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jeudi 29 janvier 2026

Jean Tétreault

 

En 1970, Jean Tétreault arriva chez les champions en titre de la Coupe Memorial, les Canadiens Jr. de Montréal. Si leur grande vedette, Gilbert Perreault, venait de graduer avec les nouveaux Sabres de Buffalo, il demeurait que l’équipe avait toujours beaucoup de talent avec des joueurs comme Bobby Lalonde, Jocelyn Guèvremont, Richard Martin, Ian Turnbull et André St-Laurent. Tétreault eut donc un début de carrière junior modeste. 

Il eut une progression l’année suivante, mais c’est vraiment lorsqu’il passa aux Rangers de Drummondville, un club faible en 1972-73, qu’il eut l’occasion de se mettre en valeur. Il termina la saison avec 92 points en 61 matchs. 

Cette performance lui permit d’être repêché au 8e tour (120e au total) par les Blues de St-Louis et en 4e ronde (44e au total) par les Blazers de Vancouver de l'AMH

Tétreault choisit Vancouver et fit l’équipe presque immédiatement. Le 24 octobre, il obtint son premier point, une passe sur un but du vétéran John McKenzie, aux dépends de Gilles Gratton des Toros de Toronto. Quatre jours plus tard, il atteignit le fond du filet en déjouant Jack Norris des Oilers, dans une défaite des siens au pointage de 7-5. 

Ce seront ses seuls points, puisqu’après 6 matchs, il sera ensuite envoyé à la filiale des Rebels de Roanoke Valley de la Ligue Southern. Il obtint alors 68 points et aida son équipe à remporter le championnat, la Coupe James Crockett. On note parmi ses coéquipiers un certain Mike Keenan… 

L’année suivante, en 1974-75, il se retrouva dans la North American Hockey League (NAHL), une ligue réputée comme dure, avec les Jets de Johnstown, une ville tout sauf charmante. Parmi ses coéquipiers, on retrouvait trois frères excentriques, robustes à l’extrême, mais plutôt cinglés, Steve, Jack et Jeff Carlson. Tétreault termina au troisième rang des pointeurs de l’équipe, derrière Steve, mais devant Jack et Jeff. 

En séries, Johnstown a surpris les champions de la saison, les Blazers de Syracuse, avant de se faufiler en finale et de mettre la main sur la Coupe Lockhart. 

Pendant cette même saison, son coéquipier, Ned Dowd, installa des micros dans la chambre. Il aidait ainsi sa sœur Nancy pour l’écriture d’un scénario de film, en lui donnant de la matière première. Il s’agissait évidemment de Slap Shot (ou Lancer-frappé). 

L’année suivante, Tétreault revint avec les Jets, mais il eut aussi droit à trois autres matchs dans l’AMH, avec les Fighting Saints du Minnesota cette fois. L’équipe disparut toutefois en février, avant de pouvoir compléter son calendrier. 

Le projet de film prit finalement forme et certains joueurs furent invités pour y jouer comme les frères Carlson, Dave Hanson, Ned Dowd et Guido Tenesi. Lors de la disparition des Fighting Saints, Jack Carlson fut repêché par les Oilers, qui le rappelèrent. Cette situation l’empêcha de participer au tournage et au lieu de jouer le rôle de ″Killer″ Carlson, c’est Dave Hanson qui devint le troisième frère Hanson. (L’acteur Jerry Houser joua finalement ″Killer″.) Dowd (le frère de la scénariste) joua Ogie Oglethorpe et Tenesi devint le beau Billy Charlebois. 

Et Jean Tétreault dans tout ça? Comme les autres, on lui destinait un rôle de figurant parmi les adversaires des Chiefs. Toutefois, lorsqu’on convoqua les Carlson, Hanson et Tenesi au gymnase pour préparer la scène de l’autobus, Tétreault décida d’y aller. L’équipe de tournage vit qu’il n’avait pas d’affaire là, mais il fit comme s’il avait été invité. On décida finalement de l’inclure. C’est ainsi qu’il devint André Bergeron, un rôle quasi-muet qu’on retient surtout pour la scène où il enlève son dentier. Tétreault a adoré sa brève carrière d’acteur. 


Photo signée par Jean Tétreault en vente sur eBay!

Il revint à Johnstown pour la saison 1976-77, où il termina en tête des pointeurs des Jets, avec 85. L’équipe était toutefois plus faible et termina au septième rang. Il n’y eut que les Jaros de la Beauce, qui avaient suspendu leurs opérations après 30 matchs, qui terminèrent derrière eux. Si Johnstown réussit à terminer sa saison, les Jets cessèrent ensuite aussi leurs activités, comme dans le film. 

Tétreault fut alors choisi par Erie, mais finalement, c’est la ligue au complet qui s’écroula. Il se retrouva donc avec les Mohawks de Muskegon de la Ligue internationale (IHL) pour jouer les 19 derniers matchs de sa carrière, avant de revenir au Québec. 

Il a fêté son 73e anniversaire la semaine dernière. On le salue! 

Sources : 

Jackson, Jonathon, The Making of Slapshot: Behind the Scenes of the Greatest Hockey Movie, John Wiley & Sons Canada Ltd, 2010, p.110, 112,

″Oilers rumble to the top spot, glad to see last of Blazers″ de Jim Matheson, October 29, 1973, Edmonton Journal, page 47,

″′Slap Shot′ : Where Are The Charlestown Chiefs Now?″ de Dave McCoy et Liz Isenberg, April 18, 2015, The Hollywood Reporter (hollywoodreporter.com),

″Slap Shot a 40 ans : rencontre avec le vrai Ogie Oglethorpe″ de Jean-François Poirier, 24 février 2017, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca),

«Les Hanson, en réalité, ce sont de vrais débiles» d’Anthony Martineau, 3 février 2021, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

hockeydraftcentral.com.

samedi 16 novembre 2024

Dave yé magané 3 : AHL / IHL



C’est bien beau les joueurs de la LNH, mais si on veut faire honneur au film culte Slap Shot, il faut aller voir du côté des ligues mineures pour trouver des cartes dignes de la déclaration signalant sans équivoque que « Dave yé magané »! 

