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dimanche 24 novembre 2019

Trêve de hockey #99 - Le Mud Bowl




En 1950, la Coupe Grey a eu lieu à Toronto, au Varsity Stadium. Le stade de l’Université de Toronto n’avait déjà pas le plus beau terrain à ce moment. Mais ce n’était pas tout. Chose inhabituelle pour Toronto à la fin novembre, vingt centimètres de neige étaient tombés. Un camion devait dégager le terrain, mais lorsque la neige s’est changée en pluie, il s’est embourbé. Un autre camion a dû intervenir pour le tirer de là, avec l’effet que l’on peut imaginer sur l’état du terrain.

Au début du match, les conditions étaient déjà affreuses. Il y avait des flaques de boue et des morceaux de glace.

Au niveau sportif, les Argonauts étaient légèrement favoris face aux Blue Bombers. La pluie constante n’allait pas arranger les choses à l’attaque portée vers la passe de Winnipeg.

Au premier quart, un botté de Joe Krol s’est retrouvé dans la zone des buts pour ouvrir la marque avec un simple, 1-0 Argos.

Au deuxième quart, le botteur Nick Volpe a enchaîné avec deux placements et porté le pointage à 7-0 à la demie.





https://www.youtube.com/watch?v=qSXLROlS1S4

https://www.youtube.com/watch?v=gEL_bYgA0mE

Les Bombers ont alors demandé une permission spéciale pour changer leurs uniformes complètement souillés, ce qui pouvait impliquer de changer de numéro des joueurs. La permission leur a été accordée. Les deux équipes ont ainsi retourné sur le terrain, qu’aucune toile ne protégeait pendant la pause.

S’est ensuite passé un événement qui a marqué l’imaginaire. L’arbitre Hec Creighton a aperçu Buddy Tinsley allongé, face au sol. Creighton a alors retourné l’imposant joueur de ligne des Bombers sur le dos. La légende veut que Tinsley était sur le point de se noyer dans une marre d’eau. Tinsley a plus tard assuré que ce n‘était pas le cas. Selon sa version des faits, il avait aggravé une blessure et comme on avait enrubanné son genou de façon très serrée, il avait de la difficulté à bouger. 

Le quart des Argos Al Dekdebrun a eu le dessus sur son vis-à-vis Jake Jacobs, qui a accordé quelques revirements dans des conditions lamentables. Dekdebrun a marqué lui-même le seul touché du match sur une course de quatre verges. Ce dernier avouera plus tard qu’il avait pu mieux contrôler les éléments en demandant au soigneur d’enrubanner des broches à ses doigts pour pouvoir avoir une meilleur emprise sur le ballon.


Toronto l’a emporté 13-0, dans ce qui a été la première de cinq Coupes Grey de l’entraîneur Frank Clair. Il s’agit de la dernière fois qu’une équipe ait été blanchie à la Coupe Grey.

Sources :

Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968,

Drake, Stephen, Weird facts about Canadian Football: Strange, wacky & hilarious stories, OverTime Books, 2009, p.31 à 33,

Januska, Michael, Grey Cup Century, Dundurn, 2012, p.97 à 99,

« Canadian-born players in Limelight » de Vern DeGeer, 26 novembre 1950, Montreal Gazette, p.20.

Initialement publié sur https://bottedenvoi.blogspot.com/

mardi 25 juin 2019

Trêve de hockey #97 - Bart Hull




Porter le nom de quelqu’un qui a déjà ouvert la voie dans un domaine peut parfois être un avantage.  Mais ça peut aussi être un fardeau.

La famille Hull n’a pu se distancier de l’héritage de Bobby, leur célèbre père, ancienne gloire des Black Hawks de Chicago et des Jets de Winnipeg et membre du Temple de la Renommée du Hockey.

Blake a joué au hockey jusqu’au junior A.  Bobby Junior a joué junior (gagnant au passage la Coupe Memorial avec les Royals de Cornwall en 1980).  Brett s’est fait un nom à lui, en connaissant une carrière exceptionnelle, qui rivalise avec celle de son père.  Michelle a de son côté fait pendant un moment du patinage artistique, comme sa mère.

Bart a choisi une autre voie.  Suite à un divorce acrimonieux, il est allé vivre avec sa mère, ses frères et sa sœur à Vancouver.  Ayant peu de contact avec son père et ne pouvant plus supporter les comparaisons, il décida à l’âge de 13 ans d’abandonner le hockey et de se concentrer sur le football.
Son brio lui permit éventuellement de se mériter une bourse de l’Université Boise State, en Idaho, comme demi offensif.
Au repêchage de 1991, les Lions de la Colombie-Britannique en firent leur premier choix, quatrième au total.  Son nom de famille ne passa évidemment pas sous silence.  Il ne put toutefois pas s’entendre avec eux et fut échangé aux Rough Riders d’Ottawa, contre le quart réserviste Tony Kimbrough.

