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mercredi 8 octobre 2025

La Central Hockey League (1992-2014)



La Central Hockey League, à ne pas initialement confondre avec sa première version (1963-84) et autres circuits antérieurs, voit le jour en 1992, sous l’impulsion de Ray Miron et Bill Levins

Miron et Levins étaient autrefois entraîneur et DG respectivement des Blazers de l'Oklahoma dans l’ancienne CHL pendant les années 60 et 70. Miron avait également été DG des Oilers de Tulsa de 1964 à 1974 et auparavant dans l'ancienne EHL avec les Knights de Nashville. Il fut plus tard promu comme DG des défunts Rockies du Colorado (1976 à 1981) et travailla également dans l’organisation des Maple Leafs.

La CHL avait d’abord été créée en 1963 par la LNH pour servir de circuit de développement pour ses jeunes joueurs. Elle a accueilli plusieurs futurs grands noms, tels que Bernie Parent, Tony Esposito, Stan Smyl, Dirk Graham, Randy Carlyle, Glenn "Chico" Resch, Pete Mahovlich, Bob Bourne, Mark Messier, et surtout, de nombreux jeunes joueurs du Canadien avec les Apollos de Houston, tels que Carol Vadnais, Rogatien Vachon, Serge Savard, Jacques Lemaire et Guy Lapointe. La ligue représentait bien son nom «Central», avec des équipes principalement du midwest et des états plus à l'ouest avec des villes comme Omaha, Minneapolis, Indianapolis, Tulsa, Kansas City, mais aussi avec des tentatives peu fructueuses plus au sud ou sur les côtes du pacifique comme Memphis et Seattle. Ce fut aussi temporairement la ligue ou vécurent les très éphémères Six-Guns d'Albuquerque que j'affectionne particulièrement.

Ray Miron (3e à partir de la droite, première rangée) et les Oilers de Tulsa en 1966.

La CHL dut toutefois cesser ses activités en 1984 en raison du déclin du soutien des clubs de la LNH et de la concurrence importante d’autres circuits comme l’AHL et la IHL. Après la saison, la LNH cessa son appui financier direct. Le commissaire Bud Poile (anciennement coach des Canucks, Flyers et père de David Poile) déclara alors la ligue «inactive». Les franchises survivantes migrèrent ailleurs, par exemple Salt Lake City et Indianapolis qui rejoignirent l’International Hockey League (IHL). Les autres équipes ont ensuite tout simplement disparu ou se sont replier sur des ligues semi-pro locales.

Donc, au début des années 90, Miron et Levins unirent leurs forces pour ramener le hockey professionnel dans des villes de taille moyenne du sud et du Midwest américain, délaissées par la dissolution d’autres circuits, principalement depuis la fin de la CHL.  Il n’y eut par exemple aucune équipe professionnelle, tous circuits confondus, située au Texas entre 1982 et 1992. Même avant l'arrivée des Stars de Dallas, il n'y avait plus eu aucun club texan depuis les Blackhawks de Dallas qui avaient évolué de 1967 à 1982 dans la CHL 1.0. 

On peut véritablement appeler cela une résurrection de ligue totale. Si elle était passablement déclarée comme «inactive» par David Poile en 1982, elle était redevenue active sous les ordres de Miron et Levins qui nommèrent leur nouvelle ligue en honneur de l’ancien nom vacant. La Central Hockey League put renaître de ses cendres, 8 ans après la fin de l'originale. 

Bill Levins mourut toutefois subitement en mai 1991 avant de pouvoir voir son projet aboutir. Miron prit le relais et Levins demeura quand même comme fondateur à titre posthume. Le trophée du vainqueur de la CHL fut nommé en honneur de Levins.

Il y avait toutefois une grande différence entre les deux CHL. Cette fois-ci, la ligue opéra comme seule entité propriétaire indépendante et opéra l'entièreté des franchises, du moins au départ, sans propriétaires externes ni influence de la LNH. Le fils de Ray Miron, Monte, fut nommé comme commissaire de la ligue. Monte Miron avait joué quelques saisons dans l'ancienne CHL et autres circuits.

Joe Burton
Comme autrefois, les premières équipes de la nouvelle CHL se trouvaient au Texas, en Oklahoma, au Kansas, au Tennessee et en Louisiane. On vit alors plusieurs noms renaître. Ce fut le cas des Blazers d’Oklahoma City qui deviennent rapidement la locomotive de la ligue, attirant parfois plus de 10 000 spectateurs par match, un chiffre très impressionnant pour le hockey mineur. Ils remportent le trophée Levins en 1996 et 2001. Le meilleur joueur des Blazers et de la ligue est alors le capitaine Joe Burton, qui joua 10 saisons à Oklahoma City et terminera sa carrière comme champion pointeur de l'histoire de la CHL avec 565 buts, 420 passes pour 985 points en 706 matchs.

Une autre résurrection réussie fut le cas des Oilers de Tulsa. Le hockey en Oklahoma, malgré nos préjugés nordiques, a presque toujours fonctionné. 

Les Oilers, disparus en même temps que la fin de la première CHL, sont une équipe mythique des ligues mineures, alors qu’on peut remonter jusqu’en 1928 pour retrouver les premiers Oilers de Tulsa dans la vieille American Hockey Association. Ils ont ensuite joué dans la USHL (1945 à 1951) avant de revenir dans la CHL en 1964.

Le principal fait d'arme des Oilers dans le folklore du hockey mineur fut leur couronnement comme derniers champions de la CHL en 1984, remportant les grands honneurs en tant qu’équipe itinérante. 

Après avoir déclaré faillite avant la fin de la saison, les joueurs décidèrent de jouer tout de même leurs 17 derniers matchs sur la route. Malgré cela, avec un jeune John Vanbiesbrouck dans les buts, ils terminent troisièmes et remportent l’Adams Cup en battant Salt Lake City en finale. Cet exploit devint légendaire.  (En savoir plus ici dans cet ancien texte de Martin ITFOR).

