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vendredi 27 octobre 2023

Joueur oublié des 90's #84 - Lonny Bohonos

 




Né le 20 mai 1973 à Winnipeg, le joueur de centre Lonny Bohonos se distingua d'abord au sein des South Blues de Winnipeg au niveau Junior A avant d'arriver sur le tard dans la WHL en 1991-92. Il migra d'équipe en équipe dans la WHL, d'abord avec les Warriors de Moose Jaw, ensuite les Thunderbirds de Seattle et finalement avec les Winter Hawks de Portland. 

C'est avec ces derniers qu'il parvint finalement à s'imposer offensivement alors qu'il termina sa dernière année junior en 1993-94 avec une fiche de 62 buts et 90 passes pour 152 points, ce qui le plaçait au premier rang de la WHL dans les trois catégories.

Cette éclosion sur le tard, ainsi que sa moyenne stature (5'11") firent reculer la plupart des recruteurs et il ne fut jamais repêché. Cependant, les Canucks de Vancouver le signèrent comme agent libre et l'envoyèrent avec leur club-école, le Crunch de Syracuse. Une bonne fiche de 30 buts et 45 passes en 1994-95 lui valut un premier rappel dans la grande ligue au début de la saison 1995-96 où il fut toutefois recalé après une seule passe en trois matchs. 

Vint ensuite une saison de misère des Canucks en 1996-97 et Bohonos put finalement profiter d'un rappel permanent à Vancouver. 
 
Il fut alors placé au centre de Trevor Linden et Martin Gélinas et connut une bonne run avec 11 buts et 11 passes en 36 matchs pour terminer la saison.

Il était toutefois étiqueté comme uni-dimensionnel et paresseux. Et après un mauvais début de saison en 1997-98, où il n'avait que deux buts en 31 matchs, il fut renvoyé à Syracuse. Après quelques semaines, il fut échangé aux Maple Leafs en retour de Brandon Convery, un autre espoir qui décevait à Toronto.

Ce changement d'air fut fructueux pour Bohonos, qui obtint 6 points en 6 matchs avec les Leafs pour clore la saison. Cela n'était toutefois pas assez pour convaincre les Leafs de le garder à Toronto et il passa alors la saison 98-99 avec le club-école de St. John's où il mena le club avec 82 points en 70 matchs, dont 34 buts, mais ne jouant que 7 matchs durant la saison à Toronto.

Durant les séries de l'AHL de 1999, on assistait à une série de première ronde toute canadienne avec un parallèle de rivalité intéressant alors que les Maple Leafs de St.John's se mesuraient aux Canadiens de Fredericton. Donc en plus de la rivalité Leafs/Canadiens transposée ici dans la AHL, il s'agissait aussi d'une rivalité entre clubs des Maritimes. 

Aux commandes des Canadiens de Fredericton se trouvait un jeune et fougueux Michel Therrien. La veille du 5e match décisif (série 3-de-5), on raconte que Therrien s'est présenté volontairement au bar où se trouvaient les joueurs des Maple Leafs afin d'en narguer quelques-uns. S'en serait suivi une bagarre à l'extérieur entre Therrien et Bohonos. 

Ce qui aurait vraiment fait déborder le vase aurait été une remarque de Therrien à propos du centre les Maple Leafs Mark Deyell. Ce dernier avait été blessé à l’œil durant le 3e match suite à un bâton élevé accidentel du défenseur Miroslav Guren. Deyell passa près de perdre son œil et Guren, apparemment très perturbé par ces événements, alla s'excuser en personne à Deyell à l'hôpital. Therrien aurait ensuite critiqué Guren pour ce geste de bonté dans le vestiaire des siens.

Apparemment que Therrien aurait dit à Bohonos, qui était très ami avec Deyell, que ce dernier méritait son sort, lui qui avait auparavant causé une blessure similaire durant la saison à un adversaire du nom de Jeff Libby des Lock Monsters de Lowell, qui lui perdit malheureusement l'usage de son œil.

Therrien et Bohonos auraient ensuite été expulsés du bar et auraient continué l'argument à l'extérieur, le tout culminant par un punch au visage de Therrien de la part de Bohonos.

Therrien porta plaine à la police de St. John's le lendemain, et fut apparemment furieux que les autorités n'aient pas procédé à l'arrestation de Bohonos avant le 5e match. 

José Théodore a d'ailleurs parlé de cette histoire à la Poche Bleue en mars dernier, avec quelques petits détails qui diffèrent des rapports de l'époque que j'ai pu trouver.



