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vendredi 22 mars 2024

Trève de hockey (ou presque) #108 - The Goon









La lutte et le hockey sont souvent reliés. On va souvent voir des lutteurs arborer le chandail de l'équipe de l'endroit où le spectacle se déroule, ils utilisent parfois même de l'équipement de hockey pour battre leurs adversaires, tsé, même Bret "The Hitman" Hart a une équipe à son nom.

Mais il n'est arrivé qu'une seule fois dans l'histoire de la WWF/WWE qu'un lutteur se vit donner une gimmick (un rôle) de joueur de hockey. Et quelque temps après avoir décerné cette gimmick, ils se sont rapidement rendus compte qu'ils avaient fait une gaffe.

En juillet 1996, alors que la (alors) WWF était devancée dans les cotes d'écoute par sa rivale, la WCW, ils engagèrent plusieurs lutteurs de second ordre, qu'on appelle des "jobbers", afin de fournir des adversaires à leurs vedettes. Parmi ceux-ci, ils firent signe à "Wild" Bill Irwin, un vétéran de près de 20 ans d'expérience. Suite à des discussions afin de lui trouver une gimmick appropriée, Irwin leur mentionna qu'il jouait au hockey au High School, qu'il était le "goon" de l'équipe. Son personnage était né. Il devint "The Goon", un joueur de hockey tellement salaud qu'il fut banni de toutes les ligues de hockey dans lesquelles il aura joué.

Avec un bâton et habillé en joueur de hockey de la tête aux pieds (avec pas de casque bien entendu), Irwin fit même modifier ses patins, afin que la lame soit en fait une plateforme de caoutchouc rigide. Fou le goon, mais pas au point de trancher la gorge de ses adversaires !


La vidéo suivante montre sa première apparition dans la WWF où il est filmé sur une patinoire en train de démolir un autre joueur et d'annoncer sa venue triomphale dans le monde de la lutte.

En matière de promos de lutteurs, on est très loin de Ric Flair!

Jetant les gants au son de la cloche et ruant ses adversaires de coups de poings, les plaquant sur le rebord du ring lorsqu'ils se retrouvaient en dehors de l'arène, c'était les points fort du "Goon" … mais ce furent les seuls. À son arrivée, il put détruire plusieurs adversaire, comme dans le vidéo ci-bas où on peut le voir détruire un certain Dan Jesser dans ce combat très peu excitant commenté par le propriétaire de la WWF Vince McMahon.


Par la suite, il devint finalement le jobber pour mieux faire paraître d'autres lutteurs comme "The Stalker" (vidéo) et "Flash Funk" (vidéo). Son personnage ne leva pas, les combats l'impliquant étant facilement oubliables et, après avoir perdu en 55 secondes face à "The Undertaker", Irwin et son "Goon" disparurent de la WWF en mars 1997.

Un mauvais film à regarder que ce Goon in 55 seconds

Mais dans le monde de la lutte, un personnage n'est jamais complètement disparu. C'est ainsi que "The Goon" revint en 2001, le temps d'une bataille royale à WrestleMania 17, ainsi qu'en 2007, au 15e anniversaire de l'émission du lundi soir, "Raw", encore une fois lors d'une bataille royale. Vous comprendrez qu'il n'a remporté aucune des ces batailles.

C'est une carte de lutte, ou une carte de hockey ?

Soulignons enfin que "Wild" Bill Irwin semble avoir récemment traversé une mauvaise période de sa vie, comme en témoigne cette entrevue malaisante de 2021, où il était fortement intoxiqué. C'est toutefois rassurant de voir qu'il allait déjà beaucoup mieux lors d'une entrevue en 2023 avec Gerald Brisco et John Bradshaw, deux grands lutteurs de l'histoire de la WWE. Il y jase d'ailleurs de son expérience en tant que "The Goon", preuve que sa courte gimmick lui permet encore de faire parler de lui !

En finissant, voici un fait à ajouter dans une partie inutile de votre mémoire. Le lutteur Chris Jericho est le fils de Ted Irvine, un ancien joueur des Bruins, Kings, Rangers et Blues. Étant jadis un jeune canadien de Winnipeg, Jericho a bien sûr appris à jouer au hockey, hobby qu'il exerce encore parfois lors de matchs caritatifs.


Peut-être aurait-il connu plus de succès qu'Irwin avec le personnage du "Goon" (il a d'ailleurs failli obtenir ce rôle). Mais soyons honnêtes : personne n'aurait réussi à devenir une grande vedette avec ce type de personnage dans le ring, surtout s'il se prend au sérieux. Peut-être dans un rôle comique, mais encore là, le potentiel est très limité dans les histoires à raconter.

