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mercredi 4 septembre 2013

Les Cannibals ne seront plus des Cannibals...



Grosse nouvelle récemment dans le monde merveilleux des équipes aux chandails et aux nom douteux... J'ai la triste tâche de vous annoncer que les Cannibals de Landshut de la 2 division de hockey allemande s'appelleront désormais le EV Landshut... Ça m'attriste énormément parce qu'une équipe au nom, logo et chandails aussi débiles que ça, quand ça disparaît, ça m'atteint... Vous le savez, je suis très émotif... (Quoi que c'est quand même assez raciste comme logo, on ne pleurera pas trop son départ à ce niveau...)


Les Cannibals de Landshut se nommaient ainsi depuis 2003. En fait, cette ville de Bavière est un des berceau du hockey allemand. EV Landshut fut fondé en 1948 dans la ville natale du célèbre dirigeant des SS, Heinrich Himmler, et du philosophe allemand Ludwig Feuerbach. C'est en 1963-64 que le EV Landshut devint un des clubs de la plus haute ligue de hockey allemande, la Bundesliga en remportant le championnat de la deuxième division et contre toutes attentes. Bien que souvent considéré comme de potentiels candidats à la relégation (ah, le système européen, les Nordiques s'y seraient habitués dans les années 80-90, à la 2e division...), le EV Landshut deumeurera un club de premier niveau jusque dans les années 90, recevant même des gros noms comme Pavel Bure (pour un match!), Uwe Krupp et Scott Young durant le lock-out de 1994, année où le EV Landhut fut un des clubs fondateur de la nouvelle Deutsche Eishockey Liga, actuel plus haut niveau de hockey allemand. D'ailleurs l'équipe connut ses grands moments au début des années 80, gagnant le championnat de la Bundesliga en 1982-83... Ils en remportèrent également un autre en 1970...



C'est à partir de cette époque que le surnom Cannibals apparu. Lors de l'entrée dans la DEL, la propriété de l'équipe fut transféré, pour des raisons économiques relevant de la formation de la ligue, à une GmbH (Gesellschaft mit beschränkter Haftung - « société à responsabilité limitée », un type d'entité économique propre aux pays germaniques) nommée Cannibals Eissport GmbH. Je n'ai pas trouvé pourquoi on avait introduit le mot "Cannibals" dans la création de la corporation qui allait introduire l'équipe dans la DEL, mais c'est à partir de ce moment que le marketing de l'équipe commença à surnommer la formation Cannibals... On est loin des "Habs" comme surnom...

À la fin des années 90, l'équipe y alla all in en recrutant énormément de joueurs nord-américain afin de connaître le succès, ce qui aura des conséquences désastreuse pour l'équipe. Bien qu'avec des joueurs comme  Dean Evason, Jason Herter, David Bruce, Mike Casselman, Peter Douris et Bob Joyce (NE RIEZ PAS!!!) dans sa formation, l'équipe termina la saison 1998-99 avec une élimination prématurée des séries éliminatoires et d'immenses dettes... Devant de large dettes, l'équipe fut vendue à la compagnie américaine Anschutz Entertainment Group qui renomma l'équipe MEC Münchener Eishockey Club GmbH et la déménagea à Munich pour en les Barons de Munich qui deviendront plus tard le Freeze de Hambourg...

C'est en 2002 que le hockey professionnel revint à Landshut avec une équipe officiellement nommée Landshuter Eishockey Spielbetriebs-GmbH mais officiellement nommée Landshut Cannibals. L'équipe évolue en 2. Bundesliga, deuxième division, depuis, ayant d'ailleurs remporté le championnat de la ligue au printemps 2012.

C'est en février que la compagnie détenant l'équipe annonça officiellement que le nom Cannibals fut abandonné au profit du retour au EV Landshut... On ne peut pas reprocher à l'équipe de vouloir avoir un peu plus de sérieux... Le nom aura circulé durant 20 ans et aura été officiellement celui-ci durant plus d'une décennie au grand plaisir des fans d'anomalies du hockey...