Histoire de continuer dans une parfaite résurrection, les Oilers de Tulsa 2.0 inaugurèrent parfaitement cette nouvelle incarnation de la CHL en remportant également la première «Coupe Levins» en 1993. Ce fut même ce qu'on peut appeler une parfaite finale «CHL» et «Oklahomienne» alors que leurs opposants en finale furent les Blazers d'Oklahoma City. Autre fun fact, un des meilleurs marqueurs des Oilers champions de 1993 fut nul autre que Taylor Hall. Oui. L'autre Taylor Hall.

 

Avec nul autre que Garry Unger comme coach... Unger avait lui aussi joué dans la CHL au début des années 60. On y voir aussi un ancien du Titan de Laval, Sylvain Naud.
 

La coupe Levins fut éventuellement renommée la Ray Miron President’s Cup en 2001. Mais malgré leur statut parmi les plus stables équipes de la CHL par la suite, et de la ECHL depuis 2014, les Oilers n’ont jamais remporté de championnat à nouveau. 

Parmi les autres premières équipes de 1993, on retrouvait le Freeze de Dallas, le Fire de Forth Worth, les Riverkings de Memphis et le Thunder de Wichita. Toutes ces villes avaient auparavant connu du hockey de la CHL. En plus de la bataille de l'Oklahoma (un autre parallèle avec les autres Oilers), la CHL désirait raviver l'ancienne rivalité régionale CHL entre Dallas et Forth Worth, qui, comme Dallas, avaient existé de 1967 à 1982. Le Freeze, qui jouait également dans un autre aréna que les Stars, plus miteux, ne fut bien sûr que bien temporaire alors que l'équipe plia bagage en 1995, laissant toute la place aux Stars dans la LNH.  

Le Freeze de San Jose Dallas


La ligue ajouta ensuite d’autres équipes à partir de 1995. On verra alors apparaître au cours des années suivantes des noms exotiques comme les Iguanas de San Antonio, les Channel Cats de Huntsville, les Cottonmouths de Columbus (Georgie) et les fameux Macon Whoopee, cette étrange équipe au logo semi-sexuel qui migra dans la ECHL en 2001.

Sans oublier les très éphémères, très boboches, et très rigolos Bandits de Border City. Confirmant de plus en plus mon amour pour cette ligue.

Malgré toutes les histoires «à la Slapshot» qu'on s'attend des ligues profondes, la CHL demeura relativement stable comparée à d’autres ligues mineures concurrentes. Le Thunder, les Oilers et les Blazers demeuraient les têtes d'affiche et la ligue opérait désormais annuellement entre 10 et 12 équipes au tournant du siècle.

En 2001, la CHL fusionna avec sa rivale, la Western Professional Hockey League (WPHL), un autre circuit texan-sudiste fondé en 1996, ce qui lui permit d’élargir son territoire et d’accroître sa crédibilité.

Encore plus de nouvelles équipes à ce moment comme:

Le Ice d'Indianapolis, les Jackalopes d’Odessa, Le Beast de Brampton (seule incursion canadienne de l'histoire de la CHL), les Buzzards d’El Paso, les Bossier-Shreveport Mudbugs, les Killer Bees de Rio Grande Valley, les Rattlers d’Amarillo, renommées ensuite les Gorillas!  

Il y a surdose de noms débiles que je voudrais bien étaler ici mais je vais garder ça pour plus tard... (note à moi-même, garder pour plus tard)

En voici quand même une:

Yeah.
 

Après la fusion avec la WPHL, la CHL comptait entre 15 et 17 équipes en moyenne par saison, plafonnant à 18 en 2010-11, après l'absorption d'une autre ligue inférieure, la International Hockey League (2e version). Comme la CHL avant eux, une nouvelle ligue qui avait repris un nom vacant. J'en parlerai plus tard de la deuxième IHL si vous me le permettez... c'est une autre bibite.

En résultat de ces deux fusions, le niveau de jeu augmente, et même que quelques formations deviennent momentanément affiliées à des clubs de la LNH ou de l’AHL, ce qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Il y eut par exemple les Sundogs de l’Arizona, qui furent partiellement affiliés aux Coyotes de Phoenix entre 2007 et 2009, développant au passage un jeune David Schlemko. Autre exemple, les Eagles du Colorado, futurs double-champions dans la ECHL, furent quelques mois affiliés aux Oilers. 

Il ne s’agissait toutefois que des ententes temporaires, souvent non-officielles et quelques dépannages organisationnels, rien de plus. 

Jusqu'à ce moment dans son histoire, la CHL n'avait pratiquement développé aucun joueur d'une semi-importance dans la LNH. Cela changea toutefois autour de 2010 avec quelques joueurs notables comme Jordie Benn. Non-repêché, Benn avait débuté sa carrière dans la ECHL en 2008-09 avant d'être recalé en CHL la saison suivante. Il connut une bonne saison avec les Americans d'Allen, faisant assez bonne impression pour être engagé par l'équipe de son frère à Dallas. Il joua ensuite à Montréal, Vancouver, Winnipeg, Minnesota et Toronto. 

Aaron Dell et un superbe chandail Ronald McDonald avec les Americans d'Allen

Le gardien Aaron Dell est aussi un des rares cas de joueurs développés dans la CHL avant d'arriver à la grande ligue. Dell était #1 des Americans, champions de la saison 2012-13, avant de graduer dans l'organisation des Sharks. Andrew Desjardins, également non-repêché, a joué une saison (2007-08) dans la CHL avec les Bucks de Laredo. Il gradua ensuite dans ECHL et AHL avant d'aboutir avec les Sharks et les Blackhawks, où il fit partie de l'édition championne de 2015.

On vit bien sûr quelques anciens de la LNH se ramasser en CHL, particulièrement dans les années 90 et début 2000. Outre l'autre Taylor Hall déjà discuté, il y eut quelques présences plus ou moins inhabituelles. En voici quelques-uns, triés sur le volet.

