Je suis tombé l'autre jour sur cette publication expliquant que de toutes les équipes existantes de la LNH, seuls les Devils du New Jersey n'ont jamais été balayé en séries.
Il y a bien sûr comme vous voyez le Mammouth, le Kraken et les Golden
Knights qui font également partie du portrait mais comme ce sont des
franchises toutes jeunes, ils ne sont évidemment pas encore pris en
considération.
Mais si on considère le Mammouth comme étant la
continuation des Coyotes de l'Arizona et des premiers Jets de Winnipeg,
et bien il faut sans hésitation garrocher le mammoth dans la grosse
batch de gauche avec tous les autres...
J'étais un peu perplexe avec ce tableau et fallait bien que j'aille vérifier. Il est cependant bien vrai que les Devils n'ont jamais perdu une série avec une fiche pire que 4-1 depuis leurs débuts en 1982-83.
Mais si vous êtes familiers avec notre contenu ici, vous savez bien que pour nous, les Devils du New Jersey ne seront jamais seulement les Devils du New Jersey.
Ici, quand on pense aux Devils du New Jersey, on parle plutôt de la franchise des "Devils du New Jersey/Rockies du Colorado/Scouts de Kansas City". Tsé, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et inutile?
Donc, si ça vous dit rien, résumons rapidement. La franchise des Devils a d'abord commencé ses activités sous le nom des Scouts de Kansas City, équipe d'expansion pour la saison 1974-75, en même temps que les Capitals de Washington. La santé du hockey professionnel était alors tellement précaire avec les récentes expansions et la concurrence de l'AMH, tellement que les Capitals et les Scouts furent deux des pires équipes d'expansion de l'histoire, les Capitals terminant leur première saisons avec la pire fiche de tous les temps (8-67-5) tandis que les Scouts firent à peine mieux avec une fiche de 15-54-11.
On considéra même que l'expansion de 1974 était une erreur, tellement que la seule utilité des deux équipes pour la ligue fut d'être utilisés comme équipe de démonstration lors d'une tournée au Japon au printemps 1976, la fameuse Coca-Cola Bottler's cup.
Wilf Paiement avec les Scouts de Kansas City
Les mauvaises performances sur la glace n'étaient pas le seul problème des Scouts. L'équipe souffrait également de la flambée des salaires des joueurs, d'un ralentissement économique dans le Midwest et d'une faible affluence. Les Scouts n'attiraient en moyenne que 8 218 spectateurs par match alors qu'à l'époque, la moyenne de la ligue tournait autour de 13 000. Les 37 investisseurs de l'équipe, criblés de dettes, ont alors choisi de vendre la franchise après seulement deux saisons.
C'est alors que naquit la franchise des Rockies du Colorado pour la saison 1976-77. Après une première saison de 20 victoires et 54 points, les Rockies remplacèrent leur entraîneur par le légendaire joueur et entraîneur des ligues mineures, Pat Kelly. Ce même Pat Kelly qui fut plus tard fondateur et commissaire de la ECHL dont le trophée de championnat porte son nom. Kelly ne parvint pas vraiment à redresser la barque chambranlante des Rockies alors que l'équipe n'obtint que 19 victoires en 1977-78.
Cependant, avec un sommet dans la LNH de 21 matchs nuls et un total de 59 points, le meilleur total ever en tant que Scouts/Rockies, l'équipe parvint miraculeusement à se tailler une place en séries, notamment grâce au fait que la section Smythe était très faible avec les Canucks, Blues et les éternels abonnés des bas fonds à l'époque, les North Stars. Seuls les Blackhawks étaient de taille dans cette division et les Rockies terminèrent donc deuxièmes in extremis et purent participer aux séries de 1978.
À l'époque, le meilleur club de chaque section se méritait un laisser-passer en deuxième ronde tandis que les autres clubs devaient s'affronter lors d'une série 2 de 3 en première ronde. Grâce à leurs deuxième rang dans la division Smythe, les Rockies durent donc se mesurer aux deuxièmes de la section Patrick.
Malheureusement pour eux, la division Patrick était davantage boostée avec les Islanders en première place devant les encore puissants Flyers de Philadelphie, qui eurent alors l'honneur de devenir les premiers adversaires des Rockies en séries.
Les Flyers avaient bien sûr tout un alignement avec des joueurs comme Bobby Clarke, Bill Barber et Reggie Leach ainsi qu'un Bernard Parent toujours dominant. Les Rockies eux n'avaient que très peu de punch en attaque, les seuls dignes de mention étant Wilf Paiement (87 points) ainsi que deux pas pires défenseurs en Barry Beck et John Van Boxmeer. Dans les buts pour les Rockies se retrouvait l'ancien des Flyers Doug Favell ainsi que Michel Plasse comme adjoint.
Cependant, les Rockies ne furent pas la proie facile que l'on croyait lorsque la série débuta le 11 avril 1978. À domicile à Philadelphie, les Flyers procédèrent à un barrage en force de 44 tirs contre seulement 18, mais les Rockies parvinent à tenir la marque à 2-2 jusqu'en fin de troisième période. Mais avec seulement 22 secondes d'écoulées en début de prolongation, Mel Bridgman marqua contre Favell et les Flyers l'emportèrent.
La série se transposa ensuite à Denver ou les Rockies tentèrent tant bien que mal de contenir les Flyers (48 tirs) à une marque finale de 3-1. Le seul à marquer devant les partisans des Rockies fut l'obscur défenseur Dennis Owchar en première période, mais les Rockies donnèrent du fil à retordre jusqu'à la toute fin du match.
Mais au final, c'en était fini de cette série expéditive et somme toute sans histoire. Les Flyers passèrent en deuxième ronde contre les Sabres de Buffalo dont ils disposèrent rapidement par la marque de 4-1. Ils s'inclinèrent finalement en finale de conférence contre les Bruins.
Pour leur part, ce fut la première et dernière présence en séries des Rockies, et la dernière pour la franchise jusqu'au début de l'émergence des Devils en 1988, où la jeune équipe surprit tout le monde et se rendit à son tour jusqu'en 3e ronde.
Les Devils n'avaient pas encore la version finale de leur logo lors de leur première séance du repêchage en 1982.
Les Rockies jouèrent 4 autres saisons difficiles au Colorado. Minés par l'instabilité, ils eurent sept entraîneurs en quatre ans — aucun n'étant resté plus d'une saison complète — et les propriétaires ont changé de mains à deux reprises au cours de cette même période. En 1982, l'équipe continuait de faire face à de graves difficultés financières et fut de nouveau mise en vente.
