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Malgré qu'il avait disputé cinq saisons complètes et productives dans la Ligue junior de l’Ouest, aucune équipe de la LNH n’avait appelé au repêchage le nom de Richie Regehr, frère de Robyn, celui qui a joué 1089 matchs avec Calgary, Los Angeles et Buffalo (surtout Calgary)!
Ayant déjà un Regehr dans leur équipe, les Flames décidèrent de donner la chance à Richie, le signant en 2004 à titre d’agent
libre, alors qu’il était âgé de 21
ans. Il joua quatorze matchs (deux passes) avec l’équipe en 2005-06 et six (un but et une passe) en 2006-07, pour vingt matchs, les seuls de sa carrière dans la LNH. Il a marqué son seul but le 19 Décembre 2006 contre Los Angeles, alors qu’il déjoua le gardien Dan Cloutier d’un tir des poignets de la ligne bleue. Les Flames gagnèrent la partie, 5-3.
Malgré tout, les Flames ne retinrent pas ses services à l’issue de la saison 2006-07. C’était dommage pour Regehr car en plus de n’avoir pas mal paru durant ces vingt matchs avec Calgary, il avait bien fait dans la Ligue Américaine avec 21 buts et 48 passes en 134 matchs, répartis sur trois saisons, en plus d’un différentiel de +15.
Ne recevant pas d’autres appels de la LNH, le petit frère de Robyn décide de traverser l’Atlantique pour continuer sa carrière, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a fait durer le plaisir sur le Vieux Continent, laissant sa marque à gauche et à droite en Allemagne et en Suède, en passant par un court séjour en Autriche.
D’abord, l’ancien de la WHL a disputé la saison 2007-08 avec les Lions de Francfort et brillé, avec 21 buts et 20 passes en 42 matchs, une excellente production pour un défenseur! Il était un quart-arrière solide et son jeu a attiré l’attention des Eisbären (Ours Polaires) Berlin, puissante équipe de la Deutsche Hockey League, avec laquelle il évolua quatre saisons, de 2008 à 2012.
Le productif défenseur y remporte notamment trois championnats en quatre ans (2009, 2011 et 2012). Il a été excellent à Berlin et les fans l’ont adoré. En 184 matchs là-bas, il a marqué 49 buts et s’est fait complice de 81 autres (130 points). Il joua ensuite en première et deuxième division avec MODO en Suède, de 2012 à 2014.
Avec ses récents championnats encore en mémoire, Regehr décide de retourner en Allemagne pour jouer trois ans à Munich. Malgré une production réduite à ses deux dernières années et une blessure qui l’empêche de participer aux séries de 2016, Regehr remporte le championnat en 2016 et en 2017, même si officiellement, il n’est considéré champion qu’en 2017.
À bout de souffle, il dispute six matchs avec Klagenfurt (Autriche) en 2017-18, avant de tirer sa révérence pour de bon. Peut-être ne s’était-il pas fait un nom ici, mais il a tout de même fait partie de cinq équipes championnes en huit saisons dans la DEL, en plus d’être fiable et productif en Europe, ne terminant jamais avec un différentiel négatif en dix saisons en Allemagne et en Suède, deux pays au très bon calibre!
De son côté, Robyn passa des Flames aux Sabres à l'été 2011. Il est ensuite échangé aux Kings durant la saison écourtée de 2012-13. Il gagnera la Coupe Stanley au printemps 2014, jouant 8 matchs en séries. Il se retira du jeu après la saison 2014-15, signant un contrat d'une journée pour se retirer en tant que membre des Flames.
Robyn et Richie Regehr lors de leur court séjour comme coéquipiers avec les Flames.
Dernière petite anecdote sur les frères Regehr. Bien qu’ils soient d’origine canadienne, Robyn est né au Brésil et Richie, en Indonésie. Bizarre? Pas si on considère que leurs parents étaient des missionnaires mennonites qui voyageaient à travers le monde dans leur mission.
Seulement deux patineurs natifs du Brésil ont joué dans la LNH. Robyn Regehr et le gardien Mike Greenlay, qui a joué deux parties avec Edmonton en 1989-90.
Mais un seul patineur natif de l’Indonésie a joué dans la LNH : Richie Regehr.
Ils s’agit du seul duo de frères à mener les pointeurs de l’histoire de pays différents dans la LNH. Aucun joueur né au Brésil n’a plus de points que Robyn Regehr et aucun né en Indonésie ne dépasse le petit frère Regehr!
Bon, d’aucuns diraient qu’ils sont chanceux que Wayne Gretzky ne soit pas Brésilien ou Indonésien mais bon…ce n’est tout de même pas de leur faute!
Bon, peut-être qu’on exagère un peu sur ce «record», mais ça demeure tout de même un accomplissement hors du commun, bien qu’hautement anecdotique!
Dans mon texte du 14 octobre dernier où je décortiquais en trop de détails les fois où on retrouvait le record du plus de ligues professionnelles nord-américaines (9) en même temps lors des saisons 1995-96 et 2008-09, j'étais tombé, bien malgré moi croyez-le, sur une ligue bâtard qui s'appelait la AAHL, acronyme de la All-American Hockey League... Vous savez, c'est le genre de truc qu'on retrouve en dessous d'une roche et qu'on devrait probablement laisser là, mais que moi il faut que j'aille me faire mordre par...
Alors voici la AAHL... une ligue habilement décrite ici par le Courier & Press d'Evansville:
Ceux qui ont survécu ont enduré des voyages d’autobus interminables, des pénuries d’équipement et le drame quasi quotidien qui accompagne le fait de jouer dans l’All American Hockey League (AAHL), où la seule constante, pour cette ligue de classe A, demeure son instabilité.
Match entre Evansville et Chicago
Comme toute bonne ligue mineure du fin fond des tiroirs du hockey
minor-pro nord-américain, la AAHL naquit des cendres d'autres ligues
encore plus creuses.
