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mercredi 13 mai 2026

Jean-Marc Pelletier




N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Natif d’Atlanta, en Géorgie (États Unis), Jean-Marc Pelletier est un gardien de but qui a disputé sept parties dans la LNH durant sa carrière, soit une avec les Flyers et six avec les Coyotes.

Québécois d’origine, il est né à Atlanta mais il a grandi à Saint-Lambert où il joua son hockey mineur, avant de partir étudier à l’Université Cornell à dix-sept ans, et aussi bien sûr, pour y jouer avec l’équipe comme deuxième gardien.
 
Même s’il est peu utilisé, il montre de belles promesses et les Flyers l’aiment bien. Ils décident donc de le repêcher avec leur sélection de deuxième tour (30e au total) en 1997, même s’il n’a que seize matchs de la NCAA derrière la cravate.

Pour voir plus de rondelles et s’habituer davantage aux rigueurs d’un calendrier plus rempli, il se joint à l’Océanic de Rimouski pour la saison 1997-98 pour ce qui sera sa seule saison dans la LHJMQ. Dans un club qui compte notamment Vincent Lecavalier et Brad Richards, il se rend jusqu’en finale, mais Rimouski baisse pavillon en quatre matchs face à Val d’Or.

L’année suivante (1998-99), le jeune Américain débute sa carrière professionnelle de façon solide. À titre de gardien numéro un des Phantoms dans la Ligue américaine, il garde le fort durant 47 joutes (2.78, .909%), en plus d’avoir la chance de disputer son premier match dans la LNH.

Le hasard faisant bien les choses, le destin voulut que Pelletier obtienne son premier départ le jour de son 21e anniversaire de naissance, le 4 mars 1999, dans un match à Philadelphie contre les Sénateurs d’Ottawa. Les Flyers perdirent le match 5 à 0, et le jeune cerbère accorda les cinq buts de son équipe, sur les vingt-neuf tirs reçus.

Pelletier venait de jouer sa seule partie à Philadelphie. Il s’aligna à nouveau avec les Phantoms en début de saison suivante mais, en janvier 2000, il fait partie de plusieurs joueurs impliqués dans une transaction qui envoyait notamment Rod Brind’Amour en Caroline. Le joueur d’aujourd’hui fit donc ses valises pour continuer son aventure dans l’organisation des Hurricanes.

Malheureusement, l’ancien de l’Océanic n’obtint aucun départ avec les ‘Canes, passant plutôt son temps dans la défunte Ligue internationale durant deux saisons avec les Cyclones de Cincinnati, pour ensuite en passer une autre avec les Lock Monsters de Lowell dans la Ligue américaine. Malgré tout, Pelletier demeure concentré et montre de très bonnes statistiques durant son séjour avec l’organisation des Hurricanes.

En décembre 2002, il est de nouveau échangé, cette fois aux Coyotes, contre un seul autre joueur : le gardien Patrick DesRochers. Cette transaction est positive pour Jean-Marc Pelletier, qui aura la chance de jouer six matchs dans la LNH avec Phoenix, soit deux lors de la saison 2002-03 (deux défaites) et quatre lors de la saison 2003-04 (une victoire - sa seule dans la LNH - et une défaite).

Il fait également très bien dans la Ligue américaine, cette fois avec les Falcons de Springfield, quand il n’avait pas la chance d’être dans la Grande Ligue. Il continuera de jouer dans la LAH durant deux saisons complètes supplémentaires, mais las d’être pris dans les mineures (il avait été échangé à l’organisation des Panthers depuis), il décide d’aller jouer en Allemagne pour la saison 2006-07, avec les Eagles de Mannheim.



Alors âgé de vingt-huit ans, il aide Mannheim à remporter le championnat de la DEL en remplacement du gardien Robert Müller, malheureusement diagnostiqué d’une tumeur au cerveau en novembre 2006. Dans une fin de saison émotive, Pelletier a été crucial dans la conquête du championnat par les Eagles.
Il part ensuite jouer trois autres saisons avec les Freezers de Hambourg, demeurant un excellent portier  dans une équipe qui n’était pas parmi les plus fortes de la DEL. Il prend sa retraite à l’issue de la saison 2009-10, à l’âge de trente-deux ans.

Peut-être n’a-t-il disputé que sept parties dans le circuit Bettman, mais Jean-Marc Pelletier a tout de même joué près de cinq cent parties au hockey professionnel. Dans la DEL, l’AHL et l’IHL, il a montré une moyenne d’environ 2,86 et un taux d’arrêts de .913% durant ses quelques 476 parties disputées, avec quelques saisons avec des taux supérieurs à .920%.

En plus de son championnat à Mannheim, il a aussi eu l’honneur de représenter les États-Unis au Championnat mondial junior de 1998. L’équipe a terminé la compétition au cinquième rang.




vendredi 17 avril 2026

Scott Sandelin

 
 
N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Né à Hibbing (Minnesota) le 8 août 1964, Scott Sandelin est un défenseur qui a joué vingt-cinq matchs dans la LNH, pour trois équipes différentes.

Repêché par le Canadien au deuxième tour (40e au total) de la séance de 1982, il dispute quatre saisons avec l’Université North Dakota, s’établissant comme un défenseur stable durant quatre saisons. Il dispute les six premières parties de sa carrière professionnelle tout de suite avec les Canadiens de Sherbrooke (LAH, 1986-87) après sa dernière saison universitaire, amassant deux passes.

La saison suivante, il dispute 74 matchs dans la LAH (7-22-29) et son premier en carrière dans la LNH le 16 mars 1987, dans une victoire de 3-0 contre les Islanders. Il termine le match avec +1. L’année suivante (1987-88), Sandelin dispute 58 matchs dans la LAH, mais surtout, huit dans la LNH! Il amasse son premier point, une passe, durant ce séjour.
 
Au début de la saison 1988-89, le Canadien abandonne dans le cas de son deuxième choix de 1982 et l’envoie aux Flyers contre un autre défenseur, le Québécois Jean-Jacques Daigneault. Sandelin demeurera dans l’organisation des Flyers durant près de trois ans, connaissant la meilleure récolte professionnelle de sa carrière dans la Ligue Américaine en 1989-90 (4-27-31 en 70 matchs) avec les Bears de Hershey.

En août 1991, il signe à titre d’agent libre avec les North Stars du Minnesota, avec lesquels il ne dispute qu’un seul match (-1) lors de la saison 1991-92, passant le reste de la saison avec leur club-école de la Ligue Internationale, les Wings de Kalamazoo.

Après cette décevante saison, Scott Sandelin annonce sa retraite comme joueur, au très jeune âge de 28 ans seulement. Il a subi plusieurs blessures et n’a jamais vraiment pris son envol comme hockeyeur professionnel. Ceci étant dit, sa carrière dans le hockey était très, très loin d’être terminée!

