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mercredi 9 juillet 2025

Trève de hockey #113 - L'autre Mike Tyson

 

Dwight Gooden, Darryl Strawberry &, Mike Tyson, le boxeur




Mike Tyson n'a pas fini de faire parler de lui. Après son "combat" contre Jake Paul en novembre dernier, on croyait bien que "Iron Mike" se tiendrait finalement loin des rings. Mais de nombreuses rumeurs font mention d'un éventuel combat contre un ancien champion de MMA, Fedor Emelianenko. On verra bien ça dans le futur, mais ce n'est pas le sujet ici.

Avec Rickey Henderson

Ayant grandi dans le Bronx de New York, au travers de ses frasques de jeunesse, Tyson aimait bien le baseball et, il va de soi, les équipes de New York, soient les Mets et les Yankees. Aurait-il pu devenir un bon joueur de baseball ? L'histoire ne nous le dit pas. Quoique …

Michael Ray Tyson est né le 13 janvier 1950 à Rocky Mount en Caroline du Nord. Rapidement dans sa jeunesse, le baseball devint sa passion. Suite à sa graduation du "High School", Tyson fut repêché par les Cardinals de St-Louis au 3e tour du repêchage de 1970. Il disputa la saison 1970 dans le niveau A avec les Cardinals de St-Petersburg dans la Ligue de la Floride. L'année suivante, c'est avec les Reds de Modesto dans la Ligue de la Californie qu'il continua à affuter ses qualités offensive et à peaufiner son jeu défensif. Il fit le saut dans le niveau AAA avec les Oilers de Tulsa (non, pas ces Oilers de Tulsa là !) en 1972 et joua ses premiers matchs "dans le show" en fin de saison, amassant 7 coups sûrs en 13 parties avec les Cardinals.



Tyson s'est rapidement révélé être un joueur fiable. Sa polyvalence lui a permis de jouer à la fois à l'arrêt-court et au deuxième but, faisant de lui un atout précieux pour l'alignement des Cardinals. Tout au long de son passage à Saint-Louis, il était davantage connu pour son gant que pour son coup de bâton. Il était une présence défensive constante, transformant souvent les jeux difficiles en routine. Bien qu'il ne fût pas un frappeur puissant, sa capacité à mettre la balle en jeu et à contribuer à la stratégie offensive de l'équipe en faisait un élément clé de la rotation des Cards. Sa meilleure saison offensive eut lieu en 1976, avec une moyenne au bâton de ,286 (son meilleur résultat en carrière) avec 3 coups de circuit et 28 points produits, bien qu'elle ait été écourtée par une blessure qui lui fit raté la moitié de la saison.

Suite à la saison 1979, dû à l'émergence de Ozzie Smith, Tyson fut échangé aux Cubs de Chicago en retour du lanceur de relève Donnie Moore. À Chicago, Tyson continua d'assurer une défense fiable au deuxième but et à l'arrêt-court, contribuant à stabiliser le champ intérieur des Cubs. Bien que ses statistiques offensives aient décliné pendant son passage à Chicago, son professionnalisme et son expérience furent précieux dans un jeune club. Tyson a joué deux saisons dans la ville des vents avant de prendre sa retraite du baseball, lorsque libéré par les Cubs en mars 1982. En dix saisons dans les majeures, il a cumulé une moyenne au bâton de ,241 (714 coups sur en 2959 présences) avec 27 coups de circuit et 269 points produits en 1017 parties.


Et pour revenir au Mike Tyson plus connu, la dernière fois qu'il a été vu sur un terrain de baseball, c'est le 17 avril 2014, alors qu'il lança le lancer protocolaire avant un match opposant les Pirates de Pittsburgh aux Brewers de Milwaukee. Il a dû leur porter chance, car les Pirates ont massacré les Brewers au compte de 11 à 2.



jeudi 27 février 2025

Trève de hockey #111 - Quand le CH s'invite à la boxe

Kendall Holt et Timothy Bradley Jr







Quand on parle de sports, j'ai deux passions : le hockey et la boxe. Ce sont deux sports que j'ai pratiqué pendant plusieurs années étant jeune. Et comme pour le hockey, ce sont mes enfants qui m'ont relancé dedans. Mon fils aîné s'entraîne depuis 2019, a près de 20 combats à son actif et une médaille de bronze lors des championnats canadiens 2024. Alors que j'ai fait un retour au hockey, ce n'est pas un plan vraiment envisageable pour la boxe, mais j'ai pu m'entraîner à plusieurs occasions en sa compagnie. 

Alors que "la boxe" s'invite souvent au hockey, résultant en une pénalité de 5 minutes, il est plus rare que le hockey s'invite à la boxe. Le plus souvent quand ça arrive, c'est lors de l'arrivée des combattants, certains portant le chandail de hockey de l'équipe locale. Je l'ai déjà fait à mon 8e combat, mais je l'ai perdu, alors on n'en discutera pas plus longtemps. Parfois, c'est lors de combat d'exhibition pour des œuvres de charité, comme le combat de Dave Semenko contre Muhammad Ali.

