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vendredi 23 février 2024

Ken Reardon



Alors qu’il était jeune à Winnipeg, Ken Reardon dut quitter l’école pour aider sa famille à joindre les deux bouts. Il travailla alors comme livreur de télégrammes. Sur la glace, il ne cassait rien, et c’est plutôt son frère Terry qui attirait l’attention.

C’est finalement avec sa robustesse que le défenseur se fit un nom, malgré un talent limité. À 17 ans, il rejoignit finalement une équipe junior d’Edmonton, où sa famille avait depuis déménagé.

Si son frère eut l’occasion de jouer ses premiers matchs dans la LNH en février 1939 avec les Bruins, Ken dut attendre en novembre 1940 pour se joindre aux Canadiens. Terry vint ensuite rejoindre Ken à Montréal l’année suivante, mais la réunion fut toutefois de courte durée. En 1942, Ken alla rejoindre l’armée. Il put alors jouer avec les Commandos d'Ottawa et remporter la Coupe Allan en 1943. Il alla plus tard en Europe sur les champs de bataille et revint aux Canadiens pour la saison 1945-46. De son côté, Terry, qui servit également dans l’armée, retourna à Boston après la guerre. Les deux frères eurent toutefois l’occasion de croiser le fer, puisque les Bruins et les Canadiens se retrouvèrent en bout de ligne en finale. Les Reardon ne se firent pas de cadeau lors de ce duel, et c’est Ken qui eut finalement le dessus et qui se retrouva du côté des vainqueurs.

Sur une base individuelle, Ken fut choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles, avant d’être choisi sur la première en 1947. En fait, il fut choisi au sein de la première ou de la deuxième équipe d’étoiles à chaque année jusqu’à la fin de sa carrière de joueur, en 1950. À ce moment, malgré ses 30 ans, l’usure causée par son jeu robuste fit son effet et il prit sa retraite.

Pendant cette période où plusieurs avaient aussi des emplois ailleurs en plus de jouer au hockey, Ken, qui était reconnu pour ses tenues d’une grande élégance, travaillait comme représentant d’une distillerie. Petit détail, Reardon ne buvait pas d’alcool, mais selon ses dires, il pouvait quand même faire la promotion d’un produit, basée sur son analyse des ingrédients… Le beau Ken s’était aussi fait remarquer en épousant la fille du propriétaire des Canadiens à l’époque, le sénateur Donat Raymond.

Il entreprit ensuite sa carrière de gestionnaire, où le Tricolore lui demanda de s’impliquer dans la gestion des Mohawks de Cincinnati, une équipe affiliée. Bien qu’il ne fut pas avec l’équipe pendant l’entièreté de cette période, il aida les Mohawks à remporter consécutivement cinq Coupes Turner (le titre de la Ligue internationale ou IHL). Il fut aussi dépisteur dans l’ouest, avant de revenir à Montréal, pour servir comme adjoint du directeur-général Frank Selke. En 1955, alors qu’il fallait remplacer Dick Irvin derrière le banc des Canadiens, il y avait trois candidats finalistes, tous des anciens joueurs : Toe Blake, qui avait été entraîneur des Braves de Valleyfield de la Ligue senior, Roger Léger, qui était entraîneur à Shawinigan dans la même ligue, et Billy Reay, qui était entraîneur à Victoria dans la Ligue de l’ouest. C’est finalement Reardon qui a fait prévaloir son appui à Blake, son ancien coéquipier.

Dans ces fonctions, Reardon fit partie de l’équipe lors des cinq Coupes consécutives de 1956 à 1960. Le choix de Blake était finalement une bonne idée. Il fut par la suite nommé vice-président.

Reardon fut élu au Temple de la renommée en 1966.

Il est décédé à Saint-Sauveur en 2008 à l’âge de 86 ans des suites d’une longue maladie.

Sources:

″Que font les joueurs de hockey entre les parties?″ de Charles Mayer, 16 mars 1947, Le Petit Journal, page 53,

″Toe Blake, instructeur du Canadien″, 8 juin 1955, La Presse, page 42,

″Avec un club comme les Canadiens j’espère livrer une lutte serrée aux autres équipes″ (Toe Blake) de Jacques Beauchamp, 9 juin 1955, Montréal-Matin, page 24,

″One Man’s Opinion″ de Gorde Hunter, June 12, 1962, Calgary Herald, page 11,

"Le sénateur Donat Raymond est décédé", 6 juin 1963, La Presse, page 3,

″Décès de Kenny Reardon, La Presse Canadienne, 15 mars 2008, RDS (rds.ca).

mardi 16 mai 2023

Pat Falloon



 

Depuis les débuts du blog en 2009 et toutes nos activités depuis, peu de joueurs ont pu être autant «name-droppé» que Pat Falloon. Je crois que les seuls autres prétendants sont Dennis Maruk ou Gary «Suitcase» Smith. Cependant, on n'a jamais fait sa bio complète et il le mérite bien alors que sa carrière vaut la peine d'aller la scruter plus en détails.

Patrick J. Falloon est né le 22 septembre 1972 dans la petite communauté rurale de Foxwarren au Manitoba. Ailier droit agile de 5'11 et 200 livres, Falloon se fit initialement remarquer au niveau Midget AAA alors qu'il brûla la ligue manitobaine en 1987-88 avec un record toujours valide de 74 buts et 69 points pour 143 points en 52 matchs. Le plus proche poursuivant de Falloon était alors loin derrière à 85 points. Il se fit ensuite repêcher par les Chiefs de Spokane dans la WHL, où il joua trois saisons explosives sur la même ligne que deux autres futurs joueurs de la LNH en Ray Whitney et Travis Green. Après une première saison de 22 buts et 78 points, Falloon explosa avec deux saisons consécutives de 60 buts dont un sommet de 64 buts et 138 points à son année d'éligibilité en 1990-91.

Pat Falloon et Scott Niedermayer

Suivit alors le plus que captivant repêchage de 1991 dans la LNH. Inutile de rappeler que les Nordiques détenaient le premier rang et qu'ils firent la sélection d'Eric Lindros malgré le refus de ce dernier de jouer avec eux. Parmi les autres choix disponibles qui sortirent en première ronde, on retrouva entre autres Scott Niedermayer (3e rang par New Jersey), Peter Forsberg (6e rang par Philadelphie), Alex Kovalev (15e rang par New York) et Markus Naslund (16e rang par Pittsburgh). Ce fut aussi un repêchage où on recruta plusieurs bons soldats comme Richard Matvichuk, Martin Lapointe, Philippe Boucher, Glen Murray, Zigmund Palffy (tout un vol en 2e ronde), Chris Osgood et Michael Nylander.

Faisant leur grande entrée dans la LNH la saison suivante, les nouveaux Sharks de San Jose détenaient le 2e choix derrière Lindros. Ils firent alors la sélection de Pat Falloon.

Bien sûr qu'avec le recul du temps, il est à se demander pourquoi les Sharks ont laissé passer autant de bons et légendaires joueurs au profit de Falloon. Ce dernier venait toutefois de connaître toute une saison en 1990-91, étant couronné champion de la coupe Memorial avec Spokane, tournoi où il fut nommé joueur le plus utile avec 8 buts et 12 points en seulement 4 matchs. Il avait aussi connu tout un tournoi au championnat junior avec 6 points en 7 matchs et une médaille d'or. Il était grandement convenu par la plupart que Falloon serait dans le top 3 au repêchage de 1991.

