Né le 17 novembre 1949 à Perth en Ontario, le défenseur Gord Smith fit ses classes au sein des Braves de Brockville et des Royals de Cornwall avant d'être sélectionné en 5e ronde (59e au total) au repêchage de 1969 par les Rangers de New York.
Le frère aîné du légendaire gardien Billy Smith ne jouera toutefois jamais pour les Rangers, son parcours avec eux se limitant à un court séjour de 5 matchs avec leur club-école de la CHL, les Knights d'Omaha, qu'il rejoignit pour les séries du printemps 1970 et qu'il aida à remporter le championnat. Après cette seule saison, il fut libéré par les Rangers et il signa alors avec les Kings de Los Angeles, le même club qui repêcha initialement son frère Billy.
Les deux frères ne jouèrent toutefois jamais ensemble, alors que Gord fut prêté aux Blades de New Haven de la EHL tandis que Billy débuta son parcours professionnel avec les Kings de Springfield dans la AHL. Après deux saisons à New Haven, les Kings l'assignèrent à son tour à Springfield, mais à ce moment, Billy avait été sélectionné au repêchage d'expansion par les Islanders et on connaît la suite dans son cas.
Gord joua deux saisons à Springfield et devint un des meilleurs défenseurs de la ligue, terminant au premier rang des défenseurs de la AHL avec 67 points en 1973-74, ce qui lui valut le trophée Eddie Shore, remis au meilleur défenseur du circuit, ainsi qu'une sélection sur la première équipe d'étoiles. Cependant, comme avec les Rangers, il ne joua jamais avec le grand club.
C'est finalement en 1974-75 qu'il put graduer dans la LNH, alors qu'il fut également repêché par un club d'expansion, les Capitals de Washington. Il fit donc ses débuts dans la LNH en même temps que les Capitals, participant au match inaugural de l'équipe le 9 octobre 1974 contre son ancienne équipe, les Rangers.
Comme vous savez, les Capitals de 1974-75 représentent la pire fiche de l'histoire de la LNH avec un record de médiocrité de 8–67–5 et un autre record de 446 buts accordés. Gord termina cette première saison dans la LNH avec une fiche de 3 buts et 8 passes en 63 matchs ainsi qu'un différentiel de -60.
Gord évolua avec les Capitals jusqu'en 1979, alternant parfois entre le grand club et le club-école. Sa meilleure saison fut celle de 1977-78 qu'il termina avec 4 buts, 11 points et un différentiel de -20. Il fut également nommé capitaine par intérim durant quelques matchs.
Au même moment, la carrière de son frère prenait son envol spectaculaire à Long Island. Mais pour sa part, Gord en était à ses derniers milles dans la grande ligue. Il fut laissé sans protection par les Caps après la saison 1978-79. Des premiers Capitals de l'édition inaugurale de 1974-75, seul son partenaire en défense Yvon Labre aura joué plus de matchs avec l'équipe, se retirant du jeu en 1981 et devenant le premier joueur de l'équipe à avoir son numéro retiré.
Faisant leur entrée dans la LNH en 1979-80, les Jets de Winnipeg le sélectionnèrent au repêchage d'expansion de 1979.
Le vétéran défenseur ne fit toutefois pas long feu dans la LNH par la suite. Il débuta la saison avec les Jets mais après avoir été blanchi au pointage après les 13 premiers matchs de l'équipe, il fut cédé au club-école de Tulsa dans la CHL.
Malgré que ses droits furent retournés aux Rangers, il ne revint jamais dans la LNH. Il joua les trois saisons suivantes dans la AHL avec trois clubs différents, les Nighthawks de New Haven, les Indians de Springfield et les Mariners du Maine. Il tira finalement sa révérence après la saison 1982-83.
Après sa retraite, il devint recruteur pour différentes organisations et brièvement entraîneur dans la ligue britannique.
En 299 matchs dans la LNH, Gord Smith récolta 9 buts et 30 passes pour 39 points ainsi que 284 minutes de pénalité.
En plus de Gord et Billy, la famille Smith comprenait également le frère cadet Jack Smith, qui, comme ses deux frères, évolua avec les Royals de Cornwall au niveau junior. Jack joua quelques saisons dans la EHL et au niveau sénior sans jamais se rendre dans la LNH.
Hier soir avait lieu un match entre le Canadien et les Oilers, mettant en vedette le fringant Oliver Kapanen du CH face à son cousin Kasperi Kapanen dans le camp adverse. Les Oilers l’ont finalement emporté in extremis 6 à 5, mais Oliver s’est illustré avec deux passes, contrairement à son cousin, blanchi de la feuille de pointage.
Il s’agissait de la première confrontation entre les cousins Kapanen dans la LNH. La famille Kapanen occupe toutefois depuis longtemps une place importante dans l’histoire du hockey finlandais, international, et, depuis les années 1990, dans celle de la LNH.
Voici un survol de cette véritable royauté du hockey finlandais.
Hannu Kapanen avec le HIFK (Helsinki)
Le premier des Kapanen à se distinguer fut Hannu Kapanen, né le 13 mars 1951 à Kontiolahti. Petit attaquant de 5 pi 9 po et 167 lb, il débuta en 1968 dans la principale ligue du pays, la SM-sarja, remplacée par la SM-liiga en 1975. Il évolua pour plusieurs clubs (JoKP, Karhu-Kissat et HIFK) avant de se joindre au Jokerit d’Helsinki en 1974.
Sa meilleure saison fut celle de 1975-1976, alors qu’il mena le Jokerit avec 53 points, dont 29 buts, en seulement 36 matchs.
Il représenta également la Finlande aux Jeux olympiques de 1976, récoltant quatre points en six matchs, ainsi qu’à plusieurs championnats du monde.
En 1977, il rejoignit les rangs du HIFK, remportant le championnat national en 1980. Il disputa ensuite cinq saisons en deuxième division avec le JoKP avant de prendre sa retraite en 1985. Par la suite, il devint un entraîneur respecté à travers la SM-liiga, occupant divers postes d’entraîneur-chef ou d’adjoint jusqu’en 2007.
Il fut intronisé au Temple de la renommée du hockey finlandais en 2006.
