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dimanche 14 octobre 2012

Babe Pratt






D’un physique imposant pour l’époque (6’ 2’’, 190 lbs), Walter Pratt se fit surnommé « Babe » en référence à Babe Ruth.  Ayant joué la majeure partie de sa carrière à la défense, il était réputé pour être un dur sur la glace.  Toutefois, à l’extérieur, il était plutôt un bon vivant qui aimait bien faire des blagues.

Originaire du Manitoba, il fut recruté en 1935 par les Rangers.  Il ne mit pas de temps à faire l’équipe et devint rapidement un régulier à la ligne bleue.  En 1939-40, il fut membre de l’équipe gagnante de la Coupe Stanley.  Il faudra attendre jusqu’en 1994 pour voir les Rangers répéter l’exploit.

Au cours de la saison de 1942-43, il fut échangé aux Maple Leafs.  Ce changement d’air permit à son talent offensif d’être mieux exploité, puisqu’il compta douze buts.  (Son sommet jusqu’alors était de huit.)  En 1943-44, il obtint 57 points en 50 matchs, ce qui constituait à ce moment un record pour un défenseur.  Cette marque tint pendant plus de vingt ans.  Il fut évidemment choisi sur la première équipe d’étoiles cette année-là et gagna même le Trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe.  (Le Trophée Norris, remis au meilleur défenseur, n’existait pas encore.)

En 1945, il ajouta une deuxième Coupe Stanley à son palmarès.

L’année suivante fut beaucoup moins heureuse.  En janvier 1946, il fut suspendu à vie par la Ligue pour avoir parié sur des matchs de son équipe.  Après avoir admis ses torts, assuré qu’il n’avait jamais parié contre son équipe et qu’il ne recommencerait plus, le président de la Ligue, Red Dutton, lui permit de reprendre le jeu après neuf matchs.  Il alla néanmoins jouer sa dernière saison avec les Bruins.  Il fut par la suite ensuite envoyé dans la Ligue Américaine, avant de s’installer sur la Côte Ouest, jouant dans la PCHL.





En 1966, il est malgré tout devenu membre du Temple de la Renommée du hockey.

Dans les années 1970, il est devenu analyste pour la CBC lors des matchs des Canucks, en plus de jouer un rôle d’ambassadeur pour l’équipe.

Le 16 décembre 1988, durant le premier entracte du match au Pacific Coliseum, il fut foudroyé d’un arrêt cardiaque et en mourut.

À chaque année, un trophée est remis en son nom au meilleur défenseur des Canucks.

Son fils Tracy joua dans la LNH de 1967 à 1977 pour six équipes différentes.  







Sources:  “Babe Pratt, Toronto Great, Out of Hockey for Gambling”, Nashua Telegraph, 30 janvier 1946, p.7, legendsofhockey.net,wikipedia.org.

mercredi 10 octobre 2012

Edgar Laprade


C'est aujourd'hui le 93e anniversaire d'un des plus méconnus membre du Temple de la Renommée du hockey, Edgar Laprade. Ce dernier est né en 1919 et est toujours en vie de nos jours. Il fut l'un des joueurs d'avant les plus polyvalents de la fin des années 40, mais le fait qu'il évoluait avec les misérables Rangers de New York de cette époque comme son ancien coéquipier Don Raleigh décédé récemment ou bien parce qu'il passa ses meilleures années à jouer dans le hockey sénior en firent un joueur relativement oublié de nos jours.

Donc, Edgar Laprade est né le 10 octobre 1919 à Mine Centre, une petite bourgade minière dans le nord-ouest de l'Ontario. À l'âge de 4 ans, la famille Laprade emménagea à Port Arthur dans la région de Thunder Bay. C'est avec les Bearcats de Port Arthur de la ligue Senior de Thunder Bay avec qui Laprade débuta son hockey de haut niveau lors de la saison 1938-39 après avoir évolué avec les Bruins de Port Arthur de la ligue junior de Thunder Bay. À l'époque, les Bearcats étaient une puissance du hockey sénior. Les Bearcats ont d'ailleurs été l'équipe sénior qui alla représenter le Canada aux Jeux Olympiques de 1936, ceux même qui furent remportés par la Grande-Bretagne. En 1939, Laprade fit partie de cette formation des Bearcats qui remporta la Coupe Allan, Trophée soulignant la suprématie du hockey sénior au Canada. À cette première année, Laprade fut remarqué par ses talents et fut nommé meilleur joueur de la Ligue sénior de Thunder Bay.

