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mercredi 27 mai 2026

Rhett Warrener




N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Repêché par les Panthers de la Floride au vingt-septième échelon (deuxième ronde) en 1994, Rhett Warrener est un défenseur natif de la Saskatchewan qui a évolué dans la LNH de 1995 à 2008, avec trois équipes différentes.

Lorsqu’il entend son nom à la séance de 1994, le défenseur de 6 pieds 1 pouce vient de disputer trois saisons avec les Blades de Saskatoon, dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL). À une époque moins offensive où l’accrochage et les gros défenseurs avaient la cote, Rhett Warrener cadrait parfaitement avec son style physique et robuste, même si les points ne venaient pas au tableau, il était bien vu par de multiples recruteurs de la LNH.

Après sa saison de 20 ans avec Saskatoon (39 points, la plus productive de sa vie!), Warrener débute sa carrière professionnelle lors de la saison 1995-96, ne disputant que neuf parties dans la Ligue Américaine et vingt-huit dans la LNH. Physique et courageux, le jeune arrière amasse trois points avec les Panthers, et 46 minutes de pénalité.

Dans le temps des Fêtes, les Panthers le prêtent à Équipe Canada Junior, et Warrener remporte la médaille d’or du championnat disputé aux États-Unis, en 1996.

Il dispute également les 21 premiers matchs éliminatoires de sa carrière, lors du parcours cendrillon qui voit les Panthers s’incliner en finale de la Coupe Stanley face à l’Avalanche du Colorado, en quatre matchs. Warrener amasse un autre trois passes durant les séries…

Dès la saison suivante, le patineur natif de Shaunavon joue à temps plein dans la LNH, ce qui sera le cas jusqu’à la fin de sa carrière. Sa saison 1996-97 se passe très bien, alors qu’il amasse quatre buts, treize points et une fiche de +20, gage irréfutable de sa stabilité à l’arrière.

Malheureusement, les Panthers ne peuvent recréer la magie du printemps précédent, baissant pavillon en cinq matchs contre les Rangers et Wayne Gretzky, qui disputait alors les dernières séries de sa carrière.

La saison 1997-98 est à oublier pour Warrener et les Panthers. Le défenseur n’inscrit que quatre passes en 79 parties et l’équipe rate les séries. La saison suivante ne va guère mieux en Floride, si bien qu’après 48 parties avec les Panthers, notre joueur du jour est échangé aux Sabres en compagnie d’un choix de cinquième tour en 1999 (qui allait devenir…Ryan Miller!) en retour d’un seul joueur : Mike Wilson.

La transaction fait du bien à l’ancien numéro 7 des Panthers, qui se joint à une équipe dont la défensive est très hermétique et son gardien, un certain Dominik Hasek, qui est à l’apogée de sa carrière. Durant les treize matchs de fin de saison avec Buffalo, Rhett Warrener marque son premier but en plus de deux ans, et il récidive en séries avec le premier (et seul!) but de sa carrière lors de la danse du printemps!

Les Sabres atteignent la finale de la Coupe Stanley en 1999, une deuxième pour le Saskatchewanais dans sa carrière, mais l’équipe de l’état de New York baisse pavillon en six matchs contre les Stars et le fameux ‘’No Goal’’ de Brett Hull, qui donna la victoire ultime à son équipe.

Apprécié par les fans et sa nouvelle organisation, le numéro 4 des Sabres dispute quatre saisons de plus à Buffalo, y établissant plusieurs sommets personnels. En 2000-01, il amasse seize passes et dix-neuf points, deux sommets dans la LNH. Il en atteint deux autres la saison suivante, alors qu’il marque cinq buts et amasse cent treize minutes de pénalité.



Après une saison décevante en-deçà des attentes, les Sabres laissent partir Warrener sur le marché des agents libres, si bien que ce dernier signe un contrat avec les Flames, à l’été 2003.

Et qu’arrive-t-il lorsque le grand défenseur dispute une première saison avec une équipe? Eh oui! Il se rend en finale! La saison 2003-04 ne fera pas exception, alors qu’il aide Calgary à atteindre la finale de la Coupe Stanley, une troisième pour lui en carrière et une première pour l’équipe depuis sa victoire de 1989.

Mais aussi, qu’arrive-t-il lorsque Warrener se rend en finale? Malheureusement, comme lors des deux premières occasions, son équipe s’incline, cette fois en sept matchs, contre le Lightning de Tampa Bay. Encore une fois, après de longues séries et une dure bataille, l’arrière canadien ne peut se retrouver du côté des gagnants.

Après ses meilleures saisons en carrière et trois finales, celui qui est aujourd’hui âgé de 50 ans a joué trois saisons de plus mais, en raison d’un style dur qui lui laisse sa part de blessures et d’inconfort, il annonce sa retraite à l’issue de la saison 2007-08.

Être un choix de deuxième tour dans la LNH est un bel accomplissement, mais ne garantit en rien un succès au niveau professionnel. À une époque où le hockey était très défensif et avec des défenseurs qui s’en sortaient souvent avec des gestes douteux, Rhett Warrener était le parfait prototype du défenseur physique, robuste, agressif et dérangeant pour les adversaires devant son filet.

Seulement, au retour du lock-out de 2004-05, le hockey avait changé. Les arbitres étaient plus sévères et le jeu, le plus rapide et offensif que nous avions vu en près de quinze ans. Warrener ne rajeunissait pas, et le style de jeu n’a pas favorisé sa longévité dans le circuit Bettman.

Néanmoins, il a été très, très efficace durant une carrière qui s’est étendue sur douze saisons. Il a disputé 714 matchs de saison régulière, amassant 24 buts et 82 passes (106 points), en plus de 899 minutes de pénalité et d’un différentiel de +73! Tout aussi peu offensif mais efficace en séries, il a disputé 101 parties, marquant un but, dix passes et une fiche de +20.

Même si le différentiel est parfois à prendre avec un grain de sel, il reste que le +93 combiné de Warrener prouve qu’il ne mettait pas vraiment son équipe dans le pétrin lorsqu’il patrouillait sa ligne bleue.

Peut-être n’a-t-il jamais été nominé pour un Norris ou marqué l’imaginaire des fans avec des jeux inoubliables, il reste qu’avec une médaille d’or au championnat junior, plus de huit cents matchs dans la LNH (saison + séries), plus de cent points et trois finales de la Coupe Stanley, Rhett Warrener a connu une merveilleuse carrière qui aurait fait l’envie d’une multitude de hockeyeurs à travers le monde!

dimanche 19 avril 2026

Marc Rodgers


N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.



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Né le 16 mars 1972 à Shawville en Outaouais, Marc Rodgers est un ailier droit qui a disputé la majorité de son hockey professionnel dans la défunte Ligue Internationale de Hockey, et aussi quelques matchs dans la LNH.

Il a disputé son hockey Midget AAA avec les Frontaliers de l’Outaouais, avant de migrer à la LHJMQ à seize ans, avec les Bisons de Granby. Il est productif durant quatre ans avec eux, culminant avec une saison de 120 points en 1991-92 alors qu’il quitte pour Verdun (Collège Français) à la fin de la saison, échange qui lui sourira puisqu’il remporte la Coupe du Président à la fin des séries.