Pas mal plus... euh... disons... sobre comme chandail... Ça manque de bonhomme mongol...

mardi 3 septembre 2013

Le théorème de Dustin Boyd...



Le camp d'entraînement du Canadien arrive à grand pas et avec lui et autres camps de la NHL arrivent les espoirs de plein de joueurs plus ou moins talentueux de se tailler une place au sein d'une équipe, parfois pour la dernière fois de leur vie. J'aime d'ailleurs beaucoup les matchs pré-saison parce qu'on voit ces joueurs essayer de montrer qu'ils ont quelque chose dans le coffre en se battant ou en essayant de faire des prouesses acrobatiques à l'attaque pour devenir des Wayne Gretzky d'un soir de septembre pour montrer qu'ils sont de calibre de la NHL. Bien souvent ces joueurs vont finir dans les mineurs...

Ça me fait penser à la théorie de Pierre Bourdieu qu'il développe dans son opus magnum de 1980 intitulé La Distiction. Dans cet ouvrage classique de sociologie, Bourdieu étudie sociologiquement les habitudes de consommation des différentes classes sociales. Il parle d'ailleurs de long en large d'une classe de personne qu'il nomme les nouveaux riches, celle qu'on peut caractériser comme parvenus. Le nouveau riche est une personne qui possède ce qu'il nomme le capital économique, donc une certaine richesse financière, mais qui n'a pas de capital culturel, c'est à dire les codes culturels de la classe supérieur dans sa consommation. Ce qui veut dire qu'il agit pour montrer qu'il est un riche d'une manière grossière, pensez par exemple aux rappeurs et au bling-bling... Ils ont les moyens mais non les codes... Il nomme cette classe spéciale d'ailleurs, "celui qui en fait trop", parce qu'il ne possède justement pas ces dits codes...

Anyway, tout ça pour parler d'une drôle d'analogie de cette théorie avec les joueurs moyens qui veulent se tailler une place dans la NHL... 

Tout ça pour vous parler de Dustin Boyd...

Vous vous rappelez de Dustin Boyd, ce joueur obtenu dans l'échange qui envoya votre ancien préféré SK74, à Nashville... En fait, son passage avec le Canadien de Boyd fut assez éphémère, moi je me souviens de Boyd pour ce l'anecdote qui suit...

Je n'aime pas beaucoup les commentateurs sportifs, je trouve que très peu ont du flair, j'ai souvent l'impression qu'ils ont plus souvent travaillé à vouloir devenir commentateur sportif en tant que tel qu'à travailler à parfaire leur art d'analyste... C'est pourquoi j'aime beaucoup Dany Dubé. C'est un fin analyste qui ne semble pas vouloir révolutionner l'art de communiquer ni ressembler à tous les autres mais qui porte un regard plus souvent qu'à son tour pertinent, je dirais même unique, sur ce qui se passe avec le Canadien et dans la NHL, plus que 99% des autres...

Cela se passe lors du camps de 2010... Je ne me rappelle plus sur quelle tribune, probablement à feu CKAC, mais Dany Dubé parlait de Dustin Boyd, du fait qu'il n'aimait pas son attitude. Dubé affirma qu'il fut surpris d'entendre Boyd affirmer qu'il voulait relancer sa carrière maintenant qu'il était avec le Canadien, qu'il était prêt à marquer pleins de but avec sa nouvelle équipe... Ce que Dubé n'aimait pas c'est que Dustin Boyd ne semblait pas comprendre que le rôle qui lui est destiné, s'il en avait un, avec le  Canadien, n'était pas celui de marqueur de but... Boyd qui en était à sa cinquième saison dans la NHL et à sa 3e équipe n'avait toujours pas compris, selon Dany Dubé, que ce n'est pas le rôle qu'il doit jouer s'il veut se tailler un poste régulier dans la NHL...