N'ayant jamais remporté la Coupe Stanley durant sa carrière, Laprade considère cette conquête de la Coupe Allan de 1939 comme ayant été le haut fait de sa carrière... C'est aussi qu'à une certaine époque, la Coupe Allan était aussi bien vue que la Coupe Stanley en ce que beaucoup d'équipes compétitionnaient pour cette dernière et la remporter représentait une grande fierté pour l'équipe locale et ainsi une marque de suprématie du hockey local plutôt que d'aller tel un mercenaire dans une ligue close à 6 équipes pour un trophée remis à la meilleure équipe de salariés.

Déjà durant ses années avec les Bruins de Port Arthur, Laprade fut remarqué par les équipes de la NHL. En 1938, les Canadiens et les Rangers s'intéressaient fortement à ce jeune joueur préféra évoluer avec sa puissante équipe locale. Étant un des piliers des Bearcats, Laprade devint en soi déjà une des superstar du hockey au Canada en évoluant au niveau sénior. En 1941, il fut à nouveau nommé meilleur joueur de la ligue de Thunder Bay et en 1942 il mena à nouveau son équipe en finale de la Coupe Allan qui fut par contre remportée par les célèbres RCAF Flyers d'Ottawa qui comptait entres autres la fameuse Kraut Line des Bruins de Boston enrôlée quelques mois plus tôt... 

En 1943, après une carrière assez renommée auprès d'une des plus puissantes équipes sénior de l'Ontario, Laprade se joint aux forces armées canadiennes afin de servir durant la Seconde Guerre mondiale. Alors qu'il était basé à Montréal, Laprade s'apprêtait à se joindre à l'équipe de son régiment afin d'évoluer dans un ligue sénior de Montréal fut transféré à Winnipeg où il se joint alors à l'équipe de l'armée qui évoluait dans une ligue locale pour la saison 1943-44. 

C'est à son retour à la vie civile en 1945 qu'Edgar Laprade prit enfin la direction de la NHL en s'entendant finalement avec les Rangers. Aussitôt arrivé à New York, Laprade, ce jeune joueur provenant des régions froides de l'Ontario, fut remarqué comme étant un remarquable joueur complet qui travaillait plus fort que la plupart des joueurs, ce qui lui valut le nom de Beaver. En 1946, cette "recrue" de 26 ans remporta le trophée remporta le trophée Calder remis à la meilleure recrue. À noter que lors de cette première saison dans la NHL, ce joueur solide ne se vit décerner aucune minute de pénalité alors qu'il récolta 34 points en 49 matchs. Laprade avouera plus tard qu'il avait adopté un style de hockey clean lorsqu'on lui dit qu'on ne pouvait marquer quand on était sur le banc de pénalité.

Les talents de Laprade furent fortement remarqués par la suite alors qu'il fut invité aux premiers matchs des étoiles de la NHL qui se déroulèrent en 1947, 1948, 1949 et en 1950. Lors de cette saison 1950, Laprade se retrouva le plus près de l'atteinte de la Coupe Stanley de sa carrière alors que les Rangers atteignirent la finale contre les Red Wings de Detroit qui étaient en pleine dynastie. Ce fut d'ailleurs cette finale dont les Rangers jouèrent leurs matchs locaux à Toronto, le Madison Square Garden étant occupé par un cirque. En cette même saison 1950, le Beaver fut récompensé du trophée Lady Bing.



Edgar Laprade se retira du hockey à la fin de la saison 1954-55. On lui décerna alors le trophée Boucher remis au joueur des Rangers le plus populaire. Ce fut un signe de reconnaissance de la part des fans pour une décennie de hockey constant et passionné avec les Blue Shirts...

