Je vous gage que plusieurs d'entre vous ignorez qui a gagné la Coupe Kelly dans la ECHL cette année. Ou encore les champions de la FPHL. Et qu'en est-il des niveaux universitaires?
Ne cherchez pas plus loin. Voici les différents champions de leur ligue respective, en dehors de la LNH.
On va commencer ici avec l'Amérique du Nord.
AHL Marlies de Toronto
Marlies de Toronto vs. Wolves de Chicago – 4-1 Coach: John Gruden Joueurs notables: Logan Shaw, Michael Pezzetta, Alex
Nylander, William Villeneuve Meilleur pointeur en séries: Vinni Lettieri (11-15-26)
On commence dans le bizarre ici avec une photo (en couleur) d'une équipe championne portant la feuille d'érable sur un chandail bleu. Mais les Marlies de Toronto sont parvenus à le faire en éliminant les Wolves de Chicago en 5 matchs.
Il s'agit du premier championnat de l'équipe depuis 2018, et une troisième coupe Calder au total pour cette franchise autrefois nommée les Hawks du Nouveau
Brunswick, qui avait remporté le trophée en 1981-82.
L'AHL a décerné le trophée Jack-A.-Butterfield au gardien Artur Akhtyamov à titre de joueur le plus utile des séries éliminatoires de la Coupe Calder. Originaire de Kazan, en Russie, il a fait ses débuts dans la LNH le 13 décembre 2025 avec les Maple Leafs de Toronto, l'équipe qui l'avait sélectionné au quatrième tour (106e au total) lors du repêchage de la LNH en 2020.
ECHL Everblades de la Floride
Florida Everblades vs Kansas City Mavericks 4-2 Coach: Brad Ralph Meilleur pointeur en séries: Anthony Romano (12-5-17)
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Quel glorieux chandail que celui des Everblades...
On a une véritable dynastie sous le radar dans la ECHL alors qu'il s'agit du 4e championnat en 5 saisons pour les Everblades après trois conquêtes d'affilée en 2022, 2023 et 2024. Seuls les Lions de Trois-Rivières ont pu interrompre ce parcours incroyable avec la coupe de l'an dernier.
Il s'agit de tout un exploit car les ligues mineures étant ce qu'elles sont, il est grandement difficile d'aligner une équipe dominante saison après saison. Les Everblades étaient d'ailleurs les premiers de l'histoire de la ECHL à remporter la coupe Kelly trois ans d'affilée.
Le gardien de but Cam Johnson a remporté le prix June-M.-Kelly remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires de la Coupe Kelly 2026. Il s'agit d'un troisième titre du joueur le plus utile en éliminatoires pour lui, un record de la ECHL, après avoir reçu cet honneur en 2022 et 2023. Il s'agissait du quatrième titre de la Coupe Kelly pour Johnson, ce qui lui permet d'égaler Kyle Neuber pour le plus grand nombre de championnats remportés par un joueur depuis la création du trophée en 1997.
Le trophée du joueur le plus utile des séries éliminatoires a été renommé en 2019 en l'honneur de June M. Kelly, l'épouse du commissaire émérite de la ECHL, Patrick J. Kelly, qui a donné son nom à la Coupe Kelly. Mme Kelly a été une figure essentielle de la ECHL en coulisses durant le mandat de son mari à la tête de la ligue, de sa saison inaugurale en 1988-1989 jusqu'à sa retraite.
SPHL Thunderbolts d'Evansville
Evansville Thunderbolts vs. Rivermen de Peoria 3-2 Coach: Jeff Bes Meilleur pointeur: Aaron Huffnagle (2-8-10)
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Un autre repeat ici avec les Thunderbolts d'Evansville qui remportent le trophée de la SPHL, la President's Cup, pour une deuxième année consécutive.
Les séries de la SPHL sont en format 3 de 5 et Evansville est remonté de l'arrière 0-2 pour gagner la série 3-2.
FPHL Black Bears de Binghamton
Binghamton Black Bears vs. Pee Dee IceCats 3-1 Coach: Brant Sherwood Meilleur pointeur: C.J Stubbs (6-5-11)
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Une autre dynastie des ligues mineures ici avec un troisième titre d'affilée pour les Blackbears de Binghamton dans la Federal Prospects Hockey League. Les Blackbears semblent être toute une machine de hockey alors qu'ils ont également terminé en première place de la ligue avec une fiche de 48-6-1-1 dans un calendrier de 56 matchs.
LNAH Pétroliers de Laval
Pétroliers de Laval vs. Battallion de St-Hyacinthe 4-0 Coach: Pierre Pelletier Meilleur pointeur: Phelix Martineau (9-7-16)
C'était la fête à Laval suite aux célébrations de la conquête de la Coupe Gilles-Rousseau en mai dernier. C'était peut-être même un peu trop la fête alors que l'équipe a fait les manchettes lorsque des images sont apparues de leurs célébrations d'après-match où des joueurs et préposés de l'équipe ont détruit le trophée et en même temps donné un dur coup à l'image de la ligue.
Les gouverneurs de la LNAH ont par la suite voté pour l'expulsion de l'équipe en vue de la prochaine saison. Les Pétroliers sont présentement en possibles procédures judiciaires pour faire renverser cette décision...
Bravo les gars...
LPHF Victoire de Montréal
Victoire de Montréal vs. Charge d'Ottawa 3-1 Entraineuse: Kori Cheverie Meilleures pointeuses: Abby Roque (4-4-8) et Marie-Phillip Poulin (2-6-8)
Retrouvons un peu de classe ici avec le premier championnat de l'histoire de la Victoire de Montréal qui a remporté la Coupe Walter le 20 mai dernier.
La capitaine Marie-Philip Poulin a été nommée récipiendaire du trophée Ilana Kloss de la joueuse la plus utile des séries éliminatoires.
USports - Hockey masculin Patriotes de l'UQTR
UQTR vs. St-Mary's - 3-2 Coach: Marc-Étienne Hubert
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Pourquoi pas un peu de hockey universitaire pour changer? C'est toujours gagnant. Comme les valeureux Patriotes de l'UQTR qui remettent la main sur la Coupe University après une courte disette, l'ayant remporté pour la dernière fois en 2022.
Il s'agit du 6e titre national dans l'histoire de l'UQTR qui l'ont emporté 3-2 lors de la finale en mars dernier contre l'Université St.Mary's. Les Pats ont été fondés en 1969-70 et l'ont donc aussi gagné en 1987, 1991, 2001, 2003 et 2022.
NCAA Université de Denver - Pioneers
Université de Denver vs. Université du Wisconsin - 2-1 Coach: David Carle
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Pour la deuxième fois en trois saisons, les Pioneers de Denver ont remporté le championnat national de la NCAA en battant les Badgers du Wisconsin 2 à 1 lors du Frozen Four.