Jari Kapanen avec le Jokerit d'Helsinki
Frère cadet de Hannu, Jari Kapanen est pour sa part né le 1er mars 1954 à Joensuu. Évoluant également comme attaquant, Jari connut presque le même parcours que son frère, avec les 3 années de différence entre les deux. Il débuta lui aussi avec le JoKP, en 1971, ensuite TPS et le Karhu-Kissat. Les deux frères furent toutefois réunis en même temps avec le Jokerit, soit en 1974-75. Hannu quitta toutefois pour les rivaux du HIFK en 1977, mais Jari continua avec Jokerit jusqu'en 1980, étant élu capitaine en 1978. Il remporta également le trophée équivalant au Lady Byng dans la LNH, soit celui du joueur le plus gentilhomme en 1975.
En 1980, il quitta à son tour pour le HIFK, au moment où son frère descendait en deuxième division. Jari remporta lui aussi un championnat national avec HIFK, en 1983, avant de prendre sa retraite en 1987.
Sami Kapanen a joué pour les Whalers/Hurricanes de 1995 à 2003
Le plus illustre Kapanen (jusqu'à maintenant) est le fils de Hannu, Sami. Né le 14 juin 1973, alors que le paternel jouait avec le HIFK, Sami Kapanen était également attaquant de petit format (5'10") au talent explosif.
Formé au sein du KalPa, il évolua sous la direction de son père en 1992-1993. Dès ses années juniors, il brilla à l’international : or au championnat U17 de 1990 et bronze au U18 en 1991. En SM-liiga, il perça rapidement et fut nommé sur l’équipe d’étoiles en 1993-1994 grâce à 55 points en 48 matchs.
Aux Jeux olympiques de Lillehammer (1994), il aida la Finlande à décrocher la médaille de bronze — seulement la deuxième médaille olympique du pays au hockey —, ajoutant aussi l’argent aux championnats du monde la même année.
Après une autre médaille, d'or cette fois-ci, aux championnats du monde de 1995, Sami fut repêché en 4e ronde, 87e au total, par les Whalers de Hartford au repêchage de 1995. Déjà agé de 22 ans, il fit le saut directement dans l'organisation bientôt défunte pour la saison 1995-96.
Il débuta avec un bref séjour avec le club-école, les Falcons de Springfield. Après une excellente récolte de 31 points en 28 matchs dans la AHL, il fut rappelé à Hartford pour le restant de la saison, obtenant un modeste 5 buts et 4 passes en 35 matchs. Il fit partie des Whalers lors de leur dernière saison en 1996-97 (25 points en 45 matchs) avant de suivre l'équipe en Caroline.
C'est avec les Hurricanes qu'il connut ses meilleures années, récoltant en moyenne 59 points par saison lors des 5 années suivantes, à une époque où la «dead puck era» était en plein essor et où les petits attaquants de son genre avaient beaucoup de difficulté à manœuvrer. Son sommet en carrière fut atteint en 2001-02 avec une fiche de 27 buts et 42 passes pour 69 points. Il participa 2 fois au match des étoiles (2000 et 2002), se distinguant à chaque fois comme étant le plus rapide patineur à chaque instance. Il participa également au parcours cendrillon des Hurricanes jusqu'à la finale de 2002, s'inclinant toutefois en 4 matchs contre Détroit.
Kapanen et les Hurricanes eurent un difficile lendemain de veille la saison suivante. Il avait été contraint à seulement 1 but en 23 matchs lors des séries, et sa guigne continua en 2002-03. En perte de vitesse, les Hurricanes l'échangèrent aux Flyers en février 2003 en compagnie de Ryan Bast. En retour, les Hurricanes mirent la main sur l'espoir décevant Pavel Brendl ainsi que du défenseur montréalais Bruno St.Jacques.
Ce fut un bon changement d'air pour Kapanen qui obtint 13 points en 28 matchs pour clore la saison. Il devint davantage un attaquant de soutien au sein de ces Flyers bien garnis, avec qui il joua jusqu'en 2008. Il se distingua toutefois davantage en séries, amassant 17 points en deux tournois printaniers.
On se souvient toutefois davantage de Kapanen lors ce ces années à Philadelphie pour avoir été magistralement sonné par Darcy Tucker des Maple Leafs...
Il signa un nouveau contrat avec les Flyers au retour du lock-out. Après une saison de 25 points en 2006-07 et seulement 8 en 2007-08, Kapanen annonça qu'il quitta la LNH pour retourner jouer dans la SM-Liiga avec son ancien club junior, le KalPa, où il fut immédiatement nommé capitaine. Il était également propriétaire de l'équipe depuis la saison 2003-04, un peu comme Mario Lemieux à Pittsburgh, il était alors joueur/proprio/capitaine. Il occupa également brièvement le rôle de DG en 2011.
Après un courte année sabbatique en 2010-11, il revint au jeu pour trois autres saisons. Il fut rejoint alors par son jeune fils Kasperi qui faisait jusque-là partie du club junior de KalPa. Le duo père-fils joua ensemble jusqu'à la retraite officielle de Sami en 2014.
Sami et Kasperi Kapanen avec KalPa
Suite à sa retraite comme joueur, Sami demeura propriétaire de KalPa jusqu'en 2020, occupant parfois le rôle d'entraineur ou d'assistant. Il quitta ensuite pour devenir entraineur du HC Lugano. Il devint plus tard recruteur pour les Flyers mais a récemment quitté pour revenir en Finlande comme entraineur-chef des Pelicans de Lahti.
Sami Kapanen fut élu au temple de la renommée finlandais en 2015.
Kimmo Kapanen
Frère cadet de Sami, fils de Hannu et oncle de Kasperi, Kimmo Kapanen brisa toutefois le moule familial de petits attaquants rapides et habiles pour plutôt choisir d'être gardien.
Mais il suivit le reste de la famille, se développant lui aussi avec le KalPa junior et pro avec son frère et sous les ordres du père. Il était toutefois encore jeune et inexpérimenté et ne joua qu'une poignée de matchs comme gardien auxiliaire avec le club, jouant davantage avec le club U20.
Il suivit Sami avec le HIFK en 1994-95, jouant 8 matchs. Il évolua dans la SM-Liiga pour plusieurs clubs jusqu'en 2001. Il alterna entre plusieurs ligues et pays (Allemagne, Suède, Finlande) jusqu'en 2008, jouant principalement pour le Timra IK en suède pendant 4 saisons.
Il devint ensuite entraineur des gardiens du KalPa, et plus tard DG de Timra.
