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mercredi 13 mai 2026

Jean-Marc Pelletier




N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Natif d’Atlanta, en Géorgie (États Unis), Jean-Marc Pelletier est un gardien de but qui a disputé sept parties dans la LNH durant sa carrière, soit une avec les Flyers et six avec les Coyotes.

Québécois d’origine, il est né à Atlanta mais il a grandi à Saint-Lambert où il joua son hockey mineur, avant de partir étudier à l’Université Cornell à dix-sept ans, et aussi bien sûr, pour y jouer avec l’équipe comme deuxième gardien.
 
Même s’il est peu utilisé, il montre de belles promesses et les Flyers l’aiment bien. Ils décident donc de le repêcher avec leur sélection de deuxième tour (30e au total) en 1997, même s’il n’a que seize matchs de la NCAA derrière la cravate.

Pour voir plus de rondelles et s’habituer davantage aux rigueurs d’un calendrier plus rempli, il se joint à l’Océanic de Rimouski pour la saison 1997-98 pour ce qui sera sa seule saison dans la LHJMQ. Dans un club qui compte notamment Vincent Lecavalier et Brad Richards, il se rend jusqu’en finale, mais Rimouski baisse pavillon en quatre matchs face à Val d’Or.

L’année suivante (1998-99), le jeune Américain débute sa carrière professionnelle de façon solide. À titre de gardien numéro un des Phantoms dans la Ligue américaine, il garde le fort durant 47 joutes (2.78, .909%), en plus d’avoir la chance de disputer son premier match dans la LNH.

Le hasard faisant bien les choses, le destin voulut que Pelletier obtienne son premier départ le jour de son 21e anniversaire de naissance, le 4 mars 1999, dans un match à Philadelphie contre les Sénateurs d’Ottawa. Les Flyers perdirent le match 5 à 0, et le jeune cerbère accorda les cinq buts de son équipe, sur les vingt-neuf tirs reçus.

Pelletier venait de jouer sa seule partie à Philadelphie. Il s’aligna à nouveau avec les Phantoms en début de saison suivante mais, en janvier 2000, il fait partie de plusieurs joueurs impliqués dans une transaction qui envoyait notamment Rod Brind’Amour en Caroline. Le joueur d’aujourd’hui fit donc ses valises pour continuer son aventure dans l’organisation des Hurricanes.

Malheureusement, l’ancien de l’Océanic n’obtint aucun départ avec les ‘Canes, passant plutôt son temps dans la défunte Ligue internationale durant deux saisons avec les Cyclones de Cincinnati, pour ensuite en passer une autre avec les Lock Monsters de Lowell dans la Ligue américaine. Malgré tout, Pelletier demeure concentré et montre de très bonnes statistiques durant son séjour avec l’organisation des Hurricanes.

En décembre 2002, il est de nouveau échangé, cette fois aux Coyotes, contre un seul autre joueur : le gardien Patrick DesRochers. Cette transaction est positive pour Jean-Marc Pelletier, qui aura la chance de jouer six matchs dans la LNH avec Phoenix, soit deux lors de la saison 2002-03 (deux défaites) et quatre lors de la saison 2003-04 (une victoire - sa seule dans la LNH - et une défaite).

Il fait également très bien dans la Ligue américaine, cette fois avec les Falcons de Springfield, quand il n’avait pas la chance d’être dans la Grande Ligue. Il continuera de jouer dans la LAH durant deux saisons complètes supplémentaires, mais las d’être pris dans les mineures (il avait été échangé à l’organisation des Panthers depuis), il décide d’aller jouer en Allemagne pour la saison 2006-07, avec les Eagles de Mannheim.



Alors âgé de vingt-huit ans, il aide Mannheim à remporter le championnat de la DEL en remplacement du gardien Robert Müller, malheureusement diagnostiqué d’une tumeur au cerveau en novembre 2006. Dans une fin de saison émotive, Pelletier a été crucial dans la conquête du championnat par les Eagles.
Il part ensuite jouer trois autres saisons avec les Freezers de Hambourg, demeurant un excellent portier  dans une équipe qui n’était pas parmi les plus fortes de la DEL. Il prend sa retraite à l’issue de la saison 2009-10, à l’âge de trente-deux ans.

Peut-être n’a-t-il disputé que sept parties dans le circuit Bettman, mais Jean-Marc Pelletier a tout de même joué près de cinq cent parties au hockey professionnel. Dans la DEL, l’AHL et l’IHL, il a montré une moyenne d’environ 2,86 et un taux d’arrêts de .913% durant ses quelques 476 parties disputées, avec quelques saisons avec des taux supérieurs à .920%.

En plus de son championnat à Mannheim, il a aussi eu l’honneur de représenter les États-Unis au Championnat mondial junior de 1998. L’équipe a terminé la compétition au cinquième rang.




jeudi 2 avril 2026

Richie Regehr



N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Malgré qu'il avait disputé cinq saisons complètes et productives dans la Ligue junior de l’Ouest, aucune équipe de la LNH n’avait appelé au repêchage le nom de Richie Regehr, frère de Robyn, celui qui a joué 1089 matchs avec Calgary, Los Angeles et Buffalo (surtout Calgary)!

Ayant déjà un Regehr dans leur équipe, les Flames décidèrent de donner la chance à Richie, le signant en 2004 à titre d’agent libre, alors qu’il était âgé de 21 ans. Il joua quatorze matchs (deux passes) avec l’équipe en 2005-06 et six (un but et une passe) en 2006-07, pour vingt matchs, les seuls de sa carrière dans la LNH. Il a marqué son seul but le 19 Décembre 2006 contre Los Angeles, alors qu’il déjoua le gardien Dan Cloutier d’un tir des poignets de la ligne bleue. Les Flames gagnèrent la partie, 5-3.

Malgré tout, les Flames ne retinrent pas ses services à l’issue de la saison 2006-07. C’était dommage pour Regehr car en plus de n’avoir pas mal paru durant ces vingt matchs avec Calgary, il avait bien fait dans la Ligue Américaine avec 21 buts et 48 passes en 134 matchs, répartis sur trois saisons, en plus d’un différentiel de +15.

Ne recevant pas d’autres appels de la LNH, le petit frère de Robyn décide de traverser l’Atlantique pour continuer sa carrière, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a fait durer le plaisir sur le Vieux Continent, laissant sa marque à gauche et à droite en Allemagne et en Suède, en passant par un court séjour en Autriche.