  • Brendan Morrow, alors joueur des Stars de Dallas, joua à Oklahoma City durant le lock-out de 2004-05, même chose pour son ancien coéquipier Brad Lukowich.
  • Scott Young, anciennement des Nordiques et marqueur de 300 buts dans la LNH, joua 3 matchs dans la CHL, aussi durant le lock-out 2004-05. Comme il était alors établi à Dallas, tout comme Morrow, j'imagine que l'option de s'entraîner et garder la forme dans un circuit proche était plus attirant que d'aller dans la AHL ou en Europe. 
  • L'ancien espoir dans les buts des Leafs, Sébastien Centomo, originaire de Laval. 
  • L'ancien défenseur des Sharks Neil Wilkinson joua une douzaine de match avec les Oilers en 2002-03, même chose pour son ancien coéquipier Craig Coxe qui joua 4 saisons à Tulsa. Un autre Sharks de renom, nul autre que le célèbre Link Gaetz, a joué 13 matchs avec les Iguanas de San Antonio en 1995.
  • Il y a également l'obscur joueur oublié des Nordiques Paxton Schulte qui termina sa carrière à Tulsa en 2006.
  • Alek Stojanov, celui plus malheureusement reconnu pour avoir été obtenu en retour de Markus Naslund par les Penguins en 1996, a joué une vingtaine de matchs avec les Scorpions de New Mexico.
  • Autres joueurs: Jason Lafrenière (ancien des Nordiques), Alexei Yegorov, Lonny Bohonos


Au tournant des années 2010, malgré des succès inespérés comme les Eagles du Colorado (qui affichaient des assistances records et un modèle de gestion exemplaire), la CHL fait face à de sérieuses difficultés financières et géographiques. Les coûts de déplacement augmentent considérablement. Plusieurs marchés (notamment au Texas et en Arizona) s’essoufflent. Des équipes migrent vers d’autres ligues plus stables, surtout la ECHL (Eagles en 2011, Komets de Fort Wayne en 2012 et Americans d’Allen en 2014).  

Équipe toujours phare et parmi les meilleures au guichet, les Blazers d'Oklahoma City plièrent bagage en 2009, étant ensuite remplacés par les Barons d'Oklahoma dans la AHL.

Malgré quelques tentatives de relance, la ligue se rétrécit. De 18 équipes en 2005, elle tombe à 9 équipes en 2013-14. Les derniers champions furent les Americans de Allen, qui remportent deux titres consécutifs pour clore l'histoire de la CHL. 

Les Americans de Allen, derniers (doubles) champions en 2013 et 2014
 

En octobre 2014, la CHL cesse officiellement ses activités. Sept de ses équipes (Allen, Missouri, Rapid City, Tulsa, Wichita, Brampton et Quad City) sont absorbées par l’ECHL, scellant la fin de la CHL comme ligue indépendante. 

La ECHL avait auparavant accueilli dans ses rangs d’anciennes équipes de la IHL et la WCHL, laissant libre cours à la CHL d’absorber de son côté la WPHL et la UHL/IHL. On peut dire que la mission d’épurer le réseau des ligues mineures aura fonctionné et que la ECHL aura finalement remporté ce que j'appelle cette «guerre de l’absorption» dans les ligues mineures.

L’héritage de la ligue demeure fort dans le Sud et le Midwest américain. Six équipes rescapées de la CHL sont toujours fidèlement en place dans la ECHL; les Oilers, les Americans, les Komets, le Thunder de Wichita, les Mavericks de Kansas City et le Rush de Rapid City, tandis que les Eagles du Colorado ont gradué dans la AHL. Des équipes originales de la CHL en 1992-93, seuls les Oilers et le Thunder sont toujours actives.

Les Oilers de Tulsa, toujours actifs dans la ECHL
 

La CHL aura été un tremplin pour des milliers de joueurs, un modèle de hockey communautaire dans des villes non traditionnelles mais toutefois classiques du hockey mineur de cette région des US, et une base d’expansion indirecte pour l’ECHL. Cela montre que parfois, ce ne sont pas seulement des joueurs qui se servent des niveaux mineurs pour graduer dans des niveaux supérieurs, dans le cas de la CHL, ce sont principalement les équipes qui ont pu se consolider et graduer dans un circuit plus prospère et stable. 

Il est quelque fois mentionné que la CHL aurait atteint un niveau «AA» similaire ou parallèle à l’ECHL, mais je me permets d’en douter. La ECHL a développé davantage de joueurs pour la LNH avec quelques excellents noms comme Jonathan Quick, Michael Ryder, Jonathan Marchessault, Jaroslav Halak, Yanni Gourde, Alex Burrows, et plusieurs autres. Outre les cas isolés de Jordie Benn, Aaron Dell et Andrew Desjardins lors des dernières années d'existence de la CHL, on ne peut pas dire que la fiche de route de la CHL fut aussi reluisante. C'était toutefois bien parti lors de ses dernières années, mais on préféra logiquement agrandir la ECHL et consolider tout ça dans un seul niveau au troisième échelon derrière LNH et AHL. Ces ligues ont d'ailleurs longuement fait pression pour «épurer» l'écosystème des circuits mineurs.

Ray Miron (à gauche) a grandement aidé à mettre le hockey sur la carte à Tulsa et dans le sud des USA.

Ray Miron vendit la CHL en 2000. Il reçut de la LNH le trophée Lester B. Patrick en 2004, honorant sa contribution au hockey aux États-Unis. Il déclara ce moment son meilleur accomplissement en carrière. Il mourut à Tulsa en août 2015 à l'âge de 92 ans. 

Les Oilers de Tulsa célèbreront leur «100e» anniversaire d'existence en 2028, ayant toutefois existé en plusieurs phases:
1928-1942 (AHA)
1945-1951 (USHL)
1964-1984 (CHL 1.0)
1992-2014 (CHL 2.0)
2014 - (ECHL)

On se laisse sur un extrait d'époque sur Youtube. Un match random Tulsa-Oklahoma de 1999-2000.

ENCORE GARY UNGER!  

