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lundi 15 juin 2026

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître



En intitulant mon billet d’un extrait de ″La bohême″ de Charles Aznavour, je trahis un peu (beaucoup) mon âge. Mais il s’agit d’une tranche de vie qui, 45 ans plus tard, peut paraître préhistorique à ceux qui n’ont pas vécu cette époque. 

Le 17 décembre 1980, les Canadiens se présentèrent à Vancouver pour affronter les Canucks. À ce moment, Montréal sortait à peine de sa dynastie des années 1970. De l’autre côté, les Canucks existaient seulement depuis 10 ans et cherchaient encore à établir une certaine respectabilité. Ils avaient raté les éliminatoires six fois, n’avaient jamais remporté une série et en saison, ils n’avaient présenté une fiche supérieure à ,500 qu’à deux reprises. Le résultat fut que le Tricolore était extrêmement populaire sur la côte-ouest et l’équipe locale se sentait défavorisée lorsque Montréal était en ville. (Les Canadiens sont encore très populaires dans l’ouest du pays, mais disons que le temps a fait son œuvre et que c’est beaucoup plus près d’un équilibre normal pour une équipe hôtesse.) 

Dave ″Tiger″ Williams avait été échangé des Leafs aux Canucks lors de la saison précédente. L’un des pires agitateurs de la ligue, Williams avait aussi la réputation d’être francophobe. La veille du match, il avait confié à un journaliste du Vancouver Sun, James Lawdon, qu’il trouvait complètement insensé que la foule appuie aussi massivement une équipe de ″frogs″. Sentant que ses propos étaient hautement controversés, le journaliste insista qu’il n’avait pas été prononcés sous l’effet de l’émotion, mais qu’il y avait vraiment réfléchi. Williams se cala encore plus en ajoutant que c’était sûrement le premier ministre René Lévesque (le premier référendum avait eu lieu quelques mois auparavant) qui payait pour qu’il y ait autant de gens qui applaudissaient les ″frogs″ dans les estrades. 

Ces insultes ne passèrent pas inaperçues. Larry Robinson indiqua qu’il était difficile d’avoir une conversation intelligente avec quelqu’un qui, comme Williams, ne l’était pas. Gaston Gingras décrivit Williams comme un jaune et voulut lui régler son cas, mais en bout de ligne il fut peu utilisé par l’entraîneur Claude Ruel. Chris Nilan voulut se battre avec Williams, mais ce dernier refusa en se cabrant la tête entre ses deux bras. Nilan prit alors quatre minutes de punition pendant lesquelles les Canucks comptèrent deux fois, dont un par Williams lui-même. Après le match, Nilan déclara que ″J’aimerais cent fois mieux être un frog qu’un chicken.″ 

Même si Montréal avait une meilleure équipe sur papier, le match se termina par un match nul de 4-4. Williams avait toutefois réussi à jouer dans la tête des Canadiens. La table était toutefois mise pour la visite des Canucks à Montréal, qui n’aurait toutefois pas lieu avant le 21 mars suivant. 

Williams était alors attendu de pied ferme. Huit policiers furent assignés à sa sécurité. Sur la patinoire, les choses ne tardèrent pas à dégénérer. La charge fut d’ailleurs menée par trois joueurs au sentiment nationaliste connu, Guy Lapointe, Richard Sévigny et Mario Tremblay

Lapointe et Tremblay se mirent d’abord à deux pour infliger une mise en échec mémorable à Williams, que la foule huait à chaque occasion. 

Lorsqu’à 9:20, Williams y alla d’une vicieuse charge au bâton sur Sévigny, gardien de petite taille mais à la fougue indiscutable, Lapointe se jeta sur lui. Sévigny fit de même, devenant ainsi le troisième homme de la bagarre, qui dégénéra rapidement en foire. Finalement, l’arbitre Ron Hoggarth décerna 98 minutes de pénalité. Sévigny fut expulsé du match, bien qu’il affirma qu’il avait été blessé et qu’il aurait dû laisser sa place à Denis Herron de toute façon. 

Le tout reprit à 8:17 de la deuxième période. Une autre longue mêlée générale éclata. Tremblay s’en prit à Williams et 72 autres minutes de pénalité furent décernées. Le Bleuet bionique fut à son tour expulsé du match. 

À l’époque, les matchs du samedi (à La Soirée du hockey, à Radio-Canada) étaient à 20h. J’avais presque 8 ans. Même si c’était beaucoup plus tard que mon heure habituelle, j’avais une permission spéciale pour regarder les matchs du samedi jusqu’à la fin. Je regardais habituellement le début avec ma mère, qui allait éventuellement se coucher. Mon père, mon frère et mes sœurs n’avaient aucun intérêt pour le hockey, ce qui fait que je me retrouvais après un moment seul à regarder l’unique télé de la maison. 

Sauf que le match de ce soir était interminable, avec les innombrables bagarres. Mon père finit par se réveiller et vint me dire que ça suffisait et que je devais aller me coucher. 

Le lendemain, je ne savais toujours pas qui avait gagné. À ce moment, il n’y avait évidemment pas d’internet, ni de RDS, ni de RDI. (Nous n’avions pas le câble de toute façon.) À Radio-Canada, le dimanche matin était consacré à des émissions jeunesse. Ce n’était donc pas en regardant Passe-Partout ou Grisu le petit dragon que j’allais apprendre qui avait gagné la veille. À TVA, ce n’était pas en regardant C’était l’bon temps, une émission animée par Guy Godin qui parlaient de vieux chanteurs, que j’en apprendrais plus. 

À la radio, de ce que je me souvienne, le FM diffusait exclusivement de la musique, sans vraiment d’info. Au AM, on retrouvait à ces heures de faible écoute principalement des chansons rétros en mono. 

Et le journal? Mon père était abonné à La Presse, qui à l’époque ne publiait pas le dimanche. J’habitais à la campagne, alors le dépanneur était un peu loin pour aller chercher le Journal de Montréal. 

Mais à midi, il y avait un bulletin de nouvelles à la télé, n’est-ce pas? En fait, non, pas à ce moment. À Radio-Canada, c’était La Semaine verte. Du côté de TVA, pas plus de chance, c’était Le Brunch, une émission culturelle avec Reine Malo. 

Donc, je devais attendre à 16h30 pour regarder Sport Mag, une émission hebdomadaire à TVA qui couvrait l’actualité sportive, pour connaître le résultat? 

Finalement, mon père m’annonça que nous allions rendre visite à ma tante. En chemin, alors que nous avons passé près d’un dépanneur (les magasins et les épiceries étaient alors fermés le dimanche), je l’ai littéralement harcelé pour qu’il arrête pour que je puisse acheter le Journal de Montréal, ce qu’il a accepté de faire. 

J’ai finalement pu apprendre que les choses s’étaient calmées en troisième, alors qu’il n’y avait eu aucune pénalité. Une victoire de 5-3. Un but et une passe pour Larry Robinson et Mark Napier, mais surtout 34 minutes de pénalité pour Tremblay, 22 pour Sévigny et 17 pour Lapointe. Ce dernier rata d’ailleurs le match suivant, blessé, alors que Sévigny put reprendre le filet. 