Donc apparemment que Therrien se servit de cette histoire pour fouetter ses troupes qui l'emportèrent 3-2 lors de ce match décisif, avec une prestation de 32 arrêts de José Théodore justement. Mais malgré la victoire, seulement 6 des joueurs des Canadiens auraient ensuite accepté de serrer la main de leurs adversaires lors de la fin du match. Disons que ça volait pas trop haut à Fredericton en 1999... Il s'agissait d'ailleurs de la dernière saison du club dans cette ville avant le déménagement annoncé à Québec la saison suivante.

Fun Fact également: l'entraineur de St.John's était l'ancien des Barons Al MacAdam.

Pour sa mark Mark Deyell ne revint pas au jeu durant ce printemps, ni l'année suivante. Il tenta un bref retour en 2000-01 mais cela ne dura que quelques matchs avant sa retraite définitive, incapable de retrouver ses véritables repères.

Bref, Bohonos se retrouva avec des accusations de voies de fait et une comparution à paraître le 25 mai 1999. Cependant, suite à l'élimination de son club, il fut rappelé en renfort par Toronto. Therrien retira finalement sa plainte quelques semaines plus tard, suite à des excuses de la part de Bohonos. Il déclara alors: «J'ai peut-être mal saisi les propos de M. Therrien et je voudrais lui souhaiter la meilleure des chances à la barre des Citadelles de Québec.»

Le printemps mouvementé de Bohonos se poursuivit donc avec le grand club à Toronto, qui après une première ronde remportée in extremis contre les Flyers, se retrouvait avec plusieurs blessés et joueurs non-performants, ce qui valut à Bohonos d'être promu avec Mats Sundin sur le premier trio des Leafs. Bohonos profita de l'occasion et obtint 9 points en 9 matchs durant le reste du parcours des Leafs qui s'inclinèrent en 5 matchs en finale de conférence contre les Sabres.




On pourrait croire alors que ce bon rendement surprise en séries aurait incité les Leafs à le garder la saison suivante, mais ce furent malheureusement ses derniers matchs dans la LNH. Incapable de se tailler un poste au camp d'entrainement l'automne suivant, il fut libéré et signa alors avec le Moose du Manitoba dans la IHL. Comparativement à ses années dans la AHL, il ne fut pas aussi dominant dans cette ligue, terminant la saison 99-00 avec 51 points dont 18 buts.

Il opta ensuite de mettre le cap vers la Suisse avec le HC Davos où il joua durant trois saisons, terminant au premier rang des pointeurs de la ligue suisse en 2000-01, en plus de gagner la coupe Spengler. Il joua également une demie-saison avec les Lions de Zurich en 2003-04 et il gagna un autre titre de la coupe Spengler en 2003, cette fois-ci au sein de l'équipe canadienne.

Bohonos (à droite) avec le HC Davos, champion Suisse en 2002
 

Il tenta un retour en Amérique du nord en  2004-05 avec les Wolves de Chicago dans la AHL, avant de retourner en Europe la saison suivante, cette fois-ci dans la ligue allemande avec le Adler Mannheim. Après 19 matchs à Mannheim, il subit une grave blessure au cou qui mit fin à sa saison. Malgré une tentative de retour, il dut finalement prendre sa retraite.

Après sa retraite comme joueur, il devint entraineur pour diverses équipes à Thunder Bay, au niveau AAA et Midget.

En 83 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 19 buts et 16 passes pour 35 points, ainsi que ses 3 buts et 6 passes en 9 matchs en séries aquis durant le tournoi de 1999 avec les Leafs.

En 342 matchs dans la AHL, sa fiche fut de 165 buts et 220 passes pour 385 points.
En 151 matchs en Suisse, sa fiche fut de 96 buts et 121 passes pour 217 points.

Pour sa part, Michel Therrien fut en poste avec les Citadelles de Québec jusqu'au début de la saison 2000-01, suite à quoi il fut promu comme successeur d'Alain Vigneault avec le CH.