 

 

Sources: wikipedia, Fun While it Lasted, the Oklahoman, Eliteprospects

dimanche 12 février 2023

Stock volé à vendre #11 : Les Oilers de Tulsa

Peu de temps après le début de l'aventure "La Vie Est Une Puck", Martin est devenu chroniqueur pour le défunt site 25stanley.com, avec sa "Chronique Vintage". Bien qu'on croyait ces textes perdus à jamais, la magie d'Internet (et beaucoup de patience …) nous a permis d'en retrouver la majorité. Au cours des prochaines semaines / mois, nous en ressortirons quelques-uns des boules à mites, pour votre plus grand plaisir. 









Originalement publié le 1er décembre 2010 

Les Canadiens affrontent ce midi les jeunes Oilers d’Edmonton. Pourquoi ne pas en profiter pour parler d’une autre équipe qui se nomme les Oilers, les Oilers de Tulsa…

Pour ceux qui ne le savent pas, Tulsa est une ville d’Oklahoma. Vous serez surpris d’apprendre non seulement que cette ville existe, mais qu’elle possède une très riche tradition de hockey…

La première version des Oilers de Tulsa fut fondée en 1926 et a joué dans une ligue nommée American Hockey Association, une ligue formée principalement d’équipes du Midwest américain. L’équipe disparut en même temps que la ligue durant la Seconde Guerre mondiale. Une nouvelle ligue, la US Hockey League fut formée au sortir de la guerre et les Oilers de Tulsa en firent à nouveau partie. La ligue ainsi que cette deuxième mouture des Oilers disparurent après la saison 1950-51…

La troisième incarnation des Oilers de Tulsa est celle que je trouve très intéressante. Elle se joignit à une ligue mineure professionnelle nommée la Central Hockey League en 1964-65. Cette ligue était la propriété de la NHL et servait de ligue de développement pour les futurs talents. Elle était un peu l’équivalent actuel de la ECHL sauf qu’on y envoyait les joueurs directement entre la NHL et cette ligue, sans transiter vers la AHL. Les Oilers de Tulsa étaient à l’origine le club-école des Maple Leafs de Toronto. L’histoire qui m’intéresse ici s’est déroulé lors de la saison 1983-84…


Nous sommes donc lors de la saison 1983-84. L’équipe des Oilers de Tulsa s’avère l’une des franchises les plus respectées de la CHL et elle possède en soi l’une des meilleurs en cette saison, se dirigeant vers un troisième titre du championnat depuis sa fondation. À cette époque, l’équipe était, comme vous le voyez en haut, un des clubs-école des Rangers de New York. Un gros problème est survenu en beau milieu de la saison lorsque les propriétaires durent cesser les activités de l’équipe en plein milieu de la saison.

C’est ici que l’histoire devient épique…

Bien que les dirigeants aient baissé pavillon, les joueurs refusèrent de le faire et ainsi, l’équipe décida tant bien que mal de continuer la saison. Ils partirent donc dans un autobus afin de jouer tous les matchs qui leur restaient dans le calendrier. C’est un des joueurs, Bill Baker, un ancien de la légendaire équipe olympique américaine de 1980, qui proposa l’idée. La ligue et les Rangers décidèrent ainsi de financer le tout et à partir du milieu du mois de février de finir la saison sur la route…

Il n'y avait à cette époque que 5 équipes dans la ligue. Ces autres équipes étaient les Golden Eagles de Salt Lake City, les Flames du Colorado, les Checkers d’Indianapolis et le Magic du Montana. Regardez une carte des États-Unis et imaginez vous avoir à passer son temps dans un autobus entre ces 4 villes ou États avec quelques détours occasionnels vers Tulsa pour pratiquer dans un aréna dans un centre d’achat comme aux Galeries de la Capitale… C’est ce que l’équipe a dû endurer pendant plus de 2 mois.

L’équipe fut soudée par un esprit de corps hors pair du fait d’avoir à voyager pour aller jouer devant un auditoire toujours hostile envers vous, ce qui veut dire qu’on a jamais les moindres fans pour vous encourager, sans pouvoir couramment pratiquer.  Ils pratiquaient souvent en jouant au soccer dans les couloirs comme seul exercice, éloignés de leur famille et sans salaire stable. Mais comme c’est souvent dans les épreuves que naissent les meilleures histoires, ce qui devait arriver arriva. Le 27 avril 1984, plus de deux mois après avoir débuté leur voyage sans fin, les « Homeless Oilers » balayèrent l’équipe d’Indianapolis pour remporter la Coupe Adams remis aux champions de la Central Hockey League…

Ironiquement, c’est dans le bar de l’hôtel que les célébrations eurent lieu. Une parade autour de l’autobus s’en suivit et s’en était officiellement terminé de l’histoire de cette incarnation des Oilers de Tulsa après 20 ans d’existence…

L’entraîneur Tom Webster fut nommé entraîneur de l’année pour cette saison 1983-84. On se rappellera de lui par la suite pour avoir été l’entraîneur des Kings au temps de Wayne Gretzky…

Vous comprendrez peut-être un peu mieux la raison du succès de cette équipe si je vous dis que le jeune John Vanbiesbrouck était le gardien des Oilers de Tulsa lors de cette saison. Il fut nommé le meilleur joueur de la saison grâce à son jeu brillant qui fut important dans ce long voyage victorieux, mais pénible…

Sachez également que l’ancien capitaine des Nordiques et vedette de la WHA Robbie Ftorek faisait partie du nombre des joueurs ayant vécu sur la route lors de cette saison. L’ancien défenseur et playboy du Canadien Rick Chartraw a également joué quelques matchs avec les Oilers de Tulsa avant d’être cédé, étrangement, aux Oilers d’Edmonton au milieu de la saison… Le défenseur Grant Ledyard évolua également avec les Oilers lors de cette saison avant de faire une carrière de plus de 1000 matchs dans la NHL. Il fut d’ailleurs nommé meilleur joueur des séries de la CHL de 1984.

La Central Hockey League suspendit ses activités peu de temps après la fin de la saison et la disparition officielle des Oilers de Tulsa.

Une ligue au nom semblable fut fondée en 1992 et une quatrième incarnation des Oilers de Tulsa fit partie de cette nouvelle ligue… L’équipe existe toujours et elle est la seconde filiale de l’Avalanche du Colorado.

