Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est Rangers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rangers. Afficher tous les articles

mardi 4 août 2026

Bill Juzda



   


Né le 29 octobre 1920 à Winnipeg, le robuste défenseur Bill Juzda a commencé sa carrière de hockey dans la Western Junior Hockey League avec les Maple Leafs d'Elmwood et les Thistles de Kenora, aidant ces derniers à atteindre la finale de la coupe Memorial en 1940.

Rappelé par les Rangers de New York durant la saison 1940-1941, il a passé une grande partie de l'année avec leur club-école de la Ligue américaine, les Rockets de Philadelphie. Il a ensuite disputé 45 matchs avec les Rangers lors de la saison 1941-1942 avant de mettre sa carrière sur pause lorsqu'il s’engagea au sein de l’aviation royale canadienne. Il joua toutefois au hockey avec le club de la Winnipeg RCAF, les Bombers durant trois saisons.


Juzda, à gauche, en pleine action contre les Red Wings

Après la guerre, il signa un nouveau contrat avec les Rangers. Il semblerait que ses années passées dans l’armée le rendirent davantage robuste car il devint un des plus redoutables plaqueurs de la ligue. Ce serait d’ailleurs lui qui aurait mis fin à la carrière de Toe Blake dans la LNH suite à une mise en échec au cours de la saison 1947-1948

Il joua 137 autres matchs avec les Rangers avant d'être échangé aux Maple Leafs de Toronto dans le cadre d'une transaction impliquant plusieurs joueurs avant la saison 1947-1948.

Juzda, à droite, portant le tristement célèbre
Bill Barilko après le but vainqueur de ce dernier
lors de la finale de 1951
Avec les Leafs, Juzda remporta deux coupes Stanley, en 1949 et 1951. Il a pris part à un total de 211 matchs avec les Leafs jusqu’en 1952.

Libéré par les Leafs à l’aube de la saison 1952-52, il signa avec les Hornets de Pittsburgh dans la LAH, y obtenant une sélection sur la deuxième équipe d'étoiles de la ligue. 

En 1953, il retourna à Winnipeg pour évoluer pendant dix saisons au niveau sénior avec les Maroons de Winnipeg, participant à deux finales de la coupe Allan. Les Maroons ont notamment effectué une tournée en Tchécoslovaquie durant cette période. Au milieu des années 1950, Juzda a aussi fait de brefs passages chez les Wheat Kings de Brandon et les Paper Kings de Pine Falls. 

Bien qu'il ait officiellement pris sa retraite du hockey après 1963, il a continué à jouer au hockey des anciens (old-timers) jusqu'à plus de 70 ans.

Juzda a également entraîné des équipes de hockey de la catégorie midget jusqu'au niveau sénior. Jusqu'à son décès, il résidait à Winnipeg et portait toujours sa bague de champion de la coupe Stanley de la saison 1948-1949. Il a été introduit au temple de la renommée du sports du Manitoba en 1992. Il est décédé le 17 février 2008.

En 398 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 14 buts et 54 passes pour 68 points.

jeudi 25 juin 2026

Dan McCarthy




Comme l’an dernier, le repêchage de cette année aura sept rondes. La situation n’a toutefois pas toujours été ainsi. J’ai déjà écrit au sujet de celui de 1978, où les équipes pouvaient repêcher tant qu’elles voulaient et que Sam Pollock avait tourné en ridicule en choisissant pas moins de 22 joueurs.

Ce cher Sam avait tout de même trouvé le moyen de dénicher deux joueurs de calibre de la Ligue nationale parmi ces choix tardifs : Chris Nilan en 19e ronde et Louis Sleigher en 21e ronde. 

Parmi les autres équipes, les trouvailles tardives ont été plutôt rares dans cet encan où il n’y avait d’ailleurs pas tant de profondeur. Le joueur à avoir joué au moins un match dans la grande ligue qui a été choisi le plus tard, si on fait exception des deux joueurs sélectionnés par Montréal mentionnés plus haut est un petit centre, Dan McCarthy. Originaire de la ville qui abrite le Temple de la renommée du baseball canadien, St. Mary’s, en Ontario, il avait été choisi en 15e ronde, 223e au total, par les Rangers. Suite à sa sélection, New York a plié bagage, laissant Montréal et Détroit comme étant les deux dernières équipes à continuer à repêcher. 


 

McCarthy avait connu une saison respectable de 30 buts et 51 passes avec les Wolves de Sudbury de la Ligue de l’Ontario. Même si son équipe termina dernière de la ligue avec une fiche de 16-42-10, elle comptait tout de même des joueurs de talent. McCarthy termina troisième meilleur pointeur des Wolves, derrière Dave Hunter et Mike Foligno, qui eurent de belles carrières dans la LNH. Le défenseur Randy Hillier, qui joua plus de 500 matchs dans la Ligue nationale, faisait aussi partie de cette formation. 

McCarthy eut une bonne saison 1978-79, alors qu’il s’aligna avec les Generals de Flint de la Ligue internationale. Il y amassa 38 buts et 42 passes. 

L’année suivante, il se retrouva avec les Nighthawks de New Haven, la filiale principale des Rangers, dans la Ligue américaine. 

Fin octobre 1980, une opportunité se présenta à lui. Suite à des blessures à Ulf Nilsson, Steve Vickers et Ron Duguay, il y eut des trous dans l’offensive des Rangers, qui connaissaient en plus un mauvais début de saison. C’est ainsi qu’après un peu plus deux ans après avoir été repêché en 15e ronde, McCarthy se retrouva dans la Ligue nationale. 

Son premier match fut le 1er novembre au Forum. Montréal y prit rapidement le dessus et en troisième période, les Canadiens menaient par la marque de 6-2. C’est alors que McCarthy marqua deux buts à 13 secondes d’écart aux dépends de Michel Larocque. Mario Marois obtint une passe sur le premier et Mike Allison l’assista pour les deux. La marque fut aussitôt resserrée, mais Guy Lafleur recreusa ensuite l’écart. Montréal l’emporta donc 7-4, mais McCarthy eut tout de même un très bon premier match dans la LNH. Avec un but de plus, il aurait égalisé le record d’Alex Smart, pour le plus de buts lors d’un premier match (record depuis battu par Auston Matthews).  Il y ajouta aussi une pénalité. 