Le 4 avril 2009, en finale d'un gala organisé par le promoteur Bob Arum qui avait lieu au Centre Bell de Montréal, on retrouvait son poulain Timothy Bradley Jr, un boxeur de Palm Springs en Californie, qui effectuait son premier (et seul) combat au Canada, tentant d'unifier sa ceinture de la WBC (World Boxing Council) à celle de la WBO (World Boxing Organization), détenue par son adversaire Kendall Holt, de Patterson au New Jersey. Mais pourquoi un gala à Montréal mettant en vedette deux américains ? Eh bien pourquoi pas ? Ce combat en fit le tout premier d'unification à avoir lieu à Montréal.

Pour l'occasion, Bradley a personnalisé sa culotte aux couleurs de l'équipe locale, avec toutefois une modification étrange au logo … Mais pourquoi autant d'attention envers les Canadiens de la part d'un Californien ? C'est que George Gillett, alors propriétaire du CH, était un des co-promoteurs de l'évènement.





Malgré une chute au tapis au premier et au dernier engagement, Bradley en fit assez pour l'emporter par décision unanime, devenant champion unifié WBC-WBO. Bradley a connu une excellente carrière par la suite, étant même vainqueur de Manny Pacquiao à une reprise (il a perdu les deux combats revanche). Il a pris sa retraite en 2016, avec une fiche de 33 victoires, 2 défaites, 1 combat nul et un "no-contest" et est maintenant analyste sur le réseau ESPN.

Relativement à la même époque, un autre boxeur montait sur le ring avec une culotte bleu-blanc-rouge. Le Jérômien Sébastien Gauthier a disputé quelques combats avec un ensemble (presque) identique au chandail du Canadiens, à l'exception de l'absence du logo. Ça paraissait bien quand il se battait au Centre Bell. Après une brillante carrière en boxe amateur, Gauthier a connu une belle carrière professionnelle étendue sur neuf ans. Il se retira en 2014, avec un fiche de 22 victoires, 5 défaites et un verdict nul.







mercredi 12 juin 2019

Dave Semenko contre Muhammad Ali



Repêché par les Aeros de Houston en 1977, les droits sur Dave Semenko dans l’AMH furent rapidement échangés à Edmonton. Semenko s’est donc joint aux Oilers avant celui qui définira sa carrière, Wayne Gretzky, qui a été acquis par eux au cours de la saison 1978-79.

En effet, tout au long de sa carrière, Semenko a été reconnu comme étant celui qui est / a été le fier-à-bras qui veillait sur Gretzky. Ce statut lui a d’ailleurs donné l’opportunité de faire quelque chose d’assez singulier pour un hockeyeur.

En juin 1983, Gretzky, qui venait de remporter son troisième championnat des compteurs, était bien établi. Par contre, en tant qu’équipe, les Oilers commençaient aussi à faire tourner les têtes. En effet, ils avaient le mois précédent atteint la finale de la Coupe Stanley pour la première fois. Ils avaient toutefois été balayés par des Islanders plus aguerris. Ils auront néanmoins leur revanche l’année suivante.

Mais avant d’entamer son parcours vers la Coupe, Semenko fut recruté pour un événement promu par l’oncle de son coéquipier Mark, Larry Messier. Ce dernier faisait partie de l’entourage du boxeur Muhammad Ali et avait quelques mois auparavant organisé une visite de Semenko et de ses coéquipiers au domicile de Los Angeles de l’ex-champion du monde.

Par la suite, il avait été décidé d’organiser un combat d’exhibition le 12 juin à Edmonton, entre Semenko et Ali, alors que ce dernier avait disputé son dernier vrai combat un peu plus d’un an plus tôt. Les profits de la soirée étaient destinés à des œuvres de charité. Ali affirma d’ailleurs qu’il ne participait pas à cette activité pour l’argent, car on ne pourrait pas payer ce qu’il vaut.

Alors qu’il effectuait la promotion du combat, Ali y alla d’un de ses poèmes dont il avait l’habitude de prononcer :

“Ali comes to meet Semenko

“But Semenko starts to retreat

“If Semenko goes back an inch further

“He’ll end up in a ringside seat

“Ali swings with a left

“Ali swings with a right

“The punch knocks Semenko

“Clean out of sight

“Semenko is still rising

“But the referee wears a frown

“For he can’t start counting

“Until Semenko comes down.

“Semenko disappears from view

“The crowd gets in a frantic

“Radar has located him

“He’s somewhere off the Atlantic.

“Who would have thought

“When they came to the fight

“That they would have watched the launching

“Of a Canadian satellite.”


En bout de ligne, près de 6000 personnes ont assisté au combat de trois rondes, précédé de six combats de kickboxing. Dans le coin de Semenko, on retrouvait Butch Goring des Islanders et Ron Low, l’ex-gardien des Oilers, à ce moment avec les Devils.

Ali a fait le fanfaron pendant la plus grande partie du combat, avant d’ouvrir (un peu) la machine à la fin de la troisième ronde. Officiellement, le match a été déclaré nul, même si Semenko a quitté le ring en saignant du nez.


À la fin du combat, lorsqu’on a demandé à Ali si Semenko pourrait devenir boxeur, il a répondu que oui, mais que ce ne serait pas une bonne idée. De son côté, Semenko affirma qu’il comprenait pourquoi Ali avait été un si grand champion et qu’il était heureux de l’avoir affronté après qu’il eut franchi le cap des 40 ans.

On n’imagine pas aujourd’hui une équipe de la LNH qui laisserait un de ses joueurs participer à un tel événement…

Par la suite, Semenko remporta deux Coupes avec les Oilers, en plus de jouer quelques matchs avec les Whalers et les Maple Leafs.

