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dimanche 23 août 2026

R.I.P. Bill Rasmussen

 

Bill Rasmussen est décédé mercredi dernier. Âgé de 93 ans, il souffrait de Parkinson depuis quelques années. Peut-être qu’à prime abord, son nom ne vous fit rien. Pourtant, comme fondateur d'ESPN, il a eu un impact majeur sur le monde du sport. 


 

Avant de devenir directeur des communications des Whalers de la Nouvelle-Angleterre en 1974, alors toujours dans l’Association mondiale de hockey (AMH), Bill Rasmussen avait travaillé dans le domaine de la radio, de la publicité, puis il a été directeur des sports, et ensuite directeur des informations pour une station de télé de Springfield, au Massachussetts. 

Alors qu’il était à l’emploi des Whalers, une partie de son travail consistait à monter une émission hebdomadaire qui montrait les faits saillants de la semaine. Il devait ensuite aller livrer la cassette à neuf câblodistributeurs de la région. Il cherchait alors aussi une façon de distribuer les matchs des Whalers et le contenu sportif émanant de l’Université du Connecticut. 

À la conclusion de la saison 1977-78, Rasmussen, comme plusieurs de ses collègues travaillant dans les bureaux des Whalers, furent congédiés. 

Moins d’un mois après son congédiement, Rasmussen se remit à retravailler sur son concept de distribuer son contenu aux câblos du coin. Il les convoqua pour leur présenter son idée. Seulement la moitié se présenta. On lui expliqua alors aussitôt que techniquement, la tâche serait difficile, parce que tous n’avaient pas la même méthode de réception du contenu. De nombreuses sources leur envoyaient leur matériel par micro-ondes, qu’ils devaient ensuite amplifier avec leurs propres antennes. 

L’un d’eux lui suggéra de contacter RCA pour discuter de transmission satellite, une technologie dont Rasmussen ignorait tout. Lorsqu’il les appela, on s’empressa de le rencontrer pour lui offrir de l’espace disponible (et à ce moment, il y avait beaucoup de capacité excédentaire) sur cette nouvelle technologie, le SATCOM 1, qui pouvait transmettre du contenu à n’importe quelle station de réception en Amérique du Nord. Le problème, c’est qu’il y avait encore bien peu de ces stations. 

Ne pouvant recevoir le représentant de RCA dans ce qui lui servait de bureau, il loua une salle de conférence chez l’un des câblos. 

Son interlocuteur lui expliqua qu’une période de cinq heures de transmission satellite par jour, sept jours sur sept, coûtait 1250$ par jour. Ça pouvait paraître raisonnable, mais il demeurait que Rasmussen n’avait pas vraiment d’argent et plus d’emploi. 

Le représentant de RCA lui dit alors qu’un forfait annuel 24 heures sur 24, 365 jours par année était aussi disponible pour 35000$ par mois, mais qu’il suscitait bien peu d’intérêt et qu’il ne le mettait plus de l’avant. 

Rasmussen y réfléchit, et comme son prix de revient était de 1143$ par jour, moins qu’un forfait de cinq heures, c’est ce qu’il choisit. L’entente exigeait un premier paiement dans trois mois. C’est donc le temps qu’il avait pour donner une forme à son projet. Le moment venu, il dut alors remplir sa carte de crédit pour faire cette avance initiale de 9000$. 

Deux éléments lui apparurent et à lui et son fils, avec qui il travaillait. D’abord, il se demanda comment il ferait pour remplir autant d’heures de programmation. Par contre, la technologie du satellite faisait en sorte que contrairement à son plan initial, il n’avait pas à se limiter au Connecticut. C’est alors que la solution leur apparut. La NCAA, avec sa multitude d’universités, pouvait leur fournir une quantité astronomique de contenu. De plus, se souvenant comment, alors qu’il travaillait â la télé, il était frustré d’être limité â des capsules de 4 minutes pour présenter les nouvelles du sport, il eut l’idée d’en faire un bulletin d’une demi-heure. Ceci avait l’avantage de peupler la grille-horaire, surtout en le répétant plusieurs fois par jour, en plus de fournir du contenu peu coûteux. Ce fut le début du concept de SportsCenter. Toutefois, au début, l’idée fut reçue avec scepticisme. 

