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vendredi 4 juillet 2025

Trève de hockey #112 - Les ancêtres du Baseball : Le Oina


   


Le «National Pastime» américain a des origines diversifiées et contestées par plusieurs historiens jusqu’à ce jour. Même lors des premières années officielles, ses origines étaient déjà sujettes à des débats féroces. Mais ce qui est certain est qu'avant d'être connu sous sa forme actuelle avec des règlements et des positions déterminées, le baseball à évolué à partir de jeux d'enfants provenant de diverses parties du continent européen à travers les époques. Et comme expliqué dans le documentaire «Baseball» du légendaire Ken Burns, «les jeux enfantins de bâtons et de balles existent depuis qu’il y a des enfants».

Plusieurs de ces sports sont toujours joués de nos jours, et parfois ces jeux à l'origine des racines du baseball ont plus tard été modifiés et influencés par le baseball lui-même.

Je vais donc vous parler de ces quelques jeux/sports qui ont mené à l’évolution du baseball tel que l’on connait de nos jours. 


Vous vous attendiez peut-être à ce que je vous parle de cricket, mais non. Aujourd'hui, commençons plutôt par Le Oină.

Un des plus anciens «ancêtres» du baseball, le Oină est originaire de Roumanie. La plus vieille mention écrite officielle de l’existence de ce sport remonterait à l'ère médiévale, plus précisément en 1364, alors que la Roumanie faisait partie de ce qu'on appelait la «Valachie» avec la Moldavie et la Transylvanie. 

La pratique du Oină fut éventuellement introduite comme sport obligatoire en cours d’éducation physique et il existe depuis 1932 la «fédération roumaine de Oină». La difficulté à exporter le sport en fit une entreprise peu profitable et un déclin de popularité apparut vers les années 90. De plus récents efforts ont été lancés pour populariser le sport davantage mais malgré sa très longue histoire et sa reconnaissance officielle en tant que sport national depuis 2014, le Oină demeure un sport de niche et ce même en Roumanie, où il ne s'agit pas d'un des sports les plus populaires. On retrouverait aujourd'hui une trentaine d'équipes officielles et deux fédérations, une en Roumanie et l'autre en Moldavie.

Comme vous pouvez le voir, il n'y a pas foule...

Mais ici, comment expliquer le Oină moderne et ses ressemblances avec le baseball? 

Et bien me lançant naïvement tête première pour comprendre ce sport, c'était tout un casse-tête pour un non-initié. On dirait à prime abord un mélange de baseball, football, cricket, handball, ballon-chasseur... et le bon vieux jeu de la cour d'école, le «Quatre coins». 

Allez vous faire un café pour la suite et concentrez-vous parce que c'est compliqué en...

Voici ce que j'ai compris. À noter que j'ai dû télécharger le PDF des règlements officiels en roumain et me servir de chatGPT pour traduire et me démêler...

Souvent, le mieux est de regarder un match sur Youtube, mais même là c'est flou. Je me sens comme ma conjointe lorsque j'essaie de lui expliquer le baseball...

Finala Cupei Federaţiei: Finale de coupe de fédération... et encore pas une grosse foule. Ça va mal...


Pour commencer, il est bien de se distancer de nos notions de baseball et voir les différences. Au lieu d'un losange et quatre buts, on retrouve plutôt un «gridiron» style football (avec moins de lignes) et la surface de jeu s'étend sur un rectangle de 230 pieds, divisé en 2 corridors; le corridor d'avancée et le corridor de retour, ainsi que deux zones tampon; la zone du batteur et la «back zone».


Chaque équipe compte 11 joueurs. Il n'y a pas de lanceur adverse, c'est plutôt un coéquipier, le «botez», qui se positionne à la droite du lanceur et qui lui «lance» la balle dans le style «balle donnée». Également à noter que les bâtons sont plus longs et minces que ceux de baseball. 

Si la balle frappée dépasse la mi-terrain sans être attrapée, l'équipe en attaque récolte 1 point automatique. Si la balle arrive sans bond dans la zone du fond, c'est une récolte de 2 points. Le coureur doit ensuite faire le tour des zones. Contrairement au baseball, c'est n'est pas le frappeur qui court, mais un autre de ses coéquipiers désigné comme coureur. Ce dernier doit traverser les 3 lignes du terrain dans le corridor d'avancée et revenir dans la zone du batteur par l'autre corridor sans se faire retirer. 

Il semble également possible de courir même si la balle sort en dehors des lignes. On ne récolte cependant pas de points bonus.   

Un «circuit» consiste en une récolte de 2 points si la balle va plus loin que le fond de la surface de jeu.  La différence est que sur un circuit, l'équipe n'a pas à envoyer de coureur, contrairement à une balle ayant atteint la zone du fond. Et contrairement à ce que je pensais du jeu au départ, le coureur ne fait pas obtenir de points à son équipe s'il parvient à faire le tour du terrain. Cependant, il se doit de «survivre» sans faire accorder de points à l'autre équipe, car s'il est atteint, l'équipe en défense récolte 2 points, une grande différence avec le baseball où la défense ne peut récolter de points.


La défense doit attraper la balle, sans gants, et essayer de retirer les joueurs en jeu. Il peut y avoir un maximum de 2 joueurs par corridor, donc 4 en tout, mais les joueurs en «surplus» peuvent attendre dans le «back zone» , une zone de mi-chemin où les joueurs sont «saufs», et attendre quand ils veulent avant de se décider à courir.

Les joueurs en défense peuvent éliminer les joueurs adverses en leur lançant la balle dessus (ayoye) mais les lancers à la tête sont interdits. La balle est sensiblement de la même taille qu'une balle de baseball mais est évidemment plus coussinée. 

Le coureur peut toutefois bloquer la balle avec ses mains pour annuler le retrait, mais ne peut l'attraper. 

Les balles semblent être des hybrides entre 
balles de baseball et balles de «aki»

C'est ici une variante intéressante et mélangeante, surtout quand tu es habitué à la terminologie du baseball. Les joueurs au bat ne sont pas considérés «en attaque». Ils sont plutôt en défense car ils doivent survivre, tandis que les joueurs au champ sont littéralement «en attaque». 

Le jeu est très différent du baseball à cet égard car chaque côté est à la fois en «attaque» et en «défense». L'équipe au champ peut très bien terminer une manche avec plus de points que celle au bat.

Les joueurs au champ (a.k.a. les attaquants) peuvent attraper ou récupérer la balle n'importe où sur le terrain, même hors des lignes, mais doivent revenir dans leur cercle pour lancer ou passer la balle. Un joueur doit avoir au moins un pied dans le cercle pour pouvoir lancer. 

