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vendredi 12 décembre 2014

La philosophie de l'orangeade...









J'ai commencé la réflexion à propos de cet article il y a plusieurs mois.

C'était en mars dernier, alors que j'écoutais la radio. Une personne payée pour parler de sport faisait une chronique à ladite radio en dénonçant l'inaction de la NHL dans le dossier des coups à la tête et s'est mis par la suite à parler de l'actualité concernant la boxe locale comme il a dû faire des centaines de fois.  Banal, bien sûr, mais m'est donc passé par la tête l'idée de faire le troll et de mentionner ceci sur Twitter :

Rien de mieux que d'entendre (nom de la personne) à la radio dénoncer la violence au hockey et parler de boxe après...


Ce à quoi ladite personne me répondit :


@PuckTaVie Comme je critiquerais les tirs des poignets à la boxe. 


Trouvant cette réponse plus que niaiseuse, je lui répondis ceci :


Moi, (nom de la personne), je vois ça comme dire que l'orangeade est meilleure pour la santé que le Pepsi parce qu'il y a un fruit sur l'étiquette... 

De là les bases de ma philosophie de l'orangeade...



À partir de là, je me suis posé cette question : "N'est-ce pas paradoxal que certaines personnes dans les médias sportifs d'un côté ont pour discours disons éditorial la dénonciation de la violence dans un sport comme le hockey tout en faisant une couverture apologétique de sports de combat comme le mixed martial arts et la boxe?"

Je suis donc parti de cette question et j'ai écrit à plusieurs journalistes sportifs que je respecte beaucoup en leur posant la question susmentionnée en précisant que je ne croyais pas avoir al bonne réponse, que je voulais simplement connaître leur opinion...

Beaucoup m'ont répondu, mais entre temps, l'idée d'écrire un texte de la sorte m'a déchanté, trouvant le sujet plus ou moins intéressant...

Mais j'ai lu cette semaine le texte d'Yves Boisvert à propos de la boxe affirmant notamment que ce sport était "ammanché". Dans ce texte, Boisvert pose cette question :

Peut-on s'émouvoir le lundi des commotions cérébrales au football et au hockey, dénoncer les ligues professionnelles qui ne protègent pas les athlètes... et applaudir à un knock-out le samedi? 

À cette question, il répondit "On dirait que oui!"

Donc animé de cette question que Boisvert a posé dans son article, j'ai décidé de terminer ce texte en mettant, d'une manière assez empirique, les réponses que les journalistes m'ont donné au printemps dernier. Je vais éviter de mentionner qui m'a répondu quoi, leur ayant garanti l'anonymat dans mon courriel où je leur posait la question, c'est mon côté sociologue... Donc voici les réponses de ces journalistes, vous comprendrez que c'était au printemps par les références à Parros et Vanek...

Vous pouvez par contre voir que ce court échantillon va dans différentes voies...

Réponse numéro 1 :

Personnellement, je ne vis pas ce paradoxe parce que j'aime seulement les combats arrangés, pas les vrais. Donc boxe et MMA, ça ne vient pas me chercher... 


 Je pense qu'il y a une question de consentement cachée derrière ça. Un boxeur et un athlète de MMA consent à laisser sa santé entre les câbles. Cette notion est moins claire au hockey, et je suis convaincu que des joueurs comme Desharnais, Pacioretty, Vanek et Brière assument un peu moins de manger des volées que des joueurs comme Prust et Parros, dont le travail consiste à être violent (et forcément, à recevoir de la violence). 



Il y a sans doute aussi les mêmes contradictions qui touchent les 21 273 spectateurs au Centre Bell chaque soir. Ces spectateurs qui applaudissent les bagarres, mais qui se scandalisent dès qu'une bagarre finit avec un joueur sur une civière.


Réponse numéro 2 :

(...) il est paradoxal, en effet, que les gradins du Centre Bell puissent être remplis, un soir, de gens qui pensent que le cerveau d'un joueur de hockey et sa santé à long terme sont primordiaux et que les coups à la tête doivent être éliminés. Et que le lendemain, le même amphithéâtre puisse accueillir 22000 personnes qui trouvent savoureux que le cerveau d'un combattant du MMA ou d'un boxeur soit réduit en miettes. 


Réponse numéro 3 :

Je pense qu'il y a une grosse différence à faire; le hockey n'est pas un sport de combat, la boxe et les MMA le sont. Le hockey est devenu (en partie) un sport de combat parce que les patrons de la LNH jugent que c'est bon pour les affaires. Ce n'est pas du tout la même chose. 



Donc voilà le concept de philosophie de l'orangeade...