D’abord, l’ancien de la WHL a disputé la saison 2007-08 avec les Lions de Francfort et brillé, avec 21 buts et 20 passes en 42 matchs, une excellente production pour un défenseur! Il était un quart-arrière solide et son jeu a attiré l’attention des Eisbären (Ours Polaires) Berlin, puissante équipe de la Deutsche Hockey League, avec laquelle il évolua quatre saisons, de 2008 à 2012.
 

Le productif défenseur y remporte notamment trois championnats en quatre ans (2009, 2011 et 2012). Il a été excellent à Berlin et les fans l’ont adoré. En 184 matchs là-bas, il a marqué 49 buts et s’est fait complice de 81 autres (130 points). Il joua ensuite en première et deuxième division avec MODO en Suède, de 2012 à 2014.

Avec ses récents championnats encore en mémoire, Regehr décide de retourner en Allemagne pour jouer trois ans à Munich. Malgré une production réduite à ses deux dernières années et une blessure qui l’empêche de participer aux séries de 2016, Regehr remporte le championnat en 2016 et en 2017, même si officiellement, il n’est considéré champion qu’en 2017.

À bout de souffle, il dispute six matchs avec Klagenfurt (Autriche) en 2017-18, avant de tirer sa révérence pour de bon. Peut-être ne s’était-il pas fait un nom ici, mais il a tout de même fait partie de cinq équipes championnes en huit saisons dans la DEL, en plus d’être fiable et productif en Europe, ne terminant jamais avec un différentiel négatif en dix saisons en Allemagne et en Suède, deux pays au très bon calibre!

De son côté, Robyn passa des Flames aux Sabres à l'été 2011. Il est ensuite échangé aux Kings durant la saison écourtée de 2012-13. Il gagnera la Coupe Stanley au printemps 2014, jouant 8 matchs en séries. Il se retira du jeu après la saison 2014-15, signant un contrat d'une journée pour se retirer en tant que membre des Flames.
 
Robyn et Richie Regehr lors de leur court séjour comme coéquipiers avec les Flames.

 
Dernière petite anecdote sur les frères Regehr. Bien qu’ils soient d’origine canadienne, Robyn est né au Brésil et Richie, en Indonésie. Bizarre? Pas si on considère que leurs parents étaient des missionnaires mennonites qui voyageaient à travers le monde dans leur mission.

Seulement deux patineurs natifs du Brésil ont joué dans la LNH. Robyn Regehr et le gardien Mike Greenlay, qui a joué deux parties avec Edmonton en 1989-90.

Mais un seul patineur natif de l’Indonésie a joué dans la LNH : Richie Regehr.

Ils s’agit du seul duo de frères à mener les pointeurs de l’histoire de pays différents dans la LNH. Aucun joueur né au Brésil n’a plus de points que Robyn Regehr et aucun né en Indonésie ne dépasse le petit frère Regehr!

Bon, d’aucuns diraient qu’ils sont chanceux que Wayne Gretzky ne soit pas Brésilien ou Indonésien mais bon…ce n’est tout de même pas de leur faute!

Bon, peut-être qu’on exagère un peu sur ce «record», mais ça demeure tout de même un accomplissement hors du commun, bien qu’hautement anecdotique!

mercredi 5 avril 2023

Hockey, sponsors et dictature: Les courts moments de Muammar Kadhafi dans l'univers du hockey...



 


L'allemand Heinz Weifenbach, surnommé «Big Heinz», avait d'abord fait sa fortune dans le développement immobilier, avant de se lancer dans le hockey professionnel en achetant le club ECD Iserlohn dans la Bundesliga en 1981. Weifenbach revait d'un championnat et tenta au fil des années de garnir son club d'autant de joueurs vedettes (lire importés) que possible, dont plusieurs canadiens. Il avait même réussi à acquérir les services de l'attaquant Jaroslav Pouzar, qui était fraîchement couronné de trois bagues de la coupe Stanley avec les Oilers d'Edmonton.

Cependant, les finances du ECD Iserlohn étaient un vrai foutoir. Les joueurs, surtout les joueurs vedettes, étaient payés, quelquefois avec des tours de passe-passe de la part du comptable de l'équipe. Ceux qui n'étaient pas payés étaient plutôt les agents du fisc allemand, réclamant l'équivalent de plus de 3 millions en impôts non-payés par l'équipe.

Heinz Weifenbach
À l'aube de la saison 1987-88, la situation était tellement dramatique que le fisc allait directement perquisitionner les joueurs du club, enquêtant sur leurs avoirs en réquisitionnant leurs relevés de paie et allant jusqu'à confisquer leurs biens, saisir leurs voitures et même les empêcher de pratiquer en mettant le cadenas sur le vestiaire. Nouvellement signé par l'équipe, l'ancien attaquant vedette des Sabres Danny Gare fut choqué du traitement réservé à ses coéquipiers, quitta l'équipe et confirma sa retraite.

Ne pouvant pas éviter les agents fédéraux très longtemps, Weifenbach dut alors user de créativité pour trouver davantage de sponsors et remettre son équipe à flot. C'est alors que le maire d'une des banlieues d'Iserlohn le mit sur une piste on ne peut plus loufoque, soit d'aller demander de l'aide financière à l'étranger, et pas n'importe où, soit en Libye en la personne de Muammar Kadhafi, leader du pays, ou plus précisément auto-proclamé «Dirigeant de fait de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste», depuis sa prise du pouvoir en 1969 jusqu'à sa mort en 2011.

Vers la fin novembre 1987, Weifenbach prit l'avion pour Tripoli et fut accueilli en grande par le gouvernement Libyen, avec des prestations de danseuses sous des tentes directement sur le tarmac de l'aéroport. Kadhafi, qui ne connaissait rien au hockey, n'ayant que visionné une videocassette lui démontrant le sport, rencontra Weifenbach et quelques journalistes. Il accepta de financer l'équipe pour 900 000$, ce qui permettrait à Weifenbach de terminer la saison.

Il y avait toutefois une condition à ce financement. Pour recevoir son soutien financier, l'équipe se devait de promouvoir le «Livre vert» de Khadhafi sur son chandail. Paru en trois tomes à partir de 1975, le livre vert était en quelque sorte le manifeste de Kadhafi où il expliquait les fondements de sa pensée politique et sa conception du socialisme. Un peu comme le Petit livre rouge de Mao Zedong ou le Mein Kampf d'Adolf Hitler, le livre vert deviendra le symbole du long régime de Kadhafi.

Kadhafi et son «Livre vert».