On retrouve 9 cercles pour ces joueurs de défense, et vient ici ma comparaison avec le jeu des «Quatre coins» alors que le jeu se transpose à ce moment en une forme de «extreme quatre coins» ou plutôt «9 coins», la différence étant que l'on doit éliminer les joueurs près de ces coins avec une balle, et non pas voler leur place. Il y a également un joueur en défense dans la back zone et un autre dans la zone du batteur qui peuvent passer la balle aux autres. Les joueurs au champ semblent pouvoir permuter de position sans problème, et lorsque le jeu se déplace de zone et zone, les joueurs des autres zones peuvent aller appuyer leurs coéquipiers et récupérer les balles manquant leur cible.

Il n'y a pas de prises ou de balles, simplement une limite de 2 minutes par batteur. Selon les extraits que j'ai écouté, il semble y avoir des «fausses balles» et des retraits automatiques sur des lancers ratés mais c'est pas clair.

Il y a également plusieurs possibilités de points supplémentaires, par exemple si la balle se retrouve hors des lignes après avoir ricoché sur un joueur en défense, et autres variantes. Mais rendu là j'avais comme un mal de tête intense et j'ai cessé mes recherches. 

Un match de Oină ne dure apparemment qu'une demi-heure, divisée en 2 demies. Donc chaque équipe n'a qu'un seul tour «au bat». C'est peut-être un des aspects qui font que ce n'est pas très populaire. Tu te déplaces pour aller voir un match de Oină, et tu as à peine le temps de t'assoir que c'est déjà rendu à la moitié. Pas beaucoup de temps pour prendre une bière ou un hot-dog... 

À moins de faire une série 4 de 7 en une soirée...

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Bref, c'était le Oină. Il est difficile de savoir à quel niveau, si aucun, ce sport ait pu influencer et mener à la naissance du baseball ou ses autres ancêtres. C'est quand même pas mal différent. À part un bat semblable au baseball, il ne reste plus grand chose de comparable. 

Les recherches sur les origines du baseball disent que c'est évidemment davantage des immigrants britanniques qui ont importé leurs jeux en Amérique, mais peut-être qu'une délégation d'immigrants roumains s'est faufilée quelque part dans l'équation.

Il y a eu toutefois beaucoup d'autres variantes de «jeux de bâtons et balles» au cours des âges. J'y reviendrai bientôt.

 


 


jeudi 29 août 2024

Trêve de hockey #110 - Joel Youngblood


Récemment, Danny Jansen a accompli un exploit cocasse. Le 26 juin, il a pris part à un match des Blue Jays, qui affrontaient alors les Red Sox. Toutefois, le match a été interrompu par la pluie. Il a depuis été échangé à Boston.

Le 26 août, le même match a été repris. Le gérant Alex Cora a donc annoncé qu’il utiliserait Jansen. Celui-ci a donc participé au match en jouant pour les deux équipes impliquées, bien que son fait d’armes ait été réalisé à deux mois d’écart. Le fait que des matchs peuvent être interrompus par la pluie rend cette situation presque exclusive au baseball. (Quoique, si Pierre Gauthier a échangé Mike Cammalleri pendant un match, qui sait, il aurait pu le refiler à son adversaire de la soirée et rendre la chose possible au hockey…)

Par contre, il y a 42 ans, les Expos ont été au milieu d’une situation abracadabrante qui, selon moi, est encore plus particulière. Mais avant d’en arriver à cette journée particulière, reculons un peu dans le temps.

Joel Youngblood a été repêché par les Reds de Cincinnati en 1970. Il prit toutefois un certain temps avant de se faire une (petite) place au sein de la grosse machine rouge, une des équipes dominantes des années 1970. Il fit finalement ses débuts dans les majeures et joua 55 matchs en 1976. Du même coup, il fit partie de l’équipe championne de la série mondiale. Son séjour à Cincinnati fut toutefois de courte durée. À la fin de la saison, il fut échangé aux Cardinals, où il ne passa que quelques mois, avant se retrouver avec les Mets.

C’est finalement à New York, dans une équipe faible, qu’il fit sa place. Il participa d’ailleurs au match des étoiles en 1981.

Par contre, en 1982, son étoile avait pâli et il était devenu réserviste. Le 4 août, les Mets jouaient à Chicago contre les Cubs. Le match débutait à 14h35.

C’est à la troisième manche que Youngblood a réussi un simple bon pour deux points contre Ferguson Jenkins. Il a par la suite appris qu’il avait été échangé aux Expos contre un joueur à être nommé plus tard. (Le lanceur Tom Gorman prit éventuellement le chemin de New York le 16 août.) Il prit ses affaires et se dirigea vers l’aéroport. Il dut toutefois rebrousser chemin, car il avait oublié son gant. Il prit finalement son avion vers 18h en direction de Philadelphie, où jouaient les Expos à 19h35.

C’est donc au milieu du match qu’il put se rendre au stade. En sixième manche, le gérant Jim Fanning l’inséra dans l’alignement pour remplacer Jerry White, blessé, au champ droit. Il en profita pour frapper un coup sûr aux dépends de Steve Carlton.

Ainsi, il est devenu le premier joueur à disputer deux matchs le même jour, dans deux villes différentes. Il fallait donc que les deux équipes jouent dans des villes relativement proches, que le transport soit disponible, que les deux matchs n’aient pas lieu à la même heure et que la transaction se passe au moment propice.

La seule situation presque semblable qui a eu lieu s’est passée le 30 mai 1922, alors que les Cardinals et les Cubs se sont échangé Max Flack et Cliff Heathcote au milieu d’un programme double. Ils ont donc joué deux matchs en un jour pour deux équipes différentes, mais dans leur cas, contrairement à Youngblood, les deux parties ont eu lieu dans la même ville.

Fait intéressant, Youngblood, pourtant pas une si grande menace offensive, a réussi un coup sûr dans les deux parties, et dans les deux cas, ce fut aux dépends d’un futur membre du Temple de la renommée (Jenkins et Carlton).


Youngblood mentionna d’ailleurs que s’il s’était donné la peine de rejoindre sa nouvelle équipe aussi rapidement, c’est qu’il voulait montrer aux Expos son enthousiasme à se joindre à eux, alors qu’il était souvent laissé de côté avec les Mets. Pourtant, celui qu’on a acquis principalement pour sa polyvalence en défensive ne fit finalement que passer à Montréal. Son contrat expira à la fin de la saison et on lui accorda son statut de joueur autonome. Il signa ensuite avec les Giants, avec qui il demeura pendant six ans. Il boucla la boucle en faisant un bref passage avec l’équipe qui l’avait repêché, Cincinnati, en 1989.

Il fut par la suite instructeur avec les Reds, les Brewers, les Orioles et les Diamondbacks, en plus d’œuvrer à différents niveaux dans les mineures.