(bobKudelski a fait quelques ajouts dans le texte originalement produit par KirkMcLean)

Sources:

vendredi 19 avril 2019

Une petite photo pour le plaisir #83 - Youppi!mania




Tout le monde sait qu'à la base, Youppi s'est consacré au baseball.  Suite à la disparition des Expos, il s'est ensuite converti au hockey.

Mais saviez-vous que le très versatile Youppi fait aussi de la lutte?

En effet, lors du récent gala de lutte qui a eu lieu cette semaine à Montréal, on pouvait acheter un chandail Youppi!mania.  Ceci fait référence à deux personnalités qu'on a commencé à remarquer à la fin des années 1970, Youppi et le lutteur Hulk Hogan (et sa Hulkmania).  Pour ceux qui ne sont pas des amateurs de lutte, Hogan arrivait sur le ring en déchirant sa camisole, et c'est dans cette position qu'on a dessiné Youppi.

Par contre, contrairement à Hogan, Youppi est toujours actif et n'est pas encore à la retraite...


samedi 16 juin 2018

Trêve de hockey #93 - Larry Pfohl








Après un stage universitaire partagé entre Penn State et Miami, Larry Pfohl se présenta à Montréal en 1979.  Après avoir été éjecté du programme de Miami suite à une dispute avec son entraîneur, il obtint un essai avec les Alouettes.  Il fit l’équipe comme joueur de ligne offensive, mais prit un certain temps à faire sa place.  Au cours de la saison, il ne joua que deux matchs : le premier, ainsi que celui de la Coupe Grey (perdue aux mains des Eskimos).
En 1980, l’absence de Dan Yochum, un joueur étoile, lui donna l’opportunité de jouer plus souvent (onze matchs).
La saison 1981 fut horrible à plusieurs points de vue.  Les ambitieux plans de Nelson Skalbania se révélèrent catastrophiques et l’équipe fit faillite.  De son côté, Pfohl vit peu d’action, étant limité à deux matchs.
Lorsque Charles Bronfman (à ce moment propriétaire des Expos) accepta de récupérer les restes des Alouettes et de redémarrer sous le nom de « Concordes », il fut entendu que deux éléments seraient exclus : l’imposant contrat du décevant quart Vince Ferragamo et celui de Pfohl, qui était en dispute salariale.  C’est ainsi que se termina sa carrière dans la LCF.
Il se tourna alors vers les Packers de Green Bay, mais il joua de malchance.  Il fut sur la liste des blessés pour toute la saison 1982 et fut libéré pendant le camp d’entraînement en 1983.  Il n’a donc joué aucun match régulier dans leur uniforme.  La saison suivante, il se retrouva dans la USFL, où il joua avec les Showboats de Memphis, les Bulls de Jacksonville et les Bandits de Tampa Bay.  Il se tourna ensuite vers la lutte.
Il débuta d’abord en Floride et prit immédiatement le nom de « Lex Luger ».  Son physique bien développé et découpé fut pour lui un atout important dans sa carrière, même s’il n’était pas entièrement naturel.  Il recevait l’apport de stéroïdes, qu’il consommait déjà lors de sa carrière de footballeur.
Il a ensuite lutté dans la WCW et la WWE.  Il a d’abord été du coté des « méchants », mais aussi été du côté des « bons ».  Il gagna également quelques titres de champion, tout en ayant un mode de vie pas très sain, comme ce fut le cas de plusieurs du milieu de la lutte de ces années.  Alcool, stéroïdes, anti-douleurs et autres drogues, combinés à un agenda de lutteur très chargé constituaient son quotidien.  De son propre aveu, il est venu près d’une surdose à des douzaines de reprises.
Il eut ensuite une relation plutôt houleuse, parsemée de violence, avec Elizabeth Hulette, l’ex Miss Elizabeth de Randy « Macho Man » Savage (et son ex-conjointe dans la vie).  En mai 2003, celle-ci fut retrouvée morte dans leur foyer, des suites d’une consommation d’un cocktail fatal de médicaments, de stéroïdes et de vodka.  Une quantité impressionnante de drogues et de stéroïdes fut alors retrouvée sur place.  Luger / Pfohl ne fut alors pas tenu responsable de la mort d’Elizabeth, mais fut arrêté en raison du contenu de sa pharmacie.  Il en reçut une amende et une peine de probation en 2005.
Lorsqu’il brisa sa probation en 2006, il fit un bref séjour en prison.  Il fit alors des efforts pour reprendre sa vie en main et devint « born again christian ».
En 2007, il eut des problèmes avec ses nerfs au niveau du cou qui le laissèrent paralysé pendant un moment.  Il s’en remit, mais pas complètement, ayant toujours besoin d’une canne.
 Il habite aujourd’hui dans la région d’Atlanta et tente de partager son expérience avec les autres pour les sensibiliser à ces problèmes.
Sources : ‘It’s over!” de Arnie Tiefenbach, 15 mai 1982, Regina Leader-Post, page B-16, “Pfohl still a hit with Packers” de Mike Christopulos, 4 août 1982, The Milwaukee Sentinel, page 4, “Lex Luger’s confessions of a drug abuse survivor” de Mike Fish, 13 septembre 2007 (sports.espn.go.com), cflapedia.com, wikipedia.org.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.com.