De son côté, Williams, qui est toujours à ce jour le meneur de tous les temps pour les minutes de pénalité, en accumula 31. À la fin du match, il ne se défila pas. Il assuma ses paroles, en disant toutefois qu’il pensait qu’il s’adressait à un ami. Il dit aussi que la situation ne l’avait pas affecté et qu’en tant qu’ ″Indien″, il était habitué que tout le monde le déteste. (Note : Dave Williams n’est pas autochtone.) 

Son entraîneur Harry Neale vint à sa défense en disant que Williams était un combattant bien que, contrairement à ce qu’avait affirmé ce dernier, il avait été affecté par les événements. 

Le coéquipier de Williams, Richard Brodeur, confia plus tard qu’il avait été mis au fait par le principal intéressé des déclarations qu’il ferait pour provoquer des réactions. Brodeur le qualifia d’ailleurs de phénomène. Williams confirma que son but était de voler le spectacle et de créer la controverse. 

Sources : 

″Le Canadien acclamé à Vancouver «Lévesque paie pour faire applaudir des frogs» - Williams″ de Bernard Brisset, 18 décembre 1980, La Presse, page B1, 

″Tiger Williams prend de la place″ de Bernard Brisset, 19 décembre 1980, La Presse, page B1, 

″Les p’tites grenouilles attendent Tiger″ de Bernard Brisset, 21 mars 1981, La Presse, page F1, 

″Ruel fait les éloges de Sévigny″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S3, 

″Une longue soirée pour Williams″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S4, 

″Williams ne regrette rien″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S5, 

″Lapointe paie la rançon de la gloire″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S5, 

Télé-Presse du 21 au 28 mars 1981 

″Les Canucks tiennent leur bout″ de Maurice Dumas, 24 mars 1981, Le Soleil, page D1, 

″Davis : Still feisty, Tiger Williams honouring Indigeous ′family′ during Pro Scout events″ de Darrell Davis, September 19, 2025, Regina Leader-Post (leaderpost.com).

 

vendredi 11 juillet 2025

Petri Skriko


    

 

Petri Skriko fit partie de cette première génération de joueurs finlandais à faire leur marque dans la LNH dans les années 80 avec notamment Jari Kurri, Reijo Ruotsalainen, Reijo Siltanen et Ilkka Sinisalo. 

Né le 13 mars 1962 à Lappeenranta en Finlande, il émergea comme un joueur phénomène à l'âge junior dans son pays natal, étant nommé joueur recrue de l'année en 1980-81, ce qui incita les Canucks de Vancouver à le repêcher en 8e ronde (157e choix au total). Il continua sur sa lancée en 81-82 en se démarquant aux championnats junior où il termina en tête des marqueurs, alors que la Finlande remporta la médaille de bronze. Il représenta également son pays aux Olympiques de 1984 et termina meilleur pointeur de son équipe avec 10 points en 6 matchs.

Il arriva à Vancouver pour la saison 1984-85 qu'il termina avec un respectable 21 buts et 14 passes pour 35 points. Si les Canucks étaient assez avant-gardistes au niveau de l'introduction des joueurs suédois (Thomas Gradin, Patrick Sundstrom, Per-Olov Brasar), Skriko était pour sa part le premier finlandais de l'histoire de la franchise. Il y en eut d'ailleurs que très peu après lui, contrairement aux nombreux joueurs suédois dans l'histoire subséquente des Canucks, dont quelques-uns des meilleurs joueurs de la franchise (Markus Naslund, Mattias Ohlund, Henrik et Daniel Sedin, Elias Pettersson).

Vint ensuite sa deuxième saison en 1985-86 où il connut ses sommets en carrière de 38 buts et 40 passes pour 70 points, au premier rang des pointeurs des Canucks. Sa saison suivante commença dans la même veine, encore mieux même alors qu'il marqua à profusion en début de saison. En novembre 1986, il obtint 3 tours du chapeau en 8 jours dont un match de 4 buts contre les Rangers, alors le record de buts en un match pour un joueur des Canucks.


Cependant, Skriko était ce qu'on appelle un joueur de séquences, qui connaissait de longs passages à vide entre ses poussées d'offensive. Par exemple, après ce fameux 3 tours du chapeau en 5 matchs, il n'obtint que 3 buts lors des 20 matchs suivants. Il n'était également pas un atout en défensive et plusieurs le trouvaient trop frileux pour ce rude hockey nord-américain des années 80.

Il termina quand même la saison 1986-87 avec la deuxième de 4 saisons consécutives de plus de 30 buts avec 33 buts et 41 passes. Les Canucks de la fin des années 80 étaient toutefois une équipe très médiocre et il est à se demander s'il n'aurait pas obtenu de meilleurs statistiques ailleurs. Il termina de nouveau premier pointeur de l'équipe en 1988-89 avec 30 buts et 36 passes pour 66 points.

Un autre «chef d'oeuvre» Upper Deck

Après une saison de seulement 48 points en 89-90, il fut graduellement écarté de la formation par l'entraîneur Bob McCammon avec qui il y eut plusieurs frictions. Il demanda alors d'être échangé. Après plusieurs semaines dans les gradins sans trouver preneur, il fut finalement échangé aux Bruins de Boston en janvier 1991. En retour, les Canucks obtinrent un choix de 2e ronde en 1992, un choix qui deviendra Mike Peca.

Skriko sembla bénéficier de ce nouveau départ à Boston alors qu'il récolta 19 points en 28 matchs à Boston, en plus de 8 points en séries. Il fut toutefois rapidement échangé au début de la saison 1991-92 où après seulement 9 matchs, il passa aux Jets de Winnipeg en retour du grand voyageur Brent Ashton

Son séjour à Winnipeg fut toutefois très bref. Après 15 matchs, il demanda à la direction de pouvoir participer aux Olympiques de 1992. L'équipe acquiésa et il fut alors prêté à l'équipe nationale finlandaise pour le restant de la saison. 



Libéré par les Jets, il signa ensuite avec les Sharks pour la saison 1992-93. Il fut toutefois libéré après seulement 17 matchs où il avait obtenu 7 points. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH. Il termina ensuite la saison en Finlande avec le club d'Espoo.

Il opta ensuite de conclure sa carrière avec le club de Herning au Danemark où il joua de 1993 à 1999, terminant annuellement parmi les meilleurs pointeurs et remportant 3 championnats.

Suite à se retraite en 1999, il passa directement derrière le banc de Herning pendant 2 saisons, pour ensuite entraîner son ancien club, le SaiPa, en Finlande pour trois saisons. Il occupa ensuite plusieurs fonctions de dépisteur pour les Capitals, Flames et Panthers. Il est depuis deux saisons entraîneur-chef de l'équipe nationale d'Estonie.

Il fut introduit au temple de la renommée de Finlande en 2004. Son numéro 9 fut également retiré par le SaiPa.

 En 541 matchs dans la LNH, il obtint 183 buts et 222 passes pour 405 points.

 


lundi 16 juin 2025

Richard Brodeur

 

C’est sur une patinoire faite par son père dans la cour arrière chez lui à Longueuil que Richard Brodeur a commencé à jouer au hockey. Ce n’est qu’à 9 ans qu’il a rejoint le hockey organisé. Ce délai n’a pas semblé lui causer de problème. 