J’ai donc pris soin d’écumer le Trading Card Database pour retracer des cartes de hockey de la Ligue Américaine de Hockey (AHL) et de la défunte Ligue internationale de hockey (IHL) où on peut contempler des joueurs qui cherchent la bagarre ou qui l’ont trouvée pas à peu près! À cet effet, la compagnie de cartes Pro Cards dont la qualité médiocre était pleinement assumée avait pour objectif de créer le maximum de cartes pour chaque équipe de ces ligues au tournant des années 1980-1990. Comme vous pourrez le constater, même en étant maganés, certains joueurs étaient visiblement heureux de se faire photographier pour la postérité!


L'autre Capitaine Kirk, celui qui frappe dedans la vie à grands coups de jointures!


On commence avec Kirk Tomlinson qui a roulé sa bosse dans l’AHL, l’IHL et l’ECHL entre 1988 et 1996, accumulant des minutes de pénalité comme des petits pains chauds. Il semble quand même avoir brûlé la ECHL en 1990-1991 puisqu’il a passé 385 minutes au cachot tout en marquant 36 buts en 57 matchs pour les Knights de Nashville! Tomlinson n’a joué qu’un seul match dans la LNH (North Stars du Minnesota, 1987-1988), mais il a remporté la Coupe Calder avec les Red Wings d’Adirondack en 1992.

C’est lors de cette saison victorieuse qu’il décida d’être photographié en pose de combat pour sa carte de hockey. Son coéquipier de l’époque, le défenseur Jason York, s’amuse d’ailleurs à signaler ce fait cocasse dans le podcast Coming in Hot centré sur mes Sénateurs d’Ottawa (Go Sens Go!). Après sa carrière de hockeyeur, Tomlinson fut entraîneur dans quelques ligues mineures (West Coast Hockey League, United Hockey League et Central Hockey League). En date du 16 novembre 2024, il dirige la Tomlinson Elite Hockey, une école de hockey en Nouvelle-Écosse. Je me demande s’il montre sa carte aux joueurs qu'il forme! Terminons ce survol avec ce match hors-concours de 1991 où Tomlinson se bat avec le mythique Tony Twist des Nordiques de Québec!

Capitaine Kirk en train de se faire twister au Colisée!


L'oeil du tigre amoché!


Jamais repêché par la LNH, l’ailier droit de 6’4 Neal Meadmore s’est fait un malin plaisir à tapocher ses adversaires de l’AHL et de l’IHL entre 1979 et 1990. On le voit d’ailleurs tout fier d’avoir un oeil au beurre noir sur cette carte en fin de carrière avec les Hawks de Moncton. Il était pourtant capable de marquer des buts (quatre saisons de plus de 30 buts), dont une superbe saison 1983-1984 comme attaquant de puissance avec 39 buts, 48 passes et 87 points en 82 matchs, avec en prime 267 minutes de pénalité. Sa saison s’est toutefois mal terminée puisqu’il semble s’être écrasé en séries avec seulement trois matchs joués, aucun point et 26 minutes de punition! Quelqu'un a certainement dû payer pour cette débandade! 

Soulignons qu’il a gagné la Coupe Ed Chynoweth en 1978 avec les Bruins de New Westminster de la Ligue junior de l’Ouest, ainsi que la Coupe Turner avec les Wings de Kalamazoo de l’IHL en 1980. En somme, il a connu ses meilleures années en début de carrière et il a grindé du mieux qu’il pouvait par la suite. Il n’existe pas grand chose à son sujet sur le web, mais j’ai pu trouver cette courte vidéo de très basse qualité où on le voit se faire démolir par Greg Smyth du club-école des Nordiques de Québec! Décidément, il ne manque pas de poussière des Nordiques sur le web! 

Smyth déversant sa furie sur Meadmore en quelques secondes

Parlant des Fleurdelysés, je vous suggère fortement de lire Il était une fois les Nordiques de Benoît Clairoux et Pierre-Yves Dumont paru en octobre 2024. Cet ouvrage comprend 100 témoignages d'anciens joueurs des Nordiques et c'est vraiment intéressant d'avoir le point de vue de vedettes comme de joueurs moins connus!


Jay mangé une volée, mais je suis ok!

Non repêché lui aussi, Bob Jay a joué quelques années au niveau collégial américain (1984-1988) avant de jouer une décennie dans la IHL (1990-1999). N’étant pas très pénalisé pendant sa carrière, il a quand même dû se défendre dans une ligue connue pour ses goons au début des années 1990. Sur cette carte des Komets de Fort Wayne, il est tout souriant malgré sa blessure sous son oeil droit. Je lance une hypothèse ridicule/illogique expliquant sa joie : comme RaySheppard l’a signalé dans son hommage aux joueurs monosyllabiques, Bob n’a joué que trois parties dans la LNH chez les Kings de Los Angeles en 1993-1994. Mais son court séjour demeure spécial, car son seul point récolté dans la LNH est une passe sur un but de Wayne Gretzky contre les Rangers! Go mon Bob! Tu as raison de sourire certain! C’est pas grave si vous avez quand même perdu cette partie 3-2! Tu pourras te vanter toute ta vie d’avoir épaulé le meilleur pointeur de tous les temps! 

Bob jouait aussi avec Mike Donnelly, ce joueur échangé avec Mogilny pour Paul Cyr!

Pour vous cher lectorat de LVEUP, je joins à mes niaiseries un petit clip où on voit Bob Jay se faire ramasser d’aplomb par Kris King lors d’un match contre les Jets de Winnipeg en 1993. Bob en a eu pour son argent lors de ses trois matchs dans la LNH!

Bienvenue dans la grande ligue mon Bob!


