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dimanche 25 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Garden


 

Tex Rickard était un promoteur de boxe new yorkais. En 1925, il fit bâtir la troisième version du Madison Square Garden (qui n’était pas à Madison Square et qui n'est pas l'actuel MSG, la quatrième version) et y installa un locataire, les Americans de New York de la Ligue Nationale. L’année suivante, il se porta acquéreur d’une autre nouvelle équipe de la LNH, les Rangers, qu’il installa aussi au MSG. 

Devant le succès de ses entreprises, Rickard voulut avoir sept Madison Square Gardens. Il rassembla donc un groupe d’investisseurs pour construire le deuxième Madison Square Garden à Boston. Si celui de New York n’était plus sur Madison Square, imaginez de Boston… Le nom de l’aréna inauguré en 1928 fut éventuellement réduit à Boston Garden et il n'y eut pas d'autre MSG ailleurs qu'à New York.

Source: wikicommons
 

Conçu d’abord pour la boxe, la disposition des sièges était faite pour être près de l’action. Toutefois, comme le propriétaire des Bruins, Charles Adams, faisait partie des investisseurs, son équipe devint immédiatement un locataire. Ayant brisé son bail avec le Boston Arena, ceci déclencha une bataille juridique qui s’étendit jusqu’en 1933. 

Pendant la récession des années 1930, le Garden eut grandement besoin des tournées de patinage artistique de la championne olympique Sonja Henie et des Ice Follies pour rester à flot. Suite à une dispute avec le clan Henie, Walter Brown, un des propriétaires du Garden et futur propriétaire des Celtics, a fondé les Ice Capades. 

Ces mêmes Celtics furent fondés en 1946, mais contrairement aux Bruins, ils partagèrent leurs parties entre le Boston Arena et le Garden. Cette situation dura jusqu’en 1955. L’iconique parquet (fait de petits bouts de bois en raison des pénuries reliées à la guerre) venait d’ailleurs initialement du Boston Arena, avant d’être associé au Garden. C’est d’ailleurs sur ce même parquet que les Celtics eurent tant de succès (11 championnats en 13 ans, de 1957 à 1969), faisant ainsi de l’ombre aux Bruins, pour qui cette période fut beaucoup moins heureuse. Il demeure qu’en 1957, le Garden fut la première enceinte à accueillir la finale de la NBA et celle de la LNH la même année. Cette situation se répétera en 1958 et en 1974 (et arrivera aussi une fois à New York, Chicago et au New Jersey). 

En 1972-73, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre débutèrent leurs activités dans la nouvelle AMH en partageant leur temps entre l’Arena et le Garden. C’est d’ailleurs sur la patinoire de ce dernier qu’ils remportèrent la première Coupe Avco

Du côté musical, le Garden était un incontournable. Les Beatles, Elvis et Pavarotti y ont donné des spectacles. Aerosmith, un groupe local, y a été à l’affiche 10 fois. Par contre, Kiss refusa de renoncer à ses effets pyrotechniques, ce qui était interdit au Garden et y fut donc écarté. 

Source: wikicommons

Au fil du temps, le vieux Garden finit toutefois par montrer ses limites. D’abord, sa capacité (moins de 15000 personnes pour le hockey) était faible, et ce, malgré que la patinoire était plus petite que les normes (9 pieds de moins sur la longueur et 2 pieds de moins sur la largeur). Cette étroitesse où on ne pouvait se défiler pouvait toutefois être un avantage pour les Big Bad Bruins. 

Aussi, le Garden n’avait pas d’air climatisé. Lorsque les Bruins avançaient en séries, la chaleur pouvait causer du brouillard sur la glace. Et c’est sans compter les piliers structuraux qui obstruaient la vue de certaines places et la quantité impressionnante de rats qui y habitait. 

Des problèmes avec le système électrique causèrent aussi des maux de tête lors des finales de 1988 et 1990, incluant un match qui dut être repris deux jours plus tard à Edmonton. 


 

Il y eut finalement au fil des ans plusieurs projets pour remplacer le désuet Garden, incluant un au New Hampshire. 

Après de longues négociations, il y eut en 1993 une entente pour construire le nouveau Shawmut Center, qui devint le Fleet Center avant même son ouverture, lorsque la banque Shawmut fut acquise par la Fleet Bank. Il s’appelle aujourd’hui le TD Garden

Construit sur le même site, à certains endroits, il n’y avait que 9 pouces entre le vieux Garden et son nouveau voisin. 

Le dernier duel à s'y tenir fut un match présaison entre Montréal et Boston, disputé le 26 septembre 1995 que les Bruins remportèrent 3-0. 

Les deux immeubles cohabitèrent pendant 3 ans, quand le Garden fut démoli.  Les morceaux du parquet furent vendus au public.


 

Sources : 

″It’s back to school time″ de Gary Fitz, February 25, 1992, The Nashua Telegraph, page 15, 

″Boivin, Orr, Léveillé…″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, La Presse, page S3, 

″Une grande fête″, 27 septembre 1995, La Presse, page S4, 

″De beaux souvenirs du Garden″ de Réjean Tremblay, 27 septembre 1995, page S5, 

″Verdi : At old Boston Garden, rats and excessive heat had their place″ de Bob Verdi, June 18, 2013, Chicago Daily Herald,(dailyherald.com), 

wikipedia.org.

samedi 24 janvier 2026

Les arénas des Bruins - Boston Arena (ou Matthews Arena)

 

Il y a quelques années, j’avais fait une petite série de textes au sujet de tous les arénas où les Canadiens ont joué et j’étais retourné sur le site de chacun d’eux pour voir ce qui s’y trouve aujourd’hui. J’avais répété l’expérience à Toronto, puis récemment à Edmonton et Calgary

Je ne l’avais pas fait lorsque je suis allé à Boston il y a quelques années, mais je voulais un jour le faire, entre autres pour aller voir le Matthews Arena, qui s’appelait le Boston Arena lors de la naissance des Bruins en 1924. Comme il était toujours utilisé par l’Université Northeastern, je me suis dit qu’il serait intéressant d’aller y voir un match. J’avais passé devant la dernière fois que j’y suis allé, mais c’était en été et tout était verrouillé. Partie remise que je me disais. 


 

J’ai raté mon coup… C’est avec déception que j’ai appris que les Huskies de Northeastern y avaient disputé leur dernier match le 13 décembre dernier, contre les Terriers de Boston University. (Les Terriers ont gagné 4-3.) L’aréna étant construit sur du remblai, sa structure commence à s’enfoncer (tout de même plus de 110 ans après son inauguration) et devrait être démoli le mois prochain. Il sera remplacé par une nouvelle construction qui hébergera les Huskies. 

