à avoir été construit uniquement pour le hockey, en 1898. Alors que le Canadien, qui jouait également dans cet aréna, retrouva son ancien aréna Jubilé située dans le Centre-Sud où l'équipe jouait lors de ses premières saisons, les Wanderers ne se trouvèrent pas un nouveau domicile tout en refusant de déménager l'équipe à Hamilton. Après avoir déclaré forfait deux fois faute d'arénas pour une fiche de 1-5, s'en était fini de cette équipe qui avait été formée en 1903... Il fallu attendre 6 ans avant qu'un des anciens propriétaire des Wanderers durant ses années de gloires de la première décennie du XXe siècle, James Strachan, fonda une nouvelle équipe anglophone dans la NHL, les Maroons...


De redoutables joueurs comme Sprague Cleghorn et Joe Hall qui allaient se joindre au Canadien après la disparition des Wanderers jouèrent justement avec cette équipe. Le futur dirigeant des Bruins Art Ross (la photo) fut l'une des premières superstars du hockey en évoluant avec les Wanderers. Ross a d'ailleurs prit sa retraite suite à la disparition de l'équipe en 1918. Le fameux Ernie "Moose" Johnson a également port les couleurs des Wanderers. Ce dernier est reconnu comme le joueur ayant évolué dans le hockey de haut niveau ayant joué avec le plus long long bâton de hockey de l'histoire... Son hockey mesurait à ce que j'ai lu pas moins que 99 pouces, c'est environ 4 mètres... Inutile de dire que c'était très bien comme bâton pour arrêter les rondelles...

En tout, 15 joueurs ayant porté les couleurs des Wanderers de Montréal ont été intronisé au Temple de la Renommée...


mercredi 2 décembre 2009

Le 2 décembre 1909...



Gros anniversaire qui passe inaperçu ou dans l'ombre de l'anniversaire de ce qui fut fondé deux jours plus tard. Le 2 décembre 1909, soit il y a 100 ans aujourd'hui, suite au refus de la Eastern Canada Hockey Association d'introduire les Creamery Kings de Renfrew et simultanément à l'exclusion des Wanderers de Montréal de la même ligue, l'homme d'affaire Ambrose O'Brien et le proprio des Wanderers Jimmy Gardner formèrent la National Hockey Association. Deux jours plus tard, le 4 décembre 1909, le même O'Brien forma une équipe qui sera principalement formée de francophones pour compétitionner avec les autres équipes de la ligue dont il était propriétaire (Renfrew, Haleybury, Cobalt) et pour créer une rivalité locale avec les Wanderers, équipe à prédominance anglophone... L'équipe se nommera Les Canadiens. C'est en janvier 1910 que les activités de la ligue commencèrent... Le vrai centenaire du Canadien sera donc le 5 janvier 2010, soit exactement 100 ans après le premier match du Canadien contre les Siver Kings de Cobalt que les Canadiens remportèrent 7 à 6 en supplémentaire le 5 janvier 1910 à l'aréna Jubilee, aréna anciennement situé au coin Moreau et Ste-Catherine dans l'Est. Le soir de ce vrai centenaire (selon moi), les Canadiens vont affronter les Capitals À Washington... Comme quoi le Canadien sait comment bien fêter son centenaire...



La NHA deviendra la NHL en 1917... Mais ça c'est une autre histoire...