Il est ensuite revenu dans l’entourage des Oilers comme entraîneur-adjoint, commentateur et dépisteur. Il est décédé en 2017 à 59 ans, d’un cancer du pancréas.

Quant au flamboyant Ali, il fut grandement diminué par la maladie de Parkinson, avant de s’éteindre en 2016, à l’âge de 74 ans.

Sources: “Ali still packs quite a wallop”, CP, 13 juin 1983, Calgary Herald, p.E5, “Just like the old time for Ali in Edmonton”, AP, 13 juin 1983, The Deseret News, p.D5, “Remembering The Time Muhammad Ali Fought Oilers Tough Guy Dave Semenko” de Jared Clinton, 4 juin 2016, The Hockey News (thehockeynews.com), “My two hours with Muhammad Ali” de Terry Jones, 4 juin 2016, Edmonton Sun (edmontonsun.com), hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

lundi 27 mars 2017

Muzz Patrick



Murray “Muzz“ Patrick est né dans une famille de hockey. Son grand-père Joseph a aidé à la construction des premières patinoires artificielles au Canada, à Vancouver et Victoria.

Son père, Lester, est un pionnier du hockey dans l'ouest, tout comme son oncle Frank. D’ailleurs, en 1926, il a mené les Cougars de Victoria de la WHL à la Coupe Stanley. Immédiatement après, la ligue fut dissoute. Il s’agissait donc de la dernière fois qu’une équipe ne faisant pas partie de la LNH aspira à la Coupe Stanley. De leur côté, le jeune Murray (11 ans) et son frère Lynn (futur joueur, entraîneur et directeur-gérant dans la LNH) en ont profité pour “graver“ leur nom sur la Coupe. L’année suivante, le paternel est devenu le premier entraîneur de l’histoire des Rangers.

Athlète polyvalent, Muzz excellait au basketball, au football et en cyclisme. Il a même été champion canadien amateur des mi-lourds en boxe. Mais quand on est un Patrick, l’attrait du hockey est fort. Son père l’envoya alors avec son frère Lynn étudier à McGill. Pendant son séjour à Montréal, il poursuivit son apprentissage de hockeyeur, avant de signer avec l’organisation de son père, les Rangers.

Après quelques saisons à faire son chemin, c’est finalement en 1937-38 qu’il joua son premier match avec les Blueshirts. Il ne rata pas son entrée, puisqu’il amassa deux passes. C’est toutefois l’année suivante qu’il fit sa place de façon permanente à New York.

Défenseur robuste, il eut également l’occasion de mettre ses talents de boxeur à profit. En 1939, il était venu à la défense de son coéquipier Phil Watson, qui se faisait “masser“ le cou par le bâton d’Eddie Shore. Patrick n’eut besoin que d’un coup de poing pour se débarrasser du pas très commode Shore.

C’est aussi en 1939 que son père, Lester, céda le banc des Rangers à Frank Boucher pour se concentrer sur sa tâche de directeur-gérant. Le changement sembla porter fruit, puisque les Rangers remportèrent la Coupe Stanley, leur dernière jusqu’en 1994.

En 1941, comme plusieurs autres joueurs des Rangers, Patrick se retrouva dans l’armée, ce qui laissa l’équipe en difficulté. Il combattit en Afrique du Nord, en France et en Italie, avant de revenir avec les Rangers en 1945-46.

Le retour dans la LNH ne dura toutefois que 24 matchs. Par la suite, il fut joueur-entraîneur avec les Saints de St-Paul (dans l’USHL) et les Rockets de Tacoma (dans la PCHL).

En 1953-54, il remplaça Frank Boucher derrière le banc des Rangers. Il devint ainsi le troisième Patrick, après son père Lester et son frère Lynn, à remplir ce rôle. (Son neveu Craig, le fils de Lynn, occupera le même poste dans les années 1980.) Après une autre saison en 1954-55 où les Rangers ratèrent les séries, Patrick laissa son poste d’entraîneur pour à nouveau remplacer Frank Boucher, comme directeur-gérant cette fois. C’est son ex-coéquipier, Phil Watson, qui devint entraîneur.

Il demeura directeur-gérant jusqu’en 1964, période pendant laquelle les Rangers eurent vraiment peu de succès. Son règne fut tout de même marqué par les acquisitions de Doug Harvey et de Jacques Plante. Il a également effectué un bref retour derrière le banc en 1962-63.

Il a ensuite occupé divers postes administratifs chez les Rangers jusqu’en 1973.

Il est décédé en 1998, à l’âge de 83 ans.



Sources : “Here’s a toast to one of the sports’ most stories trophies – the Stanley Cup” de Dave Anderson, 10 juin 1994, The Spokesman – Review, p.C7, “Muzz Patrick, 83, a Ranger on 1940 Stanley Cup Team” de Joseph Durso, 25 juillet 1998, The New York Times (nytimes.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.

vendredi 12 décembre 2014

La philosophie de l'orangeade...









J'ai commencé la réflexion à propos de cet article il y a plusieurs mois.

C'était en mars dernier, alors que j'écoutais la radio. Une personne payée pour parler de sport faisait une chronique à ladite radio en dénonçant l'inaction de la NHL dans le dossier des coups à la tête et s'est mis par la suite à parler de l'actualité concernant la boxe locale comme il a dû faire des centaines de fois.  Banal, bien sûr, mais m'est donc passé par la tête l'idée de faire le troll et de mentionner ceci sur Twitter :

Rien de mieux que d'entendre (nom de la personne) à la radio dénoncer la violence au hockey et parler de boxe après...


