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vendredi 28 mars 2025

Histoires de coupes: 1995

 




Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Aujourd'hui, après une pause de quelques mois, revoici la suite avec les Devils de 1995.

Chapitres précédents: 1990, 1991, 1992, 1993, 1994


 

Joueurs: Neal Broten, Jim Dowd, Brian Rolston, Bobby Holik, Sergei Brylin, Bob Carpenter, Randy McKay, Mike Peluso, Bill Guerin, John MacLean (A), Tom Chorske, Danton Cole, Claude Lemieux, Valeri Zelepukin, Stéphane Richer, Scott Stevens (C), Ken Daneyko, Tommy Albelin, Chris McAlpine, Bruce Driver (A), Scott Niedermayer, Kevin Dean, Shawn Chambers, Martin Brodeur, Chris Terreri

Staff: John J. McMullen (Owner/Chairman/Governor), Peter McMullen (Vice President), Lou Lamoriello (President/General Manager), Jacques Lemaire (Head Coach), Jacques Caron (Goaltender Coach), Dennis Gendron (Asst. Coach), Larry Robinson (Asst. Coach), Robbie Ftorek (AHL Coach), Alex Abasto (Asst. Equipment Manager), Bob Huddleston (Massage Therapist), Dave Nichols (Equipment Manager), Ted Schuch (Medical Trainer), Mike Vasalani (Strength-Conditioning Coach), David Conte (Director of Scouting), Milt Fisher (Scout), Claude Carrie (Scout), Dan Labraaten (Scout), Marcel Pronovost (Scout)

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D'abord pour les quelques faits divers cocasses et/ou semi-intéressants de cette finale, et bien il s'agissait de la première fois depuis 1980 (New York vs. Philadelphie) que la finale se disputa entièrement dans le même fuseau horaire. Heille on peut pas dire que je ne vous apprends jamais rien...

Il s'agissait également de la première de 9 finales consécutives à ne pas avoir une équipe canadienne dans les finalistes, ce qui demeure le record à ce jour, qui fut toutefois égalé par l'écart entre la présence en finale des Canucks en 2011 et celle du Canadien en 2021. Avant cet écart 1995-2004 (Flames vs. Lightning), le maximum avait été de seulement deux saisons et ce depuis la création du trophée en 1893.

Aussi comme la saison 1994-1995 avait dû être écourtée à seulement 1995 à cause du lock-out, la victoire des Devils fut retardée jusqu'au 24 juin 1995, ce qui était alors la date la plus tardive jamais vue jusque-là. Lors de l'autre finale affectée par un lock-out, celle de 2013, on assista également à une remise le jour de la St-Jean, encore le 24 juin, 2013 cette fois-ci. 

Ce record de date fut ensuite anéanti à jamais (on l'espère crissement) lors des séries compliquées covidiennes de 2020 alors qu'on dut attendre jusqu'au 28 SEPTEMBRE! Je sais, ça fait pas si longtemps mais on dirait que j'en reviendrai jamais de ça... Le lendemain, les joueurs commençaient leur entrainement d'été et le surlendemain c'était le camp d'entrainement...

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Mais bon, assez parlé de ces années de marde. 

Pour ce qui est des joueurs inscrits sur la coupe de 1995 des Devils, il y a plusieurs noms ici qui nous surprennent par le fait qu'on ignorait ou oubliait que le joueur ait remporté la coupe Stanley ou même qu'il avait joué avec les Devils tout court. Ou encore qu'il était encore avec l'équipe à ce moment. C'est le cas des Jim Dowd, Tom Chorske, Brian Rolston ou encore d'un Chris McAlpine. Un gros WTF d'ailleurs pour ce dernier alors que dans ma tête il avait seulement joué pour les Blues. Mais en fait non, il avait été repêché par New Jersey en 1990 et y a seulement joué durant cette saison écourtée de 1995, pour 24 matchs en saison et aucun en séries... Il se qualifiait toutefois pour être gravé car la limite normale de 41 matchs avait été abaissée.

Il y a aussi ces bons vieux cas de joueurs vétérans qui en méritaient finalement une comme Neal Broten, Bruce Driver, John MacLean, Shawn Chambers et Bob Carpenter. Stéphane Richer en méritait bien une deuxième. Bill Guerin, encore tout jeune, devra ensuite attendre en 2009 avec Pittsburgh pour en remporter une deuxième.

Mais donc qui choisir comme véritable joueur «LVEUP-WTF-quessé qu'il fait là lui»? 

Et bien dans ce cas-là, je prends souvent le plus no-name du lot, et ici il s'agit de nul autre que Kevin Dean.

Who the fuck is Kevin Dean?

Et bien l'actuel assistant-entraineur des Blackhawks est un cas super intéressant qui me réjouit beaucoup car lorsque je choisis d'écrire comme ici sans retenue avant de checker de quoi je parle avant de choisir d'en parler, et bien parfois j'ai pas grand chose à dire sur le joueur.

Mais ici non. Joueur de défense, Dean avait d'abord été un choix de 5e ronde des Devils en 1987. Il joua ensuite 4 années dans la NCAA avant de débuter son parcours dans les filiales des Devils. Ce n'est que durant cette saison écourtée de 1995 qu'il parvint finalement à jouer dans la LNH avec le grand club, jouant 17 matchs en saison et 3 en séries. 

Et comme la saison 1995 avait dû voir sa finale être repoussée jusqu'à la fin juin, il n'en était pas le cas dans les mineures, alors que la finale de la ligue américaine fut remportée le 26 mai 1995. Cette finale mettait aux prises les River Rats d'Albany contre les Canadiens de Fredericton et fut remportée par les River Rats, qui étaient alors le club-école des Devils. 

Donc les Devils et leur club-école ont remporté le trophée le championnat de leur ligue respective la même saison, ce qui représentait la troisième fois, et à ce jour la dernière, qu'on assistait à un tel exploit pour une organisation. La première fois avait eu lieu en 1975-76 lorsque les Canadiens remportèrent la coupe Stanley et leur club-école, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, remportèrent la coupe Calder. L'organisation répéta ensuite l'exploit la saison suivante, soit en 1976-77.

En plus de Kevin Dean, quelques autres joueurs comme Sergei Brylin et Chris MacAlpine avaient aussi joué avec les River Rats et les Devils durant la saison. Mais Dean est le seul du lot à avoir joué des matchs en séries pour Albany. Il avait alors joué 8 des 14 matchs du parcours des River Rats. Il m'est impossible de vérifier s'il a joué durant la finale contre Fredericton mais s'il a été ensuite choisi en renfort par les Devils quelques semaines plus tard, j'ose imaginer que oui.



J'ignore cependant quels sont les critères pour avoir officiellement fait partie d'une équipe championne de la coupe Calder, mais selon ce que j'ai pu voir, seulement les joueurs ayant joué en séries semblent être considérés. Un joueur comme Sergei Brylin avait joué 67 matchs en saison avec les River Rats mais fut rappelé en fin de saison. Il ne joua aucun match en séries avec Albany et ne semble pas faire partie de la liste de l'équipe championne.

Cela ferait donc de Kevin Dean un des seuls joueurs de l'histoire à avoir remporté la coupe Calder et la coupe Stanley la même saison.  J'ai vérifié avec les deux éditions de Montréal/Nouvelle-Écosse de 76 et 77 et les seuls autres joueurs à avoir gagné les deux coupes comme Dean sont Pierre Mondou et Mike Polich qui avaient tous les deux passé l'entièreté de la saison 76-77 en Nouvelle-Écosse avant de rejoindre le CH comme renforts en finale suite à leur coupe Calder, les deux championnats étant décalés de quelques semaines.

