Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est Seals. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Seals. Afficher tous les articles

dimanche 22 septembre 2024

Bob Girard





Travailleur infatigable, Robert Girard n’a pas eu le parcours le plus typique qui soit. Jamais repêché, c’est alors qu’il jouait au niveau senior avec les As d’Amqui qu’il signa un contrat comme agent libre. Les faibles Golden Seals de la Californie, tentant désespérément de retrouver un peu de profondeur, lui firent signer un contrat comme agent libre en septembre 1973.

Il fut d’abord assigné aux Checkers de Charlotte de la SHL (Southern Hockey League), avant de graduer avec les Golden Eagles de Salt Lake de la WHL (Western Hockey League).

Comme 1973-74 fut la dernière année d’existence de la WHL, les Golden Eagles et Girard se joignirent l’année suivante à la CHL (Central Hockey League). L’année fut également soulignée par l’arrivée de Jack Evans derrière le banc. Ce fut aussi l’un des rares points positifs de l’histoire des Seals, alors que leur club-école finit premier au classement et remporta la Coupe Adams. Girard, un ailier versatile qui était jusqu’à récemment un défenseur, contribua aux succès de l’équipe avec 13 buts et 32 passes.

Les minables Seals, qui venaient de changer six fois d’entraîneur en quatre ans, ne pouvaient pas passer à côté de ce rare coup d’éclat, et firent alors graduer Evans derrière leur banc pour la saison 1975-76. Celui-ci en profita pour faire graduer Girard avec lui. D’ailleurs, il devait vraiment apprécier son jeu, puisque dès son année recrue, il joua l’année au complet. Le manque de talent de l’équipe fit aussi en sorte qu’il hérita de missions périlleuses habituellement pas confiées aux nouveaux venus, comme celle de surveiller Guy Lafleur lors des affrontements contre Montréal.

Offensivement, Girard s’en tira aussi relativement bien, malgré quelques disettes. Si une autre recrue, Dennis Maruk, compta 30 buts, Girard parvint tout de même à en accumuler 16, en plus de 26 passes. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour rendre les Seals respectables, qui ratèrent encore les séries et qui terminèrent 14e sur 18, avec une fiche de 27-42-11. Avec une moyenne de 6944 spectateurs, ils terminèrent également derniers au niveau des foules et finirent par déménager à Cleveland, pour devenir les Barons.

À Cleveland, les résultats ne furent guère mieux, ni sur la patinoire, ni dans les estrades.

Girard marqua 11 buts et obtint 10 passes en 1976-77, avant d’être échangé au cours de la saison 1977-78. Il n’améliora toutefois pas ainsi son sort, puisqu’il se retrouva avec une équipe encore pire, les Capitals de Washington. En retour, les Caps donnèrent tout de même un joueur qui avait connu des saisons intéressantes offensivement, Walt McKechnie.

À Washington, il fit la rencontre de Robert Sirois, qui devint un ami et même un partenaire d’affaires, avec qui il détint pendant un moment un restaurant italien à Pierrefonds.

À un moment où ils étaient en vacances à Miami avec quelques coéquipiers, Sirois vit Girard entrer dans un bar. Il voulut le suivre, mais on l’empêcha. Lorsqu’il insista, il put finalement être admis. À l’intérieur, il constata que la clientèle était purement masculine. Lorsqu’il repéra finalement Girard, il le vit alors qu’il dansait langoureusement avec un autre homme. Éberlué, Sirois se fit alors demander par un autre client s’il était au courant qu’il s’agissait d’un bar gay. Sirois répondit qu’il n’en savait absolument rien et sortit.

Dans une LNH des années 1970, alors que le jeu était très agressif et l’ambiance plutôt macho et homophobe, ce point était très embarrassant. Sirois, avec ce qu’il a qualifié lui-même de sa mentalité de l’époque, dit alors lors d’une conversation ultérieure à Girard que le tout devait demeurer secret et qu’il devrait se faire soigner. Le secret demeura.

Girard joua aussi la saison 1978-79 avec les Capitals, mais au repêchage de 1979, il fut déçu de ne pas avoir été choisi par les Nordiques. Il retourna donc avec les Capitals, avec qui il joua un dernier match dans la LNH. Il passa le reste de la saison avec les Bears de Hershey dans la Ligue américaine, avec qui il remporta la Coupe Calder.

Il tenta brièvement l’expérience suisse, avant de revenir dans la région montréalaise et de jouer dans des ligues récréatives.

S’il est décédé en 2017, à l’âge de 69 ans, ce n’est qu’après que la question de son orientation sexuelle refit surface. Marie-Claude Savard, dans le cadre de la série documentaire ″Intouchables″, diffusée en 2020, se demanda pourquoi il n’y avait jamais eu un seul joueur de la Ligue nationale qui ait dévoilé son homosexualité. C’est ainsi que l’équipe retraça Sirois et le frère de Girard, Denis. Ce dernier confirma le tout et s'est dit persuadé que s’il avait été toujours vivant, dans le contexte actuel, Robert aurait sûrement accepté de finalement faire sa ″sortie du placard″.

Malgré les journées de la fierté, est-ce que les choses ont vraiment changé?  Bien qu'il soit pratiquement statistiquement impossible qu'il n'y ait aucun homosexuel dans la LNH, il demeure qu'aucun ne se soit affiché comme tel, ni maintenant, ni jamais.

Sources:

″Gritty Girard finds success as winger″, de Brent Checketts, Deseret News, November 7, 1974, page F1,

″Girard espère″ de Bernard Brisset des Nos, Montréal-Matin, 7 décembre 1976, page 69,

″Les matineux″, Montréal-Matin, 29 décembre 1976, page 47,

″Les matineux″, Montréal-Matin, 30 août 1978, page 59,

″Burton reviendra jouer au Colisée″ de Maurice Dumas, Le Soleil, 14 juin 1979, page C1,

″Intouchables, L’homosexualité au hockey, entre tabou et clichés″ (Les intouchables : argent, sexe, drogue et… hockey! | ICI.Radio-Canada.ca)

wikipedia.org.

lundi 4 septembre 2023

Sondage - And the winner is... les SHARKS!

 


Le mois dernier, nous avons posé l'éternelle question: «Où se situent actuellement les Barons (et les Seals) dans l'organigramme de la LNH?»

Est-ce que l'héritage glorieux des Seals et des Barons se retrouve désormais au Texas avec les Stars de Dallas suite à la fusion de 1978 avec les North Stars et le déménagement de 1993? Ou bien est-ce plutôt un cas de patrimoine spirituel en ce que les Barons, anciennement les Seals de Californie, sont désormais devenus les Sharks de San Jose suite au départ des anciens propriétaires des North Stars responsables de la fusion de 1978 et la dé-fusion de 1991?

Ou bien est-ce que, comme d'habitude, on pense à tout ça pour rien (n'ouvrons pas cette porte) et les Barons/Seals sont simplement une équipe défunte, sans relocalisation, même pas foutue d'avoir engendré quelque descendance quelconque comme l'on fait les Nordiques ou les Whalers?

Bref c'était ben le fun, même un des textes que j'ai eu le plus de fun à écrire cette année...