Ray Whitney et Pat Falloon, coupe Memorial 1991

En deuxième ronde, les Sharks se rattrapèrent en repêchant le coéquipier de Falloon à Spokane, Ray Whitney, en plus du défenseur Sandis Ozolinsh. Whitney avait pourtant connu une meilleure saison que Falloon à Spokane (67 buts et 185 points) mais semblait plus frêle que le plus costaud Falloon, dont on prévoyait un développement comme ailier de puissance dans la LNH, contrairement à Whitney qu'ils considéraient davantage comme un risque calculé ou un projet à long terme.

Falloon fit donc directement le saut dans la LNH en 1991-92 avec les nouveaux Sharks et devint la première vedette des Sharks, alors qu'il termina au premier rang des pointeurs de la faible équipe avec 25 buts et 34 passes pour 59 points. Ce n'était pas du tout mauvais et il termina même au 4e rang pour l'obtention du trophée Calder derrière Tony Amonte, Nicklas Lidstrom et le gagnant Pavel Bure. Si ça vous semble tiré par les cheveux de voir autant de votes envers Falloon, il ne faut pas oublier que Bure n'avait terminé la saison qu'avec un seul point de plus que Falloon avec 60 points. D'ailleurs, si ça vous intéresse, sachez aussi que Benoit Brunet reçut 1 vote...

Ce fut toutefois la meilleure saison de Falloon dans la LNH. Il ne dépassa le plateau des 20 buts qu'à deux reprises par la suite. En 1992-93, il manqua la moitié du calendrier à cause d'une blessure à l'épaule et termina à 28 points en 41 matchs. Il revint en 1993-94 avec une saison similaire à sa saison recrue avec 22 buts et 53 points. 

Une autre saison en dessous des attentes suivit lors de la saison écourtée de 1995 avec seulement 12 buts et 7 passes en 46 matchs. Il était alors de moins en moins utilisé par son entraîneur qui le trouvait peu fiable défensivement, surtout en séries. Il n'obtint que 4 points en 11 matchs pour les surprenants Sharks qui passèrent une deuxième année d'affilée en 2e ronde. 

San Jose (1991-1995)




Les Sharks abandonnèrent alors sur son cas après quelques semaines du début de la saison 1995-96. Il fut alors échangé lors d'une transaction à trois équipes le 16 novembre 1995. En retour uniquement de Falloon, les Flyers envoyèrent aux Sharks un joueur des mineures du nom de Martin Spanhel, ainsi qu'un choix de 1ère ronde et un autre de 4e ronde au repêchage de 1996. Les Sharks envoyèrent ensuite Spanhel et ces deux choix, en plus de Vaclav Varada, aux Sabres de Buffalo en retour du défenseur Doug Bodger. Intéressant à noter que le premier choix cédé par les Flyers passera finalement de Buffalo à Winnipeg/Phoenix dans l'échange impliquant Michal Grosek. Les Coyotes repêchèrent alors Daniel Brière. Étonnant de penser que le futur joueur et actuel DG des Flyers aurait pu y commencer sa carrière si ce n'était de... Pat Falloon.

Philadelphie (1995-98)


À Philadelphie, Falloon connut une certaine renaissance au départ, étant parfois même réuni avec celui qui le précéda au repêchage de 1991, Eric Lindros. Il termina la saison 95-96 avec 22 buts et 48 points obtenus en 62 matchs avec les Flyers, lui donnant 51 points au total avec ses maigres 3 points obtenus en 9 matchs à San Jose. Une blessure à l'aine vint toutefois le ralentir davantage en 1996-97, alors qu'il ne put jouer que 52 matchs. Sa production fut alors limitée à seulement 23 points. Il fit partie du parcours des Flyers jusqu'en finale contre les Red Wings en 1997 mais ne fut pas un très grand facteur avec une fiche de 3 buts et 1 passe en 14 matchs.

Après 30 matchs la saison suivante, déçus de son rendement et de son manque de conditionnement physique, les Flyers l'envoyèrent aux Sénateurs d'Ottawa dans un autre échange intéressant. Il passa aux Sénateurs en compagnie de Vaclav Prospal en retour d'un autre grand espoir déchu, nul autre qu'Alexandre Daigle, premier choix de l'encan 1993. Difficile à confirmer, mais ce serait probablement durant ce passage à Philadelphie que Falloon hérita du surnom peu flatteur mais tout de même hilarant de «Fat Balloon». 

Le passage de Falloon à Ottawa fut très bref et décevant, seulement 3 buts et 3 passes en 28 matchs, suite à quoi il fut libéré par l'équipe. Il signa ensuite comme agent libre avec les Oilers en 1998-99. Il connut une première saison potable à Edmonton avec 17 buts et 23 passes pour 40 points en 82 matchs. Mais après quelques mois en 1999-2000, il fut placé au ballotage et réclamé par les Penguins où il termina la saison et joua ses derniers matchs dans la LNH.


Ottawa (1998)

Edmonton (1998-2000)
Pittsburgh (2000)

En 2000-01, sans contrat dans la LNH, Falloon mit le cap sur la Suisse avec le distingué club de Davos. Il y connut une saison potable avec 38 points en 43 matchs mais surtout un bon tournoi de la coupe Spengler où il récolta 7 points en 5 matchs, menant Davos à une victoire du titre contre le Canada qui alignait entre autres des noms comme Christian Dubé, Daniel Marois, Benoit Hogue et nul autre que le légendaire Ray Sheppard.

Ensuite, Falloon décida de mettre un terme à sa carrière professionnelle et retourna à la ferme de céréales familiale à Foxwarren. Il ne fit toutefois pas une croix sur le hockey alors qu'il joignit les rangs de l'équipe locale, les Falcons de Foxwarren, au sein de la ligue sénior de l'endroit, la North Central Hockey League. Il joua 7 autres saisons au niveau sénior et dominant ridiculement cette ligue. Il obtint d'abord deux saisons identiques de 111 points en 23 matchs, ensuite une saison de 118 points en 2003-04. Il se calma ensuite avec seulement 64 points en 16 matchs en 2004-05. Au moment de sa véritable retraite en 2008, il avait obtenu au total une fiche de 265 buts et 343 passes pour 608 points en 144 matchs avec les Falcons, terminant avec le meilleur ratio de points par match de l'histoire de cette ligue. Les Falcons ont d'ailleurs remporté le championnat lors de 7 saisons d'affilée durant cette période (2001 à 2007).

Falloon a également remporté la coupe Allan, emblème du hockey sénior canadien, lorsqu'il fut prêté aux North Stars d'Île-des-Chênes pour le tournoi de l'édition 2003. Il termina en tête des pointeurs du tournoi avec 9 points en 4 matchs. Questionné durant ce tournoi s'il aimerait, à 30 ans, tenter de faire un retour dans la LNH, un peu comme Alexandre Daigle avait réussi à faire au même moment, Falloon déclara : «I don't know, I'd have to get in shape first. I might . . . I don't know.»

