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jeudi 7 juin 2012

Comment bien ranger le champagne...



Si j'ai bien compris, on peut résumer le match d'hier comme ceci :
(   .   ) (   .   )

Mais au-delà de la poitrine derrière l'entraîneur des Devils, il y avait un match de hockey... La seule chose que j'ai à dire à cet effet est que j'ai eu l'impression que les Kings ne voulaient pas gagner la Coupe Stanley hier. Quand j'ai vu le but de Doughty, le seul but des Kings, et le manque d'énergie de l'équipe par la suite, on aurait dit qu'ils ne voulaient pas passer à l'histoire ce soir-là... C'est également comme si on les a tellement encensé depuis deux mois qu'ils se croient invulnérables au point de ne pas savoir quoi faire dans l'adversité... Les Devils sont entré dans leur tête assez solidement, on ne serait-ce que la poitrine derrière le banc...

J'exagère peut-être, mais reste que ça n'a pas énergisé les Kings pour la suite du match, ce n'est pas devenu le point catalyseur de la victoire...

On peut revoir le but et du même coup revoir le splendide chandail vintage mauve de Dustin Brown que possède le mec à côté du banc de pénalité...




Par contre, ça m'a rappelé un jeu, comme par hasard...

Souvenir donc d'une finale de la Coupe Stanley assez récente, celle de 2008. Vous vous rappellez peut-être du match numéro 5 de cette série. On est en fin de troisième, les Red Wings mènent la série 3 à 1 et le match 3 à 2. À une minute de la fin ça sentait tellement le champagne dans le Jos-Louis Arena que les Red Wings avaient l'air de jouer comme si les bouchons de champagne qui poppaient dans leur tête... Je me rappelle d'un Chris Osgood qui se voyait plus avec la Coupe dans les bras que dans un filet...

Regardons :



S'en est suivi un match numéro 6 à Pittsburgh où les Red Wings ont remporté la Coupe sTanley à l'étranger dans une des plus mornes célébrations de la COupe Stanley de l'histoire...

On cite souvent la phrase de Yogi Berra "It ain't over til' it's over..." Ce n'est pas une phrase qui est nécessairement destinée aux perdants...

C'est ce que les Kings ont eu à apprendre hier selon moi...

mercredi 6 juin 2012

RIP Vladimir Krutov


Vladimir Krutov (Владимир Крутов) est décédé ce matin à Moscou des suites des séquelles d'un accident de voiture subit il y a quelques jours... Il avait 52 ans...

C'est triste parce qu'à sa manière, Vladimir Krutov a sa place dans l'histoire du hockey selon moi plus qu'on ne le pense...

C'était dans une autre époque dans un autre monde... Vous savez, on s'apprête même à voir être repêché le fils d'un des premiers russes à jouer en Amérique du Nord, Alex Galchenyuk, un jeune d'origine russe qui est né et a grandit aux États-Unis... On est définitivement dans un autre monde...

Vladimir Krutov représentait bien cette époque où les joueurs de hockey soviétique étaient des machines de guerre. On ne les voyaient pas souvent, mais ils faisaient peur à chaque fois... Des joueurs surentraînés, prêt à démolir l'ennemi, discipliné comme on ne peut s'imaginer en tant que nord-américains. C'est joueurs étaient presque des robots qui venaient de l'autre bout du monde... Le monde était justement tellement divisé que ces joueurs venaient presque d'une autre planète... Je me rappelle par contre quand j'ai entendu dire que des joueurs soviétique allaient maintenant pouvoir jouer dans la NHL, ils étaient relevés de leur fonctions militaires et pouvaient maintenant aller jouer en Amérique. La chose allait changer la face du hockey c'était certain, ces Makarov, Larionov et Fetisov enfin dans la NHL... Même les Nordiques allaient avoir leur gardien russe...

On se rappellera tous que la révolution ne s'est pas faite tout de suite, ces russes n'ont rien cassé à leur arrivée. On se rappelle que Sergei Makarov, autre membre de la fameuse ligne KLM (Krutov-Larionov-Makarov), a remporté le trophée Calder lors de cette saison (1989-90), mais c'est peut être plus afin de souligner l'arrivée de grands joueurs russes dans la NHL et, d'une manière plus significative, parce qu'il n'y avait pas tant de "vraies" recrues ayant connu des saisons remarquables...
De ce quintette soviétique (Je vous rappelle que les soviétique ne jouaient pas en termes de paire de  défenseurs et de trio offensif, mais en quintette, la formule sera reprise par les Red Wings des années 90) des années 80 de Fetisov, Makarov, Larionov, Kasatonov et Krutov qui terrorisait le monde du hockey, seul Krutov n'a pas su faire la transition dans la NHL. C'est le joueur qui passera à l'histoire pour ne pas s'être acclimaté de l'Occident...