Si on retourne avec mon "trollage" original, on voit bien, à la lueur de ce que ces journalistes m'ont répondu, que ce paradoxe que j'appelle la "philosophie de l'orangeade" est très bien illustré par la réponse numéro 3. En affirmant qu'il y a une différence parce qu'un possède une étiquette particulière (sport de combat), on légitime une chose qui est considéré comme étant plus ou moins acceptable dans un autre cadre. Le répondant numéro 1, bien qu'acquiesçant l'aspect paradoxal de la situation présentée dans la question, mentionne que le combattant consentait à combattre. Donc, omis les conséquences de la pratiques de sports de combats, il y a, selon ces journalistes, l'acceptation de se battre, contrairement , mais je dirais plus ou moins, au hockey...

Reste encore le constat du paradoxe...

Je tiens à vous rappeler que je ne suis pas plus fin qu'un autre, je suis tout autant reptilien que le fan de hockey commun, me levant de mon siège quand il y a une bagarre et m'insurgeant quand un joueur sort sur une civière. Je suis par contre, comme je l'avais mentionné dans un article qui a été fort lu l'an dernier, pour l'élimination totale des bagarres au hockey parce qu'elles sont inutiles au déroulement du sport. De plus, j'essaie d'éviter les sports de combats pour les raisons évoquées ci-haut, voir quelqu'un volontairement scrapper sa cervelle ne m'intéresse pas, de là mon intérêt pour la question de la couverture des sports de combat et du discours des journaliste autour de ces pratiques...

Ce que j'ai oublié de mentionner, c'est que le répondant numéro 2, dans sa réponse, m'a mentionné qu'il avait souvent soulevé ce paradoxe tout en ne remettant pas en question le professionnalisme de ses confrères en précisant qu'ils ont le droit à leur opinion... Je suis entièrement d'accord, vous avez le droit d'aimer ce que vous voulez...

Justement, que pensez-vous de ça?

Envoyez-moi votre opinion et je reviendrai là-dessus...




(PS Si vous voulez savoir qui est le chroniqueur à l'origine de cette réflexion, googlez...)

jeudi 19 décembre 2013

Ontologie de l'odeur du hockey...





Petit essais ontologique...

Dimanche dernier, je suis allé voir le match des Stars de Montréal, équipe professionnelle féminine (au cas où vous ne le saviez pas), avec un de mes amis dans le vénérable Aréna Étienne-Desmarteau. En entrant dans l'enceinte de l'aréna, mon ami a fait remarqué que ça faisait longtemps qu'il n'avait pas mis les pied dans un aréna pour voir un match "live" (il a demeuré en France un bon bout de temps dans les dernières années) et qu'il s'ennuyait de cet ambiance... C'est resté dans ma tête et je me suis mis à réfléchir sur les odeurs du hockey...

J'aime beaucoup cet odeur que l'on retrouve dans un aréna. Je ne sais pas ce qu'elle est au fait, l'odeur des rejets de la zamboni dans un air frais émanant de la glace, je ne sais pas tant, je n'ai jamais fait de recherches. Pénétrer dans un aréna et avoir cet atmosphère me remplit toujours d'une sorte d'énergie, d'une sensation qu'on est à la bonne place, que l'on ne regrettera pas d'être venu voir un match de hockey. 

Vous n'aurez pas cette odeur dans un giga-aréna comme le Centre Bell, c'est dans ces petits arénas comme par exemple au ci-mentionné aréna Étienne-Desmarteau où on peut admirer Caroline Ouellette jouer sur la glace qui porte son nom ou dans tout autre aréna du Québec où vous pouvez vous rapprocher assez  de la glace pour sentir cet air froid pénétrer vos poumons et vous rend heureux...


Il y a d'autres odeurs aussi qu'on ne peut retirer du hockey... Il y a par exemple celui d'une rondelle neuve, cet amas de caoutchouc qui sent fort. Cette odeur s'amenuise par contre à mesure que l'on joue avec ladite rondelle jusqu'à ne presque plus rien sentir... 

Celui du "tape à palette" est tout aussi intéressant et autant sinon plus éphémère que celui de la rondelle... Texture molle et étrangement collante sur les côtés, il a une odeur assez distincte qui font des ces quelques minutes passées à se prendre pour un pro à essayer de faire un agencement de ruban sur le bout et sur la palette des plus esthétiques vous élèvent plus lorsque l'odeur tout aussi nauséabond que que rassurante du "tape à palette" entre dans vos narines... Si en plus vous sentez l'odeur de la patinoire sus-mentionnée, vous vous sentez presque aussi important qu'Alex Ovechkin ou PK Subban...

Mais il y a une odeur plus intense encore que celui de ces deux objets...