Inauguré en 1910, il était au moment de sa fermeture le plus vieil aréna toujours en opération pour du hockey. 

 

La démolition d’un immeuble situé au cœur d’un campus universitaire dense et près de deux stations de métro représentera un défi. Mais auparavant, l’intérieur sera vidé, pour y récupérer certains items qui seront réutilisés (incluant des éléments architecturaux) et d’autres qui seront conservés en souvenir ou vendus aux partisans. On peut d’ailleurs acheter des sièges pour 600$ US, même si ceux-ci sont plutôt contemporains. L’enseigne des toilettes est plus raisonnable, à 150$. 

Voici donc un texte à son sujet, même si j’aurais préféré éventuellement faire quelque chose de plus étoffé. 

Je peux tout de même vous dire qu’à son inauguration, Boston Arena était la première patinoire intérieure de la ville. Contenant 5000 places, sa présence a permis au hockey de prendre de l’ampleur dans la région. D’ailleurs, il a même accueilli Babe Ruth, qui a brièvement joué au sein d’une équipe amateur lors de son passage chez les Red Sox. 

En décembre 1918, un incendie le détruisit, mais suite à sa reconstruction, il réouvrit en janvier 1921.

Lorsque les Bruins sont devenus la première équipe américaine à se joindre à la LNH en 1924, il allait de soi qu’ils jouent au Boston Arena. Ils y rejoignirent alors les équipes de Harvard, Boston University et Boston College. 

Le séjour des Oursons y fut toutefois de courte durée. En 1928, une nouvelle enceinte fut construite, le Boston Garden. Celle-ci devint alors l’endroit principal en ville pour les galas de boxe et de lutte. Les Bruins suivirent, brisant ainsi leur bail avec le Boston Arena. Une bataille juridique s’en suivra qui dura jusqu’en 1933. 

Les Bruins furent toutefois remplacés par des équipes de ligues mineures, incluant les Olympics, qui firent brièvement partie de la Ligue de hockey senior du Québec dans les années 1940. 

En 1946, une équipe de la nouvelle Basketball Association of America (BAA, qui deviendra plus tard la NBA), les Celtics, commença ses opérations en partageant ses matchs entre l’Arena et le Garden. Cette situation demeura jusqu’en 1955. 

En 1972, un nouveau locataire arriva au Boston Arena, les Whalers de la Nouvelle-Angleterre de la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH), qui partagèrent aussi leurs parties entre l’Arena et le Garden. Toutefois, ils furent coincés entre un Arena trop petit et un Garden trop occupé avec les Bruins, leur club école (les Braves) et les Celtics. Les Whalers décidèrent alors mettre le cap vers Hartford en 1974. C’est ainsi que les Baleiniers se retrouvèrent dans une ville qui n’est pas sur le bord de la mer. 

En 1979, l’Université Northeastern fit l’acquisition du Boston Arena, où son équipe de hockey jouait depuis 1930, et le renomma le Matthews Arena, en l’honneur du président de l’université. 

L’équipe qui a longtemps été dirigé par Fern Flaman a produit au fil des ans des joueurs comme David Poile (longtemps directeur-gérant des Capitals et des Predators), Chris Nilan, Jamie Oleksiak et Adam Gaudette. 

Autre que le hockey, l’Arena fut le site de nombreux discours politiques de présidents (Theodore Roosevelt, William Howard Taft, Herbert Hoover, F.D. Roosevelt). 

Il y eut aussi plusieurs concerts, comme ceux de Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et Bob Dylan. En 1970, The Doors y donnèrent deux concerts. Le deuxième, interminable, fut interrompu lorsque les autorités coupèrent le courant, au grand déplaisir de Jim Morrison, dans un état second avancé. 

Sources : 

″The deconstruction of Matthews Arena will be ′very surgical′″ de Erin Kayata, December 9, 2025, Northeastern Global News (northeastern.edu), 

″The Last Days of Matthews Arena, Boston’s Overlooked Sports Cathedral″ de Dan Gartland, December 11, 2025, Sports Illustrated (si.com), 

rememberingmatthewsarena.myshopify.com, wikipedia.org.

 

samedi 22 novembre 2025

Fern Flaman




 
 
 
 
 
 
On retrouve parmi les élus du Temple de la renommée de nombreuses vedettes offensives. En effet, cette façade du jeu y est favorisée. Oui, on compte des joueurs comme Bob Gainey et Rod Langway, mais parmi les patineurs, remplir le but aide énormément. De plus, comme il s’agit d’un vote, d’avoir un certain capital de sympathie ne peut pas nuire.

En 1990, la surprise fut donc grande lorsqu’il fut annoncé que Bill Barber et Gilbert Perreault feraient leur entrée au Temple avec Fern Flaman, un défenseur défensif qui avait conclu sa carrière dans la LNH trente ans auparavant,
 
                                           . 
 
Originaire de Saskatchewan, Flaman fut recruté par les Bruins pendant la deuxième grande guerre. Comme Boston fut particulièrement affecté par le recrutement de ses joueurs, Flaman eut l’occasion de progresser relativement rapidement avec les Olympics de Boston et eut même l’occasion de jouer son premier match avec les Bruins à 18 ans. Ce n’est toutefois qu’une fois la guerre terminée qu’il se fit une place définitive dans la Ligue nationale. 
 
Il se fit alors une réputation de joueur non seulement robuste, mais avec un style fougueux à la limite de la légalité, quand il ne traversait pas carrément la ligne. Ne reculant devant aucune méthode, incluant des insultes envers les canadiens-français, il se fit des ennemis dans la ligue et laissa de mauvais souvenirs à plusieurs, dont les frères Richard, qui le trouvaient particulièrement sournois. 
 
En novembre 1950, il passa aux Maple Leafs avec Léo Boivin, Phil Maloney et Ken Smith. En retour, les Bruins firent l’acquisition de Bill Ezinicki et Vic Lynn, qui poursuivait ainsi son tour de la ligue. 
 
Cet échange permit à Flaman de passer d’une équipe faible à une beaucoup plus compétitive. Les Bruins parvinrent alors à peine à se qualifier pour les séries, en devançant les Rangers d’un seul point. Par le fait même, Flaman put affronter ses anciens coéquipiers. Les Leafs ne firent toutefois qu’une bouchée de Boston, avant de venir à bout des Canadiens en finale. Bien que cette série ne se soit conclue qu’en 5 matchs, ceux-ci ont tous été décidés en prolongation. 
 