Kasperi Kapanen
Comme vous avez pu voir, les Kapanen deviennent rapidement père à leur tour et parviennent à jouer avec la lignée précédente. Kasperi Kapanen, fils de Sami, est né le 23 juillet 1996, alors que Sami commençait à peine dans la LNH avec les Whalers. Il est toutefois né en Finlande durant l'été et a donc la nationalité finlandaise.
Comme son oncle Kimmo, Kasperi brisa lui aussi le moule à sa manière, étant davantage plus grand et costaud à 6'1" et 194 livres. Après avoir fait ses classes avec KalPa, il devint un des espoirs en vue de la première ronde du repêchage de 2014. Il fut choisi au 22e rang par les Penguins de Pittsburgh. Mais après seulement un an dans l'organisation de Pennsylvanie, où il demeura en Finlande et dans la AHL, il fut inclus dans la méga-transaction avec les Maple Leafs amenant Phil Kessel à Pittsburgh.
Il passa 5 saisons avec les Leafs, récoltant un sommet en carrière de 20 buts et 24 passes en 2018-19. Il fut réaquis par les Penguins en 2020 et y joua trois saisons. Il fut toutefois placé au ballotage en février 2023 et réclamé par les Blues. Même scénario par la suite alors qu'il joua avec les Blues jusqu'à une autre démotion au ballotage en novembre 2024, où il fut réclamé par les Oilers et où il semble avoir retrouvé une belle niche comme attaquant de soutien. Il a obtenu 6 points en 12 matchs lors du dernier parcours en séries des Oilers au printemps dernier.
Oliver Kapanen
Fils de Kimmo, oncle de Sami, cousin de Kasperi, petit-fils de Hannu et etc... Oliver Kapanen est le plus récent du clan à fouler les glaces de la LNH avec le Canadien de Montréal qui en fit son choix de 2e ronde (64e au total) en 2021.
Il a sans surprise été formé avec KalPa, au junior et ensuite chez les pros. Il représenta la Finlande à de nombreuses éditions du championnat junior, étant même nommé capitaine de son pays aux U20 de 2023. Après une dernière saison avec Kalpa en 23-24, il traversa l'Atlantique en 24-25, faisant ses débuts avec l'organisation montréalaise. Il commença même l'année avec le grand club, avant d'être finalement prêté au club Timra IK en suède, club où son père Kimmo était toujours DG. Il y connut une très bonne saison (35 points en 36 matchs) mais fut retourné à Montréal pour terminer l'année.
Ses premiers matchs furent toutefois timides, seulement 2 passes en 18 matchs et une autre passe en séries. Il termina ensuite le calendrier avec le Rocket de Laval, amassant 6 points.
Tout ce trimbalage en 2024-25 semble malgré tout avoir porté ses fruits, puisqu'il connait un départ canon en 2025-26 avec 6 points en 9 matchs au moment d'écrire ces lignes.
Konsta Kapanen avec le KalPa
Deuxième fils de Sami et petit frère de Kasperi, Konsta Kapanen est né le 29 septembre 2003 et est le dernier de la lignée, pour l'instant, à se rendre au niveau professionnel. Non-repêché dans la LNH, il évolue présentement avec le club familial, le KalPa. Il y est depuis toujours en fait, soit depuis ses débuts avec le club KalPa U16 en 2018-19.
Si les autres avant lui ont un peu brisé le moule, Konsta est davantage «old school Kapanen» en tant qu'attaquant de 5'9" et 160 livres.
S'il ne figure pas sur le radar de la LNH, il a toutefois la distinction d'être le seul de la famille Kapanen à avoir remporté le titre de la SM-Liiga avec KalPa, qui vient de remporter le premier titre de son histoire en 2025.
Je vous laisse justement avec ce premier titre du KalPa, ce qui devait être un moment mémorable pour toute la famille Kapanen.
Vous pouvez y voir un but de Konsta Kapanen à 0:48 min.
Bill, l’aîné, est né à Brantford. Sa famille déménagea toutefois à Kingston, où il apprit à patiner sur le canal Rideau. Frederick (surnommé ″Bun″) et Alexander (surnommé ″Bud″) suivirent quelques années plus tard. Lors de leurs éventuelles carrières de hockey, les frères se suivront également à plusieurs reprises.
Mais avant de débuter sa carrière professionnelle, Bill s’enrôla dans l’artillerie et prit part à des batailles marquantes de la Première guerre mondiale, comme celle d’Ypres, de la Somme et de la crête de Vimy. Il passa aussi huit mois en Russie lors d’une intervention des Alliés pendant la guerre civile en faveur des armées blanches dans leur combat contre les Bolcheviks. À son retour au Canada, on lui décerna la médaille militaire pour souligner sa bravoure.
Il joua ensuite au niveau senior avec Sault-Ste-Marie, pour ensuite être rejoint par Bun en 1921-22. Bill prit ensuite le chemin de l’ouest en 1922 et s’aligner avec les Crescents, puis les Sheiks de Saskatoon de la WCHL. Pendant ce temps, Bun remporta la Coupe Allan avec Sault-Ste-Marie en 1922-23 pour ensuite rejoindre Bill en 1924-25 à Saskatoon. Jouant sous les ordres de l’ancien Canadien Édouard ″Newsy″ Lalonde, Bill remporta le championnat des compteurs de la ligue en 1923-24, 1924-25 et 1925-26.
Ce titre de 1925-26 s’avéra toutefois le dernier de l’histoire de la ligue, puisque celle-ci s’écroula. Par contre, alors que la ligue de l’ouest (qui s’appelait maintenant la WHL) disparaissait, la LNH prenait du coffre. Si les nouveaux Cougars (futurs Red Wings) de Détroit firent des achats en vrac en achetant pratiquement en entier les défunts Cougars de Victoria, pendant que les nouveaux Black Hawks de Chicago faisaient de même avec les Rosebuds de Portland, les nouveaux Rangers de New York furent plus méthodiques. Mais parmi leurs acquisitions, on comptait Bill et Bun Cook, qui semblaient se destiner aux Maroons de Montréal, mais que Conn Smythe leur soutira en agissant plus rapidement.
Suivant les conseils des frères Cook, Smythe embaucha également Frank Boucher, qu’ils avaient côtoyé dans l’ouest, alors que ce derrnier jouait avec les Maroons, mais de Vancouver. Celui-ci devint alors le centre des frères (Bun à gauche et Bill à droite).