Sources:
«J'ai été attaqué, c'est tout ce que je peux dire», La Presse, 4 mai 1999
Michel Therrien reçoit des excuses, Le Soleil, 12 juin 1999
AHL 1999 Playoffs: First Round Review, LCShockey.com



dimanche 19 mars 2023

Ken Quinney : un joueur du tonnerre à Las Vegas


 

Né en 1965 à New Westminster en Colombie-Britannique, Ken Quinney a joué trois saisons avec les Wranglers de Calgary dans la Western Hockey League au début des années 1980. Après deux saisons de 11 et 26 buts, cet ailier gauche a littéralement explosé avec 64 buts et 118 points en 71 matchs en 1983-1984. Cette performance tardive lui a permis d’être repêché en 10e ronde par les Nordiques de Québec en 1984, ce qui pourrait dénoter que les dépisteurs de l’époque ne percevaient pas un très grand potentiel chez lui. Or, l’année suivante, il continua sur sa lancée avec 47 buts et 114 points en 56 matchs. Malgré des statistiques intéressantes de la part de Ken Quinney en séries, les Wranglers ne parvinrent jamais à passer en deuxième ronde des séries.

Une fois sa carrière junior terminée, il se rapporta à l’Express de Fredericton en 85-86, le club école des Nordiques de Québec (dont le logo pas très réussi me fait davantage penser à une station service qu'à une équipe de hockey). Il s’est cassé le poignet en février 1986, ce qui lui a fait manquer quelques matchs. Il a complété sa première année dans l’AHL de manière modeste avec 11 buts et 37 points en 61 matchs.

Le logo de l'Express de Fredericton me fait penser à un dépanneur

 

Il partagea son temps entre la LNH et l’AHL en 1986-1987, récoltant 41 points en 48 matchs avec Fredericton contre seulement 9 points en 25 matchs avec Québec. Ses débuts avec le fleurdelysé avaient pourtant été fort prometteurs avec 4 passes obtenues lors de ses deux premiers matchs. Quand on lit les journaux de l'époque, on sent que Ken Quinney était perçu comme un joueur bientôt prêt à faire le saut avec les Nordiques. À titre d'exemple, avant la saison 1986-1987, le journaliste Maurice Dumas du Soleil souligne qu'il fait bonne impression au camp d'entraînement et que l'entraîneur Michel Bergeron le présente comme un patineur pas très rapide, mais qui compense par sa bonne compréhension du jeu. Ken Quinney reconnaît lui-même avoir connu une profonde léthargie avec l'Express de Fredericton en 1985-1986 et qu'il en a profité pour développer ses compétences en défensive. On perçoit déjà un joueur humble et vaillant qui travaillait sur sa confiance. 

 

Un portrait encourageant pour ce choix de 10e ronde des Nordiques. Et une belle photo souvenir de lui en train de couvrir nul autre que Wayne Gretzky à l'époque de sa domination de la LNH! 😃

 

Ses efforts en pré-saison furent récompensés puisqu'il joua avec les Nordiques en début de saison 1986-1987. Et dans l'analyse d'un match nul de 3-3 contre les Islanders de New York, Maurice Dumas du Soleil considérait que c'était "Une rencontre où Ken Quinney et Jeff Brown ont encore fait la preuve qu’ils étaient prêts pour le grand saut" (p. S2). Lors de son match de 3 passes, Maurice Dumas affirma même que Ken Quinney représentait la solution idéale pour jouer avec Michel Goulet et Dale Hunter!

 

Il ne manque que la musique de la télésérie Lance et compte!

Un joueur intelligent pouvant jouer dans les deux sens de la patinoire selon Dale Hunter. Un joueur complet selon Michel Goulet. Bref, le potentiel de Ken Quinney était reconnu en 1986.

 

Malgré son bon début de saison en 1986-1987, les blessures décimèrent rapidement les Nordiques et leur entraîneur Michel Bergeron préféra renvoyer Ken Quinney à Fredericton afin qu'il puisse jouer davantage qu'à Québec.

 

Ken Quinney fut victime des blessures encaissées par ses coéquipiers de la grande équipe qui a poussé Michel Bergeron à utiliser des joueurs établis plutôt que des recrues

 

Mais ce qui se passa l’année suivante a peut-être aussi influencé négativement la carrière professionnelle de Ken Quinney. En effet, selon le site HockeyDraftCentral, il aurait refusé d’être promu aux Nordiques de Québec en 1987-1988 parce qu’il ne voulait pas jouer dans une équipe perdante alors qu’il connaissait une excellente saison avec Fredericton dans la Ligue américaine. De ce fait, il a récolté 37 buts et 76 points en 58 matchs. Son choix aurait fait en sorte qu’il n’a joué que 15 matchs pour 4 points avec Québec cette année-là. Mais je tiens à souligner que mes recherches n'ont pas encore permis de confirmer l'information du site HockeyDraftCentral, donc c'est à prendre avec un grain de sel.