En 1970, le gardien de petit gabarit se retrouva avec les Maple Leafs de Verdun de la LHJMQ, mais il joua peu, avant d’être échangé à la pire équipe de la ligue, les Royals de Cornwall. 

Brodeur fut alors au cœur d’un revirement spectaculaire, alors qu’avec l’arrivée d’Orval Tessier derrière le banc et la contribution de joueurs comme Blair MacDonald et Gary MacGregor, les Royals passèrent de derniers à premiers en 1971-72. Brodeur fut nommé meilleur gardien de la ligue, en plus d’arrêter 46 tirs dans une performance clé en finale de la Coupe Memorial, qui permit aux Royals de vaincre les Petes de Peterborough par la marque de 2-1. Brodeur remporta ainsi le Trophée Stafford Smythe, remis au joueur le plus utile à son équipe lors du tournoi de la Coupe Memorial. 

Avec ces honneurs dans sa besace, Brodeur avait de grands espoirs pour le repêchage de 1972. Toutefois, il n’y eut pas moins de 10 gardiens qui ont été choisis avant lui. Si les premiers (Michel Larocque et Denis Herron) ont connu de belles carrières, par la suite, il y eut Mike Veisor, Dave Elenbaas, Gilles Gratton et d’autres dont vous n’avez jamais entendu parler. Ce sont finalement les nouveaux Islanders qui choisirent Brodeur, au 7e tour, 97e au total. 

Être repêché par une équipe d’expansion aurait pu être une opportunité de gravir les échelons rapidement, mais New York avait aussi pu s’assurer des services de Gerry Desjardins, Billy Smith et Glenn Resch. On offrit donc à Brodeur un contrat d’un an pour 12 000$ avec un boni à la signature de 1000$ pour jouer à Fort Wayne, dans la Ligue internationale. 

Pendant ce temps, une nouvelle ligue, l’Association mondiale, tentait de démarrer. Comme les Nordiques offrirent à Brodeur un contrat de deux ans pour un total de 45 000$, en plus d’un boni à la signature de 20 000$, il opta pour le circuit maudit.    

S’il débuta derrière Serge Aubry, il partagea ensuite la place avec ce dernier et Michel Deguise, avant de devenir le gardien numéro un des Fleurdelysés à partir de 1974-75. En 1975-76, il remporta 44 victoires, un record de l’AMH qui ne fut jamais battu. Il fit aussi évidemment partie de l’édition de 1976-77 des Nordiques qui remporta la Coupe Avco. 

Lorsque l’AMH rendit l’âme en 1979, et que quatre de ses équipes, dont les Nordiques, furent absorbées par la Ligue nationale, Brodeur fut l’un des rares à avoir disputé toutes les saisons du circuit avec la même équipe. 

Les droits sur Brodeur devaient donc en théorie revenir aux Islanders, mais les Nordiques utilisèrent alors l’une de leurs trois sélections prioritaires pour conserver ses droits. Toutefois, New York accepta de laisser Gerry Hart sans protection. En retour, les Nordiques acceptaient d’échanger Brodeur contre un autre gardien. Même si Hart n’avait pas vraiment envie de venir à Québec et Brodeur de la quitter, le plan fut mis en place et Brodeur fut éventuellement échangé contre Göran Högosta

À son arrivée à New York, les perspectives d’avenir ne paraissaient pas très prometteuses pour Brodeur, étant donné que Smith et Resch y étaient toujours. Brodeur se retrouva donc à Indianapolis dans la Ligue centrale. En février 1980, Smith dut s’absenter, Brodeur fut rappelé d’urgence. Comme le match suivant avait lieu à Québec, l’entraîneur Al Arbour eut le flair de lui confier le filet pour faire face à son ancienne équipe, contre qui il avait une certaine rancoeur. Brodeur remporta ainsi son premier match dans la LNH, 5-3. Il participa à un deuxième match avant de retourner à Indianapolis, où il remporta le Trophée Terry-Sawchuk à la fin de la saison. 

À la fin du camp de 1980, frustré de la situation, Brodeur exigea d’être échangé, sans quoi il prenait sa retraite. Une demi-heure plus tard, on lui annonça qu’il s’en allait à Vancouver avec une inversion de choix de cinquième ronde à l’encan de 1981. Les Islanders prirent Jacques Sylvestre, alors que les Canucks choisirent Moe Lemay. 

Tout ceci n’améliorait pas tant la situation de celui qu’on surnommait Kermit, puisqu’il se retrouvait encore deux autres gardiens, cette fois c’était Gary Bromley et Glen Hanlon. Toutefois, les deux se sont rapidement blessés et Brodeur saisit sa chance. Bromley perdit sa place et Hanlon fut éventuellement échangé à St-Louis. 

Jusque-là, les Canucks avaient toujours été une équipe ordinaire et ils n’avaient jamais remporté une série depuis leur création en 1970. Si Brodeur joua 52 matchs en 1980-81, il faut dire que leur fiche était plutôt ordinaire à 28-32-20. (Oui, 20 matchs nuls!) 

En 1981-82, Brodeur a joué autant de matchs que la saison précédente et la fiche de l’équipe était à peine mieux (30-33-17). Par contre, Vancouver se trouvait dans la division Smythe, où à part les Oilers, qui s’étaient complètement échappés, les autres équipes étaient au mieux très ordinaires. Toutefois, au premier tour, les faibles Kings ont causé une énorme surprise en envoyant la bande à Gretzky en vacances, ce qui a été appelé le ″Miracle on Manchester″. Pendant ce temps, les Canucks, dirigés par Roger Neilson suite à la suspension de Harry Neale, ont balayé les Flames. 

Au deuxième tour, Los Angeles devait donc affronter des Canucks reposés. C’est alors que suite au jeu brillant de Brodeur, on affirma que si Vancouver devait affronter les Rois (Kings), les Canucks pouvaient compter sur le Roi Richard (King Richard, en référence à Richard III). Le surnom a collé.

Les Canucks ont ensuite facilement éliminé les Kings, 4-1, avant d’affronter une autre équipe qui avait surpris, les Blackhawks. 

Vancouver défit aussi rapidement Chicago. Lors du deuxième match, en dérision d’une performance de l’arbitre qui l’irritait, l’entraîneur Roger Neilson a brandi une serviette blanche au bout d’un bâton, comme une ironique reddition. Neilson fut expulsé, mais ce fut la seule défaite des Canucks.


Vancouver, qui n’avait jamais eu de succès en séries, se retrouvait ainsi en finale, contre les champions en titre (et son ancienne équipe), les Islanders. Les partisans des Canucks ont agité des quantités phénoménales de serviettes blanches. Brodeur, qui a joué tous les matchs des Canucks en séries, a continué de se distinguer, mais la réalité a fini par rattraper Vancouver, qui a été balayé. Ce parcours en séries et la contribution de Brodeur sont alors entrés dans la légende sur la côte-ouest. Malgré la défaite, un défilé a eu lieu et plus de 100 000 personnes y ont assisté. 