Il débuta donc la saison, mais au troisième match, il entra en collision avec un coéquipier et se blessa sérieusement au genou.  Une chirurgie fut nécessaire et c’est ainsi que se termina sa saison.  Il en fut de même pour son passage chez les Riders, puisqu’il fut libéré un peu plus tard.
En 1992, il fut partie de l’équipe d’entraînement des Blue Bombers mais ne vit pas d’action.
Il eut une autre chance en 1994 avec Saskatchewan, mais fut libéré après deux matchs.
Étant déjà connu dans la région en raison de son passage au football universitaire, il joua quelques matchs de hockey à la fin des années 1990, avec les Steelheads d’Idaho de la WCHL.
Il habite maintenant la région de Dallas et travaille pour une firme de recruteurs.
Sources : « Bart Hull Takes His Shot At Football » de Linda Kay, 21 août 1991, The Chicago Tribune (articles.chicagotribune.com), cflapedia.com, linkedin.com, wikipedia.com.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.com

dimanche 25 novembre 2018

Trêve de hockey #95 - La première victoire de l'ouest à la Coupe Grey







L’année 1935 marqua un tournant au football canadien à bien des égards.  Clairement déclassées, les équipes universitaires cessèrent d’abord d’aspirer à la Coupe Grey (chose qu’elles pouvaient faire jusque là).
Parmi les autres aspirants, il y avait les champions de niveau senior et bien sûr ceux de l’Interprovincial Rugby Football Union, aussi connu sous le nom de « Big Four » (aujourd’hui la division est de la LCF).  
Il y avait aussi ceux de l’ouest (Western Canada Rugby Football Union), mais jusque là, ils n’avaient pas représenté une réelle menace.  Jamais une équipe de l’ouest n’avait mis la main sur la Coupe Grey.  Le club de Winnipeg (plus tard connu sous le nom de « Blue Bombers ») décida alors de prendre les grands moyens pour remédier à la situation.
Déjà quelques années auparavant, le club avait embauché comme joueur-entraîneur un américain, Russ Rebholz.  Ils décidèrent alors de dépenser la somme de 7500$ pour attirer sept autres joueurs américains dans leur équipe.  Ils utilisèrent également un autre argument de poids.  En cette période de grande dépression, ils promirent aussi un emploi aux joueurs en question.
 Russ Rebholz
Winnipeg connut une saison sans défaite dans la conférence de l’ouest.  Toutefois, peu habituées à des équipes de qualité venant de l’ouest, celles de l’est demeurèrent sceptiques.  (À noter qu’à cette époque, les équipes de l’ouest et de l’est ne se rencontraient que pour les éliminatoires et se connaissaient donc très peu.)
Une fois rendu dans l’est pour le match de la Coupe Grey, Winnipeg joua un match préparatoire contre une équipe collégiale, où son résultat fut peu impressionnant.  La nouvelle fut rapportée, ce qui créa l’impression qu’encore une fois, l’équipe de l’ouest n’offrirait pas une intense compétition.  Ce qui n’était toutefois pas connu est le fait que les joueurs avaient intentionnellement changé de position pour brouiller les cartes.
Le jour du match venu, Winnipeg battit les Tigers de Hamilton 18-12.
Plutôt amer, l’est exigea que pour jouer à la Coupe Grey, un joueur ait habité au Canada depuis au moins un an.  De plus, le nombre de joueurs américains fut limité à cinq. 
Comme ces derniers étaient pratiquement toujours des professionnels, il s’agissait donc d’une reconnaissance officielle du professionnalisme, un autre tournant important.  Jusque là, le phénomène existait (des joueurs pouvaient recevoir des montants d’argent ou des « cadeaux »), mais pas formellement, ni officiellement.
Ne voulant pas se conformer aux nouvelles règles qui leur auraient demandé de laisser derrière certains de leurs joueurs américains, les champions de l’ouest de 1936, les Roughriders de Régina refusèrent de disputer la Coupe Grey.  Le match opposa donc les champions du "Big Four" (les Rough Riders d’Ottawa) aux champions seniors (les Imperials de Sarnia).  Sarnia l’emporta 26-20.
Source : Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.94-98.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.com


mercredi 3 octobre 2018

Trêve de hockey #94 - Carl Weathers



Originaire de Louisiane, Carl Weathers se dirigea vers la Californie pour étudier et jouer au football. Suite à son passage à San Diego State University, le secondeur ne fut pas repêché, mais il attira tout de même l’attention des Raiders d’Oakland.