La première ancêtre directe fut la encore plus éphémère Mid-Atlantic Hockey League (MAHL) qui n'avait opéré que durant la saison 2007-08 comme circuit mineur pro de bas niveau conçu pour aider les anciens joueurs juniors et universitaires à acquérir de l’expérience professionnelle, à se faire remarquer et à gravir les échelons vers des ligues de niveau supérieur. Elle n'avait que 5 équipes, établies en Pennsylvanie, Ohio et dans le nord de l'état de New York.
Après seulement une saison de seulement 30 matchs après quoi où 4 des 5 équipes avaient été soit dissoutes ou déménagées, la MAHL ferma rapidement les livres, malgré la venue de quelques clubs d'expansion qui auraient joué lors de sa deuxième saison. Deux de ces clubs proposés quittèrent le bateau peu flottant de la MAHL en quête de plus verts pâturages. Analogie de bateau et de ferme. Ça marche pas tant... comme ces ligues.
Au même moment, il y avait une autre ligue proposée du nom de la Midwest Hockey League. Je vous jure que j'en ai jamais entendu parler et j'ai creusé profond durant ma carrière... La MWHL était supposée débuter ses activités lors de la saison 2008-09. Mais voyant que la ligue ne décollerait pas à temps, trois clubs fondateurs joignirent les clubs de la MAHL de Battle Creek et South Shore pour fonder la All-American Hockey Association et finalement débuter cette saison 2008-09.
Oui la ligue n'avait pas encore le nom AAHL à ce moment. Un peu comme la LNH en 1917, elle passa de «Association» à «League» lors de sa deuxième saison.
Elle comprenait seulement 4 clubs lors de sa saison ingurale:
Les Shooters de Chi-Town (Dyer, Indiana) - originalement issus de la MAHL comme équipe d'expansion proposée sous le nom des South Shore Shooters.
Le Revolution de Battle Creek (Michigan) - également orpheline de la MAHL, elle ne fit que changer de nom et de ville en 2008-09. Elle avait joué en 07-08 sous le nom du Freedom de Valley Forge (Oaks, Pennsylvanie), l'équipe déménagea à Battle Creek lors de la fondation de la AAHL (ou AAHA). Le logo fut simplement adapté, j'imagine pour sauver de la merch. Le Revolution est la seule équipe qui avait réellement joué des matchs en 2007-08. Mais j'ignore si les joueurs ont suivi... hmmm on y retrouve une vaste quantité d'ancien joueurs ECHL ou autres niveaux adjacents comme la Central Hockey League CHL ou autre WPHL.
Voici le switch de logo (et de ligue) de 2007-08 à 08-09:
Les Icemen d'Evansville (Indiana) - seule équipe notable à avoir débuté ses activités dans cette ligue, les Icemen se démarquèrent principalement lorsque la gardienne Kira Hurley, anciennement de l'Université Clarkson, obtint une passe sur un but des Icemen, devenant ainsi la première femme à obtenir un point au hockey professionnel nord-américain masculin. Ce match avait également été remporté par une marque record de 24-4 contre l'équipe suivante...
Les Icemen seront les grands gagnants de cette expérience que fut la AAHL. La franchise quitta le bateau après le deuxième saison de la ligue, rejoignant la CHL, ligue qui deviendra bientôt absorbée par la ECHL où le club évolua jusqu'en 2016 avant de déménager à Jacksonville en Floride.
Les Dragons de Détroit (Fraser, Michigan) - Originalement une équipe proposée sous le nom des Gamblers de Motor City pour la Midwest Hockey League (vue plus tôt), les Dragons ne parvinrent qu'à jouer 30 des 42 matchs de la première saison de la AAHA avant de devoir fermer boutique. L'équipe déménagea alors d'urgence à Chicago et termina les 12 matchs suivants et clore la saison sous le nom du Blaze de Chicago. Comme à «Détroit», le Chicago était géographique de nom mais la franchise était dorénavant située à Rolling Meadows, en banlieue du nord de Chicago.
C'est contre eux (version Chicago) que Hurley et les Icemen gagnèrent le record de 24-4 le 14 février 2009. Le chandail et le bâton de Hurley sont depuis exposés au temple de la renommée à Toronto.
OMG c'est sur Youtube... Juste la fin cependant avec les 3 étoiles:
Les joueurs étoiles du matchs #2 et 3 (dont je distingue pas bien les noms) ont eu chacun une fiche de 6 buts et 7 passes...
Ce furent finalement les Shooters de Chi-Town qui remportèrent le premier championnat de la AAHA en 2009, la Champions Cup, ensuite renommée la Davidson Cup en l’honneur de Rod Davidson, une figure clé de la ligue, y ayant œuvré comme entraîneur, dirigeant, puis finalement comme commissaire.
Bon. Jusqu'à ce point de l'histoire, vous vous dites sûrement que ça a pas de bon sens cette ligue. Pas mal plus une ligue de garage qu'une véritable ligue «mineure pro» ou semi-pro. Cependant, certaines de ses équipes parvinrent à signer des affiliations avec des clubs de la ECHL, CHL et IHL, faisant alors définitivement partie de l'échiquier. Mais aucun joueur de la AAHL n'a joué dans la LNH et selon mes quelques feuilletages de stats.... je crois que même très peu ont pu atteindre la AHL.
Le seul joueur «notable» que j'ai pu retracer sur le fut un choix de 1989 des Devils, Jason Simon, qui a joué 4 matchs dans la LNH dans les années 90 et vagabonda ensuite dans toutes les ligues possible (possible candidat dans la série des Grands Voyageurs). 2008-09 était sa dernière saison pro.
Je crois avoir trouvé un vidéo de la finale ici:
La AAHA se renomma sous le nom AAHL pour sa deuxième saison en 2009-10. Durant l'entre-saison, il y avait toujours la possible création de la Midwest Hockey League discutée auparavant. On mit toutefois définitivement la hache dans le projet et le seul club proposé survivant, les Ice Muskies de Madison (Wisconsin) joignirent les rangs de la AAHL qui comprenait alors 6 clubs avec en plus le retour d'une équipe à Détroit (ou plutôt le retour de la banlieue de Fraser, Michigan) les Hitmen de Détroit. La AAHL absorba alors officiellement ce qui restait de la MWHL, incluant du personnel de bureau.