Après s'être inclinés en demi-finale la saison dernière, les Pioneers ont décroché un 11ᵉ titre national, un record de la NCAA, et leur quatrième au cours des dix dernières années.
Le gardien de Denver, Johnny Hicks, a couronné une saison recrue historique en réalisant 78 arrêts lors du Frozen Four. Durant cette première saison Hicks a terminé avec une fiche invaincue de 16-0-1 et un nouveau record de la NCAA pour le meilleur taux d'efficacité. Hicks n'a accordé que 22 buts sur 514 tirs pour un taux d'efficacité astronomique de ,957, brisant ainsi le record en une saison de Jimmy Howard établi en 2004 avec l'Université du Maine (,956).
Coupe Memorial Rangers de Kitchener
Rangers de Kitchener vs Silvertips d'Everett - 6-2 Coach: Jussi Ahokas ------------------------------------------------
Les Rangers de Kitchener ont battu les Silvertips d'Everett le 31 mat dernier par la marque de 6 à 2 pour remporter leur troisième titre de la Coupe Memorial.
Les Silvertips avaient précédemment éliminé les Saguenéens de Chicoutimi en demie-finale. L'équipe hôtesse, les Rockets de Kelowna, n'ont remporté aucun match durant le tournoi.
On va ensuite passer aux différentes ligues d'Europe dans la prochaine partie.
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.
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Né le 16 mars 1972 à Shawville en Outaouais, Marc Rodgers est un ailier droit qui a disputé la majorité de son hockey professionnel dans la défunte Ligue Internationale de Hockey, et aussi quelques matchs dans la LNH.
Il a disputé son hockey Midget AAA avec les Frontaliers de l’Outaouais, avant de migrer à la LHJMQ à seize ans, avec les Bisons de Granby. Il est productif durant quatre ans avec eux, culminant avec une saison de 120 points en 1991-92 alors qu’il quitte pour Verdun (Collège Français) à la fin de la saison, échange qui lui sourira puisqu’il remporte la Coupe du Président à la fin des séries.
Malheureusement, surtout en raison de sa taille de 5 pieds 9 pouces, Rodgers n’est pas repêché par une équipe de la LNH. Il devra donc trouver d’autres moyens pour monter les échelons et espérer faire carrière au plus haut niveau. Pourtant, le Québécois n’avait pas froid aux yeux, lui qui se défendait lorsqu’il le fallait et qui a souvent atteint les cent minutes de pénalité en saison régulière.
Il a débuté sa carrière professionnelle en 1992-93 dans la ECHL avec les Thunderbirds de Wheeling, avant de passer la saison suivante avec les Cherokees de Knoxville. Après un total de 93 points en 91 matchs, dont 35 buts, dans l’ECHL, il monte de niveau à mi-chemin de la saison 1993-94 avec le Thunder de Las Vegas, dans l’IHL.
Sa production sera modeste à Vegas, mais il demeure bon marqueur, effleurant la marque des vingt buts lors des deux saisons subséquentes. À la fin de 1995-96, il est échangé aux Grizzlies de Utah et joue un rôle crucial avec l’équipe dans sa route vers la Coupe Turner.
Il débute la saison 1996-97 avec Utah, mais les Rafales de Québec décident de faire l’acquisition de ses services après cinq matchs et, pour la première et seule fois de sa carrière professionnelle, Marc Rodgers aura la chance de patiner au Québec.
En compagnie d’autres locaux comme Steve Larouche (102 points en 79 matchs) et Jesse Bélanger (62 points en 47 matchs), Rodgers fait la pluie et le beau temps avec le club de la Vieille Capitale, amassant 67 points en 70 matchs, sa meilleure saison en carrière au niveau statistique. Il aide les Rafales à atteindre la deuxième ronde des séries, une défaite en six matchs contre les Vipers de Detroit.
Vers la fin de la saison suivante, Rodgers et Larouche sont échangés aux Wolves de Chicago, eux qui sont incapables de reproduire la magie de 1996-97. Ils remporteront ensemble la coupe Turner avec les Wolves en 1998, le deuxième et dernier championnat de la carrière de Marc Rodgers.
À l’été 1998, l’attaquant de Shawville voit enfin son rêve commencer à se matérialiser : il reçoit l’appel de l’organisation des Red Wings de Détroit qui, impressionnés part son récent parcours de victoires dans l’IHL, lui octroient un contrat à titre d’agent libre!
Ainsi donc, Rodgers se retrouve maintenant dans la deuxième ligue en importance au monde (Red Wings d’Adirondack, dans la LAH), et y dispute la totalité de la saison 1998-99. En quatre-vingt joutes, il amasse 19 buts et 57 points.
La saison suivante, il goûte enfin au hockey de la LNH. Il débute la saison 1999-2000 en disputant 21 parties avec les Red Wings, amassant ses deux premiers points (un but et une passe) dans une victoire de 7 à 2 contre les Canucks à Vancouver, le jour du dix-neuvième anniversaire de votre humble serviteur (like it matters!), le 17 novembre 1999.
Malheureusement, dans les vingt autres parties dans lesquelles il est en uniforme, il n’amasse pas d’autres points. Le 11 décembre 1999, dans une victoire de 5 à 4 des Wings à Boston, Rodgers dispute les dernières 10 minutes et 28 secondes de sa carrière dans la LNH, avant de retourner finir la saison dans l’AHL (34 matchs, 8 buts, 18 points).
Il ne dispute que trente-deux matchs en 2000-01 avec Cincinnati et produit assez peu (12 points en 32 matchs), aux prises avec diverses blessures. Après des séjours infructueux dans la DEL (Allemagne, Schwenningen) et la UHL (États-Unis, Knoxville) en 2001-02, il décide de mettre un terme à sa carrière, au jeune âge de trente ans.
Malheureusement pour lui, à 5 pieds et 9 pouces à une époque qui aimait davantage les matamores, Marc Rodgers n’a jamais été très sexy sur les radars de la LNH. Pourtant, il a remporté deux coupes Turner et il a su déjouer les prévisions des experts en enfilant l’uniforme d’une équipe de la meilleure ligue de hockey au monde à 21 reprises, en compagnie de légendes comme Steve Yzerman, Brendan Shanahan, Nicklas Lidstrom, Sergei Fedorov et Igor Larionov, entres autres.
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.
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Né à Hibbing (Minnesota) le 8 août 1964, Scott Sandelin est un défenseur qui a joué vingt-cinq matchs dans la LNH, pour trois équipes différentes.
Repêché par le Canadien au deuxième tour (40e au total) de la séance de 1982, il dispute quatre saisons avec l’Université North Dakota, s’établissant comme un défenseur stable durant quatre saisons. Il dispute les six premières parties de sa carrière professionnelle tout de suite avec les Canadiens de Sherbrooke (LAH, 1986-87) après sa dernière saison universitaire, amassant deux passes.
