Né le 11 mars 1967 à Rogachyov, dans ce qui est aujourd'hui la Biélorussie, Sergei Bautin a fait ses armes dans la ligue soviétique, d'abord avec le Kristall Saratov en deuxième division, puis ensuite avec le puissant Dynamo de Moscou. C'est là qu'il a bâti sa réputation de défenseur à vocation défensive de premier ordre. Il n'obtenait presque pas de points (6 points en plus de 60 matchs) mais sa présence physique a aidé à remporter le championnat à deux reprises, en 1991 et 1992, au sein d'une équipe qui comptait également Alexei Kovalev, Alexander Karpovtsev et Darius Kasparaitis.
Grand et robuste, il a aussi contribué à la performance de l'Équipe Unifiée qui a remporté quatre de ses cinq matchs lors du tour préliminaire des Jeux olympiques d'Albertville en 1992, ne s'inclinant que face à la Tchécoslovaquie. En séries éliminatoires, ils ont battu la Finlande, les États-Unis et enfin le Canada (3-1), décrochant une médaille d'or historique pour un pays alors en pleine transition.
Quelques mois plus tard, il a représenté la Russie (depuis ré-unifiée) au Championnat du monde, mais en peu de temps, l'ancienne Union soviétique était totalement démantelée et l'équipe a terminé cinquième.
Les joueurs pouvant désormais s'expatrier librement en Amérique du Nord, Bautin a été repêché par les Jets de Winnipeg lors de l'été 1992 au 17ème rang au total. Trois de ses compatriotes et coéquipiers sur la scène internationale furent sélectionnés avant lui : Alexei Yashin (2ème), Kasparaitis (5ème) et Andrei Nazarov (10ème). Les Capitals de Washington ont également choisi Sergei Gonchar au 14ème rang.
À l'époque, demeurer en Russie n'était donc pas la priorité. Les clubs n'avaient plus les moyens de payer les joueurs, le pays traversait une crise majeure et la LNH pouvait enfin mettre la main sur ce qu'elle convoitait depuis des années, des joueurs de hockey russes. En conséquence, presque tout l'effectif du Dynamo Moscou a traversé l'Atlantique.
Bautin a donc rejoint les Jets pour la saison 1992-93. Pendant l'essentiel de ses deux premières années, il fut un élément stable, souvent jumelé à un autre Russe, Igor Ulanov, ou aligné sur le premier bloc aux côtés de Teppo Numminen. Contrairement à beaucoup de ses compatriotes, Bautin avait véritablement adopté le côté physique du jeu nord-américain, se révélant être un adepte des mises en échec solides. Cependant, des doutes subsistaient quant à sa qualité de patinage et sa
vision de jeu ; il semblait souvent mal positionné ou accusait un temps
de retard par rapport aux autres joueurs de son âge.
Sergei a signé un contrat de trois ans avec les Jets. Malgré le déracinement, son adaptation à sa nouvelle vie ne fut pas trop difficile, le club ayant également recruté Ulanov, le jeune centre Alexei Zhamnov (choix de 4e ronde en 1990) et Evgeny Davydov (12e ronde de 1989).
Sa saison recrue s'est plutôt bien déroulée. Il a inscrit un total
respectable (et son meilleur total à vie en une saison) de 5 buts et 18
mentions d'aide, assortis de 96 minutes de pénalité en 71 matchs, aidant
les Jets à atteindre les séries éliminatoires où ils se sont inclinés
en six matchs face aux Canucks de Vancouver.
La saison 1993-94 fut beaucoup moins clémente. Le club décida d'échanger le défenseur vedette Phil Housley aux Blues de St-Louis contre Nelson Emerson et Stéphane Quintal, et la nouvelle brigade défensive des Jets ne parvint jamais à se replacer. Après un début de saison correct (6-3-1), une série catastrophique de 2 victoires, 20 défaites et 2 nulles en janvier et février a fait sombrer le club au dernier rang de la Conférence Ouest.
Donc complètement hors du portrait, le 18 février 1994, les Jets ont conclu une transaction avec Détroit, envoyant Bautin et le gardien Bob Essensa aux Red Wings en échange de Dallas Drake et Tim Cheveldae.
Sous les nouveaux ordres de Scotty Bowman, les Wings commençaient à accumuler les joueurs russes dans l'idée de former cette fameuse unité complète de cinq joueurs. Avec Fedorov, Kozlov et Konstantinov comme piliers, il en fallait deux de plus : un défenseur et un attaquant. Bautin était initialement censé être ce second défenseur.
Cependant, les Wings ont immédiatement constaté un grave problème de condition physique chez Bautin. Il n'avait aucune endurance, était incapable de soulever son propre poids (185 livres) au développé couché (bench press) et était un gros fumeur, le Chicago Tribune rapportant même qu'il fumait deux paquets par jour. « Côté condition physique, il était tout en bas de notre organisation », a déclaré le directeur général de Winnipeg, John Paddock, après l'échange. « Il n'a aucune rapidité et aucune force. » Bautin ne joua qu'un match à Détroit en fin de saison et se blessa même en entrant en collision avec Kris Draper lors d'un entraînement.
Il fut donc envoyé au club-école de l'époque, les Red Wings d'Adirondack dans la Ligue américaine pour le lock-out à l'automne 1994, Détroit ne le rappelant aucunement. En fait, les Wings avaient rapidement trouvé la solution pour leur deuxième défenseur du «Russian five» en obtenant nul autre que Viacheslav Fetisov des Devils durant cette saison écourtée de 94-95.
Son contrat signé avec les Jets étant échu, Bautin signa comme agent libre avec San Jose dans l'espoir de jouer avec ses compatriotes Igor Larionov et Sergei Makarov. Son sort ne s'arrangea toutefois pas. Il ne disputa qu'un seul match avec les Sharks en début de saison, son dernier dans la LNH. Les entraîneurs et la direction des Sharks ont rapidement réalisé que le défenseur n'avait plus le coup de patin nécessaire pour la ligue, et il fut envoyé aux Blades de Kansas City dans la IHL. Au même moment à Détroit, le «R5» fut finalement complété avec l'ajout de ce même Larionov, qui fut obtenu de ces même Sharks, en retour d'un gars pas pire
pentoute, Ray Sheppard, après seulement 5 matchs au début de la saison.