Kadhafi et Weisenbach tenant le Livre vert lors de leur rencontre en novembre 1987

 

Donc, Weifenbach rentra en Allemagne avec en poche cette entente avec le gouvernement lybien. Il annonça à ses joueurs la grande nouvelle que l'équipe était sauvée, qu'ils avaient une chance de remporter le championnat, et leur présenta leur nouveau chandail. Tout ce que les joueurs avaient à faire était de le porter pour seulement six matchs, suite à quoi Kadhafi leur enverrait l'argent.

Les joueurs, étant d'abord surpris, ont toutefois accepté l'entente, étant traditionnellement de l'école où l'argent mène, voulant avant tout jouer au hockey. Ils étaient de toute manière habitués de porter n'importe quoi de sponsorisé dans ces ligues européennes.

C'est donc le 4 décembre 1987 que les fans du Iserlohn purent voir le nouveau chandail de leur équipe favorite. Devant une salle comble de plus de 6000 spectateurs (dans un aréna d'une capacité de 4800), dont plusieurs déguisés en Kadhafi, le ECD Iserlohn croyait que sa saison était repartie du bon pied. 

Cependant, la fédération du hockey allemand n'était pas du tout enchantée de cet accord et voulait voir disparaître ce livre vert du chandail du ECD Iserlohn. Les médias s'en donnaient également à cœur joie et même le ministre de l'intérieur Friedrich Zimmerman déclara qu'il s'agissait «d'une mauvaise blague en flagrante violation envers la neutralité politique du sport». Et aux yeux de plusieurs, il s'agissait surtout d'une question de mauvais goût, considérant que Kadhafi était celui qui avait ordonné un attentat dans une discothèque de Berlin en 1986, faisant trois morts, dont deux soldats américains, ainsi que plus de 200 blessés.

Voici un excellent vidéo d'époque où vous pouvez voir le chandail en action (et même un but!) ainsi que les personnages discutés jusqu'à maintenant:

L'attaquant canadien Bruce Hardy

Le gardien tchèque Cestmir Fous

Jaroslav Pouzar, champion de la coupe Stanley avec les Oilers en 1984, 1985 et 1987

Lors du match suivant à Francfort, leur autobus fut accueilli par une foule hostile avec des pancartes ridiculisant et menaçant le club, en plus de l'escouade anti-émeute. Il faut dire que la mauvaise attention était davantage décuplée dans cette ville, où des centaines de soldats américains étaient stationnés. Apparemment même que l'aréna aurait reçu des menaces d'attaque à la bombe, ce que l'unité anti-terroriste nia après avoir fouillé de fond en comble l'aréna.

Suite à cet accueil très mitigé, et ce possible danger imminent, les joueurs firent une réunion d'urgence dans le vestiaire. Ils firent part de leurs inquiétudes et leur malaise à Weifenbach qui leur implora que s'ils ne portaient pas le livre vert, l'argent ne viendrait pas et le club serait dissout. Les joueurs passèrent au vote et décidèrent finalement de ne pas le porter et Weifenbach s'inclina en quittant le vestiaire. 

Le ECD Iserlohn joua donc ce match contre Francfort avec ses vieux chandails sans propagande dans ce qui fut effectivement le dernier match de l'équipe, qui n'aura donc porté le chandail de Kadhafi à une seule occasion. Ce dernier retira son offre et le club déclara faillite peu après. L'équipe fut dissoute sans terminer la saison, alors qu'il ne restait que 6 matchs au calendrier. 

La saison suivante, Weifenbach parvint à se sortir suffisamment d'affaire pour ressusciter son club, renommé ECD Sauerland, mais cette fois-ci relégué en 3e division. Il put finalement goûter au champagne d'un championnat en 1990. Il se départit ensuite du club en 1991 et ne put finalement pas fuir ses anciens problèmes très longtemps, étant condamné en 1993 à 27 mois de prison pour évasion fiscale. Il est toutefois resté dans les bonnes grâces des partisans d'Iserlohn, qui le considèrent comme un des leurs et qui le respectent pour avoir tout tenter pour faire survivre le hockey dans la ville. Il fut accueilli en héros lors du 40e anniversaire de l'équipe en 1999, étant longuement réclamé par la foule jusqu'à temps qu'il accepte d'aller parader sur la glace. Il mourut à 75 ans en 2015 après de longues années où il était atteint de démence.


Le club d'Iserlohn, désormais connu sous le nom des Roosters, font partie depuis l'an 2000 de la première division, la DEL. Ils n'ont jamais remporté de championnat.

Après 41 ans au pouvoir en Lybie, la guerre civile éclata et le régime de Kadhafi prit finalement fin. Des milliers d'exemplaires du livre vert furent alors publiquement brûlés à Benghazi. Lors de la prise de Tripoli par les rebelles, Kadhafi s'enfuit en Syrie mais fut peu après capturé et exécuté le 20 octobre 2011.

De nos jours, le Livre vert est interdit de publication en Lybie. Il n'existerait apparemment que deux exemplaires du fameux chandail «livre vert» encore existants. Un d'entre eux est exposé au temple de la renommée du hockey allemand à Augsburg, tandis que l'autre est toujours en possession d'un ancien joueur, le canadien Bruce Hardy.


Sources:
The Worst Sponsorship Deal In The History of Pro Sports?, WBUR.org, 6 juillet 2018
The forgotten story of … Muammar Gaddafi's German ice hockey team, The Guardian, 1er février 2016
The Ice Hockey Follies, With Qaddafi Starring, New York Times, 9 janvier 1988


samedi 25 mars 2023

Danny Gare



 


Né le 14 mai 1954 à Nelson en Colombie-Britannique, Daniel Mirl Gare était un attaquant prolifique au sein des Centennials de Calgary au niveau junior avant de parvenir à faire sa place comme vedette de la LNH en s'imposant autant offensivement que physiquement malgré sa petite stature. 

Ailier droit de 5'9" et 175 lb, il explosa d'abord en 1973-74 à Calgary avec une fiche de 68 buts et 59 passes pour 127 points, alors qu'il faisait partie du même trio qu'une autre future vedette offensive des années 70 et début 80, le centre Mike Rogers. Cette bonne saison lui valut d'être repêché en 2e ronde (29e au total) par les Sabres de Buffalo en 1974.

Durant son premier camp d'entraînement des Sabres à l'automne suivant, Gare montra dès le premier match préparatoire qu'il était prêt à jouer immédiatement dans la grande ligue en provoquant le matamore Dave «The Hammer» Schultz des redoutables Flyers à se battre avec lui dans un combat égal où il parvint à contenir Schultz. Et lors de son premier match officiel, il marqua à son premier tir en carrière à 18 secondes du début du match, ce qui n'était pas loin d'être un record, le détenteur d'alors étant Gus Bodnar des Maple Leafs avec un but à 15 secondes durant la saison 1943-44. 