Malheureusement, surtout en raison de sa taille de 5 pieds 9 pouces, Rodgers n’est pas repêché par une équipe de la LNH. Il devra donc trouver d’autres moyens pour monter les échelons et espérer faire carrière au plus haut niveau. Pourtant, le Québécois n’avait pas froid aux yeux, lui qui se défendait lorsqu’il le fallait et qui a souvent atteint les cent minutes de pénalité en saison régulière.

Il a débuté sa carrière professionnelle en 1992-93 dans la ECHL avec les Thunderbirds de Wheeling, avant de passer la saison suivante avec les Cherokees de Knoxville. Après un total de 93 points en 91 matchs, dont 35 buts, dans l’ECHL, il monte de niveau à mi-chemin de la saison 1993-94 avec le Thunder de Las Vegas, dans l’IHL.

Sa production sera modeste à Vegas, mais il demeure bon marqueur, effleurant la marque des vingt buts lors des deux saisons subséquentes. À la fin de 1995-96, il est échangé aux Grizzlies de Utah et joue un rôle crucial avec l’équipe dans sa route vers la Coupe Turner. 

Il débute la saison 1996-97 avec Utah, mais les Rafales de Québec décident de faire l’acquisition de ses services après cinq matchs et, pour la première et seule fois de sa carrière professionnelle, Marc Rodgers aura la chance de patiner au Québec.

 

En compagnie d’autres locaux comme Steve Larouche (102 points en 79 matchs) et Jesse Bélanger (62 points en 47 matchs), Rodgers fait la pluie et le beau temps avec le club de la Vieille Capitale, amassant 67 points en 70 matchs, sa meilleure saison en carrière au niveau statistique. Il aide les Rafales à atteindre la deuxième ronde des séries, une défaite en six matchs contre les Vipers de Detroit.

Vers la fin de la saison suivante, Rodgers et Larouche sont échangés aux Wolves de Chicago, eux qui sont incapables de reproduire la magie de 1996-97. Ils remporteront ensemble la coupe Turner avec les Wolves en 1998, le deuxième et dernier championnat de la carrière de Marc Rodgers.

À l’été 1998, l’attaquant de Shawville voit enfin son rêve commencer à se matérialiser : il reçoit l’appel de l’organisation des Red Wings de Détroit qui, impressionnés part son récent parcours de victoires dans l’IHL, lui octroient un contrat à titre d’agent libre!

Ainsi donc, Rodgers se retrouve maintenant dans la deuxième ligue en importance au monde (Red Wings d’Adirondack, dans la LAH), et y dispute la totalité de la saison 1998-99. En quatre-vingt joutes, il amasse 19 buts et 57 points.

La saison suivante, il goûte enfin au hockey de la LNH. Il débute la saison 1999-2000 en disputant 21 parties avec les Red Wings, amassant ses deux premiers points (un but et une passe) dans une victoire de 7 à 2 contre les Canucks à Vancouver, le jour du dix-neuvième anniversaire de votre humble serviteur (like it matters!), le 17 novembre 1999.

Malheureusement, dans les vingt autres parties dans lesquelles il est en uniforme, il n’amasse pas d’autres points. Le 11 décembre 1999, dans une victoire de 5 à 4 des Wings à Boston, Rodgers dispute les dernières 10 minutes et 28 secondes de sa carrière dans la LNH, avant de retourner finir la saison dans l’AHL (34 matchs, 8 buts, 18 points).

Il ne dispute que trente-deux matchs en 2000-01 avec Cincinnati et produit assez peu (12 points en 32 matchs), aux prises avec diverses blessures. Après des séjours infructueux dans la DEL (Allemagne, Schwenningen) et la UHL (États-Unis, Knoxville) en 2001-02, il décide de mettre un terme à sa carrière, au jeune âge de trente ans.

Malheureusement pour lui, à 5 pieds et 9 pouces à une époque qui aimait davantage les matamores, Marc Rodgers n’a jamais été très sexy sur les radars de la LNH. Pourtant, il a remporté deux coupes Turner et il a su déjouer les prévisions des experts en enfilant l’uniforme d’une équipe de la meilleure ligue de hockey au monde à 21 reprises, en compagnie de légendes comme Steve Yzerman, Brendan Shanahan, Nicklas Lidstrom, Sergei Fedorov et Igor Larionov, entres autres.

mercredi 25 mars 2026

Joueur oublié des 90's #104 - Sergei Bautin



 


Né le 11 mars 1967 à Rogachyov, dans ce qui est aujourd'hui la Biélorussie, Sergei Bautin a fait ses armes dans la ligue soviétique, d'abord avec le Kristall Saratov en deuxième division, puis ensuite avec le puissant Dynamo de Moscou. C'est là qu'il a bâti sa réputation de défenseur à vocation défensive de premier ordre. Il n'obtenait presque pas de points (6 points en plus de 60 matchs) mais sa présence physique a aidé à remporter le championnat à deux reprises, en 1991 et 1992, au sein d'une équipe qui comptait également Alexei Kovalev, Alexander Karpovtsev et Darius Kasparaitis. 
 
Grand et robuste, il a aussi contribué à la performance de l'Équipe Unifiée qui a remporté quatre de ses cinq matchs lors du tour préliminaire des Jeux olympiques d'Albertville en 1992, ne s'inclinant que face à la Tchécoslovaquie. En séries éliminatoires, ils ont battu la Finlande, les États-Unis et enfin le Canada (3-1), décrochant une médaille d'or historique pour un pays alors en pleine transition.

Quelques mois plus tard, il a représenté la Russie (depuis ré-unifiée) au Championnat du monde, mais en peu de temps, l'ancienne Union soviétique était totalement démantelée et l'équipe a terminé cinquième. 
 
Les joueurs pouvant désormais s'expatrier librement en Amérique du Nord, Bautin a été repêché par les Jets de Winnipeg lors de l'été 1992 au 17ème rang au total. Trois de ses compatriotes et coéquipiers sur la scène internationale furent sélectionnés avant lui : Alexei Yashin (2ème), Kasparaitis (5ème) et Andrei Nazarov (10ème). Les Capitals de Washington ont également choisi Sergei Gonchar au 14ème rang.

À l'époque, demeurer en Russie n'était donc pas la priorité. Les clubs n'avaient plus les moyens de payer les joueurs, le pays traversait une crise majeure et la LNH pouvait enfin mettre la main sur ce qu'elle convoitait depuis des années, des joueurs de hockey russes. En conséquence, presque tout l'effectif du Dynamo Moscou a traversé l'Atlantique.

Bautin a donc rejoint les Jets pour la saison 1992-93. Pendant l'essentiel de ses deux premières années, il fut un élément stable, souvent jumelé à un autre Russe, Igor Ulanov, ou aligné sur le premier bloc aux côtés de Teppo Numminen. Contrairement à beaucoup de ses compatriotes, Bautin avait véritablement adopté le côté physique du jeu nord-américain, se révélant être un adepte des mises en échec solides. Cependant, des doutes subsistaient quant à sa qualité de patinage et sa vision de jeu ; il semblait souvent mal positionné ou accusait un temps de retard par rapport aux autres joueurs de son âge.

Sergei a signé un contrat de trois ans avec les Jets. Malgré le déracinement, son adaptation à sa nouvelle vie ne fut pas trop difficile, le club ayant également recruté Ulanov, le jeune centre Alexei Zhamnov (choix de 4e ronde en 1990) et Evgeny Davydov (12e ronde de 1989).
 