Après quelques années à titre d’entraîneur-adjoint à l’Université North Dakota, il devient l’entraîneur-chef des Bulldogs de l’Université Minnesota-Duluth en 2000. Il doit faire du bon travail, puisque vingt-six ans plus tard, l’ancien choix du Canadien y est encore! Il a remporté trois fois le championnat national (2011, 2018, 2019) et a été élu entraîneur de l’année en 2004.

Bref, peut-être Sandelin n’a-t-il pas été en mesure de connaître un glorieuse carrière sur la glace (bien que respectable, on parle d’un professionnel quand même), il a démontré avec sa passion et son implication qu’il a le sport à cœur et qu’il est une très, très bonne «tête» de hockey!
 


vendredi 13 mars 2026

Masque spécial vendredi 13 - #12







J'aime les vendredis 13 en février, ça veut dire que j'en ai un qui suit pile 28 jours plus tard. Ça donne justement le ton pour le thème de ce mois-ci … Si vous avez fait le lien, "28 jours plus tard" est le premier film d'une trilogie d'horreur, précisément de zombies. Eh bien c'est justement ce que j'avais envie de vous partager, soit des masques de zombies (ou de squelettes revenant, c'est quasiment la même chose).

Tout d'abord, pour être 100% dans le thème, nous avons l'ancien récipiendaire du trophée Calder remis à la recrue de l'année dans la LNH en 2009, et j'ai nommé Steve Mason. Si vous souvenirs ne sont pas trop vague, vous vous rappellerez qu'il a obtenu ce titre avec les Blue Jackets de Colombus. Mais après avoir perdu des plumes après son bon départ dans la ligue (ça me rappelle un certain Andrew Raycroft ou même Jim Carey), Mason fut échangé aux Flyers lors de la saison écourté de 2012-13, où il resta un peu plus de quatre saisons, soit une éternité à Philadelphie. Dans ses choix de design, il lui vint l'idée de représenter ses coéquipiers et certaines figures légendaires des Broad Street Bullies sous forme de zombie.


Suite à son passage dans la ville de l'amour fraternel, Mason signa un contrat avec les Jets de Winnipeg mais après des résultats plus qu'ordinaire, il fut échangé à la fin du mois de juin 2018 en compagnie de Joel Armia aux Canadiens de Montréal en retour de Simon Bourque. N'ayant pas besoin de ses services, le CH racheta son contrat dès le lendemain et ce fut fini pour lui dans la LNH.

L'autre masque présenté ce mois-ci (oui oui, je vous offre un doublé ici) provient justement de la première équipe de Steve Mason, alors que Curtis McElhinney décida de représentant des blousons bleus revenants sur son masque.

Je sais que ce n'était pas le but, mais avec les crânes et le sabre, ça donne un petit look "Pirates des Caraïbes" non ?

lundi 7 octobre 2024

Bo Berglund




Le championnat junior a toujours été une bonne occasion de se faire voir pour les joueurs européens. C’était particulièrement vrai alors que peu d’équipes avaient des dépisteurs sur le vieux continent. Les trois premières éditions (1974, 1975 et 1976) n’étaient toutefois pas des tournois officiels. Bo Berglund participa tout de même aux deux premières éditions avec l’équipe suédoise, remportant la médaille de bronze en 1975. Ceci l’aida sûrement à devenir l’un des 6 européens sur 217 joueurs à être choisis au repêchage de 1975. Il fut alors un choix de 8e ronde des Bruins.

Son expérience avec Boston fut toutefois de courte durée. Il alla au camp de 1975, mais ses services ne furent pas retenus. Il retourna donc avec son club suédois, le MoDo.

En 1978, il reçut une nouvelle offre, mais comme son nouveau club, Djurgardens, était sur une lancée, il préféra demeurer en Suède. Boston vit ses droits expirer deux ans plus tard.

Berglund continua aussi de représenter son pays sur la scène internationale. En 1980, à Lake Placid, il aida la Suède à remporter la médaille de bronze. Il s’agissait d’un premier podium en seize ans pour le Tre Kronor.

En 1982-83, Djurgardens a gagné le Mat-pokalen (l’équivalent de la Coupe Stanley dans la ligue suédoise). Peut-être que cette victoire a ainsi aidé à convaincre les Nordiques de le repêcher une deuxième fois, puisqu’ils le choisirent en 12e ronde ronde (232e au total) malgré qu’il avait déjà 28 ans. Considérant son bagage, il pouvait ainsi leur venir en aide immédiatement, leur permettant d’être plus patients avec des jeunes comme Mike Eagles et Paul Gillis, qui se développaient.

Berglund ne mit pas de temps à se faire remarquer. Dès son premier match, une victoire de 7-3 des Nordiques aux dépens des champions en titres, les Islanders, il marqua un but et obtint une passe.

De petit gabarit et rapide patineur, le diplômé en génie civil montrait de belles habiletés. Par contre, ceci en faisait le prototype du joueur suédois à l’époque. Suite à une victoire de Québec contre Boston, Harry Sinden, qui l’avait pourtant repêché en 1975, se mit d’ailleurs à pester contre plusieurs joueurs des Nordiques, incluant Berglund. Le directeur-gérant des Bruins le traita entre autres de trouillard et de sournois. Il faut dire que son entraîneur, Michel Bergeron, qui avait une philosophie un peu semblable à celle de Sinden, l’aimait plus ou moins, et lui faisait parfois rater des matchs. Berglund tenta de se défendre ainsi que ses compatriotes, en mentionnant qu’en Suède, les joueurs étaient en fait amateurs et devaient protéger leur emploi en dehors de la glace. Toutefois, maintenant qu’il était devenu professionnel, il disait se donner à fond.

Il termina sa première saison dans la LNH avec une fiche de 16 buts et 27 passes pour 43 points et seulement 20 minutes de punition. Il marqua également un but en prolongation lors du match 4, dans une série finalement remportée par les Canadiens en 6 matchs.  Pas si mal pour un choix de 12e ronde...

Lors de la saison 1984-85, Berglund fut relégué au 4e trio, pour ensuite être blessé à l’épaule. Ne figurant ensuite plus vraiment dans les plans de l’équipe, il servit de monnaie d’échange lorsque les Nordiques voulurent aller chercher un défenseur. En compagnie de Tony McKegney, il prit le chemin du Minnesota, pendant que Brad Maxwell et Brent Ashton prirent le chemin de Québec.

Comme il arriva avec les North Stars alors qu’il était déjà blessé, il mit du temps à se faire valoir et demeura au sein du 4e trio.