Cela a notamment donné lieu à une tentative d'achat ratée par un groupe d'investisseurs d'Ottawa, dont l'intention était de déménager les Rockies dans la capitale canadienne. On alla même jusqu'à envisager une fusion de l'équipe avec les Capitals, à l'image de ce que la ligue avait fait quatre ans plus tôt entre les Barons de Cleveland et les North Stars du Minnesota. Finalement, la franchise fut vendue en mai au magnat du transport maritime du New Jersey, John McMullen, qui était également propriétaire des Astros de Houston dans la Ligue majeure de baseball.
C'était alors la fin des éphémères Rockies du Colorado dont le nom fut toutefois récupéré au baseball majeur en 1993 par l'arrivée d'une équipe d'expansion au Colorado.
Les partisans de hockey de Denver purent enfin revoir du hockey de séries en 1996 avec leur nouvelle équipe du nom de l'Avalanche. Les Devils et l'Avalanche furent ensuite deux des meilleures équipes au tournant du millénaire, s'affrontant même en grande finale en 2001 lors d'une série épique de 7 matchs remportée par l'Avalanche.
Donc au final, OUI, la franchise des Devils a déjà été blanchie en séries, sous une incarnation différente et seulement lors d'une courte série préliminaire 2 de 3. Mais ils ont été blanchi quand même lors de leur histoire, même si c'était ailleurs qu'au New Jersey.
My job here is done... Désolé au gars qui a fait le graphique...
Si ça vous intéresse, ces deux seuls matchs en séries dans l'existence ses Rockies existent sur YouTube, grâce à un transfert de VHS granuleux comme on les adore...
Dans mon texte du 14 octobre dernier où je décortiquais en trop de détails les fois où on retrouvait le record du plus de ligues professionnelles nord-américaines (9) en même temps lors des saisons 1995-96 et 2008-09, j'étais tombé, bien malgré moi croyez-le, sur une ligue bâtard qui s'appelait la AAHL, acronyme de la All-American Hockey League... Vous savez, c'est le genre de truc qu'on retrouve en dessous d'une roche et qu'on devrait probablement laisser là, mais que moi il faut que j'aille me faire mordre par...
Alors voici la AAHL... une ligue habilement décrite ici par le Courier & Press d'Evansville:
Ceux qui ont survécu ont enduré des voyages d’autobus interminables, des pénuries d’équipement et le drame quasi quotidien qui accompagne le fait de jouer dans l’All American Hockey League (AAHL), où la seule constante, pour cette ligue de classe A, demeure son instabilité.
Match entre Evansville et Chicago
Comme toute bonne ligue mineure du fin fond des tiroirs du hockey
minor-pro nord-américain, la AAHL naquit des cendres d'autres ligues
encore plus creuses.
La première ancêtre directe fut la encore plus éphémère Mid-Atlantic Hockey League (MAHL) qui n'avait opéré que durant la saison 2007-08 comme circuit mineur pro de bas niveau conçu pour aider les anciens joueurs juniors et universitaires à acquérir de l’expérience professionnelle, à se faire remarquer et à gravir les échelons vers des ligues de niveau supérieur. Elle n'avait que 5 équipes, établies en Pennsylvanie, Ohio et dans le nord de l'état de New York.
Après seulement une saison de seulement 30 matchs après quoi où 4 des 5 équipes avaient été soit dissoutes ou déménagées, la MAHL ferma rapidement les livres, malgré la venue de quelques clubs d'expansion qui auraient joué lors de sa deuxième saison. Deux de ces clubs proposés quittèrent le bateau peu flottant de la MAHL en quête de plus verts pâturages. Analogie de bateau et de ferme. Ça marche pas tant... comme ces ligues.
Au même moment, il y avait une autre ligue proposée du nom de la Midwest Hockey League. Je vous jure que j'en ai jamais entendu parler et j'ai creusé profond durant ma carrière... La MWHL était supposée débuter ses activités lors de la saison 2008-09. Mais voyant que la ligue ne décollerait pas à temps, trois clubs fondateurs joignirent les clubs de la MAHL de Battle Creek et South Shore pour fonder la All-American Hockey Association et finalement débuter cette saison 2008-09.
Oui la ligue n'avait pas encore le nom AAHL à ce moment. Un peu comme la LNH en 1917, elle passa de «Association» à «League» lors de sa deuxième saison.
Elle comprenait seulement 4 clubs lors de sa saison ingurale:
Les Shooters de Chi-Town (Dyer, Indiana) - originalement issus de la MAHL comme équipe d'expansion proposée sous le nom des South Shore Shooters.
Le Revolution de Battle Creek (Michigan) - également orpheline de la MAHL, elle ne fit que changer de nom et de ville en 2008-09. Elle avait joué en 07-08 sous le nom du Freedom de Valley Forge (Oaks, Pennsylvanie), l'équipe déménagea à Battle Creek lors de la fondation de la AAHL (ou AAHA). Le logo fut simplement adapté, j'imagine pour sauver de la merch. Le Revolution est la seule équipe qui avait réellement joué des matchs en 2007-08. Mais j'ignore si les joueurs ont suivi... hmmm on y retrouve une vaste quantité d'ancien joueurs ECHL ou autres niveaux adjacents comme la Central Hockey League CHL ou autre WPHL.
Voici le switch de logo (et de ligue) de 2007-08 à 08-09:
Les Icemen d'Evansville (Indiana) - seule équipe notable à avoir débuté ses activités dans cette ligue, les Icemen se démarquèrent principalement lorsque la gardienne Kira Hurley, anciennement de l'Université Clarkson, obtint une passe sur un but des Icemen, devenant ainsi la première femme à obtenir un point au hockey professionnel nord-américain masculin. Ce match avait également été remporté par une marque record de 24-4 contre l'équipe suivante...
Les Icemen seront les grands gagnants de cette expérience que fut la AAHL. La franchise quitta le bateau après le deuxième saison de la ligue, rejoignant la CHL, ligue qui deviendra bientôt absorbée par la ECHL où le club évolua jusqu'en 2016 avant de déménager à Jacksonville en Floride.
Les Dragons de Détroit (Fraser, Michigan) - Originalement une équipe proposée sous le nom des Gamblers de Motor City pour la Midwest Hockey League (vue plus tôt), les Dragons ne parvinrent qu'à jouer 30 des 42 matchs de la première saison de la AAHA avant de devoir fermer boutique. L'équipe déménagea alors d'urgence à Chicago et termina les 12 matchs suivants et clore la saison sous le nom du Blaze de Chicago. Comme à «Détroit», le Chicago était géographique de nom mais la franchise était dorénavant située à Rolling Meadows, en banlieue du nord de Chicago.