Sa saison recrue s'est plutôt bien déroulée. Il a inscrit un total respectable (et son meilleur total à vie en une saison) de 5 buts et 18 mentions d'aide, assortis de 96 minutes de pénalité en 71 matchs, aidant les Jets à atteindre les séries éliminatoires où ils se sont inclinés en six matchs face aux Canucks de Vancouver. 
 
La saison 1993-94 fut beaucoup moins clémente. Le club décida d'échanger le défenseur vedette Phil Housley aux Blues de St-Louis contre Nelson Emerson et Stéphane Quintal, et la nouvelle brigade défensive des Jets ne parvint jamais à se replacer. Après un début de saison correct (6-3-1), une série catastrophique de 2 victoires, 20 défaites et 2 nulles en janvier et février a fait sombrer le club au dernier rang de la Conférence Ouest. 
 
Donc complètement hors du portrait, le 18 février 1994, les Jets ont conclu une transaction avec Détroit, envoyant Bautin et le gardien Bob Essensa aux Red Wings en échange de Dallas Drake et Tim Cheveldae.
 
Sous les nouveaux ordres de Scotty Bowman, les Wings commençaient à accumuler les joueurs russes dans l'idée de former cette fameuse unité complète de cinq joueurs. Avec Fedorov, Kozlov et Konstantinov comme piliers, il en fallait deux de plus : un défenseur et un attaquant. Bautin était initialement censé être ce second défenseur.

Cependant, les Wings ont immédiatement constaté un grave problème de condition physique chez Bautin. Il n'avait aucune endurance, était incapable de soulever son propre poids (185 livres) au développé couché (bench press) et était un gros fumeur, le Chicago Tribune rapportant même qu'il fumait deux paquets par jour. « Côté condition physique, il était tout en bas de notre organisation », a déclaré le directeur général de Winnipeg, John Paddock, après l'échange. « Il n'a aucune rapidité et aucune force. » Bautin ne joua qu'un match à Détroit en fin de saison et se blessa même en entrant en collision avec Kris Draper lors d'un entraînement.
 
Il fut donc envoyé au club-école de l'époque, les Red Wings d'Adirondack dans la Ligue américaine pour le lock-out à l'automne 1994, Détroit ne le rappelant aucunement. En fait, les Wings avaient rapidement trouvé la solution pour leur deuxième défenseur du «Russian five» en obtenant nul autre que Viacheslav Fetisov des Devils durant cette saison écourtée de 94-95.

Son contrat signé avec les Jets étant échu, Bautin signa comme agent libre avec San Jose dans l'espoir de jouer avec ses compatriotes Igor Larionov et Sergei Makarov. Son sort ne s'arrangea toutefois pas. Il ne disputa qu'un seul match avec les Sharks en début de saison, son dernier dans la LNH. Les entraîneurs et la direction des Sharks ont rapidement réalisé que le défenseur n'avait plus le coup de patin nécessaire pour la ligue, et il fut envoyé aux Blades de Kansas City dans la IHL. Au même moment à Détroit, le «R5» fut finalement complété avec l'ajout de ce même Larionov, qui fut obtenu de ces même Sharks, en retour d'un gars pas pire pentoute, Ray Sheppard, après seulement 5 matchs au début de la saison.
 


 
Bautin est ensuite devenu assez globe-trotter. Après sa saison 95-96 passée à Kansas City,  il joua deux saisons en Suède avec le Luleå HF, où il mena la ligue pour les minutes de pénalité en 1996-97, une saison en Russie avec le Ak Bars Kazan, et ensuite une en Allemagne (Ice Tigers de Nurnberg). Il joua ensuite deux saisons au Japon (JIHL) avant de revenir terminer sa carrière dans sa patrie avec le Metallurg Manitogorsk et finalement une dernière saison en deuxième division avec le Krylia Sovetov de Moscou.

Après avoir pris sa retraite, Bautin est retourné aux États-Unis pour entraîner des équipes de jeunes à Kansas City, là où il avait joué durant son séjour pour les Sharks. Il a plus tard entraîné au Colorado et de nouveau au Japon avant de rentrer chez lui. Bautin a été intronisé au Temple de la renommée du hockey russe en 2014.

Sergei Bautin s'est éteint la veille du jour de l'An à l'âge de 55 ans, après une longue lutte contre une maladie oncologique.

mardi 10 mars 2026

Jari Kurri et les Devils de Milan (1990-91)


 
 
 
Parmi mes nombreux joueurs cultes, un qui est définitivement dans le top 10, sans être des plus obscurs comme la plupart des joueurs dont j’aime parler, figure l’original «Finnish Flash», Jari Kurri.

Il serait toutefois trop facile de faire un simple texte sur lui. Comme tout bon membre du temple, la quantité de textes déjà disponibles sur lui sont légion, particulièrement tout ce qui touche à la dynastie des Oilers et Wayne Gretzky. Ce qui m’intéresse toutefois aujourd’hui est de parler d’un chapitre assez oublié dans la carrière de la légende finlandaise, soit sa saison 1990-91 passée en Italie avec le club des Devils de Milan.

Malgré une 5e coupe remportée avec les Oilers au printemps 1990, parfois surnommée la coupe de «rédemption» et de la «consécration» des Oilers, et deux ans après l’infâme échange de Gretzky à Los Angeles, Kurri surprend tout le monde à l’été 1990 en décidant de quitter les Oilers et la LNH pour signer un contrat avec un club méconnu d’une ligue nettement plus inférieure pour un joueur de son calibre.



 
Ce n’était toutefois pas tellement une surprise de voir Kurri, ou tout autre joueur européen à l’époque, dire non à la LNH malgré une carrière florissante. C’était d’ailleurs particulièrement présent chez les clubs Canadiens. Des joueurs suédois de renom comme Hakaan Loob et Kent Nilsson avaient, au cours des années précédentes, plié bagage après plus ou moins une décennie dans la LNH, pour soit retourner jouer dans leurs patries respectives, ou bien ailleurs en Europe. Plusieurs disaient vouloir que leurs enfants puissent être éduqués dans leur langue maternelle. Quelques semaines avant l’annonce du départ de Kurri, on assistait à Montréal à une situation similaire avec Mats Naslund qui s’était également expatrié en Europe, en Suisse dans ce cas-ci.

Mais le cas de la vedette des Oilers, où l’hécatombe ne faisait que s’accentuer avec son départ, a davantage fait tourner les têtes.

Malgré qu’il n’était plus jumelé avec la merveille, Kurri venait de récolter un excellent 93 points en 1989-90 et un autre 25 points en séries, connaissant même un de ses meilleurs matchs en carrière durant la finale contre les Bruins lorsqu’il amassa 3 buts et 2 passes lors du deuxième match.

 
 
 

Ce départ n'était pas une simple retraite anticipée ou retour aux sources, mais était en grande partie une manœuvre stratégique. En conflit avec la direction des Oilers qui refusait de l'échanger aux Kings de Los Angeles pour rejoindre Gretzky, Kurri a utilisé l'Europe comme levier de pression. Mais selon lui, cet exil lui permettait quantité de choses; prendre une "pause mentale" après dix saisons intenses dans la LNH, pouvoir participer aux Championnats du monde de 1991, organisés dans sa Finlande natale, et, ultimement, de forcer les Oilers à négocier son transfert pour rejoindre son ancien coéquipier.

Malgré l'euphorie post-championnat, Kurri était rentré en Finlande immédiatement après la victoire. Il avait même mis sa maison d'Edmonton en vente. Le message était clair : son chapitre en Alberta était terminé.

