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lundi 6 juillet 2026

Larry Lozinski

 

Larry Lozinski est originaire d’un village de Saskatchewan qui s’appelle Hudson Bay. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’est pas situé sur le bord de la baie d’Hudson. Son nom est plutôt relié à la Compagnie de la Baie d’Hudson, qui y a déjà eu un poste de traite. 

Gardien des Bombers de Flin Flon dans la Ligue de l’ouest canadien (la dernière année où la ligue s’est appelée ainsi, puisqu’elle perdit son ″canadien″ en 1978-79 suite à l’ajout d’équipes basées aux États-Unis), il fut repêché par les Red Wings avec un lointain choix de 14e ronde (219e au total) en 1978. Comme il avait à moment déjà presque 20 ans, il passa directement au Red Wings de Kansas City. Il joua peu, puisqu’il se retrouva derrière l’ancien gardien des affreux Capitals des débuts et futur Nordique Ron Low. 

En 1979-80, il se retrouva avec les Wings de Kalamazoo de l’IHL. Lozinski y eut beaucoup plus de temps de glace (69 matchs) et remporta le trophée James Norris comme meilleur gardien de la ligue. Il aida également l’équipe à remporter la Coupe Turner. 

Les Red Wings ont débuté la saison 1980-81 avec deux vétérans devant les buts : Jim Rutherford et Gilles Gilbert, acquis de Boston. Rutherford fut toutefois échangé aux Maple Leafs le 4 décembre. Si Lozinski fut rappelé, l’entraîneur Wayne Maxner (qui venait de remplacer Ted Lindsay derrière le banc d’une équipe des Wings encore mauvaise, une constante à l’époque) mit du temps à lui faire appel. Suite à l’échange, Gilbert joua les 9 matchs suivants. Si on ajoute les 3 autres avant la transaction, cela signifie que Gilbert a joué 12 matchs consécutifs.

C’est finalement le 27 décembre que Lozinski eut son baptême de feu, alors que Maxner l’envoya dans l’action contre une jeune équipe montante, les Oilers de Wayne Gretzky, à Edmonton. Tout de même particulier comme moment pour lui faire débuter sa carrière. C’était un peu comme le jeter en pâture… 

Même si les jeunes Oilers avaient un début de saison ordinaire, il demeure que le fait que Lozinski put les limiter à une nulle de 4-4, même avec une équipe faible devant lui, n’était tout de même pas si mal. À noter que Gretzky a obtenu trois passes dans ce match. 

Cette performance a donc donné confiance à l’entraîneur à confier le filet de nouveau à Lozinski le lendemain à Winnipeg. Toutefois, après 3:13 en première période, les pourtant misérables Jets (2-26-7) avaient déjà pris les devants 2-0 sur des buts de Kris Manery et Morris Lukowich. Maxner retira donc Lozinski pour utiliser Gilbert. Ce dernier sauva les meubles et les Wings l’emportèrent 4-3. 

La suite fut assez typique d’un gardien qui joue avec une équipe de bas de classement. Il y eut de bons moments, comme sa première victoire, 4-1 contre Calgary le 10 janvier. Toutefois, les Flames prirent leur revanche à Calgary cinq jours plus tard, alors qu’ils les blanchirent 10-0, une raclée que Lozinski partagea avec Gilbert. 

Quelques jours plus tard, Détroit se rendit à Los Angeles, où les Kings avaient une bonne saison. Gilbert prit le filet dans un match où les Wings causèrent une certaine surprise en prenant les devants 2-1. Par contre, après 7 minutes en deuxième période, Gilbert se blessa à la hanche et Lozinski prit le but. La suite ne fut pas très élégante. Menés par la Triple couronne (le trio de Marcel Dionne, Charlie Simmer et Dave Taylor), les Kings marquèrent 10 buts et l’emportèrent 11-4. Simmer accumula 5 points, alors que Dionne et Taylor en eurent quatre chacun. 

Malgré cette performance laborieuse, la blessure à Gilbert permit à Lozinski de voir passablement d’action. Il joua entre autres lors du match du 28 janvier qui fut nommé la partie inaugurale, suite à la fin de la rénovation du Colisée de Québec. Ce duel, qui fut qualifié d’ennuyeux et qui a inclus une bagarre générale, s’est terminé par un match nul de 2-2. Seul Robbie Ftorek est parvenu à déjouer (deux fois) Lozinski chez le club hôte. 

Avec le retour de Gilbert de sa blessure, le temps de jeu de Lozinski revint ensuite à un niveau plus modeste. Il termina tout de même sa saison 1980-81 en jouant 30 matchs. Sa fiche fut de 6-11-7 et sa moyenne de 4,27. 

La saison suivante, il fut dépassé dans la hiérarchie par l’arrivée du québécois Corrado Micalef, qui seconda Gilbert. En décembre, les Wings firent l’acquisition de Robert Sauvé dans un échange monstre. En plus de Sauvé, Danny Gare, Jim Schoenfeld et Derek Smith se dirigèrent vers le Michigan. En retour, les Wings cédèrent aux Sabres Dale McCourt, Mike Foligno et Brent Peterson. Il n’y avait donc plus vraiment d’espace pour Lozinski, qui passa l’entièreté de la saison dans la Ligue américaine avec les Red Wings d’Adirondack. 

En 1982-83, ce fut Greg Stefan qui passa devant lui et il demeura encore dans la LAH. En fait, il ne revint jamais dans la LNH. 

En 1983-84, même avec Adirondack il n’y avait plus de place pour lui. Il joua une dernière saison avec les Wings de Kalamazoo. 

Lointain choix au repêchage, il profita tout de même de sa chance et du fait qu’il aboutit au sein d’une équipe faible pour se faufiler jusque dans la Ligue nationale. Bien que ce fut pour une courte période, ça demeure un club sélect. En plus, il eut même sa carte de hockey! 

Sources: 

″When It’s time to work the pits, Maxner’s Wings now respond″, CP, December 29, 1980, Windsor Star, page 14, 

″Bossy not up the usual antics but Wings same hapless team″, Canadian Press, Windsor Star, page 20,

″Plasse, le dépanneur des Nordiques″ de Maurice Dumas, 29 janvier 1981, Le Soleil, page C1, 

hockey-reference.com.

 

dimanche 19 avril 2026

Marc Rodgers


N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.



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Né le 16 mars 1972 à Shawville en Outaouais, Marc Rodgers est un ailier droit qui a disputé la majorité de son hockey professionnel dans la défunte Ligue Internationale de Hockey, et aussi quelques matchs dans la LNH.

Il a disputé son hockey Midget AAA avec les Frontaliers de l’Outaouais, avant de migrer à la LHJMQ à seize ans, avec les Bisons de Granby. Il est productif durant quatre ans avec eux, culminant avec une saison de 120 points en 1991-92 alors qu’il quitte pour Verdun (Collège Français) à la fin de la saison, échange qui lui sourira puisqu’il remporte la Coupe du Président à la fin des séries.

Malheureusement, surtout en raison de sa taille de 5 pieds 9 pouces, Rodgers n’est pas repêché par une équipe de la LNH. Il devra donc trouver d’autres moyens pour monter les échelons et espérer faire carrière au plus haut niveau. Pourtant, le Québécois n’avait pas froid aux yeux, lui qui se défendait lorsqu’il le fallait et qui a souvent atteint les cent minutes de pénalité en saison régulière.

Il a débuté sa carrière professionnelle en 1992-93 dans la ECHL avec les Thunderbirds de Wheeling, avant de passer la saison suivante avec les Cherokees de Knoxville. Après un total de 93 points en 91 matchs, dont 35 buts, dans l’ECHL, il monte de niveau à mi-chemin de la saison 1993-94 avec le Thunder de Las Vegas, dans l’IHL.