 

La carte recrue et l'unique carte dans une série de la LNH pour Ken Quinney

 

On dirait bien que son vœu d’exceller dans les mineures fut ensuite exaucé puisqu’il récolta 41 buts et 90 points en 72 matchs en 1988-1989 avec les Citadelles de Halifax (l’équipe avait alors déménagé de Fredericton), bon pour premier pointeur de son équipe qui avait notamment Bob Mason (23 matchs), Ron Tugnutt (24 matchs) et Mario Brunetta (36) dans les buts, mais qui furent démolis 4-0 en première ronde par les Hawks de Moncton et l’entraîneur Rick Bowness et son joueur-entraîneur Ron Wilson (premier marqueur avec 92 points. Il semble toutefois s’être blessé l’année suivante, puisqu’il n’obtint que 25 points en 44 matchs en 1989-1990. 

 

Ken est visiblement déterminé à nous faire boire du lait sur cette carte produite par une coop de producteurs laitiers néo-écossais!

 

Il se reprit par la suite avec 20 buts et 40 points en 44 matchs en 1990-1991 et fit un dernier tour de piste avec Québec (7 points en 19 matchs), manquant plusieurs matchs à cause d’une blessure au pouce. Ken Quinney a rongé son frein entre la LNH et la LAH, mais il a démontré une résilience hors pair comme en témoigne ses propos récoltés par le journaliste Yves Poulin dans le journal Le Soleil du 4 décembre 1990: "Je ne sais pas si je suis ici pour longtemps, mais je tente de faire de mon mieux. Les années précédentes, on semblait avoir lancé la serviette en ce qui me concerne. On me disait trop petit ou trop lent et on doutait de mes possibilités face au jeu rude. Ça fait six ans que je suis dans les mineures. Je représente un bel exemple de persévérance pour les autres. On ne m’a pas oublié là-bas. Voilà la preuve qu’on peut jouer quelques saisons dans la Ligue américaine et graduer par la suite dans la LNH. Personne ne parle de cette façon mais tous les joueurs pensent de cette manière." (p. S4).

 

Un bel exemple de persévérance et de bons indices que Ken Quinney avait des qualités pour devenir un entraîneur au hockey

 

Il signa en tant qu’agent libre avec les Red Wings de Détroit pour la saison 1991-1992, mais il ne joua qu’avec leur club école d’Adirondack dans la LAH. Il en profita toutefois pour obtenir 31 buts et 60 points en 63 matchs en saison régulière et 19 points en 19 matchs des séries où il aida son équipe à remporter la Coupe Calder, où la finale se termina dans un 7e match contre les Maple Leafs de St. John’s. Le routier Mike Sillinger avait alors explosé avec 28 points en 15 matchs, avec le petit Allan Bester comme gardien de but partant pour les 19 matchs de l’équipe.

 

Ken souriant, assistant de son équipe et au sommet de sa gloire avec les Red Wings d'Adirondack

 

Ken Quinney connut une autre bonne saison avec Adirondack en 92-93 où il récolta des statistiques similaires (32 buts, 34 passes pour 66 points en 63 matchs). Mais plutôt que de continuer à rouler sa bosse dans la LAH, il décida de signer comme agent libre avec le tout nouveau Thunder de Las Vegas de la ligue internationale en 1993-1994. C’est là qu’il explosa littéralement, obtenant 55 buts et 108 points en 79 matchs en compagnie de Patrice Lefebvre et Radek Bonk. Son équipe termina première de la ligue en saison régulière avec 52 victoires et 115 points en 81 matchs, mais elle se fit stopper net en première ronde (4-1) par les Gulls de San Diego, menés notamment par le journeyman Jarrod Skalde (1990-2008) et un défenseur américain du nom de Peter Laviolette au long parcours d’entraîneur dans la LNH.

 

Un uniforme intéressant, mais je ne perçois pas vraiment le tonnerre illustré dans le logo

 

Par la suite, Ken Quinney connut quatre années productives avec des saisons de 40, 33, 27 et 34 buts, mais sans atteindre le plateau des 100 points. Il a même joué sur le trio d'Alexei Yashin lors de son séjour à Las Vegas dans le cadre de la saison de la LHN écourtée par la grève de 1994-1995. Au cours de ses 5 années passées avec le Thunder de Las Vegas (1993-1998), Ken a récolté 189 buts en 376 matches, ce qui en fait le meilleur buteur de l’histoire de la franchise. Il fut aussi le 2e meilleur pointeur de l’équipe avec 413 points alors que son coéquipier Patrice Lefebvre finit premier avec 553 points en 429 matches. 