Lui et son agent, Don Baizley, refusèrent même une offre financière supérieure des Oilers pour emprunter une voie totalement inattendue, soit un contrat de deux ans avec les Devils de Milan, avec qui il était associé depuis un certain temps et qui appartenaient à nul autre que Silvio Berlusconi. Ce dernier, avant de devenir le premier ministre controversé dont on se rappelle davantage de nos jours, était alors propriétaire d’un empire médiatique en Europe et possédait de nombreux clubs professionnels, dont le célèbre AC Milan, qu’il sauva de la faillite en 1986.
 
Dans le cercle de la LNH, on ne parvenait pas à faire du sens de la décision de Kurri. Le journaliste Cam Cole compara la situation à Magic Johnson qui partirait jouer au basketball en Yougoslavie. L'entraineur des Oilers John Muckler admit qu'il aurait davantage compris si Kurri aurait opté pour jouer chez lui en Finlande, dans une ligue davantage compétitive à défaut de jouer dans la la meilleure ligue au monde. Pour lui, il était risqué de faire un tel choix, expliquant qu'il aurait même de la difficulté à revenir dans la LNH.
 
De plus, contrairement à d'autre clubs plus prestigieux ou traditionnels d'Europe, par exemple en Suisse ou en Allemagne, le HC Milan Devils n’était pas un club avec une grande tradition, ayant été fondés juste un an avant l'arrivée de Kurri. Ils n’auront d'ailleurs existé que jusqu’en 1996, lorsque le club déménagea à Courmayeur, dans le nord de l’Italie, avant d’être dissout pour de bon en 1999.
 
Vous pouvez appercevoir Kurri dans l'uniforme milanais ici (#25):
 
 

Il y eut beaucoup de spéculations sur le montant de la transaction. Les médias suisses rapportèrent à l’époque une somme de plus d'un million de dollars. Le journal allemand Salzburger Nachrichten parlait plutôt d’un salaire de 350 000 dollars US, assorti d’un logement dans un château luxueux en plus d’une Mercedes. La ligue italienne comptait alors 10 équipes et le calendrier de 36 matchs se jouait les mardis et samedis, avec les dimanches toujours libres, donc un ratio salaire par match nettement avantageux.

L’arrivée de Kurri eut un effet marqué sur le hockey sur glace italien et les experts locaux convenaient que l’équipe de l’entraîneur-chef Jim Webster seraient les favoris du championnat italien.

Avec les Devils, Kurri opta bizarrement de troquer son fétiche #17 pour le #25. Le 17 appartenait au Canadien Mark Morrison, un ancien choix de 3e ronde des Rangers qui ne joua qu’une dizaine de matchs dans la LNH, et qui en était à sa deuxième saison avec les Devils, ayant terminé la saison précédente avec 113 points. Il est cependant étrange que Morrison n’ait pas légué le 17 à la grande vedette Kurri pour l’occasion.
 
Kurri, à gauche, et son coéquipier Mark Morrison qui portait le #17 à sa place...


Et bien que la présence de Kurri aida à remplir les patinoires et à revigorer le prestige de la Serie A, les Devils de Milan échouèrent en 1990-91. Ils terminèrent en troisième place et s'inclinèrent en séries face à leur rival immédiat, le HC Saima Milan. Lors de cette saison, Kurri rata six matchs et contribua 27 buts et 48 passes en 30 matchs. Avec ce 75 points, il ne figurait que 15e sur la liste des pointeurs, derrière des noms comme l’ancien des Flames Kevin Lavallée, l’ancien joueur éphémère des North Stars Dusan Pasek, ainsi que nul autre que Mark Napier. L’ancien du Canadien avait même terminé au premier rang de la ligue avec 118 points. Et selon ce que j’ai lu, Kurri rata également les séries, pour une raison que j’ignore.

Après son année en Italie, l'impasse persistait entre Kurri et les Oilers. Il menaça finalement de retourner chez les Devils pour exercer l’option de sa deuxième année de contrat s'il n'était pas échangé avant le 31 mai. Il avait également clairement établi que les retrouvailles avec Gretzky étaient sa priorité absolue.

Sather, qui ne ne voulait pas perdre une saison supplémentaire de ses services, finit par céder. Ainsi, une heure avant l'échéance fixée par l'ailier droit, Sather échangea ses droits, ainsi que Dave Brown et Corey Foster, à Philadelphie en retour de Craig Fisher, Scott Mellanby et Craig Berube. Les Flyers ont ensuite envoyé le joueur de 31 ans, accompagné de Jeff Chychrun, vers Los Angeles contre Steve Duchesne, Steve Kasper et un choix de quatrième tour au repêchage de 1991.

Un détail moins connu est que Kurri a failli rejoindre les Red Wings de Detroit, qui offraient plus d'argent que les Kings. Kurri était prêt à accepter, mais Detroit n'étant pas intéressé par un échange complexe à trois clubs, Sather a privilégié la transaction avec Philadelphie et Los Angeles.




Le deuxième chapitre de la carrière de Kurri dans la LNH, post-Italie, commença donc avec la fameuse réunion tant attendue avec Gretzky. On peut dire sans équivoque que cette deuxième moitié de carrière fut nettement moins resplendissante que la première. Le tandem Gretzky-Kurri version L.A, malgré quelques étincelles et une chimie toujours efficace, (dont un tour du chapeau lors de son premier match en tant que Kings) ne fut pas aussi mémorable qu’à leurs plus jeunes années à Edmonton. Il était évidemment grandement terminé le temps des saisons de 200 points de Gretzky et de 60+ buts/100+ points de Kurri. À cette première saison à L.A en 1991-92, Kurri ne récolta que 60 points, dont 23 buts, et les Kings se firent éliminer une fois de plus par les Oilers en première ronde. 
 
En fait, les Oilers post-finale de 1990 étaient toujours davantage compétitifs que leurs expatriés à Los Angeles. Malgré l’éxode continuel de plusieurs autres vedettes (Glenn Anderson, Grant Fuhr, Kevin Lowe, Adam Graves, Mark Messier, etc) les Oilers se rendirent tout de même jusqu'en finale de conférence en 1990-91 et 1991-92 tandis que les Kings ne firent jamais long feu. 

Les choses semblèrent toutefois débloquer en 1992-93, malgré une blessure importante à Gretzky qui lui fit manquer la moitié de la saison. Kurri prit davantage de place durant l’année, étant parfois muté au centre, et il termina la saison à 87 points. On énonça que le leadership tranquille de Kurri était une des principales raisons que les Kings parvinrent à redresser le bateau en l’absence de la merveille. Le parcours des Kings de l’ère Gretzky connut ainsi son apogée au printemps 1993 avec une participation en finale de la Coupe Stanley, pliant toutefois l’échine en 5 matchs face à Patrick Roy et le Canadien de Montréal.

Les Kings (pas seulement Gretzky et Kurri) ne furent plus jamais les mêmes par la suite, devant attendre l’arrivée d’une nouvelle génération à la fin des années 2000 avant de finalement passer à un autre niveau. Ils ratèrent les séries en 1993-94 et de nouveau durant la saison écourtée de 1995. Kurri connut sa dernière saison véritablement respectable offensivement en 93-94 avec 77 points dont 31 buts.
 