Le lendemain, les Rangers affrontaient les Kings au Madison Square Garden. McCarthy continua sur sa lancée en déjouant Ron Grahame, sur une passe d’André Doré (deux futurs Nordiques). Los Angeles l’emporta tout de même, par le pointage de 6-3. 

Le match suivant fut un verdict nul de 3-3 à Chicago, qui fut enchaîné par une défaite de 6-4 à Vancouver. 

L’entraîneur Fred Shero lui fit ensuite sauter un match à Los Angeles, avant de le réintégrer dans l’alignement le 11 novembre, à Calgary. 

Ce fut une autre défaite pour les Blueshirts, par la marque de 7-3 cette fois, mais McCarthy trouva tout de même le moyen de marquer à nouveau, contre Pat Riggin dans ce cas-ci, sur des passes de Carol Vadnais et Ed Hospodar

Il fut ensuite retourné à New Haven.

Une accumulation de blessures au sein d’une équipe faible permit donc à ce choix tardif d’obtenir sa chance, qu’il ne rata pas. En 10 jours, il joua 5 matchs dans 5 villes différentes, où il marqua tout de même 4 buts. Il ne connut toutefois pas la victoire (4 défaites et une nulle). 

Ce furent 10 jours intenses, mais ce furent ses seuls dans la LNH. Malgré cette belle performance, il n’eut plus jamais la chance de jouer au plus haut niveau. Comme Alex Smart, malgré des débuts fracassants, son passage fut éphémère. 

Il joua par la suite 4 ans dans la Ligue américaine, avec New Haven, Springfield et Baltimore, en plus de passer un an dans la Ligue centrale avec Birmingham. Il joua aussi quelques parties en Autriche en 1983-84. 

À l’été 1982, il avait été échangé aux North Stars contre Shawn Dineen, le fils de Bill et le frère de Kevin, Gord et Peter. Il ne joua toutefois jamais au Minnesota. 

Il devint ensuite entraîneur au niveau junior au Connecticut 

Sources : 

″Les Rangers ont été «dérangés»″ d’Alain Chantelois, 2 novembre 1980, Dimanche-Matin, page 62,

″Il n’y a pas de joueurs prêts à Halifax – Jacques Laperrière″ de Tom Lapointe, 2 novembre 1980, Dimanche-Matin, page 63, 

″Canadiens finally win two straight″ de Glenn Cole, November 3 1980, Montreal Gazette, page 3,

hockey-reference.com, wikipedia.org.

mercredi 31 décembre 2025

Lionel Bouvrette

 

Originaire de Hawkesbury, Lionel Bouvrette alla poursuivre ses études à Montréal, dans le but d’éventuellement devenir ingénieur. Son chemin a toutefois bifurqué vers le hockey. Sur la liste de négociation des Canadiens, il se retrouva avec les As de Québec de la ligue senior en 1941, tout en travaillant pour le gouvernement du Québec. 

En 1942-43, après une autre saison avec les As, Bouvrette se retrouva au cœur d’une situation particulière. 


 

Après avoir terminé premiers l’année précédente, les Rangers perdirent plusieurs joueurs au recrutement, incluant leur gardien, ″Sugar″ Jim Henry, qui s’était joint à l’armée. Pris au dépourvu, ils se rabattirent sur Steve Buzinski, avec des résultats catastrophiques. On utilisa donc le vétéran Bill Beveridge et le réserviste Jimmy Franks. 

Pour le dernier match de l’année, les Rangers étaient largués depuis longtemps et étaient assurés de terminer derniers. Ils affrontaient les Canadiens au Forum, alors que ceux-ci étaient à un point des Black Hawks et de la dernière place donnant accès aux séries. 

De leur côté, ces mêmes Hawks devaient jouer leur dernier match contre les Red Wings, qui n’avaient rien à gagner, puisqu’ils étaient assurés de terminer en première place. Petit détail, les Wings appartenaient à James E. Norris, qui détenait aussi le Chicago Stadium. Est-ce que Détroit pourrait lever le pied pour permettre aux Hawks de jouer plus de matchs au Chicago Stadium, qui appartenait aussi à leur propriétaire? 

Pour en rajouter une couche, Jimmy Franks était blessé et les Blueshirts demandèrent donc aux Canadiens de leur prêter un gardien, Lionel Bouvrette. Pour ses débuts dans la grande ligue, Bouvrette pouvait donc, en s’illustrant, éliminer l’équipe qui détenait ses droits.  

En cette période où il était fréquent qu'un même gardien joue tous les matchs, Bouvrette devenait le quatrième à garder la cage des Rangers, ce qui était extrêmement rare.  (Certaines sources évoquent même un record pour l'époque.)  Chose certaine, la situation devant le filet avait fortement contribué à leur déchéance. 

Finalement, l’honneur a été sauf. Bouvrette, bombardé par l’adversaire, a connu un fort match, mais Elmer Lach a eu un match de 3 points, alors que Joe Benoit, Buddy O'Connor, Toe Blake et Gordie Drillon en ont obtenu 2 chacun. Montréal l’a emporté 6-3 et ainsi, Bouvrette n'a pas contrecarré les plans de l'équipe à laquelle il appartenait. 

Il restait donc à régler le match entre les Wings de James Norris et les Black Hawks qui jouaient au Chicago Stadium de James Norris. Après le match, les spectateurs demeurèrent au Forum pour suivre les résultats de l’autre partie. (À cette époque, obtenir les résultats des autres confrontations n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui.)  C’est finalement Détroit qui l’a emporté 6-5 et Montréal a accédé au ″détail″ comme on disait à l’époque. 

Ce fut toutefois le seul match de Bouvrette dans la LNH. S’il a apparu sur la liste de négociation des Canadiens pendant plusieurs années, il n’a jamais pu s’entendre avec eux. À un moment, le directeur-gérant Tommy Gorman lui a offert 1800$ pour 3 ans, mais Bouvrette en demandait 3000$. Gorman lui demanda alors s’il voulait acheter le Forum. 