Si vous voulez un fait qui peut lier présentement les Oilers d’Edmonton et les Oilers de Tulsa, sachez que le directeur général de l’équipe de l’Oklahoma se nomme Taylor Hall.

Mais ça, c’est une autre histoire…

mercredi 16 mars 2022

Les équipes de la ECHL - 12e partie

 

 
 

Voici de nouveau la suite (ET LA FIN!) de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque incarnation de chaque franchise soit chaque changement de nom, déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte que j'ai presque une centaine de ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.

Cliquez ici pour les chapitres précédents:
1re partie
2e partie
3e partie
4e partie
5e partie
6e partie
7e partie
8e partie
9e partie
10e partie
11e partie

 

On est (finalement) rendu au dernier droit et comme le restant des équipes sont assez récentes, ça va aller assez vite. Dans cette partie, on va se concentrer sur la dernière grande expansion de la ECHL, celle de 2014 lorsque les 7 clubs survivants de la Central Hockey League furent absorbés par la ECHL, qui passa ainsi rapidement de 22 à 28 équipes, soit le nombre auquel elle était habituée dans la décennie précédente.

La ECHL, libérée de ses origines géographiques de la «cote est» depuis sa fusion avec la West Coast Hockey League en 2003, devint alors davantage continentale, s'étendant maintenant encore plus dans le centre des États-Unis. Cet aspect «continental» disparût toutefois par la suite avec la fin des Aces de l'Alaska en 2017 et la migration de ses équipes californiennes dans la AHL en 2015 (voir historique). 

Allons-y donc sans plus tarder en continuant avec la 86e équipe.


86. Americans de Allen (2014 - )


Évoluant en banlieue de Dallas, les Americans de Allen débutèrent leurs activités dans la CHL en 2009. L'équipe fut initialement fondée par un groupe comprenant plusieurs anciens joueurs de la LNH comme Steve Duchesne et plusieurs ex-Stars de Dallas comme Mike Modano, Craig Ludwig et Ed Belfour. Les Americans remportèrent deux fois le championnat de la CHL dans les années suivantes avant de joindre la ECHL en 2014-15. Ils avaient précédemment été vendus à un autre groupe également propriétaires de deux autres clubs de la CHL, le Thunder de Wichita et les Oilers de Tulsa, qui joignirent également la ECHL et qu'on verra bientôt.

Le saut dans la ECHL fut un succès pour les Americans qui remportèrent non seulement la Coupe Kelly à leur première saison, mais également la saison suivante en 2015-16. L'équipe fut d'abord affiliée aux Sharks puis au Wild et est maintenant affiliée au nouveau Kraken de Seattle.


87. Beast de Brampton (2014-2020)


Également un des clubs rescapés de la CHL, le Beast de Brampton (Ontario) n'y avait joué qu'une seule saison, étant fondé en 2013-14 pour la dernière saison de cette ligue. L'équipe devint ensuite la deuxième franchise canadienne de l'histoire de la ECHL après les anciens Salmon Kings de Victoria (voir 1ère partie) de 2004 à 2011. 

Le Beast fut logiquement affilié aux Canadiens de Montréal à partir de la saison 2015-16, mais cette association se termina en 2019, suite à quoi ils devinrent affiliés aux Sénateurs. Peu de joueurs du Beast ont gradué avec le CH, les seuls joueurs notables étant les gardiens Zachary Fucale et Michael McNiven. Mais le club fut quand même celui qui permit au légendaire David Ling de prolonger sa glorieuse carrière dans les mineures...

Le Beast n'a toutefois jamais été une entreprise rentable, peinant à attirer assez de fans, un problème remontant d'ailleurs avant l'arrivée du Beast avec l'ancienne franchise du Battalion de Brampton dans la OHL, équipe qui déménagea à North Bay en 2013. Un plan de survie fut mis en place en 2016 avec la ville de Brampton et le Beast devint plus tard partenaire avec l'équipe féminine du Six de Toronto de la NWHL afin de former un plan d'affaires intéressant comprenant par exemple des camps d’entraînement communs et des forfaits de matchs mettant en vedette les deux équipes les mêmes jours.

Cependant, le Beast fut victime de la pandémie, se retirant de la compétition comme les autres équipes de la ECHL avant la fin de la saison 2019-20 et choisissant de ne pas participer à la suivante. L'incertitude avant la présente saison en cours fut de trop pour le Beast qui choisit plutôt de cesser définitivement ses opérations.


88. Indy Fuel (2014 -)


Débutant comme équipe d'expansion en 2014-15 en même temps que les équipes rescapées de la CHL, le Fuel décida de raccourcir le nom de sa ville (Indianapolis) sous le nom plus familier de «Indy». Le Fuel a toutefois continué dans la tradition du hockey dans cette ville, où plusieurs clubs ont aussi emprunté au sport automobile pour leur identité, par exemple les anciens Racers d'Indianapolis dans l'AMH et ensuite les Checkers (et leurs uniformes à motifs de drapeau à damier) dans la CHL et la IHL.

L'équipe du Fuel est affiliée aux Blackhawks et n'est pas très bonne, n'ayant fait les séries qu'une seule fois jusqu'à maintenant.


89. Mavericks du Missouri (2014-2017)


Ici ça se complique légèrement à cause de la géographie et la division bizarre de certains états chez nos voisins du sud. Mais comme je disais dans l'intro, j'inclus chaque nom ou déménagement de chaque franchise et donc je dois d'abord séparer cette franchise et commencer par la portion «Missouri». 