 
Après ces deux saisons décevantes et hors des séries, le club alors en quasi-faillite (et le propriétaire Bruce McNall en prison) liquida une grande partie de ses effectifs durant la saison 1995-96 et non pas seulement lors du fameux «2e échange» de Gretzky l’envoyant aux Blues de St.Louis (contre pas grand chose). Deux semaines suivant le départ du 99, le 17 plia également bagage, pour Manhattan dans son cas, en compagnie de Marty McSorley. En retour, les Kings obtinrent notamment Ray Ferraro. Cet échange est toutefois très impopulaire dans l’histoire des Rangers, les fans n’ayant pas apprécié Kurri autant qu’ils aimaient Ferraro. Kurri ne fit effectivement que passer à NY, et ce sans grande étincelle. Il n’obtint que 5 points en 14 matchs (dont seulement 1 but) pour clore la saison. Et malgré qu’il se racheta légèrement en séries avec 8 points en 11 matchs, les Rangers le laissèrent aller, son contrat échu.

Kurri joua ensuite deux dernières saisons dans la LNH, une en 1996-97 avec les Mighty Ducks d’Anaheim, où il put côtoyer son protégé Teemu Selanne, et une ultime saison en 1997-98 avec l’Avalanche du Colorado. À ce stade-ci de sa glorieuse carrière, Kurri était davantage devenu un attaquant de soutien défensif. Il n’eut que 13 buts et 35 points avec les Ducks et ensuite seulement 5 buts et 22 points avec l’Avalanche. 
 
C’est avec ces derniers qu’il put toutefois franchir de justesse l’illustre cap des 600 buts, terminant sa carrière dans la LNH avec un total de 601 buts, 797 passes pour 1398 points en 1251 matchs. Il était alors le recordman des points pour les joueurs européens. Il a depuis été détrôné de cette distinction par Selanne (1457) , Alex Ovechkin (1673 - au moment d’écrire ces lignes) et finalement le meneur, et #2 de tous les temps dans la LNH, Jaromir Jagr avec 1921 points.

Pour leur part, malgré que les Devils n'ont pas remporté le championnat d'Italie durant le court séjour de Kurri, et qu’ils ont disparu rapidement de la scène par la suite, ils ont toutefois soulevé le trophée les trois printemps suivants avant que le club ne soit aboli, soit en 1992, 1993 et 1994.
 
Sylvio Berlusconi (à droite) avec son club des Devils de Milan

 
Sources:
https://www.eishockeyblog.ch/als-kurri-nach-mailand-kam/
https://seura.fi/seuran-mies/miksi-jari-kurri-pelasi-kesken-nhl-uransa-kauden-italiassa/
https://www.nhl.com/kings/news/jari-kurri-almost-a-red-wing-before-he-became-a-king-285678450
https://oilersnation.com/news/an-oral-history-of-how-jari-kurri-left-the-edmonton-oilers-to-play-hockey-in-italy 

vendredi 14 novembre 2025

La Western Professional Hockey League (WPHL), 1996-2001



 

Je continue dans ce puits sans-fonds que sont les ligues mineures-pro nord-américaines. J'ai parlé dans les derniers mois de la CHL, la AAHL, et plusieurs autres. Mais aujourd'hui je me devais de rayer la prochaine de la liste pour mon bien-être mental...

Dans la grande lignée des ligues mineures américaines indépendantes pleines de bonnes intentions et de moyens souvent limités, la Western Professional Hockey League – ou WPHL – fit son apparition en 1996 avec l'idée d'exploiter le boom du hockey professionnel dans des marchés mineurs potentiels dans le Sud et l’Ouest des États-Unis, là où les patinoires servaient plus souvent à des rodéos ou à des concerts country. On y retrouvait principalement des équipes du Texas, de la Louisiane et du Nouveau-Mexique, dans des villes où le sport avait tout à prouver.
 
La saison inaugurale comptait seulement six équipes, aux noms et logos à saveurs épicées : 
  • Les Rattlers d'Amarillo (Texas) - Première équipe de l'endroit depuis les années 70
  • Les Ice Bats d'Austin (Texas) 
  • Les Buzzards d'El Paso (Texas)
  • Le Stampede de Central Texas (Belton, TX)
  • Les Wizards de Waco (Texas)
  • Les Scorpions du Nouveau-Mexique (Albuquerque, NM) - Première équipe pro de l'état depuis les fameux Six Guns d'Albuquerque
Bien qu'on ne retrouvait aucune affiliation avec des clubs de la LNH, on retrouvait dans la WPHL quelques vieux routiers et anciens joueurs de la LNH probablement acquis à gros prix. On retrouvait par exemple le gardien Daniel Berthiaume avec l'équipe de Central Texas. Il remporta d'ailleurs le trophée du meilleur gardien en 1996-97, sa seule saison dans ce circuit, avant de quitter pour la ECHL. Berthiaume avait d'ailleurs comme coéquipier l'ancien des Nordiques Herb Raglan.  
 
Continuons avec une petite galerie de photos: 
 




Daniel Berthiaume au match des étoiles de la WPHL de 1997


 
 
Dave Morissette a même joué un gros 5 matchs avec les Ice Bats d'Austin, qui menèrent la ligue avec une moyenne impressionnante de 6,200 spectateurs par matchs. Les Ice Bats étaient la propriété de l'ancien marqueur de 50 buts avec les Whalers, Blaine Stoughton, qui agissait également comme entraîneur.
 
Un ancien du Titan de Laval, Sylvain Naud, remporta le championnat des marqueurs avec 47 buts, suivi de Kurt Wickenheiser, frère de Doug et cousin de Hailey. Les Buzzards d'El Paso remportèrent le premier championnat de la WPHL au printemps 1997, la President's Cup.
 
L’année suivante, la ligue s’emballa en doublant de taille. De nouvelles équipes comme Shreveport, Lake Charles, Corpus Christi et Fort Worth amenèrent le compte à 13 équipes.
 
En 1998-99, ce fut le sommet de sa courte histoire avec un total de 19 équipes. En incluant tous les autres clubs situés au Texas et avoisinants dans la LNH, AHL, CHL, la carte du hockey professionnel en 1998-99 ressemblait à ceci dans la région centre-sud des USA :


Une nouvelle équipe, les Ice Pirates de Lake Charles en Louisiane, embauchèrent l'ancien marqueur de 60 buts dans la LNH, le glorieux Dennis Maruk comme entraîneur lors de leur saison inaugurale en 1997-98. Il ne dura qu'une demi-saison mais y resta pour s'occuper d'une boutique d'antiquités. La saison suivante, les Ice Pirates étaient en manque d'effectif et le nouvel entraîneur de l'équipe fit appel à Maruk, maintenant âgé de 43 ans, pour venir d'abord pratiquer avec l'équipe. Il fut ensuite convaincu de signer un contrat de 5 matchs. Il y joua finalement 6 matchs et 3 autres en séries, récoltant 2 passes. Il se fit initialement ridiculiser par ses plus jeunes adversaires, suite à quoi il leur répondait «Tu sais où tu joues? Dans la WPHL. Moi j'ai marqué 300 buts dans la LNH». Ces moqueries cessèrent assez rapidement par la suite. 
 
On continua donc de revoir quelques vieux noms se faufiler dans la WPHL. L'ancien dur à cuire Alan May termina sa carrière en 1998-99 avec les Aviators d'Abilene. Plusieurs autres durs à cuire y trouvèrent également refuge comme l'ancien des Nordiques Darin Kimble, Craig Coxe, Brian Curran et nul autre que Kevin Evans, anciennement des Sharks et recordman de tous les temps pour le plus de minutes de pénalité en une saison au hockey professionnel.  
 