Il fallait donc convaincre la NCAA, s’acheter du matériel technique et se trouver un site. Toutefois, sa carte de crédit ne suffisait plus, puisque tout ça coûtait évidemment cher. Il fallait donc en plus trouver des investisseurs. Et pour les trouver, il fallait leur démontrer une capacité â générer des revenus. Et comme les câblos n’étaient pas intéressés à lui payer un frais d’abonnement, il fallait donc trouver des commanditaires. Par contre à ce moment, l’autre canal câblé, HBO, fonctionnait plutôt avec des abonnements. ESPN reviendra à ce modèle d’affaires en 1983. 

Il y avait donc beaucoup de pain sur la planche. 

Il y eut plusieurs allers-retours vers les bureaux de la NCAA, au Kansas, Ceux-ci étaient particulièrement intéressés à mettre en lumière des sports qui, jusque-là, en recevaient bien peu. Une entente fut signée finalement signé en février 1979. Ce même mois, un investisseur majeur avait été trouvé à un endroit surprenant. Une compagnie de pétrole, Getty Oil, accepta alors de sortir son chéquier, en investissant 10,4 millions $. Celle-ci voulait diversifier ses investissements, mais il demeure que c’était un pari risqué. Ceci aida toutefois bien sûr à donner de la crédibilité au projet.

Les événements se sont ensuite enchaînés. La rivalité Larry Bird – Magic Johnson aida à augmenter la popularité du basketball universitaire. Getty Oil investit 15 millions $ supplémentaires, devenant ainsi largement majoritaire. Et du côté des commanditaires, Anheuser-Busch signa pour plus d’un million. D’autres suivirent. Rasmussen réussit à attirer l’attention et créer un certain engouement autour du projet. 

Du côté du personnel, on réussit un grand coup de filet en convainquant Chet Simmons, le président de NBC Sports, de se joindre à l’entreprise. Dans son cas, il s’agissait d’un pari professionnel audacieux. Toutefois, Stuart Evey, le représentant de Getty Oil, lui assura qu’il serait en charge, sans toutefois le mentionner à Rasmussen. 

On signa aussi une entente avec un premier câblodistributeur prêt à offrir la station à ses abonnés. Celui-ci était bien loin du Connecticut. Il était plutôt au Colorado. 

Du côté professionnel, ce fut un peu plus difficile. Rasmussen rencontra la NFL, mais le commissaire Pete Rozelle lui répondit que le concept était intéressant, mais que c’était trop tôt. On trouva donc d’autre contenu pour remplir la grille 24/7, comme de la balle molle, du tir de tracteur, du football australien, des rodéos et du hurling irlandais. 

C’est finalement le 7 septembre 1979 qu’ESPN (Entertainment and Sports Programming Network) entra en ondes, dans des studios pas encore tout à fait terminés. La NFL n’y sera qu’à partir de 1987. Le baseball majeur y sera en 1989. 

La première émission diffusée fut un match de la World Series of Professional Slow Pitch Softball. Malheureusement pour eux, l’une des équipes était le Schlitz de Milwaukee. Schlitz étant un compétiteur direct de Budweiser, la marque du commanditaire principal d'ESPN, Anheuser-Busch, on décida de se contenter de les nommer ″Milwaukee″. Ce ne fut évidemment pas le seul moment cocasse des débuts de la nouvelle station. 

L’atmosphère de travail à cette époque était empreinte de testostérone, alors qu’on retrouvait dans les studios de la petite ville isolée de Bristol, Connecticut un mélange de travail intense et de fête sans fin. Toutefois, Simmons et Rasmussen n’avaient pas la même lecture de leurs rôles respectifs, ce qui créa bien sûr des frictions. De plus, Simmons ne voulait plus de l’implication de Scott, le fils de Rasmussen.