Cette victoire permit à Flaman de remporter sa seule Coupe Stanley. Celle-ci prit ensuite une tournure tragique avec la disparition de Bill Barilko
 
Au sein d’une équipe qui comptait à la ligne bleue Jim Thomson et un jeune Tim Horton, Flaman eut moins de temps de glace. Il fut donc retourné aux Bruins en juillet 1954, eux qui avaient des problèmes à la défense. En retour, Toronto mit la main sur Dave Creighton, un joueur offensif jugé peu robuste. Il ne fit que passer à Toronto, mais il eut finalement plus tard du succès avec les Rangers. 
 
Quant à Flaman, il rapporta son style rugueux et discutable à Boston, où dès son arrivée en 1954-55, il fut le joueur ayant obtenu le plus de minutes de pénalités dans la ligue. Il fut aussi nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles. Dans une période où Doug Harvey et Red Kelly étaient pratiquement des incontournables pour la première équipe, Flaman fut aussi nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles en 1956-57 et 1957-58. Fait à noter, alors que les Bruins n’étaient vraiment pas à ce moment une puissance de la ligue à six équipes, ils causèrent une certaine surprise en atteignant la finale lors de ces deux mêmes années. Ils se buttèrent toutefois aux Canadiens en finale, eux qui étaient au milieu de leur séquence historique de cinq Coupes Stanley consécutives. 
 
Flaman, qui était capitaine de 1955, demeura avec les Bruins jusqu’en 1960-61, avant de devenir joueur-entraîneur-directeur gérant des Reds de Providence de la Ligue américaine. Il fut ensuite entraîneur dans la WHL et la CHL. 
 
En 1970-71, il devint entraîneur des Huskies de l’Université Northeastern, à Boston. Il y sera 19 ans. Si sa fiche globale est négative (256-301-24), il remporta tout de même une troisième place nationale en 1981-82, alors qu’on retrouvait dans son alignement Randy Bucyk, qui a remporté la Coupe Stanley à Montréal en 1986. Il remporta aussi quatre Beanpots, le tournoi qui réunit les équipes universitaires de la région de Boston. 
 
Lorsqu’il fut élu au Temple de la renommée, il avait terminé son passage à Northeastern. Sa carrière de joueur était terminé depuis longtemps et avait laissé de mauvais souvenirs à plusieurs. Il était donc un peu étrange de voir refaire surface le nom d’un joueur qui a, oui, joué plus de 900 matchs, mais qui n’a compté que 34 buts, qui n’a jamais remporté le Trophée Norris, qui n’a jamais été retenu au sein de la première équipe d’étoiles et qui n’a jamais remporté la Coupe avec l’équipe avec laquelle il est principalement associé. Évidemment, on ne peut pas être contre le fait de reconnaître différents aspects du jeu, dont le jeu défensif. Mais peut-être que le temps a fini par adoucir les souvenirs de certains ou que celui-ci a permis une certaine réhabilitation. 
 
D’ailleurs, autant lors de son introduction au Temle qu’à son décès en 2012, on souligna beaucoup l’apport qu’il eut dans la vie des jeunes joueurs qu’il a dirigés à Northeastern. 
 
Étonnamment, il a été élu au Temple de la renommée des sports de la Saskatchewan en 1992, deux ans après sa sélection à celui du hockey, un peu comme si on trouvait étrange qu’un joueur local soit honoré par la grande ligue sans qu’il ne soit honoré dans son coin de pays et qu’il fallait corriger la situation.
 
Au Temple de la renommée, Flaman fut plus tard rejoint par Pat Quinn et Colin Campbell, deux joueurs qui n’étaient pas nécessairement des enfants de chœur, mais qui furent toutefois élus dans la catégorie ″Bâtisseurs″. 
 
Sources : 
 
″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, 21 juillet 1954, Montréal-Matin, page 18, 
 
″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, 3 janvier 1958, Montréal-Matin, page 30, 
 
″Flaman le détestable″ de Maurice Richard, 24 juin 1990, La Presse, page S7, 
 
″Friends remember ex-Bruin Flaman as original tough guy″ de Mark Divver, June 12, 2012, Providence Journal (providencejournal.com), 
 
″Leafs Hall of Famer Flaman passes away″ de Luke Fox, June 23, 2012, Sportsnet (sportsnet.ca),
 
hhof.ca.
 
 

 

mardi 29 juillet 2025

Doug Mohns


 

J'avais croisé le nom de Doug Mohns lors de plusieurs recherches mais je ne lui accordais que très peu d'attention. Je croyais à prime abord qu'il était un joueur moyen et vagabond qui avait quand même connu une bonne carrière de façon anonyme. Mais en regardant finalement ses statistiques de plus près, j'ai tout de suite sursauté lorsque je me suis rendu compte qu'il était défenseur et qu'il avait accumulé plus de 700 points et joué durant 22 saisons. Il méritait alors définitivement une bio ici.

Doug Mohns est né le 13 décembre 1933 à Capreol en Ontario. Un patineur né, il fut même approché par les Ice Capades à l'âge de seulement 7 ans. Sa famille refusa toutefois l'offre et il se concentra plutôt sur le hockey. Surnommé «Diesel» pour sa vitesse sur patins rappelant une locomotive, il se distingua tout d'abord au sein des Flyers de Barrie de la ligue junior de l'Ontario avec qui il fut d'abord prêté par son club local de Capreol pour la coupe Memorial de 1951. Après leur victoire, les Flyers recrutèrent Mohns pour la saison 1951-52. Évoluant comme attaquant, il mena les Flyers pour les points à sa première saison et ramena les Flyers à la coupe Memorial en 1953. En compagnie de joueurs de renom comme Orval Tessier et Don Cherry, Mohns récolta 18 points en 10 matchs lors de ce tournoi et ramena la coupe Memorial à Barrie.

Propriété des Bruins, Mohns, alors âgé de seulement 19 ans, fit le saut directement dans la LNH en 1953-54. Il était assez rare de voir un si jeune joueur percer un alignement de la LNH à l'époque «Original 6» surtout sans devoir faire ses preuves dans les mineures. Mais des blessures à la défense chez les Bruins firent en sorte qu'il y avait un poste disponible. Il fut toutefois converti en défenseur, encore une fois un fait assez rare.

 

Mohns connut une très bonne première saison, accumulant 13 buts et 14 passes pour 27 points, soit le meilleur rendement offensif chez les défenseurs des Bruins, alors un club très médiocre en attaque. Leur meilleur attaquant n'ayant obtenu que 47 points.