Sa production sera modeste à Vegas, mais il demeure bon marqueur, effleurant la marque des vingt buts lors des deux saisons subséquentes. À la fin de 1995-96, il est échangé aux Grizzlies de Utah et joue un rôle crucial avec l’équipe dans sa route vers la Coupe Turner. 

Il débute la saison 1996-97 avec Utah, mais les Rafales de Québec décident de faire l’acquisition de ses services après cinq matchs et, pour la première et seule fois de sa carrière professionnelle, Marc Rodgers aura la chance de patiner au Québec.

 

En compagnie d’autres locaux comme Steve Larouche (102 points en 79 matchs) et Jesse Bélanger (62 points en 47 matchs), Rodgers fait la pluie et le beau temps avec le club de la Vieille Capitale, amassant 67 points en 70 matchs, sa meilleure saison en carrière au niveau statistique. Il aide les Rafales à atteindre la deuxième ronde des séries, une défaite en six matchs contre les Vipers de Detroit.

Vers la fin de la saison suivante, Rodgers et Larouche sont échangés aux Wolves de Chicago, eux qui sont incapables de reproduire la magie de 1996-97. Ils remporteront ensemble la coupe Turner avec les Wolves en 1998, le deuxième et dernier championnat de la carrière de Marc Rodgers.

À l’été 1998, l’attaquant de Shawville voit enfin son rêve commencer à se matérialiser : il reçoit l’appel de l’organisation des Red Wings de Détroit qui, impressionnés part son récent parcours de victoires dans l’IHL, lui octroient un contrat à titre d’agent libre!

Ainsi donc, Rodgers se retrouve maintenant dans la deuxième ligue en importance au monde (Red Wings d’Adirondack, dans la LAH), et y dispute la totalité de la saison 1998-99. En quatre-vingt joutes, il amasse 19 buts et 57 points.

La saison suivante, il goûte enfin au hockey de la LNH. Il débute la saison 1999-2000 en disputant 21 parties avec les Red Wings, amassant ses deux premiers points (un but et une passe) dans une victoire de 7 à 2 contre les Canucks à Vancouver, le jour du dix-neuvième anniversaire de votre humble serviteur (like it matters!), le 17 novembre 1999.

Malheureusement, dans les vingt autres parties dans lesquelles il est en uniforme, il n’amasse pas d’autres points. Le 11 décembre 1999, dans une victoire de 5 à 4 des Wings à Boston, Rodgers dispute les dernières 10 minutes et 28 secondes de sa carrière dans la LNH, avant de retourner finir la saison dans l’AHL (34 matchs, 8 buts, 18 points).

Il ne dispute que trente-deux matchs en 2000-01 avec Cincinnati et produit assez peu (12 points en 32 matchs), aux prises avec diverses blessures. Après des séjours infructueux dans la DEL (Allemagne, Schwenningen) et la UHL (États-Unis, Knoxville) en 2001-02, il décide de mettre un terme à sa carrière, au jeune âge de trente ans.

Malheureusement pour lui, à 5 pieds et 9 pouces à une époque qui aimait davantage les matamores, Marc Rodgers n’a jamais été très sexy sur les radars de la LNH. Pourtant, il a remporté deux coupes Turner et il a su déjouer les prévisions des experts en enfilant l’uniforme d’une équipe de la meilleure ligue de hockey au monde à 21 reprises, en compagnie de légendes comme Steve Yzerman, Brendan Shanahan, Nicklas Lidstrom, Sergei Fedorov et Igor Larionov, entres autres.

dimanche 12 avril 2026

Joueur oublié des 90's #105: Claude Loiselle


N.D.L.R
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Aujourd’hui, on regarde du côté de la carrière d’un Franco Ontarien qui a joué une douzaine de saisons au hockey professionnel en Amérique du Nord. Évidemment, comme la plupart des Ontariens francophones ayant évolué dans la LNH, plusieurs pensent que Claude Loiselle est un Québécois, mais il n’en est rien!

Natif d’Ottawa, ce joueur de centre des Spitfires de Windsor (OHL) a été un choix de 2e tour des Red Wings de Détroit (23e au total) lors de la séance de 1981. À ses deux très productives dernières saisons au niveau junior, il amasse 109 et 88 points en 68 et 46 matchs, respectivement.

Joueur physique et robuste malgré un modeste gabarit de 5 pieds 11 pouces et 190 livres, il n’a pas peur du banc des pénalités, lui qui y passe 267 minutes en 114 matchs dans l’OHL durant la période citée ci-haut. Son profil n’est pas nécessairement celui d’un bagarreur, mais s’il doit jeter les gants, il le fait sans hésiter.

Durant ses deux dernières saisons au niveau junior, il a la chance d’être rappelé à Détroit pour quelques matchs. Le 7 février 1982, il marque son premier but à son premier match dans la LNH, dans une victoire de 8 à 5 contre les Blues à Saint-Louis. Il disputera trois autres matchs en 1981-82, n’accumulant aucun point.

Il débute la saison 1982-83 avec les Wings, amassant deux buts lors des dix-huit premiers matchs disputés, avant d’être retourné à Windsor pour finir la saison.

C’est en 1983-84 que Claude Loiselle passe au niveau professionnel à temps plein, alors qu’il joue vingt-huit parties avec Détroit (4-6-10) et vingt-neuf avec les Red Wings d’Adirondack (13-16-29), des débuts très intéressants pour un jeune centre de vingt ans avec sa production d’un point par match dans la Ligue américaine.

Il continuera de diviser son temps entre Détroit et les Wings d’Adirondack lors des saisons 1984-85 et 1985-86, disputant 78 matchs dans la LNH (15-16-31) et 68 avec Adirondack (37-40-77) lors de ces deux campagnes. Dans la Ligue américaine, il est toujours constant et productif, et produit à un rythme supérieur à un point par match. 

Dans la LNH, avec une piètre équipe à Détroit, il joue toujours très dur malgré son gabarit et est utilisé sur les deux derniers trios et en désavantage numérique, notamment.

Lors de la saison 1985-86, Loiselle accumule 142 minutes de pénalité en seulement 48 parties, et il aide les Red Wings d’Adirondack à remporter la Coupe Calder avec cinq buts et quinze points en autant de matchs de séries.

À l’été 1986, les Red Wings de Détroit n’ont plus de place pour l’Ontarien, qu’ils décident d’envoyer au New Jersey en retour de Tim Higgins, vétéran ailier droit qui avait déjà marqué plus de vingt buts et cinquante points deux fois dans la LNH.

À la recherche de jeu plus rugueux et énergique, les Devils espéraient trouver en Loiselle un joueur travaillant capable de donner une étincelle à son équipe avec son jeu intense. En guise de remerciement pour leur confiance, l’infatigable patineur leur donne sa meilleure saison dans la LNH en 1986-87, alors qu’il dispute soixante-quinze parties, amassant vingt-quatre passes et quarante points, trois sommets en carrière!

La saison suivante (1987-88), il continue sur sa lancée en inscrivant un sommet de dix-sept buts en saison régulière et aidant les Devils à se qualifier pour les séries lors du dernier match de la saison. À titre d’équipe cendrillon, les Devils atteignent la finale de la conférence Prince-de-Galles, mais s’inclinent en sept matchs contre Boston. Loiselle dispute vingt matchs de séries et accumule dix points en vertu de quatre buts et six passes, tous des sommets pour lui en séries dans la LNH.

Après ses deux premières saisons avec une équipe alignant peu de vétérans, Loiselle avait très bien paru dans une équipe comptant de bons jeunes joueurs comme Kirk Muller, Pat Verbeek, John MacLean, Bruce Driver, Tom Kurvers, Sean Burke et un jeune Brendan Shanahan de dix-huit ans!

