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jeudi 23 août 2012

RIP Don Raleigh



Un des grands joueurs oublié de l'histoire des Rangers, Don Raleigh, est décédé mardi à l'âge de 86 ans. Raleigh a joué uniquement avec les Rangers de New York dans la NHL de 1943 à 1956. En fait, il joua une quinzaine de matchs lors de la saison 1943-44, mais ne put retourner avec les Rangers lors des deux saisons suivantes, étant victime d'une loi établie durant la Seconde Guerre mondiale qui interdisait aux citoyens canadiens de traverser la frontière. C'est donc en gros après la Guerre, lors de la saison 1946-47, que le jeune manitobain natif de l'ouest de l'Ontario débuta sa carrière dans la NHL officiellement. D'ailleurs, s'il débuta sa carrière à 17 ans lors de la saison 1943-44, c'est en raison du manque de joueurs en raison de la Guerre.

Mais Raleigh a donc fait parti de cette équipe qui connu très peu de succès, les Rangers ayant pris part aux séries éliminatoires à seulement 4 reprises entre 1942 et 1967, période classique des six équipes. Les blue shirts connurent toutefois des succès assez considérables au début des années 50, atteignant la finale en 1950, et Raleigh fut un des joueurs les plus important de cette "runne". Au premier tour des séries, Raleigh fut d'une efficacité remarquable alors que les Rangers eurent raison du Canadien. Raleigh fut également assez efficace en finale contre les puissants Red Wings, alors à l'aube d'une dynastie, en marquant les buts gagnants en supplémentaire des matchs 4 et 5. 

À noter que cette finale a revêtu un cachet particulier pour les Rangers en ce qu'en raison de la présence d'un cirque à Madison Square Garden, les matchs locaux des blue shirts furent joués à Toronto... Imaginez...

Cette brillante performance de Raleigh fut par contre la dernière présence de ce joueur en séries éliminatoires de la NHL de sa carrière. Raleigh devint par contre capitaine des Rangers en 1953 lors qu'Allan Stanley, l'une des vedettes de l'équipe fut envoyé aux Canucks de Vancouver de la WHL en raison de la colère des fans qui mettaient le blâme des insuccès de l'équipe sur le leadership de ce futur membre du Temple de la renommée. Il connut une première démotion en 1955 vers les Reds de Providence et il perdit alors le "C" qu'il remit aux mains d'un autre futur membre du Temple de la renommée, Harry Howell.



Marqueur constant mais non spectaculaire, Raleigh fut reconnu comme un bon joueur en étant invité à deux matchs des étoiles, en 1951 et en 1954.

Il termina sa carrière en évoluant comme joueur-entraîneur dans la WHL, la fameuse ligue professionnelle de l'Ouest.

Il fut reconnu dans la province où il a grandit, le Manitoba, en étant intronisé au Temple de la renommée du sport manitobain en 1998.

Dans le fameux top 100 des meilleurs joueurs des Rangers paru en 2009, Raleigh se retrouva au 32e rang.

mardi 21 août 2012

Des cartes classiques des Nordiques

Tiens, pourquoi ne pas faire plaisir aux lecteurs qui étaient des fervents des Nordiques... Comme je travaillais sur la pochette de quelques disques, j'en ai profité pour scanner des cartes et voici une fine sélection de deux des plus grands Nordiques...

À tout seigneur, tous honneurs... La fameuse carte recrue de Peter Šťastný de la série O-Pee-Chee 1981-82. Ce que j'aime beaucoup sur cette carte, c'est la face du gardien des Capitals à l'arrière. Comme nous l'avons souvent mentionné, la plupart des cartes du début des années 80 et de la fin des années 70, la plupart des photos pour les cartes de hockey étaient faites à Washington, ce qui explique que la plupart des cartes de cette époque ont des chandails de couleur (sauf les joueurs des Caps). Remarquez également que le logo a l'air "scratché", je ne sais pas si c'est de la neige ou bien que le "print" est usé. Vous savez, à l'époque, au lieu d'être des gros logo brodés, c'était des imprimés. 



