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lundi 15 août 2016

Trêve de hockey #86 - John Carlos








Originaire d’Harlem, mais de descendance cubaine, John Carlos obtint une bourse d’athlétisme de l’Université East Texas State.  Ayant aidé cette université à se distinguer, il attira l’attention et passa en 1967 à San Jose State où il fut entraîné par celui qui deviendra l’entraîneur national américain, Bud Winter.
 
Il se mérita d’abord la médaille d’or au 200m des Jeux PanAm de Winnipeg en 1967.  Puis vinrent les qualifications pour les Jeux Olympiques de Mexico, en 1968.  Il surprit alors en battant le record du monde au 200m de son coéquipier à San Jose State, Tommie Smith.  Le record ne fut par contre jamais homologué pour une question de crampons.
 
Smith et Carlos furent ensuite parmi les fondateurs du mouvement « Projet olympique pour les droits de l’homme ».  En pleine période du Mouvement des droits civiques, ils appelèrent au boycott.  Ils voulaient entre autres dénoncer la présence des régimes ségrégationnistes d’Afrique du Sud et de Rhodésie, en plus de réclamer plus d’entraîneurs noirs au sein la délégation américaine, la démission du président du CIO, l’américain Avery Brundage et le retour du titre de champion du monde à Muhammad Ali.  Lorsqu’après diverses tractations et négociations avec les pays concernés, le CIO retira les invitations à l’Afrique du Sud et à la Rhodésie, Smith et Carlos décidèrent de participer.
 
À Mexico, Smith gagna l’or et Carlos, le bronze.  Lors de la cérémonie de remise des médailles, ils décidèrent de baisser la tête et de lever leur poing ganté, en signe du Black Power.  Ils ne portaient également pas de souliers, pour symboliser la pauvreté qui sévissait chez les afro-américains.  Quant au médaillé d’argent, l’australien Peter Norman, il porta en soutien un écusson du Projet olympique des droits de l’homme.  Brundage n’apprécia pas la démonstration.  Il fit suspendre Smith et Carlos de l’équipe américaine et les expulsa du village olympique.

Carlos retourna ensuite à San Jose State, où il contribua à les mener à leur premier titre national de la NCAA en 1969.
 
Dans la foulée de Bob Hayes, un sprinter qui réussit sa conversion en footballeur en connaissant une belle carrière avec les Cowboys de Dallas, Carlos fut repêché par les Eagles de Philadelphie.  Ils en firent leur choix de 15e ronde en 1970.  Par contre, il subit une blessure et ne joua jamais avec eux.
 
En 1971, les Alouettes lui accordèrent un essai.  Il s’amena alors au cinquième match de la saison au sein d’une équipe soudée par sa victoire surprise à la Coupe Grey, l’année précédente.  De son côté, il n’avait pratiquement jamais joué au football et, de son propre aveu, il avait des problèmes d’argent.  C’était une période où l’athlétisme ne rendait vraiment pas millionnaire…
 
J.I. Albrecht (le directeur-gérant des Alouettes) utilisa alors la mauvaise formulation de la définition de « non import » (joueur canadien en version française) pour faire désigner Carlos ainsi.  Comme Carlos n’avait jamais joué un match aux États-Unis (il avait participé au camp des Eagles, mais sans jouer de match), il n’était pas un « import ».   Il devint donc un « non import », même s’il était citoyen américain…
 
Ce n’est par contre qu’une des raisons pour laquelle il reçut plus que sa part d’attention médiatique, sa notoriété étant grandement établie.  En plus, il était habitué à un sport individuel et n’hésita pas à faire son autopromotion en réclamant le ballon plus souvent.  Par contre, il y avait un problème.  Il demeurait un novice en termes de football.  Il avait beau être très rapide, il avait de la difficulté à attraper un ballon et à suivre un tracé.  Sa présence fut une distraction et souleva la grogne chez ses coéquipiers.
 
Ce fut l’un des problèmes des Alouettes, qui passèrent de champions de la Coupe Grey à une équipe qui rata les séries.  Au total, Carlos joua 9 matchs et capta 5 passes pour 44 verges.  Il obtint également 117 verges sur les retours de botté.
 
En 1972, Carlos tenta sa chance du côté des Argonauts, qui le libérèrent pendant le camp d’entraînement.
 
Il travailla par la suite pour le fabricant d’équipements sportifs Puma, pour le Comité olympique américain, pour le Comité organisateur des Jeux de Los Angeles en 1984 et en tant qu’entraîneur. 
 