Mais n'attendons donc pas plus et dévoilons les résultats:


Donc. Le peuple a parlé. 

Que dis-je? La SCIENCE a parlé. Un sondage avec des statistiques, des pourcentages et des lignes graphiques, c'est foutrement scientifique.

C'était assez déchirant comme choix faut l'avouer. Il y avait de bons points pour chaque option et moi-même je ne savais pas pour qui voter (j'ai même voté pour deux options différentes, l'une sur mon ordi et l'autre sur mon cel). 

Mais au final c'est l'option «romantique» qui l'a emporté de peu sur les deux autres, donc il est désormais gravé à jamais que les Barons et les Seals sont maintenant situés à San Jose, effectuant un retour de la franchise à son endroit d'origine, soit la Baie de San Francisco. Les détours par Cleveland et le Minnesota n'étaient que d'éphémères solutions de rechange en attendant que le climat du hockey professionnel soit plus propice à l'implantation d'une franchise en Californie.



C'était donc très intéressant tout ça. Si jamais vous avez d'autres idées pour des quizzzzes farfelus du genre, faites-nous part de vos idées, il y a jamais d'idées ou de sujets totalement inutiles à sur-analyser.



mercredi 9 août 2023

Sondage: L'héritage des Barons/Seals



 


L'autre jour, j'observais mon collègue Martin ITFOR débattre sur le compte Twitter de Puckdoku sur ce qui advenait des éternels Barons de Cleveland / Seals de Californie dans l'histoire de la LNH. Comme vous le savez très probablement, cette équipe défunte occupe une place de choix dans nos cœurs ici à LVEUP. On en a parlé en détails et en détails et en détails, et plus d'une fois. Mais il est clair que ce n'est pas tout le monde qui se souvient ou qui ont de l'attachement pour les Barons/Seals et c'est plus qu'évident lorsque vient le temps de savoir où se situe cette franchise étrange dans l'arbre généalogique de la LNH. 

La complexité d'une telle question demeure liée au fait que contrairement à une équipe relocalisée comme les Nordiques, Whalers ou Scouts de Kansas City, les Barons ont plutôt fusionné avec une autre équipe, les North Stars du Minnesota, ce qui demeure à ce jour un cas unique dans l'histoire du «Big 4» nord-américain (LNH,MLB,NBA, NFL).

Plus tard, ces mêmes North Stars connurent une autre crise existentielle menant au départ de leurs propriétaires, les frères George et Gordon Gund, qui obtinrent de la LNH une nouvelle équipe d'expansion, les Sharks de San Jose, en 1991. Lors de la création de cette nouvelle équipe, la ligue procéda à la dissolution de cet accord de fusion de 1978 en permettant aux frères Gund de partir en Californie avec quelques-uns des espoirs des North Stars en plus de permettre à ces derniers de participer au repêchage d'expansion. Ensuite quelques années plus tard, les North Stars déménagèrent finalement à Dallas.

N.B. J'ai tellement écrit souvent ce dernier paragraphe dans ma vie... Pourtant je me tanne pas...


Faits saillants d'un match de fin de saison North Stars vs. Barons, le 29 mars 1978. Il s'agissait du dernier match entre les deux équipes avant la fusion, et un des derniers matchs des Barons, qui l'emportèrent 7-3.


Donc, comme vous pouvez voir, tout ça est compliqué. Et probablement inutilement compliqué pour le commun des mortels. Mais ici, nous ne sommes pas le commun des mortels et on aime aller au fond des choses et poser les vraies questions. Le temps est donc venu de finalement trancher avec la question suivante: «Où se situent actuellement les Barons (et les Seals) dans l'organigramme de la LNH?». On pourrait aussi simplifier cette question par «Où peut-on mettre des joueurs des Seals/Barons dans notre grille Puckdoku?»

On va donc faire un autre sondage pour en finir une fois pour toute. Voici d'abord vos trois choix de réponses possibles.

Option 1: L'option «standard»
Les Barons sont maintenant les Stars de Dallas

Contrairement à d'autres équipes défuntes qui ont cessé leurs activités sans déménager (comme c'était souvent le cas dans l'AMH), la ligue n'a pas procédé à un repêchage de dispersion où les joueurs des Barons se seraient retrouvés éparpillés à travers la ligue. À la place, les meilleurs effectifs des Barons devinrent des North Stars tandis que les plus faibles équipes de la ligue purent ramasser les quelques miettes et retailles restantes, moyennant une compensation financière, ce dont très peu d'équipes profitèrent de toute manière.

En fusionnant de la sorte, cette équipe amalgamée est devenue bien meilleure qu'à tout autre moment précédent de son histoire, que ce soit au Minnesota, à Cleveland ou à Oakland. Avec l'apport d'anciens Barons (et anciens Seals) comme Al MacAdam, Gilles Meloche et quelques autres bons plombiers, cette nouvelle mouture des North Stars est parvenue à éliminer les champions en titre, les Canadiens, durant les séries de 1980 avant de se rendre en finale contre les Islanders l'année suivante. On peut donc dire que le peu de bonnes choses qui ont été produites à Cleveland/Oakland ont finalement pu servir à quelque chose et laisser une empreinte au Minnesota. C'est un peu comme quand une de tes plantes meure et que tu te sers de la vieille terre pour transplanter d'autres plantes... Analogie.

L'équipe a ensuite continué contre vents et marées durant les difficiles années 80 avant de finalement lever l'ancre après la saison 1992-93, connaissant au passage une autre finale cendrillon en 1991 contre Pittsburgh, tout juste avant la «défusion» avec les Sharks.

Intéressant de lire que les Stars voulaient apparemment garder le nom temporairement avant de faire voter les fans pour un nouveau nom... J'imagine qu'ils ont laissé faire.

Les Stars de Dallas, contrairement à beaucoup d'équipes relocalisées, ont continué d'honorer l'héritage des North Stars, en gardant leur nom (sans le North), couleurs et chandails, et ont surtout conservé les anciens numéros retirés des North Stars comme le #8 de Bill Goldsworthy et le #19 de Bill Masterton. Ils ont même plus tard retiré le #7 de Neal Broten, même si ce dernier avait principalement joué au Minnesota et très peu à Dallas.

Donc, si les Stars respectent autant leur lignée, il devrait naturellement être de même pour leurs racines «Clevelandaises» et «Oaklandiennes». Donc, selon cette logique, l'héritage des Stars devrait inclure d'anciens Barons et Seals comme Carol Vadnais, Rick Hampton et Bobby Baun. Et de ce qu'on a pu voir, les North Stars n'étaient pas vraiment un facteur dans la LNH avant la fusion, ce n'est qu'en absorbant l'essence des Barons qu'ils ont finalement obtenu une véritable identité.

C'est généralement cette option qui semble la plus populaire, d'ailleurs il est possible de faire porter le chandail des Barons et des Seals aux Stars de Dallas dans la série NHL de EA Sports. It's in the game.

Passons donc à la deuxième option encore plus fantasque...