La saison suivante, il dispute 74 matchs dans la LAH (7-22-29) et son premier en carrière dans la LNH le 16 mars 1987, dans une victoire de 3-0 contre les Islanders. Il termine le match avec +1. L’année suivante (1987-88), Sandelin dispute 58 matchs dans la LAH, mais surtout, huit dans la LNH! Il amasse son premier point, une passe, durant ce séjour.
Au début de la saison 1988-89, le Canadien abandonne dans le cas de son deuxième choix de 1982 et l’envoie aux Flyers contre un autre défenseur, le Québécois Jean-Jacques Daigneault. Sandelin demeurera dans l’organisation des Flyers durant près de trois ans, connaissant la meilleure récolte professionnelle de sa carrière dans la Ligue Américaine en 1989-90 (4-27-31 en 70 matchs) avec les Bears de Hershey.
En août 1991, il signe à titre d’agent libre avec les North Stars du Minnesota, avec lesquels il ne dispute qu’un seul match (-1) lors de la saison 1991-92, passant le reste de la saison avec leur club-école de la Ligue Internationale, les Wings de Kalamazoo.
Après cette décevante saison, Scott Sandelin annonce sa retraite comme joueur, au très jeune âge de 28 ans seulement. Il a subi plusieurs blessures et n’a jamais vraiment pris son envol comme hockeyeur professionnel. Ceci étant dit, sa carrière dans le hockey était très, très loin d’être terminée!
Après quelques années à titre d’entraîneur-adjoint à l’Université North Dakota, il devient l’entraîneur-chef des Bulldogs de l’Université Minnesota-Duluth en 2000. Il doit faire du bon travail, puisque vingt-six ans plus tard, l’ancien choix du Canadien y est encore! Il a remporté trois fois le championnat national (2011, 2018, 2019) et a été élu entraîneur de l’année en 2004.
Bref, peut-être Sandelin n’a-t-il pas été en mesure de connaître un glorieuse carrière sur la glace (bien que respectable, on parle d’un professionnel quand même), il a démontré avec sa passion et son implication qu’il a le sport à cœur et qu’il est une très, très bonne «tête» de hockey!
Les saisons 1998-99 et 1999-00 ont vu un nombre records de 139 équipes professionnelles dispersées sur toute l'Amérique du Nord dans 8 ligues. (Zoomez pour une plus grande résolution)
Comme vu dans mon texte précédent, les saisons 1995-96 et 2008-09 furent les deux occurrences où on assista à un record de 9 ligues professionnelles/mineures/semi-pro lors d'une même saison, en Amérique du nord.
Mais encore là, ce n'était toutefois pas le record en ce qui concerne le nombre d'équipes en même temps.
Cet autre record appartient aux deux saisons consécutives qu'étaient 1998-99 et 1999-2000. Le paysage nord américain du hockey pro au tournant du siècle était alors étendu sur 8 ligues, incroyablement les mêmes d'une année à la suivante. Quelques équipes ont quitté le bateau pour être remplacées lors de la 2e, mais sans changer le nombre total.
Les voici:
1998-99: 139 clubs dans 8 ligues
• LNH: 27 clubs (première saison pour Nashville) • AHL: 19 clubs • IHL: 16 clubs (vers la fin de son existence, aura plafonnée en 95-96 avec 19 clubs) • ECHL: 27 clubs (le petit circuit qui ramasse les miettes de la IHL) • WCHL: West Coast Hockey League): 9 clubs • WPHL: Western Professionnal Hockey League: 19 clubs, souvent mélangée (avec raison) avec la précédente, la WPHL (96-01) voyait encore plus gros que cette dernière avec un sommet de 19 équipes, mais subira le même sort, étant absorbée dans la CHL en 2001, en même temps que la IHL fut dissoute. • UHL: United Hockey League: 11 clubs. Anciennement la CoHL (Colonial Hockey League), renommée UHL en 1997. Elle aussi récupère des équipes orphelines de la IHL. • CHL: Central Hockey League: 11 clubs.
WPHL
1999-00:139 clubs dans 8 ligues - pareil que 98-99 mais pas le même nombres d'équipes partout.
• LNH: 28 clubs (première saison pour les Thrashers d'Atlanta) • AHL: 19 clubs • IHL: 13 clubs (avant-dernière saison, 2 clubs de la saison précédente ont migré dans la UHL et CHL) • ECHL: 28 clubs (la petite ligue désormais grande) • WCHL: 8 clubs • WPHL: 18 clubs • UHL: 14 clubs • CHL: 11 clubs
Donc de 98-99 à 99-00, quelques changements et migrations. La CHL a par exemple rescapé le Ice d'Indianapolis de la IHL mais avait aussi perdu une équipe, est donc demeurée à 11 clubs.
Pourquoi pas encore une autre archive vidéo? Cette fois-ci allons donc voir ce que ça donne dans la WPHL, parce que pourquoi pas? Voici le match des étoiles des la WPHL de 2000 mettant en vedette l'équipe «World» (comme dans la LNH à l'époque) contre l'équipe «Texas»? WTF?
Donc de 1998 à 2000, c'était «stable» à 139 équipes dans 8 ligues, les seuls changements notables découlant de la fin imminente de la IHL. D'ailleurs, beaucoup de ces ligues inférieures sous la IHL avaient vu jour en réponse à cette dernière. Lors de sa fondation et pour la majorité de son histoire, la IHL avait comme mission d'avoir des clubs principalement au midwest, dans des petits marchés en dehors des ligues majeures, avec quelques exceptions près.
Les idées de grandeur de la IHL (jusqu'à vouloir rivaliser avec la LNH durant la grève de 1994) firent en sorte qu'il y avait de plus en plus de clubs dans des marchés majeurs et sur une plus grande superficie (Phoenix, Denver, San Diego, etc). En contrepartie, les plus petits marchés (Fort Wayne, Kalamazoo, Saginaw, etc.) décidèrent de former ou joindre de nouvelles ligues qui se réclamaient les anciens territoires délaissées par la IHL.
C'est principalement la ECHL qui en profita au final, gagnant cette «guerre de l’absorption» des ligues mineures. En analysant à fond, l'ADN de la ECHL inclut les deux IHL, la WCHL, la WPHL, la UHL et CHL. Quelques clubs et/ou marchés sont aussi parvenu à rejoindre la AHL (Chicago, Houston, Milwaukee)
Donc présentement c'est évidemment beaucoup plus stable. Ce l'était aussi d'une certaine manière avant les années 90-2000. Il y eut plusieurs saisons vers la fin des années 80 et début 90 où on ne retrouvait que 4 ligues (LNH,AHL,IHL,ACHL ou ECHL), tandis que dans les années pré-expansion de 1967, c'était aussi stable à environ 5-6 ligues par saison.