Malheureusement, à vingt-quatre ans, Claude Loiselle venait de connaître ce qui demeureront ses deux meilleures saisons en carrière. La saison suivante, il marque seulement sept buts et passe 209 minutes au cachot, en plus d’un différentiel de -10, et les Devils ratent les séries.

Voulant ajouter de l’offensive, le New Jersey va chercher le vétéran Walt Poddubny des Nordiques de Québec à l’été 1989, et envoie dans un package Loiselle à l’équipe de la Vieille Capitale. L’attaquant d’Ottawa ne pourra pas vraiment se faire justice à Québec, dans une équipe en déroute qui peinait à aller chercher des victoires. 

Il marque onze buts et vingt-cinq points en 1989-90, mais ne peut améliorer ses totaux la saison suivante, si bien que les Nordiques le laissent partir au ballotage. Les Leafs décident de le réclamer et il termine la saison 1990-91 avec Toronto. Il joue un an avec la mythique équipe, qui l’échange aux Islanders la veille de la date limite des transactions, le 10 mars 1992.

À 30 ans et ralenti par son style physique, Loiselle ne produit plus comme à ses meilleures saisons, lui qui dispute 41 parties à sa première saison complète avec les Islanders, en 1992-93. Avec cinq buts et trois passes, il ne s’inscrit pas vraiment au tableau. Mais avec 90 minutes de pénalité, il prouve qu’il ne recule devant rien pour prendre sa place et déranger les défensives adverses.

Cette saison-là, le numéro 10 des Insulaires et son équipe causent la surprise en éliminant les puissants Penguins de Pittsburgh en sept matchs en quarts de finale. Avec les Jagr, Lemieux, Francis, Mullen et Murphy, pour ne nommer que ceux-là, les Pens étaient les doubles champions en titre! 

Les Isles mirent fin à une potentielle dynastie dans la LNH, protégeant celle de leurs prédécesseurs une dizaine d’années plus tôt comme étant la dernière vraie dynastie (elle l’est toujours!) dans le circuit Bettman. Loiselle amasse trois passes en dix-huit matchs de séries lors de ce parcours cendrillon.
 
La saison suivante, il dispute dix-sept matchs, amassant un but et une passe (49 minutes de pénalité), mais c’en est terminé pour lui comme joueur, à l’issue de la saison 1993-94.

Peut-être a-t-il connu ses succès très tôt en carrière, mais Claude Loiselle a été un de ces joueurs de bas d’alignement efficaces dans l’ombre, ayant souvent l’ingrate tâche de jouer pour des équipes en difficulté. Il a disputé 616 matchs durant sa carrière, amassant 92 buts et 117 passes, pour 209 points. 

Robuste et courageux, il accumule 1149 minutes de pénalité, mais patiner dans des équipes de bas de classement vient aussi souvent avec des différentiels négatifs, ce qui explique en bonne partie son -128 en carrière, lui qui était souvent utilisé dans des tâches défensives, dans des bas d’alignements d’équipes qui devaient se battre pour survivre soir après soir.

Pour vous donner une idée, il a patiné dans la LNH dans treize saisons différentes, mais ne participe aux séries qu’à trois reprises. Les Red Wings du milieu des années ’80 ne faisaient pas les séries et n’étaient pas la puissance qu’elle est devenue quelques années plus tard. Les Devils ont surpris avec une qualification en séries en 1987-88, mais c’est tout. Les Nordiques et les Leafs étaient de perpétuels candidats au dernier rang de leurs divisions respectives…

Ainsi donc, on peut dire que l’ancien des Spitfires de Windsor n’a pas eu les circonstances les plus faciles pour s’épanouir dans la LNH. En même temps, il a toujours fièrement défendu les couleurs de ses équipes, peu importe les circonstances. 

Et avec près de cent buts et plus de deux cent points dans la meilleure ligue de hockey au monde, Claude Loiselle avait bien plus que seulement du cœur : il a eu le talent de patiner pendant plus d’une décennie avec les meilleurs joueurs de son époque!

Après sa carrière de joueur, il est demeuré dans le milieu du hockey, travaillant notamment comme assistant DG du Lightning, DG de leur club-école de Norfolk (Ligue américaine), assistant DG des Leafs et consultant avec les Coyotes, entre autres.

mercredi 25 mars 2026

Joueur oublié des 90's #104 - Sergei Bautin



 


Né le 11 mars 1967 à Rogachyov, dans ce qui est aujourd'hui la Biélorussie, Sergei Bautin a fait ses armes dans la ligue soviétique, d'abord avec le Kristall Saratov en deuxième division, puis ensuite avec le puissant Dynamo de Moscou. C'est là qu'il a bâti sa réputation de défenseur à vocation défensive de premier ordre. Il n'obtenait presque pas de points (6 points en plus de 60 matchs) mais sa présence physique a aidé à remporter le championnat à deux reprises, en 1991 et 1992, au sein d'une équipe qui comptait également Alexei Kovalev, Alexander Karpovtsev et Darius Kasparaitis. 
 
Grand et robuste, il a aussi contribué à la performance de l'Équipe Unifiée qui a remporté quatre de ses cinq matchs lors du tour préliminaire des Jeux olympiques d'Albertville en 1992, ne s'inclinant que face à la Tchécoslovaquie. En séries éliminatoires, ils ont battu la Finlande, les États-Unis et enfin le Canada (3-1), décrochant une médaille d'or historique pour un pays alors en pleine transition.

Quelques mois plus tard, il a représenté la Russie (depuis ré-unifiée) au Championnat du monde, mais en peu de temps, l'ancienne Union soviétique était totalement démantelée et l'équipe a terminé cinquième. 
 
Les joueurs pouvant désormais s'expatrier librement en Amérique du Nord, Bautin a été repêché par les Jets de Winnipeg lors de l'été 1992 au 17ème rang au total. Trois de ses compatriotes et coéquipiers sur la scène internationale furent sélectionnés avant lui : Alexei Yashin (2ème), Kasparaitis (5ème) et Andrei Nazarov (10ème). Les Capitals de Washington ont également choisi Sergei Gonchar au 14ème rang.

À l'époque, demeurer en Russie n'était donc pas la priorité. Les clubs n'avaient plus les moyens de payer les joueurs, le pays traversait une crise majeure et la LNH pouvait enfin mettre la main sur ce qu'elle convoitait depuis des années, des joueurs de hockey russes. En conséquence, presque tout l'effectif du Dynamo Moscou a traversé l'Atlantique.

Bautin a donc rejoint les Jets pour la saison 1992-93. Pendant l'essentiel de ses deux premières années, il fut un élément stable, souvent jumelé à un autre Russe, Igor Ulanov, ou aligné sur le premier bloc aux côtés de Teppo Numminen. Contrairement à beaucoup de ses compatriotes, Bautin avait véritablement adopté le côté physique du jeu nord-américain, se révélant être un adepte des mises en échec solides. Cependant, des doutes subsistaient quant à sa qualité de patinage et sa vision de jeu ; il semblait souvent mal positionné ou accusait un temps de retard par rapport aux autres joueurs de son âge.

Sergei a signé un contrat de trois ans avec les Jets. Malgré le déracinement, son adaptation à sa nouvelle vie ne fut pas trop difficile, le club ayant également recruté Ulanov, le jeune centre Alexei Zhamnov (choix de 4e ronde en 1990) et Evgeny Davydov (12e ronde de 1989).
 