vendredi 24 août 2012

Athlètes et politiciens...










Les textes concernant Ken Dryden et George Springate montrent qu’une carrière d’athlète n’est pas incompatible avec une carrière en politique.  Ils ne sont toutefois pas les seuls à avoir suivi ce cheminement.  En voici quelques autres.  (Cette liste n’a pas la prétention d’être complète.  Ce ne sont que des exemples.)

Frank Mahovlich



Après son passage dans la LNH de 1957 à 1974, avec Toronto, Détroit et Montréal, où il a cumulé une fiche de 533-570-1056 en 1181 matchs, il s’est dirigé vers les Toros de Toronto de l’AMH.  Deux ans plus tard, il a suivi l’équipe lors de son déménagement à Birmingham, pour devenir les Bulls.  Il y est resté deux ans de plus.

Il a remporté six Coupes Stanley, le Trophée Calder (recrue de l’année) et il a participé aux deux séries contre les Soviétiques (celle de la LNH en 1972 et celle de l’AMH en 1974).  Il a été élu au Temple de la Renommée en 1981.

En 1998, il est nommé sénateur par le premier ministre Jean Chrétien.  Il atteindra 75 ans (l’âge obligatoire de la retraite pour les sénateurs) en 2013.

Don Getty



De 1955 à 1965, il joue comme quart-arrière avec les Eskimos d’Edmonton.  En tant que canadien à cette position, il est troisième dans l’histoire de la ligue pour le nombre de verges gagnées par la passe, derrière Russ Jackson et Gerry Dattilio.  Il a fait partie de l’équipe gagnante de la Coupe Grey en 1955 et 1956 (les deux fois contre les Alouettes).

En 1965, Peter Lougheed, le chef du Parti Progressiste-Conservateur de l’Alberta (et aussi ex-joueur des Eskimos) le convainc d’être candidat.  Il remporte son élection et devient député.

En 1971, son parti prend le pouvoir et il devient ministre des affaires intergouvernementales, et plus tard ministre de l’énergie (portefeuille des plus importants pour l’Alberta).  Il siège à la législature jusqu’en 1979.

En 1985, il revient en politique pour devenir chef du parti et premier ministre de l’Alberta et ce, jusqu’en 1992.  Pendant son règne, il a vu le prix du pétrole baisser et a dû gérer les finances de la province productrice en conséquence.  Il a aussi été un supporter de l’Accord du Lac Meech et de l’Accord de Charlottetown.

Jean Béliveau



En fait, Jean Béliveau n’a pas été impliqué en politique, mais il avait été pressenti pour le faire.  Alors qu’il devait choisir un nouveau Gouverneur-Général pour remplacer Jeanne Sauvé, le premier ministre Brian Mulroney lui avait offert le poste.  Toutefois, son unique fille traversait à ce moment une période difficile, étant en deuil de son mari. Préférant rester auprès d’elle et de ses petits-enfants plutôt que de déménager à Ottawa, il a décliné l’offre.
J.C. Watts


Quart-arrière des Rough Riders d’Ottawa de 1981 à 1986, Julius Caesar (J.C.) Watts les mène à la finale de la Coupe Grey de 1981, disputée au Stade Olympique.  Le match est toutefois remporté par les puissants Eskimos de Warren Moon.

De 1995 à 2003, il siège du côté républicain comme représentant de l’Oklahoma au Congrès américain.  Étant devenu pasteur baptiste, il adopte entre autres des positions pour la peine de mort, la prière à l'école et contre l’avortement.