Je suis récemment allé voir un match des Redmen Hockey avec un ami français qui n'avait jamais vu de match de hockey de sa vie, on ne pas tout avoir dans la vie, déjà qu'il m'a comme ami. Je lui ai suggéré de s'asseoir très près du banc de l'équipe adverse, non seulement pour avoir une bonne vu sur ce qui se trame sur le banc mais pour une plus value de plus, il aurait peut-être la chance de sentir l'odeur unique d'un équipement de hockey...


Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je crois que tout le monde qui joue au hockey devient résiliant et en vient un jour à trouver cette odeur rassurante. Depuis que la série 24/7 mettant en vedette les Penguins et les Capitals nous a appris que même dans la NHL, même dans une équipe comme les Penguins avec le meilleur joueur au monde, l'équipement de hockey sent pas bon, on sait maintenant que l'odeur de l'équipement fait parti de la culture du hockey. Il faut donc vivre avec, du MAHG à la NHL. J'en soupçonne même avec qui j'ai joué depuis quelques années de tirer profit de cette odeur. On ne tournoie pas toujours avec aisance autour d'un gardien qui sent le vieux fromage qui sent les pieds... Il n'y a vraiment rien de sexy au hockey, on sent mauvais, on le sait et on vit avec...

Je vais me confesser, j'aime beaucoup cette odeur, je ne sais pas, ça me rappelle peut-être ma jeunesse ou je ne sais quoi... Remarquez que je ne ma suis pas rendu au niveau où on peut se faire mettre un beau gros gant gluant et puant dans le visage, j'aurais peut-être une autre opinion... 

Mais il y a une odeur de hockey que l'on ne peut pas, ou presque pas, reproduire de nos jours qui représente notre jeunesse, vous savez, un genre de paradis perdu du hockey...


Je crois que la journée où les cartes de hockey ont cessé d'avoir ces paquets cirés qui venaient coller sur certaines cartes et ce bâtonnet de "gomme balloune"(sic) farinée qui se répandait tout autant que la cire du paquet sur les carte et leur donnait une odeur particulière, il était évident que le monde de la carte de hockey n'avait plus sa raison d'être et .tait passé à autre chose. On était passé d'un plaisir pour enfant, d'un attrait ludique à un objet de collection, une chose auquel on ne peut plus toucher pour le plaisir de tâter, d'épingler sur un tableau, de coller dans un livre, de faire des matchs imaginaires où Guy Lafleur pouvait jouer avec Mats Näslund et Stéphane Richer sur le même trio vers un monde fini... 

Les cartes de hockey étaient dorénavant un musée personnel, une chose arrêtée où il était bien défendu de tirer plaisir de la chose à la manière d'un gamin... On ne jouait plus avec les cartes, on classait et mettait dans des cahier, devait ardemment garder en bonne condition parce que ça allait faire perdre de la valeur à la chose. On agissait dorénavant en cherchant la carte rare en ne sachant pas encore que ce qui fait ladite valeur d'une chose, c'est sa rareté, et une rareté non simulée... Parmi ce que les ti-culs s'amusaient à détruire parce que la carte de hockey avait son aspect ludique, peu sont demeurées intactes, passé le temps et gagné de la valeur... 

Selon moi, aucunes cartes de hockey avec un morceau de chandail et/ou un autographe ne pourra accoter une carte recrue de Mike Foligno pas scrap selon moi, surtout avec une superbe photo sombre de la sorte... 



C'est la même chose pour les jouets de collection, parce qu'ils n'ont pas été fait pour que les jeunes jouent avec, à quoi bon les collectionner... Mais restera de cette époque dans ma tête une odeur que jamais, justement à moins d'allonger l'oseille, je 

On a peut-être enlevé l'odeur de la friture des casse-croûtes d'aréna d'antan, on a peut-être mis au rancard ces carte de hockey cirées et farinées, mais heureusement, reste toujours l'odeur de l'aréna, l'odeur d'une puck neuve, d'un rouleau de tape à palette mais surtout l'odeur de l'équipement de hockey pour nous faire sentir que le sport qui a fait partie de nos vies...

On ne se doute jamais à quel point l'odorat peut être important dans le monde du hockey...

vendredi 13 janvier 2012

Un message pour Mike Cammalleri



Tiré de :
NIETZSCHE - AINSI PARLAIT ZARATHOUSTRA



De la guerre et des guerriers

Nous ne voulons pas que nos meilleurs ennemis nous ménagent ni que nous soyons ménagés par ceux que nous aimons du fond du cœur. Laissez-moi donc vous dire la vérité !
Mes frères en la guerre ! Je vous aime du fond du cœur, je suis et je fus toujours votre semblable. Je suis aussi votre meilleur ennemi. Laissez-moi donc vous dire la vérité !

Je n’ignore pas la haine et l’envie de votre cœur. Vous n’êtes pas assez grands pour ne pas connaître la haine et l’envie. Soyez donc assez grands pour ne pas en avoir honte !