Sa saison recrue s'est plutôt bien déroulée. Il a inscrit un total respectable (et son meilleur total à vie en une saison) de 5 buts et 18 mentions d'aide, assortis de 96 minutes de pénalité en 71 matchs, aidant les Jets à atteindre les séries éliminatoires où ils se sont inclinés en six matchs face aux Canucks de Vancouver. 
 
La saison 1993-94 fut beaucoup moins clémente. Le club décida d'échanger le défenseur vedette Phil Housley aux Blues de St-Louis contre Nelson Emerson et Stéphane Quintal, et la nouvelle brigade défensive des Jets ne parvint jamais à se replacer. Après un début de saison correct (6-3-1), une série catastrophique de 2 victoires, 20 défaites et 2 nulles en janvier et février a fait sombrer le club au dernier rang de la Conférence Ouest. 
 
Donc complètement hors du portrait, le 18 février 1994, les Jets ont conclu une transaction avec Détroit, envoyant Bautin et le gardien Bob Essensa aux Red Wings en échange de Dallas Drake et Tim Cheveldae.
 
Sous les nouveaux ordres de Scotty Bowman, les Wings commençaient à accumuler les joueurs russes dans l'idée de former cette fameuse unité complète de cinq joueurs. Avec Fedorov, Kozlov et Konstantinov comme piliers, il en fallait deux de plus : un défenseur et un attaquant. Bautin était initialement censé être ce second défenseur.

Cependant, les Wings ont immédiatement constaté un grave problème de condition physique chez Bautin. Il n'avait aucune endurance, était incapable de soulever son propre poids (185 livres) au développé couché (bench press) et était un gros fumeur, le Chicago Tribune rapportant même qu'il fumait deux paquets par jour. « Côté condition physique, il était tout en bas de notre organisation », a déclaré le directeur général de Winnipeg, John Paddock, après l'échange. « Il n'a aucune rapidité et aucune force. » Bautin ne joua qu'un match à Détroit en fin de saison et se blessa même en entrant en collision avec Kris Draper lors d'un entraînement.
 
Il fut donc envoyé au club-école de l'époque, les Red Wings d'Adirondack dans la Ligue américaine pour le lock-out à l'automne 1994, Détroit ne le rappelant aucunement. En fait, les Wings avaient rapidement trouvé la solution pour leur deuxième défenseur du «Russian five» en obtenant nul autre que Viacheslav Fetisov des Devils durant cette saison écourtée de 94-95.

Son contrat signé avec les Jets étant échu, Bautin signa comme agent libre avec San Jose dans l'espoir de jouer avec ses compatriotes Igor Larionov et Sergei Makarov. Son sort ne s'arrangea toutefois pas. Il ne disputa qu'un seul match avec les Sharks en début de saison, son dernier dans la LNH. Les entraîneurs et la direction des Sharks ont rapidement réalisé que le défenseur n'avait plus le coup de patin nécessaire pour la ligue, et il fut envoyé aux Blades de Kansas City dans la IHL. Au même moment à Détroit, le «R5» fut finalement complété avec l'ajout de ce même Larionov, qui fut obtenu de ces même Sharks, en retour d'un gars pas pire pentoute, Ray Sheppard, après seulement 5 matchs au début de la saison.
 


 
Bautin est ensuite devenu assez globe-trotter. Après sa saison 95-96 passée à Kansas City,  il joua deux saisons en Suède avec le Luleå HF, où il mena la ligue pour les minutes de pénalité en 1996-97, une saison en Russie avec le Ak Bars Kazan, et ensuite une en Allemagne (Ice Tigers de Nurnberg). Il joua ensuite deux saisons au Japon (JIHL) avant de revenir terminer sa carrière dans sa patrie avec le Metallurg Manitogorsk et finalement une dernière saison en deuxième division avec le Krylia Sovetov de Moscou.

Après avoir pris sa retraite, Bautin est retourné aux États-Unis pour entraîner des équipes de jeunes à Kansas City, là où il avait joué durant son séjour pour les Sharks. Il a plus tard entraîné au Colorado et de nouveau au Japon avant de rentrer chez lui. Bautin a été intronisé au Temple de la renommée du hockey russe en 2014.

Sergei Bautin s'est éteint la veille du jour de l'An à l'âge de 55 ans, après une longue lutte contre une maladie oncologique.

vendredi 28 novembre 2025

Mike Foligno


Le père de Mike Foligno est arrivé d’Italie lorsqu’il était enfant pour s’établir avec sa famille à Sudbury. Lorsqu’il est devenu père à son tour, il a initié le jeune Mike au hockey. Toutefois, alors que le fils avait 10 ans, le père est décédé subitement. 

Ce malheureux événement a alors rendu sa famille vulnérable. Sa sœur a donc dû abandonner ses études pour aller travailler et venir en aide à sa mère. À 13 ans, Mike dut aussi se trouver un petit emploi pour contribuer, mais il continua de jouer au hockey. Il en conserva ainsi des valeurs familiales fortes. 

En 1975, il se joignit à l’équipe junior de son coin, les Wolves de Sudbury. À chaque année, son total de buts et son total étaient supérieurs à ceux de l’année précédente. À sa quatrième année, sa fiche était de 65-85-150, ce qui lui permit d’attirer l’attention des dépisteurs. Il fut donc choisi au troisième rang du repêchage de 1979 par les Red Wings, une formation chroniquement mauvaise à cette époque. Il fut devancé par Rob Ramage et Perry Turnbull. Tout juste après avoir entendu son nom, les Capitals choisirent à leur tour Mike Gartner. 

 

Comme les besoins étaient immenses à Détroit, Foligno fit l’équipe immédiatement. Les résultats furent au rendez-vous, puisque ses 36 buts furent le plus haut total de l’équipe, en plus d’être à ce moment un record de sa formation pour une recrue. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour sortir les Wings de leur médiocrité, qui terminèrent leur saison avec 63 points. Il termina tout de même deuxième au scrutin pour le Trophée Calder. Par contre, il y avait à ce moment dans la ligue une autre recrue qui s’appelait Raymond Bourque… 

1980-81 fut encore pire avec 56 points et au cours de la saison suivante, la direction voulut asséner un électrochoc. Détroit bâcla alors une énorme transaction en envoyant deux de leurs meilleurs attaquants, Foligno et Dale McCourt, en plus de Brent Peterson à Buffalo. En retour, les Wings firent l’acquisition d’un ancien marqueur de 50 buts, Danny Gare, en plus de Jim Schoenfeld, Robert Sauvé et Derek Smith. 

C’est à ce moment que plusieurs d’entre nous firent plus ample connaissance avec Foligno. En effet, à cette époque, il y avait beaucoup de matchs intra-division, en plus des deux premiers tours des séries. C’est ainsi que les équipes de la division Adams, comme Buffalo, affrontaient souvent les Canadiens et les Nordiques. 

Ailier robuste au talent offensif intéressant, Foligno attirait aussi l’attention de façons bien à lui. D’abord, il était l’un des rares à toujours porter un casque Northland de type dôme, impossible à rater. De plus, lorsqu’il marquait, il avait habitude célébrer de manière enthousiaste en faisant son caractéristique saut de crapaud, le ″Foligno Leap″. 

 

Pendant cette période, les Sabres étaient principalement une équipe de milieu de peloton. S’ils ont causé la surprise en balayant les Canadiens en séries en 1982-83, ce fut l’inverse l’année suivante. Malgré une très bonne saison de 103 points, ils furent balayés par les Nordiques. Lors des années suivantes, s’ils faisaient les séries, ils avaient habituellement ou Boston ou Montréal dans les pattes et ne sortaient pas de leur division. 

D’un point de vue personnel, Foligno maintenait une production de 50-60 points par saison, avec une exception en 1985-86, où il marqua 41 buts et obtint 80 points. Quant à son total de minutes de pénalités, il était habituellement d’au moins 150. 