Son passage au Minnesota fut finalement de courte durée, puisqu’en novembre 1985, il se retrouva avec les Flyers en compagnie de Dave Richter. En retour, les Stars obtinrent l’énigmatique Todd Bergen et le robuste Ed Hospodar. Avec les deux équipes, il ne joua qu’un total de 10 matchs et passa le reste de la saison dans la Ligue américaine. Devant ce fait, il préféra retourner en Suède l’année suivante.

Dès son retour en Suède, Berglund connut une saison 1987-88 des plus intéressantes. Avec AIK, il remporta le championnat des pointeurs avec 27 buts, 32 passes et donc 59 points, en 39 matchs. Cette performance lui valut la Guldpucken (rondelle d’or), remise au joueur de l’année en Suède.

Toujours au cours de cette même saison, il retourna en Amérique du Nord en février. Comme les joueurs qui avaient déjà joué dans LNH étaient désormais admis aux Jeux olympiques, Berglund eut l’occasion de retourner aux Jeux, à Calgary cette fois. Il connut un très bon tournoi, récoltant 8 points en 8 matchs, ce qui lui permit de repartir avec une deuxième médaille de bronze au cou.

Berglund prit sa retraite comme joueur en 1990. Il devint ensuite dépisteur pour les Sabres pendant de nombreuses années. Son association avec Buffalo prit fin en 2015.

Sources:

″Les Suédois peureux, ça s’explique″ d’Alain Bouchard, 8 septembre 1983, Le Soleil, page C2,

″Sinden rate Bo Berglund″ de Claude Larochelle, 20 octobre 1983, Le Soleil, page C1,

″Berglund : ″Bergeron me traite bien″″ de Claude Larochelle, 26 novembre 1983, Le Soleil, page E1,

″Hunter poignarde dans le dos″ de Maurice Dumas, 18 janvier 1984, Le Soleil, page D1,

″Bo Berglund, la trouvaille de 1983″ de Maurice Dumas, 2 juin 1984, Le Soleil, page D3,

″Berglund surpris, mais pas très décu″ de Maurice Dumas, 15 décembre 1983, Le Soleil, page S3,

″Bo Berglund toujours confié au même rôle″ d’Yves Poulin, 4 février 1985, Le Soleil, page S4,

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

jeudi 29 juin 2023

Repêcher Anton Šťastný


L’histoire des frères les Šťastný est assez connue. Ce quasi-roman d’espionnage bien ancré dans la période de la guerre froide et qui passe par l’Autriche a été bien documenté, en plus d’avoir été l’objet d’un livre du journaliste Robert Laflamme en 2012. La partie repêchage de l’histoire est toutefois un peu moins connue.

À ce moment, on regardait peu du côté de l’Europe pour former son équipe ou pour repêcher. À part quelques rares exceptions, presque exclusivement des suédois et des finlandais, on se limitait au Canada. Même les américains étaient rares. Alors pour ce qui est des joueurs des pays situés derrière le rideau de fer, qui n’étaient pas libres de quitter leur pays librement, on parle ici de quelques curiosités ici et là. Avant 1978, seulement les Flyers avaient choisi un soviétique au repêchage, en 1975, Viktors Hatulevs.

Les Canadiens avaient tenté le coup à ce même encan de 1978 avec un lointain choix de 12e ronde (201e au total) pour choisir le soviétique Vyacheslav Fetisov. À ce moment, Sam Pollock avait justifié ce choix inusité en évoquant le fait que les tchécoslovaques pensaient peut-être éventuellement laisser aller leurs vétérans jouer à l’étranger. Ainsi, qui sait ce qui pourrait se passer en URSS. C’était très hypothétique et vraiment une bouteille à la mer.

Outre Fetisov, seulement un autre soviétique a été sélectionné ce jour-là. Pour ce qui est des tchécoslovaques, il y a d’abord eu Ladislav Svozil, choisi par Détroit au 194e rang. Puis, quatre rangs plus tard, il y a eu Anton, qui est ainsi devenu le premier à être repêché du côté slovaque. Toutefois, en 1978, les Nordiques sont toujours dans l’AMH. Ce ne sont donc pas eux qui l’ont choisi. Ce sont les Flyers, qui avaient un œil sur les frères. Par contre, parmi les trois frères que nous avons connus avec les Nordiques (il y a aussi deux autres frères plus vieux que Marián, Peter et Anton), les deux plus vieux n’ont jamais été repêchés. À ce moment, Marián avait déjà 25 ans et Peter en avait 21 ans. À cette époque, l’âge de sélection était fixé à 20 ans.

Par contre, il y a eu confusion au sujet de l’âge d’Anton. Lorsqu’on réalisa qu’il n’avait que 19 ans, sa sélection fut invalidée.

En 1979, l’AMH est dissoute et les Nordiques font partie des quatre équipes (avec Edmonton, Hartford et Winnipeg) à être absorbées par la Ligue nationale. Les conditions d’admission sont par contre difficiles. Les nouveaux venus parviennent quand même à faire du marchandage pour pouvoir conserver certains de leurs joueurs (et ainsi éviter de devoir les retourner à l’équipe de la LNH à qui ils appartenaient). Par contre, elles ont définitivement besoin de profondeur.

Quand arriva leur premier repêchage, les Nordiques volèrent la vedette en manigançant pour mettre la main sur Michel Goulet au premier tour.

Au deuxième tour, le choix de Dale Hunter s’est avéré des plus judicieux. Au troisième, Lee Norwood est devenu un bon choix, bien que son passage à Québec ne représente qu’une petite partie de sa carrière.

C’est alors que lorsque vint la quatrième ronde, au 83e rang, Québec rechoisit Anton Šťastný. À ce moment, le choix d’un inaccessible tchécoslovaque par les Bleus parut alors plutôt incongru. Les besoins étaient pressants. Était-ce vraiment le temps d’aller à la pêche?

Évidemment, dans les journaux de l’époque, on parle beaucoup plus du coup fumant de Michel Goulet que de cet étonnant choix de quatrième ronde. Toutefois, il est intéressant de constater qu’à Montréal, dans La Presse, il a été reçu avec incompréhension, où l’on parla d’un coup d’épée dans l’eau, alors qu’à Québec, dans Le Soleil, on laissa le bénéfice du doute. On se disait qu’il y avait sûrement une raison pour justifier ce choix.

Il faudra attendre un an plus tard, en août 1980, pour que cette sélection finisse finalement par rapporter des dividendes, alors qu’un stratagème pour le moins audacieux permit de faire venir Peter et Anton. Après avoir pâti de la défection de ses frères, Marián ira les rejoindre un an plus tard.

Anton a joué 650 matchs dans l’uniforme fleurdelysé, amassant 252 buts, 384 passes, pour un total de 636 points.