Rien n'allait faire rater la séance photo de Mike "Chuis-là" Walsh

Né en 1962 à New York, Mike Walsh est un Real American qui n’avait pas froid aux yeux, sauf peut-être aux jambes comme on peut le voir sur cette carte. Même blessé, il hurla « d’la marde avec Eddie Shore! » et se présenta devant le photographe de ProCards. Après un séjour dans les rangs universitaires, il se cassa les dents au repêchage, et ce, malgré un parcours très productif à la Colgate University (oui j’ai fait une joke poche avec le dentifrice). Il fit toutefois une belle carrière avec les Indians de Springfield de l’AHL, menant son équipe en saison régulière en 1990 et remportant la Coupe Calder avec eux lors de cette même année. Bizarrement, il partit jouer l’année suivante en Italie (Cortina SG), pour ensuite revenir passer une saison avec les Mariners du Maine (AHL) et finalement prendre sa retraite chez les Bruins de Providence après seulement 5 parties. Je n'ai pas pu trouver d'explications sur cette soudaine coupure italienne, mais ça ne semble pas avoir été une bonne idée pour lui en bout de compte. 

Durant sa brève carrière dans la LNH, Mike Walsh a compté deux buts en 14 parties jouées avec les Islanders de New York entre 1987 et 1989. Fait cocasse: ses deux buts ont eu lieu lors du même match contre les Capitals de Washington le 28 mars 1989! Et il a aidé son équipe à gagner 5 à 4! En portant l'horrible numéro 53! Go Mike! On a la vidéo pour te glorifier :

Mike Walsh est très expressif dans ses célébrations et me fait penser à Gretzky lors de son 802e but!

Par ailleurs, Mike a un fils - Reilly Walsh - qui a été repêché en 3e ronde par les Devils du New Jersey en 2017. Reilly semble suivre les traces de son père dans la ligue américaine puisqu’en date du 16 novembre 2024, il n’a joué qu’un seul match dans la LNH. Soulignons qu’il a tout de même récolté une passe lors de son coup de vent dans la grande ligue. Jouant actuellement pour le Ontario Reign, LVEUP lui souhaite une longue et heureuse carrière, en plus d’obtenir une carte de hockey aussi mémorable que celle de son paternel!

Je n'ai pas pu trouver de photo de bonne qualité de cette carte pourtant grandiose! Désolé Tim!

Tim Tookey se distingue des autres joueurs maganés présentés ici pour deux raisons. En premier lieu, sa carte de hockey le présente non seulement en béquilles, mais aussi en train de trouver la situation loufoque avec les bras tendus avec les mains ouvertes, genre en train de dire « Pourquoi il fallait que tu viennes prendre ta photo pendant que je suis blessé? Come on! ». C’est une pose comique qui mérite d’être célébrée, une mission acceptée par LVEUP!

En second lieu, Tim Tookey se distingue des autres pour avoir joué plus de 100 matchs dans la LNH, en plus d’être membre du Temple de la renommée de l’AHL. Repêché en 5e ronde par les Capitals de Washington en 1979 après avoir brûlé la WHL (141 points en 70 parties avec les Winter Hawks de Portland en 1979-1980), Tim a fait de nombreux allers-retours entre la LNH et l’AHL avec diverses équipes de 1980 à 1989. Il semblait très prometteur à ses deux premières saisons avec Washington (80-81 : 23 points en 29 parties ; 81-82 : 16 points en 28 parties). Il fut toutefois échangé aux Nordiques de Québec en février 1982 en compagnie d’un choix de 7e ronde des Capitals (1982) contre Lee Norwood et un choix de 6e ronde des Nordiques (1982). Alors qu’il excellait dans le club école de Fredericton sans pouvoir faire sa place à Québec (7 points en 12 parties), il signa comme agent libre avec les Pingouins de Pittsburgh en septembre 1983. Il n’arriva pas à se tailler une place chez les faibles Pingouins, ce qui démarra réellement sa carrière de joueur étoile de l’AHL, lui qui accumula plusieurs saisons fort productives (dont 3 saisons de plus de 100 points), principalement avec les Bears de Hershey. 

Il a aussi joué quelques matchs avec les Flyers de Philadelphie (2 matchs en 1986-1987) et les Kings de Los Angeles (27 matchs étalés entre 1987 et 1989), ce qui lui donne des statistiques très respectables de 58 points en 106 matchs de la LNH, en plus de 4 points en 10 matchs des séries éliminatoires.

Est-ce que les béquilles de Tim Tookey sont au Hall of Fame de l'AHL? J'espère que oui!

Il termina sa carrière avec 974 points en 824 matchs dans la AHL (4e meilleur pointeur de l’histoire à sa retraite), sans remporter la Coupe Calder. Les Bears de Hershey ont retiré son numéro 9 après 693 points en 529 matchs joués pour eux. Notons qu’il a cependant remporté la Coupe Turner de l’IHL lors de sa seule saison écourtée dans cette ligue avec les Lumberjacks de Muskegon en 1988-1989 (26 parties, dont 8 en séries éliminatoires).

Vidéo officielle de l'AHL célébrant la carrière de Tim Tookey

Après sa carrière de joueur, Tim devint entraîneur dans les ligues mineures, ce qu’il fait encore de nos jours avec les Ice Raiders de Reno au Nevada (ligue sénior A). Sa carte où on le voit souriant en béquilles ne semble pas avoir le statut légendaire qu’elle mérite chez les fans de retailles de l'histoire du hockey, alors LVEUP vous encourage à la collectionner comme il se doit!

Ce jour-là, Jason avait le choix entre ne pas être inclus dans la série Pro Cards ou être photographié magané bin raide. Merci d'avoir fait le bon choix Jason!