Il joua 11 saisons complètes à Boston, devenant en 1959-60 le deuxième défenseur de l'histoire de la LNH (après Flash Hollett) à marquer 20 buts en une saison. En plus de sa rapidité et sa versatilité à pouvoir jouer parfois comme attaquant, il était un des premiers disciples du lancer frappé suite à son introduction par Bobby Hull et Boom Boom Geoffrion. Il participa 5 fois au match des étoiles lors de ses années avec les Bruins, 4 fois comme défenseur et 1 fois comme attaquant. Son entraîneur à Boston, le légendaire Milt Schmidt, évoqua que Mohns était un des meilleurs joueurs de la ligue à l'époque.  

Cependant, malgré quelques bonnes années vers la fin des années 50, dont deux participations en finale (1957 et 1958 contre Montréal), les Bruins n'allaient plus nulle part durant les années 60 et ratèrent les séries de 1960 à 1967. À l'été 1964, Mohns fut échangé aux Blackhawks en retour de deux joueurs, Reggie Fleming et Ab McDonald.

Lors de sa première saison à Chicago, il fut reconverti comme ailier gauche et muté sur le trio de Stan Mikita et Kenny Warham. Surnommé la «Scooter line» pour leur vitesse étourdissante, le trio fut un des meilleurs de la ligue pendant six saisons durant lesquelles Mohns connut ses meilleurs moments. Sa meilleure saison eut lieu en 1966-67 où il obtint 60 points, dont 25 buts, en seulement 61 matchs. Il retourna également au match des étoiles en 1965. Son entraîneur Billy Reay déclara qu'avoir Mohns sur la glace était comme d'avoir droit à un 3e défenseur tellement il était capable de se replier efficacement en défense ou d'adapter facilement son rôle selon l'intensité des matchs.


Après six ans à Chicago, l'âge commença à ralentir Doug Mohns. Il eut toutefois la chance de prolonger sa carrière grâce aux expansions. Après une première moitié de saison difficile, il fut échangé aux North Stars du Minnesota en février 1971. Il y joua durant deux autres saisons, retournant une dernière fois au match des étoiles en 1972, avant d'être réclamé par les Flames d'Atlanta au repêchage intraligue de 1973. Des blessures le limitèrent toutefois à seulement 28 matchs avec les Flames. 

L'heure de la retraite semblait avoir sonné pour Mohns à l'été 1974. Il y eut des rumeurs selon qui il deviendrait le premier entraîneur des nouveaux Capitals de Washington. Ces derniers portèrent toutefois leur choix sur Jim Anderson. Malgré tout, le DG des Capitals, son ancien coéquipier et entraîneur Milt Schmidt, voulait quand même avoir Mohns dans son équipe. N'ayant pas obtenu beaucoup de vétérans aguerris durant le repêchage d'expansion, Schmidt et les Caps achetèrent la dernière année du contrat de Mohns et le nommèrent comme premier capitaine de la franchise pour la saison 1974-75.

La première saison des Capitals demeure à ce jour la pire de l'histoire de la ligue avec seulement 8 victoires, 67 défaites, 5 matchs nuls et la majorité des joueurs avec une fiche de -50 (et le record de tous les temps de -82 de Bill Mikkelson). Lors de cette 22e saison en carrière, le vénérable Mohns parvint à jouer 75 matchs et accumula 2 buts et 19 passes à la défense des Capitals. Il termina avec une fiche de -54 et prit ensuite une retraite bien méritée.

Au autre cas de «patch» de capitaine appliquée avec du tape électrique

 

En 1389 matchs dans la LNH, Doug Mohns aura obtenu 248 buts et 462 passes pour 710 points et 1250 minutes de pénalité. Lors de sa retraite, seulement 4 joueurs avaient joué davantage de matchs; Gordie Howe, Alex Delvecchio, Tim Horton et Harry Howell.  

Il n'a malheureusement jamais remporté la coupe Stanley ou remporté d'honneurs individuels, ce qui nuit grandement à sa postérité. Durant ses années où il évoluait principalement comme défenseur (1953 à 1964 avec les Bruins), seulement 3 défenseurs ont obtenu davantage de points, soit Red Kelly (qui évoluait lui aussi parfois comme attaquant), Bill Gatsby et Doug Harvey.

Si le trophée Selke avait existé (il n'existe que depuis 1978), nul doute que Doug Mohns aurait été candidat durant ses années à Chicago. Il a aussi eu la malchance de partir de Boston quelques années avant l'éclosion des Big Bad Bruins et les coupes des années 70, en plus d'arriver à Chicago trop tard, les Blackhawks ayant remporté les grands honneurs en 1961. Il fut toutefois nommé au 57e rang du Top 100 de l'histoire des Bruins lors des célébrations du 100e de l'équipe en 2023-24.

Après sa retraite, il s'impliqua dans plusieurs causes humanitaires et travailla une vingtaine d'années au Massachusetts comme administrateur d'hopital. Il décéda en 2014 à l'âge de 80 ans.


mercredi 14 mai 2025

Roger Jenkins


 

 

Le défenseur Roger «Broadway» Jenkins est né 18 novembre 1911 à Appleton au Wisconsin. Sa famille déménagea toutefois à Port Arthur en Ontario lorsqu'il n'avait que trois ans. 

Après avoir joué son junior à Thunder Bay et une saison senior à Edmonton, il devint la propriété des Black Hawks pour la saison 1930-31. Cependant, les Black Hawks le prêtèrent aux Maple Leafs avant que la saison commence et c'est donc avec Toronto qu'il fit ses débuts professionnels. Après 21 matchs avec les Leafs, il fut retourné à Chicago pour finir cette première saison où il n'obtint qu'une seule passe. 

La saison suivante, il fut recalé avec les obscurs Tigers du Bronx de la Canadian-American Hockey League, l'ancêtre de la AHL moderne. Les Tigers n'existeront que durant cette seule saison 1931-32. La saison suivante, Jenkins fut rapatrié à Chicago où il joua enfin une saison complète et récolta de bonnes statistiques avec 3 buts et 10 passes en 46 matchs, soit le meilleur rendement chez les défenseurs de l'équipe. Il évoluait aussi parfois comme attaquant.