Sources :

"Le Canadien choisit un Soviétique" de Bernard Brisset, 16 juin 1978, Montréal-Matin, page 70,

"Les Nordiques crient victoire" de François Béliveau, 10 août 1979, La Presse, page B1,

"Une sélection planifiée pour l’avenir" de Maurice Dumas, 10 août 1979, Le Soleil, page B1,

"Un nouveau livre sur la défection des Stastny" de Marc Delbès, La Presse Canadienne, 23 avril 2012, La Presse, (lapresse.ca),

hockeydraftcentral.com.

mercredi 17 mai 2023

John Druce


C’est dans sa ville natale de Peterborough que John Druce effectua son stage junior et ce, avec une progression plutôt lente. À sa première année, en 1983-84, il dut se contenter d’un seul match avec les Petes, passant le reste de l’année avec l’équipe B.

L’année suivante, il n’amassa que 26 points, jouant plutôt sur un trio défensif. Par contre, il faisait partie d’une équipe parmi les meilleures de la Ligue de l’Ontario. Si les Petes pouvaient compter sur des joueurs qui eurent des carrières très honnêtes dans la LNH comme Terry Carkner, Randy Burridge, Ron Tugnutt et Kris King, il n’y avait toutefois pas de futurs membres du Temple de la renommée parmi eux. Mais comme l’équipe avait de la profondeur, elle remporta sa division en saison régulière et atteignit la finale en séries.

Lorsque vint le repêchage, Druce suscitait un certain intérêt, mais sans être parmi les favoris. Ce sont finalement les Capitals qui le choisirent au 2e tour, au 40e rang. Son coéquipier chez les Petes, le gardien Kay Whitmore, entendit son nom 14 rang avant lui. Ils retournèrent toutefois à Peterborough.

En 1985-86, Druce fut limité à 49 matchs, mais son total augmenta à 46 points. Les Petes terminèrent alors en tête de la ligue, mais ils s’inclinèrent en demi-finale.

Il fut ensuite temps pour Druce de graduer dans la Ligue américaine. À ce moment, les Caps partageaient une équipe avec Hartford, les Whalers de Binghampton. Encore une fois, Druce ne fut pas une terreur offensive, avec ses 13 buts. Étonnamment, il enchaîna ensuite avec une saison de 32 buts, plus que sa meilleure production dans le junior, bien qu’avec 68 matchs, il a aussi atteint son plus haut nombre de parties joués.

Il partagea ensuite les deux saisons suivantes entre les Skipjacks de Baltimore (nouvellement associés aux Capitals) et Washington. À chaque occasion, il marqua 8 buts dans la grande ligue, jusqu’à ce que se présentent les séries de 1990.

Avec 78 points, les Caps terminèrent au 3e rang dans leur division. Ils furent donc légèrement négligés face aux Devils au premier tour des séries.

L’entraîneur Terry Murray, qui avait remplacé son frère Bryan au cours de la saison, sembla faire confiance à Druce. Alors qu’il avait à peine joué un match sur 2 en saison, il joua tous les matchs en séries. D’ailleurs, comment Murray aurait-il pu le retirer de la formation, alors que Druce, sorti de nulle part, marqua dans trois des six matchs, aidant ainsi Washington à avoir le dessus sur le New Jersey.

Ce fut ensuite au tour des Rangers de goûter à la médecine de Druce, qui profita d’une blessure à Dino Ciccarelli pour accéder au premier trio. Les résultats : un but au 1er match, 3 au 2e, 2 au 3e et 2 au 4e. Il couronnera le tout avec un but en prolongation lors du cinquième match pour éliminer les Blueshirts, champions de leur division.

En demi-finale, Druce tenta de poursuivre sa magie, mais face aux puissants Bruins, il ne pouvait pas tout faire. Il marqua deux autres buts, mais ça n’empêcha pas Boston de balayer Washington. Il demeure toutefois qu’il marqua 14 buts en 15 matchs, en plus de 3 passes, alors qu’il s’était contenté de 11 points en 45 matchs en saison.

En 1990-91, il suivit avec une saison de 22 buts, ce qui était également le même nombre que son sommet dans le junior, dans ce cas-ci en 80 matchs. En séries, il se contenta d’un but en 11 matchs.

Après une saison de 19 buts en 1991-92, Washington l’expédia à Winnipeg en retour de Pat Elyniuk. Les résultats ne furent pas très heureux, avec 6 buts, et Druce se retrouva alors avec les Kings.

Il joua cinq autres saisons, à Los Angeles et Philadelphie, mais ses statistiques offensives allèrent en diminuant, près de son total de buts lors de ses séries magiques de 1990 (mais dans une saison complète), puis inférieur à celui-ci.

Il termina sa carrière avec deux saisons en Allemagne.

Ses statistiques dans la LNH sont de 113-126-239 en 531 matchs. En séries, il a marqué 17 buts en 53 matchs, incluant 14 dans son parcours de 1990.

Il a par la suite été analyste de hockey junior chez Sportsnet et conseiller financier. Il est aujourd’hui président et co-fondateur d’Unique Media Solutions, une entreprise de Peterborough qui produit du lettrage pour les véhicules.

Il s’impliqua également pour amasser des fonds pour la recherche contre le cancer, suite à la leucémie qui lui a ultimement enlevé sa fille.

Initialement, Druce était irrité par le fait qu’on ne lui parlait que de son improbable parcours des séries de 1990. Pour lui, sa carrière ne se résumait pas à ça. Et puis, il a finalement fait la paix avec le fait qu’il s’agit de son exploit signature. Après tout, pour qu’on vous associe invariablement au même exploit, il faut quand même avoir accompli un exploit…

Sources : hockeydb.com, linkedin.com, uniquemediasolutions.ca, wikipedia.org.

mardi 16 mai 2023

Pat Falloon



 

Depuis les débuts du blog en 2009 et toutes nos activités depuis, peu de joueurs ont pu être autant «name-droppé» que Pat Falloon. Je crois que les seuls autres prétendants sont Dennis Maruk ou Gary «Suitcase» Smith. Cependant, on n'a jamais fait sa bio complète et il le mérite bien alors que sa carrière vaut la peine d'aller la scruter plus en détails.

Patrick J. Falloon est né le 22 septembre 1972 dans la petite communauté rurale de Foxwarren au Manitoba. Ailier droit agile de 5'11 et 200 livres, Falloon se fit initialement remarquer au niveau Midget AAA alors qu'il brûla la ligue manitobaine en 1987-88 avec un record toujours valide de 74 buts et 69 points pour 143 points en 52 matchs. Le plus proche poursuivant de Falloon était alors loin derrière à 85 points. Il se fit ensuite repêcher par les Chiefs de Spokane dans la WHL, où il joua trois saisons explosives sur la même ligne que deux autres futurs joueurs de la LNH en Ray Whitney et Travis Green. Après une première saison de 22 buts et 78 points, Falloon explosa avec deux saisons consécutives de 60 buts dont un sommet de 64 buts et 138 points à son année d'éligibilité en 1990-91.