Ce à quoi ladite personne me répondit :


@PuckTaVie Comme je critiquerais les tirs des poignets à la boxe. 


Trouvant cette réponse plus que niaiseuse, je lui répondis ceci :


Moi, (nom de la personne), je vois ça comme dire que l'orangeade est meilleure pour la santé que le Pepsi parce qu'il y a un fruit sur l'étiquette... 

De là les bases de ma philosophie de l'orangeade...



À partir de là, je me suis posé cette question : "N'est-ce pas paradoxal que certaines personnes dans les médias sportifs d'un côté ont pour discours disons éditorial la dénonciation de la violence dans un sport comme le hockey tout en faisant une couverture apologétique de sports de combat comme le mixed martial arts et la boxe?"

Je suis donc parti de cette question et j'ai écrit à plusieurs journalistes sportifs que je respecte beaucoup en leur posant la question susmentionnée en précisant que je ne croyais pas avoir al bonne réponse, que je voulais simplement connaître leur opinion...

Beaucoup m'ont répondu, mais entre temps, l'idée d'écrire un texte de la sorte m'a déchanté, trouvant le sujet plus ou moins intéressant...

Mais j'ai lu cette semaine le texte d'Yves Boisvert à propos de la boxe affirmant notamment que ce sport était "ammanché". Dans ce texte, Boisvert pose cette question :

Peut-on s'émouvoir le lundi des commotions cérébrales au football et au hockey, dénoncer les ligues professionnelles qui ne protègent pas les athlètes... et applaudir à un knock-out le samedi? 

À cette question, il répondit "On dirait que oui!"

Donc animé de cette question que Boisvert a posé dans son article, j'ai décidé de terminer ce texte en mettant, d'une manière assez empirique, les réponses que les journalistes m'ont donné au printemps dernier. Je vais éviter de mentionner qui m'a répondu quoi, leur ayant garanti l'anonymat dans mon courriel où je leur posait la question, c'est mon côté sociologue... Donc voici les réponses de ces journalistes, vous comprendrez que c'était au printemps par les références à Parros et Vanek...

Vous pouvez par contre voir que ce court échantillon va dans différentes voies...

Réponse numéro 1 :

Personnellement, je ne vis pas ce paradoxe parce que j'aime seulement les combats arrangés, pas les vrais. Donc boxe et MMA, ça ne vient pas me chercher... 


 Je pense qu'il y a une question de consentement cachée derrière ça. Un boxeur et un athlète de MMA consent à laisser sa santé entre les câbles. Cette notion est moins claire au hockey, et je suis convaincu que des joueurs comme Desharnais, Pacioretty, Vanek et Brière assument un peu moins de manger des volées que des joueurs comme Prust et Parros, dont le travail consiste à être violent (et forcément, à recevoir de la violence). 



Il y a sans doute aussi les mêmes contradictions qui touchent les 21 273 spectateurs au Centre Bell chaque soir. Ces spectateurs qui applaudissent les bagarres, mais qui se scandalisent dès qu'une bagarre finit avec un joueur sur une civière.


Réponse numéro 2 :

(...) il est paradoxal, en effet, que les gradins du Centre Bell puissent être remplis, un soir, de gens qui pensent que le cerveau d'un joueur de hockey et sa santé à long terme sont primordiaux et que les coups à la tête doivent être éliminés. Et que le lendemain, le même amphithéâtre puisse accueillir 22000 personnes qui trouvent savoureux que le cerveau d'un combattant du MMA ou d'un boxeur soit réduit en miettes. 


Réponse numéro 3 :

Je pense qu'il y a une grosse différence à faire; le hockey n'est pas un sport de combat, la boxe et les MMA le sont. Le hockey est devenu (en partie) un sport de combat parce que les patrons de la LNH jugent que c'est bon pour les affaires. Ce n'est pas du tout la même chose. 



Donc voilà le concept de philosophie de l'orangeade...

Si on retourne avec mon "trollage" original, on voit bien, à la lueur de ce que ces journalistes m'ont répondu, que ce paradoxe que j'appelle la "philosophie de l'orangeade" est très bien illustré par la réponse numéro 3. En affirmant qu'il y a une différence parce qu'un possède une étiquette particulière (sport de combat), on légitime une chose qui est considéré comme étant plus ou moins acceptable dans un autre cadre. Le répondant numéro 1, bien qu'acquiesçant l'aspect paradoxal de la situation présentée dans la question, mentionne que le combattant consentait à combattre. Donc, omis les conséquences de la pratiques de sports de combats, il y a, selon ces journalistes, l'acceptation de se battre, contrairement , mais je dirais plus ou moins, au hockey...

Reste encore le constat du paradoxe...

Je tiens à vous rappeler que je ne suis pas plus fin qu'un autre, je suis tout autant reptilien que le fan de hockey commun, me levant de mon siège quand il y a une bagarre et m'insurgeant quand un joueur sort sur une civière. Je suis par contre, comme je l'avais mentionné dans un article qui a été fort lu l'an dernier, pour l'élimination totale des bagarres au hockey parce qu'elles sont inutiles au déroulement du sport. De plus, j'essaie d'éviter les sports de combats pour les raisons évoquées ci-haut, voir quelqu'un volontairement scrapper sa cervelle ne m'intéresse pas, de là mon intérêt pour la question de la couverture des sports de combat et du discours des journaliste autour de ces pratiques...

