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lundi 10 juillet 2017

Louis Levasseur


Louis Levasseur avait tenté sa chance dans le monde du hockey et a même joué quelques matchs avec les Dixie Flyers de Nashville de l’EHL en 1968-69.  Par contre, le rêve ne s’est pas poursuivi et il a dû abandonner.  Il est alors retourné dans son coin de pays, à Rouyn, pour travailler dans les mines.
 
En 1972, une nouvelle ligue, l’Association mondiale, était sur le point de prendre son envol.  Levasseur voulut donc reprendre son rêve et envoya une lettre à chacune des équipes de l’AMH.  L’une d’elles l’invita à son camp, mais alors qu’il transitait par l’aéroport de Toronto, Levasseur apprit que celle-ci avait été rayée de la carte.
 
Loin de chez lui, sans équipe et avec peu d’argent, un ami lui conseilla de contacter Jimmy Keon (le frère de Dave et abitibien comme lui), des Terriers d’Orillia de la Ligue senior d’Ontario.  Celui-ci lui répondit qu’ils venaient de perdre leur gardien et qu’il pouvait se présenter.
 
Les regards sur lui furent d’abord plutôt sceptiques lorsqu’il arriva avec son équipement qui datait un peu, mais une fois sur la glace, il sut les convaincre.  Levasseur devint alors une pièce importante des Terriers, qui remportèrent la Coupe Allan.
 
Après une deuxième année à Orillia, Levasseur reprit sa carrière pro, lorsqu’il signa avec les Fighting Saints du Minnesota de l’AMH en septembre 1974.  Ceux-ci l’assignèrent alors avec les Jets de Johnstown de la NAHL, qu’il aida à remporter la Coupe Lockhart.  Mais au-delà du titre de la ligue, il se tramait autre chose.  Nancy Dowd, la sœur de son coéquipier Ned Dowd, prenait des notes pour écrire le scénario d’un film, Slap Shot.
 
Levasseur correspondait parfaitement au stéréotype du gardien un peu excentrique.  Apparemment, il fait le don de faire une foule de choses que ne comprenaient pas ses coéquipiers.  Par exemple, la légende veut qu’il se soit déjà présenté à une fête d’équipe habillé en pêcheur, où il passa la soirée à essayer d’attraper un pain de savon avec une canne dans un aquarium.  Nancy Dowd créa donc le personnage de Denis Lemieux, un gardien francophone qui avait différentes théories loufoques, en s'inspirant de Levasseur.
 
C’est évidemment le comédien Yvon Barrette qui joua Denis Lemieux, mais Levasseur put quand même participer au film.  Le gardien des Ducks, Tommy Hanrahan, est joué par l’acteur Christopher Murney.  Par contre, celui-ci n'était pas un joueur de hockey.  C’est pourquoi que lors des scènes où Hanrahan porte son masque, il est joué par Levasseur.  Ceci inclut donc la fameuse scène où Reggie Dunlop (Paul Newman) passe derrière son filet et lui crie que sa femme est lesbienne.
 
 
Étonnamment, Levasseur n'a vu le film qu'une fois, à sa sortie, et il n'a jamais jugé bon de regarder la version française, dont il a bien sûr entendu parlée.

En 1975-76, Levasseur retourna à Johnstown, mais il eut tout de même l’occasion de jouer quatre matchs avec les Fighting Saints, avant que l’équipe ne fasse faillite.
 
En 1976-77, les Crusaders de Cleveland déménagèrent au Minnesota et devinrent la deuxième incarnation des Fighting Saints.  Levasseur devint alors leur gardien numéro 1 et s’illustra au point d’être invité au match des étoiles.  Malheureusement pour lui, les Fighting Saints deuxième version firent également faillite.  Il dut donc payer de sa poche pour se rendre à Hartford.  En bout de ligne, il ne fit pas ça pour rien, puisqu’il fut nommé le joueur du match pour la division est.  Il termina ensuite sa saison avec les Oilers.
 
 
Il se retrouva l’année suivante avec les Whalers de la Nouvelle-Angleterre, tout comme un autre abitibien, Dave Keon, avec qui il avait joué au Minnesota.  Levasseur y fut le substitut d’Al Smith.  Les Whalers se rendirent en finale, mais ils s’inclinèrent devant les Jets de Winnipeg.
 
Pour ce qui s’avéra la dernière année de l’AMH, 1978-79, les Whalers lui préférèrent John Garrett et Levasseur fut échangé aux Nordiques.  Il ne joua par contre que trois matchs dans leur uniforme et passa le reste de la saison dans la Ligue américaine.
 
 
Avec la disparition du circuit maudit, Levasseur signa comme agent libre avec les North Stars du Minnesota.  S’il passa la majeure partie de l’année dans la Ligue centrale, avec les Stars d’Oklahoma City, il eut tout de même la chance de jouer son premier (et également son dernier) match dans la LNH.  Toutefois, on peut supposer qu’il aurait souhaité que son seul match à vie dans la grande ligue se passe autrement.  D’abord, les North Stars, pourtant pas une mauvaise équipe, furent défaits 7-5 par les faibles Red Wings.  Et comme si ce n’était pas assez, ce match (et tous les autres joués dans la LNH le 24 février 1980) passèrent plutôt inaperçus, puisque à ce moment, tous les yeux étaient tournés vers Lake Placid.  Cette même journée, l’équipe américaine eut le dessus sur la Finlande par la marque de 4-2.  Par le fait même, elle s’assura de la médaille d’or olympique et compléta ainsi le ″Miracle on Ice″.
 
Après une autre année à Oklahoma City, sous les ordres de Ted Hampson, Levasseur accrocha ses jambières.
 
Sources:
Jackson, Jonathon, The Making of Slapshot: Behind the Scenes of the Greatest Hockey Movie, John Wiley & Sons Canada Ltd, 2010, p.31-32, 43, 75,
Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.106,
″Levasseur, who will attend Terriers reunion this month, says Orillia treated him ′like a king′ during his time here″ de Dave Lawson, 1er septembre 2015, Orillia Packet & Times (orilliapacket.com),
“40e de Slap Shot: témoignage du vrai Denis Lemieux, le rouynorandien Louis Levasseur″ de Félix B. Desfossés, 27 févier 2017 (radio-canada.ca),
legendsofhockey.net, wikipedia.org.

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