Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est Kings. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kings. Afficher tous les articles

mardi 10 mars 2026

Jari Kurri et les Devils de Milan (1990-91)


 
 
 
Parmi mes nombreux joueurs cultes, un qui est définitivement dans le top 10, sans être des plus obscurs comme la plupart des joueurs dont j’aime parler, figure l’original «Finnish Flash», Jari Kurri.

Il serait toutefois trop facile de faire un simple texte sur lui. Comme tout bon membre du temple, la quantité de textes déjà disponibles sur lui sont légion, particulièrement tout ce qui touche à la dynastie des Oilers et Wayne Gretzky. Ce qui m’intéresse toutefois aujourd’hui est de parler d’un chapitre assez oublié dans la carrière de la légende finlandaise, soit sa saison 1990-91 passée en Italie avec le club des Devils de Milan.

Malgré une 5e coupe remportée avec les Oilers au printemps 1990, parfois surnommée la coupe de «rédemption» et de la «consécration» des Oilers, et deux ans après l’infâme échange de Gretzky à Los Angeles, Kurri surprend tout le monde à l’été 1990 en décidant de quitter les Oilers et la LNH pour signer un contrat avec un club méconnu d’une ligue nettement plus inférieure pour un joueur de son calibre.



 
Ce n’était toutefois pas tellement une surprise de voir Kurri, ou tout autre joueur européen à l’époque, dire non à la LNH malgré une carrière florissante. C’était d’ailleurs particulièrement présent chez les clubs Canadiens. Des joueurs suédois de renom comme Hakaan Loob et Kent Nilsson avaient, au cours des années précédentes, plié bagage après plus ou moins une décennie dans la LNH, pour soit retourner jouer dans leurs patries respectives, ou bien ailleurs en Europe. Plusieurs disaient vouloir que leurs enfants puissent être éduqués dans leur langue maternelle. Quelques semaines avant l’annonce du départ de Kurri, on assistait à Montréal à une situation similaire avec Mats Naslund qui s’était également expatrié en Europe, en Suisse dans ce cas-ci.

Mais le cas de la vedette des Oilers, où l’hécatombe ne faisait que s’accentuer avec son départ, a davantage fait tourner les têtes.

Malgré qu’il n’était plus jumelé avec la merveille, Kurri venait de récolter un excellent 93 points en 1989-90 et un autre 25 points en séries, connaissant même un de ses meilleurs matchs en carrière durant la finale contre les Bruins lorsqu’il amassa 3 buts et 2 passes lors du deuxième match.

 
 
 

Ce départ n'était pas une simple retraite anticipée ou retour aux sources, mais était en grande partie une manœuvre stratégique. En conflit avec la direction des Oilers qui refusait de l'échanger aux Kings de Los Angeles pour rejoindre Gretzky, Kurri a utilisé l'Europe comme levier de pression. Mais selon lui, cet exil lui permettait quantité de choses; prendre une "pause mentale" après dix saisons intenses dans la LNH, pouvoir participer aux Championnats du monde de 1991, organisés dans sa Finlande natale, et, ultimement, de forcer les Oilers à négocier son transfert pour rejoindre son ancien coéquipier.

Malgré l'euphorie post-championnat, Kurri était rentré en Finlande immédiatement après la victoire. Il avait même mis sa maison d'Edmonton en vente. Le message était clair : son chapitre en Alberta était terminé.

Lui et son agent, Don Baizley, refusèrent même une offre financière supérieure des Oilers pour emprunter une voie totalement inattendue, soit un contrat de deux ans avec les Devils de Milan, avec qui il était associé depuis un certain temps et qui appartenaient à nul autre que Silvio Berlusconi. Ce dernier, avant de devenir le premier ministre controversé dont on se rappelle davantage de nos jours, était alors propriétaire d’un empire médiatique en Europe et possédait de nombreux clubs professionnels, dont le célèbre AC Milan, qu’il sauva de la faillite en 1986.
 
Dans le cercle de la LNH, on ne parvenait pas à faire du sens de la décision de Kurri. Le journaliste Cam Cole compara la situation à Magic Johnson qui partirait jouer au basketball en Yougoslavie. L'entraineur des Oilers John Muckler admit qu'il aurait davantage compris si Kurri aurait opté pour jouer chez lui en Finlande, dans une ligue davantage compétitive à défaut de jouer dans la la meilleure ligue au monde. Pour lui, il était risqué de faire un tel choix, expliquant qu'il aurait même de la difficulté à revenir dans la LNH.
 
De plus, contrairement à d'autre clubs plus prestigieux ou traditionnels d'Europe, par exemple en Suisse ou en Allemagne, le HC Milan Devils n’était pas un club avec une grande tradition, ayant été fondés juste un an avant l'arrivée de Kurri. Ils n’auront d'ailleurs existé que jusqu’en 1996, lorsque le club déménagea à Courmayeur, dans le nord de l’Italie, avant d’être dissout pour de bon en 1999.
 
Vous pouvez appercevoir Kurri dans l'uniforme milanais ici (#25):
 
 

Il y eut beaucoup de spéculations sur le montant de la transaction. Les médias suisses rapportèrent à l’époque une somme de plus d'un million de dollars. Le journal allemand Salzburger Nachrichten parlait plutôt d’un salaire de 350 000 dollars US, assorti d’un logement dans un château luxueux en plus d’une Mercedes. La ligue italienne comptait alors 10 équipes et le calendrier de 36 matchs se jouait les mardis et samedis, avec les dimanches toujours libres, donc un ratio salaire par match nettement avantageux.

L’arrivée de Kurri eut un effet marqué sur le hockey sur glace italien et les experts locaux convenaient que l’équipe de l’entraîneur-chef Jim Webster seraient les favoris du championnat italien.

Avec les Devils, Kurri opta bizarrement de troquer son fétiche #17 pour le #25. Le 17 appartenait au Canadien Mark Morrison, un ancien choix de 3e ronde des Rangers qui ne joua qu’une dizaine de matchs dans la LNH, et qui en était à sa deuxième saison avec les Devils, ayant terminé la saison précédente avec 113 points. Il est cependant étrange que Morrison n’ait pas légué le 17 à la grande vedette Kurri pour l’occasion.
 
Kurri, à gauche, et son coéquipier Mark Morrison qui portait le #17 à sa place...


Et bien que la présence de Kurri aida à remplir les patinoires et à revigorer le prestige de la Serie A, les Devils de Milan échouèrent en 1990-91. Ils terminèrent en troisième place et s'inclinèrent en séries face à leur rival immédiat, le HC Saima Milan. Lors de cette saison, Kurri rata six matchs et contribua 27 buts et 48 passes en 30 matchs. Avec ce 75 points, il ne figurait que 15e sur la liste des pointeurs, derrière des noms comme l’ancien des Flames Kevin Lavallée, l’ancien joueur éphémère des North Stars Dusan Pasek, ainsi que nul autre que Mark Napier. L’ancien du Canadien avait même terminé au premier rang de la ligue avec 118 points. Et selon ce que j’ai lu, Kurri rata également les séries, pour une raison que j’ignore.