Et si vous ne pouvez pas être les saints de la connaissance, soyez-en du moins les guerriers. Les guerriers de la connaissance sont les compagnons et les précurseurs de cette sainteté.

Je vois beaucoup de soldats : puissé-je voir beaucoup de guerriers ! On appelle « uniforme » ce qu’ils portent : que ce qu’ils cachent dessous ne soit pas uniforme !

Vous devez être de ceux dont l’œil cherche toujours un ennemi – votre ennemi. Et chez quelques-uns d’entre vous il y a de la haine à première vue.

Vous devez chercher votre ennemi et faire votre guerre, une guerre pour vos pensées ! Et si votre pensée succombe, votre loyauté doit néanmoins crier victoire !

Vous devez aimer la paix comme un moyen de guerres nouvelles. Et la courte paix plus que la longue.

Je ne vous conseille pas le travail, mais la lutte. Je ne vous conseille pas la paix, mais la victoire. Que votre travail soit une lutte, que votre paix soit une victoire !

On ne peut se taire et rester tranquille, que lorsque l’on a des flèches et un arc : autrement on bavarde et on se dispute. Que votre paix soit une victoire !

Vous dites que c’est la bonne cause qui sanctifie même la guerre ? Je vous dis : c’est la bonne guerre qui sanctifie toute cause.

La guerre et le courage ont fait plus de grandes choses que l’amour du prochain. Ce n’est pas votre pitié, mais votre bravoure qui sauva jusqu’à présent les victimes.

Qu’est-ce qui est bien ? Demandez-vous. Être brave, voilà qui est bien. Laissez dire les petites filles : « Bien, c’est ce qui est en même temps joli et touchant. »

On vous appelle sans-cœur : mais votre cœur est vrai et j’aime la pudeur de votre cordialité. Vous avez honte de votre flot et d’autres rougissent de leur reflux.

Vous êtes laids ? Eh bien, mes frères ! Enveloppez-vous du sublime, le manteau de la laideur !

Quand votre âme grandit, elle devient impétueuse, et dans votre élévation, il y a de la méchanceté. Je vous connais.

Dans la méchanceté, l’impétueux se rencontre avec le débile. Mais ils ne se comprennent pas. Je vous connais.

Vous ne devez avoir d’ennemis que pour les haïr et non pour les mépriser. Vous devez être fiers de votre ennemi, alors les succès de votre ennemi seront aussi vos succès.

La révolte – c’est la noblesse de l’esclave. Que votre noblesse soit l’obéissance ! Que votre commandement lui-même soit de l’obéissance !

Un bon guerrier préfère « tu dois » à « je veux ». Et vous devez vous faire commander tout ce que vous aimez.

Que votre amour de la vie soit l’amour de vos plus hautes espérances : et que votre plus haute espérance soit la plus haute pensée de la vie.

Votre plus haute pensée, permettez que je vous la commande – la voici : l’homme est quelque chose qui doit être surmonté.

Ainsi vivez votre vie d’obéissance et de guerre ! Qu’importe la vie longue ! Quel guerrier veut être ménagé !

Je ne vous ménage point, je vous aime du fond du cœur, mes frères en la guerre ! –

Ainsi parlait Zarathoustra

(En clair, bon débarras...)

lundi 15 mars 2010

Quand le hockey se technocratise...



Technocratie (de tekné, technique, art, et de kratos, pouvoir) : La technocratie est un système d'organisation politique ou sociale dans lequel les techniciens exercent une influence prépondérante dans les prises de décision. (source : Wikipédia)

Lors d'une discussion avec des amis sur un forum de discussion, un d'eux a fait part de la situation contractuelle de P.K. Subban suite à son court passage avec le Canadien avant les Olympiques. Il m'a dit, et vous me pardonnerez si je me trompe ici, que "techniquement" (retenez le mot), le Canadien devait retourner notre gentil jeune défenseur P.K. Subban à Hamilton afin qu'il ne joue pas plus qu'un certain nombre de matchs avec le Canadien cette saison afin que cette dernière ne soit pas considérée comme sa saison recrue. Il pourra donc jouer sa saison recrue l'an prochain et donc rester une saison de plus avec le Canadien au terme de ce cycle de contrats de recrue et de deuxième contrat et cie. Ne vous découragez pas, vous comme moi, fans de P.K., il pourra jouer aisément durant les séries éliminatoires parce que le nombre de matchs joués durant les séries ne s'accumulent pas... Encore une fois, je peux me tromper, je ne connais pas la convention collective de la NHL, mais ça me donne à réfléchir sur la condition du hockey contemporain...