Sources :

″Un réserviste qui jouera régulièrement″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Au cas où Dawson…″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S2,

″Youngblood avait oublié son gant!″ de Michel Blanchard, 5 août 1982, La Presse, page S4,

″Expos get Youngblood″ de Brian Kappler, Montreal Gazette, August 5, 1982, page C7,

″Bloc-notes″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S2,

″Une polyvalence… … qui se fait déjà sentir″ de Michel Blanchard, 6 août 1982, La Presse, page S4,

″Jouer pour deux équipes… dans un même match″, PC, 26 août 2024, RDS (rds.ca),

wikipedia.org.

lundi 12 août 2024

Trêve de hockey #109 : Mon match préféré des Expos


Vous rappelez-vous lorsque les partisans des Expos lançaient des barres de chocolat sur le terrain après un circuit? Bon dieu que Hershey a dû vendre des barres Oh Henry en 1996 dans la province de Québec. La folie Henry Rodriguez a atteint son paroxysme cet été là, alors que le #40 des Expos de Montréal avait frappé un nombre record de 36 circuits au cours de la saison. Aucun autre grand joueur dans l'histoire de Nos Z'amours, comme André Dawson, Gary Carter, le Grand Orange Rusty Staub, Moises Alou ou autres Larry Walker, n'avait frappé autant de circuits pour les Expos auparavant. Ça c'était avant que Vladimir Guerrero (père il faut dire maintenant …) ne le devance en 1998 (38 circuits), 1999 (42 circuits) et en 2000 (44 circuits), devenant le recordman des Expos … Mais bref, en 1996, "Oh Henry" Rodriguez était le dieu du stade !

Je n'ai pas assisté à énormément de matchs des Expos dans ma vie, à mon grand regret. Peut-être une dizaine au total (plus un match des Nationals en 2013, mais ça ne compte pas vraiment). La majorité du temps, c'était en groupe avec le baseball mineur de Victoriaville, alors que j'avais 9-11 ans. Entouré de mes coéquipiers, on était surtout occupé à se promener dans le stade, à jouer aux arcades sous les estrades, etc., bref, tout sauf regarder attentivement le match qui se déroulait. Ça ne pouvait arriver quand j'accompagnais mon père et mon grand-père à un match. Mon grand-père était un grand fan de baseball et, bien entendu, surtout des Expos. Il ratait rarement un match à la télévision. Il suivait attentivement chacune de leurs saisons et faisait parfois une prière au bon Dieu afin qu'il les aide un peu. Il n'a pas prié assez fort semblerait-il …

Il n'y a qu'un seul match auquel j'ai assisté dont je me rappellerai toujours. Le lundi 12 août 1996, mon grand-père et mon père m'ont amené voir la sensation "Oh Henry" alors que les Astros de Houston étaient de visite au Stade Olympique. J'avais apporté mon gant, espérant pouvoir capter une balle frappée par un joueur des Expos, ou par Craig Biggio ou Jeff Bagwell des Astros. On avait eu de bonnes places, près du troisième coussin. Auparavant, j'étais toujours assis (quand j'y étais …) dans les estrades populaires, c'est-à-dire, le champ gauche, donc loin de l'action.

Et de l'action, on en a eu !

Au monticule, on avait droit à un affrontement entre Mark Leiter des Expos et Danny Darwin des Astros qui semblait déjà assez vieux sur ma carte Topps de 1991. Il avait 40 ans en 1996. Le premier frappeur du match, Brian Hunter, envoya le troisième lancer de Leiter dans les gradins pour un circuit. Déjà 1-0 Astros et je me disais que le match serait long … Et lors du tour au bâton des Expos, Moises Alou frappa dans un double-jeu pour mettre fin à la manche.

Mais en deuxième manche, les joueurs des Expos ont commencé à faire résonner leurs bâtons. Darrin Fletcher frappa d'abord un double et ce fut l'arrivée d'Henry Rodriguez à la plaque. Avec un compte complet, il retroussa le lancer de Darwin de l'autre côté de la clôture, prenant bien le temps d'admirer son trentième circuit de la saison, et la pluie de barre chocolatée, au grand mécontentement de Darwin. Les Expos menaient alors le match 2-1.

À leur retour au bâton en troisième manche, les Expos ont continué sur leur lancée. Mark Grudzielanek soutira un but sur balle, Cliff Floyd frappa un double et Moise Alou cogna également un double pour envoyer les deux coureurs au marbre. 4-1 Expos. Puis, Darrin Fletcher arrive à la plaque, expédie la balle dans la foule, pour un circuit. C'était alors 6 à 1 pour les Expos.

Sentant probablement que le match était à l'eau alors qu'Henry Rodriguez revenait au bâton pour sa deuxième présence du match, Darwin décida de prendre sa revanche sur ce dernier. Il lança deux balles à l'intérieur. TRÈS à l'intérieur. Je me rappelle que mon père avait prédit le troisième lancer : envoyé directement sur la hanche de Rodriguez. Il n'en fallait pas plus pour que Rodriguez sprinte en direction du monticule pour tenter de "slugger" Darwin.

Les enclos se sont vidés instantanément. Ça s'est poussé, pitché au sol, donné quelques claques, mais ça s'est somme tout calmé rapidement … avant que la bagarre reprenne près du premier but. D'où j'étais, on voyait des dizaines de bras s'élancer, des casquettes revoler ainsi qu'un casque (!), des gars au sol, etc. Jeff Juden, un obscur lanceur de 6'8" s'est fait mettre sur l'Astroturf à deux reprises, mais c'est relevé à chaque fois, pitchant presque les joueurs des Astros hors de son chemin, cherchant à arracher la tête au nain de 5'8" qui l'avait envoyé au sol, John Cangelosi ; c'était chaotique. Puis la foule en redemandait. On avait presque un match Canadiens-Nordiques des années 80 devant nos yeux.




Les esprits ont fini par se calmer, pratiquement le quart des joueurs a été envoyé aux douches et on a pu reprendre le match, qui est rapidement devenu bien plus terne. Mark Leiter a très bien fait, lançant le match au complet, chose qu'on voit de moins en moins de nos jours.

Les Expos ont finalement remporté le match 8 à 1, le premier d'une série de trois parties. Les deux équipes se sont partagé les deux autres matchs.

Le lendemain, on apprenait les suspensions qui résultaient de la bagarre générale. Pour les Expos, Rodriguez, Juden et Moises Alou (c'est lui qui a lancé son casque) ont hérité de 4 matchs. Pour les Astros, Darwin a eu 5 matchs (donc un match étant donné la rotation à 5 lanceurs …) et Cangelosi 4 matchs..