Option 2: L'option «romantique»
Les Barons sont maintenant les Sharks de San Jose

Avant de partir d'Oakland en 1976, George et Gordon Gund faisaient partie des actionnaires minoritaires des Seals. Suite au refus de la ville de San Francisco de bâtir un nouvel aréna pour héberger les Seals, les frères Gund convainquirent le propriétaire Mel Swig de tenter le coup dans leur ville natale de Cleveland. Suite au départ de Swig après une première saison catastrophique à Cleveland, les Gund lui rachetèrent l'équipe et procédèrent un an plus tard à cet accord historique (et bizarre) avec la LNH pour acheter les North Stars et fusionner les deux équipes en demeurant dans le plus fort des deux marchés, au Minnesota. Toutefois, les Gund n'étaient pas très attachés à cet état, en plus de connaître plusieurs épisodes fâcheux avec les autorités et gouvernements locaux. Lorsque l'opportunité de retourner en Californie se présenta, ils sautèrent sur l'occasion.

George Gund

En «défusionnant» les North Stars en 1991 et en procédant aux repêchages spéciaux discutés plus haut, les Gund ont fait naître les Sharks, et ce dans la région où leur projet avait autrefois échoué, la baie de San Francisco. Les Sharks sont ensuite devenus un grand succès à San Jose. De l'autre côté, les North Stars ont rapidement perdu du lustre après le départ des Gund avant d'être soudainement déménagés au Texas.

Donc il fait du sens de prétendre que les Sharks sont la continuation de l'ancienne franchise des Seals/Barons puisque leurs propriétaires n'étaient pas au Minnesota ni avant ni après ces deux accord de fusion/défusion. Si on suit le parcours des Gund, on peut bien tracer la ligne comme étant: SealsBaronsNorth StarsSharks, avec comme bonus le retour dans la baie de San Francisco.

J'ai appelé cette option «romantique» car en s'énervant un peu, on peut dire que les Barons et les Sharks sont nés de la passion et la persévérance des frères Gund. Même que leur présence au Minnesota, même si cela s'est terminé en queue de poisson (ou de requin), semblait nécessaire à la survie de l'équipe. Ils ont apporté une âme aux North Stars en 1978 et ils sont partis avec cette âme en Californie en 1991. L'équipe n'a ensuite pas fait long feu une fois les Gund partis.


Et en continuant dans cet aspect plus «spirituel», les Sharks ont même ramené l'ancien look des Seals lors du programme Reverse Retro la saison dernière. C'est probablement la première et seule fois à ma mémoire où les Seals furent remémorés de la sorte par une équipe et par la ligue. Même le logo et les couleurs des Sharks rappellent en grande partie ceux des anciens Seals, surtout le dernier chandail turquoise de l'équipe avant le départ à Cleveland.

Donc de gros points forts envers cette option, même si elle est plus tirée par les cheveux que les autres... Parfois l'aspect spirituel est plus fort que la logique en place. C'est un peu le même cas à Winnipeg, qui célèbre à fond ses anciens Jets d'antan mais qui n'en a rien à foutre de la lignée logique des Thrashers ou de quoi que ce soit qui se passe en Arizona. Difficile à contredire...

Option 3: L'option «plate»
Les Barons sont une équipe défunte, sans relocalisation.


Ceci est le statu quo dépressif, administratif, sans émotion et inévitablement logique de la LNH, qui n’accommode vraiment pas les geeks comme nous, et qui n'a pas vraiment tendance à vouloir célébrer ses échecs de toute manière. Un peu comme un jumeau siamois qui n'aurait pas survécu, les Barons ont simplement cessé leurs activités lors de cette fusion et leur lignée s'arrêta ainsi. Leurs choix au repêchage de 1978 furent annulés et le calendrier fut modifié pour retirer une équipe. Les joueurs ont bien sûr conservé leurs statistiques passées mais aucun record d'équipe des Barons et Seals ne fait maintenant partie de l'histoire des Stars. PAS MÊME DES SHARKS. TSÉ.

Suivant cette logique, les Barons entrent dans la même catégorie que les Americans de New York, les Quakers de Philadelphie ou les Tigers d'Hamilton, soit une équipe disparue sans aucune continuation dans la lignée. Et les Barons sont officiellement considérés comme étant la dernière équipe du Big 4 à avoir cessé ses activités.

Parenthèse ici alors que ce même genre de situation loufoque s'était autrefois produite avec les anciens Maroons de Montréal. Bien qu'on ne considère pas la chose comme étant une véritable fusion, les effectifs des Maroons furent absorbés par le Canadien lors de la fin de la franchise en 1938. Les Maroons et le CH avaient les mêmes propriétaires et aucun repêchage de dispersion n'eut lieu lors de la fin des Maroons, contrairement à ce qui s'était produit auparavant avec la fin d'autres franchises comme les Quakers ou les Eagles de St.Louis en 1935. Mais comme les Maroons étaient alors sur le respirateur artificiel, il n'aurait resté que très peu de joueurs intéressants à charogner pour les autres équipes.

Donc malgré que je considère cette option comme étant «plate», on peut bien sûr comprendre la logique de ne pas considérer les anciennes statistiques ou records d'une équipe défunte et non pas relocalisée. Pourquoi vouloir se compliquer la vie en tant que ligue professionnelle sérieuse? Si par exemple on se questionne à savoir qui était le meilleur marqueur de la franchise des Stars en 1975-76, on n'a pas à se questionner inutilement si c'était Bill Goldsworthy et ses 24 buts avec les North Stars ou bien Al MacAdam et ses 32 buts comme meneur chez les Seals. 

Heureusement, comme les Seals/Barons étaient poches et leur héritage presque nul, on ne retrouve pas vraiment de tels dilemmes. Il n'y avait pas vraiment de Wayne Gretzky sur place qui aurait pu, disons, scorer 69 buts en 1974 et ainsi détenir un record d'équipe «défunt» disparu des annales et détenu par aucune équipe actuelle...

Bref j'ai tu dit que c'était compliqué? 


Donc. Il est temps de choisir votre camp et de voter en grand nombre entre ces trois options. Êtes vous plus «standard», «romantique» ou «plate»? Comme nous nous auto-proclamons comme étant l'autorité en ce qui concerne les Barons/Seals, ce jugement sera ensuite gravé à jamais dans les annales du destin.

VOTEZ.

dimanche 4 juillet 2021

Kent Douglas


Si Kent Douglas est né à Cobalt, dans le nord-est de l’Ontario, c’est à Noranda, en Abitibi, qu’il a grandi. Il y a d’ailleurs côtoyé Dave Keon, un natif de l’endroit qui est de quatre ans son cadet.

Après deux saisons dans l’ouest, dans la WHL, le robuste défenseur se retrouva avec les Indians de Springfield de la Ligue américaine à la fin de la saison 1958-59. Contrairement à plusieurs autres, Douglas affirma avoir apprécié jouer pour l’équipe d’Eddie Shore. Malgré les techniques de gestion discutables de ce dernier, il estima qu’il a pu bénéficier de ses connaissances. Le séjour de Douglas fut d’ailleurs couronné de succès avec des Coupes Calder en 1960, 1961 et 1962. En 1962, il remporta d’ailleurs le trophée remis au meilleur défenseur de la LAH, ironiquement nommé en honneur de son patron, Eddie Shore.