Après son année en Italie, l'impasse persistait entre Kurri et les Oilers. Il menaça finalement de retourner chez les Devils pour exercer l’option de sa deuxième année de contrat s'il n'était pas échangé avant le 31 mai. Il avait également clairement établi que les retrouvailles avec Gretzky étaient sa priorité absolue.

Sather, qui ne ne voulait pas perdre une saison supplémentaire de ses services, finit par céder. Ainsi, une heure avant l'échéance fixée par l'ailier droit, Sather échangea ses droits, ainsi que Dave Brown et Corey Foster, à Philadelphie en retour de Craig Fisher, Scott Mellanby et Craig Berube. Les Flyers ont ensuite envoyé le joueur de 31 ans, accompagné de Jeff Chychrun, vers Los Angeles contre Steve Duchesne, Steve Kasper et un choix de quatrième tour au repêchage de 1991.

Un détail moins connu est que Kurri a failli rejoindre les Red Wings de Detroit, qui offraient plus d'argent que les Kings. Kurri était prêt à accepter, mais Detroit n'étant pas intéressé par un échange complexe à trois clubs, Sather a privilégié la transaction avec Philadelphie et Los Angeles.




Le deuxième chapitre de la carrière de Kurri dans la LNH, post-Italie, commença donc avec la fameuse réunion tant attendue avec Gretzky. On peut dire sans équivoque que cette deuxième moitié de carrière fut nettement moins resplendissante que la première. Le tandem Gretzky-Kurri version L.A, malgré quelques étincelles et une chimie toujours efficace, (dont un tour du chapeau lors de son premier match en tant que Kings) ne fut pas aussi mémorable qu’à leurs plus jeunes années à Edmonton. Il était évidemment grandement terminé le temps des saisons de 200 points de Gretzky et de 60+ buts/100+ points de Kurri. À cette première saison à L.A en 1991-92, Kurri ne récolta que 60 points, dont 23 buts, et les Kings se firent éliminer une fois de plus par les Oilers en première ronde. 
 
En fait, les Oilers post-finale de 1990 étaient toujours davantage compétitifs que leurs expatriés à Los Angeles. Malgré l’éxode continuel de plusieurs autres vedettes (Glenn Anderson, Grant Fuhr, Kevin Lowe, Adam Graves, Mark Messier, etc) les Oilers se rendirent tout de même jusqu'en finale de conférence en 1990-91 et 1991-92 tandis que les Kings ne firent jamais long feu. 

Les choses semblèrent toutefois débloquer en 1992-93, malgré une blessure importante à Gretzky qui lui fit manquer la moitié de la saison. Kurri prit davantage de place durant l’année, étant parfois muté au centre, et il termina la saison à 87 points. On énonça que le leadership tranquille de Kurri était une des principales raisons que les Kings parvinrent à redresser le bateau en l’absence de la merveille. Le parcours des Kings de l’ère Gretzky connut ainsi son apogée au printemps 1993 avec une participation en finale de la Coupe Stanley, pliant toutefois l’échine en 5 matchs face à Patrick Roy et le Canadien de Montréal.

Les Kings (pas seulement Gretzky et Kurri) ne furent plus jamais les mêmes par la suite, devant attendre l’arrivée d’une nouvelle génération à la fin des années 2000 avant de finalement passer à un autre niveau. Ils ratèrent les séries en 1993-94 et de nouveau durant la saison écourtée de 1995. Kurri connut sa dernière saison véritablement respectable offensivement en 93-94 avec 77 points dont 31 buts.
 

 
Après ces deux saisons décevantes et hors des séries, le club alors en quasi-faillite (et le propriétaire Bruce McNall en prison) liquida une grande partie de ses effectifs durant la saison 1995-96 et non pas seulement lors du fameux «2e échange» de Gretzky l’envoyant aux Blues de St.Louis (contre pas grand chose). Deux semaines suivant le départ du 99, le 17 plia également bagage, pour Manhattan dans son cas, en compagnie de Marty McSorley. En retour, les Kings obtinrent notamment Ray Ferraro. Cet échange est toutefois très impopulaire dans l’histoire des Rangers, les fans n’ayant pas apprécié Kurri autant qu’ils aimaient Ferraro. Kurri ne fit effectivement que passer à NY, et ce sans grande étincelle. Il n’obtint que 5 points en 14 matchs (dont seulement 1 but) pour clore la saison. Et malgré qu’il se racheta légèrement en séries avec 8 points en 11 matchs, les Rangers le laissèrent aller, son contrat échu.

Kurri joua ensuite deux dernières saisons dans la LNH, une en 1996-97 avec les Mighty Ducks d’Anaheim, où il put côtoyer son protégé Teemu Selanne, et une ultime saison en 1997-98 avec l’Avalanche du Colorado. À ce stade-ci de sa glorieuse carrière, Kurri était davantage devenu un attaquant de soutien défensif. Il n’eut que 13 buts et 35 points avec les Ducks et ensuite seulement 5 buts et 22 points avec l’Avalanche. 
 
C’est avec ces derniers qu’il put toutefois franchir de justesse l’illustre cap des 600 buts, terminant sa carrière dans la LNH avec un total de 601 buts, 797 passes pour 1398 points en 1251 matchs. Il était alors le recordman des points pour les joueurs européens. Il a depuis été détrôné de cette distinction par Selanne (1457) , Alex Ovechkin (1673 - au moment d’écrire ces lignes) et finalement le meneur, et #2 de tous les temps dans la LNH, Jaromir Jagr avec 1921 points.

Pour leur part, malgré que les Devils n'ont pas remporté le championnat d'Italie durant le court séjour de Kurri, et qu’ils ont disparu rapidement de la scène par la suite, ils ont toutefois soulevé le trophée les trois printemps suivants avant que le club ne soit aboli, soit en 1992, 1993 et 1994.
 
Sylvio Berlusconi (à droite) avec son club des Devils de Milan

 
Sources:
https://www.eishockeyblog.ch/als-kurri-nach-mailand-kam/
https://seura.fi/seuran-mies/miksi-jari-kurri-pelasi-kesken-nhl-uransa-kauden-italiassa/
https://www.nhl.com/kings/news/jari-kurri-almost-a-red-wing-before-he-became-a-king-285678450
https://oilersnation.com/news/an-oral-history-of-how-jari-kurri-left-the-edmonton-oilers-to-play-hockey-in-italy 

lundi 26 mai 2025

Scott Bjugstad


 


Né à St.Paul au Minnesota le 2 juin 1961, Scott Bjugstad était un athlète multidisciplinaire dans sa jeunesse, excellant au tennis, soccer et hockey. Il fut même nommé sur l'équipe d'étoiles américaine junior de soccer en 1978. Cependant, l'appel du hockey était le plus fort et il réécrit le livre des records de son équipe secondaire en compagnie de son frère, Mike Bjugstad. Ailier droit de 6'1" et 185 livres, il gradua ensuite avec l'Université du Minnesota où il fut finaliste du trophée Hobey Baker en 1983. 