Otto Jelinek


Après s’être illustré en patinage artistique, où il a entre autres été champion du monde en couple (avec sa sœur Maria comme partenaire) en 1962 et fait plusieurs tournées avec les Ice Capades, il se lance en affaire avec une compagnie qui fabrique des patins. 

En 1972, Jelinek se tourne avec succès vers la politique fédérale sous la bannière des Conservateurs.  Il sera député d’un comté de la région de Toronto jusqu’en 1993.  Après avoir pris le pouvoir en 1984, le premier ministre Brian Mulroney le nomme à différents ministères, dont celui du sport amateur et celui du revenu.

Red Kelly
 


Kelly a la distinction d’être le joueur n’ayant jamais joué pour les Canadiens à avoir gagné le plus de Coupes Stanley (8).  Sa carrière de joueur s’est déroulée de 1947 à 1967, où il s’est aligné avec Détroit et Toronto.  Sa fiche en carrière est de 281-542-823 en 1316 matchs.  Il a par la suite été entraîneur des Kings, des Penguins et des Maple Leafs, de 1967 à 1977.

Tout comme George Springate, il a aussi la particularité d’avoir mené une carrière politique PENDANT sa carrière d’athlète, ce qui a impliqué plusieurs allers et retours entre Toronto et Ottawa.  Il est élu député libéral fédéral dans l’équipe de Lester B. Pearson en 1962 dans un comté de la région de Toronto (York-Ouest).  Une nouvelle élection est tenue en 1963 (défaite du gouvernement minoritaire oblige) et il remporte de nouveau la victoire, contre quelqu’un qui fera parler de lui plus tard dans les cercles du hockey, Alan Eagleson.

En 1964, lorsque Pearson propose d’abandonner le « Red Ensign » pour adopter le drapeau canadien actuel, Kelly doit subir les foudres du propriétaire des Leafs, Conn Smythe, qui est farouchement opposé à l’idée de son chef.

Il n'est pas candidat à l'élection de 1965.

Bob Kilger


Originaire de Cornwall, Bob Kilger a été pendant une dizaine d’années arbitre dans la LNH.  Il a par la suite été entraîneur des Royals de Cornwall, qu’il a mené à la Coupe Memorial en 1981.  Il eut entre autres sous ses ordres Dale Hawerchuk, Doug Gilmour et Marc Crawford.  Il est aussi le père de l’ex-Canadien et ex-Leaf Chad Kilger.

Il a par la suite été élu député libéral fédéral de Stormont-Dundas de 1988, jusqu’à sa défaite en 2004.  Il a pendant un moment été vice-président de la Chambre des Communes (donc une autre forme d’arbitre).  Depuis 2006, il est maire de Cornwall. 

Jim Bunning

Comme lanceur au baseball majeur, il a affiché une fiche globale de 224-184.  Sa carrière s’étend de 1955 à 1971, principalement avec les Tigers et les Phillies, mais il a aussi joué pour les Pirates et les Dodgers.  Il a lancé deux matchs sans point ni coup sûr, incluant un match parfait.  Il a été élu au Temple de la Renommée du Baseball et les Phillies ont retiré son numéro 14.

De retour dans son Kentucky natal, il s’implique d’abord au niveau du conseil municipal, puis du sénat d’état, avant d’être élu du côté républicain comme représentant au Congrès.  Il occupe ce poste de 1987 à 1999, pour ensuite être élu sénateur.

Il est reconnu comme étant un des plus conservateurs du GOP.  Il prend entre autres des positions très fermes contre l’immigration illégale et s’est opposé à l’allocation de budgets supplémentaires à l’assurance chômage.  Il suscite aussi la controverse en déclarant que son adversaire ressemblait à un des fils de Saddam Hussein et qu’il ne lisait pas les journaux, se contentant de se renseigner sur Fox News.  En avril 2006, Time Magazine le classe comme l'un des cinq pires sénateurs.  Faisant face à de l’opposition à l’intérieur de son parti et ayant de la difficulté à amasser des fonds pour sa campagne, il ne se représente pas en 2010.

Jesse « The Body » Ventura


James Janos (de son vrai nom) a servi pendant un moment dans la marine américaine.  Par la suite, il se tourne vers la lutte professionnelle, où il combat de 1975 à 1986 du côté des « méchants ».  En 1980, il est membre de la East-West Connection avec Adrian Adonis et gagne le titre par équipe de l’American Wrestling Association (AWA).  Il dispute aussi des combats de championnat du monde contre Bob Backlund, mais sans succès.  Il se joint plus tard à la WWF (aujourd’hui WWE).  Lorsqu’une blessure met fin à sa carrière, il devient commentateur au style flamboyant et coloré.