Bautin est ensuite devenu assez globe-trotter. Après sa saison 95-96 passée à Kansas City, il joua deux saisons en Suède avec le Luleå HF, où il mena la ligue pour les minutes de pénalité en 1996-97, une saison en Russie avec le Ak Bars Kazan, et ensuite une en Allemagne (Ice Tigers de Nurnberg). Il joua ensuite deux saisons au Japon (JIHL) avant de revenir terminer sa carrière dans sa patrie avec le Metallurg Manitogorsk et finalement une dernière saison en deuxième division avec le Krylia Sovetov de Moscou.
Après avoir pris sa retraite, Bautin est retourné aux États-Unis pour entraîner des équipes de jeunes à Kansas City, là où il avait joué durant son séjour pour les Sharks. Il a plus tard entraîné au Colorado et de nouveau au Japon avant de rentrer chez lui. Bautin a été intronisé au Temple de la renommée du hockey russe en 2014.
Sergei Bautin s'est éteint la veille du jour de l'An à l'âge de 55 ans, après une longue lutte contre une maladie oncologique.
Les Devils ont eu des défenseurs de renom durant leurs meilleures années, comme Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Mais avant ces trois-là, le premier vrai bon défenseur de l'histoire de l'équipe fut le plus discret Bruce Driver, qui vit la franchise passer de risée de la ligue à championne de celle-ci.
Né le 29 avril 1962 à Etobicoke en Ontario, Driver ne semblait pas destiné à faire carrière dans la Ligue nationale. À 13 ans, il est même coupé de son équipe bantam parce qu’on le juge trop petit et trop frêle. Il persévère malgré tout et se démarque dans le junior A, ce qui incite les Generals d'Oshawa à le repêcher. Il refuse toutefois l'appel de la OHL pour plutôt accepter de joindre les Badgers de l'Université du Wisconsin.
À l'époque, la voie de la NCAA demeurait peu fréquente pour se rendre à la LNH, surtout pour les joueurs canadiens. Toutefois, coïncidence ou pas, c'est suite au «Miracle on ice» de 1980 qu'on remarqua de plus en plus de joueurs optant pour la NCAA au lieu de la OHL ou la LHJMQ. Le Wisconsin offrait d’ailleurs les exemples les plus éloquents, fort d’un des meilleurs programmes universitaires du pays, dirigé par le vénérable Bob Johnson.
Driver débuta son stage universitaire en force en 1980-81, aidant les Badgers à remporter le championnat national. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 6e ronde du repêchage de 1981 par les défunts Rockies du Colorado.
En 1981-82, les Badgers reçurent davantage de renforts avec l'arrivée de deux autres futurs joueurs de la LNH, soit Patrick Flatley et Chris Chelios, ce dernier étant muté sur la première ligne de défense avec Driver, qui lui fut élu sur la première équipe d'étoiles.
En 1982-83, Driver fut nommé capitaine des Badgers et mena l'équipe à une autre conquête du championnat national. Lors du match décisif contre Harvard, il récolta 1 but et 2 passes dans une victoire de 6-2 qui allait clore son parcours universitaire de parfaite façon.
Voici un extrait. Vous pouvez également y voir Chelios (#21) en action.
Fun fact, l'équipe 1983 des Badgers mettait aussi en vedette le futur joueur du Canadien David Maley ainsi que le gardien Marc Berhend, futur joueur des Jets et des Canadiens de Sherbrooke.
Après cette conquête, Driver opta de ne pas jouer sa 4e saison universitaire pour plutôt porter le chandail rouge et blanc du Canada lors des Jeux olympiques de Sarajevo. L’équipe canadienne (où jouait également Flatley et son futur coéquipier Kirk Muller) termina en 4e place, mais Driver s’y fit remarquer comme le défenseur le plus productif de la formation.
Après les jeux, Driver termina la saison 1983-84 avec l'organisation l'ayant repêché en 1981, maintenant connue sous le nom des Devils du New Jersey. Il joua 4 matchs pour terminer la saison (récoltant 2 passes) et fut cédé au club-école, les Mariners du Maine pour poursuivre son apprentissage. Il en profita alors pour ajouter à son palmarès avec une conquête de la coupe Calder.
Driver fit ensuite l'équipe à temps plein en 1984-85. Dès ses premières saisons, il s’impose comme un défenseur fiable, intelligent et surtout constant. Il incarnait le défenseur universitaire typique de l’époque: capable de lire le jeu, de calmer la tempête et d’appuyer l’attaque par une première passe solide et un lancer précis de la ligne bleue. Il récoltait en moyenne 40 points par saison, son meilleur rendement ayant eu lien en 1987-88 avec 15 buts et 40 passes pour 55 points. Un spécialiste en avantage numérique, la moité de ses buts marqués en carrière furent lors du jeu de puissance.
Au fil des années, il devint un pilier de la défense des Devils, étant même nommé capitaine lors de la saison 1991-92 suite au départ de Kirk Muller. Sa longévité au New Jersey – douze saisons au total – en fit l’un des visages les plus associés à l’équipe de cette époque, bien avant l’ère glorieuse marquée par Martin Brodeur, Scott Niedermayer et Scott Stevens.
C'est d'ailleurs l'arrivée de ce dernier en 1991-92 qui fit en sorte que le règne de Driver comme capitaine fut très court. Les Devils avaient obtenu Stevens suite à une offre hostile controversée des Blues envers Brendan Shanahan des Devils. Un arbitre décida que les Devils étaient en droit de recevoir Stevens en compensation.
Il y eut un long litige par la suite et Stevens ne voulait pas venir au New Jersey. Il se résigna toutefois et apprit à profiter de la situation. Étant auparavant capitaine des Blues, il était logique qu'il devienne éventuellement capitaine des Devils.
Mais comme ses débuts avec l'équipe étaient encore sous atmosphère tendue, ils ont préféré élire Driver comme capitaine. Ce ne fut toutefois que partie remise. Au même moment où les Devils changèrent leurs couleurs du vert/rouge au noir/rouge, Stevens fut nommé capitaine pour la saison 1992-93. Bon joueur, Driver ne rechigna pas et garda le "A" lors des saisons suivantes.