L’année suivante, les performances de Brodeur furent reconnues, lorsqu’il fut invité au match des étoiles. Le tout fut toutefois contrecarré, lorsqu’il fut atteint d’un lancer-frappé de Dan Daoust, des Leafs. Son tympan droit a été perforé et il a dû recevoir 10 points de suture. Il rata donc le match des étoiles, qui avait lieu trois jours plus tard et fut remplacé par son coéquipier John Garrett

Pendant les années suivantes, Brodeur continua de jouer de nombreux match au sein d’une équipe qui stagnait ou qui régressait, et ce jusqu’en mars 1988. À ce moment, les Canucks étaient l’une des pires équipes de la ligue. Ils échangèrent donc Brodeur aux Whalers contre Steve Weeks, pour qu’il puisse appuyer Mike Liut. Une fois en séries, Hartford affronta Montréal, qui était favori. Brodeur joua quatre matchs, mais dans une cause perdante. Le Tricolore eut le dessus. 

L’année suivante, les Whalers envoyèrent Brodeur dans la Ligue américaine à Binghampton, pour servir de mentor à leurs jeunes gardiens. Il joua six matchs, avant de finalement prendre sa retraite.

Brodeur revint au Québec pour devenir représentant pour Labatt, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, puis dans le Bas du fleuve. Il retourna ensuite à Vancouver, pour gérer un hôtel. 

Brodeur avait toutefois une passion, la peinture. C’est lors de son passage à Cornwall qu’il a commencé à peindre de façon autodidacte. Toutefois, dans l’atmosphère macho des années 1970, alors que les gardiens étaient déjà considérés comme bizarres, il est demeuré discret à ce sujet. Par contre, ayant subi plusieurs commotions cérébrales au fil de sa carrière, lorsqu’il eut des conséquences de celles-ci, c’est sa peinture qui lui a servi de bouée de sauvetage. 

Il y a 25 ans, il a eu envie de se consacrer entièrement à son art. Habitant toujours en Colombie-Britannique, il a vendu au fil des ans plusieurs centaines de toiles. Il expose régulièrement dans plusieurs galeries, incluant La Belle Galerie, dans le Vieux-Québec. Ses sujets préférés sont la nature et les scènes de hockey avec des enfants. 

 

Sources: 

D’Auteuil, Jean-Pierre et Otis, Jean-Philippe, La Ligue de hockey junior majeur du Québec, Depuis Lafleur, en passant par Lemieux et Crosby, Éditions Caractère, 2013, pages 25 à 30; 

″Brodeur avait un petit compte à régler à Québec″ de Maurice Dumas, 28 février 1980, Le Soleil, page C1, 

″Brodeur blessé, Garrett devient numéro un″ d’UPI et AP, 7 février 1983, Le Soleil, page B2,

″Canucks at 50: How Richard Brodeur went from Kermit to king to a folk-art ′Picasso′″ de J.J. Adams, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com), 

″Richard Brodeur du filet à la toile″ de Jean-François Chabot, 26 avril 2020, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

″Des Nordiques au pinceau: l’ex-gardien de but Richard Brodeur raconte à quel point la peinture l’a «sauvé»″ de Diane Tremblay, 31 janvier 2024, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

″Quand la peinture sauve la vie du Roi Richard″ de Mikaël Lalancette, 1er février 2024, La Tribune (latribune.ca), 

 ″L’ex-gardien de but Richard Brodeur expose ses toiles à Québec″ de Gabrielle Morissette, 2 février 2024, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

brodeurartist.com, hockeydraftcentral.com. labellegalerie.ca.

dimanche 27 avril 2025

Joueur oublié des 90's #101 - Chris Joseph


 

 

Chris Joseph est né le 10 septembre 1969 à Burnaby en Colombie-Britanique. Costaud, rapide et agile, le défenseur des Thunderbirds de Seattle attira grandement l'attention des recruteurs de la LNH, tellement que les Penguins de Pittsburgh en firent leur choix de première ronde avec la 5e sélection au total en 1987.

Cependant, il ne fut initialement membre des Penguins que pour un très court moment. Il parvint à faire l'équipe dès l'automne 1987 mais au même moment, les Oilers étaient en dispute contractuelle avec leur star en défense Paul Coffey. Ce dernier fit donc la grève en début de saison avant d'être échangé aux Penguins le 24 novembre 1987 lors d'une méga-transaction. En retour de Coffey, Dave Hunter et Wayne Van Dorp, les Oilers obtinrent Dave Hannan, Moe Mantha, Craig Simpson ainsi que le jeune prospect Chris Joseph, qui, on l'espérait, parviendrait peut-être à remplacer Coffey, des attentes on ne peut moins réalistes. Au moins, les Oilers avaient pu soutirer Craig Simpson dans l’équation, un joueur qui rendra de grands services à l'organisation.

Donc Joseph n'avait joué que 17 matchs avec les Penguins avant l'échange, amassant 4 passes. Après 7 autres matchs à Edmonton, il fut décidé de le retourner dans la WHL avec les Thunderbirds. En 1988-89, il partagea la saison entre Edmonton et leur club-école au Cap Breton, jouant 44 matchs dans la LNH. La saison suivante, ce fut le même scénario, mais cette fois-ci seulement 4 matchs avec le grand club et le restant de la saison au Cap Breton, ce qui le disqualifia d'avoir son nom gravé sur la coupe de 1990.


Sa meilleure saison à Edmonton fut celle de 1990-91 où il obtint 22 points en 49 matchs. Cependant, le même manège recommença l'année suivante qu'il passa en majorité dans les mineures. Ensuite, lors de la saison 92-93, il ne joua que 33 matchs, passant le restant de la saison sur la liste des blessés.

Après seulement 10 matchs lors de la saison 93-94, il était désormais rendu 9e défenseur dans l'organigramme des Oilers et il demanda alors d'être échangé. Non seulement il n'avait pas répondu aux attentes justifiant son rang élevé au repêchage, mais on lui reprochait également son manque d'implication physique. Glen Sather exauça son souhait, l'envoyant au Lightning en retour de Bob Beers. 

C'est à Tampa Bay qu'on vit finalement éclore un peu le talent offensif de Joseph alors qu'il termina la saison avec 11 buts et 20 passes en 76 matchs. Ce n'était cependant pas assez pour convaincre le Lightning de le garder alors qu'il fut laissé sans protection au repêchage intraligue en janvier 1995 à la reprise des activités suite à la grève.

C'est alors que les Penguins le réclamèrent. Il joua deux saisons complètes à Pittsburgh avant d'être de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue en 1996. Il devint ainsi la propriété des Canucks de Vancouver où il joua l'entièreté de la saison 96-97.


 


Il signa ensuite comme agent libre avec les Flyers, mais il joua que très peu avec eux, étant blessé, laissé de côté ou relégué dans les mineures. En deux saisons passées dans l'organisation, il ne joua que 17 matchs à Philadelphie. 

Le va-et-vient reprit donc par la suite. Il signa tout d'abord un contrat avec les Sénateurs, mais il fut de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue. C'est alors que les Canucks le réclamèrent de nouveau. Après 38 matchs lors de ce deuxième séjour à Vancouver, il fut placé au ballotage, encore, et ce sont les Coyotes de Phoenix qui le réclamèrent cette fois-ci.