En 1998, il est candidat du Reform Party (donc à l’extérieur des deux partis principaux) pour le poste de gouverneur du Minnesota.  Il se présente comme étant justement un politicien pas comme les autres.  À la surprise générale, il remporte l’élection par une faible marge, dans une lutte à trois.

Son élection ne l’empêche toutefois pas de faire quelques apparitions à des événements reliés à la WWE comme SummerSlam et la Xtreme Football League (XFL).

Se décrivant lui-même comme un conservateur fiscal et un libéral social, il est parvenu à générer des surplus à son budget, qu’il a retourné aux contribuables sous forme de chèque.  Il a aussi soutenu les droits des gays, à l’avortement et à l’utilisation de la marijuana à des fins thérapeutiques.  N’ayant néanmoins pas de support au niveau de la législature et du sénat d’état (occupés par les deux grands partis), il a eu de la difficulté à faire passer ses projets de loi.  Il ne s’est pas non plus fait d’amis parmi les journalistes en les traitant à plusieurs reprises de chacals (« media jackals »).  Son utilisation du personnel de sécurité lors d’activités n’ayant pas de liens avec ses fonctions officielles a aussi soulevé la controverse. 

Il n’a pas été candidat à sa réélection en 2003.

Sources : « Jean Béliveau retrouve le Centre Bell » de François Gagnon, 19 avril 2010 (cyberpresse.ca), « Two Kilgers, one dream » de Mike Penner, 9 juillet 1995 (articles.latimes.com), parl.gc.cawikipedia.org.

lundi 16 août 2010

Trêve de hockey #28 - Woody Strode


Pour ceux qui s'y connaissent en films cultes des années 60, le nom de Woody Strode vous dit probablement quelque chose. Il fut connu notamment pour avoir été un des acteurs fétiches du grand John Ford, le plus américain des cinéastes. En plus de jouer souvent aux côté de John Wayne, il eut notamment la chance d'être l'acteur principal d'un film de ce cinéaste, Sergeant Rutledge. Tenir le premier rôle était une chose rare à l'époque pour une personne noire. Son rôle le plus connu fut probablement celui de l'esclave noir que Spartacus refuse de tuer dans le film du même nom de Stanley Kubrick. Il fait parti également du trio d'acteurs fétiches de John Ford qui se font descendre au début de mon film préféré de tous les temps, Once Upon A Time In The West à titre d'hommage de Sergio Leone au cinéma de Ford... Bref, il a joué au sein de plusieurs films qui méritent d'être dans votre collection de DVD. Mais bien avant de devnir un acteur, il connut une carrière d'athlète remarquable...

Woody Strode est né en 1914 à Los Angeles. Au début des années 30, Strode, alors étudiant à UCLA, Strode fut un athlète remarquable qui attira énormément l'attention. Il fut notamment le premier étudiant noir américain à faire partie d'une frat, les Alpha Phi Alpha. C'est tout d'abord au décathlon qu'il se fit remarquer, allant jusqu'à représenter son pays lors des méchants Jeux Olympiques de 1936 à Berlin. En 1939, il se joint à l'équipe de football de UCLA auxquels se joinrent également le futur pionnier du baseball Jackie Robinson et Kenny Washington qui sera plus tard l'un des premiers noirs à jouer au football professionnel. Les trois firent parti d'une des plus redoutables ligne de défensive arrière de tout le monde du football collégial de l'époque...

Au début des années 40, comme beaucoup de jeunes américains en santé, Strode servit sous les drapeaux. Il se battit dans le Pacifique Sud, notamment à Guam et dans les Mariannes. Un peu avant son service, qui dura de 1942 à 1946, Strode joua dans son premier film à titre de figurant, un film qui se nommait Sundown, en 1941.