C’est à New York qu’un journaliste écrivit que Frederick était rapide comme un lapin (″quick as a bunny″). Il a donc été surnommé ″Bunny″ Cook. Et puis ″Bunny″ est devenu ″Bun″ et comme ″Bun″ veut dire brioche, le trio est devenu la ″Bread Line″. Ils joueront ensemble pendant plusieurs années.
Bill fut non seulement le premier joueur signé par les Rangers, mais aussi leur premier capitaine et le marqueur du premier but de leur histoire. Ce but fut d’ailleurs victorieux, car les Rangers remportèrent leur match match par la marque de 1-0, contre ces mêmes Maroons.
L’audace de Smythe (qui quitta toutefois les Rangers peu de temps après) rapporta aussi d’autres dividendes, puisque Cook remporta le championnat des pointeurs lors de sa première année dans la LNH, avec une fiche de 33 buts et 4 passes. (Le Trophée Art Ross n’existait pas encore.) Pourtant à leur première année, les Rangers terminèrent aussi premiers de la nouvelle division américaine, devançant les Bruins de Boston et les Pirates de Pittsburgh, des équipes de deuxième année. Boston prit toutefois sa revanche en séries, en éliminant les Rangers et en les limitant à un seul but, compté par Bill Cook.
En 1927-28, à seulement leur deuxième année, les Rangers se reprirent en battant les Pirates de Pittsburgh, les Bruins et finalement les Maroons, pour mettre la main sur leur première Coupe Stanley. L’année suivante, ils se rendirent à nouveau en finale, mais ils s’inclinèrent devant Boston.
En 1932-33, Bill ajouta un deuxième titre des pointeurs à son palmarès. À 36 ans et 5 mois, il devint ainsi le plus vieux champion pointeur de l’histoire de la ligue. Sa marque tiendra jusqu’en 2013, alors que Martin St-Louis la battit, à l’âge de 37 ans. Les Rangers remportèrent également une deuxième coupe. C’est Bill qui marqua en prolongation l’unique but du match lors du quatrième et ultime match. Étonnamment, on n’avait pas jugé bon d’apporter la Coupe ce soir-là. Ce n’est qu’au premier match de la saison suivante, le 11 novembre, à Toronto, que les joueurs reçurent le trophée convoité, qui a été désignée comme étant la ″Forgotten Cup″.
Suite à des problèmes arthritiques qui lui fit rater la majeure partie de la saison 1935-36, les Blueshirts vendirent le contrat de Bun aux Bruins. S’il joua une saison à Boston, la suite leur donna raison puisqu’il dut ensuite prendre sa retraite pour cette raison. Après cette première saison dans la LNH sans son frère, Bill prit également sa retraite, laissant Boucher comme dernier membre de la Bread Line à New York.
Les deux frères débutèrent alors leur carrière d’entraîneur au même moment (tout en jouant quelques matchs au besoin) dans l’International-American Hockey League (IAHL, la future Ligue américaine).
Bill prit le chemin de Cleveland pour diriger les Barons. Il y retrouva là son autre frère Bud, qui eut l’occasion de jouer au fil des ans quelques matchs avec les Bruins, les Senators et les Eagles de St-Louis. C’est toutefois dans ce qui deviendra la Ligue américaine qu’il se fit une place.
Quant à Bun, il se dirigea vers Providence pour se retrouver derrière le banc des Reds. S’il a connu une belle carrière (il a entre autres inventé la ″drop pass″) et montré des statistiques intéressantes, il a toutefois toujours été un peu dans l’ombre de son frère. Lorsqu’ils sont devenus entraîneurs, ce fut le contraire. Bill a eu sa part de succès, mais c’est Bun qui a pris le haut du pavé.
À leur première saison, en 1937-38, ce sont les Reds de Bun remportèrent la Coupe Calder (qui existait seulement depuis la saison précédente). L’année suivante, ce fut au tour des Barons de Bill. Les Reds de Bun répliquèrent en 1939-40, avant que Cleveland reprenne le titre en 1940-41, avec Bill derrière le banc et Bud dans l’alignement. Des cinq premières Coupes Calder, quatre fois l’équipe gagnante était dirigée par un Cook.
Les deux frères demeurèrent à leur place pendant deux autres années avant que Bill ne devienne directeur-gérant des Barons. Pour le remplacer, il eut l’idée de faire appel à… Bun. À ce moment, Bud jouait toujours pour Cleveland. Il eut donc l’occasion de jouer sous les ordres de son autre frère. L’expérience ne dura toutefois pas longtemps, car en cette période de guerre, après 4 matchs, il se rapporta à la garde côtière et se joignit à leur équipe de hockey.
Bun s’installa à long terme à Cleveland et passa les 13 saisons suivantes comme entraîneur. Il y connut un succès phénoménal. Dès ses trois premières saisons (1943-44 à 1945-46), son équipe atteignit la finale, la remportant en 1945. Par la suite, il répéta l’exploit en 1948, 1951, 1953 et 1954, en plus d’atteindre la finale en 1950 et en 1956. Par la suite, personne ne s’est approché de son palmarès de sept Coupes Calder. Les suivants en ont trois. Toutefois, dans une ligue à six équipes, il n’a par contre pas eu l’occasion de graduer dans la LNH.
C’est plutôt Bill qui y parvint. En effet, lorsque Neil Colville démissionna de son poste en décembre 1951, le directeur-gérant des Rangers Frank Boucher demanda à son ancien compagnon de trio de la Bread Line de prendre sa place. Bill était alors à Saskatoon, pour diriger un club affilié aux Rangers. À ce moment, les Rangers étaient constamment mauvais et Bill ne put renverser la tendance. Suite à une dernière place en 1952-53, Boucher releva Bill de ses fonctions et prit sa place. Bill prit alors sa retraite du hockey.
À la fin de sa carrière de joueur, Bud tenta aussi sa chance comme entraîneur. Il fut entre autres à la tête des As de Québec de la Ligue senior du Québec en 1945-46 et 1946-47. Il eut alors Punch Imlach sous ses ordres.
Suite à sa participation à la guerre, Bill avait reçu une terre en Saskatchewan de la part du gouvernement. Il passa alors beaucoup de temps à la cultiver et, toujours proche de son frère, Bun en acheta une tout près. Ils retournèrent ensuite à Kingston plus tard dans leur vie.
Lors du déménagement du Madison Square Garden III au Madison Square Garden IV en 1968, on demanda à Bill, qui avait compté le premier but des Rangers, de venir participer à une cérémonie pour compter le premier but du nouvel immeuble.