Le même manège continua de plus belle lors de la saison 2000-01 alors que les Coyotes le placèrent eux aussi au ballotage. Il fut réclamé par les Thrashers avec qui il joua ses 19 derniers matchs dans la LNH. 

Il termina ensuite sa carrière en Europe, joua un an en Finlande, 3 ans en Allemagne et une dernière saison en Italie en 2005-06 où il remporta le championnat.

Après sa retraite, il retourna s'établir à Edmonton où il est devenu pompier et a sa propre école de hockey pour les jeunes.

En 510 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 39 buts et 112 passes pour 151 points.

Alors qu'il était âgé de 20 ans, son fils Jaxon Joseph fit malheureusement partie des victimes de l'accident d'autobus des Broncos de Humboldt en avril 2018 où 16 personnes perdirent la vie.



lundi 21 octobre 2024

Quiz hardcore LVEUP: Canucks de Vancouver

 


C'est l'heure de retourner dans le hardcore avec un autre quiz LVEUP. 

Aujourd'hui c'est au tour de votre équipe en rouge/jaune/noir noir/gris/rouge, vert/bleu/blanc favorite, les Canucks de Vancouver.

Slogan alternatif pour ce quiz: Connuck-tu bien tes Canucks? 

Bonne chance! Partagez-nous votre score dans les commentaires ou sur Facebook ou sur Twitter.

Pour d'autres quizzzzez du genre, cliquez ici.


 

vendredi 23 août 2024

Joueur oublié des 90's #94 - Andrew McBain

 


 

 

Fort d'une saison de 120 points en 1982-83 avec les Centennials de North Bay de la OHL, l'ailier droit Andrew McBain faisait saliver les recruteurs de la LNH par sa grande stature et son potentiel de futur «power forward» à 6'3" et presque 200 livres. Les Jets de Winnipeg firent donc sa sélection avec le 8e choix au total du repêchage de 1983, tout de suite devant Cam Neely par les Canucks.

McBain refusa ensuite l'invitation de l'équipe canadienne en vue des jeux olympiques de 1984 pour passer directement aux Jets en 1983-84. Sa saison recrue fut somme toute respectable sans être spectaculaire avec une fiche de 11 buts et 19 passes pour 30 points. Il régressa toutefois lors des deux saisons suivantes, ne marquant que 7 buts en 1984-85 et ratant alors la majorité de la saison 1985-86 suite à une blessure au genou. 

Il connut ensuite une saison de seulement 32 points en 1986-87, ce qui confirma les soupçons des fans selon quoi il était définitivement un flop. Il aurait probablement été mieux pour lui de participer aux Olympiques de 1984 ou de démarrer sa carrière professionnelle dans les mineures plutôt que de passer directement du junior à la LNH. Les fans lui reprochaient également son manque d'implication physique, surtout considérant son physique avantageux.

Sa chance tourna toutefois lors de la saison 1987-88 lorsqu'il fut jumelé au prolifique Dale Hawerchuk sur la première ligne des Jets. Il répondit alors avec une saison de 63 points dont 31 buts, en plus de s'imposer davantage physiquement avec 145 minutes de pénalité. Il reprit de plus belle en 1988-89 avec 77 points dont un sommet en carrière de 37 buts. Il faisait également partie des meneurs de la ligue lors de ces deux saisons pour les buts marqués en avantage numérique.

Alors qu'il semblait être finalement en voie d'atteindre son potentiel, sa carrière dérailla plutôt lorsqu'il fut inclus dans un échange impliquant 6 joueurs avec les Penguins de Pittsburgh. En compagnie de Jim Kyte et Randy Gilhen, il prit le chemin de Pittsburgh en retour de Randy Cunneyworth, Dave McLlwain et du gardien Rick Tabaracci. 

Espérant qu'il devienne un autre atout offensif au sein des dangereux Penguins, McBain ne sembla aucunement pouvoir faire sa place. Il fut délogé des deux premiers postes d'ailiers droits par des joueurs plus compétents comme Mark Recchi et Rob Brown. Il se retrouva alors sur la 4e ligne et n'obtint que 5 buts et 14 points en 41 matchs. À la mi-saison 89-90, il fut échangé aux Canucks de Vancouver dans un autre échange à 6 joueurs. McBain, Dan Quinn et Dave Capuano prirent alors le chemin de Vancouver en retour de Tony Tanti, Barry Pederson (dans un échange-retour) et Rob Buskas.

McBain semblait initialement être un meilleur fit à Vancouver et obtint quelques points suite à la transaction, mais il se blessa et rata la moitié des matchs restants à cette saison 89-90 qu'il termina avec 25 points en 67 matchs entre les deux équipes.

 
Erreur sur cette carte alors qu'il s'agit plutôt de Jim Sandlak sur la photo


Après une dizaine de matchs sans éclats au début de la saison 1990-91, il fut rétrogradé dans les mineures pour la première fois de sa carrière. Il passa donc la majorité des deux années suivantes avec les Admirals de Milwaukee, ne revenant à Vancouver que pour six matchs, où il ne récolta qu'un seul but. 

Sa carrière dans la LNH vraisemblablement terminée, il eut toutefois la chance de se retrouver un poste suite aux nombreuses expansions du début des années 90. C'est alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa pour leur saison inaugurale de 1992-93. 

En fait, les Sénateurs originaux semblaient contenir de nombreux anciens choix de premières rondes qui avaient déçu. En plus de McBain, les Sénateurs de 92-93 comprenaient des joueurs comme Neil Brady (3e au total en 1986 par New Jersey), Jody Hull (18e au total en 1987 par Hartford), Dave Archibald (6e au total en 1987 par Minnesota) et Darren Rumble (20e au total en 1987 par Philadelphie). Il y avait aussi le collègue de McBain à la cohorte de 1983, Sylvain Turgeon (2e au total par Hartford). Ce dernier a tout de même connu une meilleure carrière que les autres joueurs sus-mentionnés.


McBain joua deux saisons à Ottawa, mais était définitivement sur du temps emprunté dans cette faible équipe avec qui il amassa dans l'ordre 23 et 19 points. Il fut libéré après la saison 1993-94, saison où il retourna aussi dans les mineures pour une vingtaine de matchs.

McBain alla ensuite terminer sa carrière dans la IHL avec le Thunder de Las Vegas en 1994-95 et ensuite une dernière saison avec les Komets de Fort Wayne.

En 608 matchs dans la LNH, McBain obtint 129 buts et 172 passes pour 301 points. De ces 301 points, presque la moitié furent obtenus durant ses deux seules bonnes saisons 1987-88 et 1988-89 (140 points).