Belles couleurs «Hartfordiennes» pour les Ice Muskies de Madison
Cette relative «continuité et expansion» ne fut toutefois que bien temporaire et le véritable «shitshow» commença en 2009-10. La deuxième équipe de Détroit ne fonctionna pas davantage que la première en 08-09. Elle déménagea après 14 matchs à Muskegon et fut rebaptisée les West Michigan Blizzard. Le Blaze de Chicago ne fit guère mieux à sa deuxième saison, cessant définitivement ses opérations après 14 matchs également. Les Ice Muskies ne durèrent que quelques semaines de plus, fermant boutique après 30 matchs. La deuxième saison de la AAHL se termina donc de nouveau avec seulement 4 clubs.
Les Icemen d'Evansville remportèrent la deuxième Davidson Cup.
IceMen d'Evansville, champions AAHL de 2010, avant leur départ pour la CHL
Si c'était quelque peu mélangeant mais pas trop lors des saisons 08-09 et 09-10, et bien la troisième et dernière saison de la AAHL en 2010-2011 fut un véritable cauchemar.
Je vous décortique cela ici:
Clubs de retour: Revolution de Battle Creek
Clubs en suspension: Shooters de Chi-Town
Les Icemen d'Evansville cessèrent leurs opérationssuite à la création d'un nouveau club du même nom dans la CHL.
Déménagement des Ice Huskies à Wooster en Ohio sous le nom des Korn Kings de Wooster.
Déménagement du Blizzard de West Michigan à Dyer en Indiana sous le nom du Blizzard de l'Indiana.
Équipes d'expansion: Storm de Queen City (Sharonville, Ohio), Loggers de Lapeer (Michigan), Bruins de Troy (Ohio).
Voici encore quelques logos:
Après ce remaniement déjà compliqué, la saison 2010-11 commença et dérapa rapidement.
Le 17 novembre 2010, après seulement 5 matchs, les Korn Kings furent repris en charge par la ligue et cessèrent leurs activités.
Le 29 décembre 2010, on annonça que les Indiana Blizzard mettaient fin à leurs opérations et que les Chi-Town Shooters revenaient pour terminer la saison, reprenant tous les joueurs du Blizzard ainsi que leur fiche actuelle. Malgré le maintien du nom très régional de «Chi-Town», l’équipe était toujours basée à Dyer, en Indiana, plutôt qu’à Chicago. Trop compliqué changer de gear à cet étape...
Le 3 janvier 2011, les Loggers de Lapeer furent à leur tour repris par la ligue après que l'entraîneur Lorne Knauft ait confirmé qu’il avait démissionné de son poste d’entraîneur. La raison : le propriétaire de l’équipe, George Harrison, avait tout simplement quitté le navire sans donner d’explication.
« On dirait que les propriétaires et la ligue n’assument aucune responsabilité financière envers cette organisation... Ils ont des retards de paiement envers à peu près tout le monde impliqué, moi y compris. Je crois même qu’ils n’ont pas d’assurance ou d’indemnisation en cas de blessure d’un joueur. À ce moment-là, j’ai senti que je pouvais être tenu responsable si un joueur se blessait, et j’ai jugé qu’il valait mieux que je quitte mes fonctions. »
Quelques jours après le retrait des Loggers, les Bruins et le Storm cessèrent eux aussi leurs activités. Les joueurs de ces trois équipes furent alors réunis d'urgence sous le nom du Michigan Moose. Le Moose, dirigé par le commissaire de l’AAHL, Rod Davidson, était basé à Battle Creek et jouaient leurs matchs locaux au même amphithéâtre que leurs rivaux du Revolution. En février 2011, les Moose cessèrent à leur tour leurs activités.
Après cet autre remaniement, la ligue annula le reste de sa saison en janvier et passa directement aux séries éliminatoires avec seulement 3 clubs toujours actifs. En mars 2011, le Revolution de Battle Creek, seul club à avoir joué durant les trois saisons d'existence de la AAHL, remporta sa première Coupe Davidson, malheureusement (ou heureusement) la dernière coupe Davidson de l'histoire.
«Aweille prends-là ta photo qu'on en finisse...»
Le 16 juin 2011, la ligue suspendit ses opérations et officialisa sa dissolution permanente dans les mois suivants.
C'en était donc terminé pour la courte, instable et étrange existence de la AAHL, ligue professionnelle très très mineure dont l'héritage est également très très mineur.
Outre la présence toujours active d'Evansville dans la SPHL, il n'existe que très peu de traces de la AAHL. Et pour rajouter au fiasco, faire des recherches sur la «AAHL» est évidemment difficile, les résultats principaux concernent davantage la traditionnelle «AHL». Google me demande à chaque fois «do you mean AHL?»
Voici pour conclure les quelques développements subséquents notables dans les marchés concernés:
Battle Creek retrouva du hockey au niveau junior A, et ensuite très brièvement dans la FPHL, penchant américain de la LNAH. Aucune équipe active à Battle Creek cette saison.
Fraser au Michigan dut attendre en 2022 pour retrouver du hockey professionnel avec les Rockers de Motor City, aussi dans la FPHL.
Madison au Wisconsin est davantage une ville de hockey universitaire et junior.
Muskegon, ville de longue date des ligues mineures, s'est aussi repliée sur le hockey junior.
Donc les IceMen sont le principal héritage de la AAHL. L'équipe migra avec succès dans la CHL, accueillant la franchise dormante des Lumberjacks de Muskegon et déménageant dans un nouvel aréna de 11 000 places. La suite du hockey à Evansville fut toutefois compliquée. Le club ne put conclure une nouvelle entente avec l'aréna local en 2016 et la franchise devint dormante pour finalement déménager à Jacksonville. Un nouveau club, les Thunderbolts, fut toutefois lancé dans la SPHL au même moment et y évolue toujours, gagnant le championnat en 2025.