Il eut aussi des offres de Toronto, Détroit et des Rangers, mais il préféra demeurer à Québec, alors que de 1942 à 1948, il travaillait aussi comme gérant du personnel à la Morton Engineering. Ceci ne l’empêcha pas en 1943-44 d’aider les As à remporter la Coupe Allan, en plus de se mériter le Trophée Byng de Vimy, remis au meilleur joueur de la ligue, en plus de toucher un salaire de 1300$. 

Bouvrette s’aligna avec les As jusqu’en 1947, après quoi il joua différents rôles dans la communauté, comme par exemple entraîneur de hockey junior, organisateur d’un tournoi de curling et président du club Kiwanis local. 

Il a ensuite déménagé à Dorval à la fin des années 1960. 

Il est décédé en 2000 à l’âge de 85 ans. 

Sources : 

″Le Canadien clôture sa saison contre les Rangers ce soir″, 18 mars 1943, La Presse, page 22, 

″La saison régulière des Canadiens prendra fin ce soir avec une joute très importante″, 18 mars 1943, Montréal-Matin, page 14, 

″Le Canadien termine en 4e place et prendra part au détail″, 19 mars 1943, La Presse, page 20,

″Canadien bat les Rangers 6 à 3 et demeure en lice dans la N.H.L.″, PC, 19 mars 1943, Le Soleil, page 13, 

″Lionel Bouvrette et le Baronet″ de Jacques Arteau, 7 mars 1958, Le Soleil, page 17, 

″Lionel Bouvrette aurait joué dans la LNH avec le Canadien″, 4 janvier 1969, Le Soleil, page 25.

 

lundi 22 décembre 2025

Steve Vickers

 

Le repêchage de 1971 fut marqué par la présence de pas un, mais deux joueurs générationnels, Guy Lafleur et Marcel Dionne. Toutefois, d’autres joueurs de valeur furent aussi choisis. Après une bonne saison avec les Marlboros de Toronto, Steve Vickers fut repêché au 10e rang par les Rangers. Son coéquipier, le terrorisant Steve Durbano, fut aussi retenu par New York quatre rangs plus tard, mais après un an avec Omaha, dans la Ligue centrale, leurs chemins se séparèrent lorsque Durbano fut échangé aux Blues. 

De son côté, Vickers fit sa place dans la grosse pomme en faisant une entrée fracassante. Tout au long de sa carrière, il eut des séquences notables, et son début dans la LNH ne fit pas exception. 

Dès son premier match, à son premier tir, celui qu’on appela ″Sarge″ en raison du manteau de style militaire qu’il portait déjoua Denis DeJordy, des Wings. Ce fut toutefois dans une cause perdante puisque Détroit l’emporta 5-3. 

 Un peu plus d’un mois plus tard, combiné avec Bill Fairbairn et Walt Tkaczuk au sein de la Bulldog line, il marqua 3 buts contre Gary Edwards, dans une victoire de 5-1 contre les Kings au Madison Square Garden

Le match suivant, il déjoua Michel Belhumeur 3 autres fois, dans une victoire de 7-3 contre les Flyers. Il est ainsi devenu la première recrue à inscrire deux tours du chapeau lors de deux matchs consécutifs. Il était également le deuxième à réaliser cet exploit après Joe Malone en 1916-17, dans l’uniforme des Bulldogs de Québec

En séries, il ajouta un autre tour du chapeau dans le match qui élimina les rivaux des Rangers, Boston. 

Malgré qu’une blessure lui fit rater 16 matchs, il termina sa saison recrue avec une fiche de 30 buts et 23 passes. Sa récolte de buts représentait un record d’équipe pour une recrue (depuis battu). Il remporta aussi le trophée Calder, remis à la recrue de l’année. Au scrutin, il devança relativement facilement Bill Barber (futur membre du Temple de la renommée) et Billy Harris, son ancien coéquipier au niveau junior. Il était le premier Ranger à le remporter depuis Camille Henry en 1953-54. 

La saison suivante, il ne souffrit pas de la guigne de la deuxième année, augmentant son total à 34 buts, bien qu’il eut une séquence de 15 matchs sans but. 

En 1974-75, étant bien appuyé par ses nouveaux compagnons de trio Jean Ratelle et Rodrigue Gilbert, Vickers conclut sa saison 1974-75 avec sa meilleure fiche en carrière, soit 41-48-89. D’ailleurs, le 30 mars 1975, Vickers marqua pas moins de 4 buts, tous sur des passes de Ratelle et Gilbert. Trois d’entre eux furent marqués en troisième période. Il y ajouta une passe (sur un but de Ratelle, accompagné d’une passe de Gilbert). C’est Peter McDuffe des Scouts de Kansas City qui fut sa victime, dans une victoire de 8-2. 

Il fut alors choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles de la ligue. (Richard Martin des Sabres et repêché cinq rangs avant lui en 1971, fut l’ailier gauche de la première équipe.) 

Ce qui semblait être une saison exceptionnelle s’est toutefois terminée en queue de poisson en séries. Alors que leurs nouveaux rivaux, les jeunes Islanders, accédaient aux éliminatoires pour la première fois, ils poussèrent leurs vénérables voisins à un match ultime qui se rendit en prolongation. À ce moment, Vickers perdit la rondelle à Jude Drouin, qui la refila à Jean-Paul Parisé et qui déjoua Ed Giacomin. Les Isles envoyèrent alors les Blueshirts en vacances. 

En novembre 1975, son trio fut démembré lorsque Jean Ratelle fut échangé aux Bruins dans une transaction majeure qui amena Phil Esposito à New York. Si ce dernier joua certains matchs avec Vickers, l’entraîneur John Ferguson jongla souvent avec ses trios. Ceci n’empêcha toutefois pas Vickers d’avoir un match de 7 points (un record d’équipe) dans une victoire de 11-4 contre les faibles Capitals, alors que lors de ce match du mois de février, il jouait avec Gilbert et Wayne Dillon.

Par la suite, les statistiques de Vickers demeurèrent respectables, mais en baisse. Il parvint tout de même à avoir un autre match de 4 buts en octobre 1977, dans une victoire de 6-2 contre les Blues. 