Falloon, troisième de la 3e rangée, avec les Norh Stars d'Île-des-Chênes en 2003

 

Depuis sa retraite, il travaille toujours à la ferme de Foxwarren. Il a très rarement parlé de sa carrière depuis ce temps, ne faisant que très rarement les manchettes, à l'exception d'une comparution pour alcool au volant en 2020.  

En 575 matchs dans la LNH, Pat Fallon aura obtenu une fiche de 143 buts et 179 passes pour 322 points. Pas exactement mauvais si ce n'était de cette inévitable comparaison avec les autres grands joueurs sélectionnés après lui en 1991. 

S'il n'a pas gagné la coupe Stanley ou été une vraie vedette dans la LNH, on peut toutefois compter à son actif la coupe Memorial (1991), la coupe Chynoweth dans la WHL (1991), la coupe Spengler (2001) et la coupe Allan (2003). Il fait aussi partie du temple de la renommée du hockey du Manitoba.

Son ancien coéquipier Ray Whitney, malgré qu'il ait lui aussi été abandonné par les Sharks, a pour sa part terminé sa carrière avec 1064 points en 1330 matchs au sein de plusieurs équipes (San Jose, Edmonton, Floride, Columbus, Detroit, Caroline, Phoenix et Dallas).


Sources:
Ex-NHLer Falloon leaves Manitoba farm for run at the Allan Cup, The Globe and Mail, 16 avril 2003
Former NHLer spared custody, Winnipeg Free Press, 27 janvier 2020
Sharks draft Falloon with the second pick, UPI, 22 juin 1991

mercredi 9 février 2022

Joueur oublié des 90's #60 - Steven Rice



Steven Rice
est né le 26 mai 1971 à Kitchener en Ontario. Il débuta dans la OHL en 1987-88 avec le club de sa ville natale, les Rangers de Kitchener, et fut repêché par les autres Rangers, ceux de New York, en première ronde du repêchage de 1989. Cette sélection provenait en fait de l'échange de Chris Nilan du Canadien en janvier 1988. Le CH avait en fait envoyé le malheureux Nilan aux Rangers contre le droit d'inverser leurs choix de première ronde au repêchage de 1989. Le CH put ainsi repêcher au 13e rang et porta son choix sur un autre fameux «boeuf de l'ouest» qui fut un flop, Lindsay Vallis, tandis que les Rangers sélectionnèrent Rice au 20e rang.

Grand ailier droit de 6' et 200 livres, Rice était considéré comme un futur ailier de puissance par son intensité et son leadership en plus de son dévouement total envers son équipe, lui qui n'hésitait pas à foncer sans retenue et à se battre devant le filet. Il devint capitaine de Kitchener en 1989-90 et les aida à se rendre en finale de la OHL dans une cause perdante. Il participa ensuite à la coupe Memorial avec les Rangers, également dans une cause perdante.

«L'avenir des Rangers en 1991»
Doug Weight, Steven Rice et Tony Amonte
Tous les 3 seront échangés avant la conquête de la coupe de 1994

 

Vint ensuite la saison 1990-91 où Rice fut très occupé et en demande. Il débuta la saison en faisant ses débuts professionnels à New York mais il fut retourné à Kitchener après 10 matchs. Il était toutefois trop fort pour le junior (60 points en 29 matchs) mais il put avoir la chance de retourner aux championnats du monde junior des moins de 20 ans où il fut également nommé capitaine et aida l'équipe à remporter l'or. Sa performance lors de ce tournoi attira grandement l'attention et il fut considéré comme une grande partie de l'avenir des Rangers à New York. Il fut ramené chez les pros plus tard dans la saison, avec une troisième équipe du nom des Rangers, ceux de Binghamton dans la AHL où il joua 8 matchs. Il fut ensuite rappelé par les grands Rangers pour un dernier match en fin de saison durant lequel il marqua son premier but en carrière. 

Vint ensuite les séries où il fut de nouveau très occupé, rejouant de nouveaux avec les Rangers à tous les niveaux. Il joua d'abord pour New York qui se fit éliminer en première ronde mais Rice s'en sortit bien et continua de prouver son potentiel avec 3 points en 2 matchs. Il retourna ensuite à Kitchener qui se fit aussi éliminer en première ronde. Étant de nouveau disponible, c'est à Binghamton qu'il termina sa longue saison 1990-91 alors que ces Rangers s'inclinèrent en finale de conférence.

Équipe Canada junior de 1990
Kris Draper, Steven Rice et Eric Lindros


Son parcours avec les Rangers (toutes les sortes de Rangers) prit toutefois fin après cette saison alors qu'au même moment, le légendaire Mark Messier refusa de se rapporter au camp des Oilers pour la saison 1991-92, frustré par les décisions de personnel de l'équipe et également en quête d'un meilleur contrat (voir texte du 16 avril 2017). C'est finalement le 4 octobre 1991 que Glen Sather se départit de son capitaine en plus de Jeff Beukeboom en retour de Bernie Nicholls, Louis DeBrusk, David Shaw ainsi que Steven Rice. Les Rangers ne voulaient initialement pas se départir de Rice, l'estimant intouchable, mais Sather insista apparemment plus dans son cas que pour les autres joueurs et les Rangers désiraient vraiment Messier. Certains voyaient même en Rice un potentiel remplaçant à Messier pour le côté leadership.

Ses débuts à Edmonton furent toutefois décevants, passant la majorité de la saison avec leur club-école, les Oilers du Cap Breton, où il amassa pourtant 32 buts en 45 matchs. Mais il ne joua que 3 matchs à Edmonton, ne récoltant aucun point. La saison 1992-93 fut similaire alors qu'il débuta la saison dans la AHL et y joua la majorité de la saison, récoltant 62 points et aidant Cap Breton à remporter la Coupe Calder. L'édition 92-93 de Cap Breton est d'ailleurs considérée comme une des meilleures équipes de l'histoire de la ligue américaine. Au travers de ça il ne joua que 28 matchs à Edmonton en 92-93, récoltant 7 points.

La «VCR» line des Oilers du Cap Breton
Coudonc... Rice doit avoir le record pour le plus de cartes de hockey à 3 joueurs...


 

Parfois Steve, parfois Steven sur ses cartes...


Il parvint à obtenir un poste à temps plein dans la LNH en 93-94 et on put finalement voir les choses débloquer dans son cas à Edmonton alors qu'il obtint 17 buts et 32 points en 63 matchs mais il manqua une vingtaine de matchs à cause d'une blessure à la main. D'ailleurs un des problèmes de Rice durant sa carrière fut ses nombreuses blessures causées par son style physique.

Durant l'entre-saison, les Whalers de Hartford lui firent signer une offre hostile que les Oilers refusèrent d'égaler. Ces derniers reçurent le défenseur Bryan Marchment en compensation. À Hartford, Rice devint ce qu'il était plutôt destiné au final, soit un joueur de soutien efficace dans les deux derniers trios, amassant une dizaine de buts par saison. Il connut sa meilleure saison en 1996-97, la dernière de la franchise à Hartford, avec des sommets de 21 buts et 35 points.

Toutefois, le changement de décor en Caroline la saison suivante ne fut aucunement bénéfique pour Rice qui perdit tous ses repaires. Incapable de marquer à ses 15 premiers matchs, il fut laissé de côté pendant plusieurs matchs. Au final il n'obtint que 2 buts et 4 passes en 47 matchs durant cette saison 1997-98, suite à quoi il décida de prendre abruptement sa retraite à seulement 27 ans. Mais il se cachait derrière tout ça un historique de commotions cérébrales, estimées à 8 selon lui, ce qui força sa décision.