Défenseur droitier de 6’2, Jason Marshall a débuté sa carrière professionnelle avec Équipe Canada en 1988-1989, une rareté qui lui a tout de même permis d’être repêché 9e au total en 1989 par les Blues de St-Louis! Son équipe a toutefois choisi de le faire poireauter dans les mineures pendant quelques années, ce qui le poussa à retourner jouer pour Équipe Canada en 1993-1994, avant de trouver sa place chez les Mighty Ducks d’Anaheim pendant plusieurs saisons (1994-2001). Il se promena ensuite dans quelques équipes de la LNH, prenant une tasse de café chez les Capitals de Washington (5 parties), un panier d’épicerie avec le Wild du Minnesota (137 matchs) et profitant de son plus long parcours en séries éliminatoires avec les Sharks de San José (17 matchs en 2004, avec 1 passe et 25 minutes de pénalité à son compteur). Jason eut la chance de revenir terminer sa carrière dans la grande ligue avec Anaheim en 2005-2006 (23 matchs) avant de jouer deux dernières années en Allemagne. 

Soulignons que pour un gars magané à ce point sur sa carte avec le club école des Blues de St-Louis, Marshall a connu une très bonne carrière tant en nombre de matchs joués qu’en minutes de pénalité, et ce, peu importe la ligue concernée : 
  • AHL = 108 matchs / 241 min
  • IHL = 255 matchs / 697 min
  • NHL = 518 matchs / 1004 min
Pour mieux illustrer le style très combatif de Jason, regardez-le se faire presque casser le nez dans ce combat provoqué par la petite peste que fut Scott Walker :

En train de se fesser dessus comme des robots selon le commentateur!


Cam donnant un double-échec à Casper, le gentil fantôme

On termine en beauté en faisant un détour dans mon patelin d’origine pour célébrer un ancien défenseur de 6’4 des Olympiques de Hull, le dur à cuir Cam Russell! En plus d’avoir remporté deux coupes du Président (1986 et 1988), Cam fut sélectionné en 3e ronde par les Blackhawks de Chicago en 1987. Il joua une décennie pour eux (1989-1999) pour ensuite conclure sa carrière avec l’Avalanche du Colorado. Il n’a jamais joué une saison complète, que ce soit dans la LNH ou la IHL, mais les minutes de pénalité et la robustesse étaient toujours au rendez-vous.

Je suis très heureux de vous informer que Cam Russell a expliqué l’histoire derrière cette carte à Ken Reid de SportsNet (que je traduis pour vous ici) : « C’était durant ma première année dans les ligues mineures. Je venais de subir une sévère raclée. Je ne me souviens même pas qui me l’avait donnée, ce qui démontre à quel point ce fut terrible. J’ai dû me faire réparer le nez. » Le lendemain de ce malheureux incident, Cam Russell arriva à l’entraînement pour découvrir que c’était le jour des photos. « C’est vraiment mal tombé, fut ma première pensée ». Heureusement pour lui, le photographe lui suggéra de transformer sa situation en une bonne photo et Cam s’est dit « Pourquoi pas! ».

En plus d’être « célèbre » pour cette magnifique carte de hockey, Cam Russell a été intronisé au Temple de la renommée de la Nouvelle-Écosse en 2011 et a remporté la Coupe Mémorial en tant que directeur général des Mooseheads de Halifax en 2013 (une glorieuse année pour un certain Nathan MacKinnon), poste qu’il occupe encore de nos jours! 

Non mais c’est tu pas assez beau de finir avec un sourire aussi frappant de bonheur?!? LVEUP est fier de toi mon Cam! Tu prouves que parfois, ça vaut la peine que Dave soit magané, et ce, même après avoir été plaqué mal sale par le petit Gary Shuchuk!

Cam apprenant que dans les petits pots se trouvent les meilleurs onguents!

Est-ce que la série "Dave yé magané" aura une suite? Est-ce qu'il y a d'autres cartes de hockey qui valent la peine d'être signalées? Est-ce que vous lisez encore ce texte qui n'a pas été généré par l'intelligence artificielle? Savez-vous planter des choux à la mode, à la mode? Si vous avez répondu oui à ces quatre questions, vous avez compris le sens de la vie!

dimanche 10 novembre 2024

Dave yé magané 2 : Slap Choc!






J’adore trouver de vieilles cartes sportives qui détonnent visuellement, qui ont littéralement du punch! Et quoi de mieux qu’un joueur photographié alors qu’il est clairement poqué en pratiquant le sport le plus intense qui soit? Non je ne parle pas du bilboquet, mais bien du hockey sur glace! Tirée du film culte Slap Shot, la grandiose affirmation « Dave yé magané » nous revient en force dans ce nouveau lot de cartes de hockey que j’ai pu rassembler en scrutant le Trading Card Database! Sortez vite votre verre d’orangeade à température pièce pour savourer cette nouvelle série de cartes avant que les Hanson ne vous hurlent d’écouter l’hymne national!


Don n'a pas de temps à perdre à tapocher un joueur qui a presqu'une tête de moins que lui!


Ancien coéquipier d’André « Moose » Dupont chez les Broadstreet Bullies, Don Saleski peut se vanter d’avoir une carte l’illustrant en pleine échauffourée! Tout comme le sang et les langues, les photos de bagarres furent éventuellement bannies des cartes de hockey par l’Association des Joueurs de la LNH. Toutefois, les cartes d’Arber Xhekaj ou de Tony Twist vaudraient sans doute pas mal plus cher si elles les montraient en train de fesser dans le tas! Et leur valeur exploserait si c’était des cartes d’hologrammes où leurs poings avancent et reculent quand on bouge la carte! Prenez des notes Upper Deck! LVEUP vous donne des idées gratis!


Craig patinant vers son chalet personnel : le banc des punitions


Avant d’être entraîneur des « Make Beliefs » de Toronto, Craig Berubé fut fort généreux dans sa distribution de taloches dans la LNH. C’est pas pour rien qu’il fut inclus dans l’échange qui a envoyé Jari Kurri à Philadelphie en 1991, car il a toujours eu le compas dans l’œil… au beurre noir!


Tout va bien, car sa moustache est intacte!