En 1933-34, il joua encore toute la saison à Chicago, mais n'obtint que 4 points. Il fut toutefois en poste durant l'entièreté des séries éliminatoires et aida le club à remporter sa première Coupe Stanley. Avant que les séries commencent, Jenkins avait parié avec le gardien des Hawks Charlie Gardiner que s'ils gagnaient la coupe, il paraderait Gardiner en brouette dans les rues de Chicago lors de la parade. 

Jenkins tint parole.

Jenkins transportant Charlie Gardiner lors de la parade de 1934
 

Gardiner devint le seul gardien capitaine à remporter la Coupe Stanley dans l'histoire de cette dernière. Cependant, il souffrait d'une infection aux amygdales depuis deux saisons, et jouait constamment malgré la douleur, la fatigue et même des convulsions. Il dut même quitter le match décisif en finale contre les Red Wings, après la 3e période toujours avec une égalité de 0-0. Le match se termina en 2e période de surtemps sur un but de Mush March (tout un nom). Gardiner remporta également le Vézina cette saison-là. Malheureusement, son infection prit de l’ampleur et il mourut d'une hémorragie cérébrale deux mois après avoir été transporté en brouette par Jenkins.

Lors de l'entre-saison 1934, Jenkins fut impliqué dans une méga transaction alors que la légende du Canadien Howie Morenz prit (dans la controverse) le chemin de Chicago. En retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke, le Canadien obtint l'excellent Lionel «Big Train» Conacher, l'attaquant Leroy Goldsworthy ainsi que Jenkins. Conacher fut toutefois échangé aussitôt aux Maroons où il avait déjà joué dans le passé.


Jenkins continua donc sa carrière avec le CH et obtint 4 buts et 6 passes en 1934-35. Il fut toutefois échangé à prix fort après cette seule saison, cette fois-ci aux Bruins. En retour de seulement Jenkins, le CH obtint le controversé et excentrique Jean Pusie et aussi le défenseur Walt Buswell qui jouera 5 solides saisons avec le faible club montréalais.

Donc Jenkins joua en 1935-36 pour un cinquième club différent en six saisons (en incluant les Tigers du Bronx). Il récolta 8 points en 42 matchs. 

Mais, encore une fois, il fut impliqué dans une autre transaction d'importance avant la saison suivante. Cette fois-ci, il retourna avec le Canadien en compagnie du légendaire Babe Siebert. En retour, les Bruins rapatrièrent Leroy Goldsworthy, en plus de mettre la main sur Sammy McManus ainsi qu'un montant de 10 000$.

Cependant, les Canadiens n'avaient que très peu de plan pour ce deuxième séjour de Jenkins. Ils le firent jouer 10 matchs sans histoire avant de le laisser languir dans les gradins. Il fut finalement libéré à la mi-décembre 1936. Le soir même, les Maroons lui firent signer un contrat d'urgence pour colmater leur défense. Mais ce ne fut que son seul et unique match avec les Maroons et il fut également laissé de côté pour les prochains matchs. Il fut finalement prêté aux Americans de New York, son 3e club de la saison. Il est d'ailleurs un des premiers joueurs de l'histoire de la ligue à avoir joué pour trois équipes durant le même calendrier.

Libéré par les Americans après la saison, il débuta ensuite celle de 1937-38 sans contrat. Il fut toutefois signé quelques semaines plus tard par son premier club, les Black Hawks. L'air de Chicago sembla parfaitement lui convenir puisqu'il retrouva finalement son aplomb, obtenant 9 points en 37 matchs, et aidant de nouveau l'équipe à remporter la Coupe Stanley. Cette fois-ci il fut un contributeur majeur en séries, obtenant 6 points en 10 matchs. 

Les Hawks de 1938 sont souvent considérés comme un des pires clubs à avoir remporté la Coupe. Le club avait raté les séries l'année précédente et s'étaient faufilé en séries avec une fiche de 14 victoires, 25 défaites et 9 nulles, ce qui était quand même bon pour la dernière position donnant accès aux séries dans leur division. Sur leur chemin, ils éliminèrent d'abord les Canadiens, et ensuite les Americans en deuxième ronde, soit deux clubs ayant abandonné dans le cas de Jenkins la saison précédente. Ils éliminèrent ensuite les Leafs en 4 matchs (d'une série 3 de 5). Les Leafs étaient également une ancienne équipe de Jenkins, mais comme vous pouvez voir, il a pas mal joué partout...

Leur pourcentage de victoire de .291 en saison demeure à ce jour un record pour un club champion de la coupe. Ils sont également le club champion ayant le moins de membres du temple de la renommée, seulement un en fait, le défenseur Earl Siebert.

Et encore une fois, j'imagine par tradition, Jenkins avait fait le pari avec le gardien des Black Hawks, cette fois-ci Mike Karakas, qu'il le transporterait en brouette. Je n'ai pas trouvé de photo cette fois-ci, seulement cette coupure de journal.


Les Black Hawks de 1938 étaient également l'équipe avec les plus de joueurs nés aux États-Unis ayant leur nom gravé sur la coupe avec 8 joueurs, incluant Jenkins.

Suite à cette deuxième coupe pour Jenkins (et les Hawks), il débuta la saison suivante à Chicago mais fut libéré après 14 matchs. Il fit alors un énième retour avec une ancienne équipe, en retournant avec les Americans de New York. C'est avec eux qu'il termina son parcours dans la LNH. Et son dernier match en saison régulière ne fut même pas complété en tant que patineur. Lors du dernier match de la saison des Americans contre les Rangers, le gardien Earl Robertson se blessa durant la deuxième période. N'ayant aucun substitut, ce fut Jenkins qui fut délégué pour remplacer Robertson. Alors qu'ils tiraient déjà de l'arrière 4-2, Jenkins alloua 7 buts et les Americans perdirent ce match 11-5, soit leur pire défaite de la saison. Ils atteignirent toutefois les séries mais s'inclinèrent en 2 matchs contre les Maple Leafs.

La saison suivante, Jenkins fut vendu aux Indians de Springfield de Eddie Shore dans la AHL. Après une saison à Springfield, il joua trois ans avec les Bears de Hershey et fut élu au passage sur l'équipe d'étoiles en 1942-43. Il mit ensuite le cap vers l'ouest pour terminer sa carrière dans les niveaux mineurs de l'ouest nord-américain. Il joua d'abord la saison 1943-44 avec les Iron Workers de Seattle de l'obscure Northwest International Hockey League, ligue purement amateure qui jouait seulement les dimanches... La NIHL se renomma sous le nom de la Pacific Coast Hockey League la saison suivante. Jenkins suivit, cette fois-ci avec les Stars de Seattle. Il joua ensuite pour les Ironmen de Seattle et termina finalement sa longue carrière en 1948 après deux saisons avec les Rockets de Tacoma.