L’année suivante, il continua sur sa lancée, alors qu’il gradua avec les Leafs. Il y retrouva ainsi Dave Keon, qui avait fait sa place à Toronto deux ans plus tôt. À ce moment, Douglas remporta un quatrième titre en quatre ans, alors que les Leafs remportèrent la Coupe Stanley. À 26 ans, Douglas devint également l’un des plus vieux récipiendaires du Trophée Calder, remis à la recrue de l’année. Il devint aussi le premier défenseur à le remporter. Toutefois, la suite démontrera qu’il fut l’un des gagnants peu mémorables de cet honneur.

Bien que la saison 1963-64 fut également couronnée par une Coupe Stanley (un cinquième titre consécutif pour Douglas), sa performance fut décevante, avec une seule passe en 43 parties.


Les deux saisons suivantes furent plus satisfaisantes, bien que Douglas n’avait pas particulièrement d’atomes crochus avec l’entraîneur Punch Imlach et ses méthodes autoritaires, s’obstinant entre autres à l’appeler George par esprit de contradiction. Ceci est plutôt étonnant pour quelqu’un qui s’entendait bien avec Eddie Shore... D’ailleurs, en 1966-67, suite à son retour aux ligues mineures, Douglas fut limité à 39 matchs de saison régulière et aucun en séries. Lors du triomphe des Leafs, son nom ne fut pas inclus sur la Coupe, puisqu’il lui manquait une partie en saison ou une en séries. Douglas s’interrogea d’ailleurs si Imlach ne l’avait pas laisser en plan volontairement pour cette raison.  Et lorsque les Leafs célébrèrent les 40 ans de cette dernière Coupe en 2007, Douglas ne fut pas invité.

Lorsqu’est venu le repêchage d’expansion, sans surprise, Douglas ne fut pas protégé. Il se retrouva alors avec les Seals d'Oakland. Le 11 octobre 1967, il ne fallut que 3 minutes 23 secondes de jeu avant qu’il ne déjoue Doug Favell pour marquer le premier but de l’histoire de la nouvelle équipe. Dans un match qui ne fut pas représentatif de la suite des choses, les Seals l’ont emporté 5-1 contre les Flyers.

Son séjour en Californie ne dura finalement que 40 parties, puisqu’en janvier 1968, il fut échangé aux Red Wings contre Bert Marshall, Ted Hampson et John Brenneman. Il y termina la saison et en joua une autre, sa dernière dans la LNH.


Il joua au total 428 matchs et amassa 148 points.

Il retourna ensuite dans la Ligue américaine jusqu’en 1972, où l’arrivée de l’AMH lui permit de refaire surface avec les Raiders de New York. La deuxième saison du circuit maudit vit alors son calibre augmenter, ce qui signifia le retour de Douglas dans les mineures.

De 1974 à 1976, il termina sa carrière active comme joueur-entraîneur avec les Clippers de Baltimore de la Ligue américaine.

En 1992, Douglas donna un coup de main à son ami Carl Brewer dans sa tentative de faire la lumière sur la gestion douteuse du fonds de pension des joueurs.

C’est finalement un cancer qui l’emporta en 2009. Il avait 73 ans.

Sources:

"La Californie remporte la 1ère victoire de la nouvelle section", 12 octobre 1967, La Presse, page 39,

"Catching Up With… Kent Douglas" de Tim Wharnsby, February 17, 2007, The Globe and Mail (theglobeandmail.com),

"Kent Douglas, 73: Former Leaf Defenseman" de Kevin McGran, April 13, 2009, Toronto Star (thestar.com).

mercredi 26 mai 2021

Les derniers buts




Dans la lignée de mes séries précédentes sur les premiers buts de chaque franchise, des derniers joueurs actifs de chaque équipe défunte ou des derniers joueurs originaux, voici une continuation logique avec cette fois-ci le dernier but marqué pour chaque équipe défunte de la LNH. Je me lance comme ça sans trop de recherches et on verra au travers si ces buts ont une histoire intéressante à raconter. Qui l'a marqué? Quel était le score final? Etc...

Normalement je fais dans l'ordre alphabétique mais cette fois-ci on va y aller dans l'ordre chronologique en décroissant de maintenant jusqu'à l'époque de la grande expansion de 1967. Je ne pense pas que vous allez m'en vouloir de ne pas m'être rendu jusqu'aux Americans de NY et les Tigers d'Hamilton...

Thrashers d'Atlanta - 10 avril 2011

Dernière équipe défunte à ce jour, les Thrashers se sont éteints lors du dernier match du calendrier de la saison 2010-11. Déjà 10 ans. Never forget...

La deuxième équipe de l'histoire de cette ville de la Géorgie s'inclina contre les Penguins lors de ce dernier match par la marque de 5-2 devant leurs pauvres partisans. Quelques semaines plus tard, leur départ vers Winnipeg fut annoncé.

C'est l'ailier Tim Stapleton qui marqua ce dernier but. Stapleton joua une autre saison avec les Jets avant de mettre le cap sur l'europe. Comme c'est encore assez récent, les faits saillants de ce match sont encore sur la chaîne Youtube de la LNH.

Reculez également à 5:50 pour apercevoir un Alex Kovalev qui faisait un retour à Pittsburgh comme joueur de location pour les séries...


Whalers de Hartford - 13 avril 1997

C'est un joueur emblématique de l'équipe, Kevin Dineen, qui marqua le dernier but de votre équipe défunte bleu et verte favorite assisté de deux autres joueurs emblématiques en Geoff Sanderson et Andrew Cassels. Les trois font d'ailleurs partie du Top 10 des meilleurs pointeurs de l'histoire de l'équipe à Hartford, Dineen étant au deuxième rang derrière Ron Francis, même chose pour les matchs joués.

Encore là je suis chanceux car ce match est disponible en entier sur Youtube.


Dineen marqua ce but au début de la 3e période et il s'avéra être le but gagnant dans cette victoire de 2-1 aux mains du Lightning. Au début de ce reportage on peut voir que ce dernier match était un peu prématuré pour les fans de l'équipe car ils ne manquèrent les séries que par très peu. On voit entre autres le parcours des Sénateurs qui leur volèrent le dernier rang pour les séries peu avant ce match, eux qui firent les séries pour la première fois de leur histoire.

Jets de Winnipeg - 28 avril 1996


Un an avant les Whalers, c'était les Jets de Winnipeg qui jouèrent leur dernier match avant de déménager. Mais contrairement aux Whalers, les Jets réussirent à s'emparer du dernier rang et de faire les séries pour une dernière fois et donc ce dernier but eut lieu durant les séries. 

Ils durent toutefois se frotter aux puissants Red Wings mais les Jets réussirent tout de même à leur offrir une bonne opposition alors qu'ils remportèrent 2 matchs durant cette dernière série. Mike Vernon et les Red Wings ne donnèrent toutefois presque rien lors de ce 6e match et seul le défenseur Norm Maciver réussit à enfiler un but, le dernier but pour un Jet de Winnipeg avant le retour de l'équipe et le premier but de Nik Antropov en octobre 2011.