  

En décembre 1990, après un début de saison ordinaire, il fut échangé aux Leafs après 9 ans à Buffalo. Pour l’acquérir, le prix fut plutôt modeste : Lou Franceschetti et Brian Curran. 

Les blessures ont ensuite ralenti Foligno, mais il put tout de même participer à l’étonnant parcours en séries de 1992-93, alors que les Leafs sont venus à un match de la finale. Ce sont finalement les Kings qui eurent le privilège de baisser pavillon devant les Canadiens. 

Quelques mois plus tard, en novembre 1993, il fut échangé aux nouveaux Panthers de la Floride contre une somme d’argent. Cette transaction lui permit de franchir le seuil des 1000 matchs, lui qui avait atteint celui des 2000 minutes de pénalité à la fin de son passage chez les Leafs. 

Il ne fut toutefois pas resigné par les Panthers à la fin de l’année, ce qui mit fin à sa carrière de joueur. 

Il devint ensuite entraîneur-adjoint avec les Maple Leafs de St.John’s de la Ligue américaine, avant de retourner à Toronto. Il alla ensuite dans l’organisation de l’Avalanche, d’abord comme adjoint dans la LNH avant de devenir entraîneur-chef avec leur filiale, les Bears de Hershey. 

Il retourna ensuite dans sa ville natale, pour prendre les rênes des Wolves de Sudbury de la Ligue de l’Ontario. 

Après 7 ans, il retourna dans la LNH, avec Anaheim puis au New Jersey, encore comme adjoint. 

Voulant par après donner une autre tangente à son engagement dans le monde du hockey, il s’impliqua au sein de l’équipe nationale de parahockey, en devenant entraîneur-adjoint en 2018. 

L’implication de la famille Foligno ne se limite pas à Mike. Son épouse, décédée, en 2009, était la nièce de l’ex-gardien Ed Giacomin. Elle était aussi la mère de Nick et Marcus, qui jouent tous les deux depuis plusieurs années dans la LNH. 

Au début de leur carrière, les deux frères ont rendu hommage à leur père en célébrant des buts avec des sauts de crapaud. 

Sources : 

″Une jeunesse difficile a formé le caractère de Mike Foligno″ de Philippe Cantin, 30 novembre 1985, Le Soleil, page S3, 

″Senators rookie brings back father’s ′Foligno Leap′ in 4-3 win over Canadiens″, Associated Press, October 18, 2007, ESPN (espn.com), 

″L’épouse de Mike Foligno meurt d’un cancer″, La Presse canadienne, 29 juillet 2009, La Presse (lapresse.ca), 

″Des joueurs de la LNH trouvent du bonheur en para hockey″, Comité paralympique canadien, 4 juin 2023 (paralympique.ca), 

nhldraftcentral.com.

samedi 31 mai 2025

La remise de la Coupe en 1966


1966. Il y a toujours seulement six équipes. Les deux éternels mauvais de l’époque, New York et Boston, sont évidemment exclus des séries. Étonnamment, parmi les équipes qui participent ″au détail″ (comme on disait parfois à ce moment), le premier ne fait pas face au quatrième, mais au troisième, pendant que deuxième affronte le quatrième.

Montréal remporte la palme et balaie ensuite le troisième, Toronto. Dans l’autre série par contre, Détroit, quatrième, cause la surprise et élimine Chicago. On se retrouve donc avec une finale 1 (Montréal) contre 4 (Détroit).

Détroit démarre en lion en remportant les deux premiers matchs, au Forum, mais les Canadiens se mettent ensuite en marche, remportant les trois matchs suivants, incluant une victoire facile de 5-1 au match 5.

Le match 6 a lieu à l’Olympia de Détroit, où Montréal peut mettre fin aux hostilités. Le match est serré et se rend en prolongation.

Après deux minutes, Dave Balon est dans le coin et lance vers le devant du but. La rondelle atteint alors celui que Balon décrit comme le ″défenseur chauve″. (Gary Bergman. Considérant qu’il n’y a que six équipes, qu’on nous a souvent dit que les joueurs se connaissaient tous à cette époque, j’ai trouvé cocasse que c’est ainsi que Balon a désigné Bergman.) Le disque frappe ensuite le genou d’Henri Richard pour ensuite aboutir dans le but.

Le gardien des Wings, Roger Crozier, proteste, arguant que Richard a compté avec sa main. L’arbitre Frank Udvari n’a pas voulu l’entendre, alors qu’au même moment, dans un début de chaos, des spectateurs qui apparemment venaient de Windsor, sautaient sur la patinoire.

À ce moment, le Trophée Conn Smythe (qui n’existait que depuis un an) est décerné suite à un vote des six gouverneurs. Par contre, ceux-ci ne parviennent pas à se rejoindre dans l’aréna. (Il n'y a évidemment aucun cellulaire.)  Lorsqu’ils y arrivent finalement, ils ne s’entendent pas au sujet  du vainqueur. Lassés d’attendre que le président Clarence Campbell se présente, Jean Béliveau et Jean-Claude Tremblay saisissent la Coupe et la transportent dans le vestiaire.

Sur place, il n’y a qu’une seule bouteille de champagne, alors qu’il y aurait eu une question de superstition en lien avec le fait d’acheter du champagne à l’avance pour un match sur la route. Toe Blake taquine plutôt Lucien Desrochers, publiciste, en affirmant que c’était son travail.

Terry Harper est le premier à se servir et il en laisse bien peu à ses coéquipiers. Gump Worsley, qui a eu de très bonnes séries, en eut un peu, mais bientôt, il n’en reste plus pour le capitaine Jean Béliveau, celui qui avait compté le but décisif, Henri Richard, et les autres.

Clarence Campbell finit par se présenter sur la patinoire alors que la plupart des spectateurs ont déjà quitté. On s’attendait à ce que Béliveau, Worsley ou Jean-Claude Tremblay soit nommé récipiendaire du Conn Smythe. On opte plutôt pour Roger Crozier, qui avait joué un rôle certain dans le parcours surprenant des Wings, mais dont le choix est tout de même étonnant. Le gardien sort donc du vestiaire en nouant sa cravate et en attachant ses boutons de manchettes pour recevoir son trophée. Si la défaite de son équipe lui a fait passer un boni de 2000$ sous le nez, son Conn Smythe lui a tout de même valu 1000$ et une Ford Mustang. Tremblay, souvent sous-estimé au cours de sa carrière, fut déçu que sa très bonne performance passe encore sous le radar.

D’un point de vue télévisuel, disons qu’on a déjà fait mieux…  Les téléspectateurs devaient se demander ce qui se passait.

Sources :

Lalancette, Mikaёl, Jean-Claude Tremblay, Le magicien de la ligne bleue, Les Éditions de l’Homme, 2024, pages 93 à 96,

″Le soir de triomphe de Blake et de ses joueurs″ - Pollock, 6 mai 1966, La Presse, page 27,

″Je suis fier de mon équipe, même dans la défaite″, dit Syd Abel de Marcel Desjardins, 6 mai 1966, La Presse, page 28,

″Campbell n’a pu se rendre au centre de la patinoire″, GC, 6 mai 1966, La Presse, page 28,

″Canadiens Capture Stanley Cup In Overtime, Richard Goal Nips Wings 3-2″ de Pat Curran, May 6, 1966″, Montreal Gazette, page 33,

″MM. les magnats de la LHN (sic), où aviez-vous la tête?″ d’André Trudelle, 7 mai 1966, La Presse, page 18,

″Banquet, Sunday Parade Honor Champs, Toe Blake Seems Serious About Retiring As Coach″ de Pat Curran, May 7, 1966, Montreal Gazette, page 8.


lundi 10 mars 2025

Howie Young



 



Né le 2 août 1937 à Toronto, le jeune Howard Young rêvait de devenir cowboy comme son idole John Wayne, jusqu'à ce qu'il assiste à son premier match de hockey au vieux Maple Leaf Gardens. 