Le point culminant de sa carrière survint en 1995, quand les Devils remportèrent leur première Coupe Stanley en surprenant les Red Wings de Detroit en finale. Driver, désormais un vétéran respecté, joua un rôle discret mais essentiel dans ce triomphe.
Il obtint une fiche modeste de 1 but et 6 passes lors de ces séries, mais son seul but eut lieu lors du 3e match de la finale.
«Driver» drives it home. On peut tu avoir un call plus parfait? Sérieux.
Lors de la remise de la coupe au capitaine, Stevens remit la coupe aux 3 joueurs les plus anciens de l'organisation, soit John MacLean, Bruce Driver et Ken Daneyko.
Ces trois joueurs, surnommés les «Original Devils» avaient tous débuté leur carrière au New Jersey durant la saison 1983-84, soit la même saison où avait eu lieu la fameuse défaite «Mickey Mouse» de 13-4 contre Wayne Gretzky et les Oilers, le 19 novembre 1983. Cependant, seul MacLean était en uniforme lors de ce fameux match, Driver étant toujours avec l'équipe canadienne et Daneyko dans le junior.
Driver était toutefois le dernier joueur toujours en poste à avoir été repêché en tant que Rockies du Colorado. Il est d'ailleurs un des seuls joueurs repêché par les Rockies à avoir remporté la coupe, le seul autre étant Rob Ramage (1989 avec les Flames et 1993 avec le Canadien).
Après la conquête de 1995, le contrat de Driver se termina. Il désirait rester au New Jersey mais seulement s'il recevait un nouveau contrat d'au moins trois saisons et une clause de non-échange, ne voulant pas déménager sa famille. La direction opta de ne pas lui offrir de contrat, ayant plusieurs jeunes défenseurs prêts à faire le saut.
Il obtint toutefois ce qu'il désirait, pas très loin, avec les Rangers de New York. Il joua donc trois dernières saisons complètes avec l'ennemi à Manhattan, se retirant finalement du jeu après la saison 1997-98.
Sa retraite ne signifia pas la fin de son lien avec le hockey. Installé dans le New Jersey, il devint entraîneur d’équipes féminines au Morristown-Beard School dès 2000 et ensuite durant plusieurs saisons. Il fut élu au temple de la renommée de l'Université du Wisconsin.
En 922 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 96 buts et 390 passes pour 486 points, ainsi que 50 points en 108 matchs en séries.
Après la cohorte «Driver-Chelios-Flatley» du début des années 80, plusieurs autres joueurs de renom gravirent la LNH après leur passage à l'Université du Wisconsin comme Gary Suter, Scott Mellanby, Tony Granato, Curtis Joseph, Mike Richter, Brian Rafalski, Dany Heatley, Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh et Cole Caufield.
Bill Houlder est né le 11 mars 1967 à Thunder Bay. Défenseur costaud de 6'2" et 216 livres, il fit ses classes avec les Centennials de North Bay qu'il joignit pour la saison 1984-85. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 4e ronde (82e au total) par les Capitals de Washington. Il joua deux autres saisons à North Bay, se démarquant notamment en 1986-87 où il termina parmi les meilleurs défenseurs offensifs de la OHL avec 68 points et une place sur la première équipe d'étoiles.
Il débuta ensuite son parcours professionnel dans l'organisation des Capitals en 1987-88, saison qu'il partagea entre le grand club et le club école à Fort Wayne dans la IHL. Il continua de progresser lors des deux saisons suivantes mais son maximum de matchs en une saison avec les Caps fut lors de la saison 89-90 où il joua 41 matchs.
N'ayant vraisemblablement plus de place pour lui, les Capitals l'échangèrent aux Sabres de Buffalo durant le camp d'entraînement en septembre 1990. En retour, les Capitals reçurent le défenseur Shawn Anderson, 5e choix au total en 1986 qui n'avait rien fait d'extraordinaire jusque-là. Les Capitals perdirent ensuite Anderson au ballotage le lendemain...
Houlder prit donc le chemin de Buffalo mais il y joua encore moins qu'à Washington, soit seulement 7, 10 et 15 matchs lors des trois saisons subséquentes. Il était toutefois trop fort pour les mineures, étant élu meilleur défenseur de la IHL en 1992-93 et obtenant une place sur la première équipe d'étoiles la même année, ainsi qu'en 1990-91 dans la AHL.
Il eut finalement une véritable chance avec les expansions lorsqu'il fut sélectionné par les Mighty Ducks au repêchage d'expansion de 1993. Au sein de la nouvelle équipe en 1993-94, il joua 80 matchs et récolta 39 points dont 14 buts, soit le meilleur rendement offensif pour un défenseur des Ducks lors de cette saison inaugurale. Ses allers-retours dans les mineures étaient alors chose du passé.
Il ne resta toutefois que cette seule saison à Anaheim, étant échangé durant l'été 94 aux Blues de St-Louis en retour d'un autre défenseur, Jason Marshall.
Après une seule saison également à St-Louis, il devint agent libre et signa avec le Lightning de Tampa Bay, amassant 28 et 25 points lors des deux saisons suivantes.
De nouveau agent libre en 1997, il signa avec les Sharks avec qui il connut deux autres bonnes saisons de 32 points chacune. À l'été 99, les Sharks l'échangèrent au Lightning dans un échange impliquant 5 joueurs dont Niklas Sundstrom qui prit le chemin de San Jose.
De retour à Tampa Bay et désormais un vétéran de 10 saisons professionnelles, il fut élu comme nouveau capitaine, le précédent occupant Rob Zamuner ayant été échangé plus tôt durant la saison morte. La suite des choses fut toutefois un fiasco.
Le Lightning était alors dans une autre de leurs saisons de misère et d'instabilité à l'époque, ayant eu 4 entraîneurs-chef depuis la saison 1997-98 et presque autant de propriétaires. L'équipe eut également la distinction peu honorable d'employer 6 gardiens par saison de 1998-99 à 2000-01.
Donc au travers de cette instabilité au début de la saison 99-00, le Lightning connut un lent début de saison et décidèrent de placer leur nouveau capitaine au ballotage après seulement 14 matchs. Il s'agit d'un des plus courts mandats pour un capitaine officiel dans l'histoire de la LNH, à l'exception des capitaines par intérim ou les rotations de capitaine.