Vladimir Krutov est arrivé avec son coéquipier Larionov dans une équipe des Canucks de Vancouver faibles qui n'allaient nulle part... À cette époque, Krutov n'était plus le joueur qu'il était, il faisait de l'embonpoint, ne trouvait pas ses repaires dans un monde de hockey différent. Les fans des Canucks, dont nous savons maintenant qu'ils peuvent être très caustiques, se mirent à l'appeler Vladimir Crouton, afin de marquer la douteuse et décevante forme physique du joueur lors de cette saison 1989-90... Après une saison, la direction des Canucks a décidé de ne pas renouveler son alliance avec l'ancienne vedette soviétique... La carrière nord-américaine de Krutov se résume à 61 matchs où il récolta 34 points dont un maigre 11 buts, ce qui n'est pas gros pour l'époque...

Krutov prit par la suite le chemin de l'Autriche où il fut chassé par un nouvel entraîneur, un canadien, à sa deuxième saison qui le jeta hors de l'équipe en refusant d'avoir ce joueur sur le déclin dans son alignement. Il prit par la suite le chemin de la Suède où il joua en seconde et en troisième division avant de se retirer pour de bon lors de la saison 1995-96...
Krutov marqua donc l'histoire du hockey comme ayant été un des membres d'une des plus redoutable ligne d'attaque de tous les temps mais également malheureusement pour avoir été celui de ce trio qui n'a pu s'acclimater à la NHL...

Il a néanmoins remporté deux médailles d'or Olympiques et cinq médaille d'or au Championnat du monde... On ne peut pas dire qu'il était un loser...

Il fut intronisé au Temple de la renommée de l'IIHF en 2010...

Son fils, Alexei Krutov, évolue avec le Avtomobilist Yekaterinburg dans la KHL...



lundi 4 juin 2012

Une histoire de "hockey dad"...


La semaine dernière, j'étais dans la légendaire taverne le Verre Stérilisé, haut lieu du Plateau si on veut y écouter le hockey. C'est un bon spot si vous voulez écouter le hockey des séries dans un bar car rendu en finale, quand le Canadien ne joue plus, il s'agit d'un des rares bars qui diffusent les matchs avec le son. Son de RDS, mais son pareil...

Pendant une des entractes, je crois que c'était entre la troisième et la supplémentaire, il y avait un segment de l'Antichambre, vous savez, cette émission pas écoutable où les gens sont enfoncés dans un divan trop profond où les sujets abordés sont trop souvent peu intéressants par des personnes avec tout autant peu de verve dans un décors qui donne le goût de zapper... Bon, je ne suis pas là pour vous dire que je n'aime pas cette émission, mais c'est fait... Tout ça pour dire qu'il y avait des membres de l'équipe gagnante des Cataractes de Shawinigan. C'est là que j'ai fait remarquer à mes amis avec qui j'étais que Michael Bournival avait trop l'air d'une personne qui n'a que joué au hockey dans sa vie.  C’est ce qui me donne comme impression. 

Vous savez, ce jeune qui a toujours fait que ça, qui était isolé par exemple durant son secondaire, qui a passé toute son enfance à jouer dans la rue, bref il a un style joueur de hockey parce qu'il est n joueur de hockey... Vous savez de quoi je parle, des gens qui mangent du hockey, qui vivent du hockey et qui aspirent à devenir un joueur de la NHL. Beaucoup ont une "lifestyle" de la sorte mais peu y arrivent. Je crois que Bournival fait partie de l'exception de ce type de joueur, mais je sais que vous avez connue des gens comme ça.

Ça m'a rappelé une histoire qui n'a peut-être pas rapport mais qui en dit long sur d'où ça vient cette manière de créer des joueurs de hockey. Malheureusement, l'attitude et les habilités du jeune sont toujours plus important que la volonté du parent, ce qui peut créer des choses étranges...

C'est l'histoire d'un mec père de trois enfants, un aîné et deux jumeaux qui ont quelques années de moins. Le type est fan de hockey, vit pour le Canadien et aspire fortement à voir ses jeunes devenir les prochains Guy Lafleur ou Bob Gainey. Alors quoi de mieux de non seulement d'inscrire ses enfants aux hockey, mais de devenir entraîneur... Comme vous vous en doutez, il était un entraîneur assez heavy avec les joueurs, exigeant le maximum de ces kids d'une dizaine d'année. Ce n'est pas grave, on était dans les années 80, on pouvait être dictateur avec les enfants dans les arénas...

Mais imaginez à quel point il était exigeant avec ses enfants...