En 2003, il fut élu au Temple de la Renommée des États-Unis de l’athlétisme.  En 2005, une statue montrant la scène de la remise des médailles à Mexico fut dévoilée sur le campus de San Jose State.  En 2011, Carlos prit la parole lors de « Occupy Wall Street. »
 
Sources : 
 
Lemay, Daniel, Montréal Football : un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.165-166, 170,
 
« John Carlos :  J’ai des problèmes d’argent et je réussirai avec les Alouettes » de Maurice Brodeur, semaine du 22 juillet 1971, La Patrie, p.55, 
« Alouette-to-be Carlos wouldn’t play anywhere but here » de Doug Gilbert, 14 août 1971, Montreal Gazette, p.13,
« His teammates blaming Carlos as disruptive influence » de Ted Blackman, 11 octobre 1971, Montreal Gazette, p.15,
« Fairholm hopes meeting will make Alouettes jell » de Ted Blackman, 13 octobre 1971, Montreal Gazette, p.13, cflapedia.com, wikipedia.org.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.ca
 

mercredi 10 août 2016

Histoire de cartes - Les couleurs

 





Voici une autre histoire de cartes, un prétexte pour afficher des cartes, en leur trouvant un thème commun.
Dans ce cas-ci, il s'agit de joueurs dont le nom est une couleur.
Le blanc
en français
en anglais
en allemand
Le noir
en anglais
en allemand (ironiquement, Schwarz n'est pas allemand, mais bien tchèque)
Le vert
en anglais
Le rose
en allemand, en italien, en norvégien et en suédois (mais lui aussi est tchèque)
Le bleu
en anglais
en tchèque
Le roux
en français
Le blond
en français
Le brun

en français

en anglais
En passant, saviez-vous qu'en néerlandais, brun se dit "bruin"?

lundi 8 août 2016

Trêve de hockey #85 - Milt Campbell









Au décathlon des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956, c’est Rafer Johnson qu’on attendait, lui qui venait récemment de battre le record du monde.  Il y avait bien Milt Campbell parmi les compétiteurs, un autre américain, qui avait gagné l’argent à Helsinki, en 1952.  Pourtant, il s’était principalement concentré sur les haies en vue des essais olympiques.  Ayant terminé quatrième, il s’est rabattu sur le décathlon, sa discipline initiale.  Il se reprit plus tard en battant Lee Calhoun, le champion olympique du 110m haies, dans une autre compétition.
Campbell renoua avec les Olympiques de grande façon à Melbourne, en enlevant l’or au décathlon, devant ce même Johnson. Il devint ainsi le premier noir à réaliser cet exploit.  En fait, sans une « contre performance » au saut à la perche, Campbell aurait battu le record du monde de Johnson.  Ce dernier dut attendre jusqu’à Rome, en 1960, pour mettre la main sur l’or olympique.
 
Comme si le fait de briller au décathlon ne révélait pas suffisamment un athlète complet, Campbell excellait également au football et à la natation.  D’ailleurs, il étudiait à l’Université de l’Indiana avec une bourse d’athlétisme ET de football.  Ses performances lui valurent d’être repêché par les Browns de Cleveland, une équipe reconnue pour être ouverte aux afro-américains.
Campbell se rapporta aux Browns pour la saison 1957, mais les choses ne se passèrent pas comme il avait prévu et il suspecta que le fait qu’il soit marié avec une blanche avait quelque chose à y voir.  Il quitta alors Cleveland pour Hamilton, en 1958, où il joua dans le champ arrière des Tiger-Cats.
Il joua ensuite trois matchs à Montréal en 1959, un à Toronto en 1961 et huit autres, toujours à Toronto, en 1964.  Il jugea toutefois qu’on ne l’utilisait pas à son plein potentiel là non plus.
Il habita au Canada jusqu’en 1967.  Par la suite, les émeutes de Newark (sur base de tension raciale) l’incitèrent à retourner dans son New Jersey natal.

Toujours aussi polyvalent, il se mit au judo et vint près de se qualifier pour l'équipe olympique en 1972, mais le fait qu'il ait déjà été professionnel l'empêcha de se rendre aux Jeux.  (On ne lésinait pas avec la notion d'amateurisme à ce moment...)
Il est ensuite devenu conférencier et s’est impliqué auprès des enfants démunis.
Campbell est membre du Temple de la Renommée du New Jersey depuis 2012, même si comparé à d’autres gagnants du décathlon olympique, il est un peu tombé dans l’oubli.