Nordiques de Québec - 16 mai 1995


Concernant les derniers moments des Nordiques, la plupart ne se rappellent que du talent d'acteur d'Alex Kovalev qui coûta la victoire aux Nordiques lors du 4e match de leur série de première ronde contre les Rangers. Il est clair que ce fut un tournant car ce match permit aux Rangers de prendre l'avance 3-1 dans la série. Les Nordiques gagnèrent le 5e match mais ne purent rattraper leur retard lors du 6e qui se révéla plus tard être le dernier de leur histoire et la première de ces 3 ex-équipes de l'AMH à déménager lors de cet exode post-lockout du milieu des années 90.

C'est tout de même approprié de voir deux joueurs emblématiques de ces dernières années de Nordiques et ensuite des meilleures années de l'Avalanche s'inscrire au pointage pour ce dernier but. Et aussi Wendel Clark...



North Stars du Minnesota - 15 avril 1993

 
Les premiers exilés de ces années 90 mouvementées furent les North Stars qui mirent le cap sur Dallas en 1993. Leur dernier match fut joué sur la route à Detroit alors qu'ils ratèrent également les séries de peu cette année-là. Ce but de l'un de mes joueurs cultes, Ulf Dahlen, fut le dernier marqué par le Minnesota jusqu'à celui de Marian Gaborik le 6 octobre 2000 lors du premier match du Wild.

Plus on recule dans le temps, plus il m'est difficile de trouver des extraits vidéos potables. Celui-là est vraiment gênant par sa qualité mais je suis pas peu fier de l'avoir trouvé quand même.


Rockies du Colorado - 3 avril 1982

Il y eut une certaine accalmie au niveau des déménagements d'équipes avant les North Stars alors qu'aucune équipe n'avait déménagé en plus de 10 ans. Certaine accalmie dis-je car les Blues ont malgré tout passé près de déménager à Saskatoon... Mais sinon c'était tranquille durant cette période des 21 équipes et les derniers à avoir déménagé avant les North Stars furent les Rockies du Colorado qui devinrent les Devils du New Jersey pour la saison 1982-83. Mais avant ça, les Rockies se devaient d'en finir avec un dernier match contre les Flames le 3 avril 1982 qui se solda par une victoire de 3-1. Une rare victoire cette année-là d'ailleurs, eux qui terminèrent au dernier rang de la ligue avec une fiche de 18-49-13 pour seulement 49 points.

C'est au glorieux moustachu, ex-Nordique et ex-Bruin John Wensink à qui revint l'honneur éternel de marquer le dernier but en tant que Rockies.

J'écris ces textes au fur et à mesure sans faire trop de recherches et dans le cas du dernier but des Rockies, je ne m'attendais vraiment pas à trouver un extrait vidéo. Et bien j'avais raison, j'ai rien trouvé... Voici quand même une entrevue de Lanny MacDonald avec les Rockies, histoire de mettre quelque chose quand même...



Flames d'Atlanta - 12 avril 1980

Avant de devenir les Flames de Calgary, l'équipe était en Géorgie et disputa (surprennement) son dernier match durant les séries de 1980 alors qu'ils perdirent une fois de plus en première ronde, eux qui ne se sont jamais rendu plus loin, même chose pour les Thrashers d'ailleurs. Dans ce cas-ci, ce sont les Rangers de NY qui remportèrent la série 3-1. 

Étonnement dans ce cas-ci, j'ai trouvé ce match en entier. Qualité de merde mais quand même. C'est l'as marqueur Guy Chouinard qui spotta ce dernier filet pour Atlanta jusqu'à l'arrivée des Thrashers en 1999. Chouinard suivit l'équipe en Alberta et c'est également lui qui marqua leur premier but à Calgary.



Barons de Cleveland - 9 avril 1978

Concernant la meilleure équipe de tous les temps, les Barons de Cleveland, c'est l'intemporel Dennis Maruk (qui d'autre?) qui marqua le dernier but Clevelandais dans l'histoire de la LNH. C'était aussi lui qui avait marqué le premier deux ans plus tôt. Ce but eut lieu lors de leur dernier match de la saison, une défaite de 3-2 contre les Penguins.

Pensez-vous que j'ai réussi à trouver une vidéo de ce but? Et bien pas vraiment car les extraits vidéos existants des Barons sont plus rares que de la marde de pape comme on dit chez les gens qui disent ça. Un de ces seuls extraits existants est la dernière demie-heure d'un autre match des Barons en octobre 1977 et comme par hasard c'était également contre les Penguins, qui gagnèrent magicalement par la même marque de 3-2. De plus, le seul but marqué par les Barons qu'on peut y voir est l'oeuvre de nul autre que... Dennis Maruk. C'était pas mal leur seule option en attaque que voulez-vous?

Je triche donc ici avec un peu de révision historique avec une autre version du dernier but des Barons... Rien ne nous dit que le vrai but ne fut pas marqué de la même manière. Et c'était aussi à domicile devant ces légions innombrables de fans des Barons... J'adore aussi ce vidéo pour l'enthousiasme contagieux de l'annonceur...




Golden Seals de Californie - 4 avril 1976


J'espérais tellement que ce soit encore Maruk qui ait marqué le dernier filet des Seals lors de ce dernier match. Il a bien marqué durant ce match, même deux fois dont son 30e de la saison durant la première période. Malheureusement pour l'histoire c'est plutôt Jim Moxey qui le marqua et ce dans un filet désert, le premier but dans cette liste à avoir été marqué de la sorte. 

C'est surtout malheureux car je ne connais aucunement Jim Moxey. Je connais bien Rick Hampton, celui qui obtint la première passe, mais Jim Moxey je le connais fuck all. C'était un attaquant qui fut le choix de 5e ronde de l'équipe en 1973. Il a seulement joué 127 matchs dans la LNH et cette saison 1975-76 était sa meilleure en carrière avec 26 points en 44 matchs. Il a joué quelques matchs avec les Barons par la suite et un autre avec les Kings avant de terminer sa carrière en 1978 dans les mineures.

Bien sûr, plus je ratisse creux dans le temps et moins je suis capable de trouver des extraits vidéos. Mais j'ai quand même trouvé cet extrait radio de ce dernier match. C'est seulement 4 minutes mais on y entend un des buts de Maruk et ce dernier dans un filet désert ainsi que les derniers moments après le sifflet final.



Scouts de Kansas City -  4 avril 1976

Et pour terminer, on demeure en cette soirée funeste du 4 avril 1976, même soir que le dernier match des Golden Seals. 1976 était la seule fois dans l'histoire de la LNH que deux équipes déménagèrent ou terminèrent leurs activités en même temps. 

On revient pour l'occasion avec la franchise Devils/Rockies discutée plus haut avec le dernier match des éphémères Scouts de Kansas City. Ce dernier match fut toutefois seulement leur dernier en saison régulière alors que l'équipe prit ensuite le chemin du Japon avec les Capitals de Washington pour une série de matchs hors-concours, la Coca-Cola Bottler's Cup! (voir texte du 8 septembre 2019).