Pat Falloon et Scott Niedermayer

Suivit alors le plus que captivant repêchage de 1991 dans la LNH. Inutile de rappeler que les Nordiques détenaient le premier rang et qu'ils firent la sélection d'Eric Lindros malgré le refus de ce dernier de jouer avec eux. Parmi les autres choix disponibles qui sortirent en première ronde, on retrouva entre autres Scott Niedermayer (3e rang par New Jersey), Peter Forsberg (6e rang par Philadelphie), Alex Kovalev (15e rang par New York) et Markus Naslund (16e rang par Pittsburgh). Ce fut aussi un repêchage où on recruta plusieurs bons soldats comme Richard Matvichuk, Martin Lapointe, Philippe Boucher, Glen Murray, Zigmund Palffy (tout un vol en 2e ronde), Chris Osgood et Michael Nylander.

Faisant leur grande entrée dans la LNH la saison suivante, les nouveaux Sharks de San Jose détenaient le 2e choix derrière Lindros. Ils firent alors la sélection de Pat Falloon.

Bien sûr qu'avec le recul du temps, il est à se demander pourquoi les Sharks ont laissé passer autant de bons et légendaires joueurs au profit de Falloon. Ce dernier venait toutefois de connaître toute une saison en 1990-91, étant couronné champion de la coupe Memorial avec Spokane, tournoi où il fut nommé joueur le plus utile avec 8 buts et 12 points en seulement 4 matchs. Il avait aussi connu tout un tournoi au championnat junior avec 6 points en 7 matchs et une médaille d'or. Il était grandement convenu par la plupart que Falloon serait dans le top 3 au repêchage de 1991.

Ray Whitney et Pat Falloon, coupe Memorial 1991

En deuxième ronde, les Sharks se rattrapèrent en repêchant le coéquipier de Falloon à Spokane, Ray Whitney, en plus du défenseur Sandis Ozolinsh. Whitney avait pourtant connu une meilleure saison que Falloon à Spokane (67 buts et 185 points) mais semblait plus frêle que le plus costaud Falloon, dont on prévoyait un développement comme ailier de puissance dans la LNH, contrairement à Whitney qu'ils considéraient davantage comme un risque calculé ou un projet à long terme.

Falloon fit donc directement le saut dans la LNH en 1991-92 avec les nouveaux Sharks et devint la première vedette des Sharks, alors qu'il termina au premier rang des pointeurs de la faible équipe avec 25 buts et 34 passes pour 59 points. Ce n'était pas du tout mauvais et il termina même au 4e rang pour l'obtention du trophée Calder derrière Tony Amonte, Nicklas Lidstrom et le gagnant Pavel Bure. Si ça vous semble tiré par les cheveux de voir autant de votes envers Falloon, il ne faut pas oublier que Bure n'avait terminé la saison qu'avec un seul point de plus que Falloon avec 60 points. D'ailleurs, si ça vous intéresse, sachez aussi que Benoit Brunet reçut 1 vote...

Ce fut toutefois la meilleure saison de Falloon dans la LNH. Il ne dépassa le plateau des 20 buts qu'à deux reprises par la suite. En 1992-93, il manqua la moitié du calendrier à cause d'une blessure à l'épaule et termina à 28 points en 41 matchs. Il revint en 1993-94 avec une saison similaire à sa saison recrue avec 22 buts et 53 points. 

Une autre saison en dessous des attentes suivit lors de la saison écourtée de 1995 avec seulement 12 buts et 7 passes en 46 matchs. Il était alors de moins en moins utilisé par son entraîneur qui le trouvait peu fiable défensivement, surtout en séries. Il n'obtint que 4 points en 11 matchs pour les surprenants Sharks qui passèrent une deuxième année d'affilée en 2e ronde. 

San Jose (1991-1995)




Les Sharks abandonnèrent alors sur son cas après quelques semaines du début de la saison 1995-96. Il fut alors échangé lors d'une transaction à trois équipes le 16 novembre 1995. En retour uniquement de Falloon, les Flyers envoyèrent aux Sharks un joueur des mineures du nom de Martin Spanhel, ainsi qu'un choix de 1ère ronde et un autre de 4e ronde au repêchage de 1996. Les Sharks envoyèrent ensuite Spanhel et ces deux choix, en plus de Vaclav Varada, aux Sabres de Buffalo en retour du défenseur Doug Bodger. Intéressant à noter que le premier choix cédé par les Flyers passera finalement de Buffalo à Winnipeg/Phoenix dans l'échange impliquant Michal Grosek. Les Coyotes repêchèrent alors Daniel Brière. Étonnant de penser que le futur joueur et actuel DG des Flyers aurait pu y commencer sa carrière si ce n'était de... Pat Falloon.

Philadelphie (1995-98)


À Philadelphie, Falloon connut une certaine renaissance au départ, étant parfois même réuni avec celui qui le précéda au repêchage de 1991, Eric Lindros. Il termina la saison 95-96 avec 22 buts et 48 points obtenus en 62 matchs avec les Flyers, lui donnant 51 points au total avec ses maigres 3 points obtenus en 9 matchs à San Jose. Une blessure à l'aine vint toutefois le ralentir davantage en 1996-97, alors qu'il ne put jouer que 52 matchs. Sa production fut alors limitée à seulement 23 points. Il fit partie du parcours des Flyers jusqu'en finale contre les Red Wings en 1997 mais ne fut pas un très grand facteur avec une fiche de 3 buts et 1 passe en 14 matchs.

Après 30 matchs la saison suivante, déçus de son rendement et de son manque de conditionnement physique, les Flyers l'envoyèrent aux Sénateurs d'Ottawa dans un autre échange intéressant. Il passa aux Sénateurs en compagnie de Vaclav Prospal en retour d'un autre grand espoir déchu, nul autre qu'Alexandre Daigle, premier choix de l'encan 1993. Difficile à confirmer, mais ce serait probablement durant ce passage à Philadelphie que Falloon hérita du surnom peu flatteur mais tout de même hilarant de «Fat Balloon». 

Le passage de Falloon à Ottawa fut très bref et décevant, seulement 3 buts et 3 passes en 28 matchs, suite à quoi il fut libéré par l'équipe. Il signa ensuite comme agent libre avec les Oilers en 1998-99. Il connut une première saison potable à Edmonton avec 17 buts et 23 passes pour 40 points en 82 matchs. Mais après quelques mois en 1999-2000, il fut placé au ballotage et réclamé par les Penguins où il termina la saison et joua ses derniers matchs dans la LNH.