Entre 1994 et 1998, le Thunder finit premier de la ligue à deux reprises (1993-1994 et 1995-1996) et fit toujours les séries, mais il n’arriva jamais à dépasser la 3e ronde. Ken Quinney fut un joueur populaire à Las Vegas et participa aux campagnes marketing de l’équipe qui étaient très hautes en couleur (mais pas en budget) comme en témoigne la vidéo suivante trouvée sur YouTube :

 

Si vous voulez en savoir plus sur l'approche marketing de l'équipe, je vous suggère de visionner le reportage de Ron Futrell diffusé en 1994 dont les quatre parties sont disponibles sur YouTube. Ken Quinney y est interviewé et ça parle notamment des joueurs de la LNH qui sont venus à Las Vegas ainsi que de la gardienne de but Manon Rhéaume :

 

 

Suite au départ de Ken Quinney, le Thunder de Las Vegas n’a pas réussi à se rendre en séries pour la première fois de son histoire dans ce qui fut sa dernière saison dans la ligue en 1998-1999.

Au lieu de chercher un poste dans une ligue sur le continent nord-américain, Ken Quinney se tourna vers l’Europe où il signa avec les Lions de Francfort en Allemagne. Il joignit ainsi une équipe qui comptait sur d’anciens joueurs de la IHL comme Len Barrie (premier marqueur de l’équipe en 1998-1999 avec 59 points en 41 matches), le montréalais Daniel Shank et Bob Sweeney (anciennement des Rafales de Québec en 1996-1997). Ken Quinney connut trois relativement bonnes saisons avec les Lions, récoltant 107 points dont 50 buts en 152 matches. 

Par contre, son équipe ne fit les séries qu’une seule fois (1999-2000) et se fit éliminer en première ronde contre par les éventuels gagnants de la coupe allemande cette année-là, à savoir les Barons de Munich qui pouvaient compter sur le prolifique joueur des ligues mineures Mike Casselman (ancien 3e choix au total des Red Wings de Détroit dans le repêchage supplémentaire de 1990 et un des trois joueurs de ce repêchage à avoir joué des matchs dans la LNH) et un ancien coéquipier de Quinney en la personne de Bob Sweeney. Autre fait intéressant à souligner, un des gardiens des Lions de Francfort lors de l’unique apparition en séries de Ken Quinney fut le légendaire portier Eldon « Pokey » Reddick.

 

On dirait un chandail pour de la compétition de motocross tellement il est surchargé

 

Suite à sa retraite en tant que joueur professionnel à la fin de la saison 2001, il revint vivre à Las Vegas pour devenir entraîneur dans le hockey junior de la région.

On ne peut toutefois pas parler de Ken Quinney sans signaler ses deux fils issus de son fameux séjour avec le Thunder de Las Vegas, deux attaquants qui ont même joué lors du tournoi Pee-wee de Québec selon un article paru dans Le Soleil en 2011. 

Né dans la ville du vice en 1998, Landon Quinney a suivi les traces de son père en tant que joueur de hockey à l’attaque, mais sans position principale. Il a cependant connu une courte carrière d’attaquant sans histoire dans le junior majeur, passant des Warriors de Moose Jaw en 2015-2016 aux Sea Dogs de Saint John de la LHJMQ pour deux petits séjours de 35 et 27 matchs de 2016 à 2018. Il ne participa malheureusement pas aux séries avec les Sea Dogs lorsqu'ils remportèrent la Coupe du Président en 2016-2017. N’ayant pas la touche de marqueur de son père, il finit toutefois sa carrière d’hockeyeur en beauté en remportant la coupe Canadian Tire de la Ligue Junior A des Maritimes avec les Mariners de Yarmouth en Nouvelle-Écosse qui écrasèrent les Tigers de Campbellton 4-0.

 

Il n'existe malheureusement pas de cartes de Landon Quinney avec Yarmouth

 

Pour sa part, Gage, le grand frère de Landon, est encore actif en 2023 et représente le premier joueur natif du Nevada à avoir joué dans la LNH. Né en 1995, le joueur de centre Gage Quinney a joué toute sa carrière junior dans la WHL, remportant au passage la Coupe Ed-Chynoweth de 2015 avec les Rockets de Kelowna en compagnie de coéquipiers notables tels que le défenseur Josh Morrissey (choix de première ronde des Jets de Winnipeg en 2013) et l’attaquant allemand Leon Draisaitl (meilleur pointeur de la LNH en 2020).