Vous vous rappelez de la première saison de Peter Šťastný? Cette saison où il a aidé les Nordiques à passer d'équipe de fond de classement à équipe de premier plan de la NHL. Et bien lors de cette saison qui lui a valu un trophée Calder, il établit un record de points pour une recrue. Malheureusement pour lui, ce record fut battu par Dale Hawerchuk la saison suivante... 

Remarquez que le print est tout autant scratché sur le chandail de Peter... La photo a donc probablement été prise lors du même match contre les Capitals que la carte recrue alors que le derrière nous parle d'un match à New York... Oh...




Personnellement, Dale Hunter, je pense que c'est le joueur le plus important des Nordiques des années 80, les grandes années de l'équipe. Goulet et Šťastný étaient de fins marqueurs, de grands joueurs, mais Hunter était le coeur, les bras de l'équipe. Remarquez que lorsqu'il a quitté l'équipe dans l'échange où les Nordiques ont obtenu le choix pour repêcher Joe Sakic, les Nordiques ont raté les séries même avec Sakic et Goulet pendant près d'une demi-décennie... La carrière d'Hunter ne s'est pas arrêté non plus suite à son départ de Québec, les Capitals ayant même retiré son chandail... C'état un joueur détestable, mais ces joueurs détestables, surtout ceux qui marquent des buts, sont souvent les meilleurs... Voudriez-vous Milan Lucic dans votre équipe?

Remarquez encore sur cette carte le chandail blanc dans le coin qui semble nous indiquer que la photo a également été prise à Washington. remarquez également le genre de brouillage en haut de l'épaule que l'on voit apparaître à droite...



lundi 13 août 2012

Trêve de hockey #64 : Le Frank Clair Stadium


Voici une superbe photo du Frank Clair Stadium d'Ottawa au début des années 50. À cet époque, le fameux stade des Rough Riders de la Capitale fédérale accueillait également du baseball de niveau AAA. En 1951, les Giants de New York y établirent un club-école AAA de la International League, le même circuit dans lequel y évoluaient les Royaux de Montréal. (C'est comme au hockey, la ligue nationale était inférieure à la ligue "nationale" ou la ligue "américaine"...) La saison suivant jusqu'en 1954 l'équipe fut nommée les Athletics d'Ottawa et étaient affiliés aux Athletics de Philadelphie, les ancêtres des A's d'Oakland. En 1955 l'équipe déménagea à Columbus et fut renommée les Jets, étant toujours affiliés à des A's qui étaient maintenant à Kansas City.

Jets et Columbus, deux concepts qui font peur quand réunis ensemble... Une chance qu'on ne parle pas de hockey...

J'aime beaucoup cette photo. Je trouve tellement étrange le fait qu'on ait pu penser un jour qu'aménager un terrain de baseball de la sorte pour accueillir une équipe de baseball AAA soit une bonne idée. On ne se surprendra pas de savoir que ça n'a pas été refait par la suite...

Le Frank Clair Stadium a été construit en 1908 et y a accueillit les Rough Riders dès son ouverture jusqu'à la dissolution de l'équipe en 1996. Les Renegades d'Ottawa y ont également évolué lors de leur courte vie. Les Gee Gees de l'Université d'Ottawa et les Ravens de Carleton y évoluent toujours. Le stade est présentement en reconstruction et sera prêt à accueillir une nouvelle équipe de la CFL aussitôt les travaux terminés. Originellement, cette revitalisation aurait dû être terminée cette année et une nouvelle équipe de la CFL y aurait évoluée, mais le tout a été remis à plus tard...

À noter que le Civic Center d'Ottawa, aréna où y évoluaient les Senators à leur début et où évoluent les 67's est à côté...

Ah oui, Frank Clair fut un entraîneur qui a notamment été à la barre des Rough Riders e 1956 à 1969 et avec les Argonauts de Toronto de 1950 à 1955. Il a remporté 5 Coupes Grey dans sa carrière, 3 avec les Rough Riders et 2 avec les Argonauts, dont le fameux Mud Bowl de 1950...


lundi 6 août 2012

Trêve de hockey #63 : Stella Walsh






En 2009, aux championnats du monde d’athlétisme, la victoire au 800m de la sud-africaine Caster Semenya avait causé une controverse.  Son allure très masculine suscitait des doutes.  Après une longue saga, Semenya fut soumise à des tests d’identification poussés.  Les résultats de ces tests demeurèrent confidentiels, mais Semenya put continuer à compétitionner avec les femmes.