C'est contre eux (version Chicago) que Hurley et les Icemen gagnèrent le record de 24-4 le 14 février 2009. Le chandail et le bâton de Hurley sont depuis exposés au temple de la renommée à Toronto.
OMG c'est sur Youtube... Juste la fin cependant avec les 3 étoiles:
Les joueurs étoiles du matchs #2 et 3 (dont je distingue pas bien les noms) ont eu chacun une fiche de 6 buts et 7 passes...
Ce furent finalement les Shooters de Chi-Town qui remportèrent le premier championnat de la AAHA en 2009, la Champions Cup, ensuite renommée la Davidson Cup en l’honneur de Rod Davidson, une figure clé de la ligue, y ayant œuvré comme entraîneur, dirigeant, puis finalement comme commissaire.
Bon. Jusqu'à ce point de l'histoire, vous vous dites sûrement que ça a pas de bon sens cette ligue. Pas mal plus une ligue de garage qu'une véritable ligue «mineure pro» ou semi-pro. Cependant, certaines de ses équipes parvinrent à signer des affiliations avec des clubs de la ECHL, CHL et IHL, faisant alors définitivement partie de l'échiquier. Mais aucun joueur de la AAHL n'a joué dans la LNH et selon mes quelques feuilletages de stats.... je crois que même très peu ont pu atteindre la AHL.
Le seul joueur «notable» que j'ai pu retracer sur le fut un choix de 1989 des Devils, Jason Simon, qui a joué 4 matchs dans la LNH dans les années 90 et vagabonda ensuite dans toutes les ligues possible (possible candidat dans la série des Grands Voyageurs). 2008-09 était sa dernière saison pro.
Je crois avoir trouvé un vidéo de la finale ici:
La AAHA se renomma sous le nom AAHL pour sa deuxième saison en 2009-10. Durant l'entre-saison, il y avait toujours la possible création de la Midwest Hockey League discutée auparavant. On mit toutefois définitivement la hache dans le projet et le seul club proposé survivant, les Ice Muskies de Madison (Wisconsin) joignirent les rangs de la AAHL qui comprenait alors 6 clubs avec en plus le retour d'une équipe à Détroit (ou plutôt le retour de la banlieue de Fraser, Michigan) les Hitmen de Détroit. La AAHL absorba alors officiellement ce qui restait de la MWHL, incluant du personnel de bureau.
Belles couleurs «Hartfordiennes» pour les Ice Muskies de Madison
Cette relative «continuité et expansion» ne fut toutefois que bien temporaire et le véritable «shitshow» commença en 2009-10. La deuxième équipe de Détroit ne fonctionna pas davantage que la première en 08-09. Elle déménagea après 14 matchs à Muskegon et fut rebaptisée les West Michigan Blizzard. Le Blaze de Chicago ne fit guère mieux à sa deuxième saison, cessant définitivement ses opérations après 14 matchs également. Les Ice Muskies ne durèrent que quelques semaines de plus, fermant boutique après 30 matchs. La deuxième saison de la AAHL se termina donc de nouveau avec seulement 4 clubs.
Les Icemen d'Evansville remportèrent la deuxième Davidson Cup.
IceMen d'Evansville, champions AAHL de 2010, avant leur départ pour la CHL
Si c'était quelque peu mélangeant mais pas trop lors des saisons 08-09 et 09-10, et bien la troisième et dernière saison de la AAHL en 2010-2011 fut un véritable cauchemar.
Je vous décortique cela ici:
Clubs de retour: Revolution de Battle Creek
Clubs en suspension: Shooters de Chi-Town
Les Icemen d'Evansville cessèrent leurs opérationssuite à la création d'un nouveau club du même nom dans la CHL.
Déménagement des Ice Huskies à Wooster en Ohio sous le nom des Korn Kings de Wooster.
Déménagement du Blizzard de West Michigan à Dyer en Indiana sous le nom du Blizzard de l'Indiana.
Équipes d'expansion: Storm de Queen City (Sharonville, Ohio), Loggers de Lapeer (Michigan), Bruins de Troy (Ohio).
Voici encore quelques logos:
Après ce remaniement déjà compliqué, la saison 2010-11 commença et dérapa rapidement.
Le 17 novembre 2010, après seulement 5 matchs, les Korn Kings furent repris en charge par la ligue et cessèrent leurs activités.
Le 29 décembre 2010, on annonça que les Indiana Blizzard mettaient fin à leurs opérations et que les Chi-Town Shooters revenaient pour terminer la saison, reprenant tous les joueurs du Blizzard ainsi que leur fiche actuelle. Malgré le maintien du nom très régional de «Chi-Town», l’équipe était toujours basée à Dyer, en Indiana, plutôt qu’à Chicago. Trop compliqué changer de gear à cet étape...
Le 3 janvier 2011, les Loggers de Lapeer furent à leur tour repris par la ligue après que l'entraîneur Lorne Knauft ait confirmé qu’il avait démissionné de son poste d’entraîneur. La raison : le propriétaire de l’équipe, George Harrison, avait tout simplement quitté le navire sans donner d’explication.
« On dirait que les propriétaires et la ligue n’assument aucune responsabilité financière envers cette organisation... Ils ont des retards de paiement envers à peu près tout le monde impliqué, moi y compris. Je crois même qu’ils n’ont pas d’assurance ou d’indemnisation en cas de blessure d’un joueur. À ce moment-là, j’ai senti que je pouvais être tenu responsable si un joueur se blessait, et j’ai jugé qu’il valait mieux que je quitte mes fonctions. »
Quelques jours après le retrait des Loggers, les Bruins et le Storm cessèrent eux aussi leurs activités. Les joueurs de ces trois équipes furent alors réunis d'urgence sous le nom du Michigan Moose. Le Moose, dirigé par le commissaire de l’AAHL, Rod Davidson, était basé à Battle Creek et jouaient leurs matchs locaux au même amphithéâtre que leurs rivaux du Revolution. En février 2011, les Moose cessèrent à leur tour leurs activités.
Après cet autre remaniement, la ligue annula le reste de sa saison en janvier et passa directement aux séries éliminatoires avec seulement 3 clubs toujours actifs. En mars 2011, le Revolution de Battle Creek, seul club à avoir joué durant les trois saisons d'existence de la AAHL, remporta sa première Coupe Davidson, malheureusement (ou heureusement) la dernière coupe Davidson de l'histoire.