Ça me fait penser à un autre détail récent qui est ressorti lors de l'embauche de Pierre Gauthier. Une des caractéristique qu'on a évoqué pouvant légitimer son embauche est le fait que Gauthier connaisse très bien la convention collective. Donc de nos jours, tout comme dans un poste de haut dirigeants dans un appareil gouvernementaux ou dans une compagnie privée, les meilleurs gestionnaires sont ces qui connaissent le mieux la constitution technique d'un organisation. Retenez le mot, technique...

L'une des questions principales qui traverse la philosophie contemporaine est la question de la technique dans la vie de tous les jours. Un des aspects de cette question concerne le degré de dépendance de l'homme face à elle. La technique est une chose qui est intrinsèque à l'homme, c'est l'art d'utiliser son savoir-faire en tant qu'humain afin de parvenir à exécuter une tâche du mieux qu'on peut. Donc depuis que l'homme des caverne a utilisé un morceaux de bois pour briser des choses ou des pierres pour allumer un feu jusqu'à nos jours, la technique fait parti de l'homme. Donc le fait d'utiliser des outils pour faire des tâches et de se rappeler comment les utiliser et d'améliorer ces outils fait parti de ce qui fait en sorte que l'être humain a pu se distinguer des autres animaux

C'est degré de dépendance à cette dernière qui vient inquiéter plusieurs philosophes en ce qu'ils voient l'homme en être de plus en plus soumis, jusque dans les petites facette de la vie. Voici un exemple que j'aime bien, la différence entre jouer de la musique avec un violon et jouer de la musique électronique par ordinateur, c'est en soi différent en ce que l'un possède beaucoup d'impératifs technique (alimentation électrique, amplification, programmation) que l'autre. Bien que le violon possède ses impératifs technique (boiseries, fabrication méticuleuse, archet...), jouer du violon est plus facile en ce qu'on dépend de moins de faits techniques afin de le pratiquer. Vous pouvez jouer du violon dans le bois, mais si vous voulez jouer de la musique techno dans une forêt, vous devrez traîner avec vous consoles, amplis, génératrices, câblage, etc. Ça ne m'empêchera pas, même à savoir ça, de faire et d'écouter beaucoup de musique électronique... On est tous paradoxaux...

Un des problèmes principaux qu'il peut resurgir de cette dépendance est dans le changement de la nature d'une chose. Le "méchant" philosophe Martin Heidegger l'explique d'une manière que nous les québécois pouvons très bien comprendre... Le philosophe explique dans son texte classique La question de la technique que les gens construisaient à l'époque des moulins rudimentaires afin de canaliser l'énergie d'une rivière. Les hommes pouvaient donc utiliser l'énergie d'une rivière sans trop peu déranger les poissons et autres trucs qui y vivent... Le problème survient quand on veut plus d'énergie et on y construit des barrages hydro-électriques de par le fait qu'on interfère dans la nature de la rivière. Quand on érige un barrage, et on le sait très bien au Québec, on perturbe le courant de cette rivière afin de créer de l'énergie...

Revenons au hockey et vous allez comprendre ce que je veux dire en guise de conclusion à propos de PK Subban... PK Subban est selon moi le meilleur espoir parmi les jeunes joueurs du Canadien et probablement celui qui est le plus apte présentement à évoluer avec le Canadien et à bien s'adapter à la NHL. Il est extrêmement talentueux, il a du charisme, du style, bref, tout pour faire lever les foules du Centre Bell. En plus, on a bien vu cette année comment Yanick Weber et Ben Maxwell ne sont pas encore prêts pour la NHL tandis que PK Subban est prêt selon moi. Et pour l'avoir vu jouer deux fois en personne cette saison, une en tant que Bulldog et une en tant que Canadien, je ne suis pas le seul je crois à avoir été instantanément soulevé par ce jeune joueur abrasif, à chacune de ces deux occasions, la foule scandant avec enthousiasme "PK! PK! PK!" Ce qui m'énerve dans toute cette histoire ce sont ces raisons invoquées (ou non invoquée) pour ne pas garder PK Subban à Montréal comme l'espace dans le plafond salarial ou la situation contractuelle que j'évoquais plus haut. Si ces raisons sont en raison de principes techniques, et bien le hockey est comme bien des choses de la vie, soumis à la technique... Toutes ces clauses de la convention collectives, ces plafonds salariaux, ces équipements hyper-technologiques qui influencent le jeu, ces jeux interrompus pour faire place à des pauses publicitaires et j'en passe viennent influencer profondément le jeu. Alors que tout devrait être une question athlétique, on a affaire plus souvent qu'à notre tour à des questions techniques... Si on engage un homme pour diriger une équipe ce n'est pas parce qu'il est un fin renard pour dénicher les joueurs potentiellement explosif et pour brasser des affaires comme Frank Selke ou Sam Pollock le faisaient jadis, mais parce qu'il connait bien la convention collective...

C'est dans cette ordre d'idée que le hockey est encore une fois à l'image de notre vie de tous les jours...