Continuant dans leur tendance à recruter du talent local, les North Stars en firent leur choix de 9e ronde (181e au total) en 1981. Après sa 4e année à l'université, il s'enrôla avec l'équipe américaine en vue des Olympiques de 1984. Malgré une équipe remplie de futurs talents dans la LNH comme Pat LaFontaine, Chris Chelios, Ed Olczyk et Al Iafrate, l'équipe américaine termina avec une décevante 7e place.

Le calendrier olympique terminé, Bjugstad termina la saison avec les North Stars et leur club-école à Salt Lake City. Il fit l'équipe à temps plein la saison suivante et obtint un modeste 11 buts et 4 passes. 

Cependant, en 1985-86, il fut muté à la gauche du premier trio avec Dino Ciccarelli et son compatriote Neal Broten. Ce dernier connut sa meilleure saison en carrière avec 106 points tandis que Ciccarelli en récolta 89. Pour sa part, Bjugstad explosa avec 43 buts et 33 passes pour 76 points, soit 61 de plus que la saison précédente. Son 43 buts était même un record d'équipe pour un ailier gauche, battu depuis.

Neal Broten devint le premier américain à passer la barre des 100 points en une saison en 1985-86

Est-ce que les North Stars s'étaient trouvé une nouvelle vedette offensive ou était-ce un feu de paille?

Et bien avec une pression considérable sur ses épaules en 1986-87, il ne put faire mieux que 4 buts et 9 passes en 72 matchs, perdant sa place sur le premier trio au profit de Brian Bellows. Il fut souvent laissé de côté et retourna une dizaine de matchs dans les mineures. Il se blessa également en fin de saison.


Il tenta de se ressaisir en 1987-88 et répondit avec 22 points lors de ses 28 premiers matchs, étant même de retour avec Broten et Ciccarelli. Cependant, il se déchira un ligament au genou en décembre, tenta de revenir quelques semaines plus tard, mais aggrava davantage sa blessure et sa saison fut terminée.

Il revint à temps pour le camp d'entraînement de 1988 mais son cauchemar continua alors que la blessure revint et il rata encore plusieurs semaines d'activités. Avant son retour au jeu, les North Stars décidèrent de s'en débarrasser. Ils l'envoyèrent alors aux Penguins en compagnie de Gord Dineen, en retour de Ville Siren et Steve Gotaas. 

Les Penguins espéraient le faire évoluer sur le trio de Mario Lemieux et en refaire un attaquant à redouter. Cependant, ce fut un fiasco alors qu'il n'obtint que 3 buts en 24 matchs. Ils l'envoyèrent donc dans les mineures à Muskegon mais il refusa de s'y rapporter, menaçant de prendre sa retraite. Les Penguins le libérèrent et il termina plutôt la saison à Genève dans la ligue Suisse.

Agent libre, il signa ensuite avec les Kings pour la saison 1989-90. Il accepta toutefois de se rapporter à leur club-école à New Haven et il y connut une excellente saison avec 47 buts et 21 passes en seulement 47 matchs. Mais en seulement 11 matchs à L.A. il ne put faire mieux qu'un but et 2 passes. 

Les deux saisons suivantes furent dans la même veine avec des aller-retours L.A/mineures à répétition et des statistiques médiocres dans la LNH. Ses blessures continuèrent également de persister. Une chirurgie fut de nouveau nécessaire à l'été 1992 mais il ne revint plus jamais dans la LNH. Après seulement 7 matchs dans les mineures à l'automne 1992, il prit sa retraite.

En 317 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 76 buts, 68 passes pour 144 points.

Après sa retraite, il retourna au Minnesota où il entraîna plusieurs saisons au niveau secondaire, en plus d'ouvrir une école renommée en perfectionnement du lancer.

Son neveu Nick Bjugstad, fils de son frère Mike, fut choisi en première ronde par les Panthers en 2010. Il évolue présentement avec l'Utah après des passages avec les Penguins, le Wild, les Oilers et les Coyotes.

 

samedi 22 février 2025

Joueur oublié des 90's #99 - Tomas Sandström


 

 


Pour le joueur oublié #99 de cette série, j'ai choisi un joueur qui a été compagnon de trio de l'autre #99, soit nul autre que Tomas Sandström.

Mais là je vous entends dire « Ben là voyons, Sandström? Clin d'oeil! Patrick Roy! 1993!»

Et là moi de vous répondre «Oui, mais à part de ça, qu'est-ce que vous vous rappelez de lui?»

Sans être une superstar, Sandström aura réussi à être un acteur important (et controversé) de son époque. Il était un habile passeur, marqueur et patineur mais il aimait aussi jouer un style physique et surtout jouer à merveille le rôle de peste. Il était dans le moule des Claude Lemieux, Esa Tikkanen, Brad Marchand, Brendan Gallagher ou autres Tom Wilson, soit le genre de joueur hargneux qui faisait sortir les adversaires de leurs gonds pour ensuite les faire payer sur l'avantage numérique. 

Tomas Sandström est né le à Jakobstad en Suède le 4 septembre 1964. Ailier droit de 6'2" et 190 livres, il fut sélectionné en 2e ronde (36e au total) du repêchage de 1982 par les Rangers de New York après avoir été nommé joueur junior de l'année en Suède. Il avait également remporté l'or au championnat junior de 1982 en plus d'avoir été nommé meilleur attaquant du tournoi.

Il joua deux autres saisons en Suède, désormais dans la ligue élite suédoise avec le Brynäs IF. Il représenta également son pays aux Olympiques de 1984 où il aida à ramener une médaille de bronze.

Il fit ensuite le saut dans la LNH pour la saison 1984-85. Il termina au premier rangs des buteurs des Rangers avec 29 buts, en plus de 30 passes pour 59 points, ce qui lui valut une place sur l'équipe d'étoiles des recrues en plus d'être nommé joueur le plus utile de la saison pour les Rangers.

Il joua 4 autres saisons complètes à New York, amassant au moins 25 buts annuellement, dont une saison de 40 buts en 1986-87, saison durant laquelle il cimenta sa réputation comme fouteur de trouble. Il fut également élu au match des étoiles de 1988.

Voici quelques extraits d'époque où l'on peut voir Sandstrom faire des siennes et également ses adversaires qui ne se gênaient pas pour lui répliquer...


Cependant durant la saison 1989-90, une occasion se présenta aux Rangers d'obtenir Bernie Nicholls des Kings de Los Angeles, lui qui sortait d'une saison magistrale de 70 buts (qui comme je l'ai déjà mentionné étaient plus ou moins à 30% obtenus sur des passes de Gretzky). 