«Aweille prends-là ta photo qu'on en finisse...»
Le 16 juin 2011, la ligue suspendit ses opérations et officialisa sa dissolution permanente dans les mois suivants.
C'en était donc terminé pour la courte, instable et étrange existence de la AAHL, ligue professionnelle très très mineure dont l'héritage est également très très mineur.
Outre la présence toujours active d'Evansville dans la SPHL, il n'existe que très peu de traces de la AAHL. Et pour rajouter au fiasco, faire des recherches sur la «AAHL» est évidemment difficile, les résultats principaux concernent davantage la traditionnelle «AHL». Google me demande à chaque fois «do you mean AHL?»
Voici pour conclure les quelques développements subséquents notables dans les marchés concernés:
Battle Creek retrouva du hockey au niveau junior A, et ensuite très brièvement dans la FPHL, penchant américain de la LNAH. Aucune équipe active à Battle Creek cette saison.
Fraser au Michigan dut attendre en 2022 pour retrouver du hockey professionnel avec les Rockers de Motor City, aussi dans la FPHL.
Madison au Wisconsin est davantage une ville de hockey universitaire et junior.
Muskegon, ville de longue date des ligues mineures, s'est aussi repliée sur le hockey junior.
Donc les IceMen sont le principal héritage de la AAHL. L'équipe migra avec succès dans la CHL, accueillant la franchise dormante des Lumberjacks de Muskegon et déménageant dans un nouvel aréna de 11 000 places. La suite du hockey à Evansville fut toutefois compliquée. Le club ne put conclure une nouvelle entente avec l'aréna local en 2016 et la franchise devint dormante pour finalement déménager à Jacksonville. Un nouveau club, les Thunderbolts, fut toutefois lancé dans la SPHL au même moment et y évolue toujours, gagnant le championnat en 2025.
Les saisons 1998-99 et 1999-00 ont vu un nombre records de 139 équipes professionnelles dispersées sur toute l'Amérique du Nord dans 8 ligues. (Zoomez pour une plus grande résolution)
Comme vu dans mon texte précédent, les saisons 1995-96 et 2008-09 furent les deux occurrences où on assista à un record de 9 ligues professionnelles/mineures/semi-pro lors d'une même saison, en Amérique du nord.
Mais encore là, ce n'était toutefois pas le record en ce qui concerne le nombre d'équipes en même temps.
Cet autre record appartient aux deux saisons consécutives qu'étaient 1998-99 et 1999-2000. Le paysage nord américain du hockey pro au tournant du siècle était alors étendu sur 8 ligues, incroyablement les mêmes d'une année à la suivante. Quelques équipes ont quitté le bateau pour être remplacées lors de la 2e, mais sans changer le nombre total.
Les voici:
1998-99: 139 clubs dans 8 ligues
• LNH: 27 clubs (première saison pour Nashville) • AHL: 19 clubs • IHL: 16 clubs (vers la fin de son existence, aura plafonnée en 95-96 avec 19 clubs) • ECHL: 27 clubs (le petit circuit qui ramasse les miettes de la IHL) • WCHL: West Coast Hockey League): 9 clubs • WPHL: Western Professionnal Hockey League: 19 clubs, souvent mélangée (avec raison) avec la précédente, la WPHL (96-01) voyait encore plus gros que cette dernière avec un sommet de 19 équipes, mais subira le même sort, étant absorbée dans la CHL en 2001, en même temps que la IHL fut dissoute. • UHL: United Hockey League: 11 clubs. Anciennement la CoHL (Colonial Hockey League), renommée UHL en 1997. Elle aussi récupère des équipes orphelines de la IHL. • CHL: Central Hockey League: 11 clubs.
WPHL
1999-00:139 clubs dans 8 ligues - pareil que 98-99 mais pas le même nombres d'équipes partout.
• LNH: 28 clubs (première saison pour les Thrashers d'Atlanta) • AHL: 19 clubs • IHL: 13 clubs (avant-dernière saison, 2 clubs de la saison précédente ont migré dans la UHL et CHL) • ECHL: 28 clubs (la petite ligue désormais grande) • WCHL: 8 clubs • WPHL: 18 clubs • UHL: 14 clubs • CHL: 11 clubs
Donc de 98-99 à 99-00, quelques changements et migrations. La CHL a par exemple rescapé le Ice d'Indianapolis de la IHL mais avait aussi perdu une équipe, est donc demeurée à 11 clubs.
Pourquoi pas encore une autre archive vidéo? Cette fois-ci allons donc voir ce que ça donne dans la WPHL, parce que pourquoi pas? Voici le match des étoiles des la WPHL de 2000 mettant en vedette l'équipe «World» (comme dans la LNH à l'époque) contre l'équipe «Texas»? WTF?
Donc de 1998 à 2000, c'était «stable» à 139 équipes dans 8 ligues, les seuls changements notables découlant de la fin imminente de la IHL. D'ailleurs, beaucoup de ces ligues inférieures sous la IHL avaient vu jour en réponse à cette dernière. Lors de sa fondation et pour la majorité de son histoire, la IHL avait comme mission d'avoir des clubs principalement au midwest, dans des petits marchés en dehors des ligues majeures, avec quelques exceptions près.
Les idées de grandeur de la IHL (jusqu'à vouloir rivaliser avec la LNH durant la grève de 1994) firent en sorte qu'il y avait de plus en plus de clubs dans des marchés majeurs et sur une plus grande superficie (Phoenix, Denver, San Diego, etc). En contrepartie, les plus petits marchés (Fort Wayne, Kalamazoo, Saginaw, etc.) décidèrent de former ou joindre de nouvelles ligues qui se réclamaient les anciens territoires délaissées par la IHL.
C'est principalement la ECHL qui en profita au final, gagnant cette «guerre de l’absorption» des ligues mineures. En analysant à fond, l'ADN de la ECHL inclut les deux IHL, la WCHL, la WPHL, la UHL et CHL. Quelques clubs et/ou marchés sont aussi parvenu à rejoindre la AHL (Chicago, Houston, Milwaukee)
Donc présentement c'est évidemment beaucoup plus stable. Ce l'était aussi d'une certaine manière avant les années 90-2000. Il y eut plusieurs saisons vers la fin des années 80 et début 90 où on ne retrouvait que 4 ligues (LNH,AHL,IHL,ACHL ou ECHL), tandis que dans les années pré-expansion de 1967, c'était aussi stable à environ 5-6 ligues par saison.
Les années 70 ont parfois vu voir 7 même 8 ligues en même temps comme par exemple en 1973-74 (LNH, IHL, AHL, WHL, CHL, AMH, NAHL, SHL).