Bien que sa carrière de footballer ait été ralentie par son service militaire, Strode la reprit au sortir de la Guerre. À cette époque, la NFL était une ligue réservée uniquement aux blancs. Kenny Washington (sur la photo à gauche) par exemple continua sa carrière de footballer avec les Bears d'Hollywood d'une ligue de football nommée Pacific Coast Professional Football League qui exista durant les années 1940. Washington joua pour cette équipe de 1941 à 1945. Le footall californien à l'époque était une chose régionale. Dans les années 1920, une équipe de joueurs californiens de Los Angeles , les Buccaneers, joua dans la NFL sans jouer aucun matchs à domicile. Cette équipe était considérée comme une équipe de voyage en raison des coûts exorbitants des voyages d'équipes vers Los Angeles dans les années 20. Le football en Californie ayant à l'époque sa propre saveur due à son isolation du reste de l’Amérique, l'intégration des noirs dans cette ligue professionnelle fut plus facile que dans la sacrosainte NFL. C'est en 1946 alors que les Rams de Cleveland déménagèrent à Los Angeles que la NFL donna la permission d'intégrer des noirs à l'équipe suite aux pressions des propriétaires du Los Angeles Memorial Coliseum refusant de prêter le gigantesque stade à l'équipe si elle n'intégra pas des joueurs de couleur. C'est donc ainsi qu'en 1946, Strode et Washington devinrent les premiers noirs à évoluer dans la NFL, soit un an avant que leur ancien co-équipier Jackie Robinson ne brise la barrière raciale au baseball.

La carrière de Strode avec les Rams fut très brève, elle ne dura en fait qu'une seule saison. Il prit, lors de la saison 1948, le chemin du Nord. Il se joint donc lors de cette saison aux Stampeders de Calgary qui évoluaient alors dans une ligue nommée la Canadian Football League West Division, ligue de football qui est en fait la division ouest de la présente CFL. Avec les Stampeders, Strode fut une véritable vedette qui mena l'équipe jusqu'à la victoire de la première Coupe Grey de la formation à sa première saison avec l'équipe. En fait, les Stampeders furent invaincus lors de cette saison, il s'agit de la seule équipe qui connut une saison parfaite de l'histoire de la CFL. Strode apparemment a remporté ce match de 12 à 7 contre les Rough Riders d'Ottawa à lui seul... Il jouait alors autant à la défensive qu'à l'attaque... Autre fait à noter, il s'agit en fait de la première finale de la Coupe Grey où des fans de l'équipe de l'Ouest ont débarqué en contigent dans la ville où se tenait la final (Toronto). C'est une tradition depuis. Apparemment que la célébration de la victoire fut l'une des plus solides jamais réalisée. Strode aurait même fait entrer un cheval dans le Royal York Hotel. Strode dira plus tard que cette victoire fut l'un des plus beau jour de sa vie...

Strode passa une autre saison avec les Stampeders en 1949 avant de quitter le football pour de bon. Il connut ensuite une carrière de lutteur jusqu'en 1960. Cette carrière le fit connaître un peu partout en Amérique du Nord à une équipe où ce sport était une véritable religion. Durant cette période il accumula également un nombre grandissant de présences au cinéma. Sa carrière devint assez grande au début des années 60 avec les films mentionnés plus haut. À la fin des années 60, tanné de jouer le noir de service à Hollywood, il déménagea en Italie où il devint un acteur régulier de Spaghetti Westerns. Il joue d'ailleurs dans un de mes SW préféré, l'excellent Keoma...




Woody Strode mourut le 31 décembre 1994 à l'âge de 80 ans. Le dernier film où il; apparut fut The Quick and The Dead de Sam Raimi (réalisateur de Spider-Man et de EVIL DEAD!) qui sortit l'année suivante...

Le Woody de Toy Story prend son nom de ce dernier...



lundi 13 juillet 2009

Peter Taglianetti contre Yokozuna

Vous vous dites peut-être "Qui?" Mais comme on le voit sur cette photo, certains fans des Penguins n'ont pas oublié Peter Taglianetti. Taglianetti était un défenseur solide qui fit parti de l'équipe lors de la conquête des deux Coupe Stanley au début des années 1990. Taglianetti est né en 1963 au Massachussetts. Il fut repêché par les Jets de Winnipeg en 1983. Il débuta sa carrière avec l'équipe du Manitoba lors de la saison 1984-85 après avoir évolué pour Providence College. Il devint un défenseur qui mit du poids à la ligne bleue des Jets jusqu'à ce qu'il fut échangé aux North Stars du Minnesotta en 1990. Il ne porta les couleurs des Stars seulement qu'à 16 occasions, étant échangé aux Penguins en compagnie de Larry Murphy, futur membre du Temple de la Renommée, en retour de Chris Dahlquist et Jim Johnson. On s'entend qu'une des deux équipes s'est faite avoir. La même saison, Murphy et Taglianetti feront parti de l'équipe qui vaincont les même Stars en finale de la Coupe Stanley.