3 saisons correctes à Hartford

Une demie-saison cauchemardesque en Caroline

 

En 2002, après que ses symptômes post-commotions aient disparus, il avait toujours l'envie de jouer, n'ayant pas apprécié cette fin de carrière abrupte. Il décida de revenir au niveau senior en Ontario avec les Hornets de Cambridge où il joua jusqu'en 2006. Il revint ensuite en 2008 pour jouer quelques matchs avec le Blast de Brantford, équipe hôtesse de la coupe Allan qui en était alors à sa 100e année d'existence. Il avait notamment comme coéquipier Brent Gretzky, frère de l'autre, qu'il aida à gagner le trophée devant les siens à Brantford.

En 329 matchs dans la LNH, Steven Rice aura amassé 64 buts et 61 passes pour 125 points.


Sources:
Greatest hockey Legends
THE MONKEY'S OFF RICE'S BACK, Greensboro News & Record, 22 novembre 1997
Senior hockey about passion, not pay, Toronto Star, 15 avril 2008


mardi 6 avril 2021

Claude Cyr


Avant l’établissement du repêchage, les équipes pouvaient signer autant de joueurs qu’elles voulaient. Il suffisait de les convaincre de signer ce qu’on appelait une formule "C" et le tour était joué, le joueur leur appartenait. Sans surprise, au Québec, surtout du côté francophone, l’attrait des Canadiens était presque irrésistible.

Le gardien Claude Cyr suivit cette voie toute tracée, préférant signer avec Montréal, malgré qu’il avait aussi reçu une offre des faibles Rangers.

En 1957, après avoir remporté le titre de meilleur gardien de la Ligue métropolitaine, avec les Alouettes de St-Jérôme, on l’assigna aux Canadiens de Hull-Ottawa.

À cet endroit, il se joignit à une équipe dirigée par un jeune entraîneur, Scotty Bowman. Il y avait aussi des joueurs comme Gilles Tremblay, Robert Rousseau et Jean-Claude Tremblay. Toutefois, devant lui dans la hiérarchie, il y avait un certain Jacques Plante à Montréal. Mais à ce moment, tout allait bien, même s’il avait peu d’atomes crochus avec le directeur-gérant Sam Pollock, et l’équipe remporta la Coupe Memorial.

L’année suivante, il demeura en Outaouais, et eut même une occasion inattendue. Un furoncle au menton de Jacques Plante se transforma en infection, ce qui l’empêcha de prendre part au match du 19 mars contre Toronto. On donna donc le filet à Claude Pronovost, le gardien du Royal de Montréal de la Ligue senior, puisqu’à ce moment, il n’y avait qu'un gardien avec l’équipe. Nerveux, Pronovost accorda 5 buts en deux périodes aux Leafs. Devant cette situation, on lui substitua le gardien d’urgence, Cyr, prêté par Hull-Ottawa, pour la troisième période.  Il accorda un but dans une défaite de 6-3.

Confortablement en première place, cette défaite n’avait pas d’impact pour les Canadiens. Par contre, Toronto, Détroit et New York se battaient pour la dernière place disponible. Jack Adams, directeur-gérant des Wings, Muzz Patrick, directeur-gérant des Rangers, ainsi que son entraîneur Phil Watson, ont alors protesté contre l’absence de Plante. Adams exigea d’ailleurs que Plante joue les deux autres matchs restants. Devant la performance décevante de Pronovost, l’entraîneur Toe Blake fit plutôt appel à l’autre gardien du Royal, Charlie Hodge. En battant les Rangers lors du dernier match de la saison, Hodge élimina ainsi New York et permit aux Leafs de se qualifier.

Malheureusement pour Cyr, ce concours de circonstances fut sa seule occasion de jouer dans la Ligue nationale. Par la suite, il joua avec le Royal, les Barons de Cleveland de la Ligue américaine, et avec quelques équipes dans la Ligue Eastern.


Il eut également l’occasion de jouer en 1961 avec les Smoke Eaters de Trail. L’année précédente, l’équipe senior s’était inclinée devant Chatham en finale de la Coupe Allan. Au cours de ces années, ceci aurait signifié que Chatham représente le Canada aux championnats du monde. Toutefois, les Maroons ayant préféré faire une tournée en URSS, ce sont finalement les Smoke Eaters du joueur-entraîneur Bobby Kromm qui se sont rendus en Suisse. Bien que Cyr servit principalement d’auxiliaire à Seth Martin, il fit tout de même partie de l’équipe championne du monde, exploit que le Canada devra attendre à 1994 avant de rééditer.

En 1967, Cyr ajouta la Coupe Allan à son palmarès, lorsque sa performance inspirée en finale contre Calgary permit aux Aigles de Drummondville de la Ligue provinciale de remporter le titre.

Cyr espérait alors que l’expansion de 1967 lui fournisse finalement l’opportunité qu’il attendait. Il suscita effectivement de l’intérêt de la part des nouveaux Flyers, mais après un camp où il estima qu’il ne fut pas vraiment considéré malgré de bonnes performances, il préféra rentrer chez lui.

À la fin de la saison, il reçut une offre pour aller jouer en Suède. À l’époque, ce cheminement n’était pas fréquent et signifiait en bout de ligne la fin de sa carrière nord-américaine. Plutôt amer et désabusé, il jugeait qu’il n’avait jamais vraiment eu une réelle chance.  Il se disait aussi que les choses auraient probablement été différentes s’il avait signé avec les Rangers, plutôt qu’avec une puissance comme les Canadiens. Il accepta donc l’offre de 20 000$ (150 000$ en dollars d'aujourd'hui) et déménagea sa famille en Scandinavie.

De retour au pays en juin 1971, Cyr fut victime d’une pneumonie qui l’emporta à l’âge de 32 ans.

Sources:

"Sans Jacques Plante, le Canadien perd 6-3" de Pierre Proulx, 20 mars 1959, La Presse, page 55;

"Jacques Plante ne jouerait pas avant les éliminatoires", 20 mars 1959, La Presse, page 56,

"Wings Insist Jacques Play", AP, March 20, 1959, Montreal Gazette, page 24,

"Jacques Plante ne jouera qu’avec l’autorisation du médecin" – Blake, La Presse, 21 mars 1959, page 58,

"Le Canadien porte le coup de grâce aux Rangers en triomphant par 4-2" de Jean Trudelle, La Presse, 23 mars 1959, page 45,

"Déçu au Québec, Claude Cyr va chercher gloire et fortune en Suède" de Jean Chartier, La Patrie, 8 juin 1968, page 61;

"J’aurais dû accepter l’offre des Rangers" de Jean Chartier, La Patrie, 8 juin 1968, page 61,

"Décès de Claude Cyr", 2 juin 1971, La Presse, page C2,

"Il y a 50 ans, les Aigles de Drummondville devenaient champions", 7 mai 2017, L’Express (journalexpress.ca),

"1960-61 Trail Smoke Eaters" (bcsportshall.com),

banqueducanada.ca.


samedi 3 octobre 2020

Brent Gretzky


 

On dirait que c'est devenu la plus populaire des questions triviales de hockey. Je la vois passer tellement souvent que c'en est devenu lassant... Quels sont les frères qui détiennent le record pour le plus de points dans l'histoire de la LNH? 