En 1978-79, c’est l’ex-entraîneur des Flyers, Fred Shero, qui prit le banc des Rangers. Pour Vickers toutefois, les résultats ne furent pas au rendez-vous. Dans une saison marquée par les blessures, il obtint ce qui était à ce moment son plus faible total de buts, avec 13. Par contre, en séries, Shero eut la satisfaction d’éliminer son ancienne équipe, Philadelphie. Au tour suivant, Vickers et ses coéquipiers purent prendre leur revanche de 1973. Cette fois-ci, c’était leurs voisins de Long Island, les Islanders, qui étaient les favoris, forts de leur première place au classement général. Ce sont toutefois les vieillissants Rangers qui l’ont emporté. Ils se sont alors dirigés vers la finale, où ils ont été éliminés par les Canadiens. 

Vickers eut un sursaut en 1979-80, avec une production de 29 buts lorsqu’il fut combiné avec Ulf Nilsson et Anders Hedberg, suivie d’une saison de 19 buts en 1980-81. 

En 1981-82, c’est Herb Brooks, celui qui avait mené les États-Unis à l’or olympique à Lake Placid, qui devint entraîneur des Rangers. Vickers, en perte de vitesse, ne cadrait pas vraiment dans le style préconisé par Brooks. Doublé avec une blessure, il fut envoyé à Springfield, dans la Ligue américaine, pour 20 matchs. 

À la fin de la saison, il demanda à Brooks s’il avait un avenir avec l’équipe. Brooks lui répondit que non. Établi à New York avec sa famille, il préféra prendre sa retraite et alla travailler dans le domaine de l’assurance. Il déménagea plus tard en Floride. 

Sa fiche en carrière est de 246-340-586 en 698 matchs. 

Sources : 

″Clarke propulse les Flyers au premier rang dans l’ouest″, PC, 13 novembre 1972, La Presse, p.C1,

″Vickers unleashed tough Bulldog line″, CP, November 16, 1972, Calgary Herald, p.83, 

″Vickers awarded Calder Trophy, Barber runnerup″, May 30, 1973, Montreal Gazette, p.36, 

″Vickers leads Red Wings″ de Martin Lader, UPI, February 7, 1974, Times-Union Warsaw, p.12, 

″Tight NHL Races to go down to the wire″, CP, March 31, 1975, Calgary Herald, p.17, 

″Second chance for Steve Vickers″, UPI, May 2, 1979, Beaver County Times, p.C2, 

″Big night gives Vickers’ confidence a lift″, CP, November 8, 1979, Regina Leader-Post, p.23,

hockeydraftcentral.com.

 

mardi 30 septembre 2025

Pause Pub - Travelaide

 

 

Ça fait plusieurs années que j’écris au sujet de mes petits voyages où je vais voir des matchs dans différentes villes, un passe-temps dont je suis évidemment loin d’être le seul à avoir.

Bien sûr que je n’ai rien inventé.  Ceci existe depuis longtemps. À une certaine époque, le premier ministre du Québec et grand amateur de baseball, Maurice Duplessis aimait bien se rendre à New York pour voir ses Yankees.

Mais le ″Cheuf″ n’était pas le seul à se rendre dans la Grosse pomme pour voir du sport.  Dans l’édition du 2 février 1960 du Montréal-Matin, quelques mois après le décès du chef de l’Union nationale, on retrouve une publicité pour un voyage en train pour se rendre à New York pour voir les Canadiens affronter les Rangers.  Selon cette pub, l’agence bénéficie de 1000 billets, dont 892 sont déjà vendus à quelques jours du départ.  Il en coûtait 39,95$ pour le train et le billet (424,76$ en dollars d'aujourd'hui).

 

 

La publicité offre aussi la possibilité d’assister au combat du boxeur Robert Cléroux contre l’allemand Willi Besmanoff, deux jours plus tôt.

À ce moment, les Canadiens sont dans la dernière saison de leur séquence de cinq Coupes consécutives.  Ils sont premiers au classement (32-9-9).  Leurs adversaires sont à l’opposé.  Les éternels misérables Rangers sont sixièmes et derniers au classement (12-29-10).

Pourtant, les Glorieux ont à ce moment de la difficulté avec les pauvres new yorkais, qui sont leur bête noire.  C’est ce qu’allait démontrer la suite des événements.

Lou Fontinato a d’abord inscrit un rare but, aux dépends de Jacques Plante.  Ses coéquipiers Ken Schinkel, Dean Prentice et Andy Hebenton ont complété le pointage.  C’est Bernard Geoffrion qui a évité le blanchissage aux Canadiens.

Lorne Worsley a fait face à 38 tirs, bien qu’il ait été peu mis à l’épreuve.  Plante en a reçu de son côté 32, en plus d’écoper d’une pénalité pour avoir immobilisé la rondelle derrière son but.

Dans un Madison Square Garden troisième édition d’une capacité de 15 925 place (la quatrième et actuelle version date de 1968), la foule était de 15 109, incluant donc environ 1000 montréalais.

Ceux qui parmi eux ont assisté au combat de Cléroux ont eu plus de chance à ce moment, puisque le boxeur de L’Abord-à-Plouffe (qui fait aujourd’hui partie de Laval) a vaincu son adversaire en se rendant à la fin des dix rondes et en remportant une décision unanime qui a laissé un goût amer à son adversaire.

L’année suivante, Fontinato a rejoint les Canadiens.  Quelques années plus tard, Worsley (avec Dave Balon, Léon Rochefort et Len Ronson) seront échangés à Montréal contre Plante (accompagné de Phil Goyette et Don Marshall).  Lorsque Bernard Geoffrion fera son retour au jeu en 1966, ce sera avec les Rangers.  Dans une ligue à six équipes, on est tissé serré...

Sources :

″Robert Cléroux démontre beaucoup de courage en battant Besmanoff par décision unanime″ de Jean-Paul Sarault, 6 février 1960, Montréal-Matin, page 27,

″New-York demeure la bête noire des Canadiens″ de Jacques Beauchamp, 8 février 1960, page 38,

banqueducanada.ca.

 

jeudi 28 août 2025

Joueur oublié des 90's #103 - Bruce Driver


  


Les Devils ont eu des défenseurs de renom durant leurs meilleures années, comme Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Mais avant ces trois-là, le premier vrai bon défenseur de l'histoire de l'équipe fut le plus discret Bruce Driver, qui vit la franchise passer de risée de la ligue à championne de celle-ci.