Bill mourut en 1986, Bun en 1988 et Bud en 1993.
Bill fut admis au Temple de la renommée du hockey en 1952. Bun ne le vit pas de son vivant, puisqu’il fut admis en 1995. Il fut aussi admis à celui de la Ligue américaine en 2007.
Sources :
″Les clubs américains débutent victorieusement, hier soir″, 17 novembre 1926, La Patrie, page 6,
″W. Cook scores as Rangers take Cup; Beat Toronto 1-0″ d’Elmer Dulmage, CP, April 14, 1933, Montreal Gazette, page 12,
″Outstanding Player and Coach Bill Cook Remembered as Soldier″ de Charles Edwards, CP, March 30, 1943, Ottawa Citizen, page 13,
″Bisons After Second Win″, AP, April 6, 1944, Pittsburgh Post-Gazette, page 14,
″Bill Cook Return to the N.H.L. as Coach of Rangers; Neil Colville Steps Out″, CP, December 7, 1951, Montreal Gazette, page 22,
Les camps d’entraînement sont débutés. Avec eux, nous avons droit à de nombreux nouveaux visages. Tout comme lors des séances de repêchage, certains ont des noms familiers. Encore cette année, on retrouve par exemple parmi les élus de la dernière sélection Gabriel Perreault (le fils de Yanic), Oliver Bonk (le fils de Radek) et Ethan Gauthier (le fils de Denis).
Les joueurs qui atteignent le plus haut niveau et qui ont un père qui les ont précédés constituent un sujet que nous avons déjàabordé à quelquesreprises. Certaines causes paraissent évidentes. Jouer au hockey est de plus en plus coûteux, alors que pour un joueur de hockey professionnel bien payé, ce n’est pas un enjeu. On peut aussi penser que la génétique y joue un rôle. Mais le bon vieux Boys’ Club?
Je suis justement tombé par hasard sur un article du Hockey News de 2019 qui aborde le sujet. On y parle entre autres de Jack Birch. Actif depuis de nombreuses années dans le domaine du développement et du dépistage, avec les Canucks, puis les Panthers et finalement les Jets, il a aussi été entraîneur-chef au niveau universitaire au début des années 1980. Il a d’ailleurs profité de son passage derrière le banc des Marauders de McMaster, à Hamilton, pour y faire un doctorat.
Birch a en bout de ligne conclus son étude en affirmant que toute chose étant égale par ailleurs, le fils d’un joueur de la LNH avait 18% plus de chance de suivre les traces de son père qu’un autre dont le père fait autre chose.
Oui, les facteurs mentionnés plus haut jouent, mais un facteur à ne pas négliger est la socialisation. Ayant côtoyé des joueurs et des entraîneurs, ils savent ce qui est requis pour y parvenir. Ils peuvent aussi visualiser les étapes à franchir, en plus de facilement envisager leur réussite, puisque celle-ci est loin d’être abstraite. Au contraire, ils peuvent presque la voir comme la norme, puisqu’ils sont entourés de gens qui y sont parvenus.
Évidemment, les contacts ne sont pas à dédaigner. Le monde du hockey demeure tissé serré. Et même lorsqu’il ne s’agit pas de personnes qui ont été directement en contact, il demeure que même si ce n’est que par curiosité, un fils d’un ancien joueur a dès le départ un attrait pour attirer l’attention des dépisteurs, ce qui est déjà une victoire quand on a cette ambition. Et pour ces derniers, il peut être facile d’avoir un biais et de leur attribuer du succès par association, espérant qu’ils pourront répliquer le succès de leur père.
Finalement, il faut prendre en considération que les carrières au hockey sont généralement courtes. Un joueur récemment retraité, mi-trentaine ou début quarantaine et plein d’argent dans ses poches, peut se retrouver avec une quantité de connaissances du sport et beaucoup de temps pour les transmettre. Et le premier bénéficiaire de ceci peut très bien être fiston.
Sources:
"Son of a Gun, All_Grown Up: Big-League Fathers Continue To Produce NHL Prospects" de Ken Campbell, April 26, 2019, The Hockey News (thehockeynews.com),
Gordon Douglas Roberts est né le 2 octobre 1957 à Détroit et sa famille habitait tout près de l'Olympia, domicile des Red Wings. Ses deux frères ainés étaient des «stick-boys» à l'Olympia et étaient donc conséquemment de grands fans de Gordie Howe. Tellement fans qu'ils implorèrent leur mère enceinte de nommer le nouveau venu du nom de Gordie.
Les frères Roberts évoluèrent dans le hockey mineur de Détroit, qui avait d'ailleurs grandement évolué avec la présence de Colleen Howe qui aida grandement à développer le hockey dans la région pour que ses fils et les autres jeunes aient accès à des installations et du personnel de qualité. Gordie Roberts et ses frères purent donc en profiter, évoluant dans les mêmes ligues et équipes que les fils Howe. Gordie se développa comme défenseur et quitta le giron familial en 1974 pour évoluer une saison avec les Cougars de Victoria dans la ligue junior de l'ouest. Il n'y joua toutefois qu'un an avant d'être embauché à seulement 17 ans par les Whalers de la Nouvelle-Angleterre dans l'AMH, allant alors rejoindre son frère Doug qui joignit l'équipe au même moment pour la saison 1975-76.
Malgré sa sélection subséquente par le Canadien au repêchage de 1977, Roberts demeura dans l'AMH et fut éventuellement réuni avec son idole et celui à qui il devait son nom, Gordie Howe. Ce dernier joignit les rangs des Whalers avec ses fils Mark et Marty pour la saison 1977-78, après quatre saisons passées ensemble avec les Aeros de Houston.
L'arrivée des Howe à Hartford fit en sorte de voir Roberts terminer au premier rang des défenseurs du circuit pour les deux dernières saisons de l'AMH avec ses saisons de 61 et 57 points respectivement.
Lors de l'absorption des 4 équipes survivantes de l'AMH dans la LNH en 1979-80, les Canadiens auraient pu se prévaloir des services de Roberts, détenant toujours ses droits. Ils firent cependant un accord avec les Whalers comme quoi ils ne réclameraient pas Roberts en échange de la promesse de non-sélection du défenseur Rod Langway lors du repêchage d'expansion pour ces nouvelles équipes.