L'histoire donnera raison à Dany Dubé, Dustin Boyd ne jouera que 10 matchs avec le Canadien, passant la majeure partie de la saison 2010-11 à Hamilton. L'année suivante, Boyd prit le chemin de la KHL avec le Barys Astana avec qui il évolue toujours...

Voici donc ma leçon de philosophie via Dany Dubé et Pierre Bourdieu que j'appellerai le théorème de Dustin Boyd : Celui qui saura avoir l'humilité de prendre un rôle plus humble aura plus de chance de se tailler une place aux niveaux supérieurs que ceux qui en font trop...

Tenez-vous le pour dit, jeunes blancs-becs qui s'apprêtent à titiller la NHL...

Connie Madigan









Le texte du 4 février 2013 aborde le sujet de ces joueurs qui, faute de place dans la LNH à six équipes, ont transporté leurs valises à travers les mineures pendant de nombreuses années, avant que finalement l’expansion de 1967 ne leur tende une perche.

Dans le cas de Connie Madigan, un défenseur défensif, l’expansion de 1967 (où la Ligue Nationale passa de six à douze équipes) n’a pas suffi.  Celle de 1970 (l’ajout des Sabres et des Canucks) non plus, pas plus que celle de 1972 (les Flames d’Atlanta et les Islanders).

Après un passage par le niveau senior en Colombie-Britannique, il débuta sa carrière professionnelle dans la WHL en 1958-59.  Il jouera par la suite dans l’AHL, l’IHL et la CHL, mais il passera la majeure partie de son temps dans la WHL, principalement avec les Buckaroos de Portland.

Il y joua de 1964 à 1974, interrompu par quelques passages avec d’autres équipes.  Il fut nommé quatre fois de suite sur la première équipe d’étoiles, en plus de gagner le titre de meilleur défenseur de la ligue en 1966.  En 1965 et 1971, il aida les Buckaroos à mettre la main sur la Coupe Lester Patrick, le championnat de la ligue.

Ses droits ont appartenu aux Leafs au début des années 1960, mais il n’a jamais joué pour eux.  Vinrent ensuite les expansions, mais celles-ci ne changèrent rien à son sort.

C’est finalement en janvier 1973 que Madigan eut sa chance.  Les Blues de St-Louis avaient plusieurs blessés et cherchaient du renfort.  Ils firent donc son acquisition de Portland en retour d’une somme d’argent et du prêt d’André Aubry pour le reste de la saison.  Madigan devint donc à 38 ans la plus vieille recrue de l’histoire de la LNH, un record qui tient toujours.  Son entraîneur, Jean-Guy Talbot (voir texte du 10 décembre 2012), était à ce moment à peine deux ans plus vieux que sa recrue.

Il joua au total 20 matchs avec les Blues, accumulant 3 passes et 25 minutes de pénalité.  Avant le début de la saison suivante, St-Louis revendit son contrat aux Gulls de San Diego de la WHL, qui le revendirent quelques mois plus tard aux Buckaroos.

Sa longue carrière dans les mineures lui valut le 83e total pour les minutes de pénalités, avec 2451.

À 42 ans, il joua un petit rôle dans le film « Slap Shot. »  À la fin du film, les Bulldogs de Syracuse se présentent sur la glace avec une série de « légendes » de la boxe sur glace, en vue de leur match final contre les Chiefs.  On trouve parmi eux Ross « Mad Dog » Madison, un vieux joueur aux tempes grises qui fait son entrée sur la glace en faisant un doigt d’honneur à la foule.  Il s’agit de Madigan.

https://www.youtube.com/watch?v=H1Sx4lxkV5Y

Si ça vous intéresse, Madigan possède une page Facebook.