Edgar Laprade fut intronisé en 1993 au Temple de la Renommée du hockey.

Dans la fameuse liste des "100 Ranger Greats" de 2009, Edgar Laprade fut nommé 24e meilleur joueur de l'histoire des Rangers.




lundi 8 octobre 2012

Les Canaries de Spokane


Parmi les équipes professionnelles du début du 20e siècle, peu d'équipes ne sont plus obscures que les Canaries de Spokane. En fait, cette équipe est tellement un chapitre oublié de l'histoire du hockey que je n'ai jamais pu trouver de photos de joueurs de cette équipe...

L'histoire de cette équipe de l'État de Washington débute en 1911 lorsque les frères Lester et Frank Patrick, deux fils d'un millionnaires de l'Est établis dans l'Ouest après un passage avec les fameux Millionnaires de Renfrew, décidèrent d'investir l'argent de leur paternel afin d'établir les bases du hockey professionnel en fondant la Pacific Coast Hockey Association. Cette ligue, qui comprenait à l'origine que trois équipes, les Senators de Victoria, les Royals de New Westminster et les Millionnaires de Vancouver, devait "dealer" avec des particularité spécifiques au climat de l'Ouest. C'est donc pourquoi on a dû attendre un peu plus longtemps avant d'établir le hockey dans l'Ouest, soit l'avènement de technologies permettant de maintenir une glace dans un endroit où il ne neige pas. 

La PCHA maintint certaines règles qui était disparût de la NHA, comme celle d'avoir la position de rover, ce joueur qui servait de pivot entre la défense et l'offense et introduisit plusieurs règles qui sont toujours en vigeur de nos jours. La PCHA introsuisit par exemple, la ligne bleue, l'enclave du gardien, la passe vers l'avant (chose qui fut interdit dans la NHL pendant assez longtemps), les numéros des joueurs et mit au rancart la règle faisant en sorte d'obliger le gardien à demeurer sur ses pieds. Ce circuit introduisit également les premières équipes professionnelles aux États-Unis et fut la première à faire des des séries éliminatoires en fin de saison. Cette ligue aux règles révolutionnaires et avec beaucoup d'argent fit en sorte d'attirer beaucoup de joueurs vers l'Ouest dont le fameux Fred "Cyclone" Taylor, alors connu comme étant le meilleur joueur au monde.

Après très peu d'années, la PCHA attint un niveau de respectabilité tel qu'en 1913-14, la NHA et cette dernière s'entendent pour respecter les contrats et les suspensions de l'autre et surtout de se disputer la Coupe Stanley. La première finale opposait en 1914 les Blueshirts de Toronto et l'équipe de Victoria qui fut renommée les Aristocrats à l'aube de la saison. L'année suivante, en 1915, les Millionnaires de Vancouver furent les premiers de ce circuit à mettre la main sur la Coupe Stanley. 

C'est en 1916 que suite à la réquisition de l'aréna de Victoria que les Aristocrats quittèrent la capitale de la Colombie-Britannique pour s'établir dans la ville de Spokane pour devenir les Canaries. À cette époque, la PCHA comprenait deux autres équipes américaines outre les Canaries, les Rosebuds de Portland et les Metropolitans de Seattle, ce qui faisait que cette ligue de 4 équipes (l'autre équipe étant les Millionnaires de Vancouver), ce qui fit en sorte que pour la première fois de l'histoire, une ligue de hockey professionnel était compris majoritairement d'équipes américaines.

L'expérience de l'équipe de Spokane fut assez brève et marquée d'insuccès tant sur la glace qu'à l'extérieur de la glace. L'équipe menée par Lester Patrick qui en plus de jouer occupe le poste de dirigeant et d'entraîneur finit bon dernier de la ligue. En plus d'un faible rendement sur la glace, de mauvais résultats aux guichets font en sorte que le 15 février 1917, les autorités de l'aréna de Spokane sommèrent, en regard des pertes occasionnées par les faibles assistances aux matchs des Canaries, de jouer les matchs restants à la saison sur la route.