Cependant, les parents de Young étaient tous les deux alcooliques, donc c'est avec sa grand-mère qu'il fut principalement élevé. Cette dernière mourut lorsqu'il avait 16 ans, et il dut alors se débrouiller seul, au même moment qu'il commençait lui aussi à développer de sévères problèmes d'alcool. 

Young était toutefois un défenseur très prometteur au sein des Canucks de Kitchener. Costaud, manieur de rondelle hors-pair et rapide patineur, il aurait apparemment attiré l'attention des Canadiens qui l'invitèrent à leur camp d'entraînement, mais il aurait supposément bousillé l'occasion en étant trop souvent lendemain de veille durant cet essai.

Young avec les Saguenéens
de Chicoutimi en 1958
Il devint ensuite propriété des Maple Leafs et continua son apprentissage junior à Hamilton. Les Leafs l'envoyèrent éventuellement débuter son parcours professionnel en 1958-59 avec les Saguenéens de Chicoutimi, alors dans la ligue du Québec. 

Il devint alors à la fois une vedette ainsi qu'un paria dans cette ligue, étant à la fois célébré pour sa rapidité et sa vision, mais aussi détesté pour ses excès de rudesse. Il était notamment réputé pour ses mises en échec percutantes, mais souvent jugées trop brutales aux yeux des arbitres et de cette ligue. Il avait aussi ce qu'on appelle une «short fuse», étant prompt à complètement perdre la boule sans préavis et se ruer sauvagement sur les joueurs adverses ou engueuler les arbitres. 

Il termina la saison avec 20 points, mais il accumula aussi 180 minutes de pénalité, un sommet dans la ligue, ainsi que quelques suspensions et amendes. 

Les Leafs l'envoyèrent ensuite dans la Ligue américaine avec les Americans de Rochester pour la saison 1959-60. Il continua ses frasques dans la AHL durant toute la saison, terminant troisième pour les minutes de pénalité. Cependant, malgré son potentiel certain, son indiscipline lui coûta sa place avec les Leafs, qui le libérèrent. 

Il se retrouva alors du boulot avec les Bears de Hershey en 1960-61, mais ces derniers trouvaient également qu'il était trop indiscipliné et l'échangèrent aux Red Wings contre Marc Réaume. 

C'est avec les Wings qu'il parvint à finalement atteindre la LNH à l'âge de 23 ans. Malgré qu'il ne joua que 29 des 70 matchs de l'équipe, il termina en tête de l'équipe avec 108 minutes au cachot. Il aida les Wings à se rendre jusqu'en finale dans une cause perdante contre Chicago, amassant 2 buts et 2 aides en 11 matchs durant les séries.

Sa saison 1961-62 fut toutefois à oublier à Détroit, où après 30 matchs avec seulement 2 passes au compteur et beaucoup trop d'indiscipline de sa part, autant sur la glace qu'en dehors, les Wings l'envoyèrent terminer la saison avec les Flyers d'Edmonton dans la Western Hockey League. Il aida toutefois les Flyers à remporter la coupe Patrick au printemps 1962.

Il passa ensuite la saison 1962-63 entièrement à Détroit, et termina en tête des joueurs pénalisés avec un 273 minutes de punition, battant le record de 202 minutes détenu par Lou Fontinato depuis 1956. Ce nouveau record de Young dura ensuite jusqu'en 1970. 

À ce moment à travers la LNH, autant les joueurs, dirigeants et fans étaient polarisés sur ce mystère qu'était Howie Young, à savoir s'il était un joueur qui méritait de jouer ou non dans la ligue. Maurice Richard, alors à la retraite, qualifia Young de complètement fou. Frank Selke Jr. abonda dans le même sens en déclarant dans le journal que Young avait besoin d'un psychiâtre. Mais d'un autre côté, Jack Adams déclara qu'il avait aussi le potentiel de devenir le prochain Eddie Shore.

Et même si son style de jeu attirait les foudres, il demeurait extrêmement populaire auprès des fans, car en plus de faire lever les gens de leurs sièges avec son jeu violent, il avait aussi un look de beau gosse et beaucoup de charisme. Il fut d'ailleurs en vedette sur la couverture de Sports Illustrated en janvier 1963. Il avoua plusieurs années plus tard qu'il était lendemain de veille lors de la prise de cette photo.

 


Éditorial de Frank Selke dans le journal La Patrie

Donc malgré son talent indéniable, il ne parvenait pas à calmer ses démons, étant en plus de nombreuses fois arrêté par la police suite à d'autres bagarres, dans les bars cette fois-ci. Il lui arrivait aussi de rater des matchs, des pratiques ou même l'avion de l'équipe. Après avoir causé de nombreux maux de têtes en peu de temps aux Red Wings, ces derniers perdirent finalement patience avec lui, l'échangeant aux Blackhawks durant l'été 1963 en retour du gardien Roger Crozier et du défenseur Ron Ingram. 

Les Blackhawks regretteront amèrement cet échange, car malgré que Young aida à remplir leur aréna, Crozier gagna le trophée Calder en 1964-65. Pendant ce temps, Howie Young et ses problèmes ne firent que passer à Chicago, mais ce fut très chaotique. Un exemple d'un match typique du «mauvais» Young se produisit lors d'un match contre Montréal en début de saison. Il aurait alors pourchassé Ralph Backstrom pendant plusieurs secondes avant de l'envoyer brutalement sur la bande. Après avoir reçu un deux minutes de pénalité, il jeta ses gants sur la glace en protestation, suite à quoi l'arbitre lui donna un 10 minutes supplémentaire. Young aurait ensuite menacé l'arbitre, qui l'a ensuite expulsé du match et donné une amende. 

Pendant un autre match à Toronto, il aurait craché vers Stafford Smythe, le DG les Leafs, alors que ce dernier était derrière le banc des pénalités avec son épouse et ses enfants. Clarence Campbell songea alors à bannir Young à vie de la LNH, mais cela ne résulta finalement qu'à une suspension de 5 matchs. Campbell déclara toutefois à Young qu'il était “the greatest detriment to hockey that ever laced on a pair of skates".

Donc après seulement 39 matchs, 99 minutes de pénalité et seulement 7 passes, les Blackhawks s'en débarrassèrent en vendant Young aux Blades de Los Angeles dans la WHL, tout en gardant ses droits dans la LNH.

Young déménagea donc en Californie et joua trois saisons avec les Blades. Il continua d'amasser les mauvaises pénalités, menant la ligue avec 227 minutes en 1964-65, mais obtint de meilleures statistiques, démontrant finalement son côté offensif. 

Son look hollywoodien correspondait parfaitement à l'endroit et il rencontra un jour Frank Sinatra qui l'engagea pour jouer dans son film «None but the Brave», un film sur la 2e guerre mondiale où il eut une seule ligne de dialogue. Il revint de ce tournage avec une coupe «Mohawk» peu orthodoxe pour l'époque, ce qui lui causa davantage de controverse.

 

Frank Sinatra en compagnie d'Howie Young sur le plateau du film «None but the brave»

La coupe «Mohawk» de Young durant son temps avec les Blades de Los Angeles

Les démons de Young le suivirent évidemment en Californie mais un beau jour en 1965 où il se réveilla de nouveau en prison, un codétenu l'invita à se joindre aux alcooliques anonymes. C'est alors que Young arrêta de boire et qu'il remit sa carrière sur la bonne voie.