Il se présenta donc au camp de 1970, où il fit suffisamment bonne impression pour faire l’équipe et jouer sept matchs au cours de la saison.

L’année 1971 fut moins intéressante pour Weathers. Il ne joua qu’un match régulier avant d’être coupé. Il obtint par contre une deuxième chance du côté de la Ligue canadienne, avec les Lions de la Colombie-Britannique. Il termina la saison en jouant quelques matchs dans leur uniforme. Il vit également de l’action en 1972, en jouant au total 18 matchs. Par contre, il fut régulièrement blessé, ce qui nuit évidemment à sa carrière. Il fut libéré avant le début de la saison 1973.

Ayant déjà travaillé comme mannequin, il décida ensuite de retourner en Californie pour entreprendre une carrière d’acteur.

Il eut de petits contrats dans des comédies de situation, mais en 1976, il obtint un premier rôle d’importance au cinéma. Il s’agissait par contre d’un film dont le personnage principal était tenu par un quasi inconnu et pour lequel le studio avait des attentes modestes. Le film en question s’appelait « Rocky » et l’inconnu, à qui il donnait la réplique, Sylvester Stallone.

La suite appartient à l’histoire. Le film eut un succès phénoménal et fit de Stallone une grande vedette. De plus, il entraîna la production de six autres films, le dernier (du moins pour le moment) étant lancé 39 ans après le premier. Au total, les sept films ont généré des recettes de 1,4 milliard $.

De son côté, Weathers ne participa « seulement » qu’aux quatre premiers films, puisque son personnage d’Apollo Creed meurt dans « Rocky IV ». (Désolé pour ceux qui ne le savaient pas déjà…) Mais le septième (Creed) a pour sujet celui qui serait son fils. Un huitième (Creed 2) est en préparation.


On le vit par la suite dans plusieurs films, incluant dans les comédies « Happy Gilmore » et « Little Nicky », dans lesquelles il tient un rôle important auprès d’Adam Sandler. Il a également travaillé à la télévision (entre autres dans la comédie « Arrested Development ») et fait des voix pour des personnages de dessins animés. Par contre, il demeure principalement associé à son personnage d’Apollo Creed, librement inspiré de Mohammed Ali.


Sources : cfl-scrapbook.no-ip.org, wikipedia.org.

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samedi 16 juin 2018

Trêve de hockey #93 - Larry Pfohl








Après un stage universitaire partagé entre Penn State et Miami, Larry Pfohl se présenta à Montréal en 1979.  Après avoir été éjecté du programme de Miami suite à une dispute avec son entraîneur, il obtint un essai avec les Alouettes.  Il fit l’équipe comme joueur de ligne offensive, mais prit un certain temps à faire sa place.  Au cours de la saison, il ne joua que deux matchs : le premier, ainsi que celui de la Coupe Grey (perdue aux mains des Eskimos).
En 1980, l’absence de Dan Yochum, un joueur étoile, lui donna l’opportunité de jouer plus souvent (onze matchs).
La saison 1981 fut horrible à plusieurs points de vue.  Les ambitieux plans de Nelson Skalbania se révélèrent catastrophiques et l’équipe fit faillite.  De son côté, Pfohl vit peu d’action, étant limité à deux matchs.
Lorsque Charles Bronfman (à ce moment propriétaire des Expos) accepta de récupérer les restes des Alouettes et de redémarrer sous le nom de « Concordes », il fut entendu que deux éléments seraient exclus : l’imposant contrat du décevant quart Vince Ferragamo et celui de Pfohl, qui était en dispute salariale.  C’est ainsi que se termina sa carrière dans la LCF.
Il se tourna alors vers les Packers de Green Bay, mais il joua de malchance.  Il fut sur la liste des blessés pour toute la saison 1982 et fut libéré pendant le camp d’entraînement en 1983.  Il n’a donc joué aucun match régulier dans leur uniforme.  La saison suivante, il se retrouva dans la USFL, où il joua avec les Showboats de Memphis, les Bulls de Jacksonville et les Bandits de Tampa Bay.  Il se tourna ensuite vers la lutte.
Il débuta d’abord en Floride et prit immédiatement le nom de « Lex Luger ».  Son physique bien développé et découpé fut pour lui un atout important dans sa carrière, même s’il n’était pas entièrement naturel.  Il recevait l’apport de stéroïdes, qu’il consommait déjà lors de sa carrière de footballeur.
Il a ensuite lutté dans la WCW et la WWE.  Il a d’abord été du coté des « méchants », mais aussi été du côté des « bons ».  Il gagna également quelques titres de champion, tout en ayant un mode de vie pas très sain, comme ce fut le cas de plusieurs du milieu de la lutte de ces années.  Alcool, stéroïdes, anti-douleurs et autres drogues, combinés à un agenda de lutteur très chargé constituaient son quotidien.  De son propre aveu, il est venu près d’une surdose à des douzaines de reprises.
Il eut ensuite une relation plutôt houleuse, parsemée de violence, avec Elizabeth Hulette, l’ex Miss Elizabeth de Randy « Macho Man » Savage (et son ex-conjointe dans la vie).  En mai 2003, celle-ci fut retrouvée morte dans leur foyer, des suites d’une consommation d’un cocktail fatal de médicaments, de stéroïdes et de vodka.  Une quantité impressionnante de drogues et de stéroïdes fut alors retrouvée sur place.  Luger / Pfohl ne fut alors pas tenu responsable de la mort d’Elizabeth, mais fut arrêté en raison du contenu de sa pharmacie.  Il en reçut une amende et une peine de probation en 2005.
Lorsqu’il brisa sa probation en 2006, il fit un bref séjour en prison.  Il fit alors des efforts pour reprendre sa vie en main et devint « born again christian ».
En 2007, il eut des problèmes avec ses nerfs au niveau du cou qui le laissèrent paralysé pendant un moment.  Il s’en remit, mais pas complètement, ayant toujours besoin d’une canne.
 Il habite aujourd’hui dans la région d’Atlanta et tente de partager son expérience avec les autres pour les sensibiliser à ces problèmes.
Sources : ‘It’s over!” de Arnie Tiefenbach, 15 mai 1982, Regina Leader-Post, page B-16, “Pfohl still a hit with Packers” de Mike Christopulos, 4 août 1982, The Milwaukee Sentinel, page 4, “Lex Luger’s confessions of a drug abuse survivor” de Mike Fish, 13 septembre 2007 (sports.espn.go.com), cflapedia.com, wikipedia.org.