Né le 29 avril 1962 à Etobicoke en Ontario, Driver ne semblait pas destiné à faire carrière dans la Ligue nationale. À 13 ans, il est même coupé de son équipe bantam parce qu’on le juge trop petit et trop frêle. Il persévère malgré tout et se démarque dans le junior A, ce qui incite les Generals d'Oshawa à le repêcher. Il refuse toutefois l'appel de la OHL pour plutôt accepter de joindre les Badgers de l'Université du Wisconsin. 
 
À l'époque, la voie de la NCAA demeurait peu fréquente pour se rendre à la LNH, surtout pour les joueurs canadiens. Toutefois, coïncidence ou pas, c'est suite au «Miracle on ice» de 1980 qu'on remarqua de plus en plus de joueurs optant pour la NCAA au lieu de la OHL ou la LHJMQ. Le Wisconsin offrait d’ailleurs les exemples les plus éloquents, fort d’un des meilleurs programmes universitaires du pays, dirigé par le vénérable Bob Johnson.
 
Driver débuta son stage universitaire en force en 1980-81, aidant les Badgers à remporter le championnat national. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 6e ronde du repêchage de 1981 par les défunts Rockies du Colorado. 

En 1981-82, les Badgers reçurent davantage de renforts avec l'arrivée de deux autres futurs joueurs de la LNH, soit Patrick Flatley et Chris Chelios, ce dernier étant muté sur la première ligne de défense avec Driver, qui lui fut élu sur la première équipe d'étoiles.
 
En 1982-83, Driver fut nommé capitaine des Badgers et mena l'équipe à une autre conquête du championnat national. Lors du match décisif contre Harvard, il récolta 1 but et 2 passes dans une victoire de 6-2 qui allait clore son parcours universitaire de parfaite façon.
 
Voici un extrait. Vous pouvez également y voir Chelios (#21) en action.
 
 
 
Fun fact, l'équipe 1983 des Badgers mettait aussi en vedette le futur joueur du Canadien David Maley ainsi que le gardien Marc Berhend, futur joueur des Jets et des Canadiens de Sherbrooke.
 
Après cette conquête, Driver opta de ne pas jouer sa 4e saison universitaire pour plutôt porter le chandail rouge et blanc du Canada lors des Jeux olympiques de Sarajevo. L’équipe canadienne (où jouait également Flatley et son futur coéquipier Kirk Muller) termina en 4e place, mais Driver s’y fit remarquer comme le défenseur le plus productif de la formation.
 
Après les jeux, Driver termina la saison 1983-84 avec l'organisation l'ayant repêché en 1981, maintenant connue sous le nom des Devils du New Jersey. Il joua 4 matchs pour terminer la saison (récoltant 2 passes) et fut cédé au club-école, les Mariners du Maine pour poursuivre son apprentissage. Il en profita alors pour ajouter à son palmarès avec une conquête de la coupe Calder.
 
Driver fit ensuite l'équipe à temps plein en 1984-85. Dès ses premières saisons, il s’impose comme un défenseur fiable, intelligent et surtout constant. Il incarnait le défenseur universitaire typique de l’époque: capable de lire le jeu, de calmer la tempête et d’appuyer l’attaque par une première passe solide et un lancer précis de la ligne bleue. Il récoltait en moyenne 40 points par saison, son meilleur rendement ayant eu lien en 1987-88 avec 15 buts et 40 passes pour 55 points. Un spécialiste en avantage numérique, la moité de ses buts marqués en carrière furent lors du jeu de puissance.
 
Au fil des années, il devint un pilier de la défense des Devils, étant même nommé capitaine lors de la saison 1991-92 suite au départ de Kirk Muller. Sa longévité au New Jersey – douze saisons au total – en fit l’un des visages les plus associés à l’équipe de cette époque, bien avant l’ère glorieuse marquée par Martin Brodeur, Scott Niedermayer et Scott Stevens. 

C'est d'ailleurs l'arrivée de ce dernier en 1991-92 qui fit en sorte que le règne de Driver comme capitaine fut très court. Les Devils avaient obtenu Stevens suite à une offre hostile controversée des Blues envers Brendan Shanahan des Devils. Un arbitre décida que les Devils étaient en droit de recevoir Stevens en compensation. 
 
Il y eut un long litige par la suite et Stevens ne voulait pas venir au New Jersey. Il se résigna toutefois et apprit à profiter de la situation. Étant auparavant capitaine des Blues, il était logique qu'il devienne éventuellement capitaine des Devils. 
 
Mais comme ses débuts avec l'équipe étaient encore sous atmosphère tendue, ils ont préféré élire Driver comme capitaine. Ce ne fut toutefois que partie remise. Au même moment où les Devils changèrent leurs couleurs du vert/rouge au noir/rouge, Stevens fut nommé capitaine pour la saison 1992-93. Bon joueur, Driver ne rechigna pas et garda le "A" lors des saisons suivantes.
 
Le point culminant de sa carrière survint en 1995, quand les Devils remportèrent leur première Coupe Stanley en surprenant les Red Wings de Detroit en finale. Driver, désormais un vétéran respecté, joua un rôle discret mais essentiel dans ce triomphe. 
 
Il obtint une fiche modeste de 1 but et 6 passes lors de ces séries, mais son seul but eut lieu lors du 3e match de la finale.
 
 
 
«Driver» drives it home. On peut tu avoir un call plus parfait? Sérieux.
 
Lors de la remise de la coupe au capitaine, Stevens remit la coupe aux 3 joueurs les plus anciens de l'organisation, soit John MacLean, Bruce Driver et Ken Daneyko. 
 
Ces trois joueurs, surnommés les «Original Devils» avaient tous débuté leur carrière au New Jersey durant la saison 1983-84, soit la même saison où avait eu lieu la fameuse défaite «Mickey Mouse» de 13-4 contre Wayne Gretzky et les Oilers, le 19 novembre 1983. Cependant, seul MacLean était en uniforme lors de ce fameux match, Driver étant toujours avec l'équipe canadienne et Daneyko dans le junior.
 