La Central Hockey League, à ne pas initialement confondre avec sa première version (1963-84) et autres circuits antérieurs, voit le jour en 1992, sous l’impulsion de Ray Miron et Bill Levins.
Miron et Levins étaient autrefois entraîneur et DG respectivement des Blazers de l'Oklahoma dans l’ancienne CHL pendant les années 60 et 70. Miron avait également été DG des Oilers de Tulsa de 1964 à 1974 et auparavant dans l'ancienne EHL avec les Knights de Nashville. Il fut plus tard promu comme DG des défunts Rockies du Colorado (1976 à 1981) et travailla également dans l’organisation des Maple Leafs.
La CHL avait d’abord été créée en 1963 par la LNH pour servir de circuit de développement pour ses jeunes joueurs. Elle a accueilli plusieurs futurs grands noms, tels que Bernie Parent, Tony Esposito, Stan Smyl, Dirk Graham, Randy Carlyle, Glenn "Chico" Resch, Pete Mahovlich, Bob Bourne, Mark Messier, et surtout, de nombreux jeunes joueurs du Canadien avec les Apollos de Houston, tels que Carol Vadnais, Rogatien Vachon, Serge Savard, Jacques Lemaire et Guy Lapointe. La ligue représentait bien son nom «Central», avec des équipes principalement du midwest et des états plus à l'ouest avec des villes comme Omaha, Minneapolis, Indianapolis, Tulsa, Kansas City, mais aussi avec des tentatives peu fructueuses plus au sud ou sur les côtes du pacifique comme Memphis et Seattle. Ce fut aussi temporairement la ligue ou vécurent les très éphémères Six-Guns d'Albuquerque que j'affectionne particulièrement.
Ray Miron (3e à partir de la droite, première rangée) et les Oilers de Tulsa en 1966.
La CHL dut toutefois cesser ses activités en 1984 en raison du déclin du soutien des clubs de la LNH et de la concurrence importante d’autres circuits comme l’AHL et la IHL. Après la saison, la LNH cessa son appui financier direct. Le commissaire Bud Poile (anciennement coach des Canucks, Flyers et père de David Poile) déclara alors la ligue «inactive». Les franchises survivantes migrèrent ailleurs, par exemple Salt Lake City et Indianapolis qui rejoignirent l’International Hockey League (IHL). Les autres équipes ont ensuite tout simplement disparu ou se sont replier sur des ligues semi-pro locales.
Donc, au début des années 90, Miron et Levins unirent leurs forces pour ramener le hockey professionnel dans des villes de taille moyenne du sud et du Midwest américain, délaissées par la dissolution d’autres circuits, principalement depuis la fin de la CHL. Il n’y eut par exemple aucune équipe professionnelle, tous circuits confondus, située au Texas entre 1982 et 1992. Même avant l'arrivée des Stars de Dallas, il n'y avait plus eu aucun club texan depuis les Blackhawks de Dallas qui avaient évolué de 1967 à 1982 dans la CHL 1.0.
On peut véritablement appeler cela une résurrection de ligue totale. Si elle était passablement déclarée comme «inactive» par David Poile en 1982, elle était redevenue active sous les ordres de Miron et Levins qui nommèrent leur nouvelle ligue en honneur de l’ancien nom vacant. La Central Hockey League put renaître de ses cendres, 8 ans après la fin de l'originale.
Bill Levins mourut toutefois subitement en mai 1991 avant de pouvoir voir son projet aboutir. Miron prit le relais et Levins demeura quand même comme fondateur à titre posthume. Le trophée du vainqueur de la CHL fut nommé en honneur de Levins.
Il y avait toutefois une grande différence entre les deux CHL. Cette fois-ci, la ligue opéra comme seule entité propriétaire indépendante et opéra l'entièreté des franchises, du moins au départ, sans propriétaires externes ni influence de la LNH. Le fils de Ray Miron, Monte, fut nommé comme commissaire de la ligue.
Monte Miron avait joué quelques saisons dans l'ancienne CHL et autres
circuits.
Joe Burton
Comme autrefois, les premières équipes de la nouvelle CHL se trouvaient au Texas, en Oklahoma, au Kansas, au Tennessee et en Louisiane. On vit alors plusieurs noms renaître. Ce fut le cas des Blazers d’Oklahoma City qui deviennent rapidement la locomotive de la ligue, attirant parfois plus de 10 000 spectateurs par match, un chiffre très impressionnant pour le hockey mineur. Ils remportent le trophée Levins en 1996 et 2001. Le meilleur joueur des Blazers et de la ligue est alors le capitaine Joe Burton, qui joua 10 saisons à Oklahoma City et terminera sa carrière comme champion pointeur de l'histoire de la CHL avec 565 buts, 420 passes pour 985 points en 706 matchs.
Une autre résurrection réussie fut le cas des Oilers de Tulsa. Le hockey en Oklahoma, malgré nos préjugés nordiques, a presque toujours fonctionné.
Les Oilers, disparus en même temps que la fin de la première CHL, sont une équipe mythique des ligues mineures, alors qu’on peut remonter jusqu’en 1928 pour retrouver les premiers Oilers de Tulsa dans la vieille American Hockey Association. Ils ont ensuite joué dans la USHL (1945 à 1951) avant de revenir dans la CHL en 1964.
Le principal fait d'arme des Oilers dans le folklore du hockey mineur fut leur couronnement comme derniers champions de la CHL en 1984, remportant les grands honneurs en tant qu’équipe itinérante.
Après avoir déclaré faillite avant la fin de la saison, les joueurs décidèrent de jouer tout de même leurs 17 derniers matchs sur la route. Malgré cela, avec un jeune John Vanbiesbrouck dans les buts, ils terminent troisièmes et remportent l’Adams Cup en battant Salt Lake City en finale. Cet exploit devint légendaire. (En savoir plus ici dans cet ancien texte de Martin ITFOR).