Son fils Jack McBain fut repêché en 3e ronde par le Wild en 2018. Il fait présentement partie de l'organisation de l'Utah. 


jeudi 4 juillet 2024

Ron Delorme


Ayant grandi dans le nord de la Saskatchewan dans les années 1950 et 1960 et ayant comme langue maternelle le cri, Ron Delorme avait évidemment beaucoup d’admiration envers Fred Sasakamoose, le premier autochtone à atteindre la Ligue nationale. Si Delorme n’a pas vu ce dernier s’aligner avec les Hawks (son passage avec Chicago eut lieu avant sa naissance), il put tout de même le voir à l’œuvre lorsqu’il s’aligna pour une équipe senior qui joua près de chez lui. Il réalisa d’ailleurs qu’il était un de ses parents éloignés du côté de sa grand-mère paternelle. Par la suite, il recroisa Sasakamoose sur une base régulière, puisqu’il se faisait un devoir d’encadrer les équipes de joueurs autochtones. Il arriva même que, alors que l’environnement était un peu trop hostile à Delorme et ses coéquipiers, Sasakamoose dut même s’impliquer physiquement.

Le talent de Delorme le mena éventuellement au niveau junior avec les Broncos de Swift Current, dans la ligue de l’ouest. Après une saison, l’équipe déménagea à Lethbridge, un avant-goût de l’instabilité qui marqua le début de sa carrière chez les pros.

Au repêchage de 1975, les Scouts de Kansas City venaient de terminer leur première saison, où ils ne parvinrent qu’à devancer seulement leurs affreux frères d’expansion, les Capitals. Repêchant donc deuxièmes, ils ont eu, comme c’était leur habitude au cours de ces années, un résultat famélique. Si Delorme fut leur choix de quatrième ronde (56e au total), les trois joueurs choisis avant lui (Barry Dean 2e, Don Cairns 20e et Neil Lyseng 38e) jouèrent un total de 88 parties pour la franchise.

De son côté, Delorme choisit plutôt l’offre des Spurs de Denver, une nouvelle équipe de l’AMH. Si le circuit maudit eut quelques histoires de clubs instables, celui de Denver fait partie des plus risibles. Malgré la présence de Jean-Guy Talbot derrière le banc et de Ralph Backstrom, les résultats se firent attendre sur la glace et la vente de billets fut des plus difficiles. Tellement qu’après 34 matchs, on déménagea en douce l’équipe à Ottawa sans même changer d’uniforme, pendant qu’on négociait la vente de l’équipe. Si les foules furent franchement meilleures à Ottawa qu’à Denver (8457 spectateurs contre les Whalers et une salle comble de 9355 spectateurs contre les Aeros de Gordie Howe, un contraste avec la moyenne de 3885 à Denver), les négociations achoppèrent et le propriétaire-vendeur décida plutôt de dissoudre l’équipe suite au match du 15 janvier. L’équipe renommée les Civics d’Ottawa n’exista donc que pour 7 matchs.

Étrangement, pour la saison 1975-76, on voit la partie avec Tucson,
mais la partie avec Denver / Ottawa est absente
Delorme a tout de même joué 22 matchs avec Denver / Ottawa, en plus de 18 autres avec le club affilié, les Mavericks de Tucson, qui a joué cette année-là sa seule saison de son existence. Par contre, il se retrouva ainsi orphelin et retourna donc dans le junior avec Lethbridge.

En 1976, les Scouts, toujours aussi médiocres, rendirent l’âme et déménagèrent… à Denver, pour devenir les Rockies. Delorme reprit donc le chemin du Colorado pour le camp d’entraînement. Il se retrouva par contre avec les Clippers de Baltimore de la Southern Hockey League (SHL), mais la ligue cessa ses activités le 31 janvier, faisant ainsi disparaître une autre équipe de Delorme. Toutefois, il fit ses débuts dans la Ligue nationale le lendemain, avec les Rockies.

En 1977-78, malgré une fiche de 19-40-21, les Rockies se qualifièrent pour les séries par la peau des dents. Ce fut leur seule présence de leur existence au tournoi du printemps et ils furent balayés en deux matchs par les Flyers. Lors de cette courte série, Delorme accumula 10 minutes de pénalité, un sommet pour l’équipe. Comme les Rockies ne sont jamais retournés en séries, il possède donc toujours et à jamais ce record d’équipe.


Par la suite, les Rockies demeurèrent médiocres, mais sans toutefois parvenir à se faufiler en séries. Delorme connut malgré tout de respectables saisons de 20 et 19 buts. Par contre, il commença aussi à aligner les blessures. En 1979-80, il fut blessé au genou.

L’année suivante, une épaule disloquée lui fit rater 15 matchs, mais il réussit tout de même à marquer 11 buts. Malgré qu’il était toujours aussi faible, le Colorado ne trouva pas mieux que de laisser Delorme sans protection lors du camp d’entraînement suivant. Ce sont alors les Canucks qui lui firent signe. Bien que Delorme avait l’habitude des déménagements et des équipes instables, il rata ainsi le déménagement des Rockies vers le New Jersey, qui arriva un an plus tard. En rejoignant les Canucks, il participa plutôt à leur étonnant parcours en séries en 1982, alors qu’ils s’inclinèrent en finale devant les Islanders.

Mais ici, elle y est
C’est en entrant en collision avec Jamie Macoun en décembre 1984 qu’il subit une autre blessure au genou, qui mit fin à sa carrière. En 524 matchs, il montre une fiche de 83-83-166. Il était à ce moment le dernier joueur actif des éphémères Spurs / Civics.

Il devint ensuite recruteur chez les Canucks en 1986, poste qu’il occupe toujours, démontrant ainsi une étonnante longévité, surtout lorsqu’on considère les nombreux changements d’administration qui ont eu lieu à Vancouver au fil des ans. Ses obligations ne l’empêchèrent toutefois pas d’être très impliqué auprès des causes autochtones, autant au niveau du hockey que de la persévérance scolaire. Le membre du Temple de la renommée du hockey de la Saskatchewan conserva ainsi toujours un lien avec Fred Sasakamoose et fut très attristé lorsque celui-ci est décédé de la covid en 2020.






Sources :

Surgent, Scott Adam, The Complete Historical and Statistical Reference to the World Hockey Association, 1972-1979, Xaler Press, Tempe, 1995, p.216, 226-227,

″Civics draw big gathering″, CP, January 8, 1976, Calgary Herald, page 59,

″Decision demanded today regarding future of Civics″ de Tom Sarsfield, January 15, 1976, Ottawa Citizen, page 25,

″Short season for pro hockey in Ottawa area″ de Tom Sarsfield, January 16, 1976, Ottawa Citizen, page 17,

″Canucks’ Ron Delorme’s emotional connection with hero Fred Sasakamoose″ d’Elliotte Friedman, November 26, 2020, Sportsnet (sportsnet.ca),

hockeydraftcentral.com.

mardi 28 novembre 2023

Bob Mason









Fraîchement sorti de l'Université de Minnesota-Duluth et jamais repêché, Bob Mason fut recruté par l'équipe américaine pour les Jeux Olympiques de 1984 à Sarajevo. Après avoir perdu leurs deux premiers matchs avec Marc Behrend dans les buts, Mason se vit confier le filet pour les 4 matchs suivants, où il ne connut pas la défaite, triomphant de l'Autriche et de la Pologne, et récolant des matchs nuls face à la Norvège et la Finlande. Malgré le brio de Mason, les Américains terminèrent 7e sur 12 équipes. Les performances de Mason furent malgré tout remarquées par les Capitals de Washington, qui lui offrirent son tout premier contrat en février 1984.