Houlder fut alors récupéré au ballotage par les Predators de Nashville, une autre équipe d'expansion récente. L'équipe en était en fait à sa deuxième année. Après les Mighty Ducks, le Lightning et les Sharks, il s'agissait de sa 4e équipe en carrière qui n'avait pas encore une décennie d'existence. Il est ce qu'on surnomme ici un abonné des équipes d'expansion.
Houlder fut très apprécié au sein des Predators, demeurant un vétéran fiable durant 4 saisons. À l'exception d'un seul match, il joua l'entièreté du calendrier de l'équipe de la saison 2000-01 jusqu'à sa retraite après la saison 2002-03.
Donc malgré quelques saisons précaires en début de carrière, Houlder joua un impressionnant total de 846 matchs dans la LNH, amassant 59 buts et 191 passes pour 250 points.
Après sa retraite, il revint dans la région de North Bay et est présentement assistant-entraîneur du Battalion de North Bay depuis la saison 2017-18.
Chris Joseph est né le 10 septembre 1969 à Burnaby en Colombie-Britanique. Costaud, rapide et agile, le défenseur des Thunderbirds de Seattle attira grandement l'attention des recruteurs de la LNH, tellement que les Penguins de Pittsburgh en firent leur choix de première ronde avec la 5e sélection au total en 1987.
Cependant, il ne fut initialement membre des Penguins que pour un très court moment. Il parvint à faire l'équipe dès l'automne 1987 mais au même moment, les Oilers étaient en dispute contractuelle avec leur star en défense Paul Coffey. Ce dernier fit donc la grève en début de saison avant d'être échangé aux Penguins le 24 novembre 1987 lors d'une méga-transaction. En retour de Coffey, Dave Hunter et Wayne Van Dorp, les Oilers obtinrent Dave Hannan, Moe Mantha, Craig Simpson ainsi que le jeune prospect Chris Joseph, qui, on l'espérait, parviendrait peut-être à remplacer Coffey, des attentes on ne peut moins réalistes. Au moins, les Oilers avaient pu soutirer Craig Simpson dans l’équation, un joueur qui rendra de grands services à l'organisation.
Donc Joseph n'avait joué que 17 matchs avec les Penguins avant l'échange, amassant 4 passes. Après 7 autres matchs à Edmonton, il fut décidé de le retourner dans la WHL avec les Thunderbirds. En 1988-89, il partagea la saison entre Edmonton et leur club-école au Cap Breton, jouant 44 matchs dans la LNH. La saison suivante, ce fut le même scénario, mais cette fois-ci seulement 4 matchs avec le grand club et le restant de la saison au Cap Breton, ce qui le disqualifia d'avoir son nom gravé sur la coupe de 1990.
Sa meilleure saison à Edmonton fut celle de 1990-91 où il obtint 22 points en 49 matchs. Cependant, le même manège recommença l'année suivante qu'il passa en majorité dans les mineures. Ensuite, lors de la saison 92-93, il ne joua que 33 matchs, passant le restant de la saison sur la liste des blessés.
Après seulement 10 matchs lors de la saison 93-94, il était désormais rendu 9e défenseur dans l'organigramme des Oilers et il demanda alors d'être échangé. Non seulement il n'avait pas répondu aux attentes justifiant son rang élevé au repêchage, mais on lui reprochait également son manque d'implication physique. Glen Sather exauça son souhait, l'envoyant au Lightning en retour de Bob Beers.
C'est à Tampa Bay qu'on vit finalement éclore un peu le talent offensif de Joseph alors qu'il termina la saison avec 11 buts et 20 passes en 76 matchs. Ce n'était cependant pas assez pour convaincre le Lightning de le garder alors qu'il fut laissé sans protection au repêchage intraligue en janvier 1995 à la reprise des activités suite à la grève.
C'est alors que les Penguins le réclamèrent. Il joua deux saisons complètes à Pittsburgh avant d'être de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue en 1996. Il devint ainsi la propriété des Canucks de Vancouver où il joua l'entièreté de la saison 96-97.
Il signa ensuite comme agent libre avec les Flyers, mais il joua que très peu avec eux, étant blessé, laissé de côté ou relégué dans les mineures. En deux saisons passées dans l'organisation, il ne joua que 17 matchs à Philadelphie.
Le va-et-vient reprit donc par la suite. Il signa tout d'abord un contrat avec les Sénateurs, mais il fut de nouveau laissé sans protection au repêchage intraligue. C'est alors que les Canucks le réclamèrent de nouveau. Après 38 matchs lors de ce deuxième séjour à Vancouver, il fut placé au ballotage, encore, et ce sont les Coyotes de Phoenix qui le réclamèrent cette fois-ci.
Le même manège continua de plus belle lors de la saison 2000-01 alors que les Coyotes le placèrent eux aussi au ballotage. Il fut réclamé par les Thrashers avec qui il joua ses 19 derniers matchs dans la LNH.
Il termina ensuite sa carrière en Europe, joua un an en Finlande, 3 ans en Allemagne et une dernière saison en Italie en 2005-06 où il remporta le championnat.
Après sa retraite, il retourna s'établir à Edmonton où il est devenu pompier et a sa propre école de hockey pour les jeunes.
En 510 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 39 buts et 112 passes pour 151 points.
Alors qu'il était âgé de 20 ans, son fils Jaxon Joseph fit malheureusement partie des victimes de l'accident d'autobus des Broncos de Humboldt en avril 2018 où 16 personnes perdirent la vie.
Avant de passer au vif du sujet, il faut absolument célébrer le fait que nous en sommes rendus aujourd'hui au CENTIÈME joueur oublié des années 90!
Que de souvenirs. Je me rappelle quand j'ai débuté cette série. Je m'étais dis que j'allais débuter une série et puis j'ai ensuite débuté cette série. Et là, 99 joueurs plus tard, la série est rendue à 100. C'est fou.
Alors avant de passer au joueur d'aujourd'hui, j'ai pensé faire l'équipe d'étoiles des joueurs oubliés des 90's, histoire d'en choisir quelques-uns dont leur histoire sortait vraiment du lot:
ATTAQUANTS
Craig Janney: l'homme qui fut cocufié par Brendan Shanahan.