Gare termina cette excellente première saison avec une fiche de 31 buts et 31 passes, en plus d'aider les Sabres à se rendre en finale contre les éventuels champions, les Flyers. Il obtint 7 buts et 6 passes en 17 matchs durant ce parcours. Il marqua d'ailleurs le but gagnant en prolongation lors du premier match de la série de demi-finale contre les Canadiens.


Il termina ensuite en 3e place du scrutin pour l'obtention du trophée Calder, qui alla finalement à l'attaquant Eric Vail, des Flames d'Atlanta.

Les Sabres de l'époque étaient une assez bonne machine offensive. On n'a qu'à penser à la fameuse «French connection», premier trio de l'équipe composée de Gilbert Perreault, René Robert et Richard Martin. Mais en plus de ce trio, les Sabres comptaient sur plusieurs bons marqueurs. Par exemple, lors de cette édition 74-75, on retrouvait 9 marqueurs de plus de 20 buts. 

Gare, un favori de la foule par son style combatif et hargneux, continua sur sa lancée la saison suivante en terminant l'année avec exactement 50 buts, ses trois derniers obtenus lors d'un tour du chapeau le dernier match de la saison. Ce qui est étonnant dans le cas de Gare, c'est qu'il obtint ce total en jouant sur la ligne défensive, ou si vous préférez la «checking line» avec Don Luce et Craig Ramsay, s'occupant de neutraliser les meilleurs trios adverses tout en récoltant tous les trois d'impressionnantes statistiques. 

Gare était quand même muté à la «French connection» sur l'avantage numérique alors que René Robert était déplacé à la pointe. Cependant, seulement 8 des 50 buts de Gare furent obtenus durant l'avantage d'un homme et le reste fut principalement obtenu sur la checking line. Gare termina donc la saison avec 73 points dont 50 buts, tandis que Luce et Ramsay terminèrent à 70 et 71 points respectivement. Cette bonne saison lui valut une invitation sur l'équipe canadienne pour la première Coupe Canada de 1976, mais il ne fut utilisé que pour un seul match durant cette série.

Une grave blessure au dos survint toutefois lors de la saison suivante, ce qui lui fit rater la majorité du calendrier, ne pouvant jouer que 35 parties (11 buts, 15 passes). Il revint en forme en 1977-78, au même moment ou il fut nommé comme nouveau capitaine des Sabres, avec 39 buts et 77 points. 

Il régressa à 27 buts et 67 points en 1978-79 mais l'arrivée de Scotty Bowman derrière le banc des Sabres en 1979-80 sembla lui redonner des ailes puisqu'il connut cette année-là sa deuxième saison de plus de 50 buts et son sommet en carrière avec 56 buts et 33 passes pour un total de 89 points. Il faut noter par contre que la French connection venait d'être démantelée cette saison-là alors que René Robert avait été échangé aux Rockies du Colorado à l'automne 1979. Avec ces 56 buts, Gare tronait au sommet des marqueurs de la LNH, étant toutefois à égalité avec Charlie Simmer des Kings et Blain Stoughton des Whalers. Il fut également sélectionné sur la 2e équipe d'étoiles.

Après une autre bonne saison en 1980-81 ou il obtint 46 buts et 85 points, Gare sembla perdre l'estime de Bowman qui décida de porter un grand coup à son équipe vieillissante. En compagnie du gardien Bob Sauvé, de l'ancien capitaine Jim Schoenfeld et de Derek Smith, Gare prit le chemin de Détroit en décembre 1981. En retour, les Sabres mirent la main sur trois joueurs plus jeunes, soit Dale McCourt, Mike Foligno et Brent Peterson. 

Au sein des misérables «Dead wings», Gare ne connut pas d'aussi bonnes saisons qu'à Buffalo, sa meilleure saison là-bas fut sa première complète en 1982-83 ou il obtint 26 buts et 61 points, et il sembla confirmer les dires de Bowman selon quoi «ses jambes étaient finies». 

Il fut toutefois nommé capitaine de nouveau à l'automne 1982, et apporta ainsi une certaine stabilité de leadership chez les Red Wings, eux qui avaient eu une absurde rotation de capitaines avec pas moins de 16 joueurs ayant porté le «C» depuis la retraite d'Alex Delvecchio en 1973. Il aida ainsi à ramener les Wings en séries en 1984 et 1985, marquant la première fois que l'équipe y participait deux années consécutives depuis la grande expansion de 1967. 

Et surtout, Gare prépara le terrain pour le suivant sur la liste, nul autre que Steve Yzerman qui hérita du titre pour les 20 années suivantes à Détroit et qui apprit apparemment beaucoup de la part de Gare, qui lui fut libéré par l'équipe après la saison 1985-86, alors qu'il n'avait obtenu que 16 points en 57 matchs.

Sans contrat durant l'été 1986 et aucune offre sur la table, Gare tenta un coup de poker en contactant lui-même Glen Sather pour une invitation au camp d'entrainement des Oilers. Ce dernier accepta et Gare se mérita un poste avec les Oilers en 1986-87 après un bon camp. Toutefois, Gare était de plus en plus ennuyé par son dos depuis sa blessure de 1976 et il ne fut que très peu utilisé par les Oilers, seulement 18 matchs où il récolta 1 but et 3 passes. Lorsque les Oilers firent l'acquisition de Kent Nilsson en mars 1987, Gare fut définitivement relégué comme joueur de réserve et plutôt que d'accepter une démotion dans les mineures, il opta de prendre sa retraite à l'âge de 32 ans, perdant alors la seule chance qu'il aurait eu de remporter la coupe Stanley depuis sa saison recrue.



Il ne sembla pas quitter le hockey très longtemps puisqu'il accepta ensuite un poste au sein du Iserlohn ECD dans la ligue allemande pour la saison 1987-88. Toutefois, il s'agissait bien malgré lui d'un plan foireux puisque les propriétaires de cette équipe étaient tellement dans le rouge que les autorités ouest-allemandes décidèrent au même moment de l'arrivée de Gare d'enquêter sur les finances de l'équipe et ainsi perquisitionner plusieurs des joueurs de l'année précédente pour vérifier leurs chèques de paie. Ceux qui refusèrent de dévoiler leur salaire furent réprimandés et durent même subir des fouilles de leurs domiciles. Étant témoin de tout cela durant le camp d'entrainement, Gare fit aussitôt marche arrière et revint au Canada, ratant malheureusement à Iserlohn une histoire assez rocambolesque mais sur laquelle je dois faire plus de recherches et probablement un autre billet avant de m'avancer d'avantage.