Ottawa (1998)

Edmonton (1998-2000)
Pittsburgh (2000)

En 2000-01, sans contrat dans la LNH, Falloon mit le cap sur la Suisse avec le distingué club de Davos. Il y connut une saison potable avec 38 points en 43 matchs mais surtout un bon tournoi de la coupe Spengler où il récolta 7 points en 5 matchs, menant Davos à une victoire du titre contre le Canada qui alignait entre autres des noms comme Christian Dubé, Daniel Marois, Benoit Hogue et nul autre que le légendaire Ray Sheppard.

Ensuite, Falloon décida de mettre un terme à sa carrière professionnelle et retourna à la ferme de céréales familiale à Foxwarren. Il ne fit toutefois pas une croix sur le hockey alors qu'il joignit les rangs de l'équipe locale, les Falcons de Foxwarren, au sein de la ligue sénior de l'endroit, la North Central Hockey League. Il joua 7 autres saisons au niveau sénior et dominant ridiculement cette ligue. Il obtint d'abord deux saisons identiques de 111 points en 23 matchs, ensuite une saison de 118 points en 2003-04. Il se calma ensuite avec seulement 64 points en 16 matchs en 2004-05. Au moment de sa véritable retraite en 2008, il avait obtenu au total une fiche de 265 buts et 343 passes pour 608 points en 144 matchs avec les Falcons, terminant avec le meilleur ratio de points par match de l'histoire de cette ligue. Les Falcons ont d'ailleurs remporté le championnat lors de 7 saisons d'affilée durant cette période (2001 à 2007).

Falloon a également remporté la coupe Allan, emblème du hockey sénior canadien, lorsqu'il fut prêté aux North Stars d'Île-des-Chênes pour le tournoi de l'édition 2003. Il termina en tête des pointeurs du tournoi avec 9 points en 4 matchs. Questionné durant ce tournoi s'il aimerait, à 30 ans, tenter de faire un retour dans la LNH, un peu comme Alexandre Daigle avait réussi à faire au même moment, Falloon déclara : «I don't know, I'd have to get in shape first. I might . . . I don't know.»

Falloon, troisième de la 3e rangée, avec les Norh Stars d'Île-des-Chênes en 2003

 

Depuis sa retraite, il travaille toujours à la ferme de Foxwarren. Il a très rarement parlé de sa carrière depuis ce temps, ne faisant que très rarement les manchettes, à l'exception d'une comparution pour alcool au volant en 2020.  

En 575 matchs dans la LNH, Pat Fallon aura obtenu une fiche de 143 buts et 179 passes pour 322 points. Pas exactement mauvais si ce n'était de cette inévitable comparaison avec les autres grands joueurs sélectionnés après lui en 1991. 

S'il n'a pas gagné la coupe Stanley ou été une vraie vedette dans la LNH, on peut toutefois compter à son actif la coupe Memorial (1991), la coupe Chynoweth dans la WHL (1991), la coupe Spengler (2001) et la coupe Allan (2003). Il fait aussi partie du temple de la renommée du hockey du Manitoba.

Son ancien coéquipier Ray Whitney, malgré qu'il ait lui aussi été abandonné par les Sharks, a pour sa part terminé sa carrière avec 1064 points en 1330 matchs au sein de plusieurs équipes (San Jose, Edmonton, Floride, Columbus, Detroit, Caroline, Phoenix et Dallas).


Sources:
Ex-NHLer Falloon leaves Manitoba farm for run at the Allan Cup, The Globe and Mail, 16 avril 2003
Former NHLer spared custody, Winnipeg Free Press, 27 janvier 2020
Sharks draft Falloon with the second pick, UPI, 22 juin 1991

mercredi 3 mai 2023

Joueur oublié des 90's #76 - Anatoli Semenov

 

 


Anatoli Anatolievich Semyonov
est né le 5 mars 1962 à Moscou. Il se développa dans le puissant système du hockey moscovite jusqu'à ce qu'il fasse ses débuts à seulement 17 ans en 1979-80 avec le Dynamo de Moscou. Il passa l'entièreté de la décennie comme joueur vedette du Dynamo, terminant 3 fois comme premier pointeur du club et une fois au sein de l'équipe d'étoile de la ligue. Sa grande stature (6'-2") combiné à une certaine grâce sur patins lui valut d'être surnommé le «Jean Béliveau» russe.

Au final, il aura joué 11 saisons dans la première ligue russe, récoltant 303 points en 374 matchs. Mais comme la ligue soviétique de l'époque n'était essentiellement qu'une ligue d'entraînement pour le puissant CSKA de Moscou, Semenov et le Dynamo ne se méritèrent aucun championnat durant les années 80, étant éternellement considérés comme deuxièmes violons. Ridiculement dominé entre autres par la fameuse ligne KLM (Vladimir Krutov, Igor Larionov et Sergei Makarov), le CSKA remporta le championnat à chaque saison entre 1977 et 1989, soit un record de 13 saisons consécutives. 

En fait, la ligue soviétique de l'époque, ancêtre de la KHL actuelle, fut entièrement dominée par les clubs de Moscou durant son existence. De 1946 jusqu'à la dissolution de la ligue en 1992, aucun club hors de Moscou ne fut sacrer champion. Malgré la présence de dizaines d'autres équipes, il n'y eut que 5 récipiendaires du titre durant cette longue période; le Dynamo, le VVS Moscou, le HC Spartak Moscou, le Krylya Sovetov Moscou, et bien sûr le CSKA et ses 32 titres.


L'équipe nationale, également surpuissante durant cette époque, était grandement constituée de joueurs du CSKA dont bien sûr la KLM, laissant quelques places sur les lignes secondaires à des joueurs comme Semenov. Ce dernier parvint toutefois à se faire remarquer sur la scène internationale malgré un temps de glace limité, notamment en 1987-88 avec une récolte de 7 points en 9 matchs à la Coupe Canada, et 6 points en 8 matchs durant les Olympiques de Calgary, d'où il repartit avec une médaille d'or. Cela lui permit d'être choisi par les Oilers d'Edmonton en 6e ronde du repêchage de 1989.

Il joua alors une dernière saison avec le Dynamo où comme capitaine, il permit à l'équipe de finalement prendre le dessus sur le CSKA et remporter le championnat de 1990. Il termina ensuite la saison avec les Oilers pour leurs parcours en séries. Il ne joua toutefois que 2 matchs en finale de conférence contre les Blackhawks, et aucun en finale, ce qui le disqualifia d'obtenir son nom sur la Coupe Stanley. Il reçut toutefois une bague pour ses efforts, devenant le deuxième joueur russe de l'histoire à faire partie d'une équipe championne dans la LNH après son compatriote Sergei Pryakhin l'année précédente avec les Flames. 