Histoire de continuer dans une parfaite résurrection, les Oilers de Tulsa 2.0 inaugurèrent parfaitement cette nouvelle incarnation de la CHL en remportant également la première «Coupe Levins» en 1993. Ce fut même ce qu'on peut appeler une parfaite finale «CHL» et «Oklahomienne» alors que leurs opposants en finale furent les Blazers d'Oklahoma City. Autre fun fact, un des meilleurs marqueurs des Oilers champions de 1993 fut nul autre que Taylor Hall. Oui. L'autre Taylor Hall.
Avec nul autre que Garry Unger comme coach... Unger avait lui aussi joué dans la CHL au début des années 60. On y voir aussi un ancien du Titan de Laval, Sylvain Naud.
La coupe Levins fut éventuellement renommée la Ray Miron President’s Cup en 2001. Mais malgré leur statut parmi les plus stables équipes de la CHL par la suite, et de la ECHL depuis 2014, les Oilers n’ont jamais remporté de championnat à nouveau.
Parmi les autres premières équipes de 1993, on retrouvait le Freeze de Dallas, le Fire de Forth Worth, les Riverkings de Memphis et le Thunder de Wichita. Toutes ces villes avaient auparavant connu du hockey de la CHL. En plus de la bataille de l'Oklahoma (un autre parallèle avec les autres Oilers), la CHL désirait raviver l'ancienne rivalité régionale CHL entre Dallas et Forth Worth, qui, comme Dallas, avaient existé de 1967 à 1982. Le Freeze, qui jouait également dans un autre aréna que les Stars, plus miteux, ne fut bien sûr que bien temporaire alors que l'équipe plia
bagage en 1995, laissant toute la place aux Stars dans la LNH.
Le Freeze de San Jose Dallas
La ligue ajouta ensuite d’autres équipes à partir de 1995. On verra alors apparaître au cours des années suivantes des noms exotiques comme les Iguanas de San Antonio, les Channel Cats de Huntsville, les Cottonmouths de Columbus (Georgie) et les fameux Macon Whoopee, cette étrange équipe au logo semi-sexuel qui migra dans la ECHL en 2001.
Sans oublier les très éphémères, très boboches, et très rigolos Bandits de Border City. Confirmant de plus en plus mon amour pour cette ligue.
Malgré toutes les histoires «à la Slapshot» qu'on s'attend des ligues profondes, la CHL demeura relativement stable comparée à d’autres ligues mineures concurrentes. Le Thunder, les Oilers et les Blazers demeuraient les têtes d'affiche et la ligue opérait désormais annuellement entre 10 et 12 équipes au tournant du siècle.
En 2001, la CHL fusionna avec sa rivale, la Western Professional Hockey League (WPHL), un autre circuit texan-sudiste fondé en 1996, ce qui lui permit d’élargir son territoire et d’accroître sa crédibilité.
Encore plus de nouvelles équipes à ce moment comme:
Le Ice d'Indianapolis, les Jackalopes d’Odessa, Le Beast de Brampton (seule incursion canadienne de l'histoire de la CHL), les Buzzards d’El Paso, les Bossier-Shreveport Mudbugs, les Killer Bees de Rio Grande Valley, les Rattlers d’Amarillo, renommées ensuite les Gorillas!
Il y a surdose de noms débiles que je voudrais bien étaler ici mais je vais garder ça pour plus tard... (note à moi-même, garder pour plus tard)
En voici quand même une:
Yeah.
Après la fusion avec la WPHL, la CHL comptait entre 15 et 17 équipes en moyenne par saison, plafonnant à 18 en 2010-11, après l'absorption d'une autre ligue inférieure, la International Hockey League (2e version). Comme la CHL avant eux, une nouvelle ligue qui avait repris un nom vacant. J'en parlerai plus tard de la deuxième IHL si vous me le permettez... c'est une autre bibite.
En résultat de ces deux fusions, le niveau de jeu augmente, et même que quelques formations deviennent momentanément affiliées à des clubs de la LNH ou de l’AHL, ce qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Il y eut par exemple les Sundogs de l’Arizona, qui furent partiellement affiliés aux Coyotes de Phoenix entre 2007 et 2009, développant au passage un jeune David Schlemko. Autre exemple, les Eagles du Colorado, futurs double-champions dans la ECHL, furent quelques mois affiliés aux Oilers.
Il ne s’agissait toutefois que des ententes temporaires, souvent non-officielles et quelques dépannages organisationnels, rien de plus.
Jusqu'à ce moment dans son histoire, la CHL n'avait pratiquement développé aucun joueur d'une semi-importance dans la LNH. Cela changea toutefois autour de 2010 avec quelques joueurs notables comme Jordie Benn. Non-repêché, Benn avait débuté sa carrière dans la ECHL en 2008-09 avant d'être recalé en CHL la saison suivante. Il connut une bonne saison avec les Americans d'Allen, faisant assez bonne impression pour être engagé par l'équipe de son frère à Dallas. Il joua ensuite à Montréal, Vancouver, Winnipeg, Minnesota et Toronto.
Aaron Dell et un superbe chandail Ronald McDonald avec les Americans d'Allen
Le gardien Aaron Dell est aussi un des rares cas de joueurs développés dans la CHL avant d'arriver à la grande ligue. Dell était #1 des Americans, champions de la saison 2012-13, avant de graduer dans l'organisation des Sharks. Andrew Desjardins, également non-repêché, a joué une saison (2007-08) dans la CHL avec les Bucks de Laredo. Il gradua ensuite dans ECHL et AHL avant d'aboutir avec les Sharks et les Blackhawks, où il fit partie de l'édition championne de 2015.
On vit bien sûr quelques anciens de la LNH se ramasser en CHL, particulièrement dans les années 90 et début 2000. Outre l'autre Taylor Hall déjà discuté, il y eut quelques présences plus ou moins inhabituelles. En voici quelques-uns, triés sur le volet.
Brendan Morrow, alors joueur des Stars de Dallas, joua à Oklahoma City durant le lock-out de 2004-05, même chose pour son ancien coéquipier Brad Lukowich.