Lonny Bohonos: celui qui s'est battu dans un bar avec Michel Therrien.
Oleg Tverdovsky: celui qui s'est fait kidnapper sa mère en Russie parce qu'il était millionnaire.
Jim Kyte: le seul joueur techniquement sourd de l'histoire de la ligue.
GARDIEN
Frank Pietrangelo: le héros obscur des séries pour les Penguins en 1991.
Ah pis tant qu'à faire...
DEUXIÈME ÉQUIPE D'ÉTOILES
ATTAQUANTS (ligne spéciale Sharks de San José)
Jan Caloun: celui qui s'est fait grandement niaisé par les Sharks.
Alexei Yegorov: joueur déchu qui a terminé junkie en Russie.
Jaroslav Otevrel: ancien prospect des Sharks dont la carrière s'est terminé dramatiquement.
DÉFENSEURS
Jayson More: celui que les Sharks ont sélectionné du Canadien au repêchage d'expansion à la place de Jean Béliveau ou Ken Dryden.
Aki-Petteri Berg: un exemple de la grosse tendance du repêchage des années 90 à penser que tous les défenseurs allaient devenir des Paul Coffey.
GARDIEN
Wendell Young: le seul joueur de l'histoire à avoir remporté coupes Mémorial, Calder, Turner et Stanley.
Alors voilà. En attendant de se rendre à 200, n'oubliez pas de nous envoyer vos demandes spéciales. Allons-y d'abord ici pour le 100e avec un joueur que j'avais hâte de finalement rayer de la liste, l'attaquant Doug Brown.
J'adore Doug Brown. Même si je n'ai pas vraiment de souvenirs de l'avoir vu jouer à l'époque, j'adorais au départ ses cartes de hockey. Le genre de joueur à l’œil de faucon qui a tout le temps l'air à 110%. Particulièrement sur cette glorieuse carte Pro Set 90-91 mal cadrée...
Douglas Allen Brown est né le 12 juin 1964 à Southborough au Massachusetts. Considéré trop lent et trop petit, il fut non-repêché après quatre années à Boston College dans la NCAA. Plusieurs équipes devinrent toutefois intéressés par ses services après ses deux dernière saisons où il termina parmi les meilleurs de la NCAA. Il décida toutefois de choisir les Devils du New Jersey à l'été 1986, estimant qu'il avait une meilleure chance de percer l'alignement de cette faible équipe.
Il débuta donc en 1986-87 son parcours professionnel avec le club-école des Devils, les Mariners du Maine, et fut rappelé pour 4 matchs avec les Devils en fin de saison, amassant une seule passe.
Il se mérita un poste régulier avec les Devils en 1987-88 et récolta 25 points, dont 14 buts en 70 matchs pour sa saison recrue. Il aida la jeune équipe à finalement devenir respectable cette saison-là, se rendant à la surprise générale jusqu'en finale de conférence. Il marqua d'ailleurs le premier but en prolongation en séries de l'histoire de la franchise.
Il joua cinq autres saisons au New Jersey, récoltant une douzaine de buts annuellement et se développant comme un excellent tueur de pénalité et un grinder sous-estimé. Cependant, il n'avait pas une grande confiance de Lou Lamoriello, qui ne lui promettait jamais une place garantie dans son équipe. Il atteint alors le fond du baril avec New Jersey durant la saison 1992-93 qu'il passa en majorité dans les mineures, ne jouant que 15 matchs avec les Devils. Après avoir indiqué à Lamoriello qu'il ne se présenterait pas au camp d'entraînement à l'automne 1993, il fut libéré.
Sans autre option, il accepta un essai au camp des Penguins et obtint rapidement un contrat d'un an au salaire minimum. Au sein d'un club davantage offensif, il répondit alors avec sa meilleure saison offensive en carrière avec 55 points dont 18 buts.
Chez les Penguins, il fut également réuni avec son frère, Greg Brown, durant cette saison 1993-94. Greg avait été un choix de 2e ronde des Sabres en 1986, mais ne s'est jamais développé dans la LNH au même niveau que son frère non-repêché.
Croyant avoir une nouvelle vie assurée à Pittsburgh après cette excellente saison, il fut toutefois non-protégé au repêchage intra-ligue en janvier 1995 après le lock-out.
C'est alors que les Red Wings sautèrent sur l'occasion. Scotty Bowman le voyait dans sa soupe et avait précédemment tenté de le signer avant le lock-out. Brown était d'abord réticent, il demanda même à Bowman de le ré-échanger à Pittsburgh. Il fut toutefois rapidement convaincu lorsque Bowman lui indiqua qu'il planifiait de le faire jouer avec Steve Yzerman.
À Détroit, Brown devint un joueur culte, marquant occasionnellement le gros but au bon moment et étant capable d'être muté à gauche ou à droite sur n'importe quel trio, tout en grindant à fond et tuant les pénalités.
Toutefois, Bowman frappa un coup de circuit en le permutant de temps à autres sur la même ligne que Sergei Fedorov et Viacheslav Kozlov (au détriment de Igor Larionov) et cette nouvelle combinaison fit beaucoup de flammèches.
Même si le «Russian five» était très efficace, il fallait parfois brasser les cartes et mettre un joueur davantage capable d'aller devant le filet ou créer de l'espace pour les autres. Cela valut à Brown le surnom de «Brownov».
J'ai aussi vu la mention rigolote «Doug Brown and the Russian Four».
Kozlov, Fedorov et «Brownov»
Il obtint 21 points durant cette saison écourtée et un excellent 12 points en séries, parcours qui se termina par une défaite en finale contre son ancienne équipe, les Devils.
Brown et les Red Wings retroussèrent leurs manches les saisons suivantes et parvinrent à revenir en finale et finalement ramener la coupe à Détroit en 1997. Malgré qu'il fut occasionnellement rayé de la formation, il accepta son rôle au sein de cette puissante équipe dont l'identité correspondait vraiment à son style de jeu, récoltant sa deuxième meilleure saison offensive en 1997-98 avec 19 buts et 42 points.
Il se démarqua ensuite grandement durant la finale de 1998 contre les Capitals, obtenant au moins un point dans chacun des 4 matchs de cette série expéditive contre Washington.