Célèbre pour sa moustache bien fournie et ses nombreux buts avec les Flyers, Tim Kerr semble avoir mangé un bon bol de « Cogne Flakes » sur cette carte. Et comme s’il n’avait pas assez souffert, Kerr est aussi mort en Whalers! Un malheur n’arrive jamais seul mon Tim!


Dave déborde de joie à l'idée d'être photographié ainsi

Reconnu comme ayant été un feu de paille mal huilé chez les Oilers, Dave Lumley est aussi célébré par LVEUP pour cette carte où on le voit qui persévère malgré un coup de palette reçu dans l’oeil gauche. Dave a aussi deux bagues de la Coupe Stanley (1984 et 1985) pour mieux endurer la douleur. Admettons que ça aide en titi!


Gary a un regard qui dit "C'tu à moé que tu parles"?


Le défenseur Gary Doak a joué 789 matchs pour quatre équipes de la LNH de 1965 à 1981 (Boston, Détroit, Vancouver, NY Rangers). LVEUP a souligné qu’il a été inclus dans l’échange qui a envoyé Ron Stewart aux Canucks de Vancouver en 1971. Mais, son principal fait d’armes est d’avoir remporté la Coupe Stanley avec les mythiques Bruins de Bobby Orr en 1970. Bien qu’il soit décédé en 2017, LVEUP tient à célébrer sa carte avec les Dead Wings où on voit clairement la palette qui a découpé la droite de son visage comme avec une paire de ciseaux! Par ailleurs, c’est quand même weird de voir un col vert sur un uniforme rouge de Détroit! Gary pis la mode, c'est comme le coke et les mentos.


Ce Laframboise est habillé comme un pot de jus de fruit tropical!


Pete Laframboise était visiblement très heureux de s’asseoir après avoir mangé toute une volée. Se faire maganer le nez en jouant pour les pathétiques Golden Seals, c’est pas ce qu’on appelle un choix qui a du flair. LVEUP souligne par ailleurs que Pete fut un prolifique marqueur de buts uniquement quand le propriétaire de son équipe était présent au match. En prime, il savait se faire prendre en photo comme s’il était en train de réchauffer fièrement le banc de son équipe!


Tracy représente bien le Crazy Canuck qui fonce dans le tas!


Tracy Pratt est surtout connu pour avoir été le fils de Babe Pratt, un membre du Temple de la renommée du hockey qui fut temporairement banni à vie pour avoir parié sur des matchs de son équipe en 1946. Mais LVEUP veut aussi qu’on se souvienne de Tracy pour cette carte où il affiche une généreuse lacération au bas de son visage. On croirait voir là l’œuvre de Tim McKraken dit le chirurgien dans Slap Shot!

Si vous connaissez d’autres cartes de hockey de la LNH où on voit des joueurs qui arborent leurs blessures de guerre, n’hésitez pas à nous les signaler! Lisez de nouveau le premier Dave yé magané de LVEUP diffusé en 2023! Et pour finir en beauté, visionnez une fois de plus la présentation de l’alignement de Syracuse avec sa légendaire escouade de goons!


Ogilthorpe!



Les images de cartes ont été trouvées sur Ebay.

mercredi 21 septembre 2022

Les Wildcats de Richmond et la Southern Hockey League


 


Richmond, la capitale de l'état de la Virginie, est une ville d'environ 200 000 habitants qui a hébergé quelques équipes des circuits mineurs au fil des années, sans toutefois jamais réussir à vraiment s'implanter. Il y a eu par exemple les Renegades de Richmond de 1990 à 2003 dans la ECHL, les Riverdogs de Richmond de 2003 à 2006 dans la UHL et peut-être que vous êtes plus familiers avec le nom des Robins de Richmond, l'ancien club-école des Flyers dans la AHL entre 1971 et 1976. Les Robins, premier club professionnel de hockey de Richmond, étaient auparavant les anciens As (Aces) de Québec avant leur déménagement en 1971. Après un bon départ à Richmond, les assistances chutèrent rapidement par la suite jusqu'à la dissolution de la franchise en 1976.

Voulant rapidement remplir le vide laissé par le départ des Robins, un groupe d'hommes d'affaires croyaient qu'ils auraient une meilleure chance dans une moins grosse ligue et firent ainsi application pour une équipe d'expansion dans la Southern Hockey League. Comme toute histoire de ligues obscures défuntes, la SHL était une ligue née des cendres d'une autre ligue, dans ce cas-ci de l'ancienne et illustre Eastern Hockey League. Après 40 ans d'opération avec, comme son nom l'indique, des équipes tout le long de la côte est américaine, la EHL cessa ses opérations en 1973 après plusieurs bisbilles entres ses propriétaires. Les clubs plus au sud, qui réclamaient entre autres un meilleur partage des frais de transport, formèrent ainsi la SHL tandis que les clubs plus au nord formèrent la North American Hockey League, cette fameuse ligue qui inspira le film Slap Shot. 

On a toujours plus parlé de cette NAHL sur ce blog, probablement dû au «prestige» de ce film, mais j'ai toujours eu sur le «back-burner» le désir de parler de la SHL et le moment est finalement venu... Si on prend en compte que le film est réputé comme assez fidèle à la réalité de la NAHL et des ligues mineures de l'époque, on peut donc s'attendre à quelque chose d'assez similaire en parlant de la SHL... probablement même pire.

Les Wildcats débutèrent donc leurs activités pour la saison 1976-77, soit durant la 4e saison d'existence de la SHL. J'ai lu quelque part que c'était un des propriétaires qui dessina lui-même ce logo. J'ignore si c'est vrai mais ça m'a plutôt l'air d'avoir été «emprunté» quelque part... 