À sa première saison dans le grand circuit, Roberts s'en sortit bien avec une fiche de 8 buts et 28 passes en 80 matchs. Signe du destin, il obtint également une passe sur le dernier but en saison régulière de la carrière du plus vieux Gordie, son fameux 801e but qui ne fut dépassé que par Wayne Gretzky et plus récemment par Alex Ovechkin.
Roberts fut ensuite échangé aux North Stars du Minnesota en retour de Mike Fidler, quelques temps après le début de la saison 80-81. Il aida donc l'équipe à se rendre jusqu'à la finale contre les Islanders cette même année 1981.
Il fut ensuite un fidèle morceau de la défense des North Stars pendant les 6 saisons suivantes, ne ratant presque aucun match. Il connut son sommet en carrière dans la LNH en 1983-84 avec une fiche de 8 buts et 45 passes pour 53 points, en plus de 10 points durant les séries. Il participa également à la Coupe Canada de 1984 pour les États-Unis.
Après quelques bonnes années, les North Stars commencèrent à battre de l'aile et se départirent finalement de Roberts en février 1988 en l'envoyant au Flyers en retour de considérations futures. Ces mêmes considérations futures revinrent en scène seulement 11 matchs plus tard lorsqu'il passa aux Blues de St.Louis et y termina la saison 87-88.
Il joua deux honnêtes saisons à St.Louis avant d'aboutir avec les Penguins de Pittsburgh en octobre 1990, encore une fois en retour de considérations futures.
Au moins le gars d'O-Pee-Chee n'avait pas à airbrusher le casque vert des Whalers...
St. Louis (1988-90)
Pittsburgh (1990-92)
Roberts arriva donc à Pittsburgh à temps pour retourner en finale de la Coupe Stanley, contre son ancienne équipe de surcroit, lors de la finale de 1991 et ensuite celle de 1992. On pourrait croire qu'à ce stade-ci de sa carrière qu'il n'était là que comme passager mais il ajouta beaucoup d'expérience et de stabilité à un corps de défense bien garni mais quand même instable où il y avait beaucoup de va et vient (Paul Coffey, Larry Murphy, Zarley Zalapski, etc...) Roberts était considéré alors comme un fiable 4e défenseur et joua pratiquement tous les matchs des Penguins lors de ces deux conquêtes.
À l'été 1992, il signa comme agent libre avec les Bruins de Boston. Il y joua ses deux dernières saisons en carrière dans la LNH, devenant au passage le premier joueur américain à dépasser le plateau des 1000 matchs dans la LNH.
À la saison 1994-95, il participa au camp d'entraînement des Sharks mais décida de prendre sa retraite après les matchs pré-saison. Il fit toutefois un retour quelques mois plus tard dans la IHL avec les Wolves de Chicago comme joueur-entraîneur. Il fit de même en 1995-96 lorsqu'il signa un dernier contrat d'un an avec le Moose du Minnesota.
Boston (1992-94)
Au moment de cette véritable retraite, il était le dernier coéquipier de Gordie Howe encore actif. Mais même ce dernier n'avait pas encore dit son dernier mot puisque Mr. Hockey fit un autre retour en 1996-97 en participant à un match (ou un coup publicitaire) à 69 ans avec les Vipers de Détroit dans la IHL.
Après sa retraite, Gordie Roberts fut brièvement assistant-entraîneur avec les Coyotes de 1997 à 1999, pour ensuite devenir recruteur avec les Canadiens pendant de nombreuses années, soit de 2001 à 2010. Il fut libéré par l'équipe en même temps que la fin de l'ère Bob Gainey. Il devint ensuite entraîneur au niveau secondaire au Minnesota.
En 1097 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 61 buts et 359 passes pour 420 points et 1582 minutes de pénalité. Il joua également 311 matchs dans l'AMH avec une fiche de 42 buts et 144 passes pour 186 points.
Il fut élu au sein du temple de la renommée américain en 1999.
Pour sa part, son frère Doug avait été le premier de la famille Roberts à jouer avec le plus vieux Gordie, alors qu'il fut membre des Red Wings de 1966 à 1968. Il joua ensuite pour les Seals de Californie et fut même invité au match des étoiles comme seul représentant des Seals en 1970. Il joua également avec les Bruins et un autre séjour à Détroit. Il termina sa carrière en Finlande en 1978. Son fils Dave, et neveu de Gordie, fut repêché par les Blues en 1989 et joua une centaine de matchs dans la LNH avec les Blues, les Canucks et les Oilers.
À une certaine époque, la famille Conacher était presque une forme de royauté dans le monde du hockey. Les frères Lionel, Charlie et Roy ont tous accédé au Temple de la renommée. Bert, le frère jumeau de Roy, avait aussi beaucoup de talent, mais la perte d’un œil lors d’un accident alors qu’il jouait au hockey avec ses frères l’empêcha d’accéder à la LNH. Lionel, qui était aussi un redoutable joueur de football, de crosse et de baseball, fut nommé le meilleur athlète pour la première moitié du XXe siècle au Canada. Les cinq sœurs de la famille avaient apparemment aussi de grandes capacités athlétiques, mais à cette époque, le sport féminin était peu développé.
Pour ce qui est de la génération suivante, le fils de Charlie, Pete, et celui de Lionel, Brian, tout comme leur cousin, Murray Henderson, ont également joué dans la Ligue nationale. Quant à Lionel Jr, c’est plutôt dans la Ligue canadienne de football, avec les Alouettes, qu’il joua.
Tout ça pour dire que les liens familiaux étaient forts dans cette famille sportive. Par contre, le sport, c’est le sport…
En 1929-30, Charlie jouait sa saison recrue dans sa ville natale, avec les Maple Leafs. Pendant ce temps, Lionel en était déjà à sa cinquième saison dans la grande ligue. Il n’habitait plus en ville, s’alignant avec les Americans de New York.
Lorsqu’ils s’affrontaient, les deux frères avaient habitude de se laisser tranquille. Par contre, lorsque Lionel prit pour cible le pourtant robuste Red Horner, Charlie se sentit obligé d’intervenir. Après un échange de bâtons élevés, les frangins se dirigèrent vers le banc des pénalités. À ce moment, les deux s’approchèrent de l’autre, en s’agitant et en gesticulant. Lionel se mit alors à se lamenter, mais les récriminations qu’il avait pour son jeune frère n’étaient pas nécessairement celles que les spectateurs présumaient.