Driver était toutefois le dernier joueur toujours en poste à avoir été repêché en tant que Rockies du Colorado. Il est d'ailleurs un des seuls joueurs repêché par les Rockies à avoir remporté la coupe, le seul autre étant Rob Ramage (1989 avec les Flames et 1993 avec le Canadien).

 

 
Après la conquête de 1995, le contrat de Driver se termina. Il désirait rester au New Jersey mais seulement s'il recevait un nouveau contrat d'au moins trois saisons et une clause de non-échange, ne voulant pas déménager sa famille. La direction opta de ne pas lui offrir de contrat, ayant plusieurs jeunes défenseurs prêts à faire le saut. 
 
Il obtint toutefois ce qu'il désirait, pas très loin, avec les Rangers de New York. Il joua donc trois dernières saisons complètes avec l'ennemi à Manhattan, se retirant finalement du jeu après la saison 1997-98.
 
Sa retraite ne signifia pas la fin de son lien avec le hockey. Installé dans le New Jersey, il devint entraîneur d’équipes féminines au Morristown-Beard School dès 2000 et ensuite durant plusieurs saisons. Il fut élu au temple de la renommée de l'Université du Wisconsin.

En 922 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 96 buts et 390 passes pour 486 points, ainsi que 50 points en 108 matchs en séries.
 
Après la cohorte «Driver-Chelios-Flatley» du début des années 80, plusieurs autres joueurs de renom gravirent la LNH après leur passage à l'Université du Wisconsin comme Gary Suter, Scott Mellanby, Tony Granato, Curtis Joseph, Mike Richter, Brian Rafalski, Dany Heatley, Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh et Cole Caufield.

dimanche 6 avril 2025

Pat Price


Les talents offensifs de Pat Price ne prirent pas de temps à attirer l’attention. Le défenseur des Blades de Saskatoon de la Ligue de l’ouest fut même comparé à nul autre que Bobby Orr.

Lors de la Coupe Memorial de 1974 à Calgary, il s’y rendit avec son entourage, même si son équipe n’y participait pas. Il prit alors une chambre d’hôtel où son agent venait lui faire part des différentes offres qu’il recevait.

Dans la Ligue Nationale, le premier choix appartenait aux nouveaux Capitals de Washington. Dans l’Association mondiale (AMH), ce sont les Blazers de Vancouver qui avaient ce privilège. Propriété du richissime Jim Pattison, ceux-ci recherchaient un moyen de damner le pion aux Canucks, misérables depuis le début de leur existence en 1970.

La surenchère monta à un niveau inespéré pour Price. Son but était clairement de jouer dans la Ligue nationale, mais si une équipe de l’AMH pouvait le convaincre, c’était celle de sa province natale. Et elle a mis toute la gomme. On lui offrit pratiquement tous les biens qu’il voulait et on conclut finalement pour un contrat de 5 ans de 1,3 million $ (énorme à l’époque), un boni à la signature de 250 000$ (1,6 million $ en dollars d’aujourd’hui) et l’utilisation d’une Ferrari. Comme il s’agissait de plus d’argent qu’il n’avait gagné dans toute sa vie, le père de Price crut que le chèque visé du boni à la signature de son fils avait une erreur, car il croyait qu’il y avait un zéro de trop. Price voulut inviter tout le monde à souper pour fêter le tout, mais personne ne voulait encaisser son chèque…

Les Blazers choisirent ainsi Price au repêchage. Les Capitals passèrent donc leur tour et choisirent plutôt Greg Joly pour débuter leur existence, avec des résultats qui seront mitigés. La suite pour Price ne fut pas non plus à la hauteur des énormes attentes à son endroit.

D’abord, un mois et demi après la signature de son contrat, il eut des problèmes de voiture. Alors qu’il roulait à 140 km/h sous la pluie, il fit une sortie de route et emboutit sa Ferrari. Heureusement, il ne fut pas blessé, mais on la remplaça toutefois par une Monte Carlo.

Avant le début de la saison, Price fut invité à se joindre à l’équipe d’étoiles de l’AMH qui allait disputer l’équivalent du circuit maudit de la série du siècle. Sa participation fit toutefois aussi une sortie de route. À l’hôtel, Gerry Cheevers attendait un appel au sujet de l’état de santé de son beau-père. Comme il n’était pas aux alentours lorsque le téléphone sonna finalement, Price se précipita pour prendre l’appel mais du haut de ses souliers plateformes, il chuta. Il en résulta une foulure de la cheville et il rata ainsi la série.

Une fois finalement sur la glace, Price eut de la difficulté à faire la transition du style ouvert où il dominait dans le junior vers un style plus serré et robuste de l’AMH. De plus, il ne s’entendait pas vraiment avec son entraîneur de la vieille garde, Joe Crozier. Le vétéran Andy Bathgate voulut servir d’intermédiaire entre les deux, mais il arriva à Price de faire preuve d’arrogance envers cette légende pour qui il éprouvait pourtant du respect.

Lorsque l’équipe eut des problèmes, le climat se détériora. Quand Price se retrouvait en difficulté, ses coéquipiers, peu inspirés par son attitude et son salaire élevé, avaient peu tendance à venir à son aide.

En bout de ligne, Price termina sa saison avec 5 buts et 29 passes, ce qui n’était pas mauvais, mais insuffisant pour justifier son salaire. Voulant jouer dans la LNH, il s’entendit alors avec les Blazers (qui déménagèrent à Calgary pour devenir les Cowboys) pour rompre son contrat.

Maintenant libre, Price fut un choix de premier tour des Islanders en 1975, où ses anciens coéquipiers avec Saskatoon, Dave Lewis et Bob Bourne, eurent de bons mots à son sujet.

Sous les ordres d’Al Arbour, Price s’éloigna de son rôle purement offensif, où Denis Potvin remplissait ce rôle de toute façon, pour devenir un défenseur plus complet. La jeune équipe montra une progression certaine, mais sans parvenir à se rendre jusqu’au bout. Lors des séries de 1979, Price joua toutefois peu et exigea un échange.