Les Wildcats avaient comme entraîneur Forbes Kennedy, un ancien joueur des Bruins, Red Wings et avec les Flyers vers la fin de sa carrière. Parmi les joueurs composant l'alignement des Wildcats, on retrouvait plusieurs habitués des circuits voisins comme la NAHL, IHL ou CHL ainsi qu'une poignée d'anciens joueurs de l'AMH et de la LNH comme le gardien sorelois André Gill. Leur meilleur marqueur était le québécois Claude Périard, un ancien choix des Rangers et des Nordiques, qui marqua 30 buts en 36 matchs. On retrouvait aussi nul autre que Bill «Goldie» Goldthorpe, ce fameux matamore débile léger qui est à l'origine du personnage de Ogie Ogilthorpe dans Slap Shot. Ce personnage plus grand que nature a en fait joué pas mal partout (14 clubs en 7 ans) et il ne fut à Richmond que pour 25 matchs, ce qui est quand même pas loin de son record à vie pour le plus de matchs avec la même équipe en une saison... Durant ces 25 matchs, il récolta un bon 169 minutes de pénalité. 

Mais, comme toute bonne histoire de club boboche des ligues mineures, les Wildcats étaient voués à l'échec dès le départ. Le principal actionnaire de l'équipe, un dénommé Dwight Neal, avait assuré l'entrée du club dans la SHL avec une lettre de garantie de crédit. Neal n'était toutefois plus dans le portrait à peine la saison entamée. Les autres actionnaires tentèrent alors de sauver les meubles et continuer sans lui mais dès le début du mois de décembre, ils annoncèrent que l'équipe était déjà trop dans le rouge et qu'ils abandonnaient l'équipe pour la dissoudre. 

La SHL était alors prête à procéder à une dispersion des joueurs à travers les autres équipes et à modifier le calendrier. Mais c'est alors que l'entraîneur Kennedy et ses joueurs décidèrent de continuer la saison malgré tout, et de s'en remettre seulement aux recettes aux guichets comme revenus jusqu'à temps de trouver des nouveaux propriétaires. Les femmes des joueurs allaient aussi mettre la main à la pâte en s'occupant de tâches administratives ou d'emplois bénévoles dans l'aréna lors des matchs. Les membres du fan club des Wildcats passaient même le chapeau dans les estrades pour récolter des fonds pour leur équipe.

Et malgré ce climat très très instable, les Wildcats jouèrent ensuite leur meilleur hockey de la saison. Durant les semaines qui suivirent, ils s'en sortirent avec une fiche de 9-4-1 pour le restant du mois de décembre. Cependant, au tournant de la nouvelle année, les joueurs se rendirent à l'évidence et décidèrent de jeter la serviette et de jouer un dernier match le 4 janvier 1977. Ils terminèrent donc cette seule (demie) saison avec une fiche finale de 21-16-1.


Le reste de la SHL n'allait pas vraiment mieux que les piteux Wildcats. Le même jour de la dissolution officielle des Wildcats, leurs rivaux de Greensboro, les Generals, annoncèrent également qu'ils ne termineraient pas la saison. Les Generals avaient tout de même une longue histoire, ayant débuté en 1959 dans l'ancienne EHL. 

Par la suite, la SHL espérait pouvoir terminer cette difficile saison avec maintenant seulement 5 clubs. Malheureusement, elle dut subir le retrait d'une autre équipe, pas même une semaine après la mort des Wildcats et Generals. Après avoir eux aussi manqué d'argent pour payer ses joueurs, les Sharks de Tidewater (Norfolk) annoncèrent leur retrait de la SHL le 7 janvier 1977. Voyant cet hécatombe sans fin, les Polar Twins de Winston-Salem décidèrent de larguer le navire et procédèrent également à la dissolution de leur équipe le même jour que les Sharks.

Il ne restait alors que 3 clubs encore debout dans cette SHL soudainement très tranquille; les Gulls de Hampton, les Checkers de Charlotte et les Clippers de Baltimore. Ces trois clubs décidèrent de jouer encore quelques matchs tout en tentant de recruter un 4e club, histoire d'arrondir un peu le calendrier. Comme plan B, ils proposèrent à la IHL et la NAHL de jouer des matchs inter-ligues, ce que ces deux ligues refusèrent. 

Finalement, les 3 clubs décidèrent de fermer les livres sur cette fatidique saison 1976-77 en jouant un dernier match le 31 janvier 1977. Ils avaient toujours en tête de revenir la saison suivante mais finalement aucun plan solide n'aboutit et la SHL ferma officiellement ses portes après seulement 4 saisons.

Ironiquement ou signe du destin, Slap Shot débuta en salle peu après, soit le 25 février 1977. Preuve que le sujet du film était vraiment d'actualité.


Également aux prises avec des clubs en difficulté, la NAHL avait aussi joué sa dernière saison en 1976-77. Ses clubs les mieux organisés, les Broom Dusters (Binghamton, NY) et les Firebirds de Philadelphie purent graduer dans la AHL. Dans la SHL, seuls les Gulls de Hampton purent trouver preneur la saison suivante, eux aussi dans la AHL, mais cela ne durera qu'une seule saison.

En 1978, une autre ligue reprit le nom de la défunte Eastern Hockey League et ramena du hockey professionnel dans certains des marchés vacants depuis la fin de la NAHL et SHL comme Baltimore, Syracuse et Utica. Richmond retrouva aussi un nouveau locataire pour son aréna, les Rifles de Richmond, pour la saison 1979-80. Cependant cette nouvelle EHL ne dura pas tellement plus longtemps, fermant ses portes en 1981. Quelques clubs survivants de cette deuxième EHL joignirent ensuite la Atlantic Coast Hockey League par la suite, ce qui menera un jour à la création de la ECHL, mais ça c'est un autre sujet que vous pouvez continuer en cliquant ici.

Il fallut ensuite attendre en 1990 pour revoir du hockey professionnel à Richmond avec les Renegades dans la ECHL. Le plus récent club à y avoir élu domicile fut un autre club du nom des Renegades, cette fois dans la Southern Professionnal Hockey League de 2006 à 2009. Aucun autre club n'a évolué à Richmond depuis. Les seuls marchés de l'état de la Virginie à avoir vraiment fonctionné sont Norfolk avec les Admirals (AHL et ECHL) et Roanoke dans la SPHL.