Comme Semenov, Pryakhin n'avait pas joué pas durant la finale de 1989 et n'avait pas joué assez de matchs en saison régulière pour voir son nom gravé sur la coupe. Il fallut attendre le printemps 1994 pour voir des joueurs soviétiques recevoir cet honneur lorsque les Rangers gagnèrent le trophée avec plusieurs joueurs russes comme Alex Kovalev, Sergei Zubov, Sergei Nemchinov et Alexander Karpovtsev.

Semenov fit ses débuts en saison régulière en 1990-91 avec les Oilers, s'en sortant relativement bien avec une fiche de 31 points dont 15 buts en 57 matchs, suivi de 10 points en 12 matchs en séries avec un club toujours bien «huilé» à Edmonton ou ils se rendirent jusqu'en finale de conférence contre les North Stars. Une de ses meilleurs saisons fut celle de 1991-92 où il obtint 20 buts et 22 passes en 59 matchs. On lui reprochait toutefois d'être trop empreint de la mentalité du jeu soviétique, où beaucoup de joueurs de son style étaient conditionnés à passer en premier lieu et non à tirer au but.



Les Oilers n'avaient apparemment pas beaucoup de plans pour lui dans leur équipe en reconstruction et le laissèrent aller au repêchage d'expansion de 1992 accueillant les Sénateurs et le Lightning. Il fut ainsi réclamé par l'équipe floridienne et marqua un but lors du premier match de l'histoire du Lightning. Il ne resta cependant que quelques semaines avec l'équipe puisqu'il fut rapidement acquis par les Canucks en novembre 1992 en retour de Dave Capuano. Les Canucks espéraient qu'il puisse remplacer Igor Larionov, son ancien coéquipier de l'équipe nationale russe, sur la première ligne d'attaque de l'équipe, au centre de Pavel Bure. Le duo Bure-Semenov fonctionna initialement à merveille, Semenov récoltant 20 points en 15 matchs à ses débuts à Vancouver. Il commença toutefois à ralentir la cadence et Bure fut alors davantage réuni avec Cliff Ronning et Murray Craven. Semenov termina quand même la saison 92-93 avec sa meilleure récolte avec 49 points dont 37 passes principalement acquises sur les 60 buts de son compatriote. 

Un autre repêchage d'expansion suivit ensuite durant l'été 1993 et Semenov fut de nouveau laissé sans protection avant d'être réclamé par les nouveaux Mighty Ducks d'Anaheim. Le premier entraîneur des Ducks, Ron Wilson, avait vu évolué Semenov de près l'année précédente alors qu'il était assistant avec les Canucks. Wilson voulait que Semenov devienne le principal marqueur de l'équipe et qu'il tire plus souvent au but et n'attende plus qu'un coéquipier plus talentueux vienne marquer, n'ayant de toute façon que très peu d'autres options en attaque chez les Ducks. Semenov commença de nouveau la saison en lion, récoltant 24 points lors de ses 30 premiers matchs. Des blessures vinrent toutefois mettre un frein à sa productivité et il ne put jouer que 49 matchs au total en 1993-94, terminant à 30 points.




Il commença la saison suivante à Anaheim avant d'être échangé aux Flyers en mars 1995, sa 5e équipe en seulement 4 saisons. Il ne fut utilisé que sporadiquement sur le bottom 6 avec les Flyers, étant toutefois plus utilisé en séries avec 6 points en 15 matchs. La saison suivante fut une version inversée de la précédente alors qu'après une récolte de 16 points en 44 matchs à Philadelphie, il fut retourné aux Mighty Ducks en mars 1996 et termina la saison avec un bon 10 points en 12 matchs. Il signa ensuite un contrat comme agent libre avec les Sabres pour la saison 1996-97 mais ne put jouer que seulement 25 matchs, étant de nouveau blessé à long terme. Il se retira du jeu peu après à l'âge de 35 ans.

Après sa retraite il occupa certains postes comme entraîneur ou adjoint à divers niveaux en Russie. Il est présentement recruteur pour les Blackhawks depuis 2017.

En 362 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 68 buts et 126 passes pour 194 points.


Sources:
His Best Shot : Anatoli Semenov Has Become Offensive Force for Mighty Ducks, LA Times, 7 décembre 1993

lundi 3 avril 2023

Joueur oublié des 90's #74 - Wendell Young

 


  


Wendell Young a eu une carrière honnête dans la LNH, principalement comme adjoint et quelque fois comme partant, mais il a surtout passé la majorité de sa carrière dans les mineures. Cependant, le fait d'avoir dominé (ou d'être tombé au bon endroit) dans la plupart des équipes où il a joué a fait en sorte qu'il possède un fait d'arme qu'aucun autre joueur ne pourra accomplir.

Wendell Edward Young est né le 1er août 1963 à Halifax. Il débuta son stage junior dans la OHL avec les Rangers de Kitchener pour la saison 1980-81, devenant rapidement le gardien #1 de l'équipe qui remporta le championnat, la J.Ross Robertson Cup. Cette bonne première saison permit à Young d'être repêché par les Canucks de Vancouver en 4e ronde (73e au total) du repêchage de 1981. Il remit ça de plus belle la saison suivante, menant de nouveau les Rangers à la J.Ross Robertson Cup en plus cette fois du championnat de la coupe Memorial.

Il évolua ensuite dans les diverses équipes du système des Canucks lors des saisons suivantes, d'abord dans la CHL à Salt Lake City, ensuite à Milwaukee dans la IHL et finalement avec l'Express de Fredericton dans la AHL. Il fit finalement ses débuts dans la LNH en 1985-86, étant rappelé pour 22 matchs en saison régulière (fiche de 4-9-3) ainsi qu'un match en séries.

Il joua ensuite 8 autres matchs en 1986-87, mais ce fut ses derniers dans l'organisation de Vancouver alors qu'il fut échangé aux Flyers de Philadelphie durant l'été 1987. En plus de Young, les Flyers reçurent un choix de 3e ronde en 1990, choix qui devint le grand voyageur Kimbi Daniels. En retour les Canucks reçurent le gardien Darren Jensen et le défenseur Daryl Stanley.

À Philadelphie, Young ne fit qu'une courte présence en début de saison, étant rapidement récalé après 6 matchs dans la AHL avec les Bears de Hershey. Il y connut toutefois une saison du tonnerre, terminant d'abord au premier rang de la ligue pour les victoires avec 33 gains, avant de mener les Bears à la coupe Calder, parcours où l'équipe ne perdit aucun match (trois rondes 4 de 7) et où Young fit l'histoire en remportant un record de 12 matchs consécutifs. Il reçut ainsi les trophées Baz Bastien pour le gardien de l'année dans la AHL ainsi que le Jack A. Butterfield, remis au joueur le plus utile en séries.