La plupart des vrais connaisseurs croient savoir la réponse, soit les frères Wayne et Brent Gretzky avec 2861 points soit 2857 pour Wayne et un incroyable 4 points pour le plus jeune Brent qui se retrouve ainsi comme le ''punchline'' de cette question. Cependant j'ai toujours trouvé ce record un peu stupide et surtout ambigu dans sa formulation. Wayne et Brent détiennent effectivement le record pour DEUX frères mais justement pourquoi doit-on s'arrêter à seulement deux? Une famille de trois frères ne compte pas? Cette question est d'ailleurs souvent mal posée. Elle devrait être formulée ''Quel duo de frères détient...'' et non pas ''Quels frères détiennent le record...'' comme j'ai pu voir souvent.


Jamais vu Wayne aussi relax... On voit que l'autre avait moins l'habitude des caméras...

 

Histoire d'en finir une fois pour toutes, les véritables détenteurs du record de points pour des frères sont les légendaires frères Sutter. Oui ils étaient six et ce nombre les avantage, mais c'est tout de même la vérité. Les frères Brent (829 points), Brian (636), Duane (342), Darryl (279) ainsi que les jumeaux Rich (315) et Ron (533) sont les meneurs pour les points pour une portée de frères avec un total de 2934 points. Les trois frères Stastny des Nordiques sont ensuite loin en 3e place derrière les Gretzky avec 2169 points et les jumeaux Sedin à 2111 points. Mais selon moi, les deux meilleurs frères tout court dans l'histoire de la LNH furent les frères Henri et Maurice Richard, qui terminèrent peu derrière les Sedin à 2012 points.  Toutefois, on jouait souvent moins de matchs dans le temps de Maurice... Et combien de Coupes Stanley ont-ils remporté déjà?

Si statistiquement on va plus large et qu'on ajoute ensuite les totaux des descendants Sutter, on saute le 3000 points avec Brandon (fils de Brent) qui a 277 points et Brett (fils de Darryl) avec 10 points. Il y eut un autre rejeton Sutter qui s'est rendu à la LNH soit Brody Sutter, fils de Duane, mais il n'obtint aucun point en 12 matchs dans le grand circuit. Ce n'est que tout récemment que les Sutter devinrent la famille avec le plus de points, lorsque Brandon obtint le 3216e point de la famille Sutter en février dernier avec les Canucks. Les Sutter dépassèrent alors la famille Hull (Bobby, Dennis et Brett) qui détenaient le record de 3215 points depuis la retraite de Brett Hull en 2005... La famille Stastny est encore une fois 3e ici avec 2911 points en incluant les totaux des fils de Peter soit Paul et Yan Stastny. Les Gretzky suivent en 4e place devant les Howe (Gordie, ses fils Marty et Mark et aussi son frère peu connu Vic) au 5e rang avec 2630 points...

 


 

Bref j'ai toujours trouvé ce ''record'' de Wayne et Brent Gretzky un peu idiot et ce pauvre Brent est injustement ''the butt of the joke'' dans cette histoire. Oui, son frère est le meilleur joueur de l'histoire et lui n'a pour sa part récolté que 4 points dans la LNH. Mais c'est quand même 4 points de plus que moi... Cependant, si Brent n'avait évidemment pas le même talent que son illustre frère, on peut tout de même dire qu'il avait la même passion pour le hockey et qu'il joua presque aussi longtemps que Wayne et ce, dans toutes les sortes de ligues possibles...

Né le 20 février 1972 à Brantford en Ontario, Brent Gretzky est le plus jeune des cinq enfants de Walter Gretzky. Comme Wayne était le plus vieux, il n'a que très peu connu son plus jeune frère dans sa jeunesse, alors qu'il quitta la maison familiale à 14 ans alors que Brent n'en avait que 3. Comme Wayne avant lui, Brent apprit les rudiments du hockey de son père Walter et évolua ensuite dans le hockey mineur de la région de Brantford, voulant évidemment suivre les traces de son frère Wayne mais aussi de son autre frère Keith, qui fut repêché par les Sabres en 1985 mais qui ne joua jamais dans la LNH.

Durant ce temps, son frère réécrivait le livre des records de la LNH et remportait des Coupes Stanley. C'est même Brent qu'on peut voir ici sauter dans les bras de son frère durant les célébrations de la première coupe des Oilers en 1984.

 



Les frères Gretzky, Keith, Brent et l'autre frère Glenn qui ne joua jamais professionnellement.

 

Brent gradua ensuite dans le junior avec les Bulls de Belleville, où il joua 3 ans et récolta 250 points en 194 matchs. Sa meilleure saison fut sa dernière à 20 ans en 1991-92 où il obtint 43 buts et 78 passes pour 121 points, bon pour le 6e rang des pointeurs de la ligue. Cette bonne récolte incita le Lightning de Tampa Bay à le sélectionner en 3e ronde (49e au total) au repêchage de 1992. Il débuta ensuite son parcours professionnel avec le club-école du Lightning, les Knights d'Atlanta dans la IHL. Il connut une première saison correcte en 1992-93, mais sans vraiment épater la galerie avec 20 buts et 34 passes pour 54 points en 77 matchs avec les Knights.

Il parvint toutefois à faire l'équipe du Lightning au début de la saison 1993-94, soit la deuxième de l'histoire de la jeune équipe. Il fut retourné dans les mineures après son premier match en début de saison, mais revint quelques jours plus tard. À seulement son deuxième match en carrière, le jeune Brent joua son premier match contre son célèbre frère lors du match du 20 octobre 1993 lorsque le Lightning reçut la visite des Kings de Los Angeles. Brent portait alors le numéro 49. On pourrait croire avec un numéro qui terminait par 9 qu'il s'agissait d'une référence évidente à son frère, mais il s'agissait en fait simplement de son numéro de sélection au repêchage. 

Également joueur de centre, Brent fut employé face à Wayne à 5 occasions et n'en remporta qu'une. Il croit d'ailleurs à ce jour que Wayne le laissa gagner. Wayne connut une soirée de routine avec 1 but et 2 passes tandis que Brent ne récolta aucun point. Brent déclara aux journalistes que malgré que son frère et lui aient appris les mêmes choses dans le même environnement, Wayne était d'un autre niveau totalement.

 

  

 

L'entraîneur des Kings, Barry Melrose, déclara qu'il était difficile de trouver ses similarités entre les deux joueurs, à l'exception peut-être de leurs visages familiers, mais aussi qu'il était impossible de comparer Wayne avec n'importe quel autre joueur.

Mais bref, Brent joua ensuite quelques matchs de plus avec le Lightning les semaines suivantes, récoltant son premier point le 29 octobre et marquant son premier but le 1er novembre contre Stéphane Fiset des Nordiques. Il fut cependant retourné dans les mineures à la mi-novembre avec une fiche de 1 but et 2 passes en 10 matchs. On peut facilement croire que la sélection de Brent au repêchage et son rappel pour jouer contre Wayne et les Kings n'étaient que des coups publicitaires de la part de l'équipe, elle qui avait auparavant fait de même avec Manon Rhéaume lors d'un match pré-saison. Cette dernière joua d'ailleurs quelques matchs avec Brent à Atlanta en 1992-93. Car oui, Brent n'avait pas assez de talent pour la LNH et il était d'ailleurs un joueur moyen dans la IHL.