Les années 70 ont parfois vu voir 7 même 8 ligues en même temps comme par exemple en 1973-74 (LNH, IHL, AHL, WHL, CHL, AMH, NAHL, SHL).
Depuis 2014, le niveau se situe annuellement dans les 100-120 équipes par saison, à l'exception notable, bien sûr, de la saison covid de 2020-21 où l'on chuta de 114 à 82, la LNH étant la seule à garder tous ses clubs (sur un calendrier réduit). Presque toutes les autres ligues virent leur nombre de membres chuter jusqu'à la moitié, tandis que la LNAH prit carrément une sabbatique. On revint à 114 équipes la saison suivante.
On se dit à la prochaine, sur pourquoi pas, un peu de IHL circa 1999...
Depuis la venue du sport et du hockey professionnel, il y eut une multitude de développements et déploiements d'équipes à travers les ligues et les âges. Le hockey nord-américain s’est construit à travers un enchevêtrement de ligues, dont certaines n’ont duré que quelques saisons. En plus de la LNH, les circuits mineurs, de développement (club-écoles), semi-pro et autres niveaux indéfinissables ont parsemé le paysage du hockey nord-américain depuis plus d'un siècle.
En ce moment présent, nous avons ce que je considère 6 ligues pro/mineures/semi-pro en Amérique du nord, et cela n'a pas changé depuis 2014.
LNH - Ligue Nationale de Hockey
AHL - Ligue américaine de Hockey
ECHL - anciennement «East Coast Hockey League» mais désormais «acronyme orphelin»
SPHL - anciennement «Southern Professionnal Hockey League», également une orpheline de nom.
LNAH - Ligue Nord-Américaine de Hockey -Autrefois la Ligue de hockey Semi-Pro du Québec (LHSPQ). Reconnue comme professionnelle depuis 2004.
FPHL -Federal Prospects Hockey League - En quelque sorte le penchant de la LNAH aux États-Unis depuis 2010.
Mais auparavant, les quelques développements majeurs du siècle précédent furent, entre autres:
La American Hockey Association (AHA 1926-1942) - ligue professionnelle mineure qui fut la première à implanter des équipes dans le sud des États-Unis (Oklahoma et Missouri). A quelque peu flirté avec une rivalité directe avec la LNH avec maintes manigances, traités rompus et installation de franchise dans des marchés convoités ou occupés (Détroit, Chicago, St.Louis).
La Canadian Professional Hockey League (CPHL, 1926-1930) : ligue mineure en Ontario et la frontière du Michigan. Aussi connue sous le nom de ligue Can-Am. Elle a aussi tenté des incursions dans des marchés de la LNH.
La International Hockey League (IHL, 1929-1936 - première version): née d’un exode d'équipes de la CPHL, la première IHL était un pallier important juste en dessous de la LNH. Les ligues Can-Am et IHL ont ensuite fusionné en 1940 pour créer l’International-American Hockey League, qui est devenue ensuite l’AHL que l'on connait.
La Eastern Professional Hockey League (EPHL, 1959-1963) : l’une des premières ligues de «club-écoles officiels» parrainés directement par la LNH.
CHL (Central Hockey League, 1963-1984) – Continuation de la EPHL. Ligue mineure centrale affiliée à la LNH, longtemps considérée comme un excellent circuit de développement, par moment même le circuit principal pour plusieurs équipes comme les Blackhawks (Blackhawks de Dallas) et le Canadien (Apollos de Houston).
La EHL (Eastern Hockey League, 1933-1973) – Principale ligue mineure de la côte Est pendant 40 ans. Réputée pour son jeu rude et populaire. Elle a inspiré
en partie le film Slapshot. Plusieurs incursions dans le sud des États-Unis.
Les Rebels de Roanoke - Eastern Hockey League
La IHL (International Hockey League, 1945-2001)– Grande ligue mineure du
Midwest, longtemps rivale de l’AHL. Très solide jusqu’aux années 1990,
mais disparue du radar en 2001 après une expansion trop ambitieuse. Grande gagnante par la suite? La ECHL...
La WHL (Western Hockey League, 1952-1974) – Ligue professionnelle de l’Ouest nord-américain, À un moment presque du calibre de la LNH et rumeurs de fusion. Elle disparaît graduellement après la grande expansion de la LNH en 1967, plusieurs de ses marchés obtenant ensuite des clubs majeurs, dans la grande ligue ou l'AMH, ou démotions dans d'autres circuits.
La création de l'inévitable World Hockey Association (WHA 1972-1979) comme alternative à la LNH a forcé plusieurs changements: augmentation des salaires, concurrence pour les joueurs, pression sur le modèle économique de la LNH. Si certains clubs dominants comme les Whalers, Nordiques et Jets ont fait de l'AMH une digne ligue rivale, il y a avait maints clubs qui auraient été classés dans les bas fonds de l'AHL, IHL ou autres...
La NAHL (North American Hockey League, 1973-1977) – Successeure de l’EHL, active dans le Nord-Est et le Midwest. Ligue colorée et violente, qui, comme sa prédécesseure, a inspiré l’univers de Slap Shot, le film étant tournée pendant les deux dernières années de son existence.
La ECHL (depuis 1988) – Ligue professionnelle continentale de troisième niveau ou simplement identifiée comme «AA», elle s'est graduellement développé aujourd’hui au rang de second circuit de développement en Amérique du Nord. Fermement campé dans les rangs, LNH-AHL-ECHL forment le trio/trinité du hockey professionnel nord-américain.
IHL - 1945-2001 - Ligue hôtesse des très éphémères Rafales de Québec
Ce ne sont ici que les véritables ligues mineures (et majeures pour l'AMH) d'importance de leur époques. Il y a eu une autre multitude de ligues et d'équipes «on the side» qui ont tenté de s'inclure dans le portrait, qui ont parfois réussi momentanément leur pari, pour ensuite être soit dissout(e)s ou absorbé(e)s. C'est parfois du mineur tertiaire, voir quadrilatère (probablement pas le bon terme, non je sais, quaternaire) et autre ligues semi-pros selon vos définitions.
En voici encore quelques-unes, mais un peu moins détaillé parce que je veux pas plus vous perdre... C'est surtout une manière pour moi de vérifier que mes liens sont linkés ou me crinquer plus tard à faire d'autres textes:
ACHL (Atlantic Coast Hockey League, 1981-1987) – Petite ligue mineure du Sud-Est américain, instable mais précurseure des futurs circuits comme l’ECHL.
WCHL (West Cost Hockey League, 1996-2003) – Ligue professionnelle de la côte ouest s'étendant de l'Alaska à l'Arizona, fusionnée ensuite avec la ECHL en 2003.