Scott Young, anciennement des Nordiques et marqueur de 300 buts dans la LNH, joua 3 matchs dans la CHL, aussi durant le lock-out 2004-05. Comme il était alors établi à Dallas, tout comme Morrow, j'imagine que l'option de s'entraîner et garder la forme dans un circuit proche était plus attirant que d'aller dans la AHL ou en Europe.
L'ancien espoir dans les buts des Leafs, Sébastien Centomo, originaire de Laval.
L'ancien défenseur des Sharks Neil Wilkinson joua une douzaine de match avec les Oilers en 2002-03, même chose pour son ancien coéquipier Craig Coxe qui joua 4 saisons à Tulsa. Un autre Sharks de renom, nul autre que le célèbre Link Gaetz, a joué 13 matchs avec les Iguanas de San Antonio en 1995.
Il y a également l'obscur joueur oublié des Nordiques Paxton Schulte qui termina sa carrière à Tulsa en 2006.
Alek Stojanov, celui plus malheureusement reconnu pour avoir été obtenu en retour de Markus Naslund par les Penguins en 1996, a joué une vingtaine de matchs avec les Scorpions de New Mexico.
Au tournant des années 2010, malgré des succès inespérés comme les Eagles du Colorado (qui affichaient des assistances records et un modèle de gestion exemplaire), la CHL fait face à de sérieuses difficultés financières et géographiques. Les coûts de déplacement augmentent considérablement. Plusieurs marchés (notamment au Texas et en Arizona) s’essoufflent. Des équipes migrent vers d’autres ligues plus stables, surtout la ECHL (Eagles en 2011, Komets de Fort Wayne en 2012 et Americans d’Allen en 2014).
Équipe toujours phare et parmi les meilleures au guichet, les Blazers
d'Oklahoma City plièrent bagage en 2009, étant ensuite remplacés par les Barons d'Oklahoma dans la AHL.
Malgré quelques tentatives de relance, la ligue se rétrécit. De 18 équipes en 2005, elle tombe à 9 équipes en 2013-14. Les derniers champions furent les Americans de Allen, qui remportent deux titres consécutifs pour clore l'histoire de la CHL.
Les Americans de Allen, derniers (doubles) champions en 2013 et 2014
En octobre 2014, la CHL cesse officiellement ses activités. Sept de ses équipes (Allen, Missouri, Rapid City, Tulsa, Wichita, Brampton et Quad City) sont absorbées par l’ECHL, scellant la fin de la CHL comme ligue indépendante.
La ECHL avait auparavant accueilli dans ses rangs d’anciennes équipes de la IHL et la WCHL, laissant libre cours à la CHL d’absorber de son côté la WPHL et la UHL/IHL. On peut dire que la mission d’épurer le réseau des ligues mineures aura fonctionné et que la ECHL aura finalement remporté ce que j'appelle cette «guerre de l’absorption» dans les ligues mineures.
L’héritage de la ligue demeure fort dans le Sud et le Midwest américain. Six équipes rescapées de la CHL sont toujours fidèlement en place dans la ECHL; les Oilers, les Americans, les Komets, le Thunder de Wichita, les Mavericks de Kansas City et le Rush de Rapid City, tandis que les Eagles du Colorado ont gradué dans la AHL. Des équipes originales de la CHL en 1992-93, seuls les Oilers et le Thunder sont toujours actives.
Les Oilers de Tulsa, toujours actifs dans la ECHL
La CHL aura été un tremplin pour des milliers de joueurs, un modèle de hockey communautaire dans des villes non traditionnelles mais toutefois classiques du hockey mineur de cette région des US, et une base d’expansion indirecte pour l’ECHL. Cela montre que parfois, ce ne sont pas seulement des joueurs qui se servent des niveaux mineurs pour graduer dans des niveaux supérieurs, dans le cas de la CHL, ce sont principalement les équipes qui ont pu se consolider et graduer dans un circuit plus prospère et stable.
Il est quelque fois mentionné que la CHL aurait atteint un niveau «AA» similaire ou parallèle à l’ECHL, mais je me permets d’en douter. La ECHL a développé
davantage de joueurs pour la LNH avec quelques excellents noms comme
Jonathan Quick, Michael Ryder, Jonathan Marchessault, Jaroslav Halak,
Yanni Gourde, Alex Burrows, et plusieurs autres. Outre les cas isolés de Jordie
Benn, Aaron Dell et Andrew Desjardins lors des dernières années
d'existence de la CHL, on ne peut pas dire que la fiche de route de la
CHL fut aussi reluisante. C'était toutefois bien parti lors de ses dernières années, mais on préféra logiquement agrandir la ECHL et
consolider tout ça dans un seul niveau au troisième échelon derrière LNH
et AHL. Ces ligues ont d'ailleurs longuement fait pression pour «épurer» l'écosystème des circuits mineurs.
Ray Miron (à gauche) a grandement aidé à mettre le hockey sur la carte à Tulsa et dans le sud des USA.
Ray Miron vendit la CHL en 2000. Il reçut de la LNH le trophée Lester B. Patrick en 2004, honorant sa contribution au hockey aux États-Unis. Il déclara ce moment son meilleur accomplissement en carrière. Il mourut à Tulsa en août 2015 à l'âge de 92 ans.
Les Oilers de Tulsa célèbreront leur «100e» anniversaire d'existence en 2028, ayant toutefois existé en plusieurs phases: 1928-1942 (AHA) 1945-1951 (USHL) 1964-1984 (CHL 1.0) 1992-2014 (CHL 2.0) 2014 - (ECHL)
On se laisse sur un extrait d'époque sur Youtube. Un match random Tulsa-Oklahoma de 1999-2000.
ENCORE GARY UNGER!
Sources: wikipedia, Fun While it Lasted, the Oklahoman, Eliteprospects
Dans l'histoire longue et compliquée des chandails et logos de hockey, il y a eu des changements qui sont plutôt passés inaperçus à l'époque. Ou qui ont simplement été oubliés au fil des années.
En voici quelques-uns au hasard.