L'équipe débuta en 2009 dans la CHL et évoluait dans la ville d'Independence au Missouri, en banlieue de Kansas City. Mais au cas où vous l'ignoriez, Kansas City n'est techniquement pas dans l'état du Kansas, mais en plein sur la frontière qui divise le Missouri et le Kansas. Et la majorité de cette ville se retrouve du côté «Missourien». Tu peux donc te promener dans la ville principale de Kansas City, Missouri, traverser une simple rue et te retrouver à Kansas City, Kansas qui est en fait une banlieue avec le même nom que l'autre Kansas City dans l'autre état... mais qui n'a aucune séparation géographique entre les deux. Pourquoi faire simple hein? J'imagine que le compte de taxes doit être assez mélangeant pour quelqu'un qui habite sur la ligne... Est-ce que le camion de poubelles s'arrête à la ligne et c'est un autre camion d'une autre municipalité qui termine la rue? Je l'ai même testé dans Google Street View. Cliquez ici, switchez en Street View et traversez la rue «State Line Road», vous allez voir l'état changer dans le coin supérieur gauche... C'est fascinant.
 
Bref, c'est pas vraiment important pour les Mavericks mais j'ai toujours été intrigué par cette maudite ville fuckée et j'oublie souvent qu'elle est au Missouri, donc j'imagine que plusieurs d'entre vous rushez autant que moi et je voulais donc clarifier la chose...

Les Mavericks jouent donc à Independence, une autre banlieue plus à l'est et définitivement pas au Kansas...  Ils évoluèrent dans la CHL jusqu'à la fusion de 2014. En 2017, l'équipe décida toutefois de changer de nom...


90. Mavericks de Kansas City (2017-)


L'équipe changea donc de nom pour les Mavericks de Kansas City en 2017-18. Je croyais d'abord que l'équipe avait quitté Independence pour un autre aréna à K.C., peut-être même pour bien faire dans la partie «Kansas» de Kansas City. Mais non. Pourtant est-ce que Kansas City n'a pas un aréna de grandeur LNH de disponible? Le T-Mobile Center? On entendait souvent des rumeurs de déménagements, des Penguins ou des Predators par exemple, ou pour une nouvelle équipe d'expansion. Il serait logique d'y faire jouer au moins une équipe de la ECHL, quitte à réduire la capacité dans les gradins... Bref non, ils sont toujours à Independence et n'ont de Kansas City que le nom. Il s'agissait toutefois de la première équipe à évoluer sous le nom de Kansas City depuis la fin des anciens Blades dans la IHL en 2001.

Bref après tous ces détours logistiques et géographiques, je n'ai pas grand chose de plus à dire sur les Mavericks. Ils n'ont jamais gagné le championnat ni fait les séries très souvent. L'équipe est présentement affiliée aux Flames après quelques saisons avec les Islanders. Et nul autre que Corey Schueneman y a joué 4 matchs en 2019-20...


91. Mallards de Quad City (2014-2018)


Voici les malheureusement défunts Mallards de Quad City, les anciens champions de notre grand décompte des meilleurs et pires chandails de la ECHL que nous avions effectué en 2015. Faudrait peut-être le refaire pour se mettre à jour d'ailleurs...

Histoire de continuer dans les histoires de villes géographiquement fuckées, les Mallards évoluaient techniquement dans la ville de Moline en Illinois dans une région métropolitaine du nom des «Quad Cities» située à la frontière de l'état de l'Illinois et de l'Iowa. Cette région est le point de rencontre de 4 villes; Davenport et Bettendorf en Iowa ainsi que Rock Island et East Moline en Illinois. Mais aucune ville ou entité politique ne porte le nom de «Quad City».

Sur une carte, ça ressemble à ça:
 


Bon assez de géographie et passons aux Mallards. Ces derniers n'ont existé que 4 saisons dans la ECHL mais leur histoire remontait à 1995 avec la création d'une équipe sous ce nom dans la défunte UHL. L'équipe était un succès dans cette ligue, remportant 3 championnats et attirant les meilleures foules de la ligue avec parfois des moyennes de 8000 par match. Cela incita un groupe à établir une équipe de la AHL à Quad City, les Flames, qui n'évoluèrent que 2 saisons (2007 à 2009) avant de plier bagage. Les Mallards furent donc ensuite ressuscités dans la deuxième IHL (pas l'ancienne ligue mais une nouvelle du même nom) en 2009-10 mais cette ligue éphémère en était à ses derniers milles et fut absorbée par la CHL, qui elle subit le même sort en 2014 tel que discuté 1000 fois auparavant dans ce texte.... Toujours exténuant de parler de ça d'ailleurs....

Les Mallards suivirent le troupeau dans la ECHL en 2014 mais les propriétaires ne firent pas long feu par la suite, accumulant plusieurs déficits avant de cesser leurs activités après la saison 2017-18.

Un nouveau groupe obtint ensuite une nouvelle équipe à Quad City, cette fois dans la SPHL avec le Storm de Quad City.


92. Rush de Rapid City (2014 - )

Définitivement, cette fusion avec la CHL nous a permit de découvrir (ou clarifier) de nouvelles villes. Dans le cas du Rush, ils évoluent à Rapid City, deuxième ville en importance dans l'état du Dakota du Sud avec 80 000 habitants. Il s'agit d'ailleurs de la première incursion de la ECHL dans cet état et une première incursion du hockey professionnel tout court alors que les seules autres équipes de hockey de l'histoire du Dakota du Sud étaient des équipes des rangs junior et universitaires.

Le Rush débuta donc dans la CHL en 2008 et remporta le championnat en 2010. Comme vous pouvez voir par leurs couleurs, l'équipe est affiliée aux Coyotes. L'équipe est assez médiocre, n'ayant fait les séries qu'une seule fois dans la ECHL, et ce à leur première saison en 2014-15 et jamais depuis. Ils n'attirent que le minimum acceptable de fans pour survivre avec une moyenne dans les 3000 par match.

Dans le fond, l'affiliation avec les Coyotes est un match parfait...


93. Oilers de Tulsa (2014 - )

Mine de rien, en «reboitant» l'histoire des différentes équipes s'étant appelées les Oilers de Tulsa dans différentes ligues, on a droit ici à une équipe presque centenaire malgré quelques périodes d'inactivité. Mais en faisant abstraction de ces pauses forcées, il s'agit quand même de la plus vieille équipe du sud des États-Unis.