Ce que j'ai oublié de mentionner, c'est que le répondant numéro 2, dans sa réponse, m'a mentionné qu'il avait souvent soulevé ce paradoxe tout en ne remettant pas en question le professionnalisme de ses confrères en précisant qu'ils ont le droit à leur opinion... Je suis entièrement d'accord, vous avez le droit d'aimer ce que vous voulez...

Justement, que pensez-vous de ça?

Envoyez-moi votre opinion et je reviendrai là-dessus...




(PS Si vous voulez savoir qui est le chroniqueur à l'origine de cette réflexion, googlez...)

mercredi 26 mars 2014

Un match de boxe baseball/hockey qui n'a pas eu lieu...





Comme vous le savez sans doute, le Canadien a battu les Bruins dans un match assez intense lundi, mettant fin à une séquence de 12 victoires de l'équipe de la ville en forme de bine. La défaite des Bruins mis en aux oubliettes l'espoir de de battre un record d'équipe datant de la saison 1929-30 de 14 victoires consécutives... Ce record, bien que vieux, est assez unique, il fallut plus de 50 ans avant que ce record de victoires (donc aucun match nul!) ne fut battu par les Islanders en 1982. Cette marque demeure la troisième plus longue séquence de l'histoire. 

Cette saison des Bruins fut assez florissante notamment en termes de records, car en plus de ce record, deux records encore jamais battus aujourd'hui furent établis, soit celui du moins matchs nuls (1) et du moins de défaites en une saison (5) en plus d'un autre record qu'il fallut attendre dans les années 70 pour voir tomber, celui du plus de victoires à domicile avec 20. Ce record fut égalé en 1976 par les méchants Flyers de Philadelphie avant de n'être battu par les Red Wings qu'en 2011-12 avec 23...

Vous serez par contre soulagé de savoir que ce sont toutefois les Canadiens de Montréal qui remportèrent la Coupe Stanley au printemps 1930... Tout ça rappelle également cette fameuse saison 1970-71 où les Bruins cassèrent tout, battirent une tonne de record et furent défaits par le Canadien au printemps...

(Lionel Hitchman, Myles Lane, George Owens et Eddie Shore en 1929)


Ce qui fut, lors de la fameuse saison 1929-30, la clé du succès des Bruins, fut un changement de règlement qui changea à jamais la face du hockey. C'est à l'orée de cette saison que la NHL permit aux joueurs de faire des passes vers l'avant en zone offensive. Avant cette saison, donc, les joueurs ne pouvaient faire des passes vers l'avant qu'en zone défensive, ce qui donnait beaucoup de latitude aux gardien. Ce règlement allait tellement changer le hockey, notamment à la position de gardien, en facilitant l'attaque et ainsi augmentant le nombre de buts. L'exemple le plus flagrant pour illustrer la chose fut la fiche du gardien du Canadien George Hainsworth. Lors de la saison 1928-29, le légendaire gardien du Canadien établit des records presque imbattables de nos jours de 22 blanchissages pour une moyenne de 0,92 et passa la saison suivante à une fiche de 4 blanchissages et une moyenne de 2,42...

Mais une chose assez inusitée se produisit également en 1929-30. En janvier 1930, au Garden de Boston, un combat de boxe assez inusité se produisit entre le joueur des White Sox Art Shires et un autre joueur des Braves de Boston nommé Al Spohrer. Shires s'était fait connaître quelques temps plus tôt en affrontant un joueur des Bears de Chicago nommé George Trafton dans un match où des soupçons de trucages qui furent écartés...

Mais suite à sa victoire contre Spohrer, des tractations se firent dans la ville de Boston pour que Shires affronte le redoutable défenseur des Bruins Eddie Shore. On reconnaît Shore dans l'histoire du hockey comme le premier grand leader des Bruins et notamment celui qui donna à cette équipe son identité d'équipe robuste. Déjà, à cette époque, on reprochait au jeune Shore d'être l'un des joueurs les plus salaud et il fut ainsi considéré pour être celui qui allait sauver l'honneur de la ville de Boston. 

(Art Shires)

Ainsi, la direction de la NHL laissa à la discretion des Bruins le choix de permettre ce match, chose qui fut accordée. Par contre, ce fut le juge Kenesaw Mountain Landis qui mit son véto et interdit la tenue d'un tel combat. Par la suite il décida de passer une loi interdisant à tout joueurs de prendre part à un match de boxe à moins de prendre sa retraite officielle du baseball... La décision mit un terme à la carrière de boxeur de Shire et pour sa part, sa carrière de baseballeur se termina ironiquement quelques années plus tard alors qu'il portait l'uniforme des Braves de Boston... 

Presque à la même époque, Eddie Shore se fit encore plus connaître comme le joueur le plus salaud de la NHL en défonçant le crâne du joueur des Leafs Ace Bailey, mettant fin à sa carrière... Le geste donnera lieu au premier match des étoiles, match qui servait à amasser des fonds pour venir en aide à Bailey la famille...