Les Kings avaient effectivement la merveille dans leurs rangs mais peinaient à bien l'entourer. Ils eurent toutefois l'occasion d'obtenir deux joueurs pour compléter Gretzky, en en sacrifiant seulement un. C'est alors que Nicholls prit le chemin de New York en retour de Tony Granato et Sandstrom. Les deux joueurs furent immédiatement mutés aux ailes de Gretzky et le pari sembla bien fonctionner pour les Kings. Comme plusieurs avant lui, Sandstrom eut un boost de production avec Gretzky, connaissant sa meilleure saison en carrière en 1990-91 avec 45 buts et 44 passes pour 89 points en seulement 68 matchs. 

Il commença toutefois à être en proie à de nombreuses blessures, principalement dues à son style de jeu. Il ne put jouer que 49 matchs en 1991-92 (39 points) et ensuite 39 matchs en 1992-93 (52 points). Il fut toutefois en pleine santé pour les fameuses séries de 1992-93 qu'il termina avec 25 points en 24 matchs, ce qui lui confinait le 3e rang des pointeurs en séries derrière Gretzky et Doug Gilmour des Maple Leafs.

Et bien sûr c'est lors de ces séries qu'arriva la scène qui l'immortalisa à jamais, le fameux clin d'oeil à son égard de la part de Patrick Roy après que ce dernier ait empêché Sandstrom de s'emparer d'un retour de lancer.


Et à propos de ce célèbre clin d'oeil, le principal intéressé déclara plus tard qu'il ne l'avait même pas vu sur le coup, seulement plus tard en reprise à la télé. Il admis ensuite qu'il trouvait ça drôle et n'était pas insulté. 

Mais les Kings post-finale de 1993 piquèrent rapidement du nez par la suite, ratant les séries et connaissant des déboires financiers (qui menèrent plus tard à l'arrestation de leur proprio Bruce McNall pour fraude). Ils firent alors plusieurs mouvements de personnel et un des premiers à partir fut Sandstrom qui prit le chemin de Pittsburgh en février 1994. 

En fait, les Penguins et les Kings étaient de fréquents partenaires d'échanges à l'époque. Au courant de l'été 1993, les Kings avaient d'abord envoyé Marty McSorley aux Penguins en retour de Shawn McEachern. Mais seulement quelques mois plus tard, l'échange fut inversé alors que McEachearn retourna à Pittsburgh et vice-versa pour McSorley. Cependant, cette fois-ci Sandstrom fut inclus dans la transaction ainsi que Jim Paek qui prit le chemin de L.A.

Un des nombreux capitaines suppléants des Penguins
durant les problèmes de santé de Mario Lemieux


Bref, Sandstrom continua sa carrière avec les Penguins, étant de nouveau dans le même vestiaire qu'un autre joueur légendaire, Mario Lemieux. Il fait d'ailleurs partie d'un club assez exclusif de joueurs ayant joué avec Gretzky et Lemieux. 

Puisque j'ai pas pu résister, voici la liste de ces joueurs (probablement incomplète) que je n'ai pas trouvé ailleurs et que j'ai du faire moi-même:

  • Paul Coffey
  • Tomas Sandstrom
  • Rick Tocchet
  • Marty McSorley
  • Moe Mantha
  • Bob Errey
  • Dave Hannan
  • Craig Simpson
  • Willy Lindstrom (aussi le seul à avoir joué avec Lemieux, Gretzky et Bobby Hull)
  • Dan Quinn
  • Ron Duguay
  • Rob Buskas
  • Rob Brown
  • Kevin Stevens
  • Chris Joseph
  • Chris Kontos
  • Randy Gilhen
  • Ulf Samuelsson
  • Jim Paek
  • Jeff Chychrun
  • Shawn McEachern
  • Chris Tamer
  • Petr Nedved
  • Craig Muni
  • Robert Lang
  • Alex Kovalev
  • Kelly Buchberger


Ouais ben... pas tant exclusif que ça finalement. Il y en a toujours plus qu'on pense... Et ça en plus c'est sans compter les Olympiques et les coupes Canada. 

Cependant, Sandstrom ne joua pas autant avec Lemieux qu'avec Gretzky, le #66 étant gravement atteint de problèmes de santé qui le forcèrent même à prendre une saison sabbatique en 1994-95. Ils furent toutefois jumelés à maintes reprises lors du retour de Lemieux en 1995-96 et Sandstrom connut alors sa dernière bonne saison productive avec 70 points dont 35 buts en seulement 58 matchs.

Après 40 matchs en 1996-97, il fut de nouveau échangé, cette fois-ci aux Red Wings de Détroit en retour de Greg Johnson. Comme vous vous en doutez, le timing était parfait pour Sandstrom qui put remporter la coupe Stanley ce printemps-là avec cette nouvelle équipe. Les Wings détenaient alors assez de canons offensifs mais désiraient encore plus d'expérience, de profondeur et d'agressivité. Sandstrom était le candidat idéal. Malgré 20 matchs joués durant les séries 1997, il ne récolta que 4 passes. Une de ces passes (la 4e) fut toutefois obtenue sur tout un but, soit le splendide but décisif de Darren McCarthy lors du 4e et dernier match de la série finale contre les Flyers.




Ce fut toutefois très éphémère pour Sandstrom à Détroit puisqu'il devint agent libre durant l'été. Il signa alors un contrat de deux saisons avec les Mighty Ducks d'Anaheim. Après une première saison de seulement 17 points avec eux en 1997-98, il reprit de la vigueur la saison suivante avec 32 points en 58 matchs. 

Les Ducks désiraient alors lui faire signer un autre contrat mais il rejeta l'offre pour pouvoir aller terminer sa carrière dans son pays natal. Il joua trois autres saisons avec le Malmo IF, se retirant finalement du jeu après la saison 2001-02. Preuve qu'il n'avait pas perdu de sa fougue, il termina les séries de 2000-01 avec 60 minutes de pénalité, soit le premier rang de la ligue.


 

En 983 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 394 buts et 463 passes pour 857 points, en plus de 81 points en 139 matchs des séries. 

Suite à se retraite comme joueur, il devint pompier dans sa ville natale en plus de travailler dans l'ébenisterie.

 

dimanche 29 décembre 2024

Billy Smith








Au cours du temps des fêtes, qui n’est pas encore tout à fait terminé, on mentionne parfois le personnage du grincheux de Noёl. Ceci m’a donné l’idée d’écrire un billet au sujet du grincheux du hockey.

Billy Smith est originaire de Perth, dans l’est ontarien. Il débuta donc son stage junior dans la ville voisine de Smiths Falls de la Ligue centrale junior A en 1967. À cette époque, cette ligue pouvait aspirer à la Coupe Memorial. De plus, les équipes d’une même ligue pouvaient se prêter des joueurs en vue du tournoi. C’est ainsi que Smith fut prêté aux Castors de Hull pour le tournoi de 1969. Ce furent finalement les Canadiens Jr. qui remportèrent la vénérable coupe.