Quand ses jumeaux ont atteint le niveau pee-wee, le père était l'entraîneur de l'équipe local du plus haut niveau deux lettres. Étant très exigeant avec ses enfants, il alla même jusqu'à retrancher un de ses fils de l'équipe, l'envoyant au niveau une lettre... Imaginez, le gars était tellement exigeant avec ses enfants qu'il n'a pas fait de favoritisme comme tout bon père aurait fait... Ça veut dire deux fois plus de logistique pour les pratiques, les matchs et cie... Ne serait-ce que pour ça, c'est un peu plus normal de garder son enfant dans l'équipe que l'on entraîne. Mais pour cet entraîneur, non, retrancher son fils au niveau pee-wee, c'était la chose à faire pour avoir une équipe gagnante, se passer de son propre fils, incapable de performer... 

Mais bon... Y'a des gens comme ça...

Ça ne vous surprendra pas de savoir que ses enfants n'ont jamais atteint la NHL...

Tout ça pour dire qu'il y a des parents qui prennent ça trop au sérieux... C'était dans les années 80 et probablement que rien n'a changé...

dimanche 3 juin 2012

Bobby Baun







Originaire de la Saskatchewan, Bobby Baun s’est joint aux Maple Leafs durant la saison 1956-57 après avoir gagné deux Coupes Memorial avec les Marlboros de Toronto.  Défenseur très physique et défensif, il n’a compté que 37 buts en 964 matchs.  Pourtant, son exploit le plus marquant a été un but, marqué en prolongation lors du sixième match de la finale de 1964, contre Détroit.

Un but en prolongation lors de la finale est déjà quelque chose de spécial, mais en reculant un peu, il le devient encore plus.  Au milieu de la troisième période, il a été atteint au pied par un lancer de Gordie Howe et a dû être sorti sur une civière.  Baun se doutait qu’il y avait fracture, mais il ne voulait pas manquer la prolongation.  À l’infirmerie, on a estimé, à l’œil, qu’il ne pourrait pas vraiment empirer son cas.  On l’a donc gelé, enrubanné et on lui a donné un antidouleur.  Il est ensuite retourné au jeu.  

Son pied était effectivement cassé, mais ça ne l’a pas empêché de déjouer Terry Sawchuk et de faire la différence.  Il a même trouvé les moyens de jouer un peu lors du septième match, qui donna une troisième Coupe Stanley en trois ans aux Leafs.

Par la suite, Baun s’est montré critique de la situation des joueurs, eux qui n’avaient pas encore d’association.  Contrairement à bien d’autres, il comprenait le côté affaires du hockey.  Le fait que des coéquipiers sollicitaient son opinion lorsque venait le temps de négocier un nouveau contrat ne l’a pas rendu populaire auprès du directeur-gérant, Punch Imlach.  Sa grève pour obtenir une augmentation en 1965-66 n’a pas aidé non plus.  Au cours de la saison 1966-67, bien qu’en uniforme, il eut bien peu de temps de glace et refusa de participer aux célébrations de la victoire de la Coupe de 1967.

Il fut laissé sans protection au repêchage d’expansion de 1967 et aboutit alors avec les pauvres Seals d’Oakland.  À la fin de l’année, il demanda à être échangé à une équipe des « Original Six », ce que les Seals firent en l’envoyant à Détroit.

Il y a été pour un peu plus de deux ans, avant d’être soumis au ballotage en novembre 1970.  Il fut alors réclamé par Buffalo, équipe d’expansion maintenant gérée par… Punch Imlach.  Ce dernier l’échangea toutefois immédiatement à St-Louis, où Baun refusa de se rapporter.  Il fut alors échangé à Toronto, où il rendit encore une fois de bons services aux Leafs.

Au cinquième match de la saison 1972-73, il subit une blessure au cou qui mit fin à sa carrière de joueur.  Il s’occupa alors de sa ferme bovine pour les trois années suivantes, jusqu’à ce qu’il devienne entraîneur des Toros (tant qu’à rester dans le bovin) de Toronto de l’AMH pour la saison 1975-76.

Il eut alors l’occasion de diriger ses anciens coéquipiers Frank Mahovlich, Paul Henderson et Jim Dorey.  Les résultats furent néanmoins épouvantables.  Les Toros terminèrent derniers de la ligue, 11 points derrière les Fighting Saints du Minnesota, une équipe qui avait cessé ses activités 21 matchs avant la fin de l’année.  Au cours de la saison, il avait entre autres mis à l’amende tous ses joueurs (500$ chacun, qu’il leur remit plus tard) après un match contre Cleveland.  Il était en furie après avoir vu son équipe laisser filer une avance de 8-2 et perdre 10-9.

Baun est donc retourné à sa ferme après la saison, tout en vendant aussi des assurances.  Quant aux Toros, ils ont déménagé à Birmingham et sont devenus les Bulls.

Dans les années 1980, il fut l'un des premiers à questionner sa maigre pension, de 7622$ par année dans son cas.  Devant le manque d’appui des autres joueurs, il abandonna.  C’est finalement son ex-coéquipier Carl Brewer qui reprit la lutte plus tard, avec succès cette fois.

Il vit aujourd’hui à Oshawa, près de Toronto.