En 327 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 15 buts et 39 passes pour 54 points. Il aura joué pour 6 clubs de la LNH, à une époque où l'on comptait entre 7 et 10 équipes par saison. Les seuls clubs où il n'aura pas joué durant son passage furent les Rangers, les Red Wings, les Quakers de Philadelphie (1930-31) et les Senators d'Ottawa/Eagles de St.Louis, 

Donc malgré une carrière assez anonyme, il aura tout de même laissé sa trace particulière, obtenant au passage deux coupes Stanley et ayant été impliqué dans plusieurs transactions majeures de l'époque. On peut dire qu'il a roulé sa brouette...


jeudi 2 janvier 2025

Quiz hardcore LVEUP - Bruins de Boston




C'est l'heure de retourner dans le hardcore avec un autre quiz LVEUP. 

Cette fois-ci on va faire une vieille équipe désormais centenaire, les Bruins de Boston.

Bonne chance! Partagez-nous votre score dans les commentaires ou sur Facebook ou sur Twitter.

Pour d'autres quiz du genre, cliquez ici.


samedi 30 novembre 2024

Joueur oublié des 90's #96 - Dave Reid

 



Né à Toronto de 15 mai 1964, David William Reid a grandi en banlieue à Etobicoke. Après une première saison junior avec les Petes de Peterborough en 1981-82, cet attaquant de 6'-1" fut repêché en 3e ronde (60e au total) par les Bruins de Boston au repêchage de 1982. 

Il joua deux autres saisons à Peterborough, à l'exception de 8 matchs avec les Bruins durant la saison 1983-84 où il marqua son premier but en carrière. Il passa ensuite les 4 saisons suivantes à faire la navette entre les Bruins et leurs divers clubs-école, malgré de statistiques honnêtes comme sa saison 84-85 où il ammassa 27 points en 35 matchs à Boston. Cependant, au fil des saisons, les Bruins l'employèrent de moins en moins et après la saison 87-88 où il ne joua que 3 matchs avec le grand club, il fut libéré.

Il signa alors comme agent libre avec son club d'enfance, les Maple Leafs, pour la saison 1988-89. Avec un club plus faible à Toronto qu'à Boston, Reid put finalement devenir joueur de la LNH à temps plein, et il obtint 30 points en 77 matchs. C'est surtout en tant que spécialiste défensif et tueur de pénalités que Reid sut faire sa niche. En 1990-91, il connut sa meilleure saison en carrière jusque-là avec 15 buts et 13 passes. 8 de ces 15 buts furent marqués en désavantage numérique, ce qui égalisa un record d'équipe avec Dave Keon (en 1970-71), record qui demeure en place jusqu'à ce jour. 

Cependant, malgré cette bonne saison et ce record, les Leafs le libérèrent au début de la saison 91-92. Sans contrat pendant quelques semaines, ce sont finalement les Bruins qui lui firent signe. Il revint donc en décembre 1991 après une dizaine de matchs dans les mineures avec le club-école. 

Il joua les 5 saisons suivantes à Boston, principalement dans son rôle fétiche de spécialiste défensif mais étant parfois amené à jouer sur la première ligne avec Cam Neely ou Adam Oates. Il obtint 2 saisons de plus de 20 buts, une en 92-93 et l'autre en 95-96 avec 23 buts et 21 passes pour un sommet en carrière de 44 points.

De nouveau agent libre à l'été 1996, il signa alors avec les Stars de Dallas. Il connut d'abord une bonne saison de 18 buts en 96-97 avant de redevenir exclusivement comme spécialiste défensif. Il continua toutefois de contribuer offensivement au bon moment, comme par exemple durant les séries de 1999 où il obtint 10 points en 23 matchs, aidant grandement à la conquête de la coupe par les Stars.

 



Après cette première coupe, il retourna de nouveau sur le marché des joueurs autonomes et il signa alors un dernier contrat avec l'Avalanche où il joua deux saisons et se retira du jeu après une deuxième coupe remportée en 2001. 

En 961 matchs dans la LNH, il obtint en tout 164 buts et 204 passes pour 369 points, en plus de 35 points en 118 matchs en séries.



mardi 20 août 2024

William «Flash» Hollett


Les débuts de la carrière de hockeyeur de Bill Hollett ont été pour le moins inorthodoxes et inimaginables de nos jours. Originaire du Cap-Breton, il avait d’abord été recruté pour se joindre à une nouvelle équipe de crosse à Toronto en 1932. Coéquipier du polyvalent Lionel Conacher, il fut remarqué par Conn Smythe. Devant l’échec financier de l’équipe de crosse, Smythe recruta Hollett et l’assigna à Syracuse, dans la Ligue internationale.

Hollett fut ensuite prêté par les Leafs aux agonisants Senators d’Ottawa. Il joua ainsi 30 matchs lors de leur dernière saison, avant d’enfiler le chandail des Leafs.

En 1934-35, Hollet put jouer sa première saison complète à Toronto. Il put alors démontrer tout son talent. Défenseur offensif, il marqua 10 buts. Son coup de patin lui valut d’ailleurs le surnom ″Flash″.

Malgré cela, l’année suivante il fut victime d’un surplus de talent au sein d’une équipe qui comptait déjà sur Happy Day, King Clancy et Red Horner. Les Leafs décidèrent alors de le vendre aux Bruins pour 16 500$, une somme considérable à l’époque.

À Boston, il prit deux ans avant de vraiment prendre ses aises. Il y fut souvent jumelé avec Eddie Shore, ce qui donna éventuellement de très bons résultats. En 1938-39, il connut sa deuxième saison de 10 buts. Aidés par l’arrivée de Frank Brimsek devant les buts, les Bruins dominèrent alors la ligue et remportèrent la deuxième Coupe Stanley de leur histoire.

L’année suivante, Hollett eut des résultats semblables, tout comme son club. Par contre, Boston se fit surprendre par les Rangers au premier tour des séries.