CoHL (Colonial Hockey League, 1991-1997) – Ligue régionale du Midwest et de l’Ontario, rebaptisée United Hockey League (UHL) et sous le nom vacant International Hockey League (IHL) par la suite. Fusionne avec la CHL en 2010.
CHL (Central Hockey League 1992-2014) – Ligue refondée et indépendante, implantée surtout dans le sud et le Midwest; elle fusionne avec l’ECHL en 2014.
WCHL - 1996-2003
Bref c'est tout un tas de ligues et par le fait même d'équipes qui ont gravité autour de la LNH depuis très longtemps. Je continuerais à en décortiquer des dizaines. Mais je dois plutôt passer à mon point principal, soit à quel moment y-a-t'il eu le plus de ligues et/ou d'équipes en même temps? À moment donné ça prend un titre à tout ça.
Faque j'avais pas trop le choix. Il fallait que quelqu'un découvre ça. C'était pas facile et il semble que personne d'aussi craqué ait osé checker à moment donné. Alors je me suis starté un Excel, je me suis replongé dans d'anciennes formules de codage, et j'ai fais ça:
Zoomez pour voir un extrait de mon Excel compliqué...
Comme je disais au début, nous avons présentement 6 ligues sur l'échiquier nord-américain, ce qui donne un total actuel de 125 équipes pour la saison 2025-26 en cours. Il y a bien sûr une synergie évidente avec le trio LNH-AHL-ECHL qui ont chacune (ou tente d'avoir) le même nombre d'équipes (32 LNH, 32 AHL et 30 ECHL), ce qui fait inévitablement gonfler le total.
Il ne s'agit toutefois pas du record dans les deux cas.
Il y eut à deux reprises un record de 9 ligues au même moment. Il s'agit des saisons 1995-96 et 2008-09. Il y avait alors congestion au niveau du nombre de ligues, dont, vous vous en doutez, plusieurs qui n'ont pas duré très longtemps et/ou ont été absorbées durant ces fastes et (un peu trop) prospères années 90 et 2000, frôlant parfois, même souvent les frontières du réalisme économique. La saison 95-96 était d'ailleurs la première fois que l'on dépassa le cap des 100 équipes professionnelles et semi-pro en même temps.
Vous aimez les histoires à la Slap Shot des années 70 qu'on vous ramène tout le temps (surtout moi), et bien c'était juste transposé et exponentiel dans les années 90. Le gars écoutait pas du Kiss dans l'autobus, il écoutait Metallica. Le paysage de plusieurs de ces villes en déclin urbain changeait à peine. C’était l'ère des ligues audacieuses, parfois improvisées, où chaque région semblait vouloir son propre circuit — souvent sans le bassin économique ou démographique pour le soutenir.
Certaines ligues, comme la WCHL ou la CoHL (future UHL), tentaient de se tailler une niche en misant sur les petits marchés oubliés par les grandes organisations. Même que la mission officielle même de la CoHL était de rapatrier d'anciens marchés low-level qui s'étaient fait larguer par un proprio en quête de plus verts pâturage. De nouvelles équipes de la IHL à Atlanta, Denver ou Kansas City, avait laissé en plan derrière elle des équipes de longues date et mythiques comme les K-Wings du Michigan et les magnifiques Komets de Fort Wayne.
Pourquoi pas une petite pause vidéo? Voici du hockey de la UHL en 1999. On y voit au passage le Jonquiérois Robin Bouchard, champion pointeur de l'histoire de cette ligue, remporter la «Colonial Cup».
Voici donc décortiquée cette saison 1995-96 - Première saison à 100+ équipes et record de 9 ligues
SHL (1995-96)
LNH: 26 clubs, dont les récents des expansions (SJ,TB,FLA,OTT)
WCHL: 7 clubs (bientôt en compétition avec la WPHL (que vous verrez plus loin)
CoHL: 9 clubs
SHL (Southern Hockey League): Une ligue on ne peut plus profonde établie au centre-sud des US qui n'a duré que cette seule saison 95-96. J'y ai retrouvé l'ancien des Nordiques Max Middendorf (bien sûr). J'y ai aussi retrouvé chez les champions, les Channel Cats de Hunstville, nul autre que l'ancien des Sharks Craig Coxe.
*La NAL (North American League): 5 clubs? Une
ligue à prendre entre parenthèses car à ce jour, il n'est pas encore 100% concluant que des matchs de cette ligue ont bel et bien eu lieu. Ou à
quelle point elle aurait été «professionnelles». Le consensus le plus
clair est qu'il s'agissait d'un scam de blanchiment d'argent et qu'il y aurait eu seulement deux clubs qui ont réussi à
démarrer la saison (l'une contre l'autre) le temps de deux matchs avant
de clore boutique. Les deux équipes furent celles de Eugene (Oregon) et
Mexico City. Apparemment que Link Gaetz aurait joué pour l'équipe des Toreros de Mexico City. C'est assurément à suivre dans un autre texte.
Une coupure prouvant possiblement l'existence de la NAL
Malgré l'échec, il s'agissait tout de même des premiers matchs professionnels dans l'histoire du Méxique.
Craig
Coxe et Link Gaetz... D'après moi, Craig avait invité son ancien coéquipier Link à
venir le rejoindre dans sa nouvelle SHL mais Link s'est égaré
en chemin et s'est ramassé au Mexique dans la NAL parce que... Link Gaetz.
Mais au final, cette ligue a été enregistrée et cataloguée professionnelle. Quelques joueurs ont probablement reçu une avance ou plus vraisemblablement un chèque qui a rebondi.
Si tout ça est bien vrai et véridique, ç'est probablement le record de la ligue au plus court calendrier de l'histoire. Ou La plus courte durée de vie en ayant tout autant disputé des matchs.
Total 1995-96: 117 équipes dans 9 ligues* (astérisque important)
Komets de Fort Wayne, de retour dans la International Hockey League (elle aussi de retour), champions trois ans d'affilée (2008 à 2010).
2008-09 - 9 ligues: Record de 95-96 réédité
LNH: 30 clubs depuis les expansions 98 à 2000 (NSH,ATL,CLB,MIN)
AHL: 29 clubs (désormais deuxième échelon incontestable depuis la fin de la IHL en 2001)
ECHL: 23 clubs (le petit circuit qui suit encore)
CHL (Central Hockey League): avec un presque sommet de 16 clubs. La deuxième CHL aura duré un impressionnant 22 ans, soit de 92 à 2014, avant d'être absorbée par la ECHL. C'est même PLUS longtemps que son ancêtre (1963 à 1984). Une saison de plus.
SPHL: 6 clubs. D'anciens clubs de différentes ligues du sud-est s'étant essayé dans les ligues précédentes... Parviendra à devenir 4e échelon discutable...