On y vit également quelques gardiens familiers comme John Blue, Matt DelGuidice, Patrick Labrecque et André Racicot au fil des années. Et celui qui fut échangé en retour de Markus Naslund par les Penguins, Alex Stojanov, termina sa carrière avec les Scorpions du Nouveau-Mexique... 
 
Donc en trois ans, la WPHL passa de 6 à 19 clubs. C’était devenu une véritable ruée vers l’or du hockey du Sud, un Far West où tout le monde voulait sa franchise. 
 
Les Mudbugs de Shreveport, avec leur logo d’écrevisse survoltée et leur aréna souvent rempli à craquer, devinrent rapidement le joyau de la WPHL. Leurs matchs attiraient plus de 5 000 spectateurs en moyenne : une prouesse dans cette partie du pays. 
 
Le calibre de jeu de la WPHL était honnête, oscillant entre le bon semi-pro et le bas de la ECHL. Le spectacle se jouait autant sur la glace que dans les gradins avec des mascottes délirantes, un public bruyant et de la musique rock à plein volume. 

Les Mudbugs remportèrent trois championnats d'affilée, soit de 1999 à 2001.

Il y eut également l'étrange présence de deux équipes russes dans le portrait... Lors de la saison 97-98, le Traktor Chelyabinsk participa à 12 matchs du calendrier de la WPHL comme équipe «en tournée». Ils répétèrent l'expérience pendant 8 matchs en 98-99 avec une autre équipe russe, le Elektrostal Kristall




Mais, comme dans toute ligue mineure un peu trop ambitieuse, les fissures commencèrent à se multiplier. Les déplacements à travers les états du Sud coûtaient cher, les autobus tombaient en panne sur les routes poussiéreuses du Texas, les chèques mettaient du temps à se rendre, et certains propriétaires semblaient avoir plus de passion que de liquidités. Plusieurs équipes disparurent du jour au lendemain ; d’autres changeaient de ville ou de nom d’une saison à l’autre. Malgré quelques marchés solides – notamment à Shreveport, El Paso et Corpus Christi – le modèle économique de la WPHL montrait ses limites.

La saison 2000-01 fut la dernière de l'histoire de la ligue. Les Mudbugs de Bossier-Shreveport, version rebaptisée du club original, remportèrent une ultime President’s Cup (et troisième d'affilée) avant que la ligue ne ferme boutique. Au printemps 2001, la WPHL annonça sa fusion avec la Central Hockey League (CHL), qui absorba ses 10 équipes encore viables. La plupart survécurent quelques années, certaines même plus longtemps, et d’autres disparurent dans l’indifférence générale. 
 
Ce fut la fin officielle de cette ligue aussi bruyante qu’éphémère. Constat du paysage changeant en ce début de millénaire, la IHL ferma également les livres la même année, ses clubs survivants graduant dans la AHL. 
 
La WPHL n’aura donc duré que cinq saisons, mais elle a laissé derrière elle une foule d’histoires : des bagarres dignes des années 1970, des gradins partagés entre amateurs de hockey et curieux venus de la NASCAR, des joueurs venus de Finlande ou du Saguenay pour gagner 400 $ par semaine, et surtout une passion bien réelle pour le jeu. 
 
WPHL - 1996-2001

 
 
Les 10 équipes qui survécurent aidèrent le circuit de la CHL à passer au travers des années 2000. Mais au tournant de la décennie suivante, la CHL connut le même sort, perdant des équipes et marchés au profit d'autres ligues pour finalement être absorbée à son tour en 2013, cette fois-ci par la ECHL. Le plus vieux club de la WPHL encore actif à ce moment était les Brahmas de Fort Worth, qui plièrent bagage en même temps que la fin de la CHL, n'étant pas parmi les équipes absorbées.
 
La majorité des circuits ayant connu le hockey pro de la WPHL se sont depuis rabattu sur le junior avec la NAHL. En fait, la division «sud» de la NAHL est comprise majoritairement d'anciens marchés de la WPHL. C'est le cas des Mudbugs de Shreveport qui perdurent toujours la tradition en conservant le même nom et logo légendaire. Ils ont continué la tradition d'excellence sous cette nouvelle incarnation, remportant le championnat national en 2018 et 2021.

 
Mudbugs de Shreveport de la NAHL

mercredi 8 octobre 2025

La Central Hockey League (1992-2014)



La Central Hockey League, à ne pas initialement confondre avec sa première version (1963-84) et autres circuits antérieurs, voit le jour en 1992, sous l’impulsion de Ray Miron et Bill Levins

Miron et Levins étaient autrefois entraîneur et DG respectivement des Blazers de l'Oklahoma dans l’ancienne CHL pendant les années 60 et 70. Miron avait également été DG des Oilers de Tulsa de 1964 à 1974 et auparavant dans l'ancienne EHL avec les Knights de Nashville. Il fut plus tard promu comme DG des défunts Rockies du Colorado (1976 à 1981) et travailla également dans l’organisation des Maple Leafs.

La CHL avait d’abord été créée en 1963 par la LNH pour servir de circuit de développement pour ses jeunes joueurs. Elle a accueilli plusieurs futurs grands noms, tels que Bernie Parent, Tony Esposito, Stan Smyl, Dirk Graham, Randy Carlyle, Glenn "Chico" Resch, Pete Mahovlich, Bob Bourne, Mark Messier, et surtout, de nombreux jeunes joueurs du Canadien avec les Apollos de Houston, tels que Carol Vadnais, Rogatien Vachon, Serge Savard, Jacques Lemaire et Guy Lapointe. La ligue représentait bien son nom «Central», avec des équipes principalement du midwest et des états plus à l'ouest avec des villes comme Omaha, Minneapolis, Indianapolis, Tulsa, Kansas City, mais aussi avec des tentatives peu fructueuses plus au sud ou sur les côtes du pacifique comme Memphis et Seattle. Ce fut aussi temporairement la ligue ou vécurent les très éphémères Six-Guns d'Albuquerque que j'affectionne particulièrement.

Ray Miron (3e à partir de la droite, première rangée) et les Oilers de Tulsa en 1966.

La CHL dut toutefois cesser ses activités en 1984 en raison du déclin du soutien des clubs de la LNH et de la concurrence importante d’autres circuits comme l’AHL et la IHL. Après la saison, la LNH cessa son appui financier direct. Le commissaire Bud Poile (anciennement coach des Canucks, Flyers et père de David Poile) déclara alors la ligue «inactive». Les franchises survivantes migrèrent ailleurs, par exemple Salt Lake City et Indianapolis qui rejoignirent l’International Hockey League (IHL). Les autres équipes ont ensuite tout simplement disparu ou se sont replier sur des ligues semi-pro locales.

Donc, au début des années 90, Miron et Levins unirent leurs forces pour ramener le hockey professionnel dans des villes de taille moyenne du sud et du Midwest américain, délaissées par la dissolution d’autres circuits, principalement depuis la fin de la CHL.  Il n’y eut par exemple aucune équipe professionnelle, tous circuits confondus, située au Texas entre 1982 et 1992. Même avant l'arrivée des Stars de Dallas, il n'y avait plus eu aucun club texan depuis les Blackhawks de Dallas qui avaient évolué de 1967 à 1982 dans la CHL 1.0. 