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Ensuite du côté du staff, on a plusieurs des acteurs qui ont avaient forgé cette équipe championne qui quelque 10 ans plus tôt était la risée de la ligue après deux déménagements (Kansas City et Colorado) et la fameuse déclaration «Mickey Mouse» de Wayne Gretzky. On parle ici surtout de Lou Lamoriello mais aussi le propriétaire John McMullen qui avait grandement travaillé à faire partir la franchise du Colorado. 

On retrouve également le coach Jacques Lemaire et son ancien coéquipier comme assistant, Larry Robinson. On retrouve également une première dans cette série car c'est la première fois que je vois l'inclusion du coach du club-école, ici Robbie Ftorek. Ce dernier avait probablement mérité sa place dû à la conquête des River Rats discutée plus tôt. 

Mais ici je porte mon choix sur le vénérable Marcel Pronovost, dont j'ignorais totalement qu'il avait, après une longue carrière qui le mena au temple de la renommée, été à l'emploi des Devils comme recruteur. Mais avant ça il avait tenté sa chance comme entraineur à divers niveaux, notamment comme entraineur des Sabres pendant deux saisons et aussi brièvement des Red Wings. 

C'est en 1990 qu'il devint recruteur au New Jersey, et apparemment qu'il aurait grandement aidé ses patrons à choisir Martin Brodeur au repêchage de 1990. Il demeurera en poste jusqu'à sa mort en 2015.


C'était donc la finale de 1995 et ses noms gravés sur la coupe. Contrairement aux Devils, qui ont incompréhensiblement raté les séries l'année suivante, on se revoit en 1996.

jeudi 16 mai 2024

Bill, Bun et Bud Cook


Voici une histoire de famille tissée serrée.

Bill, l’aîné, est né à Brantford. Sa famille déménagea toutefois à Kingston, où il apprit à patiner sur le canal Rideau. Frederick (surnommé ″Bun″) et Alexander (surnommé ″Bud″) suivirent quelques années plus tard. Lors de leurs éventuelles carrières de hockey, les frères se suivront également à plusieurs reprises.

Mais avant de débuter sa carrière professionnelle, Bill s’enrôla dans l’artillerie et prit part à des batailles marquantes de la Première guerre mondiale, comme celle d’Ypres, de la Somme et de la crête de Vimy. Il passa aussi huit mois en Russie lors d’une intervention des Alliés pendant la guerre civile en faveur des armées blanches dans leur combat contre les Bolcheviks. À son retour au Canada, on lui décerna la médaille militaire pour souligner sa bravoure.

Il joua ensuite au niveau senior avec Sault-Ste-Marie, pour ensuite être rejoint par Bun en 1921-22. Bill prit ensuite le chemin de l’ouest en 1922 et s’aligner avec les Crescents, puis les Sheiks de Saskatoon de la WCHL. Pendant ce temps, Bun remporta la Coupe Allan avec Sault-Ste-Marie en 1922-23 pour ensuite rejoindre Bill en 1924-25 à Saskatoon. Jouant sous les ordres de l’ancien Canadien Édouard ″Newsy″ Lalonde, Bill remporta le championnat des compteurs de la ligue en 1923-24, 1924-25 et 1925-26.

Ce titre de 1925-26 s’avéra toutefois le dernier de l’histoire de la ligue, puisque celle-ci s’écroula. Par contre, alors que la ligue de l’ouest (qui s’appelait maintenant la WHL) disparaissait, la LNH prenait du coffre. Si les nouveaux Cougars (futurs Red Wings) de Détroit firent des achats en vrac en achetant pratiquement en entier les défunts Cougars de Victoria, pendant que les nouveaux Black Hawks de Chicago faisaient de même avec les Rosebuds de Portland, les nouveaux Rangers de New York furent plus méthodiques. Mais parmi leurs acquisitions, on comptait Bill et Bun Cook, qui semblaient se destiner aux Maroons de Montréal, mais que Conn Smythe leur soutira en agissant plus rapidement.

Suivant les conseils des frères Cook, Smythe embaucha également Frank Boucher, qu’ils avaient côtoyé dans l’ouest, alors que ce derrnier jouait avec les Maroons, mais de Vancouver. Celui-ci devint alors le centre des frères (Bun à gauche et Bill à droite).

C’est à New York qu’un journaliste écrivit que Frederick était rapide comme un lapin (″quick as a bunny″). Il a donc été surnommé ″Bunny″ Cook. Et puis ″Bunny″ est devenu ″Bun″ et comme ″Bun″ veut dire brioche, le trio est devenu la ″Bread Line″. Ils joueront ensemble pendant plusieurs années.

Bill fut non seulement le premier joueur signé par les Rangers, mais aussi leur premier capitaine et le marqueur du premier but de leur histoire. Ce but fut d’ailleurs victorieux, car les Rangers remportèrent leur match match par la marque de 1-0, contre ces mêmes Maroons.

L’audace de Smythe (qui quitta toutefois les Rangers peu de temps après) rapporta aussi d’autres dividendes, puisque Cook remporta le championnat des pointeurs lors de sa première année dans la LNH, avec une fiche de 33 buts et 4 passes. (Le Trophée Art Ross n’existait pas encore.) Pourtant à leur première année, les Rangers terminèrent aussi premiers de la nouvelle division américaine, devançant les Bruins de Boston et les Pirates de Pittsburgh, des équipes de deuxième année. Boston prit toutefois sa revanche en séries, en éliminant les Rangers et en les limitant à un seul but, compté par Bill Cook.

En 1927-28, à seulement leur deuxième année, les Rangers se reprirent en battant les Pirates de Pittsburgh, les Bruins et finalement les Maroons, pour mettre la main sur leur première Coupe Stanley. L’année suivante, ils se rendirent à nouveau en finale, mais ils s’inclinèrent devant Boston.

En 1932-33, Bill ajouta un deuxième titre des pointeurs à son palmarès. À 36 ans et 5 mois, il devint ainsi le plus vieux champion pointeur de l’histoire de la ligue. Sa marque tiendra jusqu’en 2013, alors que Martin St-Louis la battit, à l’âge de 37 ans. Les Rangers remportèrent également une deuxième coupe. C’est Bill qui marqua en prolongation l’unique but du match lors du quatrième et ultime match. Étonnamment, on n’avait pas jugé bon d’apporter la Coupe ce soir-là. Ce n’est qu’au premier match de la saison suivante, le 11 novembre, à Toronto, que les joueurs reçurent le trophée convoité, qui a été désignée comme étant la ″Forgotten Cup″.

Suite à des problèmes arthritiques qui lui fit rater la majeure partie de la saison 1935-36, les Blueshirts vendirent le contrat de Bun aux Bruins. S’il joua une saison à Boston, la suite leur donna raison puisqu’il dut ensuite prendre sa retraite pour cette raison. Après cette première saison dans la LNH sans son frère, Bill prit également sa retraite, laissant Boucher comme dernier membre de la Bread Line à New York.

Les deux frères débutèrent alors leur carrière d’entraîneur au même moment (tout en jouant quelques matchs au besoin) dans l’International-American Hockey League (IAHL, la future Ligue américaine).

Bill prit le chemin de Cleveland pour diriger les Barons. Il y retrouva là son autre frère Bud, qui eut l’occasion de jouer au fil des ans quelques matchs avec les Bruins, les Senators et les Eagles de St-Louis. C’est toutefois dans ce qui deviendra la Ligue américaine qu’il se fit une place.