Ah, et avant de quitter le stade, comme lors de ma visite au Forum quelques mois plus tôt, j'ai pu m'acheter un paquet de cartes de joueurs des Expos. J'ai encore ces cartes Score 1996 …


Le look est magnifique !

https://www.baseball-reference.com
https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1996-08-15-sp-34380-story.html
https://www.sfgate.com/sports/article/Astros-Expos-free-for-all-added-to-the-mystery-of-3127393.php

vendredi 22 mars 2024

Trève de hockey (ou presque) #108 - The Goon









La lutte et le hockey sont souvent reliés. On va souvent voir des lutteurs arborer le chandail de l'équipe de l'endroit où le spectacle se déroule, ils utilisent parfois même de l'équipement de hockey pour battre leurs adversaires, tsé, même Bret "The Hitman" Hart a une équipe à son nom.

Mais il n'est arrivé qu'une seule fois dans l'histoire de la WWF/WWE qu'un lutteur se vit donner une gimmick (un rôle) de joueur de hockey. Et quelque temps après avoir décerné cette gimmick, ils se sont rapidement rendus compte qu'ils avaient fait une gaffe.

En juillet 1996, alors que la (alors) WWF était devancée dans les cotes d'écoute par sa rivale, la WCW, ils engagèrent plusieurs lutteurs de second ordre, qu'on appelle des "jobbers", afin de fournir des adversaires à leurs vedettes. Parmi ceux-ci, ils firent signe à "Wild" Bill Irwin, un vétéran de près de 20 ans d'expérience. Suite à des discussions afin de lui trouver une gimmick appropriée, Irwin leur mentionna qu'il jouait au hockey au High School, qu'il était le "goon" de l'équipe. Son personnage était né. Il devint "The Goon", un joueur de hockey tellement salaud qu'il fut banni de toutes les ligues de hockey dans lesquelles il aura joué.

Avec un bâton et habillé en joueur de hockey de la tête aux pieds (avec pas de casque bien entendu), Irwin fit même modifier ses patins, afin que la lame soit en fait une plateforme de caoutchouc rigide. Fou le goon, mais pas au point de trancher la gorge de ses adversaires !


La vidéo suivante montre sa première apparition dans la WWF où il est filmé sur une patinoire en train de démolir un autre joueur et d'annoncer sa venue triomphale dans le monde de la lutte.

En matière de promos de lutteurs, on est très loin de Ric Flair!

Jetant les gants au son de la cloche et ruant ses adversaires de coups de poings, les plaquant sur le rebord du ring lorsqu'ils se retrouvaient en dehors de l'arène, c'était les points fort du "Goon" … mais ce furent les seuls. À son arrivée, il put détruire plusieurs adversaire, comme dans le vidéo ci-bas où on peut le voir détruire un certain Dan Jesser dans ce combat très peu excitant commenté par le propriétaire de la WWF Vince McMahon.


Par la suite, il devint finalement le jobber pour mieux faire paraître d'autres lutteurs comme "The Stalker" (vidéo) et "Flash Funk" (vidéo). Son personnage ne leva pas, les combats l'impliquant étant facilement oubliables et, après avoir perdu en 55 secondes face à "The Undertaker", Irwin et son "Goon" disparurent de la WWF en mars 1997.

Un mauvais film à regarder que ce Goon in 55 seconds

Mais dans le monde de la lutte, un personnage n'est jamais complètement disparu. C'est ainsi que "The Goon" revint en 2001, le temps d'une bataille royale à WrestleMania 17, ainsi qu'en 2007, au 15e anniversaire de l'émission du lundi soir, "Raw", encore une fois lors d'une bataille royale. Vous comprendrez qu'il n'a remporté aucune des ces batailles.

C'est une carte de lutte, ou une carte de hockey ?

Soulignons enfin que "Wild" Bill Irwin semble avoir récemment traversé une mauvaise période de sa vie, comme en témoigne cette entrevue malaisante de 2021, où il était fortement intoxiqué. C'est toutefois rassurant de voir qu'il allait déjà beaucoup mieux lors d'une entrevue en 2023 avec Gerald Brisco et John Bradshaw, deux grands lutteurs de l'histoire de la WWE. Il y jase d'ailleurs de son expérience en tant que "The Goon", preuve que sa courte gimmick lui permet encore de faire parler de lui !

En finissant, voici un fait à ajouter dans une partie inutile de votre mémoire. Le lutteur Chris Jericho est le fils de Ted Irvine, un ancien joueur des Bruins, Kings, Rangers et Blues. Étant jadis un jeune canadien de Winnipeg, Jericho a bien sûr appris à jouer au hockey, hobby qu'il exerce encore parfois lors de matchs caritatifs.


Peut-être aurait-il connu plus de succès qu'Irwin avec le personnage du "Goon" (il a d'ailleurs failli obtenir ce rôle). Mais soyons honnêtes : personne n'aurait réussi à devenir une grande vedette avec ce type de personnage dans le ring, surtout s'il se prend au sérieux. Peut-être dans un rôle comique, mais encore là, le potentiel est très limité dans les histoires à raconter.

(bobKudelski a fait quelques ajouts dans le texte originalement produit par KirkMcLean)

Sources:

vendredi 25 août 2023

Excursion LVEUP / Trêve de Hockey #107 - Un match de baseball de la LBMQ






C'est plate à dire, mais l'été tire déjà à sa fin. Malgré tout, il reste (j'espère) encore de belles journées et soirées à profiter en famille. C'est justement ce que j'ai fait avec deux de mes fils la semaine passée, allant voir un match de la Ligue de Baseball Majeur du Québec, opposant mon équipe locale, le Cactus de Victoriaville qui recevait la meilleure équipe au classement, les Cascades de Shawinigan. Deux équipes qui ne semblent pas s'apprécier, alors que les joueurs se sont "obstinés" à plusieurs reprises. Même qu'un joueur de Shawinigan s'est fait expulsé par l'arbitre.

Un beau petit endroit qu'est le stade Rémi-Deshaie à Victoriaville. Les estrades ne sont pas nombreuses, ne s'étendant qu'entre les abris des joueurs, mais avec assez d'espace et des endroits prévus pour ceux qui préfèrent être debout. Ça accueille juste assez de monde pour qu'il puisse y avoir une ambiance "baseball". Mes fils ont trouvé avantageux qu'il n'y avait pas plus d'estrades, car ils ont pu courir pour recueillir des fausses balles afin d'avoir chacun un souvenir, qu'ils ont fait autographiés par quelques joueurs du Cactus après le match.


La première balle récupéré par mon fils

Pour le match en tant que tel, les deux équipes se sont échangé un point dans les deux premières manches. Après avoir vu les Cascades prendre les devants avec un point en première moitié de troisième manche, le Cactus a immédiatement répliqué, marquant 4 points, dont quelques uns suite à des erreurs en défensive. C'est d'ailleurs un fait saillant qui a marqué le match, le nombre d'erreurs, alors qu'il y en eu un total de 10 (Quatre par le Cactus, 6 par Shawinigan). Je m'attendais à une meilleure prestation des deux défensives. Une mauvaise soirée au bureau dans les deux cas.