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vendredi 24 novembre 2017

Trêve de hockey #92 - Champions de la Coupe Grey de... 1908?









Cette année sera la 105e fois où la Coupe Grey sera remise.  La vénérable Coupe a toutefois plus de 105 ans, puisque, entre autres en raison de la Première Guerre Mondiale, elle n’a pas été remise en 1916, 1917, 1918 et 1919.
 
C’est en 1909 qu’elle a été remise pour la première fois.  Pourtant, avec un peu d’observation, on peut y voir que les champions de 1908 sont les Tigers de Hamilton.  D’où vient cette inscription?
 
En 1915, les Tigers ont mis la main sur la Coupe.  Il était alors prévu qu’après leur saison, la plupart de leurs joueurs partent pour la guerre.  Il était donc évident que plusieurs n’auraient pas d’autres occasions de la gagner.  Ils ont donc décidé de se la décerner une fois de plus.
 
 
En 1908 (donc l’année avant qu'Earl Grey ne donne la Coupe), les Tigers avaient gagné le championnat national, en battant l’Université de Toronto.  Ils ne reçurent toutefois pas la Coupe, pour la simple raison qu’elle n’existait pas encore…
 
Lorsqu’ils ont eu la Coupe en leur possession, ils ont donc décidé de corriger cette « erreur » en l’apportant chez un graveur pour lui faire inscrire leur victoire de 1908.  L’inscription était toutefois très petite et ce n’est qu’en 1951, alors que la Coupe a été agrandie, qu’elle a été notée.  Une fois que les historiens ont pu retracer l’histoire, il a été décidé de la laisser en place, faisant ainsi partie du folklore de la Coupe Grey.  
 
Sources : Connor, Brendan, The Broadview Book of Sports Anecdotes, Boadview Press, 1989, p.14.

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jeudi 22 juin 2017

Trêve de hockey #90 - Hal Patterson








Repêché par les Eagles de Philadelphie en 1954, Hal Patterson préféra l’offre des Alouettes.  Il faut dire que pendant cette période, la compétition était forte entre les deux côtés de la frontière pour attirer les meilleurs joueurs.  Se battant pratiquement à armes égales, il arrivait que la meilleure offre vienne du nord.  De plus, en tant que receveur de passe, Patterson jugeait que le jeu plus ouvert et le grand terrain du côté canadien lui conviendraient mieux.
 
Le moment ne pouvait pas être plus à point.  Déjà appuyé par Red O’Quinn, Sam Etcheverry se servit amplement de son bras canon pour alimenter le rapide Patterson.  Les Alouettes dominèrent alors le Big Four (ce qui est aujourd’hui la division est de la LCF) au cours des trois premières saisons de Patterson (1954, 1955 et 1956) et se rendirent à la finale de la Coupe Grey.  Par contre, en ces trois occasions, ils rencontrèrent les Eskimos sur le chemin.  Les Zoiseaux perdirent le premier match sur un jeu controversé, lorsque Chuck Hunsinger échappa le ballon à la porte des buts, que Parker s’empressa de retourner sur 90 verges pour un touché.  Ce majeur permit aux Eskimos de vaincre les Alouettes 26-25.  Une hypothèse fut néanmoins soulevé à l'effet qu'Hunsinger n'avait peut-être pas vraiment échappé le ballon, mais qu'il aurait en fait tenté une passe qui, puisqu’incomplète, aurait arrêté le jeu.