Quant à Bun, il se dirigea vers Providence pour se retrouver derrière le banc des Reds. S’il a connu une belle carrière (il a entre autres inventé la ″drop pass″) et montré des statistiques intéressantes, il a toutefois toujours été un peu dans l’ombre de son frère. Lorsqu’ils sont devenus entraîneurs, ce fut le contraire. Bill a eu sa part de succès, mais c’est Bun qui a pris le haut du pavé.

À leur première saison, en 1937-38, ce sont les Reds de Bun remportèrent la Coupe Calder (qui existait seulement depuis la saison précédente). L’année suivante, ce fut au tour des Barons de Bill. Les Reds de Bun répliquèrent en 1939-40, avant que Cleveland reprenne le titre en 1940-41, avec Bill derrière le banc et Bud dans l’alignement. Des cinq premières Coupes Calder, quatre fois l’équipe gagnante était dirigée par un Cook.

Les deux frères demeurèrent à leur place pendant deux autres années avant que Bill ne devienne directeur-gérant des Barons. Pour le remplacer, il eut l’idée de faire appel à… Bun. À ce moment, Bud jouait toujours pour Cleveland. Il eut donc l’occasion de jouer sous les ordres de son autre frère. L’expérience ne dura toutefois pas longtemps, car en cette période de guerre, après 4 matchs, il se rapporta à la garde côtière et se joignit à leur équipe de hockey.

Bun s’installa à long terme à Cleveland et passa les 13 saisons suivantes comme entraîneur. Il y connut un succès phénoménal. Dès ses trois premières saisons (1943-44 à 1945-46), son équipe atteignit la finale, la remportant en 1945. Par la suite, il répéta l’exploit en 1948, 1951, 1953 et 1954, en plus d’atteindre la finale en 1950 et en 1956. Par la suite, personne ne s’est approché de son palmarès de sept Coupes Calder. Les suivants en ont trois. Toutefois, dans une ligue à six équipes, il n’a par contre pas eu l’occasion de graduer dans la LNH.

C’est plutôt Bill qui y parvint. En effet, lorsque Neil Colville démissionna de son poste en décembre 1951, le directeur-gérant des Rangers Frank Boucher demanda à son ancien compagnon de trio de la Bread Line de prendre sa place. Bill était alors à Saskatoon, pour diriger un club affilié aux Rangers. À ce moment, les Rangers étaient constamment mauvais et Bill ne put renverser la tendance. Suite à une dernière place en 1952-53, Boucher releva Bill de ses fonctions et prit sa place. Bill prit alors sa retraite du hockey.

À la fin de sa carrière de joueur, Bud tenta aussi sa chance comme entraîneur. Il fut entre autres à la tête des As de Québec de la Ligue senior du Québec en 1945-46 et 1946-47. Il eut alors Punch Imlach sous ses ordres.

Suite à sa participation à la guerre, Bill avait reçu une terre en Saskatchewan de la part du gouvernement. Il passa alors beaucoup de temps à la cultiver et, toujours proche de son frère, Bun en acheta une tout près. Ils retournèrent ensuite à Kingston plus tard dans leur vie.

Lors du déménagement du Madison Square Garden III au Madison Square Garden IV en 1968, on demanda à Bill, qui avait compté le premier but des Rangers, de venir participer à une cérémonie pour compter le premier but du nouvel immeuble.

Bill mourut en 1986, Bun en 1988 et Bud en 1993.

Bill fut admis au Temple de la renommée du hockey en 1952. Bun ne le vit pas de son vivant, puisqu’il fut admis en 1995. Il fut aussi admis à celui de la Ligue américaine en 2007.

Sources :

″Les clubs américains débutent victorieusement, hier soir″, 17 novembre 1926, La Patrie, page 6,

″W. Cook scores as Rangers take Cup; Beat Toronto 1-0″ d’Elmer Dulmage, CP, April 14, 1933, Montreal Gazette, page 12,

″Outstanding Player and Coach Bill Cook Remembered as Soldier″ de Charles Edwards, CP, March 30, 1943, Ottawa Citizen, page 13,

″Bisons After Second Win″, AP, April 6, 1944, Pittsburgh Post-Gazette, page 14,

″Bill Cook Return to the N.H.L. as Coach of Rangers; Neil Colville Steps Out″, CP, December 7, 1951, Montreal Gazette, page 22,

hhof.com, hockeydb.com, wikipedia.org.

jeudi 2 novembre 2023

Les grands voyageurs #11: Alexandre Giroux

 



Si vous avez déjà lu des chapitres de cette série, le joueur que j'ai considéré aujourd'hui n'est pas de cette catégorie de joueurs excessivement nomades qu'on a pu voir comme Trevor Jobe et ses 38 équipes(!), ce qui à ce jour est toujours mon record. 

Il a quand même trimbalé son baluchon à travers (seulement) 19 organisations, incluant celles au junior, mais j'avais surtout envie d'en parler pour plusieurs autres raisons, pas seulement le nombre d'équipes. Allons-y donc en commençant par une (trop longue) anecdote personnelle.

Il y a quelques semaines, j'ai ressorti mon X-Box 360 afin de rejouer à NHL12. Pourquoi prendre une vieille version au lieu du maudit NHL23 que j'ai acheté l'an passé? Ou bien me décider à sortir un autre 80$ pour acheter le 24? Et bien plusieurs raisons. Je sais que c'est pas juste moi, mais je déteste les nouvelles versions de NHL. Malgré plusieurs tentatives d'adaptation, je suis jamais capable de «setuper» ce maudit jeu à des settings de jeu acceptables. 

Malgré toutes mes expérimentations, mes matchs sont soit trop faciles (genre que je gagne 9-1 tout le temps) ou bien trop difficiles et/ou sans offensive (défaites de 2-0 ou victoires 1-0). Souvent quoique je fasse, je défonce le gardien adverse de 40 tirs sans pouvoir marquer tandis que l'adversaire gagne en effectuant seulement 12 tirs. Ensuite je change mes settings et je gagne 10-3.

Bref, y'a jamais moyen de trouver un bon setting d'une game à l'autre et tout ça me fait chier. En plus, ils ont ajouté au fil des années tellement de nouveaux modes de jeu qui ne m'intéressent pas (CHEL w-t-f) et qui ne font que sur-peupler le menu. Je suis donc habitué à mon bon vieux NHL12 et surtout à un système de settings juste assez amusant et ardu pour mes goûts.

J'ai entendu dire que le système de jeu a été complètement refait cette année pour le 24 mais je sais pas si je vais me laisser tenter. De plus, il y a un autre facteur qui me force à revenir dans le passé: J'ai 40 ans.

J'ai 40 ans et un des plaisirs de ces jeux est de se re-créer soi-même en joueur et gagner des trophées. En 2011-12 j'avais 28-29 ans et donc je fitais encore dans le spectrum d'âge des joueurs de la LNH. Maintenant j'ai 40 ans et c'est juste weird. Ça fait pas de sens de me faire un joueur de cet âge qui marque 50 buts. Je pourrais le mettre moins fort, le mettre sur la 3e-4e ligne et en marquer 10-15? Mais il est où le fun là-dedans? 