C'est le vénérable Craig Patrick, plus connu pour ses nombreuses années de service comme DG des Penguins et des Rangers, qui marqua ce dernier but. Durant sa carrière de joueur, Patrick était un habitué des équipes poches, lui qui provenait auparavant des Golden Seals où il joua de 1971 à 1975.

Est-ce qu'on va réussir à trouver un extrait vidéo? Honnêtement je pensais vraiment pas me rendre aussi loin à trouver du matériel (et quasi-matériel). Surtout après mon échec des Rockies... Mais dans ce cas-ci je dois malheureusement m'avouer définitivement vaincu... Les extraits des Scouts sont encore plus rares que les Barons, Seals ou Rockies. J'ai quand même trouvé un but de Wilf Paiement, le premier but à domicile de l'histoire de l'équipe en 1974...



C'est ce qui complète cette liste jusqu'à l'arrivée des équipes de la grande expansion. Anyway je penserais pas être capable de trouver des extraits des Pirates de Pittsburgh de 1930...

vendredi 16 avril 2021

Les premiers buts (2e partie)

 

Voici la deuxième partie de cette série que j'écris véritablemt à mesure que je découvre l'information. Le concept est de découvrir quel fut le marqueur du premier but en saison régulière de l'histoire chaque franchise de la LNH. Parfois ce sont des joueurs auxquels on s'attendait mais plus souvent ce sont des surprises et des joueurs obscurs, ce que j'aime particulièrement. On continue dans l'ordre alphabétique traditionnel, en déviant au besoin lorsque des franchises ont déménagé.

Continuons donc avec les Blackhawks. Si vous avez manqué la première partie, cliquez ici.


Black Hawks de Chicago

Ah les années 20! C'est comme si c'était hier. En fait oui c'était hier et même aujourd'hui car nous sommes dans les années 20 du 21e siècle. Mais moi je parlais plutôt des années 1920. Non ce n'était pas hier que le premier but des Blackhawks fut compté mais plutôt le 17 novembre 1926, premier match de la saison de la nouvelle franchise des Blackhawks de Chicago qui recevaient les St.Patricks de Toronto, plus tard renommés sous le sobriquet des Maple Leafs. C'est donc l'éternel George Hay qui marqua le premier but des Blackhawks, et ce assez égoïstement sans assistances. Les Blackhawks remportèrent ce premier match 4-1 et terminèrent cette première saison avec une fiche de 19-22-3, assez pour faire les séries à l'époque.
 
Hay était un des meilleurs marqueurs de la ligue de la côte ouest dans les années 20. Il s'amena dans la LNH avec les Chicago mais n'y joua qu'une saison avant d'être échangé à Detroit où il joua le reste de sa carrière. Il est considéré comme un des meilleurs manieurs de bâton de son époque. Membre du temple de la renommée depuis 1958.
 
Avalanche du Colorado

L'Avalanche débuta ses activités le 6 octobre 1995 en recevant les Red Wings de Detroit. C'est Valeri Kamensky qui marqua le premier but de l'histoire de l'équipe à exactement mi-chemin de leur première période d'existence. On a ainsi droit à un premier but à thématique KKK avec des mentions d'assistance à Uwe Krupp et Andrei Kovalenko. Le premier du genre jusqu'à l'ère Koivu-Kovalev-Komisarek... ou peut-être que c'est arrivé aussi à Detroit avec Kozlov, Konstantinov et... Klarionov.

Pour revenir à ce premier but de l'Avalanche, c'était dans ces étranges premières semaines de cette équipe nouvellement débarquée de Québec et qui portait des casques noirs lors de ses premiers matchs à domicile avant de changer peu après pour des casques blancs.



Nordiques de Québec

Pour les ancêtres de l'Avalanche, et bien c'est Réal Cloutier qui marqua le premier ainsi que tous les buts du premier match LNH de l'équipe sous le nom des Nordiques, le 10 octobre 1979 contre les Flames d'Atlanta.

Je ne peux vraiment faire plus que de vous mettre ce vidéo pour vous remettre dans l'ambiance de l'époque.





Blue Jackets de Columbus

Pour cette équipe de l'Ohio, et bien c'est l'ancien des Sénateurs Bruce Gardiner qui ouvrit le bal en ce 7 octobre 2000 à domicile contre les Blackhawks. Columbus démarra d'ailleurs ce match en lion avec une avance de 3 buts en première période mais perdit finalement le match 5-3... Columbus terminera cette première saison avec un bilan potable pour une équipe de première année avec une fiche de 28-39-9-6.

Gardiner est un joueur obscur, typique d'une équipe d'expansion mais son historique personnel est intéressant. Voir ce texte du 7 décembre 2015 pour en savoir plus.



Stars de Dallas

Pas mal le meilleur joueur qui pouvait marquer ce premier but de la franchise à Dallas après leur déménagement du Minnesota, à part peut-être Mike Modano. Ce fut d'ailleurs un bon choix pour la franchise de retirer le numéro 7 de Broten, même s'il n'a pas beaucoup joué à Dallas.

Ce premier but en territoire du Texas dans l'histoire de la LNH eut lieu le 5 octobre 1993 contre Detroit qui furent battus 6-4 contre ces nouveaux Stars. Un but assez fou d'ailleurs assisté par Mike McPhee... et probablement 2-3 autres joueurs non-officiellement...




North Stars du Minnesota


Avant d'être à Dallas, les Stars étaient plus au nord et débutèrent leurs activités en même temps que 5 autres équipes d'expansion pour la saison 1967-68. C'est un autre joueur emblématique de la franchise, le regretté Bill Masterton, qui marqua le premier but de l'équipe le 11 octobre 1967 lors d'un match nul de 2-2 contre St.Louis. Masterton ne marquera que 3 autres buts durant sa courte carrière avant de décéder tragiquement des suites d'une mise en échec où sa tête heurta la glace. Il est bien sûr celui envers qui sera dédié le trophée à son nom, récompensant la persévérance et l'esprit sportif.



Sur une note plus joyeuse, nos lecteurs de longue date sont surement impatients de connaitre le prochain ''premier buteur'', car dans l'arbre généalogique et l'ADN des Stars de Dallas, il n'y a pas seulement les anciens North Stars mais aussi les mythiques Barons de Cleveland, équipe qui fusionna avec les North Stars en 1978. Je crois que j'en ai déjà parlé, peut-être même 2 ou 3 fois dans le passé.

Alors lequel de mes joueurs cultes ce sera? Dennis Maruk? Rick Hampton? Al MacAdam?


Barons de Cleveland


... insérez sons de criquets ici.

Fred Ahern? Je le connais même pas. Et je connais quand même un bon nombre de ces joueurs obscurs qui ont joué pour les Barons. Son but fut sur des aides de Jim Moxey... WTF. Un autre que je ne connais pas. Je suis un peu déçu ici. Ahern était un produit de l'équipe de l'époque des Golden Seals qui joua une centaine de matchs dans la LNH avec Oakland, Cleveland et Colorado, trois des pires «pit stops» que tu pouvais faire dans la LNH à l'époque. Un peu la même histoire pour Moxey, qui joua une soixantaine de matchs avec les Barons en 2 ans et ensuite quelques matchs avec les Kings.