Pour la saison 1969-70, on mit sur pied la Ligue de hockey junior majeure du Québec (LHJMQ), en fusionnant la Ligue de hockey junior du Québec et la Ligue junior Montréal Métropolitain. Les Royals de Cornwall quittèrent alors la Ligue centrale pour se joindre à la nouvelle ligue. Smith suivit et se joignit alors aux Royals.

Si Cornwall était alors une équipe assez ordinaire, Smith attira l’attention en jouant tous les matchs sauf un. Il fut donc repêché en 5e ronde (58e au total) par les Kings de Los Angeles.

Assigné aux Kings de Springfield de la Ligue américaine l’année suivante, Smith et ses coéquipiers causèrent une surprise, alors qu’après une saison moyenne, ils remportèrent la Coupe Calder.

Smith retourna à Springfield pour la saison 1971-72, tout en parvenant à jouer ses cinq premiers matchs dans la LNH. Par contre, les Kings venaient de faire l’acquisition de Rogatien Vachon des Canadiens. Avec la présence de Gary Edwards, il n’y avait plus d’espace devant le filet des Kings. Smith fut donc laissé sans protection et fut choisi par les Islanders au repêchage d’expansion de 1972.

C’est avec Gerry Desjardins que Smith partagea le filet de la nouvelle équipe. Au 2e match, Smith fut crédité de la première victoire des Islanders, contre la formation qui l’a laissé partir, Los Angeles.

Smith fut ensuite joint par Glenn "Chico" Resch, avec qui il forma un duo suivant le départ de Desjardins pour l’AMH en 1974-75.

Les deux se partagèrent la tâche plus ou moins également pendant plusieurs années alors que la surprenante jeune équipe progressa plus rapidement que prévu.

Le 28 novembre 1979, alors que les Islanders connaissaient un début de saison très décevant, ils allèrent jouer au Colorado, contre les minables Rockies. Smith fit alors les manchettes pour une raison inusitée. C’est Resch qui débuta le match devant le filet des Isles, mais il fut remplacé par Smith. En 3e période, les Islanders écopèrent d’une pénalité à retardement. Bill McKenzie quitta alors le filet du Colorado. À ce moment, le défenseur Rob Ramage envoya par inadvertance la rondelle dans son propre filet. On accorda d’abord le but au défenseur Dave Lewis, mais après la fin du match, on se ravisa pour finalement le mettre à la fiche de Smith. Si c’était déjà arrivé dans les mineures (par Michel Plasse), c’était la première fois que ça arrivait dans la Ligue nationale. La contribution de Smith ne fut toutefois pas suffisante pour éviter la défaite aux Islanders, 7-4. Seulement 7112 spectateurs ont assisté à ce moment historique.

À ce moment, Smith s’était développé une réputation de gardien très intense. Dans la chambre, ses coéquipiers affirmaient qu’il y avait un cercle imaginaire autour de son casier. Si quelqu’un s’y aventurait alors qu’il était dans sa préparation, c’était au péril de sa vie. Si au cours d’un entraînement, un coéquipier avait le malheur de lancer haut, l’effet était le même. Quant à sa relation avec les journalistes, elle était pour le moins froide.

Par contre, c’est avec ses adversaires qu’il fut le plus sans pitié. Il n’avait aucune tolérance pour qui que ce soit qui s’approchait de son rectangle. Il distribuait sans retenue les coups de bâton avec toute sa force. Même Wayne Gretzky fut sa cible à un moment. Il hérita alors du surnom de Billy The Hatchet Man ou Billy La Hache. Lorsqu’on répliquait, Smith pouvait se battre ou à l’inverse, jouer la victime.

Après des parcours en séries intéressants mais sans se rendre au bout, la réputation de gardien à son meilleur lorsque ça compte de Smith finit par rapporter. Lors des séries de 1980, malgré le début de saison pénible qu’ils avaient connu, les Islanders remportèrent leur première Coupe Stanley. Si c’est Resch qui joua la majorité des parties en saison régulière, Smith prit le filet pour la plupart des matchs en séries. Et lorsqu’une série se terminait, Smith était reconnu pour refuser d’aller serrer la main de ses adversaires.

La saison suivante, l’équipe confirma que c’était maintenant Smith le numéro 1, lorsque Resch fut échangé aux Rockies. On se servit de lui comme monnaie d’échange pour obtenir le défenseur Mike McEwen et on le remplaça en faisant graduer Roland Melanson. Cette saison fut couronnée par une 2e Coupe Stanley.

En 1981-82, on changea la façon dont on décernait le trophée Vézina. Au lieu de l’attribuer aux gardiens de l’équipe ayant accordé le moins de buts (ce qui favorisait souvent les gardiens des meilleures équipes plutôt que le meilleur gardien), on le donna dorénavant au gardien élu par les directeurs généraux de la ligue. C’est le trophée Jennings qui prit l’ancienne place du trophée Vézina. Smith remporta le premier Vézina nouveau genre et le 2e Jennings l’année suivante, en compagnie de Melanson.

Lors des séries de 1983, les Islanders visaient une 4e Coupe consécutive. En finale, ils affrontaient les jeunes Oilers, où Smith ne mit pas de temps à faire parler de lui. Dès le premier match, Smith blessa Glenn Anderson avec son éternel coup de bâton. Il écopa de deux minutes de pénalité, mais il mit en rogne l’entraîneur des Oilers, Glen Sather, qui affirma que Smith brandissait son bâton comme un fou furieux. Smith tourna Sather au ridicule, affirmant qu’Anderson exagérait et que le joueur le plus vicieux, c’était Mark Messier. Les Islanders remportèrent la Coupe, mais Edmonton prit sa revanche l’année suivante.

Si New York devint moins dominant avec les années, Smith continua à faire des siennes avec son bâton. Le 13 janvier 1985, il frappa Curt Fraser des Black Hawks et lui fractura la joua. Cette fois, il fut finalement suspendu pour 6 parties.

Smith joua jusqu’en 1988-89. À ce moment, il était le dernier joueur actif de l’édition initiale des Islanders et détenait la quasi-totalité des records d’équipe pour un gardien. (La plupart de ces records sont aujourd’hui battus.) Ses 475 minutes de pénalité constituaient aussi le record de la LNH pour un gardien (par la suite battu par Ron Hextall).

À sa retraite, il devint entraîneur des gardiens chez les Islanders, avant de suivre Bill Torrey (ancien directeur-gérant des Islanders) chez les Panthers.

On dirait qu’on lui a pardonné ses frasques, puisqu’il a été élu au Temple de la renommée en 1993. Il faut par contre mentionner que ceux qui l’ont côtoyé s’entendent pour dire que s’il était intense à l’extrême et irascible dans un contexte de hockey, il était une personne tout à fait aimable et fréquentable hors de la patinoire.