Et comme au baseball, ce n'est jamais fini tant que ce n'est pas fini, c'est en dernière manche que le match s'est joué. Venu sur le monticule pour "fermer les livres", le lanceur Pierre-Olivier Marcoux a failli à la tâche, accordant 4 points mérités, avant que le joueur-entraîneur Rylan Sandoval viennent effectuer le dernier retrait. Et heureusement pour Marcoux et le Cactus, Pier-Olivier Dostaler a cogné un coup sûr qui a fait marquer deux coéquipiers, alors qu'il y avait déjà deux retraits contre les locaux. Victoire dramatique du Cactus 7-6. (Les Cascades se sont repris 2 jours plus tard, par la marque de 13 à 1 ... ouch !)

Si vous n'avez pas encore prit le temps d'aller voir votre équipe de baseball locale, peu importe le niveau, je vous invite à prendre ce moment et aller les encourager. Les séries débutent (ou sont sur le point de) dans la majorité des ligues, l'ambiance sera encore meilleure. Le coût des billets n'est pas tant élevé (12$ dans le cas du Cactus), la bière est moins cher qu'au Centre Bell (lors de la quatrième manche, il y avait un spécial 2 bières pour 8$), la proximité avec les joueurs est plaisante, surtout pour les plus jeunes. Et si vous n'êtes pas aller voir de la balle depuis les Expos au Stade Olympique (ou même au Parc Jarry pour les plus âgés), je vous promets que ça va vous rendre nostalgique. Play Ball !

jeudi 29 décembre 2022

Trêve de hockey #106 - Pelé à Montréal



Celui que plusieurs considèrent comme le meilleur joueur de football / soccer de l’histoire, le brésilien Pelé, nous a quitté aujourd’hui.

Edson Arantes do Nascimento (son véritable nom) est le seul joueur au monde à avoir remporté trois fois la Coupe du Monde, en 1958, 1962 et 1970 et ce, à un moment où la télévision se mit à amplifier le vedettariat.

En 1975, il avait causé une certaine surprise en signant un contrat de 3 ans pour 4,7 millions $ avec le Cosmos de New York de la NASL (North American Soccer League), une ligue qui n’avait pourtant pas encore atteint un grand niveau de crédibilité à ce moment. Il quittait ainsi son club brésilien, le Santos FC.

C’est 1977, sa dernière année active, qu’il remportera le Soccer Bowl. À ce moment, l’allemand Franz Beckenbauer (ex-capitaine de l’équipe championne de la Coupe du Monde de 1974 et futur entraîneur de l’équipe qui a remporté celle de 1990), l’italien Giorgio Chinaglia et son compatriote Carlos Alberto l’avaient rejoint à grands frais avec le Cosmos. À ce point, l’entraîneur de cette collection de vedettes était Eddie Firmani, qui sera plus tard entraîneur à Montréal du Manic de la NASL, du Supra de la LCS et de l’Impact pendant sa période USL.

Par contre, le Manic a été actif de 1981 à 1983. Pelé ne l’a donc jamais affronté. Auparavant, Montréal a eu une équipe dans la NASL de 1971 à 1973, nommée l’Olympique. Celle-ci appartenait à Sam Berger, le propriétaire des Alouettes à l’époque. Toutefois, elle a été active avant l’arrivée de Pelé dans la ligue.

Pelé à l'Autostade

Si Pelé n’a jamais affronté une équipe de Montréal de la NASL, il a tout de même déjà joué ici un match.

Le 30 juin 1971, l’Olympique avait organisé un match amical à son domicile, l’Autostade, entre le Santos et le club italien de Bologne (aujourd'hui propriété de Saputo). Le but de l’Olympique était évidemment de convertir les néophytes au soccer et d’attirer l’attention vers l’équipe locale naissante.

Un an après son troisième triomphe, Pelé était évidemment la vedette de l’événement et son salaire mirobolant pour l’époque de 400 000$ selon une source, de 500 000$ à 1 million selon une autre, ne passa pas inaperçu. On fit aussi état de ses nombreux investissements et avoirs.

Dans un Autostade d’une capacité d’environ 33 000 places, le Montréal-Matin indique que 29 000 personnes étaient sur place (incluant 8 000 jeunes qui ont reçu des billets de faveur) pour observer Pelé. Ceci est tout de même supérieur aux 25 000 qui se sont déplacé à Toronto la semaine précédente. Étonnamment, la Gazette mentionne une foule payante de 19 812, en plus de milliers de personnes admises gratuitement. D’une manière ou d’une autre, il s’agissait à ce moment de la plus grande foule pour un match de soccer à Montréal.

La vedette de la soirée a d’ailleurs été comparée à Maurice Richard pour la précision de son tir et son opportunisme et à Jean Béliveau pour son maniement de ballon. (Doit-on se surprendre de la comparaison avec le hockey, surtout à ce moment où la culture du soccer au Québec était embryonnaire?)

Si ses coéquipiers du Santos ont joué leur match, sans faire d’effort particulier pour laisser toute la place à Pelé, c’est tout de même lui qui a marqué le seul but de la partie, à la 14e minute, devant une foule qui a apprécié.

Peu aidé par une fiche de 4-15-5, l’Olympique ne parviendra pas à créer l’engouement espéré et terminera sa saison avec une foule moyenne de 2 440 spectateurs par match. Après une moyenne de 2 308 en 1972 et de 3 856 en 1973, le club cessa ses activités.

Sources :

"Le roi Pelé à l’œuvre à l’Autostade ce soir", 30 juin 1971, Montréal-Matin, page 47,

"Un cadeau pour 8,000 jeunes; ils verront Pelé" de Claude Robert, 30 juin 1971, La Presse, page B1,

"Olympics hope Pele will create new fans" de Dan McLean, June 30, 1971, Montreal Gazette, page 13,

"Le roi Pelé n’a pas déçu ses admirateurs" de Paul-Émile Prince, 1er juillet 1971, Montréal-Matin, page 52,

"King Pele packs in 20,000-plus" de Andre Onorato, July 2, 1971, Montreal Gazette, page 16,

wikipedia.org.

jeudi 10 novembre 2022

Trêve de hockey #105 - Stu Nahan

"À mes côtés, mon partenaire encore ce soir, Stu Nahan"  | Rocky II (1979)





Lorsque RaySheppard a finalement reçu notre magnifique livre "Le meilleur de La Vie Est une Puck", il nous a fait parvenir une petite vignette où on le voit enlever un livre de sa collection afin d'y insérer notre "best of". Le livre qui a perdu son "spot" de façon peu cavalière, c'est ce que Ray qualifie de "pire livre de hockey".

Dans ce ramassis de Carl Johnson, outre de nombreux cliparts et au milieu de citations pas rapport, il y a une page avec la photo d'un jeune gardien de but, Stu Nahan, accompagné d'une simili biographie. 