Après avoir remporté une seconde Coupe Stanley consécutive avec ces mêmes Penguins très populaire Peter Taglianetti fut sélectionné lors du repêchage d'expansion par les Lighnings de Tampa Bay. Son passage en Floride n'aura pas été long, les Penguins allèrent le rechercher durant la même saison 1992-93 en retour d'un choix de 3e ronde. C'est suite à cette même saison où Taglianetti retourna à Pittsburgh en fin de saison que l'évènnement dont je veux vous faire état arriva...

J'écoutais récemment des vidéos de lutte WWF(*) sur Youtube et j'ai ré-écouté ce classique évènnement de la WWF qui s'est déroulé lors du 4 juillet 1993 sur un porte-avion, le USS Intrepid. Je crois que le tout était pour ammasser des fonds pour des oeuvres de charité. Pour l'occasion, le redoutable champion Yokozuna défiait n'importe quel américain de le soulever. S'en suit une belle brochette de lutteurs et d'atlètes qui essaient en vain de soulever le gros lard. En passant, Yokozuna, Rodney Anoa'i de son vrai nom, n'était pas un japonnais. C'était un américain d'origine Samoane et il était d'ailleurs le neveu des Wild Samoans. Si je parle au passé, c'est qu'il est décédé en 2000 à l'âge de 34 ans d'une défaillance cardiaque. Il pesait apparemment au-dessus de 600 livres au moment de son décès.

Bon, retournons en 1993, donc comme je disais, quelques personalités sportives ont essayé de soulever notre faux lutteur sumo et Peter Taglianetti était du nombre. On peut le voir à une minute et 32 secondes. On ne se surprendra pas de voir le robuste défenseur ne pas être capable de soulever le champion... On se rappellera comment ça a fini. Alors que personne ne fut capable de soulever le gros jambon "japonais" qui de cette manière insultait les États-Unis en ce 4 juillet, on entendit un hélicoptère au loin. Ce n'était nul autre que Lex Luger qui lui fit un bodyslam et ainsi sauva l'honneur de son pays. Luger passa tout d'un coup du statut de méchant à super-héro patriote. Les deux s'affrontèrent lors de Summerslam à la fin de l'été...

Pour ce qui est de Peter Taglanetti, il joua encore quelques saisons à Pittsburgh. Il signa à titre d'agent libre avec Boston en 1995 sans toutefois être capable de se tailler un poste avec l'équipe, terminant sa carrière lors de cette saison 1995-96 avec les Bruins de Providence. Je crois qu'il vit présentement dans la région de Pittsburgh mais je ne sais pas trop ce qu'il fait dans la vie...





(*) Ouais, la WWF, pas la WWE, vous savez la lutte où il y avait des combats à la télévision, pas juste du parlage... J'ai écouté RAW récemment et j'étais abasourdis comment ça ne fait que parler. Genre un mec sur le ring qui parle de comment il va péter la gueule d'un autre mec au prochain pay-per-view et l'autre qui s'amène dans le bas du ring pour dire à son tour que c'est lui qui allait lui péter la gueule et ainsi de suite pendant des heures... Il faut être con pour payer pour aller voir ça... On s'ennuie de la lutte des "Superstar de la WWF" où une superstar, bon ou mauvais, affrontait un "mangeux de claques" et ça finissait là. C'est sûr qu'on savait qui allait gagner, mais au moins ça se battait...

vendredi 23 janvier 2009

Trêve de hockey #1 - Parlons de lutte.

Ok, c'est le match des étoiles et comme c'est un peu inutile, pour être plus poète on peut dire qu'on s'en calisse, alors prenons un break de hockey et parlons de lutte! Qui n'aime pas la lutte? Lisez ou relisez Roland Barthes, le premier texte de ses "Mythologies" paru en 1957 s'intitule "Le monde où l'on catche" et parle de la lutte bien sûr! La première phrase donne le ton : La vertu du catch, c'est d'être un spectacle excessif. (p.13) Que dire de plus? 

Extrait du deuxième paragraphe du texte : La vrai catch, dit improprement catch d'amateur, se joue dans des salles d'amateurs, se joue dans des salles de secondes zones, où le public s'accorde spontanément à la nature spectaculaire du combat, comme fait le public d'un cinéma de Banlieue. (p.13) Donc l'esprit de la lutte n'est pas à la télé mais bel et bien dans une salle de quartier où règne la lutte amateure. Inspiré par ce légendaire texte, nous (moi et quelques amis) sommes allés récemment voir la lutte NCW (Northern Championship Wrestling) dans Villeray et sérieusement, Roland Barthes aurait probablement eu autant de plaisir que nous en avons eu. Malgré le fait qu'ils ne vendent pas de bière, le spectacle est incroyable, il n'y a que 3 rangée de chaise et bien sûr ils entendent tout ce qu'on peut leur crier. Vous pouvez donc facilement faire parti du spectacle. Vous pouvez prendre pour les méchants et devenir le temps d'un moment l'ennemi de la foule... Bien qu'on se moquera de vous quand le bon va gagner, vous aurez du plaisir. Vous deviendrez le dindon de la farce, mais c'est le but, non? 