Son frère Gord a joué 299 matchs avec les Capitals et les Jets.

Sources:

″Smith réussit le premier but par un gardien dans la LNH″, UPI, AP et PC, 29 novembre 1979, Le Soleil, page C3,

″′I started laughing′ : Smith says of critics″, UPI, May 12, 1983, Windsor Star, page B1,

″Billy Smith le savait trop bien…″ de Réjean Tremblay, 5 mai 1984, La Presse, page C2,

″Swingin’ Billy suspended for 6″, CP, January 29, 1985, Saskatoon Star-Phoenix, page C1,

″Smith gets six-game suspension″, Gazette News Services, January 29, 1985, Montreal Gazette, page D12,

″NHL99: Battlin’ Billy Smith was everything you’d want in a goalie″ de Michael Russo, October 27, 2022, New York Times (nytimes.com),

wikipedia.org.

jeudi 17 octobre 2024

Lowell MacDonald

 

Né à Thorburn en Nouvelle-Écosse le 30 août 1941, l'attaquant Lowell MacDonald est probablement le meilleur exemple du joueur qui a su grandement profiter de la grande expansion dans la LNH en 1967.

Il se développa d'abord dans la ligue junior de l'Ontario au sein des Red Wings d'Hamilton, avec qui il joua de 1959 à 1962 en compagnie d'autres joueurs d'exception comme Hubert «Pit» Martin et Paul Henderson. MacDonald et Martin dominèrent la OHA (ancien nom de l'OHL) en 1961-62 en terminant au premier et deuxième rang de la ligue pour les buts marqués avec 46 pour MacDonald et 42 pour Martin, et ce durant un calendrier de seulement 50 matchs. Les Red Wings remportèrent la coupe Memorial cette année-là et MacDonald continua de transporter l'équipe avec une récolte de 17 buts en 14 matchs lors de ce tournoi.

Étant propriété des grands Red Wings dans la LNH, MacDonald fit ses débuts professionnels également durant cette même saison 1961-62 avant d'être retourné au junior. Il fit ensuite la navette entre Détroit et leur club-école, les Hornets de Pittsburgh, lors des trois saisons suivantes. Il fut toutefois victime du peu de postes disponibles dans une ligue à seulement 6 clubs et ne parvint pas à craquer le line-up du grand club de manière permanente, malgré des résultats exemplaires dans la ligue américaine. 

Il fit ensuite partie à l'été 1965 d'une méga transaction entre les Red Wings et les Maple Leafs envoyant Andy Bathgate à Détroit. Il prit le chemin de Toronto en compagnie de Larry Jeffrey, Eddie Joyal et Marcel Pronovost. Bathgate, Gary Jarrett et Billy Harris prirent le chemin inverse vers la ville de l'automobile.

Cependant, il y avait encore moins de postes disponibles à Toronto qu'à Détroit. Et pendant que les Leafs remportaient leurs dernières coupes Stanley, MacDonald rongeait toujours son frein dans les mineures, désormais loin de sa famille avec les Oilers de Tulsa dans la ligue centrale. Il considéra alors de prendre sa retraite, lui qui était très éduqué et avait d'autres intérêts en dehors du hockey.

Il eut toutefois un coup de pouce du destin avec l'arrivée de six nouveaux clubs majeurs avec la grande expansion de 1967. Les nouveaux Kings de Los Angeles le sélectionnèrent au repêchage d'expansion et il put ainsi jouer dans la LNH à temps plein. Il fit ainsi partie de la première édition des Kings et connut une première saison complète avec une fiche raisonnable de 21 buts et 24 passes en 1967-68.

 

Il régressa toutefois en 68-69 avec seulement 28 points en 58 matchs, avec en plus un retour de 9 matchs dans les mineures. En 1969-70, il avait besoin de se faire opérer au genou et ne voyant pas nécessairement beaucoup d'avenir dans le hockey, il ne joua qu'une douzaine de matchs durant l'année avec le club-école des Kings et se concentra plutôt sur la complétion de son diplôme universitaire. Il penchait également vers la retraite en raison de sa peur de prendre l'avion, une peur davantage accentuée par les longs voyages effectués par les Kings loin dans l'ouest.

Il fut toutefois acquis par les Penguins de Pittsburgh à l'été 1970 au repêchage intraligue et  c'est  Red Kelly, le coach des Penguins, qui le convainquit de demeurer dans la LNH. Kelly le connaissait depuis ses années à Détroit et également à Los Angeles où il fut le premier entraîneur des Kings. Kelly lui promit entre autres d'avoir à effectuer moins de longs vols d'avion. 

Cependant, sa blessure réapparut et le mit hors du portrait pour la majorité de la saison où il ne put faire plus que 1 passe en 10 matchs. Il ne joua ensuite aucun match en 1971-72, optant possiblement une nouvelle fois pour la retraite.

Cependant, sa femme le persuada de tenter un comeback en 1972-73. Il fut réinvité au camp d'entraînement des Penguins et parvint à refaire l'équipe. C'est alors qu'il explosa. Jumelé sur la première ligne avec Syl Apps Jr. et Jean Pronovost, MacDonald connut une superbe saison de 34 buts et 41 passes pour 75 points. 

MacDonald et son trophée Bill Masterton

Son long cheminement pour se rendre à ce niveau et sa persévérance lui valurent alors le trophée Bill Masterton. Il fut également invité au match des étoiles.

Il reprit de plus belle en 1973-74 avec des sommets en carrière de 43 buts et 39 passes pour 82 points, ce qui le plaçait dans le Top 10 des buts et des points à travers la LNH. L'entraîneur des Penguins Ken Schinkel déclara que MacDonald était son joueur le plus complet. Il retourna également au match des étoiles cette saison-là. Le trio de MacDonald, Pronovost et Apps fut surnommée la «Century Line» car ils marquaient ensemble une centaine de buts annuellement.

La «Century Line» ou «Bicentennial Line»
 

Après deux autres bonnes saisons de 60 et 73 points, les choses recommencèrent à mal aller dans son cas. Il subit une sérieuse blessure au genou qui le mit au rancard pour presque l'entièreté de la saison 76-77 où il ne put jouer que 3 matchs. 

Il tenta un autre retour en 77-78 et malgré de bonnes statistiques de 13 points en 19 matchs, ses blessures persistantes le forcèrent à une retraite définitive. 

Sa fiche en carrière fut de 180 buts et 210 passes pour 390 points en 506 matchs.

Après sa retraite, il s'établit à Milwaukee et devint entraîneur-chef de l'école préparatoire University School of Milwaukee où il entraîna durant 18 saisons. Il fut également introduit au temple de la renommée du sport en Nouvelle-Écosse en 1982.