Chris Chelios, Al Iafrate et Bob Mason ... pas une équipe de deux de pique mettons

Il entreprit immédiatement son parcours professionnel avec les Caps, passant 10 matchs avec l'équipe, remportant les deux matchs auxquels il participa, étant ensuite assigné aux Bears d'Hershey dans la AHL lorsque les Capitals furent exclus des séries. La saison suivante, il débuta l'année avec Washington dans un ménage à trois, jouant au subsitut de Pat Riggin en compagnie d'Al Jensen. Mason disputa 12 matchs, en remportant 8 au passage, avant d'être finalement rétrogradé dans l'AHL, cette fois avec les Whalers de Binghamton.

Alors que les Capitals firent un changement de gardien titulaire au courant de la saison suivante, envoyant Riggin à Boston en retour de Pete Peeters, Mason resta à Binghamton pour la majorité de la saison, ne faisant qu'une présence d'un seul match dans la capitale américaine.

C'est finalement en 1986-87 que Mason obtint la plus grande part du gâteau avec les Capitals, étant d'office lors de 45 parties et remportant 20 matchs. Lors de la première ronde des séries de fin de saison, les Capitals affrontèrent les Islanders de New York. Alors que ces derniers confièrent leur destinée à Kelly Hrudey, les Capitals envoyèrent Peeters dans les buts pour les deux premiers affrontements. Peeters et les Capitals remportèrent le premier match, mais perdit le second. L'entraîneur Bryan Murray envoya donc Mason pour les duels 3 et 4, qu'il remporta tous les deux, n'accordant qu'un seul but sur 52 lancers de la part des rivaux de Long Island. Malgré tout, Peeters se vit confier la tâche de fermer les livres lors du match numéro 5, ce qu'il ne parvint pas à faire. Mason fut donc de retour devant le filet pour la sixième partie, une défaite de 5 à 4. Tout était en place pour le septième affrontement, un match extrêmement serré, qui fut décidé ... en quatrième prolongation. Ce match, connu sous le nom de Easter Epic est le match numéro 7 le plus long de l'histoire de la LNH. Malheureusement pour Mason, Pat LaFontaine trompa sa vigilance après presque 9 minutes de jouée en quatrième surtemps et envoya les Capitals en vacances.

Impuissant, Mason se demande comment la rondelle est parvenue derrière lui

Le 13 juin 1987, les Caps firent l'acquisition de Clint Malarchuk et de Dale Hunter des Nordiques de Québec, en retour de Gaétan Duchesne, Alan Haworth et de leur choix de 1er tour du repêchage de 1987 ... qui devint Joe Sakic. Ce faisant, Washington mit fin au contrat de Mason, qui signa 5 jours plus tard avec les Blackhawks de Chicago.


Se partageant équitablement la tâche entre les poteaux avec Darren Pang, Mason ne disputa pas une saison grandiose, ne remportant que 13 de ses 41 présences et ne disputa qu'un seul des 5 duels de séries des Blackhawks, qui se firent éliminer par les Blues de St-Louis. Quelques semaines après l'élimination de Chicago, Mason fut transigé aux Nordiques en retour de Mike Eagles.

La saison 1988-89 à Québec fut d'ailleurs assez étoudissante pour les gardiens des Nordiques, alors que les quatre hommes masqués  (Mason, Mario Gosselin, Mario Brunetta et Ron Tugnutt) qui se partagèrent les 80 matchs des Nordiques, se partagèrent également 78 des 80 matchs du club-école de la AHL, les Citadels d'Halifax, les deux autres matchs étant disputé par Scott Gordon. Avec le nombre de billets d'avion aller-retour distribué à ces joueurs, il n'y a pas vraiment lieu de se demander pourquoi les Nordiques avaient de la misère côté monétaire. Bref ...

Il faut dire par contre que les cerbères du Fleudelisé ne firent pas bonne figure à Québec (comme le reste de l'équipe d'ailleurs ..), aucun ne dépassant la marque de .500 (Tugnutt obtint 10 victoires contre 10 défaites et 3 nulles, woohoo !). Mais à Halifax, c'était l'inverse, chacun ayant une fiche positive, à l'exception de Brunetta (14 victoires, 14 défaites et 5 nulles).


De son côté, Mason ne remporta que 5 victoires à Québec en 22 sorties. Voulant probablement régler leur situation devant le filet (mission ratée en passant), les Nordiques expédièrent Mason à ses premiers amours, à Washington, contre des considérations futures en juin 1989. Pour ce retour avec les Capitals, Mason fit surtout la navette avec eux et leur nouveau club école, les Skipjacks de Baltimore, disputant 16 matchs dans la LNH contre 22 dans la AHL, à chaque fois avec une fiche déficitaire. À la fin de la saison, une fois de plus les Capitals ne renouvelèrent pas le contrat de leur portier. 

Sans contrat, c'est en décembre 1990 que les Canucks de Vancouver lui firent signe, afin d'ajouter une certaine profondeur à cette position. Il se rapporta d'abord aux Admirals de Milwaukee dans la IHL avant d'être rappelé à la fin de février 1991, resta jusqu'à la fin de la saison avec le grand club. Il ne récolta que 2 victoires en 6 rencontres, ces dernières dans la LNH. 


Il disputa les trois saisons suivantes dans l'organisation des Canucks, majoritairement à Milwaukee dans l'IHL, suite à quoi il prit sa retraite à la fin de la saison 1994-95.

Mason retourna dans l'état du Minnesota à la fin de sa carrière et fit un retour dans la LNH, cette fois dans le rôle d'entraîneur des gardiens, avec le Wild du Minnesota, entre 2005 et 2020.

Fiche dans la LNH : 145 matchs, 55 victoires, 65 défaites, 16 nulles

vendredi 27 octobre 2023

Joueur oublié des 90's #84 - Lonny Bohonos

 




Né le 20 mai 1973 à Winnipeg, le joueur de centre Lonny Bohonos se distingua d'abord au sein des South Blues de Winnipeg au niveau Junior A avant d'arriver sur le tard dans la WHL en 1991-92. Il migra d'équipe en équipe dans la WHL, d'abord avec les Warriors de Moose Jaw, ensuite les Thunderbirds de Seattle et finalement avec les Winter Hawks de Portland. 

C'est avec ces derniers qu'il parvint finalement à s'imposer offensivement alors qu'il termina sa dernière année junior en 1993-94 avec une fiche de 62 buts et 90 passes pour 152 points, ce qui le plaçait au premier rang de la WHL dans les trois catégories.

Cette éclosion sur le tard, ainsi que sa moyenne stature (5'11") firent reculer la plupart des recruteurs et il ne fut jamais repêché. Cependant, les Canucks de Vancouver le signèrent comme agent libre et l'envoyèrent avec leur club-école, le Crunch de Syracuse. Une bonne fiche de 30 buts et 45 passes en 1994-95 lui valut un premier rappel dans la grande ligue au début de la saison 1995-96 où il fut toutefois recalé après une seule passe en trois matchs. 

Vint ensuite une saison de misère des Canucks en 1996-97 et Bohonos put finalement profiter d'un rappel permanent à Vancouver. 
 