Son souhait fut exaucé lorsque les Islanders le laissèrent sans protection lors du repêchage d’expansion et qu’il fut choisi par les Oilers. Une fois en Alberta, il se mit à pratiquer un style plus robuste. Il obtint également son plus haut total de buts avec 11. Pendant ce temps, à New York, les Islanders remportèrent la première de leur quatre Coupes consécutives.

Sa saison suivante fut partagée entre Edmonton et Pittsburgh, alors qu’il fut échangé contre Pat Hughes. Sa récolte de 42 points fut alors son sommet en carrière. En 1981-82, ce fut son total de minutes de punition qui atteignit son sommet, avec 322.

L’année suivante, il fut l’un des joueurs qui se brouilla avec l’entraîneur Eddie Johnston et fut alors soumis au ballotage. Ayant besoin de renfort suite aux blessures de Jean Hamel et Mario Marois, les Nordiques le réclamèrent en retour de 2500$.

La présence de Price à Québec fut toutefois l’objet d’un faux-départ. Après quatre parties dans l’uniforme fleudelysé, il fut victime d’un mal sérieux et mystérieux pour lequel différents diagnostiques furent émis. La conclusion fut finalement une grave infection virale au cerveau. Si celle-ci lui fit finalement manquer deux mois d’activité, elle aurait aussi pu lui coûter la vie.

Ce ne fut toutefois que partie remise. Par la suite, Price rendit de fiers services aux Nordiques. Ayant déjà des connaissances en français à son arrivée, il s’intégra bien à la vie dans la Vieille capitale, qu’il apprécia beaucoup. Pendant son séjour, il incita ses coéquipiers à apprendre la langue de Molière et l’équipe à les soutenir dans leurs efforts. Il investit également dans une entreprise locale de déménagement. Ce fut finalement à Québec qu’il joua le plus de matchs dans sa carrière professionnelle, avec 255, où il fut au cœur de la rivalité Québec - Montréal.

L’aventure québécoise de Price prit fin en mars 1987, lorsqu’il fut échangé aux Rangers en retour de Lane Lambert, qui deviendra plus tard l’entraîneur-chef que Patrick Roy a remplacé derrière le banc des Islanders l’an dernier.

Price termina la saison à New York, avant d’être à nouveau échangé, aux North Stars cette fois, contre Willi Plett.

Il joua ses 14 derniers matchs dans la Ligue nationale avec le Minnesota avant de prendre sa retraite. En 726 matchs, sa fiche est de 43-218-261, en plus d’avoir amassé 1456 minutes de pénalité.

S’il avait déjà envisagé de s’établir en permanence à Québec, il décida finalement de retourner dans sa Colombie-Britannique natale, où il opéra pendant dix ans une entreprise dans le domaine du bois avec son frère.

Il conduisit également des remorqueurs, en plus de travailler en restauration et pour un club de golf.

Sources :

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.141 à 146,

″Pat Price n’a pas le temps de s’ennuyer″ d’Alain Bouchard, 3 janvier 1983, Le Soleil, page B1,

″Pat Price… acte II″ d’Alain Bouchard, 15 mars 1983, Le Soleil, page C1,

″Pat Price réclame plus de français″, PC, 19 août 1986, La Tribune, page D2,

″I’m one of the fortunate few who have realized their dreams″ de Emanuel Sequeira et Will Johnson, Black Press, July 29, 2014, Nelson Star (nelsonstar.com),

″Le sang bleu à jamais″ de Jean-François Tardif, 24 août 2015, Le Soleil, page 38,

″Canucks at 50: Vancouver Blazers tries, but failed to capture the hockey market″ de Ed Willes, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com),

banqueducanada.ca, hockeydraftcentral.com, hockey-reference.com.

samedi 22 février 2025

Joueur oublié des 90's #99 - Tomas Sandström


 

 


Pour le joueur oublié #99 de cette série, j'ai choisi un joueur qui a été compagnon de trio de l'autre #99, soit nul autre que Tomas Sandström.

Mais là je vous entends dire « Ben là voyons, Sandström? Clin d'oeil! Patrick Roy! 1993!»

Et là moi de vous répondre «Oui, mais à part de ça, qu'est-ce que vous vous rappelez de lui?»

Sans être une superstar, Sandström aura réussi à être un acteur important (et controversé) de son époque. Il était un habile passeur, marqueur et patineur mais il aimait aussi jouer un style physique et surtout jouer à merveille le rôle de peste. Il était dans le moule des Claude Lemieux, Esa Tikkanen, Brad Marchand, Brendan Gallagher ou autres Tom Wilson, soit le genre de joueur hargneux qui faisait sortir les adversaires de leurs gonds pour ensuite les faire payer sur l'avantage numérique. 

Tomas Sandström est né le à Jakobstad en Suède le 4 septembre 1964. Ailier droit de 6'2" et 190 livres, il fut sélectionné en 2e ronde (36e au total) du repêchage de 1982 par les Rangers de New York après avoir été nommé joueur junior de l'année en Suède. Il avait également remporté l'or au championnat junior de 1982 en plus d'avoir été nommé meilleur attaquant du tournoi.

Il joua deux autres saisons en Suède, désormais dans la ligue élite suédoise avec le Brynäs IF. Il représenta également son pays aux Olympiques de 1984 où il aida à ramener une médaille de bronze.

Il fit ensuite le saut dans la LNH pour la saison 1984-85. Il termina au premier rangs des buteurs des Rangers avec 29 buts, en plus de 30 passes pour 59 points, ce qui lui valut une place sur l'équipe d'étoiles des recrues en plus d'être nommé joueur le plus utile de la saison pour les Rangers.

Il joua 4 autres saisons complètes à New York, amassant au moins 25 buts annuellement, dont une saison de 40 buts en 1986-87, saison durant laquelle il cimenta sa réputation comme fouteur de trouble. Il fut également élu au match des étoiles de 1988.

Voici quelques extraits d'époque où l'on peut voir Sandstrom faire des siennes et également ses adversaires qui ne se gênaient pas pour lui répliquer...


Cependant durant la saison 1989-90, une occasion se présenta aux Rangers d'obtenir Bernie Nicholls des Kings de Los Angeles, lui qui sortait d'une saison magistrale de 70 buts (qui comme je l'ai déjà mentionné étaient plus ou moins à 30% obtenus sur des passes de Gretzky). 