 


Son fils Lane MacDonald fut plus tard une star du hockey universitaire américain avec Harvard. Il remporta notamment le trophée Hobey Baker en 1989 en plus d'aider Harvard à remporter le championnat de la NCAA.



vendredi 27 septembre 2024

Pete Stemkowski



C’est suite à une suggestion de notre fidèle lecteur Jellos que j’ai mis le nom de Pete Stemkowski sur ma liste de sujets potentiels. Quelques mois plus tard, nous y voici.

Stemkowski date de l’époque d’avant le repêchage. Les équipes repéraient des jeunes espoirs, pour ensuite les envoyer dans un de leurs clubs affiliés. Originaire de Winnipeg, il fut remarqué par les Maple Leafs, qui l’envoyèrent ensuite avec les Marlboros de Toronto. C’est d’ailleurs dans leur uniforme qu’il remporta la Coupe Memorial en 1964, dans une équipe qui comprenait entre autres Brit Selby, Ron Ellis, Mike Walton et Gary "Suitcase" Smith.

Stemkowski prit ensuite un certain temps à se tailler une place avec les Leafs puisque l’équipe comptait sur plusieurs vétérans. Il fit alors des allers-retours entre Toronto et Rochester, dans la Ligue américaine. C’est toutefois avec ce même groupe de vieux routiers, comme Johnny Bower, Marcel Pronovost, Red Kelly et Tim Horton, qu’il remporta la Coupe Stanley en 1967.

OPC #25 - Chandail javellisé
Il amorça la saison suivante avec Toronto, mais au mois de mars, il fut impliqué dans une transaction majeure, alors qu’il prit le chemin de Détroit avec Frank Mahovlich et Garry Unger. Ce sont Paul Henderson, Floyd Smith et Norm Ullman qui prirent le chemin inverse.

Joueur de centre qui jouait dans les deux sens de la patinoire, Stemkowski eut de bonnes saisons à Détroit, marquant 21 buts en 1968-69 et 25 buts en 1969-70. Les Wings entraient toutefois dans une longue période de déclin et d’instabilité. Pour la saison 1970-71, Détroit pensa avoir trouver une solution en embauchant Ned Harkness comme entraîneur. À une époque où le parcours universitaire était rare, autant pour les joueurs que pour les entraîneurs, Harkness venait de l’Université Cornell.

En plus d'une approche destinée à une jeune équipe, Harkness arriva avec ses idées innovatrices, peut-être même trop. En effet, tenter de faire jouer Gordie Howe à la défense n’était probablement pas la meilleure idée. Les résultats ne furent pas au rendez-vous et Harkness se mit ainsi à dos certains vétérans.
OPC #182 - Tête transplantée

Stemkowski, un éternel blagueur, se mit alors à se payer la tête de son entraîneur. La goutte qui fit déborder le vase fut lorsqu’il se mit une casquette de Cornell sur la tête et se mit à faire des chants de ralliement typiques du milieu scolaire. ″Donnez-moi un C! Donnez-moi un O! Donnez-moi un R!...″ Harkness en fut insulté. Selon ce qui a été rapporté, il aurait alors demandé au directeur-gérant Sid Abel ″Get rid of that dumb Polack.″ (traduction libre : Débarrasse-toi de ce crétin de pollock.) Le 31 octobre 1970, Stemkowski fut alors expédié aux Rangers, en retour de Larry Brown.

Comme il a été échangé au cours de la saison 1970-71, il lui est arrivé quelque chose de plutôt rare à cette époque. Pour une raison obscure, O-Pee-Chee lui a produit deux cartes (régulières) différentes avec deux photos différentes. Et dans les deux cas, il s’agissait de photos cocasses : une avec une photo fantôme (dans l’uniforme des Red Wings mais où on a enlevé le logo), et l’autre avec l’uniforme des Rangers où on a collé une ″tête ballon″ de Stemkowski.

Celui qu’on surnommait ″Stemmer″ s’intégra bien avec les Blueshirts. Après avoir connu une période misérable, New York reprenait vie avec des joueurs comme Jean Ratelle, Rod Gilbert, Vic Hadfield et Brad Park. À sa première saison dans la grosse pomme, les Rangers remportèrent une première série en 21 ans, lorsqu’ils ont battu les Leafs. Au deuxième tour, Stemkowski fit tout ce qu’il put lorsqu’il marqua un but en première prolongation et un autre en troisième. Malgré ces deux victoires qu’il leur offrit, ce suffit insuffisant pour les Blueshirts, qui s’inclinèrent en sept matchs. Ce sont finalement les Black Hawks qui sont allés se faire battre par Montréal en finale.

Ce ne fut que partie remise, car en 1971-72, les Rangers atteignirent la finale pour la première fois depuis 1950. Ils se sont toutefois inclinés contre les Bruins. Sur une base individuelle, Stemkowski marqua 22 buts, un total qui sera suivi par un de 25 et un autre de 24 buts lors des saisons qui suivirent.

Après avoir joué dans des marchés de hockey plus traditionnels, Stemkowski signa comme agent libre avec les Kings à l’été 1977. Il joua un an en Californie, où il constata que plusieurs personnes ne connaissaient même pas l’équipe. Il y fit par contre connaissance du marché immobilier, où il fit quelques investissements.

Son héritage polonais lui servit lorsqu’il fut choisi pour faire une publicité de Miller Lite, où il faisait des blagues en polonais. Par contre, il y eut des plaintes et celle-ci fut retirée des ondes.

Si Stemkowski était connu pour son côté farceur, il montra en 1982 un autre côté de sa personnalité. Alors qu’il travaillait à la radio au Connecticut, il eut des problèmes avec un associé d’affaires qui lui devait 70 000$. Son beau-frère lui présenta alors quelqu’un à qui Stemkowski offrit 20 000$ pour lui briser au moins une cheville et un poignet. Le problème, c’est que cette personne était en fait un policier anonyme.

Si son beau-frère et ses ″copains″ furent arrêtés pour trafic d’armes, de drogue et pour avoir opéré un réseau de paris, Stemkowski fut accusé de sollicitation criminelle. Il reconnut les faits, exprima des regrets et plaida coupable. S’il était ainsi passible d’une peine pouvant aller jusqu’à quatre ans de prison, il écopa finalement de trois ans de probation, en plus de devoir subir des traitements psychiatriques. Le juge, qui se souvenait de l’avoir vu jouer avec les Rangers, se montra relativement clément envers lui, bien que déçu de le voir dans ces circonstances.

À ce moment, Stemkowski cherchait à revenir dans le monde du hockey et ses mésaventures ont probablement nui à ses projets. Toutefois, le temps passa et il finit par se trouver du boulot, alors qu’il travailla pendant neuf ans aux reportages des matchs des Sharks. Il travailla aussi à temps partiel pendant un moment à la couverture des Rangers.