Parce que c'est ce qui fait que la lutte est un spectacle qui est toujours un évènement où le plaisir est de mise, c'est son côté manichéen. C'est pas très compliqué, il y a les bons, il y a les méchant... Parfois les méchants peuvent être douteux, dans la NCW par exemple il y avait une équipe de méchants qui venaient du très evil Plateau Mont-Royal et un autre lutteur méchant était un «gai». Ouais, c'est pas par la lutte que la société change... Anecdote savoureuse, alors que le bon traitait son opposant de "fifi" et entrainait la foule, j'ai mis un superbe froid dans la salle en criant un gros "Homophobe"... Mais l'idée des méchants qui proviennent du Plateau était trop hilarante. Pour revenir au côté manichéen de la lutte, Roland Barthes affirme que ce qui est central c'est justement l'idée de justice : Mais ce que le catch est surtout chargé de mimer, c'est un concept purement moral : la justice. L'idée de paiement est essentielle au catch et le "Fais-le souffrir" de la foule signifie avant tout un "Fais-le payer." (p.19) 

Et la lutte c'est un spectacle excessif que les québécois aiment et prennent au sérieux. Ma grand-mère par exemple interdisait à mon grand-père de l'écouter parce qu'il était cardiaque... Mais je l'écoutais en cachette en sa compagnie... En lui parlant de la superbe soirée passée à Villeray à mon père, il me parla même d'un monsieur qu'il a connu qui est mort d'une crise cardiaque en écoutant la lutte... Qu'il repose en paix, il n'a pas connu les tirs de barrages au hockey... Et les femmes aimaient également ce superbe spectacle, un de mes amis m'a déjà dit que sa grand-mère était une fan invétérée de Yvon Robert, personne était plus grand que lui. Ma sœur a été enseignante dans Pointe St-Charles pendant quelques années et elle m'a déjà dit que certains de ses élèves faisaient des présentations non pas sur 50 Cent ou 2-Pac, genre comme tout le monde, mais sur des lutteurs célèbres dans le quartier. Du temps que je travaillais à l'Alcan en tant qu'étudiant, j'ai déjà travaillé avec un gars qui faisait de la lutte dans les années 70 et il m'a bien sûr précisé qu'il était un méchant! C'est donc clair net et précis que la lutte est un spectacle que les québécois aiment... 

En fouillant dans notre patrimoine cinématographique, j'ai trouvé un superbe film de Claude Jutra, Claude Fournier, Marcel Carrière et Michel Breault de 1961, La Lutte. Filmé lors d'un gala au Future Shop au coin Atwater - Ste-Catherine, ce film nous montre tout ce que Barthes dit dans son incontournable texte. Il s'agit d'un combat en équipe où Édouard Carpentier fait un combat 2 de 3 en équipe. La foule est déchaînée, remarquez seulement la femme qui est hystérique dont le mari retient, incroyable... Encore une fois, les cinéastes classiques du cinéma québécois nous dressent un portrait savoureux de la société québécoise. Pas de sang, pas d'explosion, pas de chaises, seulement de la justice! 

Vous pouvez voir le film à cette adresse : http://www.onf.ca/film/La_lutte/

Vous pouvez également vous tenir informé à propos de la superbe NCW sur leur site officiel : http://ncw.qc.ca/

(Je vous conseille d'aller boire dans un bar aux alentours avant d'y aller parce qu'il n'y a pas de bière!)  

Je vous recommande également si vous êtes au Saguenay l'incroyable JCW (Jonquière Championship Wrestling), c'est pas n'importe quoi, c'est "l'innovation de la lutte au Québec" : http://www.jcwlutte.ca/

En passant, si vous savez où il y a de la lutte de sous-sol d'église à Montréal, dites le moi, je veux savoir où il y en a... Surtout la World Titan Atlas... 

Vous avez pas encore vu l'excellent film The Wrestler avec Mickey Rourke? C'est sérieusement un excellent film, vous pouvez le streamer ici : http://www.watch-movies.net/movies/the_wrestler/

On se voit autour du ring bientôt? 


Bon, on retourne au hockey très bientôt!