Ce ne fut toutefois que partie remise, puisqu’en 1940-41, les Bruins remportèrent à nouveau la Coupe. L’année ne fut toutefois pas si simple pour Hollett. En janvier, le directeur-gérant des Bruins, Art Ross, décida de l’envoyer avec les Bears de Hershey en compagnie de Mel Hill pour quelques matchs, pour faire de la place pour deux autres joueurs. Hollett en fut vexé et menaça de cesser de jouer. Montréal et Chicago s’intéressèrent au défenseur qui avait la réputation d’être opportuniste et de créer des occasions, mais Ross décida finalement de le conserver. Ce ne sera toutefois pas la dernière fois qu’il dut en découdre avec lui.
Il était tellement connu sous le nom de Flash, que c'est ce qui est inscrit sur la Coupe Stanley

Si les Bruins n’ont pas terminé en tête de la ligue, ni remporté la Coupe en 1941-42, ce n’est pas par manque d’effort de Hollett qui, en inscrivant 19 buts, égalisa le record pour le plus de filets pour un défenseur, détenu par Harry Cameron. Hollett réinscrivit 19 buts l’année suivante aussi.

En janvier 1944, Ross décida d’échanger Hollet aux Red Wings contre Pat Egan. Encore une fois, ce mouvement de personnel ne passa pas avec Hollet. Plutôt que de se rapporter à Détroit, il retourna chez lui, en Ontario et menaça encore de cesser de jouer, mentionnant qu’à la limite, il préférerait jouer à Toronto. Pendant ce temps, Egan demeura avec les Wings. Après quelques jours, l’entraîneur Jack Adams eut une conversation avec sa nouvelle acquisition et Hollett accepta finalement de se joindre aux Wings.

Il semblerait qu’il retrouva ses repères avec Détroit, puisqu’en 1944-45, Hollett battit son record et marqua 20 buts. Il sembla également avoir un malin plaisir à exceller contre son ancienne équipe, qui eut une séquence de 15 défaites face aux Wings, suite à l’échange.

Hollett joua une autre saison à Détroit, avant que ceux-ci ne l’échangent aux Rangers, en retour de Ab DeMarco et Hank Goldup. Toutefois, encore une fois, Hollett résista à la transaction. Par contre, à ce moment, il fit plus que de menacer d'arrêter de jouer. Il passa aux actes. En 565 matchs, il montre une fiche de 132-181-313. Au moment de sa retraite, il s’agissait du plus haut total de points pour un défenseur dans l’histoire de la Ligue nationale. Il fut également le dernier joueur actif à s’être aligné avec les Senators d’Ottawa (première version).

Il alla ensuite jouer au niveau senior, avec Kitchener-Waterloo, puis avec les Marlboros de Toronto, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1950. Il fut aussi leur entraîneur pour une courte période.

Le record de buts de Hollett mit 24 ans à être battu, par Bobby Orr. Par contre, comme il a joué avant la création du Trophée Norris, il n’en a évidemment aucun à sa fiche. De plus, ses saisons records ont eu lieu pendant la guerre, alors que plusieurs joueurs étaient absents. Peut-être que ses refus à des échanges pendant une période où on s’attendait à ce que les joueurs obéissent n’ont pas aidé non plus, mais toujours est-il que Hollett est plutôt tombé dans l’oubli et ne fait pas partie du Temple de la renommée.

Il est décédé en 1999, à l’âge de 88 ans.

Sources :

″De son côté Toronto cède Flash Hollett aux Bruins″, La Patrie, 16 janvier 1936, page 21,

″Hollett Threatens Revolt in Hockey″, Edmonton Journal, January 9, 1941, page 13,

″Gorman After Flash Hollett″, Regina Leader-Post, January 14, 1941, page 13,

″Boston’s Hollett Defined as Best ′Clutch′ Player″ de Alan Harvey, CP, Calgary Herald, December 22, 1942, page 11,

″Flash Hollett abandonnera le hockey plutôt que Boston″, La Patrie, 7 janvier 1944, page 19,

″Adams Catches Up With Hollett″, CP, Saskatoon Star-Phoenix, January 8, 1944, page 13,

″Flash Hollett préfère jouer pour Toronto″, Le Devoir, 8 janvier 1944, page 11,

″Wings Rally, Beat Bruins By 6-3 Score″, Windsor Daily Star, December 20, 1944, page 3,

″Hockey Player Enjoys Revenge″, UP, Spokane Daily Chronicle, March 14, 1945, page 12,

″Bill ″Flash″ Hollett dit se retirer du hockey pour de bon″, PC, La Patrie, 10 septembre 1946, page 17,

″Hollett Retires, May Coach, Play Amateur″, CP, The Calgary Herald, September 11, 1946, page 18,

″Hull, Orr bag record goals″, UPI, Montreal Gazette, March 21, 1969, page 28,

″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, Montréal-Matin, 22 mars 1969, page 50,

wikipedia.org.


mercredi 7 août 2024

Les grands voyageurs #14 - Darren Banks




 

Re-bienvenue à la série des Grands voyageurs où l'on décortique le parcours étourdissant de ces «journeymen» légendaires. Le nombre d'équipes est compté entre parenthèses² au fur et à mesure.

 

Darren Banks est né le 18 mars 1966 à Toronto. Non-repêché, il prit le chemin des rangs universitaires canadiens en 1986 avec l'Université Brock de St.Catharines, où il joua durant trois ans et obtint un diplôme en sociologie. 

Il débuta ensuite comme professionnel en 1989-90 dans la ECHL avec les Cherokees de Knoxville (1). Grand ailier gauche costaud à 6'2" et 228 livres, c'est rapidement qu'il comprit qu'il devrait se concentrer sur son rôle de pugiliste pour perdurer dans le hockey. Il amassa 258 minutes de pénalité en 52 matchs, en plus d'amasser 47 points dont 25 buts à cette première saison pro. 

Cette bonne prestation capta l'attention des Flames de Calgary, qui l'embauchèrent et l'assignèrent à leur club-école de la IHL, les Golden Eagles de Salt Lake City (2) pour terminer cette saison 89-90. Il joua également un match en prêt avec les Komets de Fort Wayne (3). 

Il passa les deux saisons suivantes avec les Golden Eagles, passant dans l'ordre 286 et 303 minutes au cachot. Il fut libéré par les Flames sans jamais jouer avec le grand club mais il se trouva un autre poste dans l'organisation des Bruins de Boston (4) pour la saison 1992-93. Il impressionna assez au camp d'entrainement pour commencer la saison avec les Bruins en octobre 92. Lors de son premier match, le 8 octobre 1992 contre les Whalers, il accumula 17 minutes de pénalité.

Voici un extrait de ce premier match:



Il fut finalement retourné dans les mineures après 16 matchs durant lesquels il aura obtenu 2 buts, 1 passe, et 64 minutes de pénalité. Ces 3 points furent obtenus lors du même match, une victoire de 8-2 contre les faibles Sharks.