Ce qui attira d'abord mon attention, outre la bouche ouverte de Stu, fut qu'il est inscrit "Rocky Movies" dans la "biographie". Étant ancien boxeur et ayant mon fils aîné qui pratique également le noble art, les films de la série "Rocky" et "Creed" ont joué en boucle sur nos télévisions. Après une brève recherche Google / IMDB, Stu Nahan joue effectivement son propre rôle, étant un des commentateurs pour presque tous les combats de boxe présentés dans les films mettant en vedette Rocky Balboa Sylvester Stallone.

"What started out as a joke has turned out to be a disaster". | Rocky IV (1985)

Alors que Carl Johnson essaie de nous faire croire dans son torchon que Stu Nahan est né à Montréal, il est plutôt né à Los Angeles le 23 juin 1926. Sa famille déménagea toutefois au Canada deux ans plus tard. Il put ainsi, en grandissant, apprendre le hockey, jusqu'à devenir le gardien des Redmen de l'Université McGill. Les Maple Leafs le mirent sous contrat en 1946 et le retournèrent en Californie, avec les Monarchs de Los Angeles. Malheureusement pour lui, sa carrière de hockeyeur stagna et il prit sa retraite du hockey. Il se dirigea alors vers le monde des communications. C'est pour une émission pour enfants à Sacramento qu'il commença sa carrière, avant de déménager au New Jersey et personnifier "Captain Philadelphia" pour un programme jeunesse d'une station de Philadelphie. 

La version Stu Nahan de "Capitaine Cosmos"

Sa connaissance du sport lui permit alors de devenir commentateur sportif, tout d'abord pour les nouveaux Flyers de Philadelphie (NHL), ainsi que pour les matchs des Eagles de Philadelphie (NFL) à CBS. Il revint plus tard sur la côte californienne en tant que lecteur de nouvelles sportives et commentateur pour de nombreux événements sportifs, en plus de faire partie de l'équipe de description des matchs des Dodgers de Los Angeles (MLB). C'est ainsi, qu'à partir de 1976, il fit des apparitions dans 14 productions hollywoodiennes, toujours dans son propre rôle. Sa dernière prestation dans un film fut dans le 6e opus de la série "Rocky", alors que c'est sa voix qu'on entend comme commentateur du combat "jeu vidéo".

Il est décédé en décembre 2007, à l'âge de 81 ans.



dimanche 19 septembre 2021

Trève de hockey #104: Norm Macdonald au gala des ESPY


 

Voici un petit texte/hommage avec quand même un bon lien avec le sport et un petit peu le hockey.

 

 

C'est avec grandement de tristesse que j'ai appris le décès du comédien Norm Macdonald, décédé la semaine dernière du cancer à l'âge de 61 ans.  Lorsque j'apprends le décès d'une personne célèbre ou d'un ancien joueur, je suis parfois surpris ou attristé mais rarement à ce point. Je n'ai pas pleuré ou rien mais j'ai vraiment été plusieurs minutes en état de choc. C'était davantage bizarre alors que j'avais regardé des extraits du podcast de Norm sur Youtube pas plus tard que la veille de son déces.

Car voyez-vous pour moi, Norm Macdonald était un des meilleurs comiques que j'aie jamais vu et je vous invite à aller parcourir Twitter et vous verrez de nombreuses sommités du milieu comme Conan O'Brien ou David Letterman qui ont évoqué le même sentiment que moi. Pourtant il n'était pas le plus connu ni le plus célébré mais son style terre à terre nonchalant et sa répartie légendaire en font un des meilleurs de tous les temps. Norm en avait rien à foutre si ses jokes ne plaisaient pas ou en choquaient plusieurs et c'est peut-être un peu ce qui explique qu'il n'était pas aussi connu que bien de ses confrères. Macdonald avait un parfait sens du timing et était tellement naturel qu'il avait le don d'être drôle, que sa blague soit bonne ou pas. Même qu'en le connaissant davantage, on remarque que parfois plus sa blague était mauvaise, le plus de plaisir il semblait avoir.

Je l'ai originalement connu lorsque j'ai découvert la comédie «Sale Boulot» (Dirty Work) au secondaire en 1999, un film tellement niaiseux mais qui devint un incontournable pour moi et mes potes qui avons beaucoup emprunté et cité les nombreuses blagues hilarantes de ce film. 

Mais après ça, j'ai rarement revu Norm Macdonald. Il faut dire qu'ici au Québec on avait pas vraiment la même culture comique qu'aux States ni les moyens technologiques de maintenant. Et pourtant Macdonald était québécois d'origine, étant né dans la ville de Québec en 1959 avant de déménager à Ottawa lorsqu'il était adolescent.

Donc bien des années plus tard j'ai commencé à m'intéresser à Saturday Night Live en parcourant l'internet et c'est là que j'ai vraiment découvert Macdonald, membre de la distribution entre 1993 et 1998 et qui était principalement connu pour l'animateur du segment «Weekend Update» où il avait plusieurs célébrités majeures comme têtes de turc comme Madonna, Michael Jackson et surtout O.J. Simpson. Ce serait d'ailleurs ses opinions répétitives sur l’ex-footballeur et accusé de meurtre qui firent en sorte qu'il fut congédié de SNL en 1998 alors que son patron, le président du réseau NBC, était un proche ami de Simpson... Son renvoi du réseau fut quelque chose qui fit en sorte qu'il fut quelque peu «blacklisté» par la suite... Même que «Sale boulot» aurait floppé au box office un peu pour ces raisons, mais est devenu un film culte par la suite.



Macdonald était donc un sacré numéro et il fut étrangement choisi comme animateur de la cérémonie des ESPY (Excellence in Sports Performance Yearly) du réseau ESPN en février 1998. Alors à sa 6e édition, les ESPY ne savaient probablement pas à quoi s'attendre de Macdonald qui se défoula envers les nombreuses personnalités sportives assemblées dans la salle, plus habitués de se faire encenser et non pas de se faire «roaster» de la sorte. Macdonald raconta plus tard qu'il se sentait comme dans un gymnase rempli de «jocks» prêts à lui casser la figure.

Je vous laisse ici cet exquis monologue d'ouverture de Macdonald où vous pouvez tâter le malaise de plusieurs célébrités sportives. Il y a aussi une blague de hockey et une courte apparition de Mark Messier.

 

Coïncidence ou pas après cette énième blague sur Simpson, Macdonald fut renvoyé de SNL 3 semaines plus tard. Il n'a jamais été ré-invité aux ESPYS...

R.I.P Norm.

lundi 29 mars 2021

Trêve de hockey #103 - George Eaton



Dimanche, au Grand Prix du Bahreïn de 2021, le premier de la saison, on y a vu Nikita Mazepin, un pilote russe, faire ses débuts avec Haas, une écurie de fond de grille. Ses débuts furent pour le moins décevants, puisqu’il n’est pas parvenu à compléter un seul tour, faisant une sortie de piste presque immédiatement.