On peut véritablement appeler cela une résurrection de ligue totale. Si elle était passablement déclarée comme «inactive» par David Poile en 1982, elle était redevenue active sous les ordres de Miron et Levins qui nommèrent leur nouvelle ligue en honneur de l’ancien nom vacant. La Central Hockey League put renaître de ses cendres, 8 ans après la fin de l'originale. 

Bill Levins mourut toutefois subitement en mai 1991 avant de pouvoir voir son projet aboutir. Miron prit le relais et Levins demeura quand même comme fondateur à titre posthume. Le trophée du vainqueur de la CHL fut nommé en honneur de Levins.

Il y avait toutefois une grande différence entre les deux CHL. Cette fois-ci, la ligue opéra comme seule entité propriétaire indépendante et opéra l'entièreté des franchises, du moins au départ, sans propriétaires externes ni influence de la LNH. Le fils de Ray Miron, Monte, fut nommé comme commissaire de la ligue. Monte Miron avait joué quelques saisons dans l'ancienne CHL et autres circuits.

Joe Burton
Comme autrefois, les premières équipes de la nouvelle CHL se trouvaient au Texas, en Oklahoma, au Kansas, au Tennessee et en Louisiane. On vit alors plusieurs noms renaître. Ce fut le cas des Blazers d’Oklahoma City qui deviennent rapidement la locomotive de la ligue, attirant parfois plus de 10 000 spectateurs par match, un chiffre très impressionnant pour le hockey mineur. Ils remportent le trophée Levins en 1996 et 2001. Le meilleur joueur des Blazers et de la ligue est alors le capitaine Joe Burton, qui joua 10 saisons à Oklahoma City et terminera sa carrière comme champion pointeur de l'histoire de la CHL avec 565 buts, 420 passes pour 985 points en 706 matchs.

Une autre résurrection réussie fut le cas des Oilers de Tulsa. Le hockey en Oklahoma, malgré nos préjugés nordiques, a presque toujours fonctionné. 

Les Oilers, disparus en même temps que la fin de la première CHL, sont une équipe mythique des ligues mineures, alors qu’on peut remonter jusqu’en 1928 pour retrouver les premiers Oilers de Tulsa dans la vieille American Hockey Association. Ils ont ensuite joué dans la USHL (1945 à 1951) avant de revenir dans la CHL en 1964.

Le principal fait d'arme des Oilers dans le folklore du hockey mineur fut leur couronnement comme derniers champions de la CHL en 1984, remportant les grands honneurs en tant qu’équipe itinérante. 

Après avoir déclaré faillite avant la fin de la saison, les joueurs décidèrent de jouer tout de même leurs 17 derniers matchs sur la route. Malgré cela, avec un jeune John Vanbiesbrouck dans les buts, ils terminent troisièmes et remportent l’Adams Cup en battant Salt Lake City en finale. Cet exploit devint légendaire.  (En savoir plus ici dans cet ancien texte de Martin ITFOR).

Histoire de continuer dans une parfaite résurrection, les Oilers de Tulsa 2.0 inaugurèrent parfaitement cette nouvelle incarnation de la CHL en remportant également la première «Coupe Levins» en 1993. Ce fut même ce qu'on peut appeler une parfaite finale «CHL» et «Oklahomienne» alors que leurs opposants en finale furent les Blazers d'Oklahoma City. Autre fun fact, un des meilleurs marqueurs des Oilers champions de 1993 fut nul autre que Taylor Hall. Oui. L'autre Taylor Hall.

 

Avec nul autre que Garry Unger comme coach... Unger avait lui aussi joué dans la CHL au début des années 60. On y voir aussi un ancien du Titan de Laval, Sylvain Naud.
 

La coupe Levins fut éventuellement renommée la Ray Miron President’s Cup en 2001. Mais malgré leur statut parmi les plus stables équipes de la CHL par la suite, et de la ECHL depuis 2014, les Oilers n’ont jamais remporté de championnat à nouveau. 

Parmi les autres premières équipes de 1993, on retrouvait le Freeze de Dallas, le Fire de Forth Worth, les Riverkings de Memphis et le Thunder de Wichita. Toutes ces villes avaient auparavant connu du hockey de la CHL. En plus de la bataille de l'Oklahoma (un autre parallèle avec les autres Oilers), la CHL désirait raviver l'ancienne rivalité régionale CHL entre Dallas et Forth Worth, qui, comme Dallas, avaient existé de 1967 à 1982. Le Freeze, qui jouait également dans un autre aréna que les Stars, plus miteux, ne fut bien sûr que bien temporaire alors que l'équipe plia bagage en 1995, laissant toute la place aux Stars dans la LNH.  

Le Freeze de San Jose Dallas


La ligue ajouta ensuite d’autres équipes à partir de 1995. On verra alors apparaître au cours des années suivantes des noms exotiques comme les Iguanas de San Antonio, les Channel Cats de Huntsville, les Cottonmouths de Columbus (Georgie) et les fameux Macon Whoopee, cette étrange équipe au logo semi-sexuel qui migra dans la ECHL en 2001.

Sans oublier les très éphémères, très boboches, et très rigolos Bandits de Border City. Confirmant de plus en plus mon amour pour cette ligue.

Malgré toutes les histoires «à la Slapshot» qu'on s'attend des ligues profondes, la CHL demeura relativement stable comparée à d’autres ligues mineures concurrentes. Le Thunder, les Oilers et les Blazers demeuraient les têtes d'affiche et la ligue opérait désormais annuellement entre 10 et 12 équipes au tournant du siècle.

En 2001, la CHL fusionna avec sa rivale, la Western Professional Hockey League (WPHL), un autre circuit texan-sudiste fondé en 1996, ce qui lui permit d’élargir son territoire et d’accroître sa crédibilité.

Encore plus de nouvelles équipes à ce moment comme:

Le Ice d'Indianapolis, les Jackalopes d’Odessa, Le Beast de Brampton (seule incursion canadienne de l'histoire de la CHL), les Buzzards d’El Paso, les Bossier-Shreveport Mudbugs, les Killer Bees de Rio Grande Valley, les Rattlers d’Amarillo, renommées ensuite les Gorillas!  

Il y a surdose de noms débiles que je voudrais bien étaler ici mais je vais garder ça pour plus tard... (note à moi-même, garder pour plus tard)

En voici quand même une:

Yeah.
 

Après la fusion avec la WPHL, la CHL comptait entre 15 et 17 équipes en moyenne par saison, plafonnant à 18 en 2010-11, après l'absorption d'une autre ligue inférieure, la International Hockey League (2e version). Comme la CHL avant eux, une nouvelle ligue qui avait repris un nom vacant. J'en parlerai plus tard de la deuxième IHL si vous me le permettez... c'est une autre bibite.

En résultat de ces deux fusions, le niveau de jeu augmente, et même que quelques formations deviennent momentanément affiliées à des clubs de la LNH ou de l’AHL, ce qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Il y eut par exemple les Sundogs de l’Arizona, qui furent partiellement affiliés aux Coyotes de Phoenix entre 2007 et 2009, développant au passage un jeune David Schlemko. Autre exemple, les Eagles du Colorado, futurs double-champions dans la ECHL, furent quelques mois affiliés aux Oilers. 

Il ne s’agissait toutefois que des ententes temporaires, souvent non-officielles et quelques dépannages organisationnels, rien de plus. 