Il était comme ça, Eddie Shore...



lundi 7 novembre 2011

Retour sur le combat de samedi à Québec



(Comme je l'ai fait l'an passée avec le combat Pascal-Hopkins, j'ai demandé à mon ami Max de me faire un résumé de son expérience au Colisée Pepsi samedi dernier pour le combat de Lucian Bute. Je lui ai également demandé de se trouver un nom de joueur de hockey pour faire comme les autres collaborateurs. Alors voici une nouvelle chronique Boxe avec Max AKA ZarleyZalapski)

Soyons sincères et avouons le : Nous, les québécois, sommes des chiâleux. Je ne sais pas si c'est par jalousie ou par méchanceté intrinsèque mais à chaque fois qu'un membre de notre tribu réussit dans un quelconque domaine, que ce soit les affaires, les arts, le sport ou peu importe, on se met en gang pour minimiser le succès de cette personne en disant que c'est un crosseur, qu'il l'a eu facile, ou que ce n'était pas mérité pour n'importe quelle baliverne qu'on peut trouver pour contenter le petit diable qui nous souffle la haine à l'oreille depuis notre épaule.

Ce qui m'amène à vous demander de ne pas tomber dans ce piège lorsqu'il s'agit de Lucian Bute. Bute est sans contredit un des meilleurs, sinon LE meilleur 168 livres de la planète. Contrairement aux faussetés véhiculées par certains pour qui la boxe n'existait pas avant que Joachim Alcine ne casse violemment le nez de Stéphane Ouellet par une froide soirée de décembre 2004, Lucian Bute est le "real deal". Une classe à part. Un boxeur comme il s'en fait très peu. Quelque chose qu'on ne voit qu'une fois par génération. Il l'a prouvé une fois de plus en surclassant hier soir le vétéran Glen Johnson, un boxeur qui ne s'était jamais fait servir une leçon de boxe comme celle qu'il a reçue hier soir. Un seul regard vers la feuille de route du "Road Warrior" vous montrera qu'il a livré des batailles à des pugilistes dont la crédibilité n'est plus à faire. Carl Froch, Tavoris Cloud, Chad Dawson, Antonio Tarver, Roy Jones Jr et j'en passe. Oui, ces gars-là ont battu Johnson à un moment ou à un autre (bien que certaines des décisions furent très douteuses) mais aucun ne l'a fait avec autant de finesse, d'habiletés et d'autorité que Lucian Bute hier soir.

La manière dont Bute a dominé Johnson et dont il a passé le K-O à 80% de ses adversaires (24 KOs sur 30 victoires) sont les raisons pourquoi Mikkel Kessler a préféré aller se cacher chez lui au Danemark et Kelly Pavlik a fait volte-face une semaine avant que la promotion du combat commence, refusant 1.3 millions de dollars en disant qu'il n'irait pas "affronter un gaucher pour des peanuts". Je ne sais pas pour vous, mais 1.3 millions de dollars ça fait pas mal de peanuts. Ces boxeurs là savaient exactement dans quoi ils s'embarquaient s'ils signaient au bas du contrat qui officialisait un combat contre Lucian Bute : ils allaient se faire corriger royalement. Personne ne veut ça. Pas quand il s'agit de ta carrière. Les adversaires contre qui Bute a défendu sa ceinture jusqu'à présent méritaient une chance pour le titre de l'IBF et Lucian les a fait mal paraître en s'en débarrassant à grand coup d'uppercuts au foie. Certains d'entre eux avaient déjà affronté des participants du Super Six** et leur ont donné beaucoup plus de difficultés. Il va sans dire que les Kesslers et Pavliks de ce monde ont pris des notes.

Une performance aussi dominante a par contre ses revers, ce n'était certes pas le combat le plus excitant de la soirée! La palme revient à Sébastien Gauthier et Steve Molitor qui s'en sont donné à cœur joie pendant 10 solides rounds ou tout y était. Action, pression, combinaisons et une coupure qui saignait à profusion. Gauthier a peut-être trop voulu en faire lors des deux premiers rounds et a semblé manquer d'énergie dans la deuxième moitié du combat à cause de ça. Au final, c'est Molitor qui l'a emporté par décision partagée (2 juges contre 1). Une décision contraire n'aurait pas été surprenante, et si jamais on présente une revanche sur une sous-carte d'un prochain gala, j'achète!

On ne peut pas en dire autant de Sébastien Demers et Allan Green, qui semblaient plus avoir envie de pratiquer leur valse pour être prêt pour leur cours de danse de mardi soir au centre communautaire que de se cogner dessus. Green, qui s'était fait passer KO par Glen Johnson en novembre 2010, a finalement remporté pratiquement tous les rounds de ce festival d'accrochage et a infligé une troisième défaite d'affilée à Demers pour qui ça sent la fin …

Le point d'exclamation de la soirée revient par contre à Pier-Olivier Côté. Le sympathique "Apou", que j'ai le plaisir de croiser de temps en temps en déambulant dans Limoilou, a soulevé la foule avec un fulgurant knockout de Jorge Luis Teron qui avait pourtant été choisi parce qu'il était vu comme un adversaire crédible qui pouvait tester Côté. Ce qui est encore mieux, c'est que tout ça s'est déroulé en direct aux USA sur les ondes de Showtime et que ça a été vu par plusieurs centaines de milliers de personnes.