Depuis 2014, le niveau se situe annuellement dans les 100-120 équipes par saison, à l'exception notable, bien sûr, de la saison covid de 2020-21 où l'on chuta de 114 à 82, la LNH étant la seule à garder tous ses clubs (sur un calendrier réduit). Presque toutes les autres ligues virent leur nombre de membres chuter jusqu'à la moitié, tandis que la LNAH prit carrément une sabbatique. On revint à 114 équipes la saison suivante.
On se dit à la prochaine, sur pourquoi pas, un peu de IHL circa 1999...
La Central Hockey League, à ne pas initialement confondre avec sa première version (1963-84) et autres circuits antérieurs, voit le jour en 1992, sous l’impulsion de Ray Miron et Bill Levins.
Miron et Levins étaient autrefois entraîneur et DG respectivement des Blazers de l'Oklahoma dans l’ancienne CHL pendant les années 60 et 70. Miron avait également été DG des Oilers de Tulsa de 1964 à 1974 et auparavant dans l'ancienne EHL avec les Knights de Nashville. Il fut plus tard promu comme DG des défunts Rockies du Colorado (1976 à 1981) et travailla également dans l’organisation des Maple Leafs.
La CHL avait d’abord été créée en 1963 par la LNH pour servir de circuit de développement pour ses jeunes joueurs. Elle a accueilli plusieurs futurs grands noms, tels que Bernie Parent, Tony Esposito, Stan Smyl, Dirk Graham, Randy Carlyle, Glenn "Chico" Resch, Pete Mahovlich, Bob Bourne, Mark Messier, et surtout, de nombreux jeunes joueurs du Canadien avec les Apollos de Houston, tels que Carol Vadnais, Rogatien Vachon, Serge Savard, Jacques Lemaire et Guy Lapointe. La ligue représentait bien son nom «Central», avec des équipes principalement du midwest et des états plus à l'ouest avec des villes comme Omaha, Minneapolis, Indianapolis, Tulsa, Kansas City, mais aussi avec des tentatives peu fructueuses plus au sud ou sur les côtes du pacifique comme Memphis et Seattle. Ce fut aussi temporairement la ligue ou vécurent les très éphémères Six-Guns d'Albuquerque que j'affectionne particulièrement.
Ray Miron (3e à partir de la droite, première rangée) et les Oilers de Tulsa en 1966.
La CHL dut toutefois cesser ses activités en 1984 en raison du déclin du soutien des clubs de la LNH et de la concurrence importante d’autres circuits comme l’AHL et la IHL. Après la saison, la LNH cessa son appui financier direct. Le commissaire Bud Poile (anciennement coach des Canucks, Flyers et père de David Poile) déclara alors la ligue «inactive». Les franchises survivantes migrèrent ailleurs, par exemple Salt Lake City et Indianapolis qui rejoignirent l’International Hockey League (IHL). Les autres équipes ont ensuite tout simplement disparu ou se sont replier sur des ligues semi-pro locales.
Donc, au début des années 90, Miron et Levins unirent leurs forces pour ramener le hockey professionnel dans des villes de taille moyenne du sud et du Midwest américain, délaissées par la dissolution d’autres circuits, principalement depuis la fin de la CHL. Il n’y eut par exemple aucune équipe professionnelle, tous circuits confondus, située au Texas entre 1982 et 1992. Même avant l'arrivée des Stars de Dallas, il n'y avait plus eu aucun club texan depuis les Blackhawks de Dallas qui avaient évolué de 1967 à 1982 dans la CHL 1.0.
On peut véritablement appeler cela une résurrection de ligue totale. Si elle était passablement déclarée comme «inactive» par David Poile en 1982, elle était redevenue active sous les ordres de Miron et Levins qui nommèrent leur nouvelle ligue en honneur de l’ancien nom vacant. La Central Hockey League put renaître de ses cendres, 8 ans après la fin de l'originale.
Bill Levins mourut toutefois subitement en mai 1991 avant de pouvoir voir son projet aboutir. Miron prit le relais et Levins demeura quand même comme fondateur à titre posthume. Le trophée du vainqueur de la CHL fut nommé en honneur de Levins.
Il y avait toutefois une grande différence entre les deux CHL. Cette fois-ci, la ligue opéra comme seule entité propriétaire indépendante et opéra l'entièreté des franchises, du moins au départ, sans propriétaires externes ni influence de la LNH. Le fils de Ray Miron, Monte, fut nommé comme commissaire de la ligue.
Monte Miron avait joué quelques saisons dans l'ancienne CHL et autres
circuits.
Joe Burton
Comme autrefois, les premières équipes de la nouvelle CHL se trouvaient au Texas, en Oklahoma, au Kansas, au Tennessee et en Louisiane. On vit alors plusieurs noms renaître. Ce fut le cas des Blazers d’Oklahoma City qui deviennent rapidement la locomotive de la ligue, attirant parfois plus de 10 000 spectateurs par match, un chiffre très impressionnant pour le hockey mineur. Ils remportent le trophée Levins en 1996 et 2001. Le meilleur joueur des Blazers et de la ligue est alors le capitaine Joe Burton, qui joua 10 saisons à Oklahoma City et terminera sa carrière comme champion pointeur de l'histoire de la CHL avec 565 buts, 420 passes pour 985 points en 706 matchs.
Une autre résurrection réussie fut le cas des Oilers de Tulsa. Le hockey en Oklahoma, malgré nos préjugés nordiques, a presque toujours fonctionné.
Les Oilers, disparus en même temps que la fin de la première CHL, sont une équipe mythique des ligues mineures, alors qu’on peut remonter jusqu’en 1928 pour retrouver les premiers Oilers de Tulsa dans la vieille American Hockey Association. Ils ont ensuite joué dans la USHL (1945 à 1951) avant de revenir dans la CHL en 1964.
Le principal fait d'arme des Oilers dans le folklore du hockey mineur fut leur couronnement comme derniers champions de la CHL en 1984, remportant les grands honneurs en tant qu’équipe itinérante.
Après avoir déclaré faillite avant la fin de la saison, les joueurs décidèrent de jouer tout de même leurs 17 derniers matchs sur la route. Malgré cela, avec un jeune John Vanbiesbrouck dans les buts, ils terminent troisièmes et remportent l’Adams Cup en battant Salt Lake City en finale. Cet exploit devint légendaire. (En savoir plus ici dans cet ancien texte de Martin ITFOR).