Lors de la saison 1966-67, un Howie Young désormais plus assagi et sobre depuis 2 ans réussit à s'attirer les grâces des dirigeants et à revenir sur le radar le la LNH. Alors qu'il menait les Blades avec 22 points en 29 matchs, l'ancien DG de Young à Détroit, Sid Abel, se retrouvait avec un club en difficulté et des trous en défense. Il tenta alors une fois de plus le pari Howie Young en ramenant l'enfant trouble au bercail. Pour se faire, il transigea de nouveau avec les Hawks qui détenaient toujours ses droits.

Plusieurs doutèrent de la décision de Abel et s'attendaient à un nouveau fiasco, mais c'était véritablement un nouveau Howie Young qui revint à Détroit durant la saison 1966-67. Il appliqua de son propre aveu les mêmes principes qu'il apprit avec les AA, soit d'éviter le trouble, et ne prit plus autant de pénalités inutiles. Il connut même sa meilleure saison jusque là dans la LNH avec 17 points en 44 matchs et aida les Wings à sortir de leur torpeur, malgré qu'ils ratèrent les séries. Il n'avait toutefois pas perdu toute son agressivité et sa robustesse, terminant avec 100 minutes de pénalité.

Il joua ensuite une autre saison à Détroit, ponctuée d'un court séjour de 4 matchs dans les mineures. Mais durant l'été 1968, il fit partie d'une grosse transaction entre les Wings et les Seals d'Oakland envoyant le malheureux défenseur Bobby Baun à Détroit. Apparemment que Baun, autrefois vedette des Maple Leafs, détestait jouer en Californie, meublant son appartement de tableaux aux paysages nordiques afin de se sentir plus chez lui...

Avec les Seals... mais pas vraiment.

Young non plus ne voulait rien savoir de la Californie, même s'il y avait auparavant joué trois ans avec les Blades dans la WHL, car il refusa de se rapporter à l'équipe à l'aube de la saison 1968-69. Il fut donc suspendu et éventuellement placé au repêchage intra-ligue. C'est alors qu'une autre ancienne équipe le ramena au bercail, cette fois-ci les Blackhawks. 

Désormais âgé de 31 ans, Young commença à ressentir le poids des années et n'était plus aussi efficace, jouant désormais dans un rôle plus effacé avec les Hawks qui le libérèrent après la saison. 

Il passa ensuite la saison 1969-70 avec une autre ancienne équipe, cette fois-ci dans la ligue américaine, les Americans de Rochester. 

En 1969-70 il retourna dans la WHL,avec les Canucks de Vancouver. Le timing sembla bon de joindre cette équipe car il put retourner dans la LNH l'année suivante, demeurant avec les Canucks lors de leur année d'expansion en 1970-71. Mais après seulement 11 matchs, il fut récalé dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH. 

Après sa fin de saison 70-71 à Phoenix, il opta de prendre sa retraite. Il revint toutefois au jeu la saison suivante, toujours avec les Roadrunners, mais cette fois-ci non pas comme défenseur mais comme attaquant.

Désormais à 35 ans et dans un nouveau rôle d'attaquant et de vétéran, il s'en sortit bien avec une saison de 58 points en 1972-73, aidant les Roadrunners à remporter les grands honneurs. Il sembla également canaliser le Howie Young d'antan en terminant au premier rang de la WHL pour les minutes de punition.

Il fit encore mieux en 1973-74 avec 37 buts et 69 points, aidant les Roadrunners à remporter le championnat pour une deuxième saison consécutive dans ce qui était la dernière saison d'existence de la WHL. Il s'agissait des premiers championnats de Young depuis son premier passage dans cette même WHL en 1962 avec les Flyers d'Edmonton. 

Avec les Jets de Winnipeg dans l'AMH

Il revint dans les «majeures» en 1974-75 lorsque les Roadrunners firent le saut dans l'AMH. Après 30 matchs, il fut toutefois échangé aux Jets de Winnipeg où il retrouva son ancien coéquipier des Hawks Bobby Hull. 

Après une autre retraite de seulement une saison, il revint de nouveau au jeu en 1976-77, de nouveau avec les Roadrunners pour 26 matchs, en plus de 4 matchs dans la CHL avec les Blazers d'Oklahoma City.

Alors au crépuscule de sa carrière, Young demeura en Arizona la saison suivante, suivant toujours la franchise des Roadrunners, qui migrèrent alors dans l'obscure Pacific Hockey League. S'en suivit ensuite une dernière saison de 14 matchs avec les Blades de Los Angeles, nommés en honneur des anciens Blades de la WHL où il avait joué presque 15 ans auparavant. 

Mais comme lors de nombreuses autres fois dans ce texte, ce n'était pas encore la véritable fin pour Howie Young. En 1985, alors âgé de 48 ans, il lit dans le Hockey News que les Spirits de Flint de la IHL recherchaient des joueurs et offraient des essais ouverts. Le DG des Spirits croyait qu'il n'avait que 38 ans et lui accorda un poste avant d'apprendre son véritable âge. Il joua 4 matchs avec Flint et ensuite un autre 7 matchs avec les Slapshots de New York dans la ACHL.

Il occupa ensuite plusieurs boulots divers suite à sa véritable retraite, et tenta durant les années 90 de reprendre son side job comme acteur. Il obtint quelques petits rôles dans des films et séries western comme «Young Guns II» avec Emilio Estevez et le téléfilm «Last Stand at Saber River» avec Tom Selleck.

Et en plus de finalement pouvoir imiter son ancienne idôle John Wayne à l'écran dans des westerns, il put également réaliser son rêve de devenir cowboy, lorsqu'il acheta un ranch au Nouveau-Mexique.


Il mourut en 1999 à 62 ans d'un cancer du pancreas.

En 336 matchs dans la LNH sa fiche fut de 12 buts et 62 passes pour 74 points.
En 394 matchs dans la WHL sa fiche fut de 93 buts et 173 passes pour 266 points.
En 98 matchs dans l'AMH sa fiche fut de 17 buts et 25 passes pour 42 points.

En 157 matchs dans la AHL sa fiche fut de 25 buts et 32 passes pour 57 points.

 

Sources:
50 Years Ago in Hockey: Howie Young’s Biggest Battle, The Hockey Writers
Remembering Red Wing Bad Boy Howie Young, Vintagedetroit.com
Howie Young pourrait être suspendu à vie, L'événement, 11 janvier 1964
Du mystère autour de ce Howie Young, L'événement, 30 mars 1961
Un circuit de femmelettes?, Le Lingot, 20 novembre 1958
Young a besoin d'un psychiatre, La Patrie, 24 octobre 1963
Howie Young est injustement traité, Le Petit Journal, 19 janvier 1964
La réhabilitation de Young n'a pas été chose facile, La Presse, 7 février 1967

vendredi 28 février 2025

Joueur oublié des 90's #100 - Doug Brown


 


Avant de passer au vif du sujet, il faut absolument célébrer le fait que nous en sommes rendus aujourd'hui au CENTIÈME joueur oublié des années 90!

Que de souvenirs. Je me rappelle quand j'ai débuté cette série. Je m'étais dis que j'allais débuter une série et puis j'ai ensuite débuté cette série. Et là, 99 joueurs plus tard, la série est rendue à 100. C'est fou.

Alors avant de passer au joueur d'aujourd'hui, j'ai pensé faire l'équipe d'étoiles des joueurs oubliés des 90's, histoire d'en choisir quelques-uns dont leur histoire sortait vraiment du lot:


ATTAQUANTS

DÉFENSEURS

  • Oleg Tverdovsky: celui qui s'est fait kidnapper sa mère en Russie parce qu'il était millionnaire.
  • Jim Kyte: le seul joueur techniquement sourd de l'histoire de la ligue.