Il est décédé le 2 novembre 2012, à l'âge de 78 ans, des suites d'un cancer.
Sources : “Best Athlete You Never Knew” de Merrell Noden, 5 août 1996 (sportsillustrated.cnn.com), "Olympic decathlon champion, CFL player Milt Campbell dies", 3 novembre 2012, Associated Press (cbc.ca), njsportsheroes.com, cflapedia.com, wikipedia.org.

Initialement publié sur http://bottedenvoi.blogspot.ca/
 

lundi 1 août 2016

Mike Busniuk



Canadien d’origine, Mike Busniuk choisit la voie du hockey universitaire américain, alors que ce choix n’était pas encore très courant. On note tout de même quelques joueurs parmi ses coéquipiers des Pioneers de l’Université de Denver qui ont atteint la LNH, par exemple Peter McNab, Mike Christie (voir texte du 14 juin 2011) et l’ex-Nordique Ron Grahame.

Alors qu’ils étaient l’une des premières équipes à piger de ce côté, les Canadiens en firent leur choix de 5e ronde (67e au total) en 1971.

À la fin de son stage universitaire en 1974, il n’y avait évidemment pas de place pour lui à Montréal. Il prit alors le chemin de Halifax, pour s’aligner avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse.

L’année suivante, le Tricolore le prêta aux Jaros de la Beauce (voir texte du 14 janvier 2009), la nouvelle équipe de la NAHL basée à St-Georges. Les Jaros combinaient deux aspects très distincts dans leur jeu : du jeu très offensif et très rude. Busniuk, un avant, possédait les deux. Il maintint une moyenne d’un point par match (66 points en 65 matchs), tout en accumulant 165 minutes de pénalité.

Les Jaros remportèrent le championnat de la saison régulière, mais échappèrent la Coupe Lockhart en s’inclinant en finale devant les Firebirds de Philadelphie.

Suite à l’élimination de son équipe, Busniuk se rapporta à nouveau aux Voyageurs. Il joua un match de la finale, ce qui lui permit de remporter sa première Coupe Calder.

L’année suivante, les Canadiens ne renouvelèrent pas leur entente avec les Jaros et conservèrent Busniuk dans l’organisation. Retournant avec les Voyageurs, Busniuk remporta une deuxième Coupe Calder.

Malgré cela, il était évident qu’il n’y avait toujours pas de place pour Busniuk chez les champions de la Coupe Stanley. Il signa donc avec les Flyers.

Ne se taillant toujours pas un poste dans la LNH, il fut assigné aux Mariners du Maine. Toutefois, Busniuk se retrouva à nouveau du côté des champions lorsque les Mariners remportèrent les grands honneurs.

En 1978-79, le Maine se mérita encore la Coupe. Du coup, Busniuk la remporta pour une quatrième fois consécutive, ce qui constitue un record qui tient toujours.

C’est finalement en 1979-80 que Busniuk eut sa chance dans la LNH. Alors que son frère Ron a joué quelques matchs avec les Sabres avant de jouer dans l’AMH, Mike se tailla un poste avec les Flyers. Utilisé comme défenseur, il vint bien près de continuer sur sa lancée. Philadelphie se rendit jusqu’en finale et poussa les Islanders jusqu’à un sixième match. Par contre, New York eut le dessus et remporta la Coupe Stanley, empêchant ainsi Busniuk de remporter un cinquième championnat consécutif.



Busniuk joua une deuxième et dernière saison avec les Flyers, avant de retourner dans la Ligue américaine. Ce deuxième passage avec les Mariners du Maine lui permit de remporter une cinquième Coupe Calder comme joueur en 1983-84. Ceci constitue toujours un record, qu’il partage avec Fred Glover (voir texte du 22 septembre 2009), Les Duff et Bob Solinger.

Après avoir joué quelques temps en Italie, il entreprit ensuite une longue carrière d’entraîneur, d’abord dans la junior avec les Americans de Tri-City, où il a été entraîneur-chef. Par la suite, il a été de nombreuses années entraîneur-adjoint dans la Ligue américaine, avec les Rangers et les Senators de Binghampton et le Wolf Pack de Hartford. Il remporta d’ailleurs une sixième Coupe Calder, derrière le banc cette fois, avec ces derniers en 1999-2000.

Il est ensuite retourné dans son patelin, à Thunder Bay, pour travailler avec les Thunderwolves de l'Université Lakehead, avant de faire un deuxième séjour en Italie, comme entraîneur cette fois.


Sources :
Vallières, Steve, Implacables : Les Jaros de la Beauce, 1975-76, Éditions Hurtubise inc, 2015, p.35, 61,
« The Story of the Calder Cup » (theahl.com),
legendsofhockey.net, wikipedia.org.