Il termina donc la saison 92-93 avec les Bruins de Providence (5) dans la AHL où il accumula 199 minutes de pénalité en 43 matchs en plus d'une fiche de 9 buts et 5 passes. Sa saison 93-94 fut également partagée entre Providence et Boston, mais il ne joua que 4 matchs avec le grand club, ses derniers dans la LNH où il n'obtint qu'une passe et 9 minutes au cachot. 

Cependant, son entraîneur dans les mineures était l'ancien joueur Mike O'Connell. Les deux ne s'appréciaient pas et durant une pratique, Banks lança une rondelle sur O'Connell. Après la saison, O'Connell devint adjoint au directeur général des Bruins. Vous pouvez imaginer la suite pour Banks...


Libéré par les Bruins et de son propre aveu sur la liste noire de la LNH, il commença alors véritablement son parcours nomade dans les mineures. Il joua pour 4 clubs en 1994-95; le Thunder de Las Vegas (6) dans la IHL, les Pirates de Portland (7) et les Red Wings d'Adirondack (8) dans la AHL et finalement les Falcons de Détroit (9) dans l'obscure Colonial Hockey League (CoHL).

Il continua avec ces mêmes Falcons en 95-96 mais passa ensuite au Blizzard d'Utica (10), toujours dans la CoHL, en plus de 5 autres matchs de retour avec le Thunder de Las Vegas.

Sa saison 1996-97 fut ensuite passée exclusivement avec les Vipers de Détroit (11) dans la IHL, saison qui se solda par une conquête de la coupe Turner pour Banks et les Vipers. Banks se plaisait beaucoup avec les Vipers, lui qui habitait tour près à Windsor. Cependant, il fut échangé aux Rafales de Québec (12) durant l'été 1997. Banks ne voulait rien savoir de jouer à Québec et il refusa de s'y rapporter. Le DG des Rafales attendait des nouvelles et des explications de la part de Banks lors des jours suivants, sans succès, jusqu'à ce qu'il apprenne par RDS que Banks était au camp d'entraînement des Sénateurs d'Ottawa malgré son contrat dans la IHL.



Il accepta éventuellement de venir à Québec mais ce ne fut que très bref. Après seulement 4 matchs sans grande implication de sa part, il fut échangé aux Dragons de San Antonio (13). Après un autre 7 matchs là-bas où il n'était toujours pas intéressé à jouer, il fut réacquis par les Vipers. Il connaitra une de ses meilleures saisons offensives avec 16 buts et 14 passes pour 30 points en 59 matchs en 97-98, en plus de retourner en finale de la coupe Turner, cette fois-ci dans une cause perdante. Il joua ensuite une autre saison complète avec les Vipers en 98-99.

Il tenta ensuite l'aventure en Europe avec les Knights de London (14) de la ligue Britannique. Mais après seulement 23 matchs (et 101 minutes de punition), il revint en Amérique du nord avec les Border Cats de Port Huron (15) de la United Hockey League (anciennement la CoHL).

Lors de la saison 2000-01, il joua pour 3 clubs, les Border Cats encore une fois, le Speed de Knoxville (16) et finalement les Mustangs de Phoenix (17) dans la West Coast Hockey League (WCHL), suite à quoi il sembla prendre sa retraite.

Il revint toutefois en action en 2003-04 dans la très éphémère WHA2 avec les Barracudas de Jacksonville (18) où il ne joua que 7 matchs. S'en suivit ensuite un dernier 2 matchs dans la UHL en 2004-05 avec les Outlaws de Kansas City (19).

En plus de ces 19 équipes professionnelles en 15 saisons, Banks joua également pour deux clubs au Roller Hockey, les Bullfrogs d'Anaheim et le Jawz de Long Island durant les étés 1995 et 1996.

En 20 matchs dans la LNH, la fiche de Darren Banks fut de 2 buts et 2 passes pour 4 points en plus de 73 minutes au cachot. Si on additionne ses totaux dans les rangs professionnels, il accumula au total 2836 minutes de pénalité en seulement 653 matchs entre 1989 et 2005.

Depuis sa retraite, il s'impliqua dans diverses communautés urbaines de la région de Détroit mais est depuis quelques années employé au casino The D de Las Vegas comme hôte au casino.

 

Saison Équipe Ligue     MJ B P Pts PUN





1989-90     Fort Wayne Komets     IHL     1 0 1 1 0






    Salt Lake Golden Eagles     IHL     4 0 0 0 11






    Knoxville Cherokees     ECHL     52 25 22 47 258





1990-91     Salt Lake Golden Eagles     IHL     56 9 7 16 286





1991-92     Salt Lake Golden Eagles     IHL     55 5 5 10 303





1992-93     Providence Bruins     AHL     43 9 5 14 199






    Boston Bruins         NHL     16 2 1 3 64





1993-94     Providence Bruins     AHL     41 6 3 9 189






    Boston Bruins     NHL     4 0 1 1 9





1994-95     Detroit Falcons     CoHL     22 9 10 19 51






    Adirondack Red Wings     AHL     20 3 2 5 65






    Portland Pirates     AHL     12 1 2 3 38






    Las Vegas Thunder     IHL     2 0 0 0 19





1995-96     Detroit Falcons     CoHL     38 11 17 28 290






    Utica Blizzard     CoHL     6 1 2 3 22






    Las Vegas Thunder     IHL     5 0 2 2 10





1996-97     Detroit Vipers     IHL     64 10 13 23 306





1997-98     Québec Rafales     IHL     4 0 1 1 9






    San Antonio Dragons     IHL     7 0 0 0 6






    Detroit Vipers     IHL     59 16 14 30 175





1998-99     Detroit Vipers     IHL     58 6 12 18 296





1999-00     London Knights     BISL     23 8 2 10 101






    Port Huron Border Cats     UHL     17 3 5 8 12





2000-01     Phoenix Mustangs     WCHL     8 0 1 1 36






    Knoxville Speed     UHL     20 4 7 11 50






    Port Huron Border Cats     UHL     4 0 0 0 4





2003-04     Jacksonville Barracudas     WHA2     7 1 2 3 25





2004-05     Kansas City Outlaws     UHL     2 0 0 0 2






Sources:
From the NHL to professional roller hockey, Darren Banks collected friends and memories, The Athletic, 20 février 2019
Darren Banks trahi par le Réseau des Sports, Le Soleil, 16 septembre 1997
Darren Banks en cavale!, Le Soleil, 20 septembre 1997
Bye Bye Banks!, Le Soleil, 17 octobre 1997