 

J'avoue ne pas trop comprendre le rapport entre les Rockets et un visage de dragon comme logo

 

Non repéché par une équipe de la LNH, Gage Quinney signa avec les Penguins de Pittsburgh qui l’envoyèrent dans la ECHL chez les Nailers de Wheeling pour la saison 2016-2017 où il fit bonne figure (44 points en 45 matchs) dans une équipe toutefois éliminée des séries.

Il fut promu aux Penguins de Wilkes-Barre/Scranton de la LAH en 2017-2018 comme joueur de soutien (33 points en 57 parties). Sa progression fut remarquée puisqu'il signa avec nulle autre que son équipe locale, les Knights de Las Vegas en juin 2018, au grand bonheur de la famille Quinney. Il se rapporta alors aux Wolves de Chicago dans la LAH qu’il aida notamment à se rendre en finale de la Coupe Calder contre les Checkers de Charlotte en 2019.

En février 2020, il réalisa enfin son rêve de jouer dans la LNH sous le regard fier et anxieux de son père à Las Vegas. Bien qu’il fut mémorable pour sa famille, son séjour fut toutefois de très courte durée, récoltant une passe lors de trois parties dans l’uniforme des chevaliers du désert.

 

Malgré son peu de temps dans la LNH, Gage a déjà beaucoup plus de cartes de hockey que son père

Depuis 2020, il continue de rouler sa bosse dans la LAH avec les Silver Knights de Henderson et on lui souhaite de réussir à revenir pour de bon dans la grande ligue!

 

En bref, Ken et sa progéniture – tous des joueurs en attaque – n’ont pas (encore) réussi à s’enraciner dans la LNH, mais ils se sont tous illustrés lors de leurs parcours professionnels en remportant des championnats, que ce soit le père avec la Coupe Calder (Adirondack en 1992), l’aîné avec la Coupe Ed-Chynoweth (Kelowna en 2015) et le cadet avec la Coupe Canadian Tire (Yarmouth en 2019). Ken continue de former des joueurs au niveau junior à Las Vegas et son fils Gage a encore des chances de retourner dans la LNH. Et quoi de mieux que la chance comme alliée naturelle de la première famille de hockey de Las Vegas! 💫

On "Gage" tu un petit 20$ là-dessus? 😁


PS: Ce fut un réel bonheur de produire des jeux de mots de mon'oncle pour vous, cher lectorat de LVEUP!


Sources :

1984 NHL draft pick, Ken Quinney. https://www.hockeydraftcentral.com/1984/84203.html

Dumas, M. (1986, 28 septembre). Ken Quinney : un 205e choix qui fait son chemin. Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2920281

Dumas, M. (1986, 4 octobre). Les Nordiques s'ennuient de Peter Stastny. Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2920310

Dumas, M. (1986, 12 octobre). Pour jouer avec Goulet et Hunter : Ken Quinney... la solution idéale! Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2920357

Dumas, M. (1987, 11 janvier). Mais où sont donc les jeunes? Les maudites blessures ont changé toutes les données. Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2885286?docpos=4

Emerson, J. (2020, 23 février). Vegas hockey family: Gage Quinney debuts for Golden Knights in hometown. Las Vegas Sun. https://lasvegassun.com/news/2020/feb/23/vegas-hockey-family-gage-quinney-vgk-hometown/

Futrell, R. (2010). Las Vegas Thunder Hockey Special Oct. 1994, Parts 1 to 4. https://www.youtube.com/watch?v=lMoMZNh_3Oc

Global News. (2018, 4 juin). Former Kelowna Rockets player signs contract with Vegas Golden Knights. https://globalnews.ca/news/4251830/former-kelowna-rockets-player-signs-contract-with-vegas-golden-knights/

Henderson Silver Knights. (2023, 11 janvier). Taking Vegas by storm: History of the Las Vegas Thunder with Jeff Sharples. https://www.hendersonsilverknights.com/taking-vegas-by-storm-history-of-the-las-vegas-thunder-with-jeff-sharples/

Hockey Data Base. https://www.hockeydb.com/

Poulin, Y. (1990, 4 décembre). La persévérance de Ken Quinney : "On ne m'a pas oublié là-bas". Le Soleil. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2927161?docpos=4

Tardif, J.-F. (2011, 18 février). Ken Quinney émerveillé. Le Soleil. https://www.lesoleil.com/53a3befa3c6c722d1865f4b0286f5402

Trading Card Database. https://www.tcdb.com/ViewAll.cfm/sp/Hockey

Wikipedia. https://en.wikipedia.org/