C'est particulièrement lors du 4e match décisif qu'il cimenta à jamais sa place dans le coeur des fans de Détroit lorsqu'il obtint deux buts.
Il fut ensuite sélectionné par les nouveaux Predators de Nashville à l'expansion de 1998, mais désirant conserver ses loyaux services, les Red Wings refirent son acquisition quelques jours plus tard en retour de Petr Sykora (l'autre), un choix de 3e ronde (Mike Comrie) et un choix conditionnel de 4e ronde.
Il joua trois autres saisons avec les Red Wings, étant finalement libéré après la saison 2000-01. Il songea à signer avec une autre équipe mais changea d'avis alors que les événements du 11 septembre 2001 vinrent perturber le processus et il opta pour la retraite. Il envisagea toutefois un retour au jeu, possiblement avec les Red Wings pour la saison 2002-03 mais cela ne se produit finalement jamais, optant pour une retraite définitive à 38 ans.
En 854 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 160 buts et 214 passes pour 374 points.
Il fut élu au temple de la renommée de Boston College en 2004.
Ses deux fils, Christopher et Patrick Brown, ont tous les deux joué à Boston College également, et tous les deux ont été capitaine. Patrick, comme le paternel, n'a pas été repêché mais a lui aussi «grindé» son chemin jusqu'à la LNH, jouant pour les Hurricanes, Golden Knights, Flyers, Sénateurs, et est présentement membre des Bruins. Pour sa part, Christopher a été sélectionné par les Sabres en 2014 (6e ronde) mais ne s'est jamais rendu à la LNH.
Et en continuant dans le giron familial, le beau-père de Doug était Wellington Mara, propriétaire de longue date des Giants de New York dans la NFL, soit de 1959 jusqu'à sa mort en 2005.
Pour le joueur oublié #99 de cette série, j'ai choisi un joueur qui a été compagnon de trio de l'autre #99, soit nul autre que Tomas Sandström.
Mais là je vous entends dire « Ben là voyons, Sandström? Clin d'oeil! Patrick Roy! 1993!»
Et là moi de vous répondre «Oui, mais à part de ça, qu'est-ce que vous vous rappelez de lui?»
Sans être une superstar, Sandström aura réussi à être un acteur important (et controversé) de son époque. Il était un habile passeur, marqueur et patineur mais il aimait aussi jouer un style physique et surtout jouer à merveille le rôle de peste. Il était dans le moule des Claude Lemieux, Esa Tikkanen, Brad Marchand, Brendan Gallagher ou autres Tom Wilson, soit le genre de joueur hargneux qui faisait sortir les adversaires de leurs gonds pour ensuite les faire payer sur l'avantage numérique.
Tomas Sandström est né le à Jakobstad en Suède le 4 septembre 1964. Ailier droit de 6'2" et 190 livres, il fut sélectionné en 2e ronde (36e au total) du repêchage de 1982 par les Rangers de New York après avoir été nommé joueur junior de l'année en Suède. Il avait également remporté l'or au championnat junior de 1982 en plus d'avoir été nommé meilleur attaquant du tournoi.
Il joua deux autres saisons en Suède, désormais dans la ligue élite suédoise avec le Brynäs IF. Il représenta également son pays aux Olympiques de 1984 où il aida à ramener une médaille de bronze.
Il fit ensuite le saut dans la LNH pour la saison 1984-85. Il termina au premier rangs des buteurs des Rangers avec 29 buts, en plus de 30 passes pour 59 points, ce qui lui valut une place sur l'équipe d'étoiles des recrues en plus d'être nommé joueur le plus utile de la saison pour les Rangers.
Il joua 4 autres saisons complètes à New York, amassant au moins 25 buts annuellement, dont une saison de 40 buts en 1986-87, saison durant laquelle il cimenta sa réputation comme fouteur de trouble. Il fut également élu au match des étoiles de 1988.
Voici quelques extraits d'époque où l'on peut voir Sandstrom faire des siennes et également ses adversaires qui ne se gênaient pas pour lui répliquer...
Cependant durant la saison 1989-90, une occasion se présenta aux Rangers d'obtenir Bernie Nicholls des Kings de Los Angeles, lui qui sortait d'une saison magistrale de 70 buts (qui comme je l'ai déjà mentionné étaient plus ou moins à 30% obtenus sur des passes de Gretzky).
Les Kings avaient effectivement la merveille dans leurs rangs mais peinaient à bien l'entourer. Ils eurent toutefois l'occasion d'obtenir deux joueurs pour compléter Gretzky, en en sacrifiant seulement un. C'est alors que Nicholls prit le chemin de New York en retour de Tony Granato et Sandstrom. Les deux joueurs furent immédiatement mutés aux ailes de Gretzky et le pari sembla bien fonctionner pour les Kings. Comme plusieurs avant lui, Sandstrom eut un boost de production avec Gretzky, connaissant sa meilleure saison en carrière en 1990-91 avec 45 buts et 44 passes pour 89 points en seulement 68 matchs.
Il commença toutefois à être en proie à de nombreuses blessures, principalement dues à son style de jeu. Il ne put jouer que 49 matchs en 1991-92 (39 points) et ensuite 39 matchs en 1992-93 (52 points). Il fut toutefois en pleine santé pour les fameuses séries de 1992-93 qu'il termina avec 25 points en 24 matchs, ce qui lui confinait le 3e rang des pointeurs en séries derrière Gretzky et Doug Gilmour des Maple Leafs.
Et bien sûr c'est lors de ces séries qu'arriva la scène qui l'immortalisa à jamais, le fameux clin d'oeil à son égard de la part de Patrick Roy après que ce dernier ait empêché Sandstrom de s'emparer d'un retour de lancer.
Et à propos de ce célèbre clin d'oeil, le principal intéressé déclara plus tard qu'il ne l'avait même pas vu sur le coup, seulement plus tard en reprise à la télé. Il admis ensuite qu'il trouvait ça drôle et n'était pas insulté.
Mais les Kings post-finale de 1993 piquèrent rapidement du nez par la suite, ratant les séries et connaissant des déboires financiers (qui menèrent plus tard à l'arrestation de leur proprio Bruce McNall pour fraude). Ils firent alors plusieurs mouvements de personnel et un des premiers à partir fut Sandstrom qui prit le chemin de Pittsburgh en février 1994.