Les deux Coupes Grey suivantes furent également remportées par les Eskimos, mais de façon moins serrée.
 
Sur le plan individuel, Patterson attira amplement l’attention.  En 1956, il fut le premier pointeur du Big Four (exploit qu’il répétera en 1957) et il se mérita le Trophée Schenley du meilleur joueur au Canada.  Au cours de cette saison, il réalisa des performances tout à fait mémorables.  Le 22 septembre, il réalisa un touché de 109 verges, une marque depuis égalée, mais qui pourrait difficilement être battue. 

La semaine suivante, le 29, il accumula des gains par la passe pour pas moins de 338 verges, une marque qui tient toujours et qui surpasse son équivalent dans la NFL.  Il battit aussi le record de la ligue pour les verges par la passe en une saison (1914), une marque qui tiendra jusqu’en 1983, même si Patterson accomplit son exploit dans une saison qui comptait seulement 14 matchs.  Son grand total de 2858 verges constitua un autre record, qui tiendra celui-là jusqu’en 1984.  Comme il jouait également en défense, il réalisa 5 interceptions.
 
Patterson n’était pas seulement apprécié pour ses exploits.  Sa grâce et sa classe lui valurent comme surnom « le Prince ».  Alors qu’il était célibataire, il avait jugé qu’il n’avait pas besoin d’une augmentation de salaire et demanda qu’on l’offre plutôt aux joueurs canadiens, qu’il jugeait sous-payés.
 
Le 9 novembre 1960, le monde du football montréalais fut fortement secoué par une nouvelle.  Une nouvelle administration prenait place chez les Alouettes et décida de donner un grand coup de barre.  On annonça que le formidable duo Etcheverry – Patterson prenait le chemin de Hamilton.  Suite à un cafouillage administratif, Etcheverry invoqua sa clause de non-échange pour faire annuler son contrat et finalement signer avec les Cardinals de St.Louis de la NFL.  Patterson, quant à lui, prit le chemin de la ville de l’acier, contre Don Paquette.
 
Les Alouettes prirent des années à se remettre de ce fiasco, qui fut total.  Paquette eut très peu d’impact lors de ses deux passages à Montréal (de 1961 à 1963 et en 1965) et comme si ce n’était pas assez, il fut plus tard condamné pour homicide involontaire, lorsqu’un homme avec qui il s’était battu mourut. 
 
De son côté, Patterson se joignit à une équipe déjà forte à Hamilton.  Malgré que ses dernières années à Montréal furent marquées par des blessures, il y montra alors qu’il était toujours au sommet de sa forme, en faisant partie de l’équipe d’étoiles de la ligue en 1962, 1963 et 1964.  Mais surtout, il put enfin mettre la main sur la Coupe Grey.  En sept saisons à Hamilton, les Ticats atteignirent la finale à six reprises, remportant les grands honneurs en 1963, 1965 et 1967.
 
Il prit sa retraite suite à la victoire à la Coupe Grey en 1967.  Il a par la suite été élu membre du Temple de le Renommée du Football Canadien en 1971.  Les Alouettes ont retiré son numéro 75 en 2008.  Le Prince est décédé en 2011, à l’âge de 79 ans.
 
Sources :

Lemay, Daniel, Montréal Football : un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.86-87,
 
« Hal Patterson 1932-2011 : le Prince Hal est mort » de Daniel Lemay, 22 novembre 2011, La Presse (cyberpresse.ca), « Murder warrant out for ex-Al Paquette » Canadian Press, 4 septembre 1972, Montreal Gazette, p.22, cflapedia.com, wikipedia.org.

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dimanche 27 novembre 2016

Trêve de hockey #89 - Le Fog Bowl










En ce jour de Coupe Grey, voici un billet au sujet de l'une de ses éditions qui est passée à l'histoire.

Fin des années 1950, début des années 1960.  Deux équipes dominent la Ligue canadienne de football : les Blue Bombers de Winnipeg dans l’ouest et les Tiger-Cats de Hamilton dans l’est.  La confrontation de 1962 était la cinquième en six ans entre ces deux équipes.  Les Bombers en ont remporté trois.

Le match de la Coupe Grey était prévu pour le samedi après-midi, à l’Exhibition Stadium de Toronto.