Vous pourriez argumenter en disant que tant qu'à fantasmer en s'imaginant comme joueur de la LNH, je pourrais me recréer plus jeune, genre 18 ans? Mais je trouves ça encore plus weird... Non, dans ma tête, mon moi-même virtuel est arrivé en scène au début des années 2000 et vers 2011 il était un joueur vedette établi. Pas une recrue et pas non plus un crouton de 40 ans. Bref c'est aussi pour ça que je joue encore à NHL12...

Caméo de Karl Alzner en background. Allo Karl!

Mais Alexandre Giroux il fite où et comment dans cette histoire pas rapport? Et bien dans le club-école de mon club des Oilers de NHL12, on y retrouve un joueur côté 76 overall du nom d'Alexandre Giroux. Il est aussi étiqueté «SNP» pour Sniper, donc c'est clair que j'allais me laisser tenter et l'insérer quelque part dans mon alignement. 

Donc malgré son 76 plus bas que le reste de mon alignement dans les 80+, Giroux a maintenant 15 points en 12 matchs dont 8 buts... Mais qui était-il donc ce Giroux? Je me souvenais vaguement de lui à l'époque où le jeu est sorti et les années depuis n'ont fait qu'aggraver mon souvenir. Je trouvais donc intéressant d'aller l'analyser aujourd'hui, si ce n'est que pour honorer son rendement dans mon alignement...

Réjean Giroux
Alexandre Giroux est né le 16 juin 1981 à Québec. Son père, Réjean Giroux, a joué comme attaquant pour les Remparts de 1969 à 1972, étant souvent jumelé avec Guy Lafleur. Il remporta la coupe Memorial de 1971 avec ce dernier avant de connaitre une saison de 109 points en 71-72 en compagnie de Jacques Richard, suite à quoi il fut repêché par les Blackhawks de Chicago. 
 
Il décida toutefois de rester au bercail en signant avec les nouveaux Nordiques de Québec pour la saison inaugurale de l'AMH en 1972-73. Il serait d'ailleurs le seul joueur à avoir joué le premier match des Remparts en 1969 ainsi que le premier des Nordiques.

Rétrogradé dans la NAHL avec le club-école des Nordiques en 1973-74, Réjean termina au sommet des pointeurs de la ligue avec 122 points. Cela lui valut une nouvelle offre des Blackhawks qu'il accepta cette fois-ci. Il évoluera deux ans dans la CHL avec les Blackhawks de Dallas avant qu'une blessure sérieuse au genou ne mette fin à sa carrière en 1976.

Pour sa part, le fils Alexandre débuta dans la LHJMQ en 1998-99 avec les Olympiques de Hull et fut un choix de 7e ronde (213e au total) des Sénateurs au repêchage de 1999. Il connut ensuite en 99-00 une saison de 52 buts et 99 points en compagnie de Michael Ryder, en plus de s'incliner en finale contre l'Océanic de Rimouski. Il termina son stage junior en 2001-01 avec les Huskies de Rouyn-Noranda.

Il débuta ensuite son long parcours dans la ligue américaine, d'abord en 2001-02 avec le club-école des Sénators de l'époque, les Griffins de Grand Rapids, et les deux saisons suivantes avec les Senators de Binghamton. Il fut toutefois inclus dans un échange en mars 2004 avec les Rangers qui l'obtinrent en compagnie de Karel Rachunek, en retour du défenseur Greg De Vries.

Il continua son chemin dans l'AHL, cette fois-ci avec le Wolf Pack de Hartford, où il connut deux saisons de 32 et 36 buts respectivement. Il put enfin gouter à un premier match dans la LNH à la fin de la saison 2005-06, sans récolter de points. Ce fut son seul match avec les Rangers.


Il signa ensuite comme agent libre avec les Capitals en 2006-07. Il obtiendra cette saison-là une fiche de 42 buts et 28 passes avec les Bears de Hershey, ce qui lui valut un rappel avec les Caps en fin de saison. Il obtint ainsi ses premiers points dans la LNH avec 2 buts et 2 passes en 9 matchs.

Il signa ensuite avec les Thrashers d'Atlanta. Mais après une seule demie-saison avec leur club-école à Chicago, les Capitals refirent son acquisition et il retourna à Hershey.

Vint alors la mémorable saison 2008-09. En compagnie de Keith Aucoin et Chris Bourque (fils de Raymond), les puissants Bears étaient l'endroit parfait pour Giroux qui connut une des meilleures saisons de l'histoire de la AHL en récoltant 60 buts et 37 passes pour 97 points, ce qui le plaçait au sommet de la ligue pour les buts et les points. 

Il s'agissait seulement de la 5e fois de l'histoire de la AHL qu'un joueur atteignait le plateau des 60 buts et aucun ne l'a atteint depuis. Durant la saison, il connut une séquence record en marquant dans un 15e match consécutif, éclipsant alors la marque détenue par le légendaire Brett Hull depuis 1987.

En plus de ses 60 buts, il mena également les Bears en Séries avec 15 buts en 22 matchs alors que les Bears remportèrent la coupe Calder de 2009. Ces 75 buts combinés en 2008-09 en font ainsi le recordman à ce niveau, le précédent détenteur étant Stéphan Lebeau avec 71 en 1988-89. Cette saison-là, Lebeau avait récolté un record toujours valide de 70 buts en saison, mais seulement 1 en séries.

De plus, Giroux accomplit cet exploit en seulement 69 matchs, étant rappelé par les Capitals l'espace de 12 matchs. Malheureusement pour lui, son principal défaut était son coup de patin. Étant légèrement plus lent dans la LNH, il lui manquait cette fameuse fraction de seconde de démarcation et il ne parvint jamais à transposer ses talents offensifs dans la grande ligue. Durant ce séjour de 12 matchs avec les Caps, son plus long à vie dans la LNH, il n'obtint qu'un seul but et une passe.


La saison suivante, 2009-10, fut pratiquement identique. Il obtint 50 buts, mais cette fois-ci davantage de passes avec 53 pour un sommet en carrière de 103 points, au deuxième rang de la AHL derrière son coéquipier Aucoin. Il joua cette fois 9 matchs avec les Caps, obtenant 1 but et 2 passes. 

Les Bears retournèrent ensuite en finale et remportèrent une deuxième coupe Calder consécutive, premier club à accomplir ce fait d'arme depuis les Indians de Springfield en 89-90 et 90-91 (avec un alignement totalement différent d'une saison à l'autre). Un repeat étant très rare et très dur à accomplir dans ce circuit, les Bears sont les derniers à ce jour à l'avoir fait. Lors de ces deux années de gloire, c'est Giroux qui termina premier en séries pour les buts et les points chez les Bears. Ces deux années exceptionnelles à Hershey lui valurent également le trophée Les Cunningham pour le joueur le plus utile en 2008-09.

Malgré une nouvelle offre des Capitals pour demeurer à Hershey, il opta de tenter sa chance dans une autre organisation, en signant avec les Oilers d'Edmonton en 2010-11. Il joua alors principalement avec le club-école, les Barons de Oklahoma City, où il connut une saison de 32 buts et 46 passes pour 78 points, bon pour le deuxième rang de la AHL. Il s'agissait de sa 7e saison consécutive de plus de 30 buts, ce qui égalisait un record. 

Toutefois, le même scénario se produisit dans la LNH où il fut retranché après le camp d'entrainement. C'était le début de cette ère de jeunes loups offensifs à Edmonton et il fut donc déclassé au profit de plus jeunes comme Jordan Eberle, Taylor Hall, Magnus Paajarvi et Linus Omark. Il ne put obtenir que 2 points en 8 matchs à Edmonton durant la saison.