Le reste de la carte était sans histoire. Notons au passage la victoire par KO de Kevin Bizier au dépends d'un obscur Danois qui semblait complètement dérouté et qui n'avait pas vraiment envie d'être là. Côté pur divertissement, il y a eu le KO spectaculaire de Schiller Hyppolite sur Dale Golden, qui n'a apparemment de golden que le nom. Mention honorable aux danseuses habillées en petits kits moulants "Coors Light" qu'Interbox avait pris le soin de placer au dessus des sorties et à l'idiot qui criait toujours "FAIS-Y MANGER D'LA MAAAAAAAARDE" pendant les combats.

Nous avons la chance au Québec d'avoir dans notre cour un athlète comme il s'en fait peu. Quelqu'un qui a le pouvoir de transcender son sport et devenir un symbole sur la scène internationale. Lucian Bute est cet athlète. La porte est tout juste devant lui et quand viendra le temps d'affronter le gagnant du duel entre Carl Froch et Andre Ward en finale du Super Six qui a lieu le 17 décembre prochain, il aura l'occasion de donner un coup de pied dans cette porte pour la défoncer et mettre son nom dans le top 10 des meilleurs boxeurs "livre pour livre" de la planète. On ne réussit pas ça par hasard. Je vous invite fortement à apprécier son travail et sa carrière. Faites vous une faveur et allez le voir boxer. Vous pourrez vous dire dans quelques années que vous étiez là et que vous l'avez vécu. N'en déplaise à tous ceux qui prétendent qu'il est surprotégé, qu'il a affronté des bums, ou peu importe quelle autre excuse qu'ils peuvent inventer, Bute est juste trop fort. Comme Mario Lemieux l'était avant lui. C'est bizarre, mais je ne me rappelle pas avoir entendu qui que ce soit dire que les gardiens de but qu'il affrontait et les défenseurs qu'il contournait étaient tous des bums …

** Le "Super Six" est un tournoi organisé par le réseau américain Showtime et qui implique 6 des meilleurs 168 livres au monde. Lucian Bute n'a pas été invité à ce tournoi. Showtime, reconnaissant sa bourde, lui a fait signer un contrat de télédiffusion pour 3 de ses combats dans l'espoir qu'il en affronte le gagnant à leur antenne.

jeudi 7 juillet 2011

Trêve de hockey #43 : Le prochain jambon à affronter Lucian Bute

Si vous trouvez qu'il affronte toujours des jambons, ne regardez pas ce vidéo...

C'est le combat qui a fait de Jean-Paul Mendy l'aspirant numéro un...




Vous ne le voyez pas à la fin, mais Mendy qui est aussi sonné qu'un hit-hat d'un drummer de death metal l'emporte par disqualification...

C'est rendu presque comme dans Les Simpsons quand Homer affronte des hobos son affaire...

Sérieusement, vous me ferez signe quand Lucian Bute affrontera un bon boxeur...

Parlant de death metal :



dimanche 19 décembre 2010

Trêve de hockey #33 : Grosse fin de semaine de boxe à Québec


Quand j'ai vu le résultat du combat de boxe d'hier à Québec et que j'ai vu que mon ami d'enfance et passionné de boxe Max y était, je lui ai demandé subito presto de m'écrire un petit compte rendu de son expérience du week-end qui bien sûr culmina avec le controversé combat entre Jean Pascal et Bernard Hopkins...

Voici donc le récit de mon ami Max que je remercie :

Nous nous sommes présentés à la pesée vendredi après-midi au Château Bonne Entente mon père et moi afin de bien se préparer mentalement à la soirée de samedi et se "mettre dans le beat". C'était assez impressionnant d'être parmi tous ces boxeurs que j'ai soit vu à la télé plusieurs fois ou entendu parler sur les différents sites de boxe sur Internet. J'étais entre autres très curieux de voir Paulie Malignaggi, un boxeur que j'ai vu à de nombreuses reprises à HBO ou à la télé à la carte. L'ambiance était assez décontractée et chacun des athlètes se prêtaient aux rituels d'usage sans tambours ni trompettes. Photographies promotionnelles, pesée officielle et même l'occasionnel autographe. Les boxeurs étaient très cordiaux et se laissaient approcher facilement. J'ai même eu l'occasion de serrer la main au "Classy" Jimmy Lennon Jr.! Un très gentil monsieur …

La tension a évidemment monté d'un bon cran lorsque fut venu le temps de la pesée officielle de l'évènement principal, vers 15h. Hopkins a fait son entrée comme un boulet de canon dans la pièce, la traversant sans croiser qui que ce soit du regard. Pascal était plus "showman", fidèle à ses habitudes, faisant des poses et exhibant ses muscles pour le grand plaisir des jeunes femmes présentes … Une fois la pesée terminée, Hopkins n'a pas du tout apprécié l'arrogance de Pascal et son insistance à ne pas vouloir le quitter du regard et, à la limite, lui marcher sur les pieds. Il est reparti comme il est entré, extrêmement rapidement, sans adresser la parole à personne. Pascal a posé un peu et s'en est allé ensuite lui aussi. J'ai adoré l'expérience d'assister à la pesée. Ça prépare très bien le gala et nous met au parfum de l'ambiance qui règne au sein des clans qui vont s'affronter.

La soirée de samedi a commencé au Mike's sur la première avenue à Limoilou. Rien de trop classe, quoi… Fait intéressant, la placière nous demandait si nous allions au gala et nous plaçait dans une section planifiée à cette fin en cas d'une réponse affirmative. Le personnel était très curieux à propos du gala et posait plusieurs questions. L'endroit s'est rempli rapidement de gens qui voulaient une petite bouffe rapide et pas chère avant de se rendre au Colisée.