Ouais ben c'est pas le Pérou pour les Barons. C'est même assez typiquement Cleveland... Et inutile de vous dire que je n'ai pas trouvé de vidéo de ce fameux but. Ce but fut le premier de deux dans ce premier match à Cleveland, un match nul de 2-2 contre les Kings le 6 octobre 1976.

Je peux quand même me rabattre sur le 2e but qui lui est plus intéressant:


Bon, là tu parles!

Comme je disais il n'y a malheureusement pas beaucoup d'archives vidéos des Barons. Je vous mets quand même hors-sujet ce vidéo d'une demie-heure d'un match de 1977 contre les Penguins. Ça vaut la peine pour voir l'ambiance déchainée du Richfield Coliseum et d'écouter l’enthousiasme contagieux de l'annonceur.


Bon et bien on va terminer cette partie de la meilleure façon possible avec l'autre branche cassée de l'arbre généalogique des Stars, les Golden Seals, premièrement connus sous le nom des Seals d'Oakland. Et je vais me garder une gêne et je parlerai même pas des Sharks tout de suite.

Seals d'Oakland


Bon, un autre que je ne connais pas. Ce Kent Douglas a cependant joué plus de 400 matchs dans la LNH mais comme c'était principalement avec les Maple Leafs c'est normal que j'aie un petit blanc. Il a même remporté le trophée Calder en 1963, joué trois fois au match des étoiles dans les années 60 et remporté la coupe de 1963 avec les Leafs en plus de 3 coupes Calder dans la ligue américaine. Il était même le premier défenseur à recevoir le trophée Calder. Je m'avoue vaincu ici alors que c'est vraiment pas un tout nu. Et que dire de ce premier but pour les Seals. Ça c'est mieux que toutes ces coupes et ce trophée Calder. Les Leafs n'avaient cependant plus de place pour lui en 1967. Il n'a même pas joué durant les séries et durant la dernière conquête des Leafs et il fut laissé disponible pour le repêchage d'expansion.

Note à moi-même, me renseigner sur ce fameux ''Swarbrick'', récipiendaire de la 2e mention d'assistance de l'histoire des Seals.

Ce premier but et premier match des Seals annonçait des choses prometteuses car ils gagnèrent ce match du 11 octobre 1967 par la marque de 5-1 contre les Flyers. Mais ils terminèrent cette première saison avec seulement 15 victoires et hors des séries comme souvent durant le reste de leur histoire.

Douglas ne joua qu'une quarantaine de matchs à Oakland avant d'être échangé à Detroit. Il ne joua que très peu dans la LNH par la suite, terminant sa carrière en 1976 avec les Clippers de Baltimore.

C'est donc ce qui conclut cette 2e partie. Dans la 3e on verra les Red Wings, les Oilers, les Kings, le Wild et plein d'autres.

C'est à suivre.

mardi 9 février 2021

Jacques Plante avec les Seals?

 

 
Je crois que le légendaire Jacques Plante n'a pas besoin d'introduction. On connait tous ce grand gardien non seulement excellent à sa position (7 trophées Vézina et 1 trophée Hart) mais également innovateur par sa capacité d'analyser le jeu et de diriger ses défenseurs tout autant par son introduction et par la suite du perfectionnement du fameux masque du gardien.


Le grand public reconnaît principalement ses meilleures années avec le CH, tandis que les plus férus connaissent ses années de fin de carrière alors qu'il revint au jeu lors de la grande expansion avec les Blues de St.Louis, pour par la suite jouer avec les Maple Leafs, brièvement avec les Bruins (8 matchs), et enfin un dernier tour de piste dans l'AMH avec les Oilers d'Edmonton à l'âge vénérable de 46 ans après une courte retraite et court séjour comme entraîneur des Nordiques en 1973-74....

Cependant, il existe un autre chapitre peu connu de la carrière de Plante, soit celui de sa première retraite d'une durée de trois saisons entre 1965-66 et 1967-68. À l'époque, Plante venait de connaître deux saisons moyennes avec les Rangers où il évoluait depuis la saison 1963-64 après plusieurs différends à Montréal avec ses coéquipiers et l'entraîneur Toe Blake (qui s'opposait au port du masque). Malgré sa récente prestation de maître en 1961-62 où il joua les 70 matchs des Canadiens et remporta le Vézina et le Hart, le Canadien se fit éliminer en première ronde pour la troisième année de suite ce qui suscita la grogne chez les partisans après la saison 1962-63.

Cette pression et les tensions entre lui et Plante firent en sorte que Blake imposa un ultimatum à l'équipe, déclarant que c'était lui ou Plante. Les Canadiens profitèrent donc de l'occasion pour secouer et remanier l'équipe et ils l'envoyèrent à New York en compagnie de Phil Goyette et Don Marshall. En retour ils mirent la main sur le gardien Gump Worsley ainsi que Dave Balon, Léon Rochefort et Len Ronson. Henri Richard aurait alors déclaré que c'était une surprise mais que personne dans l'équipe n'allait pleurer le départ de Plante...



Avec une équipe pas mal plus faible à New York, Plante eut pour la première fois de sa carrière une fiche perdante durant ces deux saisons 63-64 et 64-65. La seule autre fois fut en 72-73 avec les Leafs. Si sa première saison fut relativement bonne malgré sa fiche perdante, il perdit la faveur de ses patrons lors de la deuxième. Il débuta même la saison en passant quelques semaines dans la ligue américaine avec les Clippers de Baltimore pour retrouver la forme après des problèmes aux genoux. Lors de son retour, il avait perdu le poste de numéro un au profit de Marcel Paillé.

Après ces deux années tumultueuses, malgré qu'il se considérait toujours parmi les meilleurs gardiens au monde et qu'il avait un meilleur contrat qu'à ses années à Montréal, il désirait se rapprocher de sa famille et de sa femme malade. Il décida donc de prendre sa retraite. Cela faisait alors l'affaire des Rangers qui, après ces deux saisons en dessous de ses standards, ne le considéraient plus vraiment comme un gardien d'élite autour duquel il était sage de construire. En plus, Plante était décrit comme un solitaire qui ne se fraternisait pas beaucoup avec ses coéquipiers malgré qu'on retrouvait bon nombre d'anciens du CH et de québécois à New York (Rod Gilbert, Camille Henry, Jean Ratelle, Goyette, etc.).

Court séjour à Baltimore dans la AHL en 1964-65


Durant cette première retraite, il devint représentant des ventes pour Molson mais ne resta pas inactif du hockey pour autant. Il fut invité par Scotty Bowman, alors entraîneur des Canadiens Junior de la ligue de l'Ontario pour participer à un match hors-concours contre l'URSS en décembre 1965. L'équipe de Bowman était en fait composée de joueurs de deux filiales du CH, les Canadiens Junior et les Apollos de Houston. Cependant, les Canadiens durent recevoir la permission des Rangers pour utiliser Plante alors que ses droits leur appartenaient toujours.

Jean Béliveau déclara également dans sa biographie que Plante aurait joué quelques matchs avec les As de Québec, mais je n'ai trouvé aucune traces de ces statistiques.