En fait, les Penguins et les Kings étaient de fréquents partenaires d'échanges à l'époque. Au courant de l'été 1993, les Kings avaient d'abord envoyé Marty McSorley aux Penguins en retour de Shawn McEachern. Mais seulement quelques mois plus tard, l'échange fut inversé alors que McEachearn retourna à Pittsburgh et vice-versa pour McSorley. Cependant, cette fois-ci Sandstrom fut inclus dans la transaction ainsi que Jim Paek qui prit le chemin de L.A.
Bref, Sandstrom continua sa carrière avec les Penguins, étant de nouveau dans le même vestiaire qu'un autre joueur légendaire, Mario Lemieux. Il fait d'ailleurs partie d'un club assez exclusif de joueurs ayant joué avec Gretzky et Lemieux.
Puisque j'ai pas pu résister, voici la liste de ces joueurs (probablement incomplète) que je n'ai pas trouvé ailleurs et que j'ai du faire moi-même:
Paul Coffey
Tomas Sandstrom
Rick Tocchet
Marty McSorley
Moe Mantha
Bob Errey
Dave Hannan
Craig Simpson
Willy Lindstrom (aussi le seul à avoir joué avec Lemieux, Gretzky et Bobby Hull)
Dan Quinn
Ron Duguay
Rob Buskas
Rob Brown
Kevin Stevens
Chris Joseph
Chris Kontos
Randy Gilhen
Ulf Samuelsson
Jim Paek
Jeff Chychrun
Shawn McEachern
Chris Tamer
Petr Nedved
Craig Muni
Robert Lang
Alex Kovalev
Kelly Buchberger
Ouais ben... pas tant exclusif que ça finalement. Il y en a toujours plus qu'on pense... Et ça en plus c'est sans compter les Olympiques et les coupes Canada.
Cependant, Sandstrom ne joua pas autant avec Lemieux qu'avec Gretzky, le #66 étant gravement atteint de problèmes de santé qui le forcèrent même à prendre une saison sabbatique en 1994-95. Ils furent toutefois jumelés à maintes reprises lors du retour de Lemieux en 1995-96 et Sandstrom connut alors sa dernière bonne saison productive avec 70 points dont 35 buts en seulement 58 matchs.
Après 40 matchs en 1996-97, il fut de nouveau échangé, cette fois-ci aux Red Wings de Détroit en retour de Greg Johnson. Comme vous vous en doutez, le timing était parfait pour Sandstrom qui put remporter la coupe Stanley ce printemps-là avec cette nouvelle équipe. Les Wings détenaient alors assez de canons offensifs mais désiraient encore plus d'expérience, de profondeur et d'agressivité. Sandstrom était le candidat idéal. Malgré 20 matchs joués durant les séries 1997, il ne récolta que 4 passes. Une de ces passes (la 4e) fut toutefois obtenue sur tout un but, soit le splendide but décisif de Darren McCarthy lors du 4e et dernier match de la série finale contre les Flyers.
Ce fut toutefois très éphémère pour Sandstrom à Détroit puisqu'il devint agent libre durant l'été. Il signa alors un contrat de deux saisons avec les Mighty Ducks d'Anaheim. Après une première saison de seulement 17 points avec eux en 1997-98, il reprit de la vigueur la saison suivante avec 32 points en 58 matchs.
Les Ducks désiraient alors lui faire signer un autre contrat mais il rejeta l'offre pour pouvoir aller terminer sa carrière dans son pays natal. Il joua trois autres saisons avec le Malmo IF, se retirant finalement du jeu après la saison 2001-02. Preuve qu'il n'avait pas perdu de sa fougue, il termina les séries de 2000-01 avec 60 minutes de pénalité, soit le premier rang de la ligue.
En 983 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 394 buts et 463 passes pour 857 points, en plus de 81 points en 139 matchs des séries.
Suite à se retraite comme joueur, il devint pompier dans sa ville natale en plus de travailler dans l'ébenisterie.
Le nom de Craig Billington est rarement un de ceux qu'on "name drop" lors d'une discussion entre nostalgiques du hockey des années 90. Pourtant un gardien durable car rarement blessé, et bien qu'il ne corresponde pas aux standards présent de la LNH (il mesure 5'10" et pesait 175 livres), Billington a su faire durer sa carrière, réussissant même à toucher à l'honneur ultime.
Né le 11 septembre 1966 à London en Ontario, Craig Billington débuta sa carrière junior avec les Diamonds de sa ville natale, dans le Junior B. Il fut promu la saison suivante dans la OHL, avec les Bulls de Belleville, obtenant rapidement le poste de gardien partant, disputant 44 matchs, maintenant une fiche partagée de 20 victoires contre 19 défaites. Il en fit assez pour attirer l'attention des Devils du New Jersey, qui firent de lui le premier gardien repêché en 1984, 23e au total en deuxième ronde.
De retour à Belleville pour l'année 1984-85, Billington participa à 47 rencontres, en remportant 26. De plus, il fut sélectionné pour représenté le Canada au championnat mondial junior qui avait lieu en Finlande. Il revint au pays avec la médaille d'or au cou en plus du titre de meilleur gardien du tournoi, ne perdant aucun de ses cinq matchs (3-0-2), blanchissant même les puissants soviétiques. En séries éliminatoires, il aida les Bulls à se rendre dans le carré d'as de la OHL, s'inclinant face aux Petes de Peterborough. Ses dernières performances lui permirent de se hisser au sein de l'équipe d'étoiles de la OHL.
Il fit ses débuts dans la LNH à l'automne 1985 en tant que troisième gardien derrière Glenn Resch et Alain Chevrier. Billington vit de l'action durant 5 matchs, remportant ses 3 décisions. Lorsqu'il devait laisser sa place aux deux autres gardiens de l'organisation, Billington en profitait pour être commentateur lors de la retransmission radio des matchs de son équipe. Les Devils le retournèrent ensuite à son équipe junior pour qu'il puisse rejoindre l'équipe junior canadienne afin de participer à un autre championnat junior, qui avait lieu cette fois en Ontario. Gagnant quatre de ses cinq parties, Billington et Équipe Canada durent se contenter de la médaille d'argent, alors que les soviétiques survolèrent le tournoi, remportant leur 7 parties. Il retourna ensuite au New Jersey jusqu'à la fin de la saison, connaissant sa part de difficulté, ne remportant qu'une seule de ses 11 décisions.