Histoire de continuer dans une parfaite résurrection, les Oilers de Tulsa 2.0 inaugurèrent parfaitement cette nouvelle incarnation de la CHL en remportant également la première «Coupe Levins» en 1993. Ce fut même ce qu'on peut appeler une parfaite finale «CHL» et «Oklahomienne» alors que leurs opposants en finale furent les Blazers d'Oklahoma City. Autre fun fact, un des meilleurs marqueurs des Oilers champions de 1993 fut nul autre que Taylor Hall. Oui. L'autre Taylor Hall.
Avec nul autre que Garry Unger comme coach... Unger avait lui aussi joué dans la CHL au début des années 60. On y voir aussi un ancien du Titan de Laval, Sylvain Naud.
La coupe Levins fut éventuellement renommée la Ray Miron President’s Cup en 2001. Mais malgré leur statut parmi les plus stables équipes de la CHL par la suite, et de la ECHL depuis 2014, les Oilers n’ont jamais remporté de championnat à nouveau.
Parmi les autres premières équipes de 1993, on retrouvait le Freeze de Dallas, le Fire de Forth Worth, les Riverkings de Memphis et le Thunder de Wichita. Toutes ces villes avaient auparavant connu du hockey de la CHL. En plus de la bataille de l'Oklahoma (un autre parallèle avec les autres Oilers), la CHL désirait raviver l'ancienne rivalité régionale CHL entre Dallas et Forth Worth, qui, comme Dallas, avaient existé de 1967 à 1982. Le Freeze, qui jouait également dans un autre aréna que les Stars, plus miteux, ne fut bien sûr que bien temporaire alors que l'équipe plia
bagage en 1995, laissant toute la place aux Stars dans la LNH.
Le Freeze de San Jose Dallas
La ligue ajouta ensuite d’autres équipes à partir de 1995. On verra alors apparaître au cours des années suivantes des noms exotiques comme les Iguanas de San Antonio, les Channel Cats de Huntsville, les Cottonmouths de Columbus (Georgie) et les fameux Macon Whoopee, cette étrange équipe au logo semi-sexuel qui migra dans la ECHL en 2001.
Sans oublier les très éphémères, très boboches, et très rigolos Bandits de Border City. Confirmant de plus en plus mon amour pour cette ligue.
Malgré toutes les histoires «à la Slapshot» qu'on s'attend des ligues profondes, la CHL demeura relativement stable comparée à d’autres ligues mineures concurrentes. Le Thunder, les Oilers et les Blazers demeuraient les têtes d'affiche et la ligue opérait désormais annuellement entre 10 et 12 équipes au tournant du siècle.
En 2001, la CHL fusionna avec sa rivale, la Western Professional Hockey League (WPHL), un autre circuit texan-sudiste fondé en 1996, ce qui lui permit d’élargir son territoire et d’accroître sa crédibilité.
Encore plus de nouvelles équipes à ce moment comme:
Le Ice d'Indianapolis, les Jackalopes d’Odessa, Le Beast de Brampton (seule incursion canadienne de l'histoire de la CHL), les Buzzards d’El Paso, les Bossier-Shreveport Mudbugs, les Killer Bees de Rio Grande Valley, les Rattlers d’Amarillo, renommées ensuite les Gorillas!
Il y a surdose de noms débiles que je voudrais bien étaler ici mais je vais garder ça pour plus tard... (note à moi-même, garder pour plus tard)
En voici quand même une:
Yeah.
Après la fusion avec la WPHL, la CHL comptait entre 15 et 17 équipes en moyenne par saison, plafonnant à 18 en 2010-11, après l'absorption d'une autre ligue inférieure, la International Hockey League (2e version). Comme la CHL avant eux, une nouvelle ligue qui avait repris un nom vacant. J'en parlerai plus tard de la deuxième IHL si vous me le permettez... c'est une autre bibite.
En résultat de ces deux fusions, le niveau de jeu augmente, et même que quelques formations deviennent momentanément affiliées à des clubs de la LNH ou de l’AHL, ce qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Il y eut par exemple les Sundogs de l’Arizona, qui furent partiellement affiliés aux Coyotes de Phoenix entre 2007 et 2009, développant au passage un jeune David Schlemko. Autre exemple, les Eagles du Colorado, futurs double-champions dans la ECHL, furent quelques mois affiliés aux Oilers.
Il ne s’agissait toutefois que des ententes temporaires, souvent non-officielles et quelques dépannages organisationnels, rien de plus.
Jusqu'à ce moment dans son histoire, la CHL n'avait pratiquement développé aucun joueur d'une semi-importance dans la LNH. Cela changea toutefois autour de 2010 avec quelques joueurs notables comme Jordie Benn. Non-repêché, Benn avait débuté sa carrière dans la ECHL en 2008-09 avant d'être recalé en CHL la saison suivante. Il connut une bonne saison avec les Americans d'Allen, faisant assez bonne impression pour être engagé par l'équipe de son frère à Dallas. Il joua ensuite à Montréal, Vancouver, Winnipeg, Minnesota et Toronto.
Aaron Dell et un superbe chandail Ronald McDonald avec les Americans d'Allen
Le gardien Aaron Dell est aussi un des rares cas de joueurs développés dans la CHL avant d'arriver à la grande ligue. Dell était #1 des Americans, champions de la saison 2012-13, avant de graduer dans l'organisation des Sharks. Andrew Desjardins, également non-repêché, a joué une saison (2007-08) dans la CHL avec les Bucks de Laredo. Il gradua ensuite dans ECHL et AHL avant d'aboutir avec les Sharks et les Blackhawks, où il fit partie de l'édition championne de 2015.
On vit bien sûr quelques anciens de la LNH se ramasser en CHL, particulièrement dans les années 90 et début 2000. Outre l'autre Taylor Hall déjà discuté, il y eut quelques présences plus ou moins inhabituelles. En voici quelques-uns, triés sur le volet.
Brendan Morrow, alors joueur des Stars de Dallas, joua à Oklahoma City durant le lock-out de 2004-05, même chose pour son ancien coéquipier Brad Lukowich.
Scott Young, anciennement des Nordiques et marqueur de 300 buts dans la LNH, joua 3 matchs dans la CHL, aussi durant le lock-out 2004-05. Comme il était alors établi à Dallas, tout comme Morrow, j'imagine que l'option de s'entraîner et garder la forme dans un circuit proche était plus attirant que d'aller dans la AHL ou en Europe.
L'ancien espoir dans les buts des Leafs, Sébastien Centomo, originaire de Laval.