Mais au final, Gare se retira après seulement un match hors-concours en Allemagne.

En 827 matchs dans la LNH, Gare aura obtenu une fiche de 354 buts, 331 passes pour 685 points et 1285 minutes de pénalité. Il a aussi ajouté 46 points en 64 matchs des séries.

Après sa retraite, il refit surface en 1993-94 comme assistant-entraineur du Lightning, un poste qu'il ne garda que deux saisons. Il devint ensuite analyste télé pour le Lightning, les Blue Jackets et les Sabres. Ces derniers retirèrent d'ailleurs son numéro 18 lors d'une cérémonie en 2005.



 


Sources:
Wayback Wednesday, Reddit
BC Sports Hall of fame

dimanche 19 mars 2023

Ken Quinney : un joueur du tonnerre à Las Vegas


 

Né en 1965 à New Westminster en Colombie-Britannique, Ken Quinney a joué trois saisons avec les Wranglers de Calgary dans la Western Hockey League au début des années 1980. Après deux saisons de 11 et 26 buts, cet ailier gauche a littéralement explosé avec 64 buts et 118 points en 71 matchs en 1983-1984. Cette performance tardive lui a permis d’être repêché en 10e ronde par les Nordiques de Québec en 1984, ce qui pourrait dénoter que les dépisteurs de l’époque ne percevaient pas un très grand potentiel chez lui. Or, l’année suivante, il continua sur sa lancée avec 47 buts et 114 points en 56 matchs. Malgré des statistiques intéressantes de la part de Ken Quinney en séries, les Wranglers ne parvinrent jamais à passer en deuxième ronde des séries.

Une fois sa carrière junior terminée, il se rapporta à l’Express de Fredericton en 85-86, le club école des Nordiques de Québec (dont le logo pas très réussi me fait davantage penser à une station service qu'à une équipe de hockey). Il s’est cassé le poignet en février 1986, ce qui lui a fait manquer quelques matchs. Il a complété sa première année dans l’AHL de manière modeste avec 11 buts et 37 points en 61 matchs.

Le logo de l'Express de Fredericton me fait penser à un dépanneur

 

Il partagea son temps entre la LNH et l’AHL en 1986-1987, récoltant 41 points en 48 matchs avec Fredericton contre seulement 9 points en 25 matchs avec Québec. Ses débuts avec le fleurdelysé avaient pourtant été fort prometteurs avec 4 passes obtenues lors de ses deux premiers matchs. Quand on lit les journaux de l'époque, on sent que Ken Quinney était perçu comme un joueur bientôt prêt à faire le saut avec les Nordiques. À titre d'exemple, avant la saison 1986-1987, le journaliste Maurice Dumas du Soleil souligne qu'il fait bonne impression au camp d'entraînement et que l'entraîneur Michel Bergeron le présente comme un patineur pas très rapide, mais qui compense par sa bonne compréhension du jeu. Ken Quinney reconnaît lui-même avoir connu une profonde léthargie avec l'Express de Fredericton en 1985-1986 et qu'il en a profité pour développer ses compétences en défensive. On perçoit déjà un joueur humble et vaillant qui travaillait sur sa confiance. 

 

Un portrait encourageant pour ce choix de 10e ronde des Nordiques. Et une belle photo souvenir de lui en train de couvrir nul autre que Wayne Gretzky à l'époque de sa domination de la LNH! 😃

 

Ses efforts en pré-saison furent récompensés puisqu'il joua avec les Nordiques en début de saison 1986-1987. Et dans l'analyse d'un match nul de 3-3 contre les Islanders de New York, Maurice Dumas du Soleil considérait que c'était "Une rencontre où Ken Quinney et Jeff Brown ont encore fait la preuve qu’ils étaient prêts pour le grand saut" (p. S2). Lors de son match de 3 passes, Maurice Dumas affirma même que Ken Quinney représentait la solution idéale pour jouer avec Michel Goulet et Dale Hunter!

 

Il ne manque que la musique de la télésérie Lance et compte!

Un joueur intelligent pouvant jouer dans les deux sens de la patinoire selon Dale Hunter. Un joueur complet selon Michel Goulet. Bref, le potentiel de Ken Quinney était reconnu en 1986.

 

Malgré son bon début de saison en 1986-1987, les blessures décimèrent rapidement les Nordiques et leur entraîneur Michel Bergeron préféra renvoyer Ken Quinney à Fredericton afin qu'il puisse jouer davantage qu'à Québec.

 

Ken Quinney fut victime des blessures encaissées par ses coéquipiers de la grande équipe qui a poussé Michel Bergeron à utiliser des joueurs établis plutôt que des recrues

 

Mais ce qui se passa l’année suivante a peut-être aussi influencé négativement la carrière professionnelle de Ken Quinney. En effet, selon le site HockeyDraftCentral, il aurait refusé d’être promu aux Nordiques de Québec en 1987-1988 parce qu’il ne voulait pas jouer dans une équipe perdante alors qu’il connaissait une excellente saison avec Fredericton dans la Ligue américaine. De ce fait, il a récolté 37 buts et 76 points en 58 matchs. Son choix aurait fait en sorte qu’il n’a joué que 15 matchs pour 4 points avec Québec cette année-là. Mais je tiens à souligner que mes recherches n'ont pas encore permis de confirmer l'information du site HockeyDraftCentral, donc c'est à prendre avec un grain de sel.

 

La carte recrue et l'unique carte dans une série de la LNH pour Ken Quinney

 

On dirait bien que son vœu d’exceller dans les mineures fut ensuite exaucé puisqu’il récolta 41 buts et 90 points en 72 matchs en 1988-1989 avec les Citadelles de Halifax (l’équipe avait alors déménagé de Fredericton), bon pour premier pointeur de son équipe qui avait notamment Bob Mason (23 matchs), Ron Tugnutt (24 matchs) et Mario Brunetta (36) dans les buts, mais qui furent démolis 4-0 en première ronde par les Hawks de Moncton et l’entraîneur Rick Bowness et son joueur-entraîneur Ron Wilson (premier marqueur avec 92 points. Il semble toutefois s’être blessé l’année suivante, puisqu’il n’obtint que 25 points en 44 matchs en 1989-1990. 

 

Ken est visiblement déterminé à nous faire boire du lait sur cette carte produite par une coop de producteurs laitiers néo-écossais!