Il termina la saison 93-94 avec les Knights, remportant le championnat de la Coupe Turner avec eux avec une fiche de 40 points en 54 matchs et seulement 2 points en 14 matchs des séries. Il joua ensuite une autre saison avec les Knights, récoltant 51 points en 67 matchs, en plus d'être rappelé pour ses 3 derniers matchs en carrière dans la LNH, où il récolta le dernier de ses quatre points lors d'un match en mars 1995 contre les Capitals.

Il réalisa ensuite un rêve familial que même son frère n'a pu effectuer lorsqu'il signa un contrat avec les Maple Leafs, qui l'invitèrent au camp d'entraînement de la saison 1995-96. Pour l'occasion, Gretzky porta alors le numéro 69...

 

Les Leafs avaient cependant peu de place au centre et l'envoyèrent à St.John's dans la Ligue américaine, où il connut des statistiques similaires que dans la IHL avec 41 points en 61 matchs. Après cette seule saison dans l'organisation des Leafs, Brent débuta un long parcours nomade, faisant foi de son dévouement pour son sport malgré l'ombre impérissable de son frère qui le suivit partout. Vous imaginez le nombre de fois qu'il a du entendre ''C'est le frère de Wayne Gretzky'' durant sa vie? Imaginez lorsqu'on lui mentionne ce stupide record de points...

Il retourna dans la IHL en 1996-97 avec le Thunder de Las Vegas mais passa plus tard aux Rafales de Québec, où il ne joua qu'un seul match avant d'être recalé dans la ECHL avec les Ice Pilots de Pensacola.  Il joua ensuite une saison en Autriche avec le club du Graz EC où il obtint 62 points en 37 matchs.  Toutefois, le hockey européen ne semblait pas lui convenir, alors qu'il revint en Amérique du nord l'année suivante.

Il partagea ensuite la saison 1998-99 dans trois équipes et trois ligues avec les Bears de Hershey dans la AHL, les Wolves de Chicago dans la IHL et le Smoke de Asheville (tout un nom ça) dans l'obscure United Hockey League (UHL). Je me dois d'ailleurs de parler davantage de cette UHL éventuellement, cette ligue qui reprit la mission originale de la IHL de n'occuper que des petits marchés du midwest... (voir texte du 28 janvier 2016). Brent sembla retrouver ses talents de ''Gretzky'' dans cette UHL avec une fiche de 70 points en seulement 32 matchs. Il fit la même chose en 1999-2000 avec 36 buts et 92 passes pour 128 points en 72 matchs à Asheville. On voit également qu'il était davantage un passeur comme ses frères. 


 

C'est dans la UHL que Brent joua le plus longtemps soit de 1999 à 2006, au sein de plusieurs équipes dont le Smoke de Asheville, les Borders Cats de Port Huron, les Komets de Fort Wayne, les Beacons de Port Huron (pas la même équipe que les Border Cats), les Thrashers de Danbury et finalement les Mechanics de Motor City en 2005-06. 

Durant cette même saison à Motor City (en fait Detroit, Michigan), il partagea le calendrier avec un club senior de la Eastern Ontario Senior Hockey League (EOSHL), les McFarlands de Belleville, tout en préparant son après-carrière à l'académie de police. Il se retira ensuite non-officiellement en 2007, mais revint sur la scène avec le Blast de Brantford dans la ligue senior de la Allan Cup Hockey League. Le 100e anniversaire de ce championnat ultime du hockey senior avait lieu en 2008 et Brantford était à la ville hôtesse. Brent se joignit à l'aventure pour l'occasion et joua deux matchs en saison en vue du tournoi où il récolta 1 buts en 4 matchs et aida le Blast à remporter la mythique coupe Allan. Une bonne manière de mettre fin à une belle carrière pour Brent qui put remporter un championnat devant les siens à Brantford et surtout, devant l'ultime ''hockey dad'', Walter Gretzky.
 

Le Blast de Brantford avec Walter Gretzky au centre et Brent à sa gauche

Les champions de la coupe Allan de 2008, le Blast de Brantford

Le dernier vrai match de l'histoire des trois frères Gretzky.

 

Depuis sa retraite, Brent Gretzky agit toujours à titre d'officier de police dans sa ville natale de Brantford. 

En 13 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 1 but et 3 passes pour 4 points. Sa fiche dans la UHL fut de 203 buts et 412 passes pour 615 points en 458 matchs.


Sources:
Gretzky Gets the Best of His Young Brother, Los Angeles Times, 21 oct. 1993
Wayne Gretzky's Brother May Retire, My Plainview, 4 avril 2002
Top 10 NHL Players Who Lived in the Shadow of Their Brothers, The Hockey Lists, 9 déc. 2019


vendredi 19 juin 2020

Stan Weir



Au sein des Tigers de Medicine Hat, Stan Weir faisait partie d’une équipe junior avec une offensive redoutable. En 1971-72, il termina au deuxième pointeur de la Ligue de l’ouest, derrière son collègue, Tom Lysiak. Par contre, la meilleure attaque fut plombée par une défensive beaucoup moins efficace et les résultats furent en bout de ligne plutôt moyens. Ceci n’empêcha toutefois pas Weir d’attirer l’attention des Golden Seals de la Californie, qui le choisirent au deuxième tour, avec la 28e sélection du repêchage de 1972. L’année suivante, ses deux coéquipiers, Lysiak et Lanny McDonald, furent parmi les premiers appelés (2e et 4e respectivement). À ce moment toutefois, Weir n’était plus là, puisqu’il avait déjà réussi à se tailler un poste chez les faibles Seals.

À sa troisième saison à Oakland, ses 45 points lui valurent la première place (ex-aequo) dans l’équipe, qui comme à son habitude, était mauvaise. La réponse des Seals fut alors de l’échanger aux Maple Leafs, où il alla rejoindre son ami Lanny McDonald. Après moins de deux mois après le début de la saison, l’autre meneur, Larry Patey, avait aussi quitté l’équipe, ayant été aussi échangé, aux Blues dans son cas.

Son passage à Toronto a bien débuté, lui permettant de connaître ce qui était à ce moment sa meilleure saison avec 51 points, et de participer aux séries pour la première fois. Ses résultats allèrent toutefois en déclinant lors des deux saisons suivantes, allant même jusqu’à inclure un séjour prolongé dans la Ligue centrale, à Tulsa, en 1977-78.

Ce séjour dans les mineures l’incita à signer avec l’AMH, du côté des Oilers d’Edmonton, lui permettant ainsi de retourner dans sa province natale, mais aussi Glen Sather, lui qui avait fréquenté son école de hockey dans sa jeunesse.

La saison 1978-79 des Oilers ne fut pas seulement marquée par l’arrivée de Weir, mais aussi et surtout, par celle de Wayne Gretzky. Edmonton se rendit en finale mais s’inclina devant Winnipeg, dans ce qui s’avéra la dernière année du circuit maudit.

Comme l’AMH cessa d’exister, les droits de Weir furent retournés aux Leafs. Toutefois, ceux-ci le soumirent au ballotage, ce qui permit aux Oilers de le réclamer.