Mais bref comme vous savez, Plante est éventuellement revenu au jeu dans la LNH suite à la grande expansion où la ligue passa de 6 à 12 équipes. On se souvient généralement de cette période de sa carrière par le duo de vieux routiers superbement efficace qu'il formait avec Glenn Hall. La jeune équipe, alors la meilleure de la nouvelle conférence comprenant seulement ces 6 nouvelles franchises, se rendit jusqu'en finale de la coupe Stanley lors des trois premières années post-expansion soit en 1968 et 1969 et 1970.

Cependant, Plante n'était seulement là que pour les éditions de 69 et 70. En 1967-68 il était toujours à la retraite et Hall faisait tandem avec le vénérable gardien du hockey senior canadien Seth Martin.

Mais il s'en est toutefois fallu de peu pour que le légendaire gardien ne joigne les rangs des non-légendaires Seals d'Oakland lors de leur saison inaugurale. Le premier entraîneur des Seals était alors l'ancien du CH Bert Olmstead. Ayant besoin de conseils pour son premier camp comme entraîneur recrue, il fit appel à son ancien coéquipier comme conseiller et entraîneur des gardiens. On le voit ici prodiguer ses conseils lors du camp d'entraînement des Seals aux jeunes Gary ''Suitcase'' Smith, le victoriavillois Jean-Guy Morrisette et Jack McCartan. On voyait d'ailleurs en Smith un disciple de Plante, alors qu'il était également du type à s'aventurer hors de son filet.


Si vous vous demandez quel est ce chandail des Seals sur la photo et bien il s'agit des anciens chandails des Seals de San Francisco. Cette ancienne équipe alors dans la défunte WHL fut en fait achetée par les proprios des nouveaux Seals et fut la base de la nouvelle équipe dans la grande ligue. Comme signe avant coureur que les Seals allaient être une organisation broche-à-foin, leurs nouveaux chandails pour leur entrée dans la LNH n'étaient pas prêts. Ils utilisèrent donc ces anciens chandails durant le camp.

Derrière cette invitation se tramait toutefois plusieurs spéculations. On évoquait dans les journaux que la présence de Plante était en fait une sorte de moyen de pression pour que le supposé gardien numéro un des Seals Charlie Hodge (repêché de Montréal) signe avec les Seals. Hodge avait alors refusé de se joindre à l'équipe à moins de recevoir une augmentation sur son nouveau contrat, contemplant d'ailleurs la retraite le cas échéant. 

Malgré qu'il ait déclaré n'être avec les Seals que comme conseiller, Plante enfila les jambières comme gardien durant le camp et même durant un match pré-saison contre les Kings. Il partagea en fait cette rencontre avec Smith. Les Seals et les Kings firent match nul 3-3 et Plante alloua 2 buts. Dans le camp opposé on retrouvait également une légende vivante dans les buts des Kings avec Terry Sawchuk qui lui aussi ne joua que la moitié du match.

Tout ce qui persiste de ce seul match en tant que Seal pour Jacques Plante est donc cette coupure d'un journal dont j'ignore le nom...


Mais quoiqu'il en soit, je suis aussi dans l'ignorance à savoir si le stratagème aura fonctionné pour les Seals car éventuellement Hodge revint sur sa décision et se rapporta à Oakland tandis que Plante retourna à la retraite, ce poste de conseiller/assistant entraîneur n'étant uniquement le temps de ce camp d'entraînement. On peut toutefois spéculer que la présence de Plante a dû faire réfléchir Hodge d'une manière ou d'une autre alors qu'il a longtemps dû ronger son frein à Montréal dans l'ombre de Plante. Ce n'est d'ailleurs qu'après que Plante fut échangé aux Rangers que Hodge put enfin graduer dans la LNH à temps plein. On raconte toutefois que les Seals n'avaient pas réussi à s'entendre avec les Rangers pour une compensation en retour des droits de Plante. Ces derniers auraient probablement désiré avoir Smith en retour, ce que les Seals n'étaient pas en mesure de sacrifier. 

Plante déclara par la suite à Pierre Foglia, alors au journal La Patrie, que ce n'était aucunement dans ses intentions de revenir au jeu, que ses raisons familiales de se retirer étaient toujours valides et même que toutes les six équipes d'expansion lui aurait fait la proposition d'un retour.

Mais malheureusement pour notre folklore de hockey goldensealois, ce court retour de Plante d'une demie-partie hors-saison avec les Seals n'aurait été (selon lui) qu'une sorte de démonstration pratique pour les bienfaits de Smith, son protégé. 

La situation avait toutefois bien changé un an plus tard alors que Plante annonça aux Rangers qu'il était bel et bien prêt à sortir de sa retraite et qu'il désirait qu'ils fassent tout en leur pouvoir pour l'échanger ou le libérer. Ce fut alors plutôt facile puisque les Rangers durent l'exposer au repêchage intra-ligue afin de ne pas perdre leur tandem alors composé de Ed Giacomin et Gilles Villemure. Il fut alors sélectionné par les Blues et vous connaissez la suite. À son retour au jeu officiel à 39 ans, il avait effectivement encore du gaz dans le réservoir et gagna même à nouveau le trophée Vézina (son 7e et dernier) à sa première saison à St.Louis. Le trophée était alors remis au(x) gardien(s) de l'équipe ayant accordé le moins de buts et il fut donc partagé avec Hall.


Pendant ce temps à Oakland, Smith obtint le poste de gardien numéro 1 lors de la deuxième saison d'existence de l'équipe, tandis que Hodge devint son adjoint. Smith demeura en place jusqu'à son échange aux Blackhawks après la pire saison jamais enregistrée par un gardien (48 défaites) en 1970-71, mais lui aussi gagna le Vézina (partagé avec Tony Esposito). Hodge prit pour sa part le chemin de Vancouver avec une nouvelle équipe d'expansion, les Canucks en 1970-71 où il joua 35 matchs avant de prendre sa retraite. Les Seals, dorénavant connus sous le nom des Golden Seals, trouvèrent finalement leur véritable gardien de concession (également un québécois) lorsqu'ils renvoyèrent le gardien Gerry Desjardins aux Black Hawks. Desjardins avait été obtenu en retour de Smith mais était blessé et l'échange fut déclaré invalide. Les Blackhawks envoyèrent donc Gilles Meloche aux Seals et la aussi vous connaissez la suite (si vous lisez souvent ce blog).

Plante prit sa retraite finale après le camp d'entraînement des Oilers avant la saison 1975-76.

Sources:
Les Rangers savent comment rémunérer un joueur de Talent - Jacques Plante, La Presse, 30 juillet 1963
Jacques Plante se retire pour vivre avec sa famille - La Presse, 8 juin 1965
Retro Rangers: Plante Didn’t Bloom on Broadway - Insidehockey.com, 2 avril 2011
Jacques Plante sera dans les buts des As contre les Russes
- Le Nouveliste, 10 décembre 1965
Hodge à sa retraite? Plante de Retour? - La Presse, 18 septembre 1967
Plante ferait un retour au jeu dans la nationale - La Tribune, 23 septembre 1967
Jacques Plante: ''J'ai dit non... et c'est non!'' - La Patrie, 8 octobre 1967
Wikipedia
Greatest Hockey legends