C’est Garney Henley qui a ouvert le pointage pour Hamilton, avec un touché sur un jeu de 74 verges.  Le converti a par contre été raté par Don Sutherin.
Au début du deuxième quart, les Bombers ont répliqué avec un touché de Leo Lewis.  Charlie Shepard a suivi avec un autre pour donner l’avance à Winnipeg.  Hamilton revint avec deux touchés, mais un autre converti fut raté.  La marque était donc 19-14 Hamilton.

C’est alors qu’un épais brouillard venant du lac Ontario se leva, même si la chose était habituellement rare, surtout en après-midi.  Il est devenu très difficile aux spectateurs sur place et aux téléspectateurs de CBC et ABC de suivre l’action.

Sur le terrain, le jeu de passe devint presque impossible et le travail des retourneurs drôlement compliqué.  Garney Henley affirma qu’on pouvait voir les adversaires s’approcher, mais seulement de la taille vers le bas.

À la demie, les cheerleaders se cognaient entre elles.
Lewis et Henley marquèrent leur deuxième touché respectif.  Don Sutherin, qui définitivement eut un match difficile, marqua un simple sur une tentative de placement ratée.  Il faut dire que réussir un placement dans un tel brouillard ne devait pas être évident…

Avec une marque de 28-27 et un peu plus de cinq minutes à faire au quatrième quart, l’arbitre décida que la situation devenait intenable et décida de prendre une pause de 20 minutes.

Une fois terminée, le commissaire Syd Halter décida qu’il n’y avait rien à faire.  Le match fut suspendu jusqu’au lendemain.

À leur retour, aucune équipe n’a marqué.  Les points ratés de Sutherin ont mal.  Winnipeg l’a emporté 28-27.  Leo Lewis a été désigné joueur du match.

Le légendaire Jackie Parker, des Eskimos, qui assistait au match comme spectateur, déclara alors qu’il s’agissait du meilleur match qu’il n’a jamais vu…

ABC n’a pas rediffusé de match de la LCF par la suite.

Sources :  « The Story of the 1962 Grey Cup » d’Alan Christie, 11 octobre 2008 (cfl.ca), wikipedia.org.

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lundi 24 octobre 2016

Trêve de hockey #88 - Jacques Chapdelaine









Bien qu’il soit natif de Sherbrooke, c’est à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique que Jacques Chapdelaine alla faire son passage universitaire, en tant que receveur de passe.  Comme il jouait dans leur cour, il attira l’attention des Lions de la Colombie-Britannique, qui en firent leur premier choix au repêchage de 1983 (cinquième au total).

Il fit l’équipe immédiatement et vit de l’action cette année-là (22 réceptions pour 258 verges).  Les Lions se rendirent à la finale de la Coupe Grey, qu’ils perdirent de justesse, 18-17, face aux Argonauts.
L’année suivante fut toutefois beaucoup moins occupée pour lui (seulement 7 réceptions pour 74 verges).  Il fut donc échangé aux Concordes de Montréal contre un choix de troisième ronde.  Sa saison 1985 fut toutefois limitée à sept matchs.

C’est finalement en 1986, alors que l’équipe avait repris son nom d’ « Alouettes », que Chapdelaine fut plus utilisé.  Il accumula 53 réceptions pour 688 verges, ainsi que son premier touché.  Ce fut toutefois la dernière saison de la franchise sous cette forme et l’équipe cessa ses opérations.  Chapdelaine fut alors repêché par Hamilton, où il joua régulièrement jusqu’en 1989.  Il fut alors libéré au milieu de la saison.  Il joua un dernier match avec Calgary, avant de prendre sa retraite comme joueur.
C’est alors qu’il entreprit une longue carrière sur les lignes de côté.  D’abord dans sa région natale, comme coordonateur à l’attaque avec les Gaiters de l’Université Bishop’s, il alla ensuite avec les Argonauts de Toronto.
En 1997, il obtint son premier poste comme entraîneur-chef, en devenant le deuxième à occuper ce poste avec le Rouge et Or de l’Université Laval.  Il les mena à leur première Coupe Vanier en 1999.  En 2000, il les mena à une saison parfaite de 8-0, mais comme l'équipe voulait faire de la place pour Glen Constantin, à la surprise générale, il fut congédié.
Il retourna alors chez les pros comme adjoint, avec les Stampeders de Calgary, gagnant au passage la Coupe Grey en 2001.  En 2005, il retourna avec les Lions, l’équipe qui l’avait repêché.  Il alla ainsi rejoindre son ancien patron Wally Buono, avec qui il avait travaillé à Calgary et dont la réputation comme entraîneur n'est plus à faire.  Il mit la main sur une deuxième Coupe Grey en 2006.  Après une seule saison à Edmonton en 2007, il retourna en Colombie-Britannique, où il est toujours.  En tant que coordonateur à l’attaque, il gagna une troisième Coupe Grey en 2011.  