Les premiers Oilers de Tulsa firent leur apparition en 1928 dans l'American Hockey Association (AHA) et y évoluèrent jusqu'en 1942, la ligue et l'équipe arrêtant leurs activités durant la 2e guerre mondiale avant de revenir en 1945 avec la résurrection de la ligue sous le nom de la United States Hockey League (USHL). Cette ligue aussi disparut en 1951 et il fallut attendre ensuite jusqu'en 1964 pour revoir de nouveaux Oilers, cette fois dans la première version de la Central Hockey League (CHL). Ils y évoluèrent 20 ans, remportant 3 fois le championnat, avant d'être une fois de plus contraints d'arrêter leurs activités, cette fois-ci en 1984 lorsque leurs propriétaires firent faillite. Le reste des équipes contribua à les garder en place pour terminer la saison comme équipe itinérante et ils parvinrent malgré tout à remporter le championnat pour cette dernière saison d'existence de la ligue également. La CHL fut ressuscitée ensuite en 1992, comme les Oilers, et c'est cette incarnation qui se retrouve toujours de nos jours dans la ECHL.

Ils n'ont cependant gagné qu'un seul championnat sous cette incarnation, soit en 1993 dans la CHL et jamais depuis. L'équipe est présentement affiliée aux Ducks.

 

94. Thunder de Wichita (2014 - )

Également un des clubs fondateurs de la deuxième CHL en 1992 avec les Oilers, le Thunder de Wichita (Kansas) est la dernière de ces 7 équipes survivantes de la CHL à joindre la ECHL en 2014. Et comme avec les Oilers, le hockey professionnel à Wichita remonte également aux années 30 dans la vieille AHA mais pas grand chose entre cette tentative et l'arrivée du Thunder en 1992.

Ils ont remporté 2 championnats dans la CHL mais aucun depuis. L'équipe est présentement affiliée aux Oilers d'Edmonton. L'ancien du Canadien Ryan White y a aussi récemment joué en 2020-21.


95. Railers de Worcester (2017 - )

Les Railers de Worcester (également appelés le Worcester Railers HC) débutèrent en 2017-18 comme équipe d'expansion ayant pour but de combler le vide laissé par le départ des Sharks de Worcester, le club-école de longue date des Sharks qui déménagea à San Jose sous le nom du Barracuda.

Basés à Worcester au Massachusetts, les Railers sont maintenant affiliés aux Islanders.


96. Growlers de Terre-Neuve (2018 - )

Les Growlers sont encore tout jeunes mais leur histoire est déjà assez remplie, eux qui remportèrent non-seulement le championnat à leur première saison en 2018-19 mais en plus de ça, il s'agissait de la «fausse» Coupe Kelly en remplacement de celle volée par les champions précédents, les Eagles du Colorado (voir histoire complète ici).

Il y eut également plusieurs controverses en coulisses, même avant que la franchise n'existe. Lorsque les Canadiens déménagèrent leur club-école des IceCaps à Laval en 2016, deux groupes tentèrent de s'emparer du marché de St.John's et de Terre-Neuve, un groupe désirant y amener la LHJMQ et un autre désirant y amener la ECHL. C'est finalement ce dernier groupe qui l'emporta .

Après une première saison où ils devinrent le premier club canadien à remporter la Coupe Kelly, ils ne purent ensuite défendre leur titre à cause de la pandémie qui força l'annulation de la saison 2019-20. Ils firent ensuite partie de la moitié de la ligue qui opta de ne pas jouer en 2020-21. Lorsqu'ils revinrent au jeu cette année, ils eurent un litige avec la ville de St.John's à propos de leur bail et ensuite la ville vota en octobre pour expulser l'équipe dû à une poursuite envers les Growlers pour harcèlement envers des employés de l'aréna. L'équipe dut donc jouer temporairement une douzaine de matchs à Toronto (leur club affilié) et dans un aréna dans la petite ville de Conception Bay, à quelques minutes de St.John's. Le litige avec la ville se termina toutefois par une entente à la mi-novembre.

L'équipe est toujours affiliée aux Maple Leafs, eux qui ont eu une longue association avec St.John's dans le passé dans la Ligue américaine.


97. Heartlanders de l'Iowa (2021 -)

Première équipe de la ECHL dans l'Iowa, les Heartlanders sont tout frais, tout chauds sortis du four. Et dans cette nouvelle tendance d'établir les clubs-écoles dans des lieux géographiquement rapprochés, ils font partie du réseau du Wild du Minnesota et du Wild de l'Iowa dans l'AHL. Ces derniers évoluent dans la capitale de l'état à Des Moines tandis que les Heartlanders évoluent à Coralville, en banlieue de Iowa City.

Histoire d'avoir quelque chose à dire de plus sur cette équipe, ils comptent dans leurs rangs un défenseur du nom de Riese Zmolek, fils de Doug Zmolek dont mon collègue keithacton a déjà parlé auparavant. Doug Zmolek est également le dernier dans notre liste de bios dans l'ordre alphabétique... Très important de vous souligner ça.


98. Lions de Trois-Rivières (2021 -)

On en est donc finalement à la dernière équipe de cet énorme décompte avec la première équipe québécoise de l'histoire de la ECHL, les Lions de Trois-Rivières. Et après avoir écrit sur autant d'équipes depuis le début de ce projet, je peux vous dire que j'ai hâte en maudit d'aller les voir jouer, n'ayant pas encore eu la chance. D'ailleurs on s'est organisé une de nos fameuses «Excursion LVEUP» avec mes collègues pour le match du samedi 2 avril prochain contre les Royals de Reading. Si jamais vous êtes dans le coin et que vous allez au même match, faites-nous signe, on essaiera de s'en caler une dans le stationnement avant le match...

Les Lions ont jusqu'à date connu une saison en dents de scie, perdant plusieurs matchs consécutifs au début de la saison avant de rebondir et de devenir presque imbattables à un certain moment, remportant même 7 victoires de suite en décembre dernier. Ils sont présentement dans une phase difficile, ayant perdu 8 de leurs 10 derniers matchs et reculant à l'avant-dernier rang de leur division. Ils sont toujours en position de faire les séries mais ils ont eu particulièrement de problèmes avec toute la logistique covidienne, non-seulement la leur mais également celle du Rocket et du CH... L'effet domino a fait qu'ils ont eu recours à 71 joueurs jusqu'à maintenant cette saison, dont plusieurs ont même du être empruntés à la LNAH...