Ce fut ensuite un dernier tour pour Giroux dans la AHL en 2011-12, cette fois dans l'organisation des Blue Jackets. Il obtint alors 54 points avec les Falcons de Springfield et seulement 1 but en 9 matchs à Columbus. Il passa bien près de s'approprier le record de 8 saisons consécutives dans la AHL avec 30 buts, alors qu'il termina avec 28.

Il quitta ensuite pour la KHL avec le Dynamo de Riga en 2012-13. Après une saison en demie-teinte, il fut prêté au Klothen HC de la ligue Suisse. Il sembla s'y plaire puisqu'il passa ensuite les trois saisons suivantes au sein de ce circuit avec Ambri-Piotta. Il remporta également la coupe Spengler avec l'équipe canadienne en 2016.

Il passa ensuite une autre saison de retour dans la KHL avec le Zagreb Medvescak et ensuite en 2017-18 avec les Brûleurs de Loups de Grenoble où il termina premier pointeur de la ligue Magnus. Voulant ensuite prendre sa retraite, il fut toutefois convaincu par un ami de se joindre à l'Assurancia de Thetford Mines dans la LNAH. Il y joua deux saisons, terminant premier du circuit pour les buts marqués en 2018-19. Il revint ensuite pour un dernier 5 matchs en 2021-22.

Sa fiche à vie dans la LNH fut de 6 buts et 6 passes en 48 matchs.
Sa fiche à vie dans la AHL fut de 368 buts et 336 passes pour 704 points en 771 matchs. Ces 368 buts le placent au 7e rang de l'histoire des marqueurs dans ce circuit. Signe que la AHL s'est quelque peu détériorée côté offensive, il est le dernier à avoir franchi le cap des 50 buts, des 60 buts et des 100 points.

Il aura joué pour 19 équipes au total:
- 2 au junior: Hull, Rimouski
- 7 dans la AHL: Grand Rapids, Binghamton, Hartford, Hershey, Chicago, Oklahoma City, Springfield
- 4 dans la LNH: New York, Washington, Edmonton, Columbus
- 5 en Europe: Riga, Kloten, Ambri-Piotta, Zagreb, Grenoble
- 1 dans la LNAH: Thetford Mines.


Sources:
De Guy à Ovi, de père en fils chez les Giroux, Le Soleil, 9 novembre 2018
Réjean Giroux: la carrière dont il ne rêvait même pas chez les Nordiques, Journal de Québec, 25 septembre 2022
Barons' Alexandre Giroux will not give up on NHL dream, The Oklahoman, 30 jan. 2011
Hershey hero Giroux re-signs with Capitals, AHL.com, 5 août 2009

lundi 3 avril 2023

Joueur oublié des 90's #74 - Wendell Young

 


  


Wendell Young a eu une carrière honnête dans la LNH, principalement comme adjoint et quelque fois comme partant, mais il a surtout passé la majorité de sa carrière dans les mineures. Cependant, le fait d'avoir dominé (ou d'être tombé au bon endroit) dans la plupart des équipes où il a joué a fait en sorte qu'il possède un fait d'arme qu'aucun autre joueur ne pourra accomplir.

Wendell Edward Young est né le 1er août 1963 à Halifax. Il débuta son stage junior dans la OHL avec les Rangers de Kitchener pour la saison 1980-81, devenant rapidement le gardien #1 de l'équipe qui remporta le championnat, la J.Ross Robertson Cup. Cette bonne première saison permit à Young d'être repêché par les Canucks de Vancouver en 4e ronde (73e au total) du repêchage de 1981. Il remit ça de plus belle la saison suivante, menant de nouveau les Rangers à la J.Ross Robertson Cup en plus cette fois du championnat de la coupe Memorial.

Il évolua ensuite dans les diverses équipes du système des Canucks lors des saisons suivantes, d'abord dans la CHL à Salt Lake City, ensuite à Milwaukee dans la IHL et finalement avec l'Express de Fredericton dans la AHL. Il fit finalement ses débuts dans la LNH en 1985-86, étant rappelé pour 22 matchs en saison régulière (fiche de 4-9-3) ainsi qu'un match en séries.

Il joua ensuite 8 autres matchs en 1986-87, mais ce fut ses derniers dans l'organisation de Vancouver alors qu'il fut échangé aux Flyers de Philadelphie durant l'été 1987. En plus de Young, les Flyers reçurent un choix de 3e ronde en 1990, choix qui devint le grand voyageur Kimbi Daniels. En retour les Canucks reçurent le gardien Darren Jensen et le défenseur Daryl Stanley.

À Philadelphie, Young ne fit qu'une courte présence en début de saison, étant rapidement récalé après 6 matchs dans la AHL avec les Bears de Hershey. Il y connut toutefois une saison du tonnerre, terminant d'abord au premier rang de la ligue pour les victoires avec 33 gains, avant de mener les Bears à la coupe Calder, parcours où l'équipe ne perdit aucun match (trois rondes 4 de 7) et où Young fit l'histoire en remportant un record de 12 matchs consécutifs. Il reçut ainsi les trophées Baz Bastien pour le gardien de l'année dans la AHL ainsi que le Jack A. Butterfield, remis au joueur le plus utile en séries.

 

Inutile de dire que cette saison 87-88 attira l'attention mais pas celle de Flyers, plutôt celle de leurs ennemis naturels de Pennsylvanie, les Penguins, qui firent l'acquisition de Young en retour d'un choix de 3e ronde en 1990 qui devint le défenseur Chris Therien pour les Flyers.

Young put donc revenir dans la LNH comme adjoint de Tom Barrasso en compagnie de Frank Pietrangelo (également membre de cette série) qui s'alternèrent au bout du banc. Young joua 22 matchs en 1988-89, remportant 12 victoires contre 9 défaites.

Des blessures limitèrent Barrasso à seulement 24 matchs en 1989-90 et c'est Young qui hérita de la majorité des départs en son absence, terminant la saison avec 16 victoires, 20 défaites et 3 matchs nuls. Ce fut toutefois la seule saison de sa carrière où il put être considéré comme numéro un, car ce fut ensuite à son tour d'être atteint de blessures lors des deux saisons suivantes, ne jouant que 18 matchs en 90-91 et encore 18 matchs en 91-92. 

Le mauvais timing de ces blessures firent en sorte qu'il était toujours sur le carreau lors des deux parcours jusqu'en finale et les coupes Stanley des puissants Penguins. Il se mérita toutefois ces deux bagues malgré qu'il ne joua aucun match en séries.

Durant la saison 91-92, les Penguins avaient de nouveau cueilli un gardien auxiliaire chez l'ennemi à Philadelphie en se portant acquéreurs de Ken Wregget lors du méga-échange à trois équipes entre les Flyers, les Penguins et les Kings impliquant entre autres Paul Coffey, Mark Recchi et Rick Tocchet. Ils n'avaient donc plus besoin de Pietrangelo, qui fut peu après échangé à Hartford, ni de Young qui fut laissé sans protection au repêchage d'expansion de 1992.

C'est ainsi que Young devint le premier membre de l'organisation du nouveau Lightning de Tampa Bay, étant réclamé lors du premier choix de ce repêchage. Il fut alors le premier gardien de l'équipe floridienne, étant le portier partant lors de leur premier match où il récolta la première victoire de l'équipe.