LNAH: 9 clubs (La LNAH, qui dans mon livre à moi, a et avait le même calibre, sinon meilleur à la SPHL et assurément mieux que les circuits suivants. Davantage d'ex-joueurs LNH par une marge considérable. En 2008-09, on y trouvait, entre autres: Jesse Bélanger, Steve Larouche, Christian Laflamme, Sylvain Blouin, Jean-Yves Leroux, (L'autre) Alain Côté, Mathieu Descoteaux.
IHL: 7 clubs Une autre incarnation de la ligue internationale. Il s'agissait en fait de la UHL vue précédemment qui changea de nom en 2007 et fut ensuite absorbée par la CHL en 2010.
AAHL: 5 clubs. On continue dans le profond ici avec la All-American Hockey League, circuit obscur mais qui était vraisemblablement affilié avec la ECHL et autres niveaux inférieurs. La AAHL commença lors de cette saison 2008-09 mais de dura que jusqu'en 2010-11. (Connais fuckall de la AAHL. Note à moi-même, prendre la AAHL en note.)
EPHL (Eastern Professionnal Hockey League): 4 clubs. Autre ligue très inférieure qui n'aura duré qu'une saison. La EPHL a quand même eu un calendrier de 50 matchs avec seulement 4 clubs de New York (Brooklyn), West Orange (New Jersey), Danbury (Connecticut) et les Hudson Valley Bears de Poughkeepsie (New York).
Euhhh... nul autre que Ron Duguay a joué 1 match pour les Jersey Rockhoppers et 1 match pour les Aces de Brooklyn. Âgé de 51 ans et plus de six ans après avoir disputé son dernier match professionnel, Duguay a joué deux parties dans la EPHL afin de récolter des fonds pour une organisation à but non lucratif associée au Madison Square Garden. Duguay aurait même signé une décharge et a joué son match avec les Brooklyn Aces sans casque, laissant ses cheveux flotter librement comme lorsqu’il jouait dans la LNH. À 37 secondes de la fin du temps réglementaire, il a effectué la passe menant au but égalisateur, mais les Aces ont perdu 4-3 en prolongation.
Total: 128 équipes dans 9 ligues.
C'était donc les deux saisons qui se partagent le record du concours du plus de ligues en même temps.
Mais malgré tout, les 128 équipes de 2008-09 ne sont étonnement pas non plus le record pour le plus d'équipes au total en même temps. Le vrai record remonte à plus de 20 ans.
J'y reviendrai... En attendant, voici un pas si vintage Ron Duguay:
La Central Hockey League, à ne pas initialement confondre avec sa première version (1963-84) et autres circuits antérieurs, voit le jour en 1992, sous l’impulsion de Ray Miron et Bill Levins.
Miron et Levins étaient autrefois entraîneur et DG respectivement des Blazers de l'Oklahoma dans l’ancienne CHL pendant les années 60 et 70. Miron avait également été DG des Oilers de Tulsa de 1964 à 1974 et auparavant dans l'ancienne EHL avec les Knights de Nashville. Il fut plus tard promu comme DG des défunts Rockies du Colorado (1976 à 1981) et travailla également dans l’organisation des Maple Leafs.
La CHL avait d’abord été créée en 1963 par la LNH pour servir de circuit de développement pour ses jeunes joueurs. Elle a accueilli plusieurs futurs grands noms, tels que Bernie Parent, Tony Esposito, Stan Smyl, Dirk Graham, Randy Carlyle, Glenn "Chico" Resch, Pete Mahovlich, Bob Bourne, Mark Messier, et surtout, de nombreux jeunes joueurs du Canadien avec les Apollos de Houston, tels que Carol Vadnais, Rogatien Vachon, Serge Savard, Jacques Lemaire et Guy Lapointe. La ligue représentait bien son nom «Central», avec des équipes principalement du midwest et des états plus à l'ouest avec des villes comme Omaha, Minneapolis, Indianapolis, Tulsa, Kansas City, mais aussi avec des tentatives peu fructueuses plus au sud ou sur les côtes du pacifique comme Memphis et Seattle. Ce fut aussi temporairement la ligue ou vécurent les très éphémères Six-Guns d'Albuquerque que j'affectionne particulièrement.
Ray Miron (3e à partir de la droite, première rangée) et les Oilers de Tulsa en 1966.
La CHL dut toutefois cesser ses activités en 1984 en raison du déclin du soutien des clubs de la LNH et de la concurrence importante d’autres circuits comme l’AHL et la IHL. Après la saison, la LNH cessa son appui financier direct. Le commissaire Bud Poile (anciennement coach des Canucks, Flyers et père de David Poile) déclara alors la ligue «inactive». Les franchises survivantes migrèrent ailleurs, par exemple Salt Lake City et Indianapolis qui rejoignirent l’International Hockey League (IHL). Les autres équipes ont ensuite tout simplement disparu ou se sont replier sur des ligues semi-pro locales.
Donc, au début des années 90, Miron et Levins unirent leurs forces pour ramener le hockey professionnel dans des villes de taille moyenne du sud et du Midwest américain, délaissées par la dissolution d’autres circuits, principalement depuis la fin de la CHL. Il n’y eut par exemple aucune équipe professionnelle, tous circuits confondus, située au Texas entre 1982 et 1992. Même avant l'arrivée des Stars de Dallas, il n'y avait plus eu aucun club texan depuis les Blackhawks de Dallas qui avaient évolué de 1967 à 1982 dans la CHL 1.0.
On peut véritablement appeler cela une résurrection de ligue totale. Si elle était passablement déclarée comme «inactive» par David Poile en 1982, elle était redevenue active sous les ordres de Miron et Levins qui nommèrent leur nouvelle ligue en honneur de l’ancien nom vacant. La Central Hockey League put renaître de ses cendres, 8 ans après la fin de l'originale.
Bill Levins mourut toutefois subitement en mai 1991 avant de pouvoir voir son projet aboutir. Miron prit le relais et Levins demeura quand même comme fondateur à titre posthume. Le trophée du vainqueur de la CHL fut nommé en honneur de Levins.
Il y avait toutefois une grande différence entre les deux CHL. Cette fois-ci, la ligue opéra comme seule entité propriétaire indépendante et opéra l'entièreté des franchises, du moins au départ, sans propriétaires externes ni influence de la LNH. Le fils de Ray Miron, Monte, fut nommé comme commissaire de la ligue.
Monte Miron avait joué quelques saisons dans l'ancienne CHL et autres
circuits.