L'ancien défenseur des Sharks Neil Wilkinson joua une douzaine de match avec les Oilers en 2002-03, même chose pour son ancien coéquipier Craig Coxe qui joua 4 saisons à Tulsa. Un autre Sharks de renom, nul autre que le célèbre Link Gaetz, a joué 13 matchs avec les Iguanas de San Antonio en 1995.
Il y a également l'obscur joueur oublié des Nordiques Paxton Schulte qui termina sa carrière à Tulsa en 2006.
Alek Stojanov, celui plus malheureusement reconnu pour avoir été obtenu en retour de Markus Naslund par les Penguins en 1996, a joué une vingtaine de matchs avec les Scorpions de New Mexico.
Au tournant des années 2010, malgré des succès inespérés comme les Eagles du Colorado (qui affichaient des assistances records et un modèle de gestion exemplaire), la CHL fait face à de sérieuses difficultés financières et géographiques. Les coûts de déplacement augmentent considérablement. Plusieurs marchés (notamment au Texas et en Arizona) s’essoufflent. Des équipes migrent vers d’autres ligues plus stables, surtout la ECHL (Eagles en 2011, Komets de Fort Wayne en 2012 et Americans d’Allen en 2014).
Équipe toujours phare et parmi les meilleures au guichet, les Blazers
d'Oklahoma City plièrent bagage en 2009, étant ensuite remplacés par les Barons d'Oklahoma dans la AHL.
Malgré quelques tentatives de relance, la ligue se rétrécit. De 18 équipes en 2005, elle tombe à 9 équipes en 2013-14. Les derniers champions furent les Americans de Allen, qui remportent deux titres consécutifs pour clore l'histoire de la CHL.
Les Americans de Allen, derniers (doubles) champions en 2013 et 2014
En octobre 2014, la CHL cesse officiellement ses activités. Sept de ses équipes (Allen, Missouri, Rapid City, Tulsa, Wichita, Brampton et Quad City) sont absorbées par l’ECHL, scellant la fin de la CHL comme ligue indépendante.
La ECHL avait auparavant accueilli dans ses rangs d’anciennes équipes de la IHL et la WCHL, laissant libre cours à la CHL d’absorber de son côté la WPHL et la UHL/IHL. On peut dire que la mission d’épurer le réseau des ligues mineures aura fonctionné et que la ECHL aura finalement remporté ce que j'appelle cette «guerre de l’absorption» dans les ligues mineures.
L’héritage de la ligue demeure fort dans le Sud et le Midwest américain. Six équipes rescapées de la CHL sont toujours fidèlement en place dans la ECHL; les Oilers, les Americans, les Komets, le Thunder de Wichita, les Mavericks de Kansas City et le Rush de Rapid City, tandis que les Eagles du Colorado ont gradué dans la AHL. Des équipes originales de la CHL en 1992-93, seuls les Oilers et le Thunder sont toujours actives.
Les Oilers de Tulsa, toujours actifs dans la ECHL
La CHL aura été un tremplin pour des milliers de joueurs, un modèle de hockey communautaire dans des villes non traditionnelles mais toutefois classiques du hockey mineur de cette région des US, et une base d’expansion indirecte pour l’ECHL. Cela montre que parfois, ce ne sont pas seulement des joueurs qui se servent des niveaux mineurs pour graduer dans des niveaux supérieurs, dans le cas de la CHL, ce sont principalement les équipes qui ont pu se consolider et graduer dans un circuit plus prospère et stable.
Il est quelque fois mentionné que la CHL aurait atteint un niveau «AA» similaire ou parallèle à l’ECHL, mais je me permets d’en douter. La ECHL a développé
davantage de joueurs pour la LNH avec quelques excellents noms comme
Jonathan Quick, Michael Ryder, Jonathan Marchessault, Jaroslav Halak,
Yanni Gourde, Alex Burrows, et plusieurs autres. Outre les cas isolés de Jordie
Benn, Aaron Dell et Andrew Desjardins lors des dernières années
d'existence de la CHL, on ne peut pas dire que la fiche de route de la
CHL fut aussi reluisante. C'était toutefois bien parti lors de ses dernières années, mais on préféra logiquement agrandir la ECHL et
consolider tout ça dans un seul niveau au troisième échelon derrière LNH
et AHL. Ces ligues ont d'ailleurs longuement fait pression pour «épurer» l'écosystème des circuits mineurs.
Ray Miron (à gauche) a grandement aidé à mettre le hockey sur la carte à Tulsa et dans le sud des USA.
Ray Miron vendit la CHL en 2000. Il reçut de la LNH le trophée Lester B. Patrick en 2004, honorant sa contribution au hockey aux États-Unis. Il déclara ce moment son meilleur accomplissement en carrière. Il mourut à Tulsa en août 2015 à l'âge de 92 ans.
Les Oilers de Tulsa célèbreront leur «100e» anniversaire d'existence en 2028, ayant toutefois existé en plusieurs phases: 1928-1942 (AHA) 1945-1951 (USHL) 1964-1984 (CHL 1.0) 1992-2014 (CHL 2.0) 2014 - (ECHL)
On se laisse sur un extrait d'époque sur Youtube. Un match random Tulsa-Oklahoma de 1999-2000.
ENCORE GARY UNGER!
Sources: wikipedia, Fun While it Lasted, the Oklahoman, Eliteprospects
Les Devils ont eu des défenseurs de renom durant leurs meilleures années, comme Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Mais avant ces trois-là, le premier vrai bon défenseur de l'histoire de l'équipe fut le plus discret Bruce Driver, qui vit la franchise passer de risée de la ligue à championne de celle-ci.
Né le 29 avril 1962 à Etobicoke en Ontario, Driver ne semblait pas destiné à faire carrière dans la Ligue nationale. À 13 ans, il est même coupé de son équipe bantam parce qu’on le juge trop petit et trop frêle. Il persévère malgré tout et se démarque dans le junior A, ce qui incite les Generals d'Oshawa à le repêcher. Il refuse toutefois l'appel de la OHL pour plutôt accepter de joindre les Badgers de l'Université du Wisconsin.
À l'époque, la voie de la NCAA demeurait peu fréquente pour se rendre à la LNH, surtout pour les joueurs canadiens. Toutefois, coïncidence ou pas, c'est suite au «Miracle on ice» de 1980 qu'on remarqua de plus en plus de joueurs optant pour la NCAA au lieu de la OHL ou la LHJMQ. Le Wisconsin offrait d’ailleurs les exemples les plus éloquents, fort d’un des meilleurs programmes universitaires du pays, dirigé par le vénérable Bob Johnson.