Selon moi, le meilleur exemple de changement subtil qui intéresse seulement les geeks de logos, est le cas des North Stars des années 90.
Après la vente de l'équipe suite à la finale de 1991 perdue contre les Penguins, les North Stars changèrent de logo et de chandail pour une version plus moderne qui ne mettrait désormais en vedette que le mot «Stars», ce qui selon plusieurs avait pour but de rendre l'équipe plus attrayante aux yeux d'acheteurs potentiels qui voudraient la déménager.
C'est ce qui arriva alors que les Stars déménagèrent au Texas pour la saison 1993-94. Le chandail ne subit alors que quelques modifications mineures. En fait les seuls ajouts furent le logo du Texas à l'épaule et le «Dallas» ajouté sur les pantalons. Après cette seule saison 93-94 avec cette version, on ajouta le «Dallas» au logo et la teinte de vert devint plus foncée.
On pourrait croire que ces petits changements ne valent même pas la peine d'être considérés comme un «nouveau» chandail pour l'équipe, mais la teinte de vert vient vraiment changer la donne, surtout sur la bande aux épaules qui est presque totalement confondue avec le noir comparativement aux années précédentes. Ce n'est pas pour rien que les Stars sont revenus à un vert plus vif avec leur chandail actuel, alors que ce vert «kaki» était tout simplement trop foncé.
Avec ces changements subtils/pas trop subtils, cette période de «foncisation» dans la LNH a mené à des excès de chandails trop sombres, ce qui a culminé avec une finale de 1999 mettant en vedette des chandails excessivement foncés chez les Stars et les Sabres, ce qui en faisait quelque chose de très plate à regarder, en plus des matchs qui se terminaient 2 à 0...
À peu près au même moment à Montréal, il y eut aussi un petit changement subtil sur le chandail blanc du CH. En 1997-98, l'équipe a modifié son lettrage pour ajouter un léger «outline» blanc entre le chiffre bleu et son contour rouge, ce qui accentue davantage l'identité «tricolore» de l'équipe. Ce traitement est toujours en vigueur de nos jours.
Également subtil, le gros numéros au dos ont aussi été légèrement grossis. Vous pouvez le voir ici avec un avant 1997 et un après 1997.
Dans le même style, les Nordiques avaient aussi trafiqué en 1991-92 leur contour de lettrage avec l'ajout d'un subtil contour rouge, en plus de grossir le logo. Il s'agit essentiellement du même chandail mais ces petits changements en font un chandail vraiment plus intéressant et moderne. Le rouge, qui était jusque là seulement présent sur le logo, vient accentuer le reste du chandail de brillante façon.
Je crois même ne pas trop exagérer en disant que ces modifications ont subconsciemment aidé l'équipe à sortir de ses années de misère.
C'était pas l'échange de Lindros, c'était le chandail...
Remarquez également la grosseur du contour blanc sur le logo de la 2e photo. Fantastique.
Ici vous avez deux versions de John Ogrodnick. La première date de 1982 tandis que la deuxième version date de 1985. Remarquez que le logo a été inversé d'une version à l'autre. Ce qui était blanc est désormais rouge et vice-versa. Encore une fois c'est très subtil mais avouez qu'une fois qu'on le sait, c'est difficile de contredire le choix des designers. Le même procédé fut également appliqué sur le chandail blanc.
Remarquez également le style de lettrage plus arrondi sur la première photo. Ce style étrange pour un chandail de hockey, surtout pour les Red Wings, n'a été utilisé que durant cette saison 1982-83.
À leurs débuts, les Panthers portent leur chandail rouge classique à l'étranger. En 1998, ils sortent un 3e chandail alternatif aux couleurs inversées où le bleu marin est la couleur principale et où la panthère brise désormais un bâton. Ce 3e chandail fut en place jusqu'en 2003 lorsqu'il devint le chandail principal suite au changement à travers la LNH sur les couleurs de chandails à domicile et à l'étranger. Le rouge devint alors le 3e chandail occasionnel et les logos avec et sans bâton firent également «le switch» pour l'occasion.
Le logo avec bâton fut ensuite retiré à partir de la saison 2007-08. Un peu trop «Sharks» je crois.
Les Kings de l'ère Gretzky expérimentent avec l'argent et le chrome au début des années 90. À un tel point qu'en 1991-92, leur lettrage devint pratiquement illisible sur le chandail blanc.
Remarquez la minime différence entre la version de 90-91 et celle de 91-92. Entre le lettrage argent et le contour noir du «Gretzky», il y a un subtile (et inutile) espace blanc qui vient toute fucker la patente. Celle de 90-91 demeurait lisible par l'absence de ce «gap» blanc, malgré que c'était quand même difficile à lire, surtout, j'imagine, depuis les estrades.
Voyez ici durant un match comment c'était difficile à discerner:
Ils ont finalement renoncé à cet abus de chrome en 1992-93, avec le nom du joueur totalement noir ainsi que le numéro au dos qui passa au noir avec un contour gris, soit une inversion de la version précédente. Juste à temps pour le parcours en finale en 1993.
Et pour finir, avouez que Mario a l'air pas mal plus menaçant sur la photo de droite. Exit le casque jaune et le collet jaune, les numéros descendent des épaules aux manches et on a un chandail pas mal plus emblématique.
Avez-vous d'autres exemples qui vous viennent en tête? Laissez-le moi savoir dans les commentaires ou sur Facebook.
Est-ce que vous aimez ça les histoires d'équipes défuntes obscures de ligues tout aussi défuntes et obscures? Moi oui. Vous connaissez les t-shirts "I ♥ NY" ? Et bien moi j'aimerais bien avoir un chandail I ♥ OBSCURE DEFUNCT TEAMS...
Les «Border City Bandits» furent créés en l'an 2000 comme équipe d'expansion dans la deuxième incarnation de la Central Hockey League (CHL), ligue qui exista de 1992 à 2014 avec principalement des équipes du sud des États-Unis comme les Oilers de Tulsa, le Freeze de Dallas et le Thunder de Wichita.