 

Il se reprit par la suite avec 20 buts et 40 points en 44 matchs en 1990-1991 et fit un dernier tour de piste avec Québec (7 points en 19 matchs), manquant plusieurs matchs à cause d’une blessure au pouce. Ken Quinney a rongé son frein entre la LNH et la LAH, mais il a démontré une résilience hors pair comme en témoigne ses propos récoltés par le journaliste Yves Poulin dans le journal Le Soleil du 4 décembre 1990: "Je ne sais pas si je suis ici pour longtemps, mais je tente de faire de mon mieux. Les années précédentes, on semblait avoir lancé la serviette en ce qui me concerne. On me disait trop petit ou trop lent et on doutait de mes possibilités face au jeu rude. Ça fait six ans que je suis dans les mineures. Je représente un bel exemple de persévérance pour les autres. On ne m’a pas oublié là-bas. Voilà la preuve qu’on peut jouer quelques saisons dans la Ligue américaine et graduer par la suite dans la LNH. Personne ne parle de cette façon mais tous les joueurs pensent de cette manière." (p. S4).

 

Un bel exemple de persévérance et de bons indices que Ken Quinney avait des qualités pour devenir un entraîneur au hockey

 

Il signa en tant qu’agent libre avec les Red Wings de Détroit pour la saison 1991-1992, mais il ne joua qu’avec leur club école d’Adirondack dans la LAH. Il en profita toutefois pour obtenir 31 buts et 60 points en 63 matchs en saison régulière et 19 points en 19 matchs des séries où il aida son équipe à remporter la Coupe Calder, où la finale se termina dans un 7e match contre les Maple Leafs de St. John’s. Le routier Mike Sillinger avait alors explosé avec 28 points en 15 matchs, avec le petit Allan Bester comme gardien de but partant pour les 19 matchs de l’équipe.

 

Ken souriant, assistant de son équipe et au sommet de sa gloire avec les Red Wings d'Adirondack

 

Ken Quinney connut une autre bonne saison avec Adirondack en 92-93 où il récolta des statistiques similaires (32 buts, 34 passes pour 66 points en 63 matchs). Mais plutôt que de continuer à rouler sa bosse dans la LAH, il décida de signer comme agent libre avec le tout nouveau Thunder de Las Vegas de la ligue internationale en 1993-1994. C’est là qu’il explosa littéralement, obtenant 55 buts et 108 points en 79 matchs en compagnie de Patrice Lefebvre et Radek Bonk. Son équipe termina première de la ligue en saison régulière avec 52 victoires et 115 points en 81 matchs, mais elle se fit stopper net en première ronde (4-1) par les Gulls de San Diego, menés notamment par le journeyman Jarrod Skalde (1990-2008) et un défenseur américain du nom de Peter Laviolette au long parcours d’entraîneur dans la LNH.

 

Un uniforme intéressant, mais je ne perçois pas vraiment le tonnerre illustré dans le logo

 

Par la suite, Ken Quinney connut quatre années productives avec des saisons de 40, 33, 27 et 34 buts, mais sans atteindre le plateau des 100 points. Il a même joué sur le trio d'Alexei Yashin lors de son séjour à Las Vegas dans le cadre de la saison de la LHN écourtée par la grève de 1994-1995. Au cours de ses 5 années passées avec le Thunder de Las Vegas (1993-1998), Ken a récolté 189 buts en 376 matches, ce qui en fait le meilleur buteur de l’histoire de la franchise. Il fut aussi le 2e meilleur pointeur de l’équipe avec 413 points alors que son coéquipier Patrice Lefebvre finit premier avec 553 points en 429 matches. 

Entre 1994 et 1998, le Thunder finit premier de la ligue à deux reprises (1993-1994 et 1995-1996) et fit toujours les séries, mais il n’arriva jamais à dépasser la 3e ronde. Ken Quinney fut un joueur populaire à Las Vegas et participa aux campagnes marketing de l’équipe qui étaient très hautes en couleur (mais pas en budget) comme en témoigne la vidéo suivante trouvée sur YouTube :

 

Si vous voulez en savoir plus sur l'approche marketing de l'équipe, je vous suggère de visionner le reportage de Ron Futrell diffusé en 1994 dont les quatre parties sont disponibles sur YouTube. Ken Quinney y est interviewé et ça parle notamment des joueurs de la LNH qui sont venus à Las Vegas ainsi que de la gardienne de but Manon Rhéaume :

 

 

Suite au départ de Ken Quinney, le Thunder de Las Vegas n’a pas réussi à se rendre en séries pour la première fois de son histoire dans ce qui fut sa dernière saison dans la ligue en 1998-1999.

Au lieu de chercher un poste dans une ligue sur le continent nord-américain, Ken Quinney se tourna vers l’Europe où il signa avec les Lions de Francfort en Allemagne. Il joignit ainsi une équipe qui comptait sur d’anciens joueurs de la IHL comme Len Barrie (premier marqueur de l’équipe en 1998-1999 avec 59 points en 41 matches), le montréalais Daniel Shank et Bob Sweeney (anciennement des Rafales de Québec en 1996-1997). Ken Quinney connut trois relativement bonnes saisons avec les Lions, récoltant 107 points dont 50 buts en 152 matches. 

Par contre, son équipe ne fit les séries qu’une seule fois (1999-2000) et se fit éliminer en première ronde contre par les éventuels gagnants de la coupe allemande cette année-là, à savoir les Barons de Munich qui pouvaient compter sur le prolifique joueur des ligues mineures Mike Casselman (ancien 3e choix au total des Red Wings de Détroit dans le repêchage supplémentaire de 1990 et un des trois joueurs de ce repêchage à avoir joué des matchs dans la LNH) et un ancien coéquipier de Quinney en la personne de Bob Sweeney. Autre fait intéressant à souligner, un des gardiens des Lions de Francfort lors de l’unique apparition en séries de Ken Quinney fut le légendaire portier Eldon « Pokey » Reddick.

 

On dirait un chandail pour de la compétition de motocross tellement il est surchargé

 

Suite à sa retraite en tant que joueur professionnel à la fin de la saison 2001, il revint vivre à Las Vegas pour devenir entraîneur dans le hockey junior de la région.

On ne peut toutefois pas parler de Ken Quinney sans signaler ses deux fils issus de son fameux séjour avec le Thunder de Las Vegas, deux attaquants qui ont même joué lors du tournoi Pee-wee de Québec selon un article paru dans Le Soleil en 2011. 