Une épaule disloquée vint toutefois nuire à sa saison et il ne joua donc que 31 matchs en 92-93, connaissant une année de 7-19-2 avec l'équipe d'expansion. Il retourna également dans les mineures pour la première fois depuis 1989, étant envoyé à Atlanta dans la IHL pour quelques matchs. Une autre blessure subie lors du camp d'entraînement vint lui nuire davantage en 93-94 et il ne put jouer aucun match avant la fin février. 


Durant ce temps, le Lightning avait fait l'acquisition de Darren Puppa et Young n'était donc plus dans les plans de l'équipe, en plus qu'il était tout le temps blessé. Il fut donc prêté aux nouveaux Wolves de Chicago dans la IHL pour la saison 1994-95. 

Au retour des activités après la grève de 1994, les Penguins découvrirent une grave blessure de Tom Barrasso datant des séries précédentes. Ils durent alors trouver du renfort et c'est alors que Wendell Young fit son retour dans l'organisation comme second de Ken Wregget jusqu'au retour de Barrasso. Young joua alors 10 matchs durant cette demie-saison, ses derniers dans la LNH.

Sans contrat la saison suivante, il opta de retourner comme agent libre avec les Wolves de Chicago où il se plaisait bien. Il y joua comme gardien numéro un lors des six saisons suivantes, soit jusqu'à la dissolution de la IHL après la saison 2000-01. Avec les Wolves, Young put ajouter encore plus de vaisselier à son armoire de trophées alors qu'il remporta à deux reprises la coupe Turner dans la IHL, soit en 97-98 et en 99-2000. 

 

Ces deux conquêtes additionnelles font de Young le seul joueur dans l'histoire à avoir remporté les quatre coupes majeures de son époque, soit la coupe Memorial (1982), la coupe Calder (1988), la coupe Stanley (1991 et 1992) et la coupe Turner (1998 et 2000)

Ajoutez à tout ça ses deux coupes Robertson dans la OHL ainsi que ses trophées Baz Bastien et Jack Butterfield dans la AHL en 1988. Young hérita alors du surnom «Ringmaster».

Après la fin de la IHL, les Wolves furent une de ses six équipes qui purent migrer dans la Ligue américaine. Young décida toutefois qu'il s'agissait alors du bon moment pour prendre sa retraite. Lors de la première saison des Wolves dans la AHL, ils retirèrent le numéro 1 de Young en décembre 2001. Lors de cette cérémonie, les quatre coupes remportées par Young furent présentées à la foule pour souligner son exploit.

Dans l'ordre: coupe Calder, coupe Turner, coupe Stanley et coupe Memorial.
 

Comme la IHL n'existe plus, il demeurera le seul à avoir accompli l'exploit. Cependant, depuis ce temps c'est plus ou moins la ECHL qui a  remplacé la IHL dans l'échelon des ligues mineures. Donc il est techniquement possible qu'un autre joueur effectue l'équivalent de cet exploit en gagnant les championnats dans les trois ligues professionnelles actuelles en Amérique du nord (coupe Stanley, coupe Calder et coupe Kelly dans la ECHL) en plus de la coupe Memorial. 

Cependant, jusqu'à ce jour, un seul joueur est passé près d'accomplir cet exploit, soit l'attaquant Jay Beagle, qui remporta la coupe Kelly en 2007 avec les Steelheads de l'Idaho, la coupe Calder en 2009 et 2010 avec les Bears de Hershey, et ensuite la coupe Stanley avec les Capitals de Washington en 2018. Il n'a cependant jamais gagné la coupe Memorial...

Après sa retraite, Young fut brièvement entraîneur des gardiens pour les Flames de 2001 à 2003. Il revint ensuite avec les Wolves comme assistant entraîneur de 2003 à 2009, entre autres lors de la conquête de la coupe Calder des Wolves de 2008. Il passa ensuite au 2e étage comme DG, poste qu'il occupe encore jusqu'à ce jour, menant de nouveau les Wolves aux grands honneurs en 2022 avec une autre coupe Calder. Il fut également élu au Temple de la renommée du sport de la Nouvelle-Écosse.

En 187 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 59 victoires, 86 défaites et 12 matchs nuls.
En 329 matchs dans la IHL, sa fiche fut de 174 victoires, 104 défaites et 31 matchs nuls.*
En 138 matchs dans la AHL, sa fiche fut de 71 victoires, 39 défaites et 10 matchs nuls.
Ses totaux dans les trois ligues professionnelles de son époque furent donc de 304 victoires, 229 victoires et 53 matchs nuls en 654 matchs.
*stats incomplètes dans la IHL

 

Sources:
hockeydraftcentral.com
chicagowolves.com
eliteprospects.com
NHL.com
hockeydb.com
nhltradetracker.com


lundi 1 août 2016

Mike Busniuk



Canadien d’origine, Mike Busniuk choisit la voie du hockey universitaire américain, alors que ce choix n’était pas encore très courant. On note tout de même quelques joueurs parmi ses coéquipiers des Pioneers de l’Université de Denver qui ont atteint la LNH, par exemple Peter McNab, Mike Christie (voir texte du 14 juin 2011) et l’ex-Nordique Ron Grahame.

Alors qu’ils étaient l’une des premières équipes à piger de ce côté, les Canadiens en firent leur choix de 5e ronde (67e au total) en 1971.

À la fin de son stage universitaire en 1974, il n’y avait évidemment pas de place pour lui à Montréal. Il prit alors le chemin de Halifax, pour s’aligner avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse.

L’année suivante, le Tricolore le prêta aux Jaros de la Beauce (voir texte du 14 janvier 2009), la nouvelle équipe de la NAHL basée à St-Georges. Les Jaros combinaient deux aspects très distincts dans leur jeu : du jeu très offensif et très rude. Busniuk, un avant, possédait les deux. Il maintint une moyenne d’un point par match (66 points en 65 matchs), tout en accumulant 165 minutes de pénalité.

Les Jaros remportèrent le championnat de la saison régulière, mais échappèrent la Coupe Lockhart en s’inclinant en finale devant les Firebirds de Philadelphie.

Suite à l’élimination de son équipe, Busniuk se rapporta à nouveau aux Voyageurs. Il joua un match de la finale, ce qui lui permit de remporter sa première Coupe Calder.

L’année suivante, les Canadiens ne renouvelèrent pas leur entente avec les Jaros et conservèrent Busniuk dans l’organisation. Retournant avec les Voyageurs, Busniuk remporta une deuxième Coupe Calder.

Malgré cela, il était évident qu’il n’y avait toujours pas de place pour Busniuk chez les champions de la Coupe Stanley. Il signa donc avec les Flyers.

Ne se taillant toujours pas un poste dans la LNH, il fut assigné aux Mariners du Maine. Toutefois, Busniuk se retrouva à nouveau du côté des champions lorsque les Mariners remportèrent les grands honneurs.

En 1978-79, le Maine se mérita encore la Coupe. Du coup, Busniuk la remporta pour une quatrième fois consécutive, ce qui constitue un record qui tient toujours.

C’est finalement en 1979-80 que Busniuk eut sa chance dans la LNH. Alors que son frère Ron a joué quelques matchs avec les Sabres avant de jouer dans l’AMH, Mike se tailla un poste avec les Flyers. Utilisé comme défenseur, il vint bien près de continuer sur sa lancée. Philadelphie se rendit jusqu’en finale et poussa les Islanders jusqu’à un sixième match. Par contre, New York eut le dessus et remporta la Coupe Stanley, empêchant ainsi Busniuk de remporter un cinquième championnat consécutif.