L'équipe fut dissoute à la fin de la saison. C'est d'ailleurs à la fin de cette saison que les Metropolitans de Seattles devinrent les premiers joueurs d'une équipe américaine à remporter la Coupe Stanley.

(Lester Patrick dans l'uniforme des Metropolitans de Seattle. Sachez également que Lester Patrick a joué pour les Redmen de McGill au début du 20e siècle...)

En 1918, les Aristocrats de Victoria furent reformés, quelques années plus tard, en 1925, alors qu'ils furent renommés les Cougars, ils furent la dernière équipe n'évoluant pas dans la NHL à remporter la Coupe Stanley. En 1926, les joueurs de ces Cougars de Victoria furent achetés par la nouvelle équipe de Detroit pour $25,000, cette équipe de Detroit qui deviendra les Red Wings prit d'ailleurs le nom Cougars à son apparition.

La ville attendra près de 20 ans avant que le hockey professionnel ne revienne à Spokane alors que les Clippers d'Oakland d'une nouvelle Pacific Coast Hockey League s'établirent à Spokane en plein milieu de la saison 1936-37.

Et si ça vous intéresse, sur l'excellent site Throwback Max, vous pouvez vous acheter des vêtements à l'effigie des Canaries...




vendredi 5 octobre 2012

Walter Clune











Au fil des ans, le Forum a eu d’autres équipes de hockey que les Canadiens comme locataires.  Il y a eu bien sûr eu du hockey junior, sous différentes appellations (Canadiens Junior, Bleu Blanc Rouge, Junior), mais il y a aussi eu pendant un moment du hockey senior, avec le Royal (ou les « Royals » en anglais).

C’est avec ce club que s’est retrouvé, au cours de la saison 1950-51, un jeune torontois en début de vingtaine qui avait été recruté par les Canadiens, Walter Clune.

Il y a joué jusqu’en 1953, avant d’aller passer deux ans sur la Côte Ouest, avec les Cougars de Victoria, pour ensuite revenir à Montréal en 1955, toujours avec le Royal.

Il a la distinction d’avoir été invité au camp d’entraînement pendant dix ans, mais sans jamais réussir à être retenu.  Il faut toutefois garder en tête qu’en cette période des « Original Six » et de la décennie dorée des années 1950 pour les Canadiens (qui inclut les cinq Coupes consécutives), faire le club n’était pas chose évidente.  Le fait d’être un défenseur avec un physique de 5’9’’ et 150 lbs n’était pas de nature à aider non plus.  Il est malgré tout parvenu à disputer cinq matchs avec le tricolore au cours de la saison 1955-56.

À son arrivée à Montréal, il ne parlait pas français.  Lors d’une soirée, il a fait la rencontre d’une dame, mais il n’avait pas vraiment idée de qui elle était.  C’était Andrée Champagne, qui était à ce moment la célèbre interprète de Donalda, l’épouse de Séraphin Poudrier dans « Les Belles Histoires des Pays d’en-haut » (et aujourd’hui sénatrice).  Et de son côté à elle, n’ayant pas vraiment d’intérêt pour le hockey, elle ne savait pas qui il était non plus.  Ça ne les empêcha pas de plus tard de se marier et d’avoir deux enfants.  Il apprit le français et elle commença à s’intéresser au hockey. Leur mariage dura une quinzaine d’années.

En raison de son physique, il ne se faisait pas d’illusions quant à ses chances d’accéder à la LNH sur une base permanente.  Lorsque le Royal a cessé ses activités après la saison 1960-61, il a donc tout abandonné.  Il est alors allé travailler pendant une vingtaine d’années chez Maislin Transport, où il avait comme collègue un de ses bons amis, Elmer Lach.

Il s’est ensuite établi à Candiac avec sa deuxième épouse, avec qui il a eu un autre fils.  Il est décédé en 1998, à l’âge de 68 ans.   

Sources : « Andrée Champagne a marié un joueur des Canadiens » de Jean-Paul Sarault, 1er février 2009 (fr.canoe.ca), hockeydb.com.