Né dans la ville du vice en 1998, Landon Quinney a suivi les traces de son père en tant que joueur de hockey à l’attaque, mais sans position principale. Il a cependant connu une courte carrière d’attaquant sans histoire dans le junior majeur, passant des Warriors de Moose Jaw en 2015-2016 aux Sea Dogs de Saint John de la LHJMQ pour deux petits séjours de 35 et 27 matchs de 2016 à 2018. Il ne participa malheureusement pas aux séries avec les Sea Dogs lorsqu'ils remportèrent la Coupe du Président en 2016-2017. N’ayant pas la touche de marqueur de son père, il finit toutefois sa carrière d’hockeyeur en beauté en remportant la coupe Canadian Tire de la Ligue Junior A des Maritimes avec les Mariners de Yarmouth en Nouvelle-Écosse qui écrasèrent les Tigers de Campbellton 4-0.

 

Il n'existe malheureusement pas de cartes de Landon Quinney avec Yarmouth

 

Pour sa part, Gage, le grand frère de Landon, est encore actif en 2023 et représente le premier joueur natif du Nevada à avoir joué dans la LNH. Né en 1995, le joueur de centre Gage Quinney a joué toute sa carrière junior dans la WHL, remportant au passage la Coupe Ed-Chynoweth de 2015 avec les Rockets de Kelowna en compagnie de coéquipiers notables tels que le défenseur Josh Morrissey (choix de première ronde des Jets de Winnipeg en 2013) et l’attaquant allemand Leon Draisaitl (meilleur pointeur de la LNH en 2020).

 

J'avoue ne pas trop comprendre le rapport entre les Rockets et un visage de dragon comme logo

 

Non repéché par une équipe de la LNH, Gage Quinney signa avec les Penguins de Pittsburgh qui l’envoyèrent dans la ECHL chez les Nailers de Wheeling pour la saison 2016-2017 où il fit bonne figure (44 points en 45 matchs) dans une équipe toutefois éliminée des séries.

Il fut promu aux Penguins de Wilkes-Barre/Scranton de la LAH en 2017-2018 comme joueur de soutien (33 points en 57 parties). Sa progression fut remarquée puisqu'il signa avec nulle autre que son équipe locale, les Knights de Las Vegas en juin 2018, au grand bonheur de la famille Quinney. Il se rapporta alors aux Wolves de Chicago dans la LAH qu’il aida notamment à se rendre en finale de la Coupe Calder contre les Checkers de Charlotte en 2019.

En février 2020, il réalisa enfin son rêve de jouer dans la LNH sous le regard fier et anxieux de son père à Las Vegas. Bien qu’il fut mémorable pour sa famille, son séjour fut toutefois de très courte durée, récoltant une passe lors de trois parties dans l’uniforme des chevaliers du désert.

 

Malgré son peu de temps dans la LNH, Gage a déjà beaucoup plus de cartes de hockey que son père

Depuis 2020, il continue de rouler sa bosse dans la LAH avec les Silver Knights de Henderson et on lui souhaite de réussir à revenir pour de bon dans la grande ligue!

 

En bref, Ken et sa progéniture – tous des joueurs en attaque – n’ont pas (encore) réussi à s’enraciner dans la LNH, mais ils se sont tous illustrés lors de leurs parcours professionnels en remportant des championnats, que ce soit le père avec la Coupe Calder (Adirondack en 1992), l’aîné avec la Coupe Ed-Chynoweth (Kelowna en 2015) et le cadet avec la Coupe Canadian Tire (Yarmouth en 2019). Ken continue de former des joueurs au niveau junior à Las Vegas et son fils Gage a encore des chances de retourner dans la LNH. Et quoi de mieux que la chance comme alliée naturelle de la première famille de hockey de Las Vegas! 💫

On "Gage" tu un petit 20$ là-dessus? 😁


PS: Ce fut un réel bonheur de produire des jeux de mots de mon'oncle pour vous, cher lectorat de LVEUP!


Sources :

1984 NHL draft pick, Ken Quinney. https://www.hockeydraftcentral.com/1984/84203.html

Dumas, M. (1986, 28 septembre). Ken Quinney : un 205e choix qui fait son chemin. Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2920281

Dumas, M. (1986, 4 octobre). Les Nordiques s'ennuient de Peter Stastny. Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2920310

Dumas, M. (1986, 12 octobre). Pour jouer avec Goulet et Hunter : Ken Quinney... la solution idéale! Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2920357

Dumas, M. (1987, 11 janvier). Mais où sont donc les jeunes? Les maudites blessures ont changé toutes les données. Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2885286?docpos=4

Emerson, J. (2020, 23 février). Vegas hockey family: Gage Quinney debuts for Golden Knights in hometown. Las Vegas Sun. https://lasvegassun.com/news/2020/feb/23/vegas-hockey-family-gage-quinney-vgk-hometown/

Futrell, R. (2010). Las Vegas Thunder Hockey Special Oct. 1994, Parts 1 to 4. https://www.youtube.com/watch?v=lMoMZNh_3Oc

Global News. (2018, 4 juin). Former Kelowna Rockets player signs contract with Vegas Golden Knights. https://globalnews.ca/news/4251830/former-kelowna-rockets-player-signs-contract-with-vegas-golden-knights/

Henderson Silver Knights. (2023, 11 janvier). Taking Vegas by storm: History of the Las Vegas Thunder with Jeff Sharples. https://www.hendersonsilverknights.com/taking-vegas-by-storm-history-of-the-las-vegas-thunder-with-jeff-sharples/

Hockey Data Base. https://www.hockeydb.com/

Poulin, Y. (1990, 4 décembre). La persévérance de Ken Quinney : "On ne m'a pas oublié là-bas". Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2927161?docpos=4

Tardif, J.-F. (2011, 18 février). Ken Quinney émerveillé. Le Soleil. https://www.lesoleil.com/53a3befa3c6c722d1865f4b0286f5402

Trading Card Database. https://www.tcdb.com/ViewAll.cfm/sp/Hockey

Wikipedia. https://en.wikipedia.org/

vendredi 13 mai 2022

Masque spécial vendredi 13 #5

Cela fait encore 8 mois depuis le dernier vendredi 13 en août dernier. Si vous avez oublié le concept de cette série, je vous partage un masque "qui fait peur", question de vous rappeler la vedette des films d'horreur, Jason Voorhees.

Voici le lien si vous voulez consulter les autres éditions de cette série.  

Aujourd'hui, on se transporte sur l'ancien continent, en Allemagne, pour le masque de Rainer Makatsh.