Le 30 septembre 1980, il fut annoncé que Bill Rasmussen quittait l’entreprise. Il en demeura toutefois actionnaire. 

Par ailleurs, la profitabilité n’était pas encore au rendez-vous. On dut donc amener un autre partenaire En 1982, ABC paya 20 millions $ pour 10% de la compagnie. Cette dernière lui fournit du contenu et apporta des synergies. 

En 1984, ABC racheta avec Nabisco les actions de la famille Rasmussen et celles de Texaco (qui avait acheté Getty Oil). Les sources divergent quant au montant que les Rasmussen ont obtenu. Certains parlent de 6 millions, d’autres 20 millions. 

Bill Rasmussen fut ensuite écarté de l’entreprise qu’il avait fondée jusqu’en 1999, alors que le président du moment l’invita pour le vingtième anniversaire. 

Par la suite, Rasmussen a investi et s’est impliqué dans différentes entreprises, dont un tournoi de la PGA. Il a aussi eu comme projet de construire un stade de golf (?) en Floride. Toutefois, le projet ne se matérialisa pas. Il y eut des enquêtes pour corruption et Rasmussen plaida finalement coupable à des accusations réduites de fraude en échange de sa collaboration. 

Il demeure toutefois qu'il a eu une influence majeure sur la diffusion de contenu sportif, 


Sources: 

Miller, James Andrew and Shiles, Tom, Those Guys Have All the Fun, Inside The World of ESPN, 2011, Little Brown, chapter 1, 

Sarver Coombs, Danielle and Batchelor, Bob, American History through American Sports, From Colonial Lacrosse to Extreme Sports, Bloomsbury Publishing, 2012, chapter 1, 

Deninger, Dennis, Live sports media: the what, how and why of sports broadcasting, Routledge, New York, 2022, chapter 1, 

″ABC expected to bid for ESPN″, AP, April 27 1984, Windsor Star, page C2, 

″ESPN has hand in changing American sports landscape″ de Gerald Eskenazi, New York Times News Service, Washington Observer-Reporter, page C1, 

″On the Air″ de Sara Powers Bailey, October 25 1989, Sarasota Herald-Tribune, page C1, 

″Station proves it can handle the big event″, AP, November 24 1995, Lewiston Sun-Journal, page 4C,

″Founder of ESPN tells tale″ de Pete Warner, April 3 1997, Bangor Daily News, page C1, 

″Sports giant ESPN not even considering calling time out″ de Gary D’Amato, December 16 1997, Toledo Blade, page 44, 

″Lighthouse Project – History: Stadium was biggest public corruption scandal in local history″ de Brittany Shammas, April 2, 2012, Naples News (archive.naplesnews.com), 

″Bill Rasmussen, Sports TV visionary and co-founder of ESPN, dies at 93″, August 18, 2026, ESPN (espn.com), 

″Bill Rasmussen’s legacy: He made ESPN part of your family″ de Andrew Marchand, August 19, 2026, New York Times (nytimes.com), 

bill-rasmussen-speaker.com, wikipedia.org.

 

jeudi 21 mai 2026

La série Canadiens-Whalers de 1980

 

Ce ne fut pas facile, mais c’est maintenant confirmé. Les Canadiens affronteront les Hurricanes de la Caroline en demi-finale. 

Avant de s'établir dans le sud-est des États-Unis en 1997, les Hurricanes ont eu comme prédécesseurs les Whalers de Hartford. Équipe originale de l’Association mondiale (AMH) de 1972 (bien qu’elle ait changé de domicile à quelques reprises), elle fut l’une des quatre élues pour joindre les rangs de la Ligue nationale en 1979. 

Les négociations ont été ardues et les conditions d’admission n’ont pas été généreuses.  Les droits sur de nombreux joueurs de l'AMH furent retournés à l'équipe de la LNH à qui ils appartenaient.