Joe Burton
Comme autrefois, les premières équipes de la nouvelle CHL se trouvaient au Texas, en Oklahoma, au Kansas, au Tennessee et en Louisiane. On vit alors plusieurs noms renaître. Ce fut le cas des Blazers d’Oklahoma City qui deviennent rapidement la locomotive de la ligue, attirant parfois plus de 10 000 spectateurs par match, un chiffre très impressionnant pour le hockey mineur. Ils remportent le trophée Levins en 1996 et 2001. Le meilleur joueur des Blazers et de la ligue est alors le capitaine Joe Burton, qui joua 10 saisons à Oklahoma City et terminera sa carrière comme champion pointeur de l'histoire de la CHL avec 565 buts, 420 passes pour 985 points en 706 matchs.
Une autre résurrection réussie fut le cas des Oilers de Tulsa. Le hockey en Oklahoma, malgré nos préjugés nordiques, a presque toujours fonctionné.
Les Oilers, disparus en même temps que la fin de la première CHL, sont une équipe mythique des ligues mineures, alors qu’on peut remonter jusqu’en 1928 pour retrouver les premiers Oilers de Tulsa dans la vieille American Hockey Association. Ils ont ensuite joué dans la USHL (1945 à 1951) avant de revenir dans la CHL en 1964.
Le principal fait d'arme des Oilers dans le folklore du hockey mineur fut leur couronnement comme derniers champions de la CHL en 1984, remportant les grands honneurs en tant qu’équipe itinérante.
Après avoir déclaré faillite avant la fin de la saison, les joueurs décidèrent de jouer tout de même leurs 17 derniers matchs sur la route. Malgré cela, avec un jeune John Vanbiesbrouck dans les buts, ils terminent troisièmes et remportent l’Adams Cup en battant Salt Lake City en finale. Cet exploit devint légendaire. (En savoir plus ici dans cet ancien texte de Martin ITFOR).
Histoire de continuer dans une parfaite résurrection, les Oilers de Tulsa 2.0 inaugurèrent parfaitement cette nouvelle incarnation de la CHL en remportant également la première «Coupe Levins» en 1993. Ce fut même ce qu'on peut appeler une parfaite finale «CHL» et «Oklahomienne» alors que leurs opposants en finale furent les Blazers d'Oklahoma City. Autre fun fact, un des meilleurs marqueurs des Oilers champions de 1993 fut nul autre que Taylor Hall. Oui. L'autre Taylor Hall.
Avec nul autre que Garry Unger comme coach... Unger avait lui aussi joué dans la CHL au début des années 60. On y voir aussi un ancien du Titan de Laval, Sylvain Naud.
La coupe Levins fut éventuellement renommée la Ray Miron President’s Cup en 2001. Mais malgré leur statut parmi les plus stables équipes de la CHL par la suite, et de la ECHL depuis 2014, les Oilers n’ont jamais remporté de championnat à nouveau.
Parmi les autres premières équipes de 1993, on retrouvait le Freeze de Dallas, le Fire de Forth Worth, les Riverkings de Memphis et le Thunder de Wichita. Toutes ces villes avaient auparavant connu du hockey de la CHL. En plus de la bataille de l'Oklahoma (un autre parallèle avec les autres Oilers), la CHL désirait raviver l'ancienne rivalité régionale CHL entre Dallas et Forth Worth, qui, comme Dallas, avaient existé de 1967 à 1982. Le Freeze, qui jouait également dans un autre aréna que les Stars, plus miteux, ne fut bien sûr que bien temporaire alors que l'équipe plia
bagage en 1995, laissant toute la place aux Stars dans la LNH.
Le Freeze de San Jose Dallas
La ligue ajouta ensuite d’autres équipes à partir de 1995. On verra alors apparaître au cours des années suivantes des noms exotiques comme les Iguanas de San Antonio, les Channel Cats de Huntsville, les Cottonmouths de Columbus (Georgie) et les fameux Macon Whoopee, cette étrange équipe au logo semi-sexuel qui migra dans la ECHL en 2001.
Sans oublier les très éphémères, très boboches, et très rigolos Bandits de Border City. Confirmant de plus en plus mon amour pour cette ligue.
Malgré toutes les histoires «à la Slapshot» qu'on s'attend des ligues profondes, la CHL demeura relativement stable comparée à d’autres ligues mineures concurrentes. Le Thunder, les Oilers et les Blazers demeuraient les têtes d'affiche et la ligue opérait désormais annuellement entre 10 et 12 équipes au tournant du siècle.
En 2001, la CHL fusionna avec sa rivale, la Western Professional Hockey League (WPHL), un autre circuit texan-sudiste fondé en 1996, ce qui lui permit d’élargir son territoire et d’accroître sa crédibilité.
Encore plus de nouvelles équipes à ce moment comme:
Le Ice d'Indianapolis, les Jackalopes d’Odessa, Le Beast de Brampton (seule incursion canadienne de l'histoire de la CHL), les Buzzards d’El Paso, les Bossier-Shreveport Mudbugs, les Killer Bees de Rio Grande Valley, les Rattlers d’Amarillo, renommées ensuite les Gorillas!
Il y a surdose de noms débiles que je voudrais bien étaler ici mais je vais garder ça pour plus tard... (note à moi-même, garder pour plus tard)
En voici quand même une:
Yeah.
Après la fusion avec la WPHL, la CHL comptait entre 15 et 17 équipes en moyenne par saison, plafonnant à 18 en 2010-11, après l'absorption d'une autre ligue inférieure, la International Hockey League (2e version). Comme la CHL avant eux, une nouvelle ligue qui avait repris un nom vacant. J'en parlerai plus tard de la deuxième IHL si vous me le permettez... c'est une autre bibite.
En résultat de ces deux fusions, le niveau de jeu augmente, et même que quelques formations deviennent momentanément affiliées à des clubs de la LNH ou de l’AHL, ce qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Il y eut par exemple les Sundogs de l’Arizona, qui furent partiellement affiliés aux Coyotes de Phoenix entre 2007 et 2009, développant au passage un jeune David Schlemko. Autre exemple, les Eagles du Colorado, futurs double-champions dans la ECHL, furent quelques mois affiliés aux Oilers.
Il ne s’agissait toutefois que des ententes temporaires, souvent non-officielles et quelques dépannages organisationnels, rien de plus.
Jusqu'à ce moment dans son histoire, la CHL n'avait pratiquement développé aucun joueur d'une semi-importance dans la LNH. Cela changea toutefois autour de 2010 avec quelques joueurs notables comme Jordie Benn. Non-repêché, Benn avait débuté sa carrière dans la ECHL en 2008-09 avant d'être recalé en CHL la saison suivante. Il connut une bonne saison avec les Americans d'Allen, faisant assez bonne impression pour être engagé par l'équipe de son frère à Dallas. Il joua ensuite à Montréal, Vancouver, Winnipeg, Minnesota et Toronto.