Les Kings avaient effectivement la merveille dans leurs rangs mais peinaient à bien l'entourer. Ils eurent toutefois l'occasion d'obtenir deux joueurs pour compléter Gretzky, en en sacrifiant seulement un. C'est alors que Nicholls prit le chemin de New York en retour de Tony Granato et Sandstrom. Les deux joueurs furent immédiatement mutés aux ailes de Gretzky et le pari sembla bien fonctionner pour les Kings. Comme plusieurs avant lui, Sandstrom eut un boost de production avec Gretzky, connaissant sa meilleure saison en carrière en 1990-91 avec 45 buts et 44 passes pour 89 points en seulement 68 matchs. 

Il commença toutefois à être en proie à de nombreuses blessures, principalement dues à son style de jeu. Il ne put jouer que 49 matchs en 1991-92 (39 points) et ensuite 39 matchs en 1992-93 (52 points). Il fut toutefois en pleine santé pour les fameuses séries de 1992-93 qu'il termina avec 25 points en 24 matchs, ce qui lui confinait le 3e rang des pointeurs en séries derrière Gretzky et Doug Gilmour des Maple Leafs.

Et bien sûr c'est lors de ces séries qu'arriva la scène qui l'immortalisa à jamais, le fameux clin d'oeil à son égard de la part de Patrick Roy après que ce dernier ait empêché Sandstrom de s'emparer d'un retour de lancer.


Et à propos de ce célèbre clin d'oeil, le principal intéressé déclara plus tard qu'il ne l'avait même pas vu sur le coup, seulement plus tard en reprise à la télé. Il admis ensuite qu'il trouvait ça drôle et n'était pas insulté. 

Mais les Kings post-finale de 1993 piquèrent rapidement du nez par la suite, ratant les séries et connaissant des déboires financiers (qui menèrent plus tard à l'arrestation de leur proprio Bruce McNall pour fraude). Ils firent alors plusieurs mouvements de personnel et un des premiers à partir fut Sandstrom qui prit le chemin de Pittsburgh en février 1994. 

En fait, les Penguins et les Kings étaient de fréquents partenaires d'échanges à l'époque. Au courant de l'été 1993, les Kings avaient d'abord envoyé Marty McSorley aux Penguins en retour de Shawn McEachern. Mais seulement quelques mois plus tard, l'échange fut inversé alors que McEachearn retourna à Pittsburgh et vice-versa pour McSorley. Cependant, cette fois-ci Sandstrom fut inclus dans la transaction ainsi que Jim Paek qui prit le chemin de L.A.

Un des nombreux capitaines suppléants des Penguins
durant les problèmes de santé de Mario Lemieux


Bref, Sandstrom continua sa carrière avec les Penguins, étant de nouveau dans le même vestiaire qu'un autre joueur légendaire, Mario Lemieux. Il fait d'ailleurs partie d'un club assez exclusif de joueurs ayant joué avec Gretzky et Lemieux. 

Puisque j'ai pas pu résister, voici la liste de ces joueurs (probablement incomplète) que je n'ai pas trouvé ailleurs et que j'ai du faire moi-même:

  • Paul Coffey
  • Tomas Sandstrom
  • Rick Tocchet
  • Marty McSorley
  • Moe Mantha
  • Bob Errey
  • Dave Hannan
  • Craig Simpson
  • Willy Lindstrom (aussi le seul à avoir joué avec Lemieux, Gretzky et Bobby Hull)
  • Dan Quinn
  • Ron Duguay
  • Rob Buskas
  • Rob Brown
  • Kevin Stevens
  • Chris Joseph
  • Chris Kontos
  • Randy Gilhen
  • Ulf Samuelsson
  • Jim Paek
  • Jeff Chychrun
  • Shawn McEachern
  • Chris Tamer
  • Petr Nedved
  • Craig Muni
  • Robert Lang
  • Alex Kovalev
  • Kelly Buchberger


Ouais ben... pas tant exclusif que ça finalement. Il y en a toujours plus qu'on pense... Et ça en plus c'est sans compter les Olympiques et les coupes Canada. 

Cependant, Sandstrom ne joua pas autant avec Lemieux qu'avec Gretzky, le #66 étant gravement atteint de problèmes de santé qui le forcèrent même à prendre une saison sabbatique en 1994-95. Ils furent toutefois jumelés à maintes reprises lors du retour de Lemieux en 1995-96 et Sandstrom connut alors sa dernière bonne saison productive avec 70 points dont 35 buts en seulement 58 matchs.

Après 40 matchs en 1996-97, il fut de nouveau échangé, cette fois-ci aux Red Wings de Détroit en retour de Greg Johnson. Comme vous vous en doutez, le timing était parfait pour Sandstrom qui put remporter la coupe Stanley ce printemps-là avec cette nouvelle équipe. Les Wings détenaient alors assez de canons offensifs mais désiraient encore plus d'expérience, de profondeur et d'agressivité. Sandstrom était le candidat idéal. Malgré 20 matchs joués durant les séries 1997, il ne récolta que 4 passes. Une de ces passes (la 4e) fut toutefois obtenue sur tout un but, soit le splendide but décisif de Darren McCarthy lors du 4e et dernier match de la série finale contre les Flyers.




Ce fut toutefois très éphémère pour Sandstrom à Détroit puisqu'il devint agent libre durant l'été. Il signa alors un contrat de deux saisons avec les Mighty Ducks d'Anaheim. Après une première saison de seulement 17 points avec eux en 1997-98, il reprit de la vigueur la saison suivante avec 32 points en 58 matchs. 

Les Ducks désiraient alors lui faire signer un autre contrat mais il rejeta l'offre pour pouvoir aller terminer sa carrière dans son pays natal. Il joua trois autres saisons avec le Malmo IF, se retirant finalement du jeu après la saison 2001-02. Preuve qu'il n'avait pas perdu de sa fougue, il termina les séries de 2000-01 avec 60 minutes de pénalité, soit le premier rang de la ligue.


 

En 983 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 394 buts et 463 passes pour 857 points, en plus de 81 points en 139 matchs des séries. 

Suite à se retraite comme joueur, il devint pompier dans sa ville natale en plus de travailler dans l'ébenisterie.