 

Inutile de dire que cette saison 87-88 attira l'attention mais pas celle de Flyers, plutôt celle de leurs ennemis naturels de Pennsylvanie, les Penguins, qui firent l'acquisition de Young en retour d'un choix de 3e ronde en 1990 qui devint le défenseur Chris Therien pour les Flyers.

Young put donc revenir dans la LNH comme adjoint de Tom Barrasso en compagnie de Frank Pietrangelo (également membre de cette série) qui s'alternèrent au bout du banc. Young joua 22 matchs en 1988-89, remportant 12 victoires contre 9 défaites.

Des blessures limitèrent Barrasso à seulement 24 matchs en 1989-90 et c'est Young qui hérita de la majorité des départs en son absence, terminant la saison avec 16 victoires, 20 défaites et 3 matchs nuls. Ce fut toutefois la seule saison de sa carrière où il put être considéré comme numéro un, car ce fut ensuite à son tour d'être atteint de blessures lors des deux saisons suivantes, ne jouant que 18 matchs en 90-91 et encore 18 matchs en 91-92. 

Le mauvais timing de ces blessures firent en sorte qu'il était toujours sur le carreau lors des deux parcours jusqu'en finale et les coupes Stanley des puissants Penguins. Il se mérita toutefois ces deux bagues malgré qu'il ne joua aucun match en séries.

Durant la saison 91-92, les Penguins avaient de nouveau cueilli un gardien auxiliaire chez l'ennemi à Philadelphie en se portant acquéreurs de Ken Wregget lors du méga-échange à trois équipes entre les Flyers, les Penguins et les Kings impliquant entre autres Paul Coffey, Mark Recchi et Rick Tocchet. Ils n'avaient donc plus besoin de Pietrangelo, qui fut peu après échangé à Hartford, ni de Young qui fut laissé sans protection au repêchage d'expansion de 1992.

C'est ainsi que Young devint le premier membre de l'organisation du nouveau Lightning de Tampa Bay, étant réclamé lors du premier choix de ce repêchage. Il fut alors le premier gardien de l'équipe floridienne, étant le portier partant lors de leur premier match où il récolta la première victoire de l'équipe.

Une épaule disloquée vint toutefois nuire à sa saison et il ne joua donc que 31 matchs en 92-93, connaissant une année de 7-19-2 avec l'équipe d'expansion. Il retourna également dans les mineures pour la première fois depuis 1989, étant envoyé à Atlanta dans la IHL pour quelques matchs. Une autre blessure subie lors du camp d'entraînement vint lui nuire davantage en 93-94 et il ne put jouer aucun match avant la fin février. 


Durant ce temps, le Lightning avait fait l'acquisition de Darren Puppa et Young n'était donc plus dans les plans de l'équipe, en plus qu'il était tout le temps blessé. Il fut donc prêté aux nouveaux Wolves de Chicago dans la IHL pour la saison 1994-95. 

Au retour des activités après la grève de 1994, les Penguins découvrirent une grave blessure de Tom Barrasso datant des séries précédentes. Ils durent alors trouver du renfort et c'est alors que Wendell Young fit son retour dans l'organisation comme second de Ken Wregget jusqu'au retour de Barrasso. Young joua alors 10 matchs durant cette demie-saison, ses derniers dans la LNH.

Sans contrat la saison suivante, il opta de retourner comme agent libre avec les Wolves de Chicago où il se plaisait bien. Il y joua comme gardien numéro un lors des six saisons suivantes, soit jusqu'à la dissolution de la IHL après la saison 2000-01. Avec les Wolves, Young put ajouter encore plus de vaisselier à son armoire de trophées alors qu'il remporta à deux reprises la coupe Turner dans la IHL, soit en 97-98 et en 99-2000. 

 

Ces deux conquêtes additionnelles font de Young le seul joueur dans l'histoire à avoir remporté les quatre coupes majeures de son époque, soit la coupe Memorial (1982), la coupe Calder (1988), la coupe Stanley (1991 et 1992) et la coupe Turner (1998 et 2000)

Ajoutez à tout ça ses deux coupes Robertson dans la OHL ainsi que ses trophées Baz Bastien et Jack Butterfield dans la AHL en 1988. Young hérita alors du surnom «Ringmaster».

Après la fin de la IHL, les Wolves furent une de ses six équipes qui purent migrer dans la Ligue américaine. Young décida toutefois qu'il s'agissait alors du bon moment pour prendre sa retraite. Lors de la première saison des Wolves dans la AHL, ils retirèrent le numéro 1 de Young en décembre 2001. Lors de cette cérémonie, les quatre coupes remportées par Young furent présentées à la foule pour souligner son exploit.

Dans l'ordre: coupe Calder, coupe Turner, coupe Stanley et coupe Memorial.
 

Comme la IHL n'existe plus, il demeurera le seul à avoir accompli l'exploit. Cependant, depuis ce temps c'est plus ou moins la ECHL qui a  remplacé la IHL dans l'échelon des ligues mineures. Donc il est techniquement possible qu'un autre joueur effectue l'équivalent de cet exploit en gagnant les championnats dans les trois ligues professionnelles actuelles en Amérique du nord (coupe Stanley, coupe Calder et coupe Kelly dans la ECHL) en plus de la coupe Memorial. 

Cependant, jusqu'à ce jour, un seul joueur est passé près d'accomplir cet exploit, soit l'attaquant Jay Beagle, qui remporta la coupe Kelly en 2007 avec les Steelheads de l'Idaho, la coupe Calder en 2009 et 2010 avec les Bears de Hershey, et ensuite la coupe Stanley avec les Capitals de Washington en 2018. Il n'a cependant jamais gagné la coupe Memorial...

Après sa retraite, Young fut brièvement entraîneur des gardiens pour les Flames de 2001 à 2003. Il revint ensuite avec les Wolves comme assistant entraîneur de 2003 à 2009, entre autres lors de la conquête de la coupe Calder des Wolves de 2008. Il passa ensuite au 2e étage comme DG, poste qu'il occupe encore jusqu'à ce jour, menant de nouveau les Wolves aux grands honneurs en 2022 avec une autre coupe Calder. Il fut également élu au Temple de la renommée du sport de la Nouvelle-Écosse.

En 187 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 59 victoires, 86 défaites et 12 matchs nuls.
En 329 matchs dans la IHL, sa fiche fut de 174 victoires, 104 défaites et 31 matchs nuls.*
En 138 matchs dans la AHL, sa fiche fut de 71 victoires, 39 défaites et 10 matchs nuls.
Ses totaux dans les trois ligues professionnelles de son époque furent donc de 304 victoires, 229 victoires et 53 matchs nuls en 654 matchs.
*stats incomplètes dans la IHL

 

Sources:
hockeydraftcentral.com
chicagowolves.com
eliteprospects.com
NHL.com
hockeydb.com
nhltradetracker.com