Ce n'est pas seulement le cas du hockey où des aspects de la vie deviennent à tous les jours un peu plus dépendants à la technique. Avez-vous vu ces émissions de Découvertes à Radio-Canada autour des olympiques où l'on parlait du développement des équipements des athlètes de haut niveau au sein de laboratoires de recherche universitaires? Mais laissons le champs du sport d'élite... Dans votre vie de tous les jours, quand vous êtes considérés comme un dinosaure parce que vous n'avez pas de cellulaires (comme moi) ou de télévision HD (encore une fois, comme moi), quand on vous parle plus des propriétés de la bouffe que de son bon goût (comme à l'émission Kenpai à Radio-Canada), quand vous ne pouvez plus réparer vous-même une voiture parce qu'elle possède un ordinateur et que nos talents de mécaniciens ne suffisent plus... C'est ça la technique qui prend de la place dans votre vie... C'est comme ne pas faire jouer un joueur en raison de détails technique dans une convention collective plus que pour son talent...

Je vous suggère Henri Lefebvre et Jacques Ellul plus plus amples lectures à propos de la technique...

Et vivement, on veut PK...

mardi 24 mars 2009

Leçon de linguistique pour les amateurs de sport : le positivisme.

Pas trop de hockey ici, mais une leçon qui peut changer votre vie. Voici un petit article sur l'utilisation d'un mot dont on fait usage un peu trop souvent dans le monde du sport en le sortant de sa signification courante. Si vous aimez la langue française et le sport, vous pouvez parfois avoir de la misère à marier ces deux passions à l'écoute de lignes ouvertes à la radio ou d'émission sportives à la télé par l'usage de la langue française qu'on y fait. Pour ma part, ça ne me dérange pas trop par exemple d'entendre les gens dire des "si j'aurais" sur les ondes de TQS, ça fait peut-être un peu parti de la game, de massacrer les conjugaisons de verbe, mais certaines utilisations de mots peut "gosser" un peu plus ma patience et me faire grincer les dents... J'aimerais, en tant que sociologue, parler ici de l'utilisation du mot positivisme dans les médias sportifs. Mauvaise utilisation quand même assez sournoise qui me scie la plupart du temps en deux.

On s'entend bien, je ne veux pas jouer le gars condescendant qui veut faire la morale sur la langue française. Je me dis simplement que la plupart des gens n'ont pas étudié en sciences sociales ou en philosophie et ne savent peut-être pas ce qu'ils font une erreur en utilisant ce mot. Je comprends que l'utilisation du mot positivisme par exemple par notre ami Jean-Charles Lajoie et ses auditeurs n'est pas faite d'une manière déplacée. Je dirais même que ça pourrait être plus logique d'utiliser le mot positivisme plutôt qu'utiliser le mot optimisme parce étymologiquement, ça fonctionne peut-être mieux. Mais la langue française n'étant pas à une chose complexe près, quand on est optimiste, on est rarement positiviste...


Le Petit Robert ne possède d'ailleurs qu'une seule définition pour ce mot qui est celle-ci : Ensemble des doctrines positives d'Auguste Comte. Doctrine qui se réclame de la seule connaissance des faits, de l'expérience scientifique. On peut également définir le positivisme comme une philosophie où seules les choses qui peuvent être vérifiées scientifiquement ou prouvées logiquement sont admissibles.

Le positivisme est donc une philosophie moderne qui a eu une influence énorme sur la pensée occidentale qui fut popularisée par Auguste Comte (1798-1857), celui-là même que l'on crédite souvent comme l'inventeur de la sociologie. Selon lui, l'esprit cognitif de l'humanité se développe d'une manière inexorable selon trois périodes historiques successives, la période théologique ou féodale, la période métaphysique ou abstraite et la période scientifique ou positive. Selon ce raisonnement, l'humanité traverserait donc trois phases de développement de la compréhension du monde à la manière de l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte d'un homme moyen. La première étant la phase où les explications sur le monde se font selon le Droit divin, donc par le religieux. Il s'agit de la période qui caractérise l'humanité jusqu'à l'Ancien Régime. La seconde phase est celle métaphysique, celle qui caractérise l'esprit des Lumières où la société serait régularisée selon des bases abstraites et idéalistes fondées sur l'état de l'humanité comme par exemple dans le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau. La dernière phase est celle où l'esprit humain en vient à la conclusion qu'on ne peut comprendre ni l'origine, ni la destination de l'univers. L'homme renonce donc à la question du "pourquoi?" et recherche par l'usage unique du raisonnement et de l'observation les lois effectives de la nature. Il s'agit donc du triomphe de la Raison, de l'Homme et du Progrès, le triomphe de la modernité... L'humanité aura à maîtriser successivement des sciences afin parvenir à l'âge positif. Ces sciences sont dans l'ordre : les mathématiques, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et enfin la sociologie comme science ultime de l'âge positif. C'est Compte d'ailleurs qui inventa le mot sociologie, rien de moins!