Les Devils décidèrent d'envoyer Billington faire ses classes dans la ligue américaine pour la saison 1986-87, l'envoyant avec les Mariners du Maine, où il côtoya deux autres jeunes gardiens de l'organisation, Chris Terreri et un certain Kirk McLean. Ayant fait bonne figure lors des vingt parties qu'il disputa, Billington fut rappelé au début de l'année 1987 afin d'épauler Alain Chevrier. Il ne parvint cependant pas à élever son jeu, ne remportant que 4 des 22 matchs où il fut devant la cage du New Jersey, ce qui incita ces derniers à le retourner dans la ligue américaine pour débuter la saison suivante. Puisque son coéquipier Chris Terreri passa la majorité de la saison au sein de l'équipe nationale américaine, Billington disputa un grand nombre de 59 parties dans l'uniforme des Devils d'Utica en 1987-88, remportant 22 victoires. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour lui mériter un rappel, restant à Utica pour les deux saisons suivantes, n'étant d'office que pour trois parties avec le grand club pendant cette période.
Suivant l'exemple de Terreri (qui était maintenant à temps plein dans la LNH avec les Devils), Billington passa l'entièreté de la saison 1990-91 avec l'équipe nationale canadienne. En plus de jouer dans plus de 35 matchs, il participa au championnat mondial, revenant au pays avec une nouvelle médaille d'argent au cou. De retour dans l'organisation des Devils pour la saison 1991-92, il compléta la tâche derrière Terreri, participant à 27 matchs et remportant 13 de ses 21 décisions. De plus, possédant un équipement très ressemblant à celui de son coéquipier (à l'exception qu'il portait un masque et Terreri un casque), la compagnie ProSet (qui d'autre!) les mélangea pour leur carte, utilisant à chaque occasion une photo de Chris Terreri.
La carte de Billington est celle de droite …
Il partagea équitablement le travail avec Terreri lors de la saison suivante, disputant 42 parties. Il fut de plus sélectionné pour participer au match des étoiles qui avait lieu à Montréal en 1993. À la fin de la saison, les Devils devaient se départir d'un gardien à la fin de la saison, le jeune Martin Brodeur étant fin prêt à faire le saut dans la LNH. Ayant prouvé sa valeur, Billington fut expédié (ainsi que Troy Malette et un choix de 4 ronde) aux pauvres Senators d'Ottawa, qui avaient besoin d'un gardien solide, en retour de Peter Sidorkiewicz et un choix conditionnel qui devint Mike Peluso.
Faisant de son mieux dans la capitale canadienne derrière une équipe pitoyable, Billington ne put faire mieux que 11 victoires en 72 matchs, dont aucune victoire en 9 matchs lors de la saison écourtée de 1994-95. Au moins, Billington avait un beau look dans la capitale nationale, puisque son équipement aux nouvelles couleurs des Devils concordait parfaitement avec les couleurs des Senators. Lorsqu'il reçut son nouveau masque plusieurs mois après son arrivée à Ottawa, il avait vraiment fier allure, comparativement à l'équipe …
Heureusement pour lui, les Bruins de Boston en firent son acquisition à la date limite des transactions 1995, afin de seconder Bill Ranford. Il fit bonne figure, ajoutant 5 victoires à son palmarès, et s'assurant le même job pour la saison suivante. Ses performances furent toutefois en dents de scie lors de la saison suivante et les Bruins ne renouvelèrent pas son contrat lorsqu'il vint à échéance en juin 1996.
Billington dût attendre à la fin de l'été, tout juste avant le camp d'entraînement, avant qu'une équipe lui fasse signe. Ce sonr les Panthers de la Floride qui lui offrirent un contrat au début du mois de septembre. Alors qu'il devait être en train de planifier la job de peinture sur son casque, il fut réclamé par l'Avalanche du Colorado lors du repêchage de non-protection (Waiver Draft) à la fin du mois de septembre, chose qui n'existe plus depuis 2003. Ces derniers n'avaient pas encore trouvé de gardien pour seconder Patrick Roy depuis qu'ils avaient exaucé le vœu du deuxième gardien de l'organisation, Stéphane Fiset, alors qu'ils l'avaient envoyé aux Kings.
C'est donc en tant que substitut de Patrick Roy que Billington se présenta à Denver. Derrière une solide équipe, Billington enregistra les meilleures statistiques de sa carrière en trois saisons avec l'Avalanche, ajoutant 30 victoires à sa fiche en 67 parties. Dû à la progression d'un jeune Marc Denis, et après s'être amplement acquis de sa tâche, Billington fut échangé à l'été 1999 aux Capitals de Washington, où le même rôle l'attendait, cette fois derrière Olaf Kolzig.
Une saison et quart à Boston, trois saisons au Colorado
Dans la capitale américaine, Billington ne put tenir les mêmes standards qu'au Colorado, ne réussissant pas à montrer une fiche gagnante lors de trois saisons complètes, même en disputant moins de rencontres. Heureusement pour les fans des Capitals, Kolzig grugeait sa grande part de victoires et l'équipe prenait les victoires de Billington comme un "bonus" lorsqu'elles arrivaient. Toutefois, après n'avoir participé qu'à cinq matchs en 2002-03, Billington annonça sa retraite au début du mois de janvier, laissant sa place au jeune Sébastien Charpentier.
Billington : Qu'est-ce que t'as mangé pour souper ? Kidd : Des ramens. Billington : Crime, ça aurait été bon ça !
Billington fut immédiatement engagé par son ancienne équipe, alors que l'Avalanche le nomma comme entraîneur des gardiens. Il est d'ailleurs toujours à l'emploi de l'équipe, ayant occupé différents postes, soit au sein du département de développement des joueurs, soit comme assistant au directeur général. Il a d'ailleurs pu mettre la main sur la coupe Stanley lors de la conquête de 2022 de l'Avalanche, trophée qui lui a échappé tout au long de sa carrière de joueur.
Fiche dans la LNH : 332 parties, 110 victoires, 149 défaites, 31 matchs nuls