Ce travailleur acharné marqua son retour dans la LNH avec sa meilleure saison en carrière, marquant 33 buts et obtenant 33 passes, même s'il jouait sur un trio relativement défensif. Avec Dave Hunter et Dave Lumley, on les surnommait la "Gangrene Line", parce qu'à l'entraînement, leurs chandails étaient verts.

Fait cocasse, lors de ses années à Edmonton au début des années 1980, il portait une barbe fournie. En ajoutant le fait qu’il jouait sans casque, il avait une allure typique d’un joueur du milieu des années 1970, alors que la chevelure et la barbe se portaient longues. Pourtant, lors de ces mêmes années, il était plutôt glabre ou au plus, moustachu, comme s’il suivait la mode à retardement.

Comme pour son séjour à Toronto, ses performances allèrent ensuite en déclinant. En mars 1982, il fut d’ailleurs échangé aux pauvres Rockies du Colorado, avant donc que les Oilers atteignent leurs sommets.

Weir termina donc l’année avec les Rockies, mais à la fin de la saison, au lieu de déménager au New Jersey avec le reste de l’équipe, il retourna à Edmonton. Comme il fut découvert que le joueur contre qui il avait été échangé, Ed Cooper, avait une blessure non dévoilée, la Ligue Nationale annula l’échange. Plutôt que de le reprendre, les Oilers l’envoyèrent plutôt à Détroit contre un montant d’argent.

Suite à sa seule saison avec les Red Wings, Weir retourna dans la Ligue centrale, mais cette fois, avec le Magic du Montana, une barque qui prenait l’eau et qui fit faillite avant la fin de la saison.

Il joua une autre saison dans la Ligue internationale, à Milwaukee, avant de prendre sa retraite.

Il fit un retour en 1986-87 avec les Mott's Clamato's de Brantford, cette improbable équipe senior composée de plusieurs anciens de la LNH, qui remporta la Coupe Allan. Cette conquête vint ensuite conclure pour de bon sa carrière de hockeyeur.

Après avoir travaillé en vente pour une compagnie pétrolière à Toronto, il retourna dans sa province natale, mais cette fois à Calgary. Il y travailla aussi en vente, mais pour une entreprise qui vendait de l'outillage pour l'exploration pétrolière. Il continua malgré tout à appuyer les Oilers, même s'il habitait dans la ville de leurs grands rivaux albertains.


Sources:
“Does Calgary’s Stan Weir cheer for the Oilers? Absolutely!” de Dave Staples, 2 avril 2008, Edmonton Journal (edmontonjournal.com)
hockeydb.com, hockeydraftcentral.com, hockey-reference.com, wikipedia.org.

samedi 25 mai 2019

Frank Fredrickson



Frank Fredrickson est né à Winnipeg de parents islandais. En 1913, il se joignit aux Falcons de l’endroit. En trois ans, il mit à profit ses talents de buteurs, en plus de jouer avec l’équipe de l’Université du Manitoba.

En 1915, la guerre faisait rage et Fredrickson se joignit alors à l’armée. Il joua une saison avec l’équipe du 223e bataillon, avant de se diriger vers l’Europe avec ses frères d’armes. Pendant la guerre, Fredrickson survécut à un naufrage, alors que son navire avait été torpillé par les Allemands.

À son retour au pays, il retourna avec les Falcons, avec qui il marqua 23 buts en 10 matchs. Ceux-ci firent alors leur chemin jusqu’au titre de la Coupe Allan de 1920. Encore une fois, Fredrickson remplit le but, en marquant 22 fois en 6 matchs.

Suite à cette victoire, il y avait une nouveauté. Pour la première fois, le hockey serait représenté aux Jeux Olympiques et ce sont les champions de la Coupe Allan qui furent désignés pour représenter le Canada. À noter qu’à l’époque, les Jeux d’hiver n’existaient pas encore. Les Falcons se rendirent donc à Anvers, en Belgique. Par contre, le tournoi de hockey n’a pas eu lieu en même temps que les autres compétitions d’été. Fredrickson et ses coéquipiers ont joué au mois d’avril, alors que les autres médailles ont été décernées en août et en septembre. À partir de 1924, des Jeux d’hiver, distincts, furent organisés.

Lors du tournoi, on remarqua rapidement une grande disparité entre le Canada et les États-Unis d’un côté et les pays européens de l’autre. De l’aveu même de Fredrickson, il devenait difficile de se restreindre pour ne pas trop humilier l’adversaire. Ça n’empêcha toutefois pas les Américains de rosser la Tchécoslovaquie 16-0 et la Suisse 29-0. Du côté canadien, Fredrickson fut le meilleur buteur de son équipe, en comptant 12 fois en 3 matchs, dont 7 lors du match qui assura le Canada de l’or, une victoire de 12-1 contre la Suède.

De retour au pays, Fredrickson songeait à poursuivre sa carrière militaire en se joignant à l’aviation. Il reçut toutefois une offre de Lester Patrick de 2 500$ pour se joindre à une équipe de sa ligue, l’Association de hockey de la Côte du Pacifique (PCHA). Il s’aligna donc avec les Aristocrats (plus tard renommés Cougars) de Victoria, l’équipe entraînée par Patrick.

En 1922-23, Fredrickson fut le meilleur buteur (39) et le meilleur pointeur de la ligue (55), cette dernière marque constituant un record de la PCHA.

À cette époque, les champions de l’ouest défiaient les champions de la LNH (uniquement dans l’est) pour la Coupe Stanley. Fredrickson et ses coéquipiers des Cougars atteignirent ainsi la finale en 1925 et en 1926, parvenant à défaire les Canadiens la première fois et perdant contre les Maroons la deuxième.

Suite à cette saison, la Western Hockey League (WHL), qui a avait absorbé deux ans plus tôt les équipes restantes de la PCHA, cessa à son tour ses activités. Au même moment, la LNH procédait à une triple expansion. Les joueurs des Rosebuds de Portland servirent alors de base pour la formation des Black Hawks. Quant à Fredrickson et plusieurs autres joueurs de Victoria, ils prirent la route de Détroit pour former les Cougars (et futurs Red Wings). Les Rangers, de leur côté, firent cavalier seul.

Fredrickson ne demeura toutefois pas longtemps avec les faibles Cougars, puisqu’en janvier, il fut échangé aux Bruins. Au cours de cette campagne 1926-27, il accumula tout de même un respectable total de 18 buts en 44 matchs.

Deux ans plus tard, ce fut au tour des Bruins de l’échanger, aux Pirates de Pittsburgh cette fois, contre Mickey MacKay et 12 000$. N’ayant joué que 12 matchs avec Boston et n’étant plus là lors de leur victoire de 1929, le nom de Fredrickson n’aurait pas dû se retrouver sur la Coupe Stanley. Toutefois, pour des raisons obscures, on inclut son nom lorsqu’on refit la Coupe en 1957-58.

En 1929-30, Fredrickson devint l’un des rares joueurs-entraîneurs de l’histoire de la LNH, avec les Pirates. Ceux-ci connurent par contre la pire saison (5-36-3) de leur peu glorieuse histoire. Ils déménagèrent ensuite à Philadelphie, mais sans Fredrickson, qui fut libéré et qui retourna à Détroit pour une dernière saison dans la LNH.