Il fut alors placé au centre de Trevor Linden et Martin Gélinas et connut une bonne run avec 11 buts et 11 passes en 36 matchs pour terminer la saison.

Il était toutefois étiqueté comme uni-dimensionnel et paresseux. Et après un mauvais début de saison en 1997-98, où il n'avait que deux buts en 31 matchs, il fut renvoyé à Syracuse. Après quelques semaines, il fut échangé aux Maple Leafs en retour de Brandon Convery, un autre espoir qui décevait à Toronto.

Ce changement d'air fut fructueux pour Bohonos, qui obtint 6 points en 6 matchs avec les Leafs pour clore la saison. Cela n'était toutefois pas assez pour convaincre les Leafs de le garder à Toronto et il passa alors la saison 98-99 avec le club-école de St. John's où il mena le club avec 82 points en 70 matchs, dont 34 buts, mais ne jouant que 7 matchs durant la saison à Toronto.

Durant les séries de l'AHL de 1999, on assistait à une série de première ronde toute canadienne avec un parallèle de rivalité intéressant alors que les Maple Leafs de St.John's se mesuraient aux Canadiens de Fredericton. Donc en plus de la rivalité Leafs/Canadiens transposée ici dans la AHL, il s'agissait aussi d'une rivalité entre clubs des Maritimes. 

Aux commandes des Canadiens de Fredericton se trouvait un jeune et fougueux Michel Therrien. La veille du 5e match décisif (série 3-de-5), on raconte que Therrien s'est présenté volontairement au bar où se trouvaient les joueurs des Maple Leafs afin d'en narguer quelques-uns. S'en serait suivi une bagarre à l'extérieur entre Therrien et Bohonos. 

Ce qui aurait vraiment fait déborder le vase aurait été une remarque de Therrien à propos du centre les Maple Leafs Mark Deyell. Ce dernier avait été blessé à l’œil durant le 3e match suite à un bâton élevé accidentel du défenseur Miroslav Guren. Deyell passa près de perdre son œil et Guren, apparemment très perturbé par ces événements, alla s'excuser en personne à Deyell à l'hôpital. Therrien aurait ensuite critiqué Guren pour ce geste de bonté dans le vestiaire des siens.

Apparemment que Therrien aurait dit à Bohonos, qui était très ami avec Deyell, que ce dernier méritait son sort, lui qui avait auparavant causé une blessure similaire durant la saison à un adversaire du nom de Jeff Libby des Lock Monsters de Lowell, qui lui perdit malheureusement l'usage de son œil.

Therrien et Bohonos auraient ensuite été expulsés du bar et auraient continué l'argument à l'extérieur, le tout culminant par un punch au visage de Therrien de la part de Bohonos.

Therrien porta plaine à la police de St. John's le lendemain, et fut apparemment furieux que les autorités n'aient pas procédé à l'arrestation de Bohonos avant le 5e match. 

José Théodore a d'ailleurs parlé de cette histoire à la Poche Bleue en mars dernier, avec quelques petits détails qui diffèrent des rapports de l'époque que j'ai pu trouver.



Donc apparemment que Therrien se servit de cette histoire pour fouetter ses troupes qui l'emportèrent 3-2 lors de ce match décisif, avec une prestation de 32 arrêts de José Théodore justement. Mais malgré la victoire, seulement 6 des joueurs des Canadiens auraient ensuite accepté de serrer la main de leurs adversaires lors de la fin du match. Disons que ça volait pas trop haut à Fredericton en 1999... Il s'agissait d'ailleurs de la dernière saison du club dans cette ville avant le déménagement annoncé à Québec la saison suivante.

Fun Fact également: l'entraineur de St.John's était l'ancien des Barons Al MacAdam.

Pour sa mark Mark Deyell ne revint pas au jeu durant ce printemps, ni l'année suivante. Il tenta un bref retour en 2000-01 mais cela ne dura que quelques matchs avant sa retraite définitive, incapable de retrouver ses véritables repères.

Bref, Bohonos se retrouva avec des accusations de voies de fait et une comparution à paraître le 25 mai 1999. Cependant, suite à l'élimination de son club, il fut rappelé en renfort par Toronto. Therrien retira finalement sa plainte quelques semaines plus tard, suite à des excuses de la part de Bohonos. Il déclara alors: «J'ai peut-être mal saisi les propos de M. Therrien et je voudrais lui souhaiter la meilleure des chances à la barre des Citadelles de Québec.»

Le printemps mouvementé de Bohonos se poursuivit donc avec le grand club à Toronto, qui après une première ronde remportée in extremis contre les Flyers, se retrouvait avec plusieurs blessés et joueurs non-performants, ce qui valut à Bohonos d'être promu avec Mats Sundin sur le premier trio des Leafs. Bohonos profita de l'occasion et obtint 9 points en 9 matchs durant le reste du parcours des Leafs qui s'inclinèrent en 5 matchs en finale de conférence contre les Sabres.




On pourrait croire alors que ce bon rendement surprise en séries aurait incité les Leafs à le garder la saison suivante, mais ce furent malheureusement ses derniers matchs dans la LNH. Incapable de se tailler un poste au camp d'entrainement l'automne suivant, il fut libéré et signa alors avec le Moose du Manitoba dans la IHL. Comparativement à ses années dans la AHL, il ne fut pas aussi dominant dans cette ligue, terminant la saison 99-00 avec 51 points dont 18 buts.

Il opta ensuite de mettre le cap vers la Suisse avec le HC Davos où il joua durant trois saisons, terminant au premier rang des pointeurs de la ligue suisse en 2000-01, en plus de gagner la coupe Spengler. Il joua également une demie-saison avec les Lions de Zurich en 2003-04 et il gagna un autre titre de la coupe Spengler en 2003, cette fois-ci au sein de l'équipe canadienne.

Bohonos (à droite) avec le HC Davos, champion Suisse en 2002
 

Il tenta un retour en Amérique du nord en  2004-05 avec les Wolves de Chicago dans la AHL, avant de retourner en Europe la saison suivante, cette fois-ci dans la ligue allemande avec le Adler Mannheim. Après 19 matchs à Mannheim, il subit une grave blessure au cou qui mit fin à sa saison. Malgré une tentative de retour, il dut finalement prendre sa retraite.

Après sa retraite comme joueur, il devint entraineur pour diverses équipes à Thunder Bay, au niveau AAA et Midget.

En 83 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 19 buts et 16 passes pour 35 points, ainsi que ses 3 buts et 6 passes en 9 matchs en séries aquis durant le tournoi de 1999 avec les Leafs.

En 342 matchs dans la AHL, sa fiche fut de 165 buts et 220 passes pour 385 points.
En 151 matchs en Suisse, sa fiche fut de 96 buts et 121 passes pour 217 points.

Pour sa part, Michel Therrien fut en poste avec les Citadelles de Québec jusqu'au début de la saison 2000-01, suite à quoi il fut promu comme successeur d'Alain Vigneault avec le CH.


Sources:
«J'ai été attaqué, c'est tout ce que je peux dire», La Presse, 4 mai 1999
Michel Therrien reçoit des excuses, Le Soleil, 12 juin 1999
AHL 1999 Playoffs: First Round Review, LCShockey.com