Busniuk joua une deuxième et dernière saison avec les Flyers, avant de retourner dans la Ligue américaine. Ce deuxième passage avec les Mariners du Maine lui permit de remporter une cinquième Coupe Calder comme joueur en 1983-84. Ceci constitue toujours un record, qu’il partage avec Fred Glover (voir texte du 22 septembre 2009), Les Duff et Bob Solinger.

Après avoir joué quelques temps en Italie, il entreprit ensuite une longue carrière d’entraîneur, d’abord dans la junior avec les Americans de Tri-City, où il a été entraîneur-chef. Par la suite, il a été de nombreuses années entraîneur-adjoint dans la Ligue américaine, avec les Rangers et les Senators de Binghampton et le Wolf Pack de Hartford. Il remporta d’ailleurs une sixième Coupe Calder, derrière le banc cette fois, avec ces derniers en 1999-2000.

Il est ensuite retourné dans son patelin, à Thunder Bay, pour travailler avec les Thunderwolves de l'Université Lakehead, avant de faire un deuxième séjour en Italie, comme entraîneur cette fois.


Sources :
Vallières, Steve, Implacables : Les Jaros de la Beauce, 1975-76, Éditions Hurtubise inc, 2015, p.35, 61,
« The Story of the Calder Cup » (theahl.com),
legendsofhockey.net, wikipedia.org.

jeudi 9 juin 2016

Le hockey à Pittsburgh (2e partie)





Après la fin de la WPHL en 1908-09 et l’avènement de plus en plus populaire du professionnalisme dans le hockey (voir 1ère partie), il y eut un léger essoufflement du hockey à Pittsburgh. Entre 1910 et 1915, aucun match ne fut joué au Duquesne Garden dont la patinoire fut reconvertie en piste pour patins à roulettes, un nouveau passe-temps qui supplanta la patin traditionnel en popularité à l'époque. Donc aucun hockey ne fut joué pendant la moitié de la décennie. Mais après cette courte pause, le hockey reprit tranquillement sa place dans cette partie de la Pennsylvanie.


Pittsburgh Yellow Jackets (USAHA)
1915-1925

En 1915, un ancien arbitre du nom de Roy Shooley, canadien d'origine, raviva le hockey à Pittsburgh en créant une nouvelle équipe amateure au Duquesne Garden. Au départ, les Yellow Jackets ne jouaient que sporadiquement dans des compétitions indépendantes. Toutefois en 1920,  la United States Amateur Hockey Association (USAHA) fut créée et Pittsburgh joignit cette dernière un an plus tard en 1921.

Encore une fois on eut droit à quelques épisodes de passe-passe durant cette période où s'opposaient les statuts d'amateurs et de professionnels. La USAHA était à la base qu'une ligue amateure senior mais il y eut rapidement des accusations envers quelques équipes de rémunérer leurs meilleurs joueurs. Shooley, pour sa part faisait partie des plus audacieux. Il réussit à convaincre nul autre que le grand Lionel Conacher (texte du 9 mai 2009) de venir jouer à Pittsburgh. Conacher, qui ne voulait pas perdre son statut d'amateur, refusa des offres pour jouer à Montréal et Toronto et s'amena avec les Yellow Jackets en 1923. Il fut nommé capitaine et il invita également plusieurs amis et anciens coéquipiers à venir le rejoindre à Pittsburgh par la suite, ce qui fit des Yellow Jackets une équipe redoutable qui remporta le championnat de la USAHA en 1924 et 1925. En plus de Conacher, les Yellow Jackets étaient munis d'un autre futur membre du temple de la renommée, le diminutif gardien Roy Worthers.

Conacher, évidemment, n'était pas simplement venu à Pittsburgh par plaisir et pour demeurer "amateur". Schooley lui dénicha un emploi dans une compagnie d'assurances et lui paya aussi ses études à l'université Duquesne où il jouait également avec l'équipe de Football.

L'attitude de mercenaires des Yellow Jackets enragea le reste des équipes de la USAHA qui surnommèrent l'équipes les "Pittsburgh Canadians" en raison de leur pourcentage élevé de joueurs importés...

La USAHA et les Yellow Jackets cessèrent leurs activités en 1925.


Équipe Olympique Américaine de 1920

Pour les premiers jeux olympiques incluant le hockey sur glace, l'équipe représentant les États-unis avait une saveur particulièrement "Pittsburghienne". Elle fut sélectionnée et dirigée par ce même Roy Shooley, alors gérant des Yellow Jackets et du Duquesne Garden où l'équipe s’entraîna en vue des jeux. Cette première édition (seulement 11 joueurs à l'époque) comprenait 2 joueurs des Yellow Jackets tandis que les autres jouaient au Minnesota ainsi qu'à Boston.

Afin de financer cette aventure olympique, une série de quatre matchs eut lieu au Duquesne Garden contre des équipes de Winnipeg et aussi contre les Tigers d'Hamilton de la LNH.

Il y eut plusieurs soupçons au niveau de l'éligibilité de certains joueurs de cette équipe. Des journaux d'Ottawa reportèrent que les joueurs de l'équipe américaine étaient pratiquement tous originaires du Canada. Mais au final l'équipe olympique de 1920 était officiellement composée de joueurs éligibles naturalisés américains malgré certaines ambiguïtés. L'équipe remporta la médaille d'argent, n'allouant que deux buts contre le Canada lors de leur seule défaite en semi-finale. Ils écrasèrent notamment la suisse 29-0 en première ronde.


Pittsburgh Pirates (NHL)
1925-1930

Après la fin de la USAHA en 1925, Shooley eut des problèmes financiers et vendit donc les Yellow Jackets à un avocat du nom de James Callahan. Ce dernier obtint par la suite une franchise de la LNH et y transféra ainsi sa nouvelle acquisition. Shooley garda tout de même les droits sur le nom des Yellow Jackets et Callahan renomma ensuite son équipe sous le nom des Pirates, comme l'équipe de baseball dont le propriétaire donna la permission d'utiliser le même nom. Ils furent la première équipe professionnelle de Pittsburgh à adopter le noir et or comme couleurs d'uniformes.

Comme les Yellow Jackets étaient tellement dominants dans la USAHA, presque tous les joueurs de l'équipe restèrent avec les Pirates lors de leur entrée dans la LNH, dont le légendaire Lionel Conacher et leur gardien Roy Worthers. Parmi les nouveaux joueurs des Pirates, il y eut notamment l'ancien des Canadiens et des Wanderers, Odie Cleghorn, qui fut nommé joueur-entraîneur de l'équipe. Cleghorn fut d'ailleurs un des premiers entraîneurs de la LNH à effectuer des changements de trios pendant que le jeu se déroulait (on the fly). Cette pratique fut rapidement adoptée par ses confrères par la suite. 


Saison 1928-29

Les Pirates connurent une bonne première saison et perdirent en demi-finale contre les éventuels champions de la coupe Stanley, les Maroons de Montréal. L'équipe ne fit pas les séries la saison suivante durant laquelle ils échangèrent Conacher, leur capitaine et meilleur joueur, aux Americans de New York. Ils retournèrent en séries l'année suivante où ils perdirent de nouveau en demi-finale contres les Rangers. Les choses allèrent en dégradant par la suite. Ils terminèrent les deux saisons suivantes au dernier rang de la ligue dont une fiche désastreuse de 5-36-3 en 1929-30 suite à quoi les effets du crash boursier de 1929 vinrent forcer les propriétaires des Pirates à déménager temporairement l'équipe à Philadelphie. Ils espéraient revenir à Pittsburgh si ils parvenaient à construire un nouvel aréna pour remplacer le Duquesne Garden qui commençait à devenir désuet.