Aaron Dell et un superbe chandail Ronald McDonald avec les Americans d'Allen
Le gardien Aaron Dell est aussi un des rares cas de joueurs développés dans la CHL avant d'arriver à la grande ligue. Dell était #1 des Americans, champions de la saison 2012-13, avant de graduer dans l'organisation des Sharks. Andrew Desjardins, également non-repêché, a joué une saison (2007-08) dans la CHL avec les Bucks de Laredo. Il gradua ensuite dans ECHL et AHL avant d'aboutir avec les Sharks et les Blackhawks, où il fit partie de l'édition championne de 2015.
On vit bien sûr quelques anciens de la LNH se ramasser en CHL, particulièrement dans les années 90 et début 2000. Outre l'autre Taylor Hall déjà discuté, il y eut quelques présences plus ou moins inhabituelles. En voici quelques-uns, triés sur le volet.
Brendan Morrow, alors joueur des Stars de Dallas, joua à Oklahoma City durant le lock-out de 2004-05, même chose pour son ancien coéquipier Brad Lukowich.
Scott Young, anciennement des Nordiques et marqueur de 300 buts dans la LNH, joua 3 matchs dans la CHL, aussi durant le lock-out 2004-05. Comme il était alors établi à Dallas, tout comme Morrow, j'imagine que l'option de s'entraîner et garder la forme dans un circuit proche était plus attirant que d'aller dans la AHL ou en Europe.
L'ancien espoir dans les buts des Leafs, Sébastien Centomo, originaire de Laval.
L'ancien défenseur des Sharks Neil Wilkinson joua une douzaine de match avec les Oilers en 2002-03, même chose pour son ancien coéquipier Craig Coxe qui joua 4 saisons à Tulsa. Un autre Sharks de renom, nul autre que le célèbre Link Gaetz, a joué 13 matchs avec les Iguanas de San Antonio en 1995.
Il y a également l'obscur joueur oublié des Nordiques Paxton Schulte qui termina sa carrière à Tulsa en 2006.
Alek Stojanov, celui plus malheureusement reconnu pour avoir été obtenu en retour de Markus Naslund par les Penguins en 1996, a joué une vingtaine de matchs avec les Scorpions de New Mexico.
Au tournant des années 2010, malgré des succès inespérés comme les Eagles du Colorado (qui affichaient des assistances records et un modèle de gestion exemplaire), la CHL fait face à de sérieuses difficultés financières et géographiques. Les coûts de déplacement augmentent considérablement. Plusieurs marchés (notamment au Texas et en Arizona) s’essoufflent. Des équipes migrent vers d’autres ligues plus stables, surtout la ECHL (Eagles en 2011, Komets de Fort Wayne en 2012 et Americans d’Allen en 2014).
Équipe toujours phare et parmi les meilleures au guichet, les Blazers
d'Oklahoma City plièrent bagage en 2009, étant ensuite remplacés par les Barons d'Oklahoma dans la AHL.
Malgré quelques tentatives de relance, la ligue se rétrécit. De 18 équipes en 2005, elle tombe à 9 équipes en 2013-14. Les derniers champions furent les Americans de Allen, qui remportent deux titres consécutifs pour clore l'histoire de la CHL.
Les Americans de Allen, derniers (doubles) champions en 2013 et 2014
En octobre 2014, la CHL cesse officiellement ses activités. Sept de ses équipes (Allen, Missouri, Rapid City, Tulsa, Wichita, Brampton et Quad City) sont absorbées par l’ECHL, scellant la fin de la CHL comme ligue indépendante.
La ECHL avait auparavant accueilli dans ses rangs d’anciennes équipes de la IHL et la WCHL, laissant libre cours à la CHL d’absorber de son côté la WPHL et la UHL/IHL. On peut dire que la mission d’épurer le réseau des ligues mineures aura fonctionné et que la ECHL aura finalement remporté ce que j'appelle cette «guerre de l’absorption» dans les ligues mineures.
L’héritage de la ligue demeure fort dans le Sud et le Midwest américain. Six équipes rescapées de la CHL sont toujours fidèlement en place dans la ECHL; les Oilers, les Americans, les Komets, le Thunder de Wichita, les Mavericks de Kansas City et le Rush de Rapid City, tandis que les Eagles du Colorado ont gradué dans la AHL. Des équipes originales de la CHL en 1992-93, seuls les Oilers et le Thunder sont toujours actives.
Les Oilers de Tulsa, toujours actifs dans la ECHL
La CHL aura été un tremplin pour des milliers de joueurs, un modèle de hockey communautaire dans des villes non traditionnelles mais toutefois classiques du hockey mineur de cette région des US, et une base d’expansion indirecte pour l’ECHL. Cela montre que parfois, ce ne sont pas seulement des joueurs qui se servent des niveaux mineurs pour graduer dans des niveaux supérieurs, dans le cas de la CHL, ce sont principalement les équipes qui ont pu se consolider et graduer dans un circuit plus prospère et stable.
Il est quelque fois mentionné que la CHL aurait atteint un niveau «AA» similaire ou parallèle à l’ECHL, mais je me permets d’en douter. La ECHL a développé
davantage de joueurs pour la LNH avec quelques excellents noms comme
Jonathan Quick, Michael Ryder, Jonathan Marchessault, Jaroslav Halak,
Yanni Gourde, Alex Burrows, et plusieurs autres. Outre les cas isolés de Jordie
Benn, Aaron Dell et Andrew Desjardins lors des dernières années
d'existence de la CHL, on ne peut pas dire que la fiche de route de la
CHL fut aussi reluisante. C'était toutefois bien parti lors de ses dernières années, mais on préféra logiquement agrandir la ECHL et
consolider tout ça dans un seul niveau au troisième échelon derrière LNH
et AHL. Ces ligues ont d'ailleurs longuement fait pression pour «épurer» l'écosystème des circuits mineurs.
Ray Miron (à gauche) a grandement aidé à mettre le hockey sur la carte à Tulsa et dans le sud des USA.
Ray Miron vendit la CHL en 2000. Il reçut de la LNH le trophée Lester B. Patrick en 2004, honorant sa contribution au hockey aux États-Unis. Il déclara ce moment son meilleur accomplissement en carrière. Il mourut à Tulsa en août 2015 à l'âge de 92 ans.
Les Oilers de Tulsa célèbreront leur «100e» anniversaire d'existence en 2028, ayant toutefois existé en plusieurs phases: 1928-1942 (AHA) 1945-1951 (USHL) 1964-1984 (CHL 1.0) 1992-2014 (CHL 2.0) 2014 - (ECHL)
On se laisse sur un extrait d'époque sur Youtube. Un match random Tulsa-Oklahoma de 1999-2000.
ENCORE GARY UNGER!
Sources: wikipedia, Fun While it Lasted, the Oklahoman, Eliteprospects