Sources:
Fun while it Lasted
Jerry Lindquist's sports memories, Richmond.com, 31 juillet 2020

lundi 4 octobre 2021

Les équipes de la ECHL - 1re partie


 

J'ai un peu ouvert la boîte de Pandore lors de mon article précédent sur l'histoire de la ECHL en mentionnant qu'en 33 ans d'existence, on a vu passer 88 nom d'équipes différents dans l'histoire de cette ligue. En fait je ne sais pas comment j'avais fait pour en compter 88 alors qu'en recomptant comme il faut, je me suis plutôt rendu à... 99

Je me suis même fait un fichier Excel pour démêler tout ça, c'est pas rien. C'est assez complexe car les ligues mineures étant ce qu'elles sont, la plupart des équipes ont déménagé au moins une fois et seulement une poignée d'entre elles évoluent toujours au même endroit qu'à leurs débuts...

Pour le texte d'aujourd'hui je voulais d'abord faire un truc simple, genre le Top 10 des noms d'équipes les plus débiles ou des logos les plus cool, ce genre de truc. Mais comme je suis un craqué mental qui n'est jamais rassasié d'une nouvelle obsession, je vais plutôt commencer ici L'INTÉGRALE de toutes les équipes ayant jamais foulé une des glaces de la ECHL... Je vais tenter de parler de chaque équipe brièvement et essayer de trouver quelque chose d'intéressant. Je ne sais pas trop ce que ça va donner mais comme il y a presque une centaine de ces équipes, je vais y aller en plusieurs parties...

Je vais procéder dans l'ordre chronologique de création de chaque franchise avec ensuite les déménagements ou changements de nom pour chacune d'entre elles. Allons-y donc parce qu'on a du pain sur la planche.

1. Thunderbirds de la Caroline (1988-1989)
Est-ce que le gardien de droite a une cigarette dans la gueule?


Un des 5 clubs fondateurs de la ECHL en 1988-89, les Thunderbirds existaient en fait depuis 1981, soit la première année des opérations d'une autre ligue, la Atlantic Coast Hockey League (ACHL) dont j'ai discuté dans mon texte précédent. Les Thunderbirds quittèrent la ACHL en 1987 pour la All-American Hockey League (AAHL) mais cela ne dura qu'une seule saison avant la création de la ECHL.

Les Thunderbirds étaient la meilleure équipe de cette ACHL, remportant 4 fois le championnat en 7 ans. Ils remportèrent également le premier titre de la ECHL en 1989, alors nommé la coupe Riley. Anecdote intéressante, la première finale de l'histoire de la ECHL était un vrai «shit show» remplis de bagarres et de coups salauds entre les Thunderbirds et leurs adversaires, les Chiefs de Johnstown. Le commissaire de la ligue dut suspendre plusieurs joueurs pour protéger l'image de la ligue ce qui fit en sorte que les Thunderbirds durent jouer le 7e match de cette finale avec seulement 11 patineurs. Ils l'emportèrent tout de même 7-4.

2. Thunderbirds de Winston-Salem (1989-1992)

Après cette première saison, les Thunderbirds adoptèrent le dénominatif régional de Winston-Salem, probablement dû au fait qu'une autre équipe dans l'état de la Caroline du Nord débuta ses activités en 1989-90, les Monarchs de Greensboro, équipe contre qui les Thunderbirds perdirent en finale en 1990.

Durant cette période, l'équipe accueillit brièvement Keith Gretzky, frère de l'autre, pendant la saison 90-91. On y vit également Frédéric Chabot, qui mena la ligue pour la moyenne des buts alloués (2.94) en 91-92.

3. Wheeling Thunderbirds (1992-96)

Toujours les Thunderbirds mais cette fois-ci à Wheeling en Virginie Occidentale après que les proprios aient décidé de quitter la Caroline du Nord alors que plusieurs équipes y étaient maintenant localisées (on verra ça plus loin).

Comme beaucoup d'équipes de la ECHL, on vit passer beaucoup de gardiens à Wheeling durant ces années dont les québécois Martin Brochu, Daniel Berthiaume et Patrick Labrecque. Tomas Vokoun, alors un prospect des Canadiens, y débuta également sa carrière professionnelle en Amérique du nord en 1995-96 avant de graduer à Fredericton l'année suivante.


4. Nailers de Wheeling (1996 - )

Une dispute de copyright entre Wheeling et le club junior des Thunderbirds de Seattle força l'équipe à changer de nom en 1996-97. Le nom «Nailers» fut adopté suite à un concours auprès des fans et fait référence à l'histoire de cette ville, une pionnière dans l'industrie du clou. Je sais où prendre mes prochaines vacances en tout cas...

Sous cette incarnation toujours active, le club fut club-école secondaire des Canadiens à 2 reprises (95-97 et 2010-2015) mais principalement pour les Penguins comme vous pouvez voir avec leur chandail. Ils n'ont plus jamais remporté de championnat sous ce nom mais ont vu passer des joueurs comme Francis Bouillon (sa toute première saison pro), Scott Darling, Mike Condon, David Aebisher et surtout... Keli Corpse.

5. Panthers d'Érié (1988-1996)

Un autre des 5 clubs fondateurs de 1988-89, les Panthers d'Érié (Pennsylvanie) furent parmi les premiers de cette ligue à accueillir des prospects de la LNH en signant une affiliation partielle avec les Islanders. L'équipe resta à Érié jusqu'en 1996 lorsqu'elle devint le Kingfish de Baton Rouge. Après ce départ, le club junior des Otters de la OHL s'y établit pour la saison 1996-97 et y sont jusqu'à ce jour, y accueillant au passage Connor McDavid.

Parmi les noms connus chez les Panthers on retrouve Bill McDougall, ce héros des ligues mineures qui connut une saison record des ligues mineures avec 80 buts en 89-90 (battu depuis par Trevor Jobe). Un autre bon candidat pour un «joueur oublié des 90's», le gardien Petr Skudra, y joua également quelques matchs. On y retrouvait aussi Bob Vanbiesbrouck et Brian Sakic, frères respectifs de John et Joe...