À l'époque où écrit Comte, les sciences sociales sont un outil s'opposant aux sociétés traditionnelles et militant en faveur du déploiement de la philosophie moderne. Il n'est donc pas surprenant de voir une attitude de propagateur de philosophie se muter en un discours quasi-religieux chez ce dernier. Compte n'était pas seulement un philosophe qui voulait voir naître une science, mais il avait une attitude de fondateur de religion, la religion positiviste. Cette religion est selon lui la religion de l'humanité, religion sans Dieu où l'homme adore l'humanité. Cette philosophie a eu un impact sur la société du 19e siècle qui persiste non seulement dans le discours scientifique contemporain mais également en des lieux où on ne le soupçonne pas. La "religion positiviste" a tellement eu un impact sur la société brésilienne par exemple que la devise du pays que l'on retrouve sur le drapeau brésilien, "Ordem e progresso", est, en fait, la devise du positivisme, "ordre et progrès"... Cette "religion" prévoyait également une paix universelle pour le XXe siècle... On voit que l'engouement pour cette religion n'a malheureusement pas eu l'effet escompté sur l'histoire de ce siècle...

Bref, le positivisme est une école de pensée qui a vécu son apogée au milieu du XIXe siècle est n'est donc pas un état d'âme où l'on voit le monde d'une manière positive, de voir du bon oeil même des évènements fâcheux et décevants comme la saison 2008-09 des Canadiens de Montréal...

Voici la leçon : Vous n'êtes donc pas positivistes à l'idée de voir Vincent Lecavalier jouer à Montréal, vous êtes plutôt optimistes.

Vous pouvez maintenant répéter cette phrase et utiliser le mot optimisme à la place de positivisme la prochaine fois que vous ferez une apparition dans les médias!


dimanche 8 février 2009

Brian Savage, pire joueur de l'histoire des Canadiens?


Je doute que peu monteront aux barricades devant cette affirmation, mais je m'explique pour ceux qui veulent des précisions... Quand on parle de hockey, on parle souvent de statistiques. C'est bien le fun de lire des statistiques et de les interpréter. Ça fait partie du mode de vie du fan de hockey, de connaître sur le bout des doigts des statistiques improbables. Tout le monde sait par exemple que dans mon cas, c'est une véritable passion de garrocher des statistiques idiotes sur la production de Kent Nilsson ou bien des Nordiques de la WHA. Mais parfois ça ne dit pas grand-chose sur l'état réel des choses. C'est d'ailleurs une des premières choses qu'on apprend quand on étudie en sciences sociales, c'est la limite des statistiques.

La très grande philosophe Hannah Arendt affirmait ceci à propos des statistiques dans son ouvrage classique Condition de l'homme moderne : Les lois des statistiques ne sont valables que pour les grands nombres ou pour les longues périodes; les actes, les évènements ne peuvent apparaître statistiquement que comme des déviations ou des fluctuations. Ce qui justifie la statistique, c'est que les évènements et que les grandes actions sont rares dans la vie quotidienne et dans l'Histoire. Et, cependant, le sens des rapports quotidiens se révèle en de rares actions et non dans la vie quotidienne, de même que la signification d'une époque de l'Histoire ne se manifeste que dans quelques évènements qui l'éclairent. (p.81)

En clair, ce que Arendt affirme c'est que ce n'est pas dans la linéarité du quotidien que l'Histoire se vit et l'application de la loi du grand nombre ne signifie pas grand-chose pour des actes exceptionnels. Mis dans la situation du hockey, interpréter la réalité par les statistiques peut être très trompeur. Voici quelques exemples afin d'illustrer ce propos. Saison 1989-90... Si on regarde les statistiques des Penguins de Pittsburgh, on peut voir en apercevant la production personnelle de l'équipe, que Mario Lemieux récolta 123 points, Paul Coffey en empocha 103 et John Cullen un bon 92, on peut penser que l'équipe avait du succès. Malheureusement, l'équipe ne se qualifia pas pour les séries. C'est dans la colonne des plus/minus que statistiquement on peut voir que l'équipe était quand même médiocre. Mario Lemieux termina la saison à -18, Coffey à -25 et Cullen à -13.

Autre exemple qui montre l'inverse. Les Capitals de Washington atteignirent la même année la finale de conférence. L'un des piliers de l'équipe, le défenseur Rod Langway, termina la saison régulière avec un total de 8 points dont aucun but et avec un différentiel de +7. Aucun joueur de l'équipe jouant régulièrement ne dépassèrent 79 points cette année-là et aucun joueur régulier ne descendu en bas du -10.