Il fut par la suite entraîneur, entre autres des équipes de l’Université de la Colombie-Britannique et de Princeton.

Son passé militaire refit également surface en 1942, alors qu’il mena l’équipe de l’aviation au titre de la Coupe Allan, dans une équipe qui comptait tout de même sur les services de la Kraut Line (Woody Dumart, Milt Schmidt et Bobby Bauer) au complet, qui avaient quitté les Bruins pour se joindre à l’effort de guerre.

Celui qui fut aussi conseiller municipal à Vancouver et qui fut intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1958, est décédé en 1979, à l’aube de ses 84 ans.


Sources : hhof.com, wikipedia.org.

dimanche 6 mai 2018

La Coupe Allan à Victoriaville








Si vous suivez le blogue depuis un certain temps, vous devez connaître la coupe Allan, coupe qui représente la suprématie du hockey senior canadien. À l'époque des 6 équipes dans la LNH, le championnat de la coupe Allan était vue en très haute estime, surtout que c'était les champions de cette coupe qui représentaient le pays pour les Jeux Olympiques, de 1920 jusqu'à ceux de 1960.

En 1968, la coupe Allan fut remporté par les Tigres de "mon" Victoriaville.

À l'époque, la Ligue Provinciale Sénior du Québec regroupait 6 équipes : les Castors de Sherbrooke, les Aigles de Drummondville, les Gaulois de St-Hyacinthe, les Vics de Granby, les Tigres de Victoriaville et les Nationals de Hull. Cette dernière équipe servait d'équipe de réserve pour l'Équipe Nationale Canadienne (un peu comme un club-école) et n'était pas éligible pour les éliminatoires.

Quatre équipes accédaient aux séries d'après saison. La première ronde, en format 4-de-7, opposait les Castors aux Aigles. La série fut remportée par Drummondville 4 matchs à 1. De leur côté, les Tigres affrontèrent les Gaulois. La série fut très corsée, Victoriaville sortant vainqueur après sept matchs.

Les Tigres 1967-68 (oui, un chandail des Tigres en vert et rouge, c'est laid !)

La finale de la Ligue Provinciale Sénior du Québec allait donc opposer les champions en titre de la coupe Allan, les Aigles de Drummondville, aux Tigres de Victoriaville. Les deux premiers matchs furent l'affaire des Tigres. Lors du troisième match, les Aigles réduisirent l'écart dans la série grâce à un gain de 3-1. Cependant, les Tigres ne laissèrent plus de chances aux Aigles, remportant les deux dernières parties par les marques de 6-4 et 4-3. 

Étant champions de la seule ligue dans la province, ils accédèrent au championnat de l'Est du Canada. En demi-finale, ils croisèrent le fer avec les Royals de Corner Brook, de Terre-Neuve. Les deux premiers matchs de la série 3-de-5 se déroulèrent à Victoriaville. Devant leur partisans, les Tigres ridiculisèrent les Royals par la marque de 15 à 1 lors du premier match, avant de l'emporter 9-2 lors du second. Croyant probablement que la série était dans la poche, les Tigres furent surpris au compte de 6-1 lors du troisième duel, alors que la série s'était déplacée à Corner Brook. Avec un jeu plus soutenu, Victoriaville remporta la 4e partie par la marque de 3-0, se méritant un billet pour la finale, face aux Marlboros de Toronto. Cette fois, la machine victoriavilloise ne fit qu'une bouchée des Torontois, marquant 21 buts et en accordant que 8 en 4 matchs !

La finale de la coupe Allan allait donc se disputer à Winnipeg, entre les Tigres et les Mohawks de St-Boniface (aujourd'hui un quartier principalement francophone de Winnipeg).  Les Mohawks avaient remporté le championnat de l'Ouest du Canada, disposant des Miners de Drumheller (Alberta) en 3 matchs.
    
Les deux équipes s'échangèrent les politesses lors des deux premiers matchs, alors que les Tigres l'emportèrent tout d'abord au compte de 6 à 2. Les Mohawks répliquèrent avec une victoire de 5 à 1. Les Tigres remportèrent ensuite les 3 matchs suivants, dont le dernier par blanchissage, au compte de 2-0, il y a exactement 50 ans aujourd'hui même !

Weeee are the champiooons, my friend !

Les nouveaux champions de la coupe Allan comptaient quelques noms intéressants dans leur alignement. Tout d'abord, Joe Hardy, mieux connu pour son passage avec les Jaros de la Beauce à la fin des années 1970. Il se joignit aux Tigres après avoir terminé son stage junior avec les Marquis de Jonquière, suivi d'une saison professionnelle avec les Blades de New Haven dans la Eastern Hockey League. En 1966, voulant se faire voir par les équipes de la LNH, il décida de poursuivre ses études à Victoriaville tout en jouant avec les Tigres. La conquête de la coupe Allan lui permit d'obtenir un essai dans l'organisation des Seals d'Oakland, alors qu'il débuta la saison 1969-70 avec les Reds de Providence dans la AHL. Son parcours inclue deux saisons dans la LNH avec Oakland, ainsi que trois saisons au sein de quatre équipes de l'AMH.

Brian Elwell disputa la saison suivante avec les Oilers du Tulsa dans la CHL.

John Mentis n'a probablement jamais réussi à avoir sa place dans la LNH dû à sa couleur de peau. Après avoir été repêché par les Bruins de Boston et joué pour les As de Québec (alors un de leurs clubs-écoles) pendant quelques saisons, Mentis se joignit aux Tigres lors de la saison 1965-66. Il était assistant-capitaine lors de la conquête de la coupe Allan.

Le gardien Claude Hardy disputa deux saisons dans la AHL, avec les Kings de Springfield et les Americans de Rochester suite à la conquête de la coupe Allan.

André Bessette - Très démonstratif
André Bessette était également un excellent lanceur gaucher au baseball. Un ancien du Verdun Junior, il signa un contrat avec l'organisation des Phillies de Philadelphie en 1956. Il fut intronisé au "Temple de la renommée du baseball québécois RDS" en 2008.

Les Tigres retournèrent en finale de l'Est du Canada l'année suivante, s'inclinant aux mains des Hornets de Galt en Ontario. Suite à la saison 1969-70, la LPSQ ferma les livres, laissant les Tigres comme seule équipe sénior au Québec, ce qui les amena directement aux finales de l'Est. Ils s'inclinèrent de nouveau, cette fois face aux Terriers d'Orillia en Ontario.

Sources :
https://www.lanouvelle.net/un-souvenir-ca-ne-se-vend-pas/
https://www.pressreader.com/canada/le-journal-de-montreal/20080820/282617438538446
http://shgv.ca/150ans/150-03.htm
http://icehockey.wikia.com/wiki/1967-68_PSHL;http://icehockey.wikia.com/wiki/1967-68_Eastern_Canada_Allan_Cup_Playoffs;http://icehockey.wikia.com/wiki/1967-68_Allan_Cup_Final
http://www.estrie.golf/2016/06/07/rapido-mardi-a-lassociation-cantons-de-lest/
http://kkkimo.tripod.com/jhardy.htm
http://sonahrsports.com/the-way-it-was-black-players-locked-out-of-the-nhl-from-p361-129.htm