Les Quakers de Philadelphie ne firent malheureusement pas long feu (4-36-4) en 1930-31 et la franchise dut suspendre ses opérations jusqu'à ce que les choses s'améliorent financièrement. Lorsque les plans pour un nouvel aréna à Pittsburgh échouèrent, les propriétaires des Quakers/Pirates décidèrent de fermer boutique pour de bon en 1936.

Pittsburgh Yellow Jackets (IHL, EHL, équipe indépendante)
1930-32, 1934-1937


Après le départ des Pirates, Shooley avait le champ libre pour faire renaître la franchise des Yellow Jackets (dont il détenait les droits sur le nom) dans une nouvelle ligue du nom de la International Hockey League (IHL). Cette ligue en était à sa deuxième saison lors de l'arrivée des Yellow Jackets en 1930-31. Cette première version de la IHL fusionna plus tard avec d'autres ligues et se renomma éventuellement sous le nom de la AHL en 1940. Deux ans après avoir ressuscité les Yellow Jackets, Shooley vendit l'équipe à John Harris, un propriétaire d'une chaîne de cinémas. Mais des difficultés financières et des rumeurs que les Pirates pourraient finalement reprendre leurs activités forcèrent les nouveaux proprios des Yellow Jackets à suspendre leurs opérations en 1932. Les Pirates détenaient toujours un droit territorial qui aurait empêché les deux équipes de cohabiter à Pittsburgh. Mais ces rumeurs n'aboutirent finalement à rien et les Yellow Jackets restèrent néanmoins en suspens durant deux saisons.

L'équipe reprit finalement ses activités en 1934 mais en tant qu'équipe hors-ligue indépendante et ne jouait que des matchs hors-concours lors de la saison 1934-35 avant de se retrouver une niche dans une ligue la saison suivante. Toutefois ils ne retournèrent pas dans la IHL mais plutôt dans une autre ligue du nom de la Eastern Amateur Hockey League (EAHL). Parmi les joueurs de cette nouvelle édition des Yellow Jackets on retrouvait Gordie Drillon (texte du 10 mai 2012), qui connaîtra plus tard plusieurs bonnes saisons avec les Maple Leafs.

Le meilleur joueur des Yellow Jackets fut cependant le gardien Frank Brimsek (texte du 6 octobre 2014) qui commença sa carrière avec les Yellow Jackets lors de leur saison comme équipe indépendante en 1934. Il devint plus tard un gardien étoile avec les Bruins de Boston et termina sa carrière comme étant le meilleur gardien américain de l'histoire, détenant entre autres le record pour le nombre de victoires par un américain. Il détiendra ce record jusqu'en 1994 lorsqu'il fut dépassé par Tom Barrasso... des Penguins de Pittsburgh.

Les Yellow Jackets ne jouèrent au final que deux saisons dans la EAHL avant de cesser leurs activités, principalement dû à l'arrivée d'une nouvelle équipe à Pittsburgh que vous verrez plus tard dans cette liste.


Pittsburgh Shamrocks (IHL)
1935-36

En 1935, pendant que les Yellow Jackets se préparaient à entrer dans la EAHL, une autre équipe apparut à Pittsburgh sous le nom des Shamrocks. L'entraineur des Shamrocks était l'ancienne peste du Canadien Sprague Cleghorn dont le frère Odie avait également entraîné à Pittsburgh avec les Pirates (voir plus haut). Cette nouvelle équipe de la IHL partagea le Duquesne Garden avec les Yellow Jackets durant la saison 1935-36 mais ne fit pas long feu. Les propriétaires de l'équipe perdirent 40,000$ durant cette courte aventure et fermèrent boutique après une seule saison.

Le propriétaire des Shamrocks Larry Welch déclara que "ces trèfles (traduction de shamrock) ne sont pas très chanceux".

Peu de joueurs de renom dans l'équipe si ce n'est que quelques ex-Canadiens dont les frères Conrad et Jean-Louis Bourcier ainsi que Nick Wasnie, qui selon Aurèle Joliat, serait le véritable inventeur du lancer frappé...(ce sera à éclaircir plus tard...)


Pittsburgh Hornets (IAHL - AHL)
1936-56, 1961-67


En 1936, la IHL fusionna avec la Canadian-American Hockey League (Can-Am) et se renomma la International American Hockey League (IAHL) avant de raccourcir tout ça en 1940 avec le nom American Hockey League (AHL). John Harris, le propriétaire des Yellow Jackets, acheta la franchise des Olympics de Détroit de la IHL et les déménagea à Pittsburgh. Il renomma l'équipe les Hornets (un autre nom d'insecte) qui comme les Shamrocks avant eux, partagèrent le Duquesne Garden avec les Yellow Jackets. Cette fois-ci Harris était propriétaire des deux équipes mais cela ne dura qu'une seule saison une fois de plus et les Yellow Jackets laissèrent le champ libre aux Hornets à partir de la saison 1937-38.

Les Hornets furent donc la seule équipe professionnelle de la ville pour un bon moment, soit jusqu'en 1967. Quelques joueurs des Yellow Jackets et aussi des Shamrocks restèrent en ville avec la nouvelle équipe des Hornets cependant. Le club était d'abord affilié aux Red Wings durant ses premières saisons mais devinrent plus tard le club-école des Maple Leafs de Toronto pendant plusieurs saisons, ce qui fit des Hornets une très forte équipe à l'époque avec la bonne qualité du réseau des Leafs.

Les Hornets jouèrent 20 saisons dans la AHL et remportèrent deux coupes Calder (1952 et 1955) avant de suspendre leurs activités après la saison 1955-56 car le vétuste Duquesne Gardens dut être démoli suite à un réaménagement majeur de ce secteur de la ville de Pittsburgh. Cependant aucun aréna adéquat n'était disponible et aucune équipe professionnelle ne joua à Pittsburgh jusqu'à l'ouverture du Civic Arena en 1961. Les joueurs des Hornets joignirent d'autres équipes de la AHL et de la LNH pour la saison 1956-57. 


Duquesne Garden
1895-1956

Après 5 ans d'inactivité, les Hornets revinrent sur la scène en 1961-62 et étaient cette fois affiliés aux Red Wings de nouveau. La deuxième version des Hornets devinrent une des meilleures équipes de la AHL de l'époque mais durent faire place à la nouvelle équipe des Penguins après la grande expansion de 1967. Ils terminèrent toutefois les choses en grande en remportant une dernière fois la coupe Calder en 1967.

Plusieurs joueurs de renom dans l'histoire des Hornets dont George Armstrong, Larry Aurie, Baz Bastien, Scotty Bowman, Mud Bruneteau, Tim Horton, Andy Bathgate, Roger Crozier, Pete Mahovlich, Pit Martin et même Doug Harvey le temps de 28 matchs en 1966-67. 

D'ailleurs Mahovlich, en début de carrière, fit partie de l'édition championne de 1967 en compagnie de Harvey, qui lui était alors en fin de carrière. Sur cette photo, Mahovlich est le 4e joueur de la 2e rangée et Harvey est au dernier rang de cette même rangée.
Hornets de Pittsburgh
Champions de la coupe Calder 1967


Dans la prochaine partie, je parlerai de l'arrivée des Penguins ainsi que des quelques autres équipes très obscures à avoir évolué à Pittsburgh depuis l'arrivée de ces derniers en 1967. 



Sources:
wikipedia
hockeydb