-Je n’ai pas pu aller à la maison aujourd’hui. Papa et maman vont bien?
-Oui, mais ils se demandaient pourquoi tu n’étais pas venu, répliqua Charlie.
Après avoir purgé leur pénalité, en sortant du banc, Lionel agrippa le chandail du frérot. Charlie répliqua en lui passant son bâton sous le nez.
-Tu diras à maman que j’irai la voir lors du prochain voyage, lui dit Lionel pendant que la foule s’agitait.
L’histoire ne le dit pas, mais on suppose que le message s’est rendu à destination.
Pour Lionel, il s’agissait peut-être d’une répétition, puisque quelques années plus tard, il ajouta la lutte professionnelle à ses activités.
Frayne, Trent, The Mad Men of Hockey, McClelland & Stewart Limited, 1974, pages 96, 106-107.
C'est avec regret que nous avons appris le décès de l'ancien défenseur des Islanders Jean Potvin le 15 mars dernier. Nous ne pouvons bien sûr pas vraiment fournir des biographies à chaque fois qu'un ancien joueur décède mais dans le cas de Jean Potvin, je trouve que sa carrière était intéressante à raconter malgré qu'elle se doit d'être inévitablement reliée à l'histoire de son illustre frère, Denis Potvin.
Jean René Potvin est né le 25 mars 1949 à Ottawa. La famille déménagea éventuellement à Hull dans un quartier plus pauvre et c'est là que Denis naquit ensuite en 1953. Étant d'une famille peu aisée, les Potvin se passaient leur équipement de génération en génération, d'abord du paternel Armand, un ancien joueur, à ses deux plus vieux fils, Bob, Jean et ensuite Denis qui héritait des retailles des autres... Le talent de Jean et particulièrement Denis, tous les deux de robustes défenseurs offensifs, fut vite remarqué, et les deux frères furent recrutés par l'équipe junior locale, les 67's d'Ottawa.
Jean, de 4 ans plus âgé, fit ses débuts avec les 67's en 1967-68 après deux saisons avec les Hawks de Hull. Denis fut invité par les 67's durant la même saison pour un essai de 3 matchs alors qu'il n'avait que 15 ans. Il eut toutefois la promesse d'être ramené la saison suivante, soit la dernière saison junior de Jean, où les deux frères furent réunis sur la même paire à la défense.
Pendant que Denis continuait son stage junior à Ottawa, Jean débuta son parcours professionnel. Non-repêché, il se dénicha toutefois un poste dans la ligue américaine avec le club école des Kings de Los Angeles, les Kings de Springfield, pour la saison 1969-70. Il se distingua assez pour être invité par le grand club durant 4 matchs en 1970-71. Il obtint d'ailleurs un match de 1 but et 2 passes lors de son premier match en carrière, contre les Golden Seals de Californie. Il fut toutefois retourné rapidement à Springfield, où il était le défenseur numéro un de l'équipe qu'il aida à remporter la coupe Calder en 1971 avec une fiche de 12 points en 12 matchs durant les séries.
Signe avant-coureur de la dynastie des Islanders, parmi cette édition championne à Springfield on retrouvait deux autres futures pierres angulaires des Islanders en Butch Goring et Billy Smith. Smith fut acquis lors du repêchage d'expansion de 1972 tandis que Goring fut acquis lors de la date limite des transactions en 1980, une transaction qui selon la légende amena le chainon manquant à Long Island en Butch Goring.
Jean Potvin fit la LNH à temps plein avec les Kings en 1971-72. Il fut toutefois échangé en janvier 1972 lors d'une méga-transaction impliquant 8 joueurs. Il prit ainsi le chemin de Philadelphie en compagnie de Bill Flett, Eddie Joyal et Ross Lonsberry en retour de la future vedette des Nordiques Serge Bernier ainsi que Larry Brown, Bill Lesuk et Jim Johnson.
Il termina la saison avec une fiche de 15 points en 29 matchs avec les Flyers. Il y débuta la saison suivante mais ne semblait pas vraiment aimer son rôle avec les Flyers qui (sans surprise) demandaient davantage de robustesse de sa part et de jeter davantage les gants. Jean aurait parfaitement pu remplir ce rôle mais il ne voulait pas être étiqueté comme bagarreur, lui qui était capable de contribuer davantage en attaque et d'accomplir de vrais missions défensives.
Il fut donc échangé une deuxième fois en un peu plus d'un an, cette fois-ci aux Islanders en retour du futur entraîneur des Flames et du Lightning Terry Crisp.
Derrière cette acquisition du GM Bill Torrey se cachait non-seulement l'acquisition d'un bon défenseur en Jean Potvin, mais également une décision stratégique en vue d'améliorer davantage la défensive et l'avenir des Islanders, soit l'acquisition du choix unanime comme premier choix au repêchage en 1973, Denis Potvin. Ce dernier en était alors à sa dernière saison junior à Ottawa, saison où il obtint un record de 123 points, battant du coup le record de celui avec qui il était souvent comparé, Bobby Orr. Les Islanders, en route vers la pire saison pour une équipe d'expansion en 1972-73, allaient pouvoir repêcher Denis au premier rang mais il y avait des rumeurs comme quoi il y avait des équipes intéressées à l'amener dans l'AMH à gros prix.
L'aquisition de Jean le printemps précédent aurait donc été un élément bonus dans la décision de Denis de signer avec les Islanders plutôt que de faire sauter davantage la banque dans l'AMH. Il aurait même pu devenir membre du Canadien de Montréal si Bill Torrey n'avait pas résisté aux manigances légendaires de Sam Pollock...
Denis arriva donc à Long Island pour la saison 1973-74 et remporta aussitôt le trophée Calder comme recrue de l'année. Et comme lors de leur séjour ensemble avec les 67's, Jean et Denis furent réunis sur la même paire de défense. Jean connut donc sa meilleure saison jusqu'à ce moment avec 5 buts et 28 points. Comme la jeune équipe, les deux frères ne firent que s'améliorer au cours des années suivantes, le tout culminant par une saison de 98 points pour Denis et 72 points pour Jean en 1975-76, une saison où un Bobby Orr décimé par les blessures ne put jouer qu'une dizaine de matchs pour ensuite quitter Boston. Denis et Jean Potvin terminèrent donc au deux premiers rangs chez les défenseurs de la LNH durant cette saison. Denis remportera alors le premier de ses trois trophées Norris en carrière.