Laissons la chance au coureur. Peut-être que Mazepin pourra éventuellement faire preuve de son talent. Il est toutefois intéressant de noter que l’an dernier, Mazepin n’a terminé que cinquième en F2. Si le champion, Mick Schumacher (le fils de l’autre) a aussi gradué en F1, étant maintenant le coéquipier de Mazepin chez Haas, ce ne sont pas tous les pilotes devant lui qui obtinrent un volant permanent en F1.

Pour se rendre à ce niveau, il faut évidemment un certain de talent, mais ce n’est pas toujours nécessairement ce qui départage les pilotes. Les budgets sont astronomiques et l’argent peut avoir son mot à dire, surtout si papa en a. Vous ne serez donc probablement pas surpris d’apprendre que le père de Mazepin est l’actionnaire principal d’Uralchem, le plus important producteur d’engrais de Russie. Cette dernière possède 20% d’Uralkali, le plus grand producteur de potasse au monde et qui est devenu cette année… le principal commanditaire de Haas.

Mazepin n’est pas le premier à bénéficier des ressources du paternel pour se hisser au plus haut niveau de compétition. On peut penser au canadien Nicholas Latifi, pilote chez Williams. L’équipe est entre autres commanditée par Sofina Foods (Janes, Mastro, distributeur de Lavazza et Rio Mare), l’entreprise de son paternel. À une certaine époque, on retrouvait Hiro Matsushita en Champ Car. Sur ses voitures, on retrouvait bien sûr Panasonic, la marque appartenant à la compagnie qui porte son nom et qui a été fondée par son grand-père. (J’hésite à inclure Lance Stroll dans cette liste puisque, bien que son père soit riche à craquer, il a tout de même obtenu jusqu’à maintenant trois podiums en Formule 1 et ce, avec des voitures ne faisant pas toujours partie de l’élite. Ce n’est tout de même pas à la portée de tous.)

Avant eux, le Canada a aussi eu un pilote avec un nom familier : George Eaton.

George est l’arrière-petit-fils de Timothy, qui a fondé en 1869 la chaîne de magasins qui, à une certaine époque, dominait le marché canadien. Son père, John David, a été président de l’entreprise familiale de 1942 (trois ans avant la naissance de George) à 1973. Mais pendant que son père dirigeait cette bannière bien en vue, George avait un autre intérêt : la course automobile.

En 1966, il s’acheta une Shelby Cobra, qu’il n’a pas trouvé dans le catalogue de l’entreprise dirigée par son père, pour participer à des courses. L’année suivante, il se porta acquéreur d’une McLaren pour participer à la série Canam.

En 1968, il termina onzième dans ce championnat, au sein d’une écurie qui portait son nom. Il est entre autres parvenu à terminer troisième à Laguna Seca dans des conditions pluvieuses.

L’année suivante, il se hissa au cinquième échelon, en plus de participer au championnat de Formule A, où il remporta l’épreuve du Mont-Tremblant. Ceci lui permit de louer une BRM pour les Grands Prix de F1 des États-Unis et du Mexique. Toutefois, dans les deux cas, il se qualifia dernier et il ne parvint pas à terminer ces courses.


Il réussit malgré tout à conserver ce volant chez BRM pour 1970. Devenant le premier canadien à devenir pilote de F1 à temps plein, il disputa 10 des 13 courses. Son meilleur résultat fut obtenu au Grand Prix du Canada, disputé au Mont-Tremblant cette année-là, avec une dixième place. Il disputa également la saison de la série Canam, où il ne marqua des points qu’à une seule reprise.  Ce fut une troisième place sur la seule piste qui semblait lui sourire un peu, encore une fois le Mont-Tremblant.

Suite à cette saison décevante, il revint en 1971 pour disputer quatre courses USAC (l’ancêtre du Champ Car) et le Grand Prix du Canada (disputé cette fois à Mosport). Son meilleur classement fut alors une neuvième place à Milwaukee.

Il tenta aussi sa chance du côté des courses d’endurance, en plus d’essayer (sans succès) de se qualifier pour le Indy 500 de 1972.

Il prit ensuite sa retraite de la course, pour entrer au service de l’entreprise familiale. Il fut vice-président de 1975 à 1991, avant d’en prendre la tête.  Par contre, sa présidence ne parvint pas à freiner le déclin de l’entreprise, déjà entamé et où les mauvaises décisions se sont accumulées.

En 1997, il dut céder sa place à quelqu'un qui ne faisait pas partie de la famille.

L’entreprise fit faillite en 1999. Sears tenta alors de ressusciter la marque, mais l’expérience cessa en 2002.

Il siégea ensuite sur différents conseils d’administration d’entreprises, en plus de se consacrer à des œuvres de charité et philanthropiques. Il fait toujours partie du conseil d’administration de la Fondation de l’Hôpital général de Toronto.

Celui qui a dans sa jeunesse aussi été promoteur de concerts rock fait aujourd’hui partie du Temple de la renommée des sports motorisés du Canada.

Sources :

"12 novembre : Anniversaire de George Eaton, pilote canadien qui a couru en F1 avec BRM" de René Fagnan, 12 novembre 2020, Pole Position (poleposition.ca),

cmhf.ca, f1forgottendrivers.com, statsf1.com, tgwhf.ca, wikipedia.org.

mardi 1 décembre 2020

Trêve de hockey #102 - Liverpool 1964 - Football et Beatles

 

Petite trêve de hockey ici pour parler de ''foot'' et de rock.

J'ai un petit gars de 4 ans qui vient de découvrir les Beatles et je suis d'ailleurs assez fier de ses goûts musicaux jusqu'à maintenant. Et ceux qui ont des enfants savent la routine, quand un enfant aime quelque chose, il aime pas mal juste ça pendant un bon bout et ne veut plus entendre autre chose. Donc depuis quelques semaines ce sont pas mal les 5-6 mêmes tounes des premiers disques des Beatles qui jouent en boucle chez moi (Hard day's night, Can't buy me love, I should have known better, I wanna hold your hand...etc.) 

Mais depuis hier, sa nouvelle préférée est la fantastique ''She loves you'' soit le premier méga-succès du groupe qui démarra définitivement la ''Beatle-mania''. En fait mon fils appelle cette chanson ''She Loves You Yeah Yeah Yeah''... 

Bref, après l'avoir écouté 700 fois en l'espace de quelques heures, j'avais envie de varier un peu et je suis donc allé sur Youtube pour trouver un cover ou une version live. Je suis plutôt tombé la-dessus:



Il s'agit d'un extrait d'un reportage sur le dernier match de la saison 1963-64 du Liverpool FC, un des clubs de football les plus adulés au monde et avec une base partisane des plus intenses. À ce moment le Liverpool FC n'avait pas remporté le championnat de première division depuis 1947 et comme ils étaient de retour au sommet, les fans étaient déchaînés et le laissaient savoir. 