Donc ce serait logique de terminer ainsi avec les Lions.

Mais OH SURPRISE!


99. Ghost Pirates de Savannah (2022 -)

Voici la prochaine équipe qui joindra les rangs de la ECHL la prochaine saison; les Ghost Pirates de Savannah! Cette ville est située dans l'état de la Géorgie, mais directement sur la côte atlantique et très près de la frontière avec la Caroline du Sud. Aucune affiliation n'est encore annoncée pour le moment.

Étrangement je trouve que cette nouvelle équipe vient vraiment bien compléter symboliquement cette série. Une équipe de la côte est, dans le sud des États-Unis, avec un logo et un nom débile. Mais j'ai quand même vu pire comme par exemple les Mystics de Mobile...

 

C'est donc ça qui termine officiellement cette série. J'ai ratissé large et c'est quand même un peu dommage de ne pas s'être rendu à 100 équipes. Même si dans les faits, ce n'est pas techniquement 99 équipes avec quelques équipes qui ont changé leur nom sans déménager. 

C'était toute une épopée qui nous a permis en plus de nous faire grandement voyager. Je vous recommande, si vous avez le courage, de vous retaper la série depuis le début, cela vous fera voir des coins très exotiques comme Kalamazoo, Greensboro, Pensacola et sans oublier bien sûr Huntsville, Alabama.

La ECHL est partie de bien loin depuis ses débuts modestes de 5 équipes en 1988 jusqu'à devenir le 3e échelon du hockey professionnel en Amérique du nord. Ne s'étendant à la base que dans une demi-douzaine d'états de la côte est, en date d'aujourd'hui il n'y a que 14 états qui n'ont pas encore eu d'équipe. C'est maintenant une ligue continentale avec en plus 2 équipes canadiennes.

Bref j'ai bien hâte d'aller en voir finalement un match en avril.

On s'en reparle bientôt.


lundi 2 septembre 2013

Burr Williams


À une époque où le hockey américain était en plein essor, l'histoire de Burr Williams apparaît comme une des plus grosses anomalies compte tenu de l'époque. Burr Williams fut en effet, lors de la saison 1933-34 alors qu'il disputa un seul match avec les Red Wings de Detroit, le premier joueur né en Oklahoma à jouer dans la NHL. D'autant plus une anomalie que ce joueur est né en 1909 à Okemah en Oklahoma, ville qui compte de nos jours que 3000 personnes. C'est d'ailleurs le lieu de naissance du grand Woody Guthrie, né trois ans plus tard. Donc vous comprenez mon étonnement quand j'ai appris récemment l'existence de ce joueur né au milieu de l'Oklahoma. Quoi que son existence est liée de proche à celle d'une institution de cet État, les Oilers de Tulsa.

De nos jours, les Oilers de Tulsa évoluent depuis 1992 dans la Central Hockey League, mais existent d'une forment et d'une autre depuis 1926. De 1928 à 1942, l'équipe évoluait dans une ligue nommée la American Hockey Association. C'est en janvier 1929 que les Oilers de Tulsa jouèrent leur premier match local dans un nouvel aréna, le Tulsa Coliseum, un aréna financé par un millionnaire du Minnesota nommé Walter Whiteside, que le hockey fut officiellement introduit à la population de Tulsa. Le millionnaire originaire du berceau du hockey aux USA voulait introduire son sport préféré aux habitants de sa ville d'adoption. La chose deviendra presque une anomalie culturelle dans le sud profond, le hockey étant un sport toujours aussi suivi dans cette bourgade de l'Oklahoma de nos jours.

(Les Oilers de Tulsa, saison 1935-36 avec un chandail de style Quakers de Philadelphie)

Pour sa part, Burr Williams débuta sa carrière de hockeyeur en 1927-28 avec les Hornets de Duluth. C'est après deux saisons qu'il se joint aux fameux Oilers de Tulsa avec qui il évoluera durant trois saisons avant d'être échangé aux Flyers de St-Louis. à partir de cette saison 1931-32, Williams devint un voyageur assez régulier du monde du hockey, passant souvent par plus d'une équipe au cours d'une saison. C'est en 1933-34 alors qu'il évoluait avec les Olympics de Detroit de la jeune IHL qu'il fut invité à jouer un match avec les Red Wings dans ce qui fut son premier de 19 matchs dans la NHL. Il fit également parti de la brigade défensive des Red Wings lors des séries éliminatoires où les Wings furent défaits par les Black Hawks lors de la finale de la Coupe Stanley.

Lors de la saison suivante, en 1934-35, Williams joua 9 matchs avec les piteux Eagles de St-Louis lors de leur unique saison dans la NHL avant d'être échangé en retour d'un dénommé Archie Wilcox. Williams termina ainsi sa plus longue saison dans la NHL en évoluant durant 7 matchs avec les Bruins qui eux mêmes l'échangèrent aux Olympics de Detroit. Williams évolua durant quelques saison avec les Olympics et connut un dernier voyage avec les Red Wings en 1936-37 en évoluant 2 matchs. Par la suite, il connu un long parcours au sein de plusieurs équipes de niveau professionnel inférieur dont un  retour assez remarqué avec les Oilers de Tulsa avec qui il connut sa meilleur saison en 1939-40 avec un sommet personnel de 21 points en 46 matchs. La saison suivante, il joua une dernière saison au hockey professionnel en évoluant avec pas moins de 4 équipes de la AHA, soit avec les Flyers de St-Louis, les Americans de Kansas City, les Knights d'Omaha et les Millers de Minneapolis.

Burr Williams est décédé en 1981. Pour sa part, Woody Guthrie est décédé en 1967...

(Chandail des Millers de Minneapolis, quel joli chandail avec un superbe M.)