Mais «Border City» n'est pas réellement une ville sous ce nom. Préparez-vous ici à une autre belle leçon de géographie. Le nom de la ville est plutôt Texarkana, une ville faisant partie d'un «tri-state area» nommé Ark-La-Tex, où les trois états voisins du Texas, la Louisiane et l'Arkansas se rejoignent. Et comme son nom l'indique, Texarkana est aussi un nom amalgame représentant les deux états où se trouve cette ville, le Texas et l'Arkansas. En fait il s'agit de deux villes jumelles du même nom (Texarkana, Texas et Texarkana, Arkansas) qui se retrouvent séparées par la frontière Texas/Arkansas. C'est en fait pareil à la situation présente à Kansas City (frontière du Missouri et du Kansas). Au total, l'agglomération des deux Texarkana en fait une ville d'environ 150 000 habitants.
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Je suis toujours fasciné par ce genre de ville. Je sais pas pour vous mais si je visitais cette ville, je passerais au moins une demi-heure à sauter d'un état à l'autre comme Homer Simpson en Australie...
Bon maintenant que c'est réglé côté géographie, revenons aux Bandits de Border City. Même que selon ce que j'ai lu, il n'y a même pas tant de gens qui emploient ce terme de «Border City» dans ce coin de pays... Mais c'était quand même approprié pour l'équipe puisque leurs bureaux administratifs étaient du côté texan tandis que leur aréna était du côté arkansian? de l'Arkansas.
L'histoire se situe donc au tournant du millénaire et à la même époque, on avait sans doute surestimé la popularité des Stars de Dallas puisqu'on retrouvait alors au Texas une douzaine d'équipes mineures de hockey dans tout l'état à travers les différentes ligues de l'époque. Par exemple, on retrouvait au même moment des équipes comme les Wizards de Waco (WPHL), les Aeros de Houston (IHL) et les Iguanas de San Antonio (CHL) pour ne nommer que celles-là.
L'équipe démarra ses opérations pour la saison 2000-2001 mais même avant leur premier match, il y avait un gros «red flag» chez les Bandits en la personne de John Barath, leur propriétaire. Originaire d'Edmonton, Barath s'était précédemment attiré des problèmes et des ennemis dans le monde du hockey professionnel lorsqu'il se retira des actionnaires d'une équipe du nom des Gila Monsters de Tucson dans la West Coast Hockey League, quelques jours avant leur premier match d'existence en 1997. Le reste du groupe tenta de survivre sans l'apport financier de Barath mais l'équipe déclara faillite au milieu de sa première saison. Les Gila Monsters parvinrent à terminer la saison malgré tout, mais disparurent pour de bon après 21 matchs au début de la saison suivante. Un de ces actionnaires, Stephen Mendel, était aussi originaire d'Edmonton et deviendra même maire de la ville de 2004 à 2013 en plus d'être ministre de la santé de l'Alberta pendant quelques années.
Bref les Gila Monsters furent un flop et malgré cet affront commis dans la WCHL, John Barath fut quand même accepté comme nouveau propriétaire dans la CHL.
S'en suivit une comédie d'erreurs digne de ce qu'on s'attend d'une équipe boboche du sud profond. Tout d'abord, les Bandits avaient comme aréna le «Four States Fairgrounds», une grange de rodéo convertie en aréna où il était apparemment commun d'y voir des fuites dans le toit couler sur la glace.
Ensuite, les Bandits devinrent la risée de la région lorsqu'ils firent la signature de leur premier joueur, l'ancien choix du Canadien Keli Corpse. Plusieurs pensaient (avec raison) que selon ce titre dans le journal local, le premier joueur des Border City Bandits était mort...
Source: Hockey Logos Org (Instagram)
Les Bandits débutèrent donc leurs activités le 14 octobre 2000 et remportèrent leur premier match 5-2 contre les Scarecrows de Topeka. En plus de Keli Corpse, les Bandits avaient dans leurs rangs nul autre que celui que je considère être le recordman pour le nombre d'équipes à vie, l'éternel nomade Trevor Jobe. On retrouvait aussi le montréalais Daniel Shank, le seul membre des Bandits à avoir joué dans la LNH. Il y avait également chez les Bandits un gardien québécois du nom de Jean-Ian Filiatrault, qui détient le record de cette défunte CHL avec un total de 60 arrêts (sur 61 tirs) lors d'un match contre les Iguanas de San Antonio.
Après un début de saison respectable de 5-3-2 en 10 matchs et quelques matchs dans la moyenne d'assistance respectable de 4000 spectateurs, les choses débandèrent rapidement par la suite. Les Bandits perdirent 22 des 24 matchs suivants, les assistances tombèrent sous les 2000 et les joueurs commençaient à voir leurs chèques rebondir.
Et ce qui était probablement prévisible dès le départ pour les Bandits, leur propriétaire était rarement aperçu à Texarkana et devint finalement introuvable. La CHL, après avoir accumulé plus de 80 000$ de frais impayés par Garath, décida de dissoudre la franchise le 20 février 2001. Il s'agissait de la première fois qu'une équipe de la CHL ne put compléter une saison. La fiche finale des très éphémères Bandits de Border City fut donc de 11 victoires, 36 défaites et 4 matchs nuls en 51 matchs (d'un calendrier de 70 matchs). Les joueurs des Bandits furent dispatchés à travers la CHL ou migrèrent vers d'autres ligues pour terminer la saison. Daniel Shank quitta d'ailleurs pour les Gulls de San Diego dans la WCHL et il y remporta le championnat.
La saison suivante, une équipe senior de la Golf Coast Hockey League du nom des Bandits de Texarkana évolua l'espace d'une saison dans le même rodéo aréna que leurs ancêtres de la CHL. Ensuite ce fut une autre équipe, junior cette fois-ci, qui emprunta le nom des Bandits de Texarkana dans la North American Hockey League de 2003 à 2006. Aucun club n'y a évolué depuis.
Ma théorie du complot c'est que le puissant lobby du rodéo texan a trop d'emprise sur l'économie locale du Texas et de l'Arkansas...