Ce n’était toutefois pas la première controverse du genre.  Il y eut avant elle Stella Walsh.

Né en 1911 en Pologne sous le nom de Stanislawa Walasiewicz, elle immigra aux États-Unis, dans la région de Cleveland, avec sa famille alors qu’elle était encore bébé.  Ses parents anglicisèrent son nom, qui devint alors Stella Walsh.

Elle débuta plus tard une fructueuse carrière en athlétisme.  Toutefois, ne détenant pas la citoyenneté américaine, on lui offrit de corriger la situation pour lui permettre de représenter les États-Unis aux Jeux de Los Angeles de 1932.  À la dernière minute, elle changea d’idée et représenta plutôt sa Pologne natale.  Elle y égalisa le record du monde au 100m (11,9 s) et gagna la médaille d’or.

Aux Jeux de Berlin, elle termina deuxième derrière l’américaine Helen Stephens.  L’apparence masculine de cette dernière alimenta une rumeur à l’effet que celle-ci était en fait un homme.  Une vérification démontra que Stephens était vraiment une femme.

Walasiewicz (ou Walsh) continua sa carrière, mais la guerre vint compliquer les choses.  La Pologne étant dans un état lamentable, elle s’établit définitivement aux États-Unis, où elle prit finalement la citoyenneté américaine.  En 1947, elle fut brièvement mariée à Neil Olson, un boxeur, mais l’union ne dura pas longtemps.  Elle vécut par la suite une vie paisible et anonyme, travaillant pour le département des parcs de Cleveland.

En décembre 1980, elle fut attaquée par deux hommes qui voulaient la voler.  Elle tenta de faire perdre son arme à un de ses agresseurs, mais en vain.  Le coup partit et Walsh fut mortellement atteinte.

Les événements prirent alors un tournant inattendu.  L’autopsie révéla qu’elle possédait un pénis (bien que non fonctionnel et avec une malformation) et une poitrine masculine.  Un examen approfondi révéla aussi qu’elle n’avait pas d’organes reproducteurs internes féminins.

Les réactions ne se firent pas attendre.  Hilda Strike, la canadienne gagnante de la médaille d’argent à Los Angeles jugea que la médaille d’or lui revenait.  Elle ne la revendiqua pas officiellement mais laissa savoir qu’on savait où la trouver.

Toutefois, celui qui fut probablement le plus abasourdi fut son ex-mari.  Il affirma qu’il se trouvait particulièrement stupide et que les rares fois où il eut des relations sexuelles avec sa femme, celle-ci avait toujours insisté pour le faire la lumière fermée.

Le voile fut alors levé sur un aspect grandement tabou.  Des proches affirmèrent qu’ils étaient au courant que Stella avait certaines malformations, qui s’avèrent être une forme d’hermaphrodisme.  La chose avait bien sûr été cachée, étant considérée comme honteuse.

Une recherche révéla d’ailleurs que Stella avait initialement été inscrite au registre des naissances comme un garçon, avant que le tout ne soit changé.  Il faut dire que dans la Pologne de 1911, les parents d’un enfant avec de telles malformations avaient peu d’options.  Ils choisissaient le genre de leur enfant et l’élevait en conséquence.  Sa condition n’a donc jamais été diagnostiquée formellement.  Quant aux tests d'identification au cours des compétitions, ils n’ont été imposés qu’en 1966.

A-t-elle alors bénéficié d’un avantage hormonal indu?  Considérant sa capacité de produire et de réagir à la testostérone, apparemment que non.  Son histoire démontre toutefois que la question de l’identité sexuelle n’est pas nécessairement toujours tranchée au couteau.   

Sources : “The Runner’s Secret” de Paul Farhi, 22 août 2008 (washingtonpost.com), “Woman, man or a little bit of both? How deciding Caster Semenya's gender is more complex than you might think” de Michael Hanlon, 23 août 2009 (dailymail.co.uk), “We've been here before with Stella the high-speed fella” de Guy Walters, 23 août 2009 (dailymail.co.uk), wikipedia.org