En 2014, il fit un retour avec son alma mater, alors qu'il est devenu entraîneur-chef du Clan de l'Université Simon Fraser.

En 2015, il passa par la Saskatchewan quand il est devenu coordonnateur à l'attaque des Roughriders, avant de revenir à Montréal.

Il a entrepris la saison 2016 comme entraîneur des receveurs, jusqu'au 19 septembre dernier.  À ce moment, en remplaçant Jim Popp, il est devenu le premier francophone à occuper le poste d'entraîneur-chef des Alouettes. 

Sources : bclions.com, cflapedia.com, wikipedia.org.

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lundi 15 août 2016

Trêve de hockey #86 - John Carlos








Originaire d’Harlem, mais de descendance cubaine, John Carlos obtint une bourse d’athlétisme de l’Université East Texas State.  Ayant aidé cette université à se distinguer, il attira l’attention et passa en 1967 à San Jose State où il fut entraîné par celui qui deviendra l’entraîneur national américain, Bud Winter.
 
Il se mérita d’abord la médaille d’or au 200m des Jeux PanAm de Winnipeg en 1967.  Puis vinrent les qualifications pour les Jeux Olympiques de Mexico, en 1968.  Il surprit alors en battant le record du monde au 200m de son coéquipier à San Jose State, Tommie Smith.  Le record ne fut par contre jamais homologué pour une question de crampons.
 
Smith et Carlos furent ensuite parmi les fondateurs du mouvement « Projet olympique pour les droits de l’homme ».  En pleine période du Mouvement des droits civiques, ils appelèrent au boycott.  Ils voulaient entre autres dénoncer la présence des régimes ségrégationnistes d’Afrique du Sud et de Rhodésie, en plus de réclamer plus d’entraîneurs noirs au sein la délégation américaine, la démission du président du CIO, l’américain Avery Brundage et le retour du titre de champion du monde à Muhammad Ali.  Lorsqu’après diverses tractations et négociations avec les pays concernés, le CIO retira les invitations à l’Afrique du Sud et à la Rhodésie, Smith et Carlos décidèrent de participer.
 
À Mexico, Smith gagna l’or et Carlos, le bronze.  Lors de la cérémonie de remise des médailles, ils décidèrent de baisser la tête et de lever leur poing ganté, en signe du Black Power.  Ils ne portaient également pas de souliers, pour symboliser la pauvreté qui sévissait chez les afro-américains.  Quant au médaillé d’argent, l’australien Peter Norman, il porta en soutien un écusson du Projet olympique des droits de l’homme.  Brundage n’apprécia pas la démonstration.  Il fit suspendre Smith et Carlos de l’équipe américaine et les expulsa du village olympique.

Carlos retourna ensuite à San Jose State, où il contribua à les mener à leur premier titre national de la NCAA en 1969.
 
Dans la foulée de Bob Hayes, un sprinter qui réussit sa conversion en footballeur en connaissant une belle carrière avec les Cowboys de Dallas, Carlos fut repêché par les Eagles de Philadelphie.  Ils en firent leur choix de 15e ronde en 1970.  Par contre, il subit une blessure et ne joua jamais avec eux.
 
En 1971, les Alouettes lui accordèrent un essai.  Il s’amena alors au cinquième match de la saison au sein d’une équipe soudée par sa victoire surprise à la Coupe Grey, l’année précédente.  De son côté, il n’avait pratiquement jamais joué au football et, de son propre aveu, il avait des problèmes d’argent.  C’était une période où l’athlétisme ne rendait vraiment pas millionnaire…
 
J.I. Albrecht (le directeur-gérant des Alouettes) utilisa alors la mauvaise formulation de la définition de « non import » (joueur canadien en version française) pour faire désigner Carlos ainsi.  Comme Carlos n’avait jamais joué un match aux États-Unis (il avait participé au camp des Eagles, mais sans jouer de match), il n’était pas un « import ».   Il devint donc un « non import », même s’il était citoyen américain…
 
Ce n’est par contre qu’une des raisons pour laquelle il reçut plus que sa part d’attention médiatique, sa notoriété étant grandement établie.  En plus, il était habitué à un sport individuel et n’hésita pas à faire son autopromotion en réclamant le ballon plus souvent.  Par contre, il y avait un problème.  Il demeurait un novice en termes de football.  Il avait beau être très rapide, il avait de la difficulté à attraper un ballon et à suivre un tracé.  Sa présence fut une distraction et souleva la grogne chez ses coéquipiers.
 