À 0:50, le narrateur évoque que les spectateurs de Liverpool ne se comportent pas particulièrement comme les fans typiques de football, et particulièrement ceux de la section du stade nommée ''The Kop''. On y entend ensuite ces supporters (des hommes en majorité) chanter le succès local ''She Loves You'' à l'unison dans une glorieuse cacophonie.

Cette fameuse section ''the kop'' était autrefois une énorme section debout à flanc de colline et je crois qu'il s'agissait de la section ''à rabais'' du stade où les plus jeunes et les moins riches s'entassaient ainsi pour voir leurs favoris.



L'autre chanson que les supporters semblent chanter à environ 2:20 est le fameux ''You'll never walk alone'', un chant adopté par les partisans de Liverpool depuis 1963. Originalement une chanson provenant d'une comédie musicale en 1945, elle fut reprise par un autre groupe de Liverpool, Gerry and the Pacemakers, et est toujours chantée jusqu'à ce jour avant le début de chaque match. Le titre a depuis fait sa place dans le folklore de l'équipe, étant même inclus dans l'armoirie de l'équipe.



Intéressant aussi lorsqu'à 2:40 on peut y voir les spectateurs se rentrer dedans légèrement. C'est un peu comme l’ancêtre des ''mosh pits'' ... environ une quinzaine d'années avant l'arrivée des scènes punk rock et métal et l'apparition des premiers véritables ''slams'' du genre.

 


mardi 3 novembre 2020

Trêve de hockey #101 - Jeff Bridges et Kaoru Betto




J'espère croire qu'en plus d'être férus d'histoire du hockey, certains d'entre vous êtes aussi cinéphiles? Si c'est le cas, j'espère que vous connaissez ''The Big Lebowski''? Cette comédie réalisée par les frères Cohen en 1998 est un des films les plus cultes de l'histoire. Sinon, et bien fermez cette fenêtre et allez tout de suite visionner ce chef d’œuvre. 
 
Mais en bref, si vous n'avez pas vu ou que ça fait longtemps et bien ce film raconte l'histoire d'un chômeur de Los Angeles du nom de Jeff Lebowski qui se fait un jour attaquer par des durs à cuire voulant récupérer de l'argent qu'il leur devait. Cependant, il s'agit d'une erreur sur la personne car le vrai fautif porte le même nom que lui. Voulant être dédommagé, Lebowski part à la recherche de l'autre du même nom, un vieux millionnaire handicapé qui l'invite malgré lui dans ses magouilles. Le reste du film est une succession d'événements bizarres qui ne mènent nulle part et de personnages losers mais au final, rien ne fonctionne pour personne avec tous ces plans foireux et c'est fantastique. Juste d'en parler j'ai le goût de le ré-écouter.

Voici un trailer:




Bref, ce film fit de Jeff Bridges et du ''Grand'' Lebowski une star. Tellement que des sites web vendent des vêtements avec des citations du film ou à l'image à ceux portés dans le film et il n'est pas rare de voir des gens se déguiser en personnages du film à Halloween. Il y a même des ''conventions'' Lebowski et des projections du film à la ''Rocky Horror Picture Show''. Je suis d'ailleurs allé à l'une de ces projections organisées par un de mes amis il y a 2-3 ans. J'y ai d'ailleurs appris plein de détails amusants de la part d'autres fans...

Bref ce film est un phénomène en tant que tel et un des items du film que l'on retrouve beaucoup sur des sites de chandails sur internet est ce chandail de style baseball porté par Lebowski dans les premières scènes du film:




Ce chandail particulier met en vedette un ancien joueur de baseball japonais du nom de Kaoru Betto. Je n'ai pas réussi à confirmer exactement mais les inscriptions japonaises au dessus de lui sembleraient se traduire par ''Grandement influenceur'' ou ''Strongly influential''.

 

Kaoru Betto
 

Né il y a 100 ans cette année, soit le 23 août 1920, Kaoru Betto est décrit comme un des premiers frappeurs de puissance de l'histoire du baseball japonais et avait également comme surnom ''Le gentleman du baseball''. Il débuta sa carrière en 1948 avec les Tigers d'Osaka, où il joua deux ans avant de joindre les rangs des Orions de Mainichi de la nouvelle ligue du pacifique en 1950.




Avec les Orions, il gagna la première édition des nouvelles séries ''mondiales'' japonaises en 1950 et fut également déclaré comme le MVP de la ligue et de ces séries. Il avait obtenu 43 coups de circuit cette saison-là. Il en cognera 155 en 10 saisons durant sa carrière de joueur, qui se termina en 1957 avec une moyenne au bâton de .302. Il fut également gérant de l'équipe en même temps que ses fonctions de joueur à partir de 1954. Il entraînera par la suite plusieurs équipes au courant des décennies suivantes jusqu'à sa retraite comme coach en 1979.

Il fut élu au temple de la renommée du baseball japonais en 1988 et est mort en 1999, un an après la sortie du film ''The Big Lebowski''.

 

Gérant des Whales de Taiyo
1968-72, 1977-79


Joueur des Orions de Mainichi
1950-1957


Pour revenir au film, le chandail n'a pas vraiment d'importance dans l'histoire et je n'y avais d'ailleurs jamais porté attention jusqu'à aujourd'hui. C'était jusqu'à ce que je tombe sur une publication facebook mentionnant que Bridges a également porté ce chandail dans le film ''Cold Feet'' sorti en 1989:

 


Et ensuite dans le film ''The Fisher King'' sorti en 1992:


Il y a donc ici une sorte ''d'inside joke'' avec ce chandail pour Jeff Bridges. Questionné à ce sujet, le principal intéressé déclara que les vêtements de Lebowski provenaient de sa garde-robe personnelle mais que le fameux t-shirt baseball provenait toutefois de son frère également acteur, Beau Bridges, à qui il l'aurait volé. Je ne sais pas si c'est vrai, car on voit dans le ''Big Lebowski'' que le chandail est de couleur différente et quand on regarde attentivement, le lettrage est plus mince et le dessin légèrement différent.


Peut-être qu'il avait perdu le chandail depuis 1992 et qu'il l'aimait tellement qu'il s'en est fait faire un deuxième? 

Anyway, ce n'est qu'un autre ''easter egg'' qui s'ajoute à ce film qui en possède d'ailleurs plein d'autres. À chaque fois que je le ré-écoute je remarque d'ailleurs quelque chose de nouveau. Maintenant, quand je le ré-écouterai, j'aurai désormais une nouvelle pensée envers un joueur de baseball japonais que je n'ai jamais vu jouer...