Sources :

″Rebuilding on the more″ de Jack Dulmage, November 4, 1970, The Windsor Star, page 28,

″Golly Ned, Red Wings Balk At Rah-Rah Coach″ de Bill Heufelder, November 21, 1970, The Pittsburgh Press, page 7,

″Reformation under Barkley″ de Jack Dulmage, January 11, 1971, The Windsor Star, page 18,

″Orr ′special′″ de Ted Blackman, April 12, 1971, Montreal Gazette, page 22,

″Stemkowski voulait son argent″, UPI, 25 mars 1982, La Presse, page S4,

″Stemkowski plaide coupable″, UPI, 12 mai 1982, La Presse, page S12,

″Stemkowski écope″, PC, 23 juin 1982, La Presse, page S16,

″Stemkowski Is Sentenced to Probation″ de Gerald Eskenazi, June 23, 1982, New York Times (nytimes.com), page A22,

wikipedia.org.

jeudi 1 août 2024

Joueur oublié des 90's #92 - Doug Houda

 


 

Voici un (rare) clip cocasse des NHL Awards de 1997 où Ron MacLean annonce à Phil Esposito que suite à la règle controversée du patin dans le demi-cercle, la ligue a décidé d'appliquer rétroactivement le règlement. Cela fait en sorte que le total de buts en carrière d'Esposito (un joueur qui était réputé pour les buts devant le filet) a diminué drastiquement, le mettant finalement à 3 buts derrière Doug Houda...


Douglas Harold Houda est né le 3 juin 1966 à Blairmore en Alberta. Grand défenseur physique de 6'2" en 200 livres, Houda était ce qu'on appelle un défenseur «défensif» ou «dans sa zone», étant rarement appelé à contribuer offensivement. Il n'était pas non plus un agitateur ou un pugiliste mais n'hésitait toutefois pas à se battre si la situation l'exigeait. Il était également réputé pour ses bonnes mises en échec.

Il débuta son stage junior avec les Wranglers de Calgary de la WHL en 1982. Après sa deuxième saison avec les Wranglers où il amassa 195 minutes de pénalités et une fiche de 36 points, les Red Wings en firent leur choix de 2e ronde (28e au total) du repêchage de 1984. 

Il connut en 1984-85 sa meilleure saison offensive à vie (incluant chez les pros) avec les Wranglers avec 20 buts et 54 passes. Il termina cette saison avec le club-école des Red Wings comme renfort en séries, débutant ainsi son passage chez les pros.

Il débuta ensuite la saison 85-86 à Détroit mais fut renvoyé au junior après 6 matchs. Il termina sa carrière junior en étant échangé à Medecine Hat.

Il passa ensuite les saisons suivantes à faire la navette entre les Wings et leurs clubs-école, n'étant jamais capable de s'assurer un poste permanent à Détroit. Sa meilleure saison (à vie dans la LNH) fut celle de 1988-89 où il obtint 2 buts et 11 passes pour 13 points. Il parvint ensuite finalement à jouer 73 matchs avec le club, récoltant 2 buts et 9 passes. 

Un changement d'entraineur la saison suivante le fit toutefois retourner dans la ligue américaine. Il fut finalement échangé aux Whalers en février 1991 en retour de Doug Crossman.

Il eut plus de temps de glace avec une plus faible équipe à Hartford, connaissant sa meilleure récolte de buts en 1991-92 avec 3 buts(!) et jouant exclusivement pour le grand club. Il fut toutefois échangé aux Kings durant la saison 1993-94 en retour de Marc Potvin. Après cette seule demie-saison à L.A., Houda fut échangé aux Sabres en retour d'un jeune Sean O'Donnell.



Houda eut des moments difficiles à Buffalo, étant finalement rétrogradé dans les mineures en 1995-96. Il profita toutefois de l'occasion pour s'imposer avec leur club-école, les Americans de Rochester, qu'il aida à remporter la coupe Calder au printemps 1996. Cela le remit sur le radar des autres équipes et finalement, les Islanders le signèrent comme agent libre durant l'été. Après une saison complète à Long Island, il fut échangé aux Mighty Ducks durant la saison 1997-98.

Il retourna au bercail à l'automne 98 lorsque les Red Wings refirent son acquisition en retour d'un choix de 9e ronde. Désormais une super-puissance, les Wings l'employèrent exclusivement comme mentor avec le club-école, ne lui faisant jouer que 3 matchs en remplacement de blessés durant la saison 98-99.

Il retourna ensuite dans l'organisation des Sabres avec leur club-école de Rochester. À ce stade de sa carrière, il était heureux dans les mineures dans le rôle de grand frère, ce qui lui permit de préparer sa prochaine carrière derrière le banc. Il joua 4 saisons avec les Americans, n'étant rappelé que pour deux matchs à Buffalo, dont son dernier en 2002-03 à sa dernière saison.


Après sa retraite, il demeura à Rochester comme assistant entraineur. Il fut ensuite engagé par les Bruins comme assistant. Il demeura à ce poste jusqu'en 2016, étant au passage membre de l'équipe championne de 2011. Il fut ensuite assistant avec son ancien club, les Red Wings, de 2016 à 2022. Il demeura ensuite assistant, mais cette fois-ci avec les Islanders. Il fut toutefois remercié cet été et ne sera pas de retour la saison suivante.

En carrière dans la LNH, sa fiche fut de 19 buts et 63 passes pour 82 points en 561 matchs. Le total de buts officiels de Phil Esposito est demeuré à 717, soit 37 fois la récolte de Doug Houda...


dimanche 28 juillet 2024

C'était pas facile pour Rogatien ....


 




Je me demande quelle était la discussion dans les bureaux de Topps lorsqu'il est venu l'étape de l'approbation de l'épreuve de la carte de Rogatien Vachon pour la série 1972-73. Ça devait ressembler à ça entre le gars du contrôle de la qualité (on va le nommer John) et le graphiste (appelons-le Steve) :

John : Rogatien ne s'est pas présenté à la séance photo je suppose ?

Steve : Probablement, le photographe n'avait rien. J'ai dû prendre un vieux cliché avec le Canadiens que j'ai trouvé sous un classeur. Mais je crois avoir réussi le "airbrush".

John : Ouais pas mal le chandail des Kings … mais ça ne te tentais pas de faire le logo ?? On dirait un chandail de chez Sears qu'il a sur le dos !

Steve : Heille, j'ai pas ce talent là OK ! As-tu déjà essayé de peindre ça toi une couronne ?? J'ai pu le temps en plus. Anyway, elle est quand même mieux que la chiotte que Bill d'O-Pee-Chee a fait sur sa carte l'an passé !

John : Ok ok, relaxe. C'est juste que t'as fait la même chose avec la carte de Serge Bernier puis ça fait un peu plus dur.

Steve : Hey, pars-moi pas sur Bernier. Je suis prêt à parier qu'il ne fera même pas 10 points cette année. Fack approuve ça puis on passe à autre chose, capiche ?