Ce fut l’un des problèmes des Alouettes, qui passèrent de champions de la Coupe Grey à une équipe qui rata les séries.  Au total, Carlos joua 9 matchs et capta 5 passes pour 44 verges.  Il obtint également 117 verges sur les retours de botté.
 
En 1972, Carlos tenta sa chance du côté des Argonauts, qui le libérèrent pendant le camp d’entraînement.
 
Il travailla par la suite pour le fabricant d’équipements sportifs Puma, pour le Comité olympique américain, pour le Comité organisateur des Jeux de Los Angeles en 1984 et en tant qu’entraîneur. 
 
En 2003, il fut élu au Temple de la Renommée des États-Unis de l’athlétisme.  En 2005, une statue montrant la scène de la remise des médailles à Mexico fut dévoilée sur le campus de San Jose State.  En 2011, Carlos prit la parole lors de « Occupy Wall Street. »
 
Sources : 
 
Lemay, Daniel, Montréal Football : un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.165-166, 170,
 
« John Carlos :  J’ai des problèmes d’argent et je réussirai avec les Alouettes » de Maurice Brodeur, semaine du 22 juillet 1971, La Patrie, p.55, 
« Alouette-to-be Carlos wouldn’t play anywhere but here » de Doug Gilbert, 14 août 1971, Montreal Gazette, p.13,
« His teammates blaming Carlos as disruptive influence » de Ted Blackman, 11 octobre 1971, Montreal Gazette, p.15,
« Fairholm hopes meeting will make Alouettes jell » de Ted Blackman, 13 octobre 1971, Montreal Gazette, p.13, cflapedia.com, wikipedia.org.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.ca
 

lundi 8 août 2016

Trêve de hockey #85 - Milt Campbell









Au décathlon des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956, c’est Rafer Johnson qu’on attendait, lui qui venait récemment de battre le record du monde.  Il y avait bien Milt Campbell parmi les compétiteurs, un autre américain, qui avait gagné l’argent à Helsinki, en 1952.  Pourtant, il s’était principalement concentré sur les haies en vue des essais olympiques.  Ayant terminé quatrième, il s’est rabattu sur le décathlon, sa discipline initiale.  Il se reprit plus tard en battant Lee Calhoun, le champion olympique du 110m haies, dans une autre compétition.
Campbell renoua avec les Olympiques de grande façon à Melbourne, en enlevant l’or au décathlon, devant ce même Johnson. Il devint ainsi le premier noir à réaliser cet exploit.  En fait, sans une « contre performance » au saut à la perche, Campbell aurait battu le record du monde de Johnson.  Ce dernier dut attendre jusqu’à Rome, en 1960, pour mettre la main sur l’or olympique.
 
Comme si le fait de briller au décathlon ne révélait pas suffisamment un athlète complet, Campbell excellait également au football et à la natation.  D’ailleurs, il étudiait à l’Université de l’Indiana avec une bourse d’athlétisme ET de football.  Ses performances lui valurent d’être repêché par les Browns de Cleveland, une équipe reconnue pour être ouverte aux afro-américains.
Campbell se rapporta aux Browns pour la saison 1957, mais les choses ne se passèrent pas comme il avait prévu et il suspecta que le fait qu’il soit marié avec une blanche avait quelque chose à y voir.  Il quitta alors Cleveland pour Hamilton, en 1958, où il joua dans le champ arrière des Tiger-Cats.
Il joua ensuite trois matchs à Montréal en 1959, un à Toronto en 1961 et huit autres, toujours à Toronto, en 1964.  Il jugea toutefois qu’on ne l’utilisait pas à son plein potentiel là non plus.
Il habita au Canada jusqu’en 1967.  Par la suite, les émeutes de Newark (sur base de tension raciale) l’incitèrent à retourner dans son New Jersey natal.

Toujours aussi polyvalent, il se mit au judo et vint près de se qualifier pour l'équipe olympique en 1972, mais le fait qu'il ait déjà été professionnel l'empêcha de se rendre aux Jeux.  (On ne lésinait pas avec la notion d'amateurisme à ce moment...)
Il est ensuite devenu conférencier et s’est impliqué auprès des enfants démunis.
Campbell est membre du Temple de la Renommée du New Jersey depuis 2012, même si comparé à d’autres gagnants du décathlon olympique, il est un peu tombé dans l’oubli.

Il est décédé le 2 novembre 2012, à l'âge de 78 ans, des suites d'un cancer.
Sources : “Best Athlete You Never Knew” de Merrell Noden, 5 août 1996 (sportsillustrated.cnn.com), "Olympic decathlon champion, CFL player Milt Campbell dies", 3 novembre 2012, Associated Press (cbc.ca), njsportsheroes.com, cflapedia.com, wikipedia.org.

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