Jean ne put connaître d'aussi bonnes saisons par la suite, régressant à un total tout de même acceptable de 46 points en 76-77. Cependant, lui et Jean-Paul Parisé furent utilisés comme monnaie d'échange pour obtenir le centre Wayne Merrick des piteux Barons de Cleveland durant la saison 1977-78, une nouvelle qui terrassa les Potvin et que l'entraîneur Al Arbour dut même annoncer en larmes à Jean.
Jean continua donc malgré tout son chemin à Cleveland durant cette deuxième et dernière année d'existence des Barons. Il obtint en tout 3 buts et 17 points en 40 matchs dans leur uniforme blanc et rouge. Il suivit ensuite la franchise au Minnesota suite à la fusion de 1978 entre les deux équipes. Les North Stars lui firent toutefois commencer la saison 1978-79 dans les mineures avec les Stars d'Oklahoma City mais il fut rapidement rappelé après une fiche de 10 points en 9 matchs là-bas.
Je ne me tannerai jamais de cette image des Barons avec Jean Potvin à l'air lendemain de veille au deuxième plan...
Après cette seule saison au Minnesota, Bill Torrey venait de nommer Denis comme nouveau capitaine des Islanders après que Clark Gillies ait abandonné le titre. Afin de plaire à son capitaine et le récompenser, Torrey ramena Jean comme agent libre en juin 1979. Al Arbour déclara qu'il s'ennuyait également de son leadership et de sa présence dans le vestiaire. Mais il fut toutefois averti qu'il serait utilisé sporadiquement, maintenant que la défensive des Islanders était de plus en plus forte. Son rôle diminua effectivement au cours de la saison 1979-80 alors que les défenseurs Gord Lane et particulièrement Ken Morrow (en provenance de l'équipe américaine de Lake Placid) joignirent l'équipe au cours de la saison. Jean ne disputa donc que 32 matchs en 79-80, saison qui fut couronnée par la première des 4 coupes consécutives de la dynastie des Islanders. Il ne joua alors aucun matchs en séries durant ce parcours et malgré qu'il n'avait pas joué assez de matchs pour être éligible, son nom fut quand même inscrit sur la coupe. Durant ces séries où il ne joua aucun match, il avait toutefois été invité comme analyste radio chez les Islanders.
C'est d'ailleurs Jean qu'on entend ici avec son fameux «Yes! Yes! Yes!» lors de cette transmission radio du but en prolongation de Bob Nystrom lors du 7e match de la finale contre les Flyers:
Le même scénario se répéta en 1980-81 alors que cette fois Jean ne joua que 18 matchs en saison régulière et encore aucun en séries. Il eut le même traitement spécial qu'en 1980 en retrouvant son nom sur la coupe une deuxième fois. Ce fut toutefois sa dernière saison en carrière et il prit sa retraite pour devenir analyste radio à temps plein chez les Islanders, un poste qu'il occupa pendant les 8 années suivantes.
Il travailla ensuite dans le domaine bancaire en plus d'être sur le comité directeur des Boy Scouts de Nassau County, domicile des Islanders où il continua d'habiter après sa retraite.
Malade depuis quelques années, il était présentement en Floride, où habite également Denis, au moment de sa mort à 72 ans le 15 mars dernier. Il était en attente d'une transfusion rénale.
Lors de son introduction au temple de la renommée en 1991, Denis déclara que Jean aura été la plus grande influence durant sa glorieuse carrière et qu'il était son pilier, l'aidant à deux reprises durant sa carrière à effectuer la transition, premièrement dans le junior et ensuite comme professionnel et jeune adulte avec les Islanders.
Une murale célébrant les deux frères Potvin a été dévoilée sur le mur d'un centre communautaire d'Ottawa en 2003.
En 613 matchs dans la LNH, Jean Potvin aura amassé 63 buts et 224 passes pour 287 points. Pour sa part, Denis Potvin aura amassé 310 buts et 742 passes pour 1052 points en 1060 matchs.
Gordie Howe, ses fils Marty et Mark et son épouse Colleen.
Les Howe Seul famille père-fils à jouer ensemble dans la LNH (et l'AMH)
Kasperi et Sami Kapanen Un autre duo père-fils à avoir joué ensemble mais cette fois dans la SM-Liiga en Finlande
Les Kapanen sont en fait une très grande famille du hockey Finlandais. Ici, on retrouve un jeune Kasperi, son père Sami et son grand-père Hannu Kapanen, joueur vedette en Finlande dans les années 70 et 80. L'oncle de Sami, Jari Kapanen était également coéquipier de son frère Hannu. On retrouve également plusieurs autres branches de la famille dans le hockey finlandais.
Peter Stastny et toute sa marmaille à Québec
Une carte célèbre de Sylvain Turgeon avec un jeune fan des Sabres nommé Patrick Kane sur les genoux de son papa en 1995.
Cory Stillman, son fils Riley et son beau-père Bud Stefanski. Riley est membre des Blackhawks et Bud joua un match dans la LNH avec les Rangers dans les années 70.
Michael Nylander et ses fils William et Alexander
Keith Tkachuk au match des étoiles de 2009 à Montréal avec ses enfants (de gauche à droite): Brady, Taryn et Matthew
Thomas Steen et son fils Alex lors de la conquête des Blues en 2019
Pierre et Dominic Turgeon, choix de 3e ronde des Red Wings en 2014
Keith Primeau et ses fils Cayden et Chayse
Photo plus récente du clan Primeau
Pierre et le regretté Butch Bouchard
Martin et le regretté Denis Brodeur
Martin et ses fils, les jumeaux Jeremy et William (pas nécessairement dans cet ordre) et Anthony.
Au centre, un des pionniers des débuts du hockey, Lester Patrick entouré de ses fils Lynn et Muzz. Son neveu est Craig Patrick, anciennement DG des Penguins.
Patrick et Jonathan Roy
Les frères Sutter avec les parents derrière. Il manque un des frères, j'ignore lequel. En fait il en manque 2, un des 7 enfants Sutter n'a pas joué professionnel.
Wayne et le regretté Walter Gretzky, l'ultime «Hockey dad»
Wayne et ses rejetons
Pour terminer, Walter était là pour voir ses fils jouer peu importe le niveau. Ici on le voit en compagnie de son fils Brent lors du championnat senior de la coupe Allan de 2008, le dernier match compétitif des frères Gretzky.