Driver débuta son stage universitaire en force en 1980-81, aidant les Badgers à remporter le championnat national. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 6e ronde du repêchage de 1981 par les défunts Rockies du Colorado.
En 1981-82, les Badgers reçurent davantage de renforts avec l'arrivée de deux autres futurs joueurs de la LNH, soit Patrick Flatley et Chris Chelios, ce dernier étant muté sur la première ligne de défense avec Driver, qui lui fut élu sur la première équipe d'étoiles.
En 1982-83, Driver fut nommé capitaine des Badgers et mena l'équipe à une autre conquête du championnat national. Lors du match décisif contre Harvard, il récolta 1 but et 2 passes dans une victoire de 6-2 qui allait clore son parcours universitaire de parfaite façon.
Voici un extrait. Vous pouvez également y voir Chelios (#21) en action.
Fun fact, l'équipe 1983 des Badgers mettait aussi en vedette le futur joueur du Canadien David Maley ainsi que le gardien Marc Berhend, futur joueur des Jets et des Canadiens de Sherbrooke.
Après cette conquête, Driver opta de ne pas jouer sa 4e saison universitaire pour plutôt porter le chandail rouge et blanc du Canada lors des Jeux olympiques de Sarajevo. L’équipe canadienne (où jouait également Flatley et son futur coéquipier Kirk Muller) termina en 4e place, mais Driver s’y fit remarquer comme le défenseur le plus productif de la formation.
Après les jeux, Driver termina la saison 1983-84 avec l'organisation l'ayant repêché en 1981, maintenant connue sous le nom des Devils du New Jersey. Il joua 4 matchs pour terminer la saison (récoltant 2 passes) et fut cédé au club-école, les Mariners du Maine pour poursuivre son apprentissage. Il en profita alors pour ajouter à son palmarès avec une conquête de la coupe Calder.
Driver fit ensuite l'équipe à temps plein en 1984-85. Dès ses premières saisons, il s’impose comme un défenseur fiable, intelligent et surtout constant. Il incarnait le défenseur universitaire typique de l’époque: capable de lire le jeu, de calmer la tempête et d’appuyer l’attaque par une première passe solide et un lancer précis de la ligne bleue. Il récoltait en moyenne 40 points par saison, son meilleur rendement ayant eu lien en 1987-88 avec 15 buts et 40 passes pour 55 points. Un spécialiste en avantage numérique, la moité de ses buts marqués en carrière furent lors du jeu de puissance.
Au fil des années, il devint un pilier de la défense des Devils, étant même nommé capitaine lors de la saison 1991-92 suite au départ de Kirk Muller. Sa longévité au New Jersey – douze saisons au total – en fit l’un des visages les plus associés à l’équipe de cette époque, bien avant l’ère glorieuse marquée par Martin Brodeur, Scott Niedermayer et Scott Stevens.
C'est d'ailleurs l'arrivée de ce dernier en 1991-92 qui fit en sorte que le règne de Driver comme capitaine fut très court. Les Devils avaient obtenu Stevens suite à une offre hostile controversée des Blues envers Brendan Shanahan des Devils. Un arbitre décida que les Devils étaient en droit de recevoir Stevens en compensation.
Il y eut un long litige par la suite et Stevens ne voulait pas venir au New Jersey. Il se résigna toutefois et apprit à profiter de la situation. Étant auparavant capitaine des Blues, il était logique qu'il devienne éventuellement capitaine des Devils.
Mais comme ses débuts avec l'équipe étaient encore sous atmosphère tendue, ils ont préféré élire Driver comme capitaine. Ce ne fut toutefois que partie remise. Au même moment où les Devils changèrent leurs couleurs du vert/rouge au noir/rouge, Stevens fut nommé capitaine pour la saison 1992-93. Bon joueur, Driver ne rechigna pas et garda le "A" lors des saisons suivantes.
Le point culminant de sa carrière survint en 1995, quand les Devils remportèrent leur première Coupe Stanley en surprenant les Red Wings de Detroit en finale. Driver, désormais un vétéran respecté, joua un rôle discret mais essentiel dans ce triomphe.
Il obtint une fiche modeste de 1 but et 6 passes lors de ces séries, mais son seul but eut lieu lors du 3e match de la finale.
«Driver» drives it home. On peut tu avoir un call plus parfait? Sérieux.
Lors de la remise de la coupe au capitaine, Stevens remit la coupe aux 3 joueurs les plus anciens de l'organisation, soit John MacLean, Bruce Driver et Ken Daneyko.
Ces trois joueurs, surnommés les «Original Devils» avaient tous débuté leur carrière au New Jersey durant la saison 1983-84, soit la même saison où avait eu lieu la fameuse défaite «Mickey Mouse» de 13-4 contre Wayne Gretzky et les Oilers, le 19 novembre 1983. Cependant, seul MacLean était en uniforme lors de ce fameux match, Driver étant toujours avec l'équipe canadienne et Daneyko dans le junior.
Driver était toutefois le dernier joueur toujours en poste à avoir été repêché en tant que Rockies du Colorado. Il est d'ailleurs un des seuls joueurs repêché par les Rockies à avoir remporté la coupe, le seul autre étant Rob Ramage (1989 avec les Flames et 1993 avec le Canadien).
Après la conquête de 1995, le contrat de Driver se termina. Il désirait rester au New Jersey mais seulement s'il recevait un nouveau contrat d'au moins trois saisons et une clause de non-échange, ne voulant pas déménager sa famille. La direction opta de ne pas lui offrir de contrat, ayant plusieurs jeunes défenseurs prêts à faire le saut.
Il obtint toutefois ce qu'il désirait, pas très loin, avec les Rangers de New York. Il joua donc trois dernières saisons complètes avec l'ennemi à Manhattan, se retirant finalement du jeu après la saison 1997-98.
Sa retraite ne signifia pas la fin de son lien avec le hockey. Installé dans le New Jersey, il devint entraîneur d’équipes féminines au Morristown-Beard School dès 2000 et ensuite durant plusieurs saisons. Il fut élu au temple de la renommée de l'Université du Wisconsin.
En 922 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 96 buts et 390 passes pour 486 points, ainsi que 50 points en 108 matchs en séries.
Après la cohorte «Driver-Chelios-Flatley» du début des années 80, plusieurs autres joueurs de renom gravirent la LNH après leur passage à l'Université du Wisconsin comme Gary Suter, Scott Mellanby, Tony Granato, Curtis Joseph, Mike Richter, Brian Rafalski, Dany Heatley, Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh et Cole Caufield.