C'est pour ça que j'aime beaucoup le plus/minus comme statistique si on accepte de jouer le jeu qu'Hannah Arendt dénonce. C'est la statistique la plus efficace pour montrer comment un joueur peut être efficace sur la glace à un moment donné. Des joueurs peuvent avoir des saisons remarquables en termes de buts et de passes, mais les statistiques de plus/minus ne mentent rarement sur la performance de l'équipe... Un autre exemple, Ilya Kovalchuk a beau avoir marqué 52 buts en 2005-06, sa statistique de -7 nous montre qu'il jouait dans une équipe qui n'a pas fait les séries cette année-là. Le plus/minus va selon moi au-delà de la performance individuelle et montre d'une bonne façon si le joueur faisait partie d'une bonne équipe ou non. C'est en gros ce que la citation d'Hannah Arendt dénonce. Voilà comment j'en arrive à Brian Savage...

Je me suis récemment amusé à étudier les stats de toute l'histoire des Canadiens et étudier le plus/minus au total en carrière avec le Canadiens est un exercice vraiment intéressant. Au top 10 des meilleurs totaux de plus/minus en carrière, on retrouve ceci :

1. Larry Robinson +700
2. Serge Savard +492
3. Guy Lafleur +477
4. Steve Shutt +409
5. Jacques Lemaire +349
6. Guy Lapointe +347
7. Yvan Cournoyer +272
8. Peter Mahovlich +267
9. Jacques Laperrière +241
10. Pierre Mondou +215

Quand on analyse bien ces stats, on voit que la plupart des joueurs ayant le meilleur total de plus/minus en carrière avec les Canadiens, on s'aperçoit que les meilleurs sont les joueurs de la dynastie de la fin des années 70 mis à part Jacques Laperrière qui prit sa retraite en 1974. En passant, Larry Robinson est le détenteur du record de la NHL pour le total de plus/minus en carrière et gageons que ce record ne sera probablement jamais battu. Il faut dire aussi que le Canadiens ne calcule le plus/minus que depuis la saison 1967-68, donc on ne peut pas savoir pour combien Maurice Richard ou Boom-Boom Geoffrion ont joué en carrière et je crois bien que le +67 en carrière de Jean Béliveau doit être en réalité un peu beaucoup plus élevé.

Voici à l'inverse les 10 pires joueurs de l'histoire du Canadiens au total de plus/minus en carrière :

1. Brian Savage -51
2. Sheldon Souray -44
3. Craig Darby -36
4. Scott Thornton -28
5. Sergei Zolthok -25
6. Stéphane Robidas -25
7. Michael Ryder -24
8. Yannic Perreault -24
9. Patrick Traverse -24
10. Turner Stevenson -22

Okay, il n'y a pas de quoi écrire à sa mère, je suppose que les totaux des pires Nordiques de tous les temps doivent être pire... Mais remarquez le nom des joueurs... N'est-ce pas une bonne liste de joueurs qui nous ont fait sacrer à la fin des années 90 et au début des années 2000? Je suis d'ailleurs très content de voir Sheldon Sourray très haut dans ce palmarès... Encore une fois on ne tient pas compte de la période antérieure à 1967-68 parce que fort probablement des joueurs par exemple des années 1930 auraient pu se ramasser dans ce palmarès.

Par contre, à la défense de Brian Savage, encore une fois, un total de statistique comme je viens de faire état dresse un portrait sur une longue période, en aplatissant la carrière de Savage à Montréal... Dire par exemple comme je viens de le faire que Savage est le pire joueur du Canadiens selon le total en carrière de plus/minus avec l'équipe réduit grandement la carrière du joueur. Savage a terminé la saison 1997-98 avec un total de +11 et il accumula un sommet personnel de 26 buts à l'occasion de cette saison. Il s'agirait, si on se fit à la critique d'Hannah Arendt, d'une déviation.

Donc la morale de l'histoire c'est que les statistiques font sans aucun doute partie de l'action d'être fan de hockey, mais qu'est-ce qu'elles veulent vraiment affirmer... Est-ce qu'une statistique nous montre qu'un joueur s'est retrouvé dans une équipe médiocre et qu'il a joué une saison d'enfer jouant avec la langue sortie toute la saison mais sans résultat? Je ne crois pas. Les statistiques ont donc le problème de réduire une grande performance à un événement exceptionnel et on sait que parfois au hockey les événements peuvent avoir plus d'impact que n'importe quoi. Quand on se fit aux statistiques de plus/minus on soumet également le joueur à être victime de l'équipe pour lequel il évolue, donc sa performance personnelle dépend de beaucoup de facteurs externes... Comme quoi toutes les statistiques doivent être prises avec un grain de sel...

Je m'excuse à Brian Savage...