À la dernière année de l’AMH, les Whalers n’avaient pas été une puissance, terminant en quatrième place sur six. Considérant les règles d’expansion plutôt chiches, il ne fallait donc pas s’attendre à des miracles, même s’ils parvinrent à conserver les légendaires vétérans Dave Keon et Gordie Howe, les fils de ce dernier, Mark et Marty, leur capitaine Rick Ley et leurs gardiens John Garrett et Al Smith

En fin de saison, Hartford fit l’acquisition de Bobby Hull des Jets de Winnipeg. Lorsqu’il joua avec Gordie Howe et Dave Keon, les Whalers se retrouvèrent ainsi avec un trio des 40 ans et plus. 

Au cours de la saison, les résultats furent tout de même supérieurs aux attentes. Aidés par les 105 points de Mike Rogers et les 56 buts de Blaine Stoughton, les Whalers terminèrent 14e. Les Oilers, dans la foulée d’un Wayne Gretzky qui prenait son envol, prirent le 16e rang. Dans une ligue qui avait maintenant 21 équipes, les 16 premières accédaient aux séries. Comme les nouveaux venus étaient parvenus à devancer des éternels perdants comme les Capitals, les Red Wings et les Rockies, ils purent alors participer aux éliminatoires. (Les deux autres anciennes équipes de l’AMH, les Nordiques et les Jets, eurent moins de chance.) 

Puisqu’en séries le premier affrontait le seizième, le deuxième se prenait contre le quinzième et ainsi de suite, les Oilers affrontèrent l’équipe de tête, les Flyers. Quant aux Whalers, leur quatorzième place les envoya faire face aux troisièmes, les Canadiens. 

Même si le Tricolore avait subi beaucoup de changements (entre autres le départ de Scotty Bowman pour Buffalo et remplacé avec peu de succès par Bernard Geoffrion et les retraites de Ken Dryden, Jacques Lemaire et Yvan Cournoyer), il demeura que Montréal était tout de même le quadruple champion en titre. Toutefois, en saison, les Whalers avaient malgré tout trouvé le moyen de donner du fil à retordre aux Canadiens, les limitant à une victoire et trois matchs nuls. 

La série débuta le 8 avril au Forum. Montréal débuta en lion, l’emportant 6-1. Seul Mark Howe empêcha Denis Herron de réaliser un blanchissage, en marquant en troisième période. Yvon Lambert marqua deux fois pour les Montréalais. 

Le lendemain, toujours au Forum, ce fut un festival offensif. Yvon Lambert marqua deux autres buts, en plus d’obtenir une passe. Mario Tremblay accumula quant à lui trois mentions d’aide, dans une victoire de 8-4. La réplique vint entre autres de la famille Howe. Mark aida tour à tour son frère Marty et son père Gordie à marquer. 

Pour le troisième match, au Civic Center, les deux équipes changèrent de gardien. Michel Larocque prit la place de Denis Herron pour Montréal, alors que les Whalers confièrent leur filet à Al Smith au lieu de John Garrett. 

Le résultat fut beaucoup plus serré. Guy Lafleur marqua un troisième but en trois matchs. Mario Tremblay a obtenu deux autres passes, mais les Whalers offrirent une belle résistance, forçant la prolongation. 

Ce fut finalement Yvon Lambert, qui était en feu, qui trancha avec son deuxième but de la soirée. Montréal balayait ainsi la série en trois matchs. (C'était un 3 de 5 au premier tour.)  Si Dave Keon poursuivit son parcours, ce match fut le dernier de Bobby Hull et de Gordie Howe. Les Whalers ratèrent ensuite les séries lors des cinq années suivantes. En fait, lors de leurs 18 années à Hartford, ils ne remportèrent qu’une seule série, en 1986, contre les Nordiques. 

En passant, les Oilers furent aussi balayés par les Flyers. Il fallut donc attendre à l’année suivante avant qu’une ancienne équipe de l’AMH ne remporte un match de séries, lorsqu’Edmonton battit… Montréal.

Quant aux Canadiens, ils poursuivirent leur quête d’une cinquième Coupe d’affilée, mais privés de Guy Lafleur, blessé d'un coup discutable de Pat Boutette, ils frappèrent un mur lorsqu’ils s’inclinèrent au deuxième tour devant les North Stars du Minnesota. 