GARDIEN

 

Ah pis tant qu'à faire...

DEUXIÈME ÉQUIPE D'ÉTOILES

ATTAQUANTS (ligne spéciale Sharks de San José)

  • Jan Caloun: celui qui s'est fait grandement niaisé par les Sharks.
  • Alexei Yegorov: joueur déchu qui a terminé junkie en Russie.
  • Jaroslav Otevrel: ancien prospect des Sharks dont la carrière s'est terminé dramatiquement.

DÉFENSEURS

  • Jayson More: celui que les Sharks ont sélectionné du Canadien au repêchage d'expansion à la place de Jean Béliveau ou Ken Dryden.
  • Aki-Petteri Berg: un exemple de la grosse tendance du repêchage des années 90 à penser que tous les défenseurs allaient devenir des Paul Coffey.

GARDIEN

  • Wendell Young: le seul joueur de l'histoire à avoir remporté coupes Mémorial, Calder, Turner et Stanley.

 

Alors voilà. En attendant de se rendre à 200, n'oubliez pas de nous envoyer vos demandes spéciales. Allons-y d'abord ici pour le 100e avec un joueur que j'avais hâte de finalement rayer de la liste, l'attaquant Doug Brown.

J'adore Doug Brown. Même si je n'ai pas vraiment de souvenirs de l'avoir vu jouer à l'époque, j'adorais au départ ses cartes de hockey. Le genre de joueur à l’œil de faucon qui a tout le temps l'air à 110%. Particulièrement sur cette glorieuse carte Pro Set 90-91 mal cadrée...

 



Douglas Allen Brown est né le 12 juin 1964 à Southborough au Massachusetts. Considéré trop lent et trop petit, il fut non-repêché après quatre années à Boston College dans la NCAA. Plusieurs équipes devinrent toutefois intéressés par ses services après ses deux dernière saisons où il termina parmi les meilleurs de la NCAA. Il décida toutefois de choisir les Devils du New Jersey à l'été 1986, estimant qu'il avait une meilleure chance de percer l'alignement de cette faible équipe.

Il débuta donc en 1986-87 son parcours professionnel avec le club-école des Devils, les Mariners du Maine, et fut rappelé pour 4 matchs avec les Devils en fin de saison, amassant une seule passe.

Il se mérita un poste régulier avec les Devils en 1987-88 et récolta 25 points, dont 14 buts en 70 matchs pour sa saison recrue. Il aida la jeune équipe à finalement devenir respectable cette saison-là, se rendant à la surprise générale jusqu'en finale de conférence. Il marqua d'ailleurs le premier but en prolongation en séries de l'histoire de la franchise.

Il joua cinq autres saisons au New Jersey, récoltant une douzaine de buts annuellement et se développant comme un excellent tueur de pénalité et un grinder sous-estimé. Cependant, il n'avait pas une grande confiance de Lou Lamoriello, qui ne lui promettait jamais une place garantie dans son équipe. Il atteint alors le fond du baril avec New Jersey durant la saison 1992-93 qu'il passa en majorité dans les mineures, ne jouant que 15 matchs avec les Devils. Après avoir indiqué à Lamoriello qu'il ne se présenterait pas au camp d'entraînement à l'automne 1993, il fut libéré.

Sans autre option, il accepta un essai au camp des Penguins et obtint rapidement un contrat d'un an au salaire minimum. Au sein d'un club davantage offensif, il répondit alors avec sa meilleure saison offensive en carrière avec 55 points dont 18 buts. 

Chez les Penguins, il fut également réuni avec son frère, Greg Brown, durant cette saison 1993-94. Greg avait été un choix de 2e ronde des Sabres en 1986, mais ne s'est jamais développé dans la LNH au même niveau que son frère non-repêché.

Croyant avoir une nouvelle vie assurée à Pittsburgh après cette excellente saison, il fut toutefois non-protégé au repêchage intra-ligue en janvier 1995 après le lock-out. 

C'est alors que les Red Wings sautèrent sur l'occasion. Scotty Bowman le voyait dans sa soupe et avait précédemment tenté de le signer avant le lock-out. Brown était d'abord réticent, il demanda même à Bowman de le ré-échanger à Pittsburgh. Il fut toutefois rapidement convaincu lorsque Bowman lui indiqua qu'il planifiait de le faire jouer avec Steve Yzerman.




À Détroit, Brown devint un joueur culte, marquant occasionnellement le gros but au bon moment et étant capable d'être muté à gauche ou à droite sur n'importe quel trio, tout en grindant à fond et tuant les pénalités. 

Toutefois, Bowman frappa un coup de circuit en le permutant de temps à autres sur la même ligne que Sergei Fedorov et Viacheslav Kozlov (au détriment de Igor Larionov) et cette nouvelle combinaison fit beaucoup de flammèches. 

Même si le «Russian five» était très efficace, il fallait parfois brasser les cartes et mettre un joueur davantage capable d'aller devant le filet ou créer de l'espace pour les autres. Cela valut à Brown le surnom de «Brownov».

J'ai aussi vu la mention rigolote «Doug Brown and the Russian Four».

Kozlov, Fedorov et «Brownov»

 

Il obtint 21 points durant cette saison écourtée et un excellent 12 points en séries, parcours qui se termina par une défaite en finale contre son ancienne équipe, les Devils. 

Brown et les Red Wings retroussèrent leurs manches les saisons suivantes et parvinrent à revenir en finale et finalement ramener la coupe à Détroit en 1997. Malgré qu'il fut occasionnellement rayé de la formation, il accepta son rôle au sein de cette puissante équipe dont l'identité correspondait vraiment à son style de jeu, récoltant sa deuxième meilleure saison offensive en 1997-98 avec 19 buts et 42 points. 

Il se démarqua ensuite grandement durant la finale de 1998 contre les Capitals, obtenant au moins un point dans chacun des 4 matchs de cette série expéditive contre Washington. 

C'est particulièrement lors du 4e match décisif qu'il cimenta à jamais sa place dans le coeur des fans de Détroit lorsqu'il obtint deux buts.


Il fut ensuite sélectionné par les nouveaux Predators de Nashville à l'expansion de 1998, mais désirant conserver ses loyaux services, les Red Wings refirent son acquisition quelques jours plus tard en retour de Petr Sykora (l'autre), un choix de 3e ronde (Mike Comrie) et un choix conditionnel de 4e ronde.

Il joua trois autres saisons avec les Red Wings, étant finalement libéré après la saison 2000-01. Il songea à signer avec une autre équipe mais changea d'avis alors que les événements du 11 septembre 2001 vinrent perturber le processus et il opta pour la retraite. Il envisagea toutefois un retour au jeu, possiblement avec les Red Wings pour la saison 2002-03 mais cela ne se produit finalement jamais, optant pour une retraite définitive à 38 ans. 

En 854 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 160 buts et 214 passes pour 374 points. 

Il fut élu au temple de la renommée de Boston College en 2004.


Ses deux fils, Christopher et Patrick Brown, ont tous les deux joué à Boston College également, et tous les deux ont été capitaine. Patrick, comme le paternel, n'a pas été repêché mais a lui aussi «grindé» son chemin jusqu'à la LNH, jouant pour les Hurricanes, Golden Knights, Flyers, Sénateurs, et est présentement membre des Bruins. Pour sa part, Christopher a été sélectionné par les Sabres en 2014 (6e ronde) mais ne s'est jamais rendu à la LNH.

Et en continuant dans le giron familial, le beau-père de Doug était Wellington Mara, propriétaire de longue date des Giants de New York dans la NFL, soit de 1959 jusqu'à sa mort en 2005.