6. Kingfish de Baton Rouge (1996-2003)


Petit voyage en Louisiane ici avec le Kingfish, où fut transférée la franchise des Panthers en 1996-97. Il ne s'agissait pas de la première équipe dans cet état alors qu'une autre, les IceGators de Louisiane, arriva sur la scène en 1995. Une troisième équipe «louisianaise» se joignit plus tard au party, le Brass de la Nouvelle-Orléans et les 3 équipes avaient alors leur propre championnat «inter-état» nommée la Hibernia Cup qui était remise annuellement à l'équipe possédant la meilleure fiche contre les deux autres.

Le joueur le plus populaire du Kingfish était le défenseur Cam Brown, celui illustré plus haut, qui lors de sa retraite était le meneur de l'histoire de la ECHL pour les matchs joués avec 789. Il fut plus tard battu par Sam Ftorek, le fils de Robbie.

Sinon les joueurs les plus connus à avoir joué pour le Kingfish furent Johan Hedberg et Alex Burrows. Ce dernier, non repêché, y débuta sa carrière professionnelle en 2002-03, soit durant la dernière saison de la franchise à Baton Rouge.


7. Salmon Kings de Victoria (2004-2011)

Après une année où la franchise dut suspendre ses opérations, le Kingfish migra vers le nord-ouest en 2004-05 mais garda un surnom dans la catégorie des «poissons royaux» lorsque le club se rebaptisa sous le nom des Salmon Kings de Victoria...

Au départ, la ville de Victoria venait de se doter d'un nouvel aréna dans le but d'y ramener du hockey junior, elle qui était à ce moment la plus grande ville au Canada a ne pas avoir de club junior ou professionnel. Ils ne réussirent toutefois pas y amener un club junior et l'aréna dut donc se rabattre sur un groupe d'investisseurs qui achetèrent les droits de la franchise dormante du Kingfish. Il s'agissait alors de la première franchise canadienne de l'histoire de la ECHL. Les locaux mirent du temps à adopter les Salmon Kings, n'étant pas familiers avec la ECHL et croyant le niveau du spectacle inférieur au junior canadien...

Après 7 saisons sans trop d'histoire, les Salmon Kings durent plier bagage lorsque le junior arriva finalement à Victoria avec l'arrivée des Royals dans la WHL en 2011. La franchise cessa alors ses activités pour de bon.

8. Chiefs de Johnstown (1988-2010)


Bien des équipes ont émulé les fameux Chiefs de Charlestown du film culte Slapshot mais aucun n'était aussi légitime que ceux de la ville où fut tourné le film, les Chiefs de Johnstown.

Aussi membre fondateur en 1988, les Chiefs ont vogué contre vents et marées pour demeurer dans cette petite ville de Pennsylvanie. L'histoire du film étant toujours d'actualité en 2010, l'équipe (comme la ville) fut durement touchée par le ralentissement économique et dut se soumettre à l'évidence et plier bagages à son tour, la dernière de ces 5 équipes fondatrices de la ECHL encore en place. Ils évoluaient alors toujours au Cambria County War Memorial Arena, ce même aréna que l'on voit dans le film.

Les Chiefs n'ont cependant jamais été très bons, ne remportant aucun championnat et aucun titre de division. Ils n'ont aussi jamais développés de joueurs d'importance. Je voudrais bien vous faire changer d'avis en vous balançant des noms comme Jody Shelley, Dany Sabourin ou le même Peter Skudra vu plus haut... En fait le joueur le plus connu des Chiefs fut un Arturs Irbe en fin de carrière en 2003-04.

Après le départ des Chiefs, les Tomahawks de Johnstown y ont élu domicile dans la ligue junior de la NAHL. Les Nailers de Wheeling y ont également joué des séries de quelques matchs il y a quelques saisons.

9. Greenville Road Warriors (2010-2015)

Donc le plus vieux club encore actif de la ECHL déménagea à Greenville en Caroline du Sud et se rebaptisa sous le nom des Road Warriors de Greenville. La ville avait déjà accueilli une équipe, le Grrrowl (oui avec 3 R) de 1998 à 2006. Sous l'incarnation des Road Warriors, l'équipe fut club-école secondaire des Rangers et des Flyers.

Pas grand chose à dire sur cette équipe à part qu'on aurait bien aimé qu'elle ait un nom et un chandail plus excitant pour rendre un meilleur hommage à son incarnation précédente, les Chiefs...


10. Greenville Swamp Rabbits (2015 - )

Ah ça c'est beaucoup mieux! Définitivement plus ECHL que les Road Warriors. 

J'adore ce logo et tout le reste. Particulièrement la carotte en forme de bâton... Et contrairement à ce qu'on peut croire en voyant le chandail, ils ne sont pas affiliés aux Islanders mais plutôt aux Panthers. Les Road Warriors changèrent de nom en 2015 et firent la joie de tous et chacun en adoptant le sobriquet «Swamp Rabbits». Le nom fait référence à la «Swamp Rabbit Trail», un sentier ferroviaire de la région datant de 1920 et qui lui est nommé en honneur d'une espèce de lapin «aquatique» du sud des États-Unis, le Sylvilagus Aquaticus, un mammifère terrestre amphibien... Quand je dis qu'on en apprend tous les jours.

Poursuivant la tradition héritée des Chiefs, aucun championnat n'a également été remporté à Greenville depuis 2010, mais au moins un championnat de section.


Voilà. On va s'arrêter à 10 pour cette première partie, histoire de ne pas trop manger trop vite et avoir mal au ventre. Mais comme on parle de la ECHL, je vous laisse comme bonus quelques chandails promotionnels débiles portés par quelques unes des équipes discutées aujourd'hui:


«Video game Night» en 2017


«Superhero night: Black Panther» en 2019


«Nickelodeon Night» en 2021

2019

«90's night» 2018

«Spongebob night» 2018

Ça promet pour la suite...