La fin de la dynastie du Bleu Blanc Rouge permit le début de celle des Islanders, qui remportèrent les quatre Coupes suivantes, et la série contre les Whalers en fut le dernier soubresaut. 

Sources : 

″Whalers, Oilers are happy just to reach playoffs″ de Catherine Wolfe, UPI, April 8, 1980, Ottawa Citizen, page 19, 

hockeydb.com, hockey-reference.com, wikipedia.org.

 

vendredi 24 octobre 2025

La famille Kapanen : une dynastie du hockey finlandais

 


 

 

Hier soir avait lieu un match entre le Canadien et les Oilers, mettant en vedette le fringant Oliver Kapanen du CH face à son cousin Kasperi Kapanen dans le camp adverse. Les Oilers l’ont finalement emporté in extremis 6 à 5, mais Oliver s’est illustré avec deux passes, contrairement à son cousin, blanchi de la feuille de pointage.

Il s’agissait de la première confrontation entre les cousins Kapanen dans la LNH. La famille Kapanen occupe toutefois depuis longtemps une place importante dans l’histoire du hockey finlandais, international, et, depuis les années 1990, dans celle de la LNH.

Voici un survol de cette véritable royauté du hockey finlandais.

 

Hannu Kapanen avec le HIFK (Helsinki)

Le premier des Kapanen à se distinguer fut Hannu Kapanen, né le 13 mars 1951 à Kontiolahti. Petit attaquant de 5 pi 9 po et 167 lb, il débuta en 1968 dans la principale ligue du pays, la SM-sarja, remplacée par la SM-liiga en 1975. Il évolua pour plusieurs clubs (JoKP, Karhu-Kissat et HIFK) avant de se joindre au Jokerit d’Helsinki en 1974.

Sa meilleure saison fut celle de 1975-1976, alors qu’il mena le Jokerit avec 53 points, dont 29 buts, en seulement 36 matchs.

Il représenta également la Finlande aux Jeux olympiques de 1976, récoltant quatre points en six matchs, ainsi qu’à plusieurs championnats du monde.

En 1977, il rejoignit les rangs du HIFK, remportant le championnat national en 1980. Il disputa ensuite cinq saisons en deuxième division avec le JoKP avant de prendre sa retraite en 1985. Par la suite, il devint un entraîneur respecté à travers la SM-liiga, occupant divers postes d’entraîneur-chef ou d’adjoint jusqu’en 2007.

Il fut intronisé au Temple de la renommée du hockey finlandais en 2006.

 

Jari Kapanen avec le Jokerit d'Helsinki

 

Frère cadet de Hannu, Jari Kapanen est pour sa part né le 1er mars 1954 à Joensuu. Évoluant également comme attaquant, Jari connut presque le même parcours que son frère, avec les 3 années de différence entre les deux. Il débuta lui aussi avec le JoKP, en 1971, ensuite TPS et le Karhu-Kissat. Les deux frères furent toutefois réunis en même temps avec le Jokerit, soit en 1974-75. Hannu quitta toutefois pour les rivaux du HIFK en 1977, mais Jari continua avec Jokerit jusqu'en 1980, étant élu capitaine en 1978. Il remporta également le trophée équivalant au Lady Byng dans la LNH, soit celui du joueur le plus gentilhomme en 1975.

En 1980, il quitta à son tour pour le HIFK, au moment où son frère descendait en deuxième division. Jari remporta lui aussi un championnat national avec HIFK, en 1983, avant de prendre sa retraite en 1987.


Sami Kapanen a joué pour les Whalers/Hurricanes de 1995 à 2003

 

Le plus illustre Kapanen (jusqu'à maintenant) est le fils de Hannu, Sami. Né le 14 juin 1973, alors que le paternel jouait avec le HIFK, Sami Kapanen était également attaquant de petit format (5'10") au talent explosif.