Jusqu'à ce moment dans son histoire, la CHL n'avait pratiquement développé aucun joueur d'une semi-importance dans la LNH. Cela changea toutefois autour de 2010 avec quelques joueurs notables comme Jordie Benn. Non-repêché, Benn avait débuté sa carrière dans la ECHL en 2008-09 avant d'être recalé en CHL la saison suivante. Il connut une bonne saison avec les Americans d'Allen, faisant assez bonne impression pour être engagé par l'équipe de son frère à Dallas. Il joua ensuite à Montréal, Vancouver, Winnipeg, Minnesota et Toronto. 

Aaron Dell et un superbe chandail Ronald McDonald avec les Americans d'Allen

Le gardien Aaron Dell est aussi un des rares cas de joueurs développés dans la CHL avant d'arriver à la grande ligue. Dell était #1 des Americans, champions de la saison 2012-13, avant de graduer dans l'organisation des Sharks. Andrew Desjardins, également non-repêché, a joué une saison (2007-08) dans la CHL avec les Bucks de Laredo. Il gradua ensuite dans ECHL et AHL avant d'aboutir avec les Sharks et les Blackhawks, où il fit partie de l'édition championne de 2015.

On vit bien sûr quelques anciens de la LNH se ramasser en CHL, particulièrement dans les années 90 et début 2000. Outre l'autre Taylor Hall déjà discuté, il y eut quelques présences plus ou moins inhabituelles. En voici quelques-uns, triés sur le volet.

  • Brendan Morrow, alors joueur des Stars de Dallas, joua à Oklahoma City durant le lock-out de 2004-05, même chose pour son ancien coéquipier Brad Lukowich.
  • Scott Young, anciennement des Nordiques et marqueur de 300 buts dans la LNH, joua 3 matchs dans la CHL, aussi durant le lock-out 2004-05. Comme il était alors établi à Dallas, tout comme Morrow, j'imagine que l'option de s'entraîner et garder la forme dans un circuit proche était plus attirant que d'aller dans la AHL ou en Europe. 
  • L'ancien espoir dans les buts des Leafs, Sébastien Centomo, originaire de Laval. 
  • L'ancien défenseur des Sharks Neil Wilkinson joua une douzaine de match avec les Oilers en 2002-03, même chose pour son ancien coéquipier Craig Coxe qui joua 4 saisons à Tulsa. Un autre Sharks de renom, nul autre que le célèbre Link Gaetz, a joué 13 matchs avec les Iguanas de San Antonio en 1995.
  • Il y a également l'obscur joueur oublié des Nordiques Paxton Schulte qui termina sa carrière à Tulsa en 2006.
  • Alek Stojanov, celui plus malheureusement reconnu pour avoir été obtenu en retour de Markus Naslund par les Penguins en 1996, a joué une vingtaine de matchs avec les Scorpions de New Mexico.
  • Autres joueurs: Jason Lafrenière (ancien des Nordiques), Alexei Yegorov, Lonny Bohonos


Au tournant des années 2010, malgré des succès inespérés comme les Eagles du Colorado (qui affichaient des assistances records et un modèle de gestion exemplaire), la CHL fait face à de sérieuses difficultés financières et géographiques. Les coûts de déplacement augmentent considérablement. Plusieurs marchés (notamment au Texas et en Arizona) s’essoufflent. Des équipes migrent vers d’autres ligues plus stables, surtout la ECHL (Eagles en 2011, Komets de Fort Wayne en 2012 et Americans d’Allen en 2014).  

Équipe toujours phare et parmi les meilleures au guichet, les Blazers d'Oklahoma City plièrent bagage en 2009, étant ensuite remplacés par les Barons d'Oklahoma dans la AHL.

Malgré quelques tentatives de relance, la ligue se rétrécit. De 18 équipes en 2005, elle tombe à 9 équipes en 2013-14. Les derniers champions furent les Americans de Allen, qui remportent deux titres consécutifs pour clore l'histoire de la CHL. 

Les Americans de Allen, derniers (doubles) champions en 2013 et 2014
 

En octobre 2014, la CHL cesse officiellement ses activités. Sept de ses équipes (Allen, Missouri, Rapid City, Tulsa, Wichita, Brampton et Quad City) sont absorbées par l’ECHL, scellant la fin de la CHL comme ligue indépendante. 

La ECHL avait auparavant accueilli dans ses rangs d’anciennes équipes de la IHL et la WCHL, laissant libre cours à la CHL d’absorber de son côté la WPHL et la UHL/IHL. On peut dire que la mission d’épurer le réseau des ligues mineures aura fonctionné et que la ECHL aura finalement remporté ce que j'appelle cette «guerre de l’absorption» dans les ligues mineures.

L’héritage de la ligue demeure fort dans le Sud et le Midwest américain. Six équipes rescapées de la CHL sont toujours fidèlement en place dans la ECHL; les Oilers, les Americans, les Komets, le Thunder de Wichita, les Mavericks de Kansas City et le Rush de Rapid City, tandis que les Eagles du Colorado ont gradué dans la AHL. Des équipes originales de la CHL en 1992-93, seuls les Oilers et le Thunder sont toujours actives.

Les Oilers de Tulsa, toujours actifs dans la ECHL
 

La CHL aura été un tremplin pour des milliers de joueurs, un modèle de hockey communautaire dans des villes non traditionnelles mais toutefois classiques du hockey mineur de cette région des US, et une base d’expansion indirecte pour l’ECHL. Cela montre que parfois, ce ne sont pas seulement des joueurs qui se servent des niveaux mineurs pour graduer dans des niveaux supérieurs, dans le cas de la CHL, ce sont principalement les équipes qui ont pu se consolider et graduer dans un circuit plus prospère et stable. 

Il est quelque fois mentionné que la CHL aurait atteint un niveau «AA» similaire ou parallèle à l’ECHL, mais je me permets d’en douter. La ECHL a développé davantage de joueurs pour la LNH avec quelques excellents noms comme Jonathan Quick, Michael Ryder, Jonathan Marchessault, Jaroslav Halak, Yanni Gourde, Alex Burrows, et plusieurs autres. Outre les cas isolés de Jordie Benn, Aaron Dell et Andrew Desjardins lors des dernières années d'existence de la CHL, on ne peut pas dire que la fiche de route de la CHL fut aussi reluisante. C'était toutefois bien parti lors de ses dernières années, mais on préféra logiquement agrandir la ECHL et consolider tout ça dans un seul niveau au troisième échelon derrière LNH et AHL. Ces ligues ont d'ailleurs longuement fait pression pour «épurer» l'écosystème des circuits mineurs.

Ray Miron (à gauche) a grandement aidé à mettre le hockey sur la carte à Tulsa et dans le sud des USA.

Ray Miron vendit la CHL en 2000. Il reçut de la LNH le trophée Lester B. Patrick en 2004, honorant sa contribution au hockey aux États-Unis. Il déclara ce moment son meilleur accomplissement en carrière. Il mourut à Tulsa en août 2015 à l'âge de 92 ans. 

Les Oilers de Tulsa célèbreront leur «100e» anniversaire d'existence en 2028, ayant toutefois existé en plusieurs phases:
1928-1942 (AHA)
1945-1951 (USHL)
1964-1984 (CHL 1.0)
1992-2014 (CHL 2.0)
2014 - (ECHL)

On se laisse sur un extrait d'époque sur Youtube. Un match random Tulsa-Oklahoma de 1999-2000.

ENCORE GARY UNGER!  

 

 

Sources: wikipedia, Fun While it Lasted, the Oklahoman, Eliteprospects