Nous nous sommes pressés d'arriver pour 18h vu que le début des combats était prévu pour cette heure-là, mais nous avons quand même raté le combat d'ouverture entre Pierre-Olivier Côté et Cesar Soriano, qui n'a duré en fait que 30 secondes. Notre soirée a donc commencé par le percutant knock-out de Peter "Kid Chocolate" Quillin sur le pauvre Martin Desjardins qui était envoyé à l'abattoir.

En voyant Quillin distribuer des "Hershey's kisses" à la foule après le combat (le gars porte bien son surnom) je n'ai pas pu m'empêcher de penser que les boxeurs me rappellent un peu des joueurs de baseball de par leurs extravagances, leurs manies et leurs "tics". On les voit faire du shadow boxing, se délier les muscles, faire des petites pauses et sautiller sur place et on jurerait un gars au cercle d'attente, un échauffement d'avant-match aux Capitales ou encore les frasques de Pascual Perez sur le monticule des Expos ya une vingtaine d'années (déjà). Ces gars-là sont des personnages, un peu comme à la lutte. Ils ont une personnalité qui ressort de partout, ça passe par les couleurs de leurs costumes jusqu'au surnom qu'on leur donne. Comme Paulie "Magic Man" Malignaggi, qui a des airs de Randy "Macho Man" Savage avec ses franges et ses costumes multicolores.

La foule était vivante et très vocale, mais je dirais que dans l'ensemble elle était composée de néophytes qui ne connaissaient pas vraiment d'autres boxeurs que Jean Pascal et ne savait de Bernard Hopkins que ce que TVA et le Journal de Québec leur a racontés. Ça a donné lieu a certaines perles du genre : "Mon dieu, 10-9 pour le round! C'est serré!". Il faut par contre rendre à César ce qui lui appartient : la foule est arrivé tôt et le Colisée a été rempli rapidement. C'est tout le contraire des nombreux galas qu'on peut voir à la télé à la carte en direct de Las Vegas où l'aréna ne se rempli que pour la demie-finale et la finale.

Un gars d'ici comme Éric Martel-Baoheli devait être enchanté de pouvoir boxer (et gagner!) dans son patelin devant un Colisée rempli. La majorité des combats en sous-carte n'étaient que des excuses pour faire bien paraître des boxeurs locaux devant une foule conquise d'avance, à l'exception des 2 combats impliquant des américains. Daniel Jacobs, qui était il n'y a pas si longtemps un des plus beaux prospects chez les poids moyens aux USA, se devait de se refaire une confiance après s'être fait passer le KO en 5 rounds par un Dimitri Pirog venu de nulle part l'été dernier. Il n'a pas été très impressionnant, mais a fait ce qu'il fallait pour que l'arbitre mette fin au combat au 5ieme devant un Jesse Orta qui ne semblait pas avoir beaucoup envie de répliquer.

Il y avait aussi Paulie Malignaggi qui, après avoir été champion chez les 140lbs, a fait le saut chez les 147lbs. La division des 140lbs est BEAUCOUP trop compétitive pour le pauvre Paulie, même si celui-ci est un ancien champion du monde. Il s'est fait donner une leçon par Amir Khan plus tôt cette année, et ça l'a convaincu de tester les eaux à un autre poids. Il a très bien boxé et ne semble pas avoir perdu de sa vitesse malgré le surplus de poids. Il a même réussi un de ses rares knockouts, un sixième en 28 victoires.

Pour ce qui est de la finale, la foule était survoltée et il était très difficile d'entendre Jimmy Lennon Jr faire les présentations d'usage. Pascal a su voguer sur cette énergie pour enlever les 3 premiers rounds ce qui a eu pour effet de galvaniser la foule encore plus, surtout après la deuxième chute au plancher de Hopkins, au troisième round. À partir de là, par contre, les choses se sont compliquées. Hopkins a fait les ajustements nécessaires et à partir du quatrième, Pascal ne faisait que se sauver d'un adversaire beaucoup plus agressif que lui. On sentait la foule s'inquiéter au fur et à mesure que le combat avançait et devenir de plus en plus silencieuse… et Hopkins, lui, gagnait des fans et des rounds!

Les rounds 10 à 12 ont été très chaudement disputés et on fait à nouveau grimper le niveau d'enthousiasme des spectateurs, mais le mal était fait et une fois la décision rendue, c'était la consternation au Colisée. On le savait d'avance que quelque chose ne tournait pas rond, parce qu'on avait le visage de Pascal sur l'écran géant et avant que le résultat ne soit annoncé par le maître de cérémonie, nous l'avons vu lancer un "QUOI?" et se prendre la tête dans ses mains après qu'un de ses hommes de coin lui ait annoncé la nouvelle. Chose certaine, il n'y a pas grand monde que nous avons croisé à la sortie de l'amphithéâtre qui croyait que Pascal avait gagné. Nous avons même entendu quelques "Hopkins a été volé" ici et là.

Le doute est semé, et Jean Pascal va devoir se refaire une image parce qu'il semble avoir laissé celle d'un champion de papier au public présent samedi soir. Hopkins est un boxeur qui a la réputation de faire mal paraître ses adversaires et il a réussi une fois de plus. Voilà pour le compte rendu de ce qui était assurément une soirée mémorable pour l'humble fan de boxe que je suis!

J'attends la revanche…