Sources : “Tribute to Connie Madigan, Team Awards, Set for Sunday”, 13 mars 2012 (winterhawks.com), hockeydb.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 2 septembre 2013

Burr Williams


À une époque où le hockey américain était en plein essor, l'histoire de Burr Williams apparaît comme une des plus grosses anomalies compte tenu de l'époque. Burr Williams fut en effet, lors de la saison 1933-34 alors qu'il disputa un seul match avec les Red Wings de Detroit, le premier joueur né en Oklahoma à jouer dans la NHL. D'autant plus une anomalie que ce joueur est né en 1909 à Okemah en Oklahoma, ville qui compte de nos jours que 3000 personnes. C'est d'ailleurs le lieu de naissance du grand Woody Guthrie, né trois ans plus tard. Donc vous comprenez mon étonnement quand j'ai appris récemment l'existence de ce joueur né au milieu de l'Oklahoma. Quoi que son existence est liée de proche à celle d'une institution de cet État, les Oilers de Tulsa.

De nos jours, les Oilers de Tulsa évoluent depuis 1992 dans la Central Hockey League, mais existent d'une forment et d'une autre depuis 1926. De 1928 à 1942, l'équipe évoluait dans une ligue nommée la American Hockey Association. C'est en janvier 1929 que les Oilers de Tulsa jouèrent leur premier match local dans un nouvel aréna, le Tulsa Coliseum, un aréna financé par un millionnaire du Minnesota nommé Walter Whiteside, que le hockey fut officiellement introduit à la population de Tulsa. Le millionnaire originaire du berceau du hockey aux USA voulait introduire son sport préféré aux habitants de sa ville d'adoption. La chose deviendra presque une anomalie culturelle dans le sud profond, le hockey étant un sport toujours aussi suivi dans cette bourgade de l'Oklahoma de nos jours.

(Les Oilers de Tulsa, saison 1935-36 avec un chandail de style Quakers de Philadelphie)

Pour sa part, Burr Williams débuta sa carrière de hockeyeur en 1927-28 avec les Hornets de Duluth. C'est après deux saisons qu'il se joint aux fameux Oilers de Tulsa avec qui il évoluera durant trois saisons avant d'être échangé aux Flyers de St-Louis. à partir de cette saison 1931-32, Williams devint un voyageur assez régulier du monde du hockey, passant souvent par plus d'une équipe au cours d'une saison. C'est en 1933-34 alors qu'il évoluait avec les Olympics de Detroit de la jeune IHL qu'il fut invité à jouer un match avec les Red Wings dans ce qui fut son premier de 19 matchs dans la NHL. Il fit également parti de la brigade défensive des Red Wings lors des séries éliminatoires où les Wings furent défaits par les Black Hawks lors de la finale de la Coupe Stanley.

Lors de la saison suivante, en 1934-35, Williams joua 9 matchs avec les piteux Eagles de St-Louis lors de leur unique saison dans la NHL avant d'être échangé en retour d'un dénommé Archie Wilcox. Williams termina ainsi sa plus longue saison dans la NHL en évoluant durant 7 matchs avec les Bruins qui eux mêmes l'échangèrent aux Olympics de Detroit. Williams évolua durant quelques saison avec les Olympics et connut un dernier voyage avec les Red Wings en 1936-37 en évoluant 2 matchs. Par la suite, il connu un long parcours au sein de plusieurs équipes de niveau professionnel inférieur dont un  retour assez remarqué avec les Oilers de Tulsa avec qui il connut sa meilleur saison en 1939-40 avec un sommet personnel de 21 points en 46 matchs. La saison suivante, il joua une dernière saison au hockey professionnel en évoluant avec pas moins de 4 équipes de la AHA, soit avec les Flyers de St-Louis, les Americans de Kansas City, les Knights d'Omaha et les Millers de Minneapolis.

Burr Williams est décédé en 1981. Pour sa part, Woody Guthrie est décédé en 1967...

(Chandail des Millers de Minneapolis, quel joli chandail avec un superbe M.)