Rainer Makatsh n'a joué qu'une seule saison avec les Kölner Haie (en "français", les Sharks de Cologne ;) ) les aidant à remporter le titre de la 1ere Division de la Ligue d'Allemagne avec ce masque, avec ces yeux prenant la place de ceux du requin. La version colorisé de cette photo est bien entendu plus magnifique.



Passant toute sa carrière en Allemagne, Makatsch participa au Championnat du monde de hockey de 1970 et aux Jeux olympiques de 1972, en tant que gardien partant pour l'équipe allemande. Mais je ne sais pas si son "masque" à cette époque faisait moins peur que le requin, étant donné la pauvre protection que ça pouvait offrir ...


Me semble qu'une bonne garnotte sur le museau devait faire éclater le plastique ...

dimanche 21 février 2021

Joueur oublié des 90's #48 - Jason Herter


 

Il est normal que le joueur d'aujourd'hui ne vous soit pas aussi connu que d'autres joueurs semi-oubliés de cette série comme Valeri Bure, Cliff Ronning ou Craig Janney. Contrairement à ces joueurs qui ont quand même connu de bonnes et longues carrières dans la LNH, Jason Herter fait plutôt partie de la catégorie des ''One-game wonders'', ces joueurs qui n'ont joué qu'un seul match dans la LNH. En fait, si vous vous rappelez de lui, c'est peut-être que vous avez comme moi cette étrange carte de la première édition Upper Deck en 1990-91. Carte que j'ai judicieusement choisi comme carte du jour d'ailleurs...

 
 
 
Jason Herter est né le 2 octobre 1970 à Hafford en Saskatchewan et est d'origine métis française. Défenseur offensif de gros gabarit, il était très haut placé en vue du repêchage de 1989 après sa première saison à l'Université du Dakota du Nord. Il fut même à un certain moment considéré comme le possible premier choix. Il fut plus tard relégué au deuxième rang, mais ce n'est finalement qu'au 8e rang qu'il fut choisi par les Canucks. Ces derniers recherchaient désespérément un véritable défenseur numéro un, eux qui n'ont jamais vraiment eu de défenseurs vedette autres que Doug Lidster, Jyrki Lumme ou Mattias Ohlund... De bons joueurs mais pas vraiment des prétendants au trophée Norris.
 
Il considéra ensuite de transférer avec les Blades de Saskatoon dans la WHL, mais opta finalement de rester avec les Fighting Sioux dans la NCAA en 1989-90, saison où il fut élu sur la deuxième équipe d'étoiles en plus de remporter l'or avec l'équipe canadienne des moins de 20 ans au championnat junior. 
 
Il joua ensuite une dernière saison universitaire en 90-91 avant de finalement signer un contrat avec les Canucks. Il joua quelques matchs pré-saison avec l'équipe avant d'être envoyé dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee dans la IHL. Une blessure à l'aine ralentit toutefois sa progression et lui fit manquer une vingtaine de matchs.

Il passa ensuite une autre saison dans les mineures, cette fois avec les Canucks d'Hamilton dans la ligue américaine sans vraiment s'imposer avec une fiche de 7 buts et 16 passes pour 23 points. Il n'était donc pas le défenseur offensif que les Canucks cherchaient depuis tant d'années et il fut libéré après la saison 1992-93. Il fut ensuite signé par les Stars de Dallas mais ne put également percer leur alignement, passant les deux saisons suivantes dans la IHL.

Il fut ensuite obtenu des Stars par les Islanders en échange d'une somme d'argent. Il débuta la saison 95-96 avec le club-école des Islanders, les Grizzlies de L'Utah où il fit assez bien pour finalement se mériter un rappel au début décembre avec le club, alors en pleine déroute lors de cette première saison du chandail ''Fisherman''. Il fit donc finalement ses débuts dans la LNH avec les Islanders le 6 décembre 1995, soit plus de 6 ans après sa sélection au repêchage. Il était alors dans l'histoire de la ligue le plus haut choix au repêchage à ne pas encore avoir joué un match dans la LNH.

Ceci n'est techniquement pas vrai, alors que plusieurs joueurs repêchés dans le top 5 lors des premières années du repêchage n'ont jamais joué dans la LNH, mais c'était à une toute autre époque où le repêchage n'était pas encore aussi sophistiqué et important dans le processus de recrutement des équipes (voir texte du 22 juin 2015). Mais depuis 1970, Herter était effectivement le plus haut choix (8e) d'un repêchage à n'avoir pas encore goûté à un match de la LNH.


Son seul match... son seul chandail dans la LNH...


Il fit d'ailleurs bien lors de ce premier match à Long Island, puisqu'il obtint une passe et une fiche de +1. Son histoire de persévérance fut une des seules bonnes histoires des Islanders durant cette saison trouble et les journalistes aimaient ce qu'ils avaient vu de sa part, alors que l'équipe avait peu de relève et peinait à attirer des joueurs autonomes. Ce ne fut cependant pas assez suffisant pour percer l'alignement des pauvres Islanders et il retourna avec les Grizzlies, où il remporta la Coupe Turner de 1996. Mais même s'il n'avait pas joué ce seul match à Long Island, son ''record'' aurait tout de même été battu puisqu'en 1992, les Flyers repêchèrent au 7e échelon l'attaquant Ryan Sittler, fils du légendaire joueur des Leafs Darryl Sittler, qui ne se rendit jamais à la LNH et qui détient désormais ce titre peu enviable.

Herter joua ensuite deux autres saisons dans la IHL partagées avec les Blades de Kansas City et les Solar Bears d'Orlando suite à quoi il mit le cap sur l’Allemagne où il joua de 1998 à 2002 et où il remporta le championnat en 1999-2000 avec les Barons de Munich. 

Il revint ensuite en Amérique du Nord et débuta un long parcours comme entraîneur à divers niveaux junior aux États-Unis. Il occupa ensuite longtemps le poste d'entraîneur-adjoint à l'Université de Minnesota-Duluth.

Il raconta plus tard qu'il n'avait jamais assez travaillé pour atteindre la LNH et qu'il avait trop pris son talent pour acquis sans faire les efforts nécessaires pour passer au niveau suivant.


Sa fiche dans la LNH fut de 0 but, 1 passes pour 1 point en 1 match.
Sa fiche dans la IHL fut de 63 buts, 145 passes pour 208 points en 394 matchs.
Sa fiche dans la NCAA fut de 30 buts, 89 passes pour 119 points en 118 matchs. 


Sources:
Wasted Talent: Jason Herter's Not Alone, The Province, 12 mai 2008
We want Fish Sticks, the bizarre and infamous rebranding of the New York Islanders
, Nicholas Hirshon, University of Nebraska Press, 2018