Formé au sein du KalPa, il évolua sous la direction de son père en 1992-1993. Dès ses années juniors, il brilla à l’international : or au championnat U17 de 1990 et bronze au U18 en 1991. En SM-liiga, il perça rapidement et fut nommé sur l’équipe d’étoiles en 1993-1994 grâce à 55 points en 48 matchs.

Aux Jeux olympiques de Lillehammer (1994), il aida la Finlande à décrocher la médaille de bronze — seulement la deuxième médaille olympique du pays au hockey —, ajoutant aussi l’argent aux championnats du monde la même année.

Après une autre médaille, d'or cette fois-ci, aux championnats du monde de 1995, Sami fut repêché en 4e ronde, 87e au total, par les Whalers de Hartford au repêchage de 1995. Déjà agé de 22 ans, il fit le saut directement dans l'organisation bientôt défunte pour la saison 1995-96.

Il débuta avec un bref séjour avec le club-école, les Falcons de Springfield. Après une excellente récolte de 31 points en 28 matchs dans la AHL, il fut rappelé à Hartford pour le restant de la saison, obtenant un modeste 5 buts et 4 passes en 35 matchs. Il fit partie des Whalers lors de leur dernière saison en 1996-97 (25 points en 45 matchs) avant de suivre l'équipe en Caroline.  

 


C'est avec les Hurricanes qu'il connut ses meilleures années, récoltant en moyenne 59 points par saison lors des 5 années suivantes, à une époque où la «dead puck era» était en plein essor et où les petits attaquants de son genre avaient beaucoup de difficulté à manœuvrer. Son sommet en carrière fut atteint en 2001-02 avec une fiche de 27 buts et 42 passes pour 69 points. Il participa 2 fois au match des étoiles (2000 et 2002), se distinguant à chaque fois comme étant le plus rapide patineur à chaque instance. Il participa également au parcours cendrillon des Hurricanes jusqu'à la finale de 2002, s'inclinant toutefois en 4 matchs contre Détroit.


Kapanen et les Hurricanes eurent un difficile lendemain de veille la saison suivante. Il avait été contraint à seulement 1 but en 23 matchs lors des séries, et sa guigne continua en 2002-03. En perte de vitesse, les Hurricanes l'échangèrent aux Flyers en février 2003 en compagnie de Ryan Bast. En retour, les  Hurricanes mirent la main sur l'espoir décevant Pavel Brendl ainsi que du défenseur montréalais Bruno St.Jacques.

Ce fut un bon changement d'air pour Kapanen qui obtint 13 points en 28 matchs pour clore la saison. Il devint davantage un attaquant de soutien au sein de ces Flyers bien garnis, avec qui il joua jusqu'en 2008. Il se distingua toutefois davantage en séries, amassant 17 points en deux tournois printaniers. 

On se souvient toutefois davantage de Kapanen lors ce ces années à Philadelphie pour avoir été magistralement sonné par Darcy Tucker des Maple Leafs...

 

Il signa un nouveau contrat avec les Flyers au retour du lock-out. Après une saison de 25 points en 2006-07 et seulement 8 en 2007-08, Kapanen annonça qu'il quitta la LNH pour retourner jouer dans la SM-Liiga avec son ancien club junior, le KalPa, où il fut immédiatement nommé capitaine. Il était également propriétaire de l'équipe depuis la saison 2003-04, un peu comme Mario Lemieux à Pittsburgh, il était alors joueur/proprio/capitaine. Il occupa également brièvement le rôle de DG en 2011. 

Après un courte année sabbatique en 2010-11, il revint au jeu pour trois autres saisons. Il fut rejoint alors par son jeune fils Kasperi qui faisait jusque-là partie du club junior de KalPa. Le duo père-fils joua ensemble jusqu'à la retraite officielle de Sami en 2014.

Sami et Kasperi Kapanen avec KalPa
 

Suite à sa retraite comme joueur, Sami demeura propriétaire de KalPa jusqu'en 2020, occupant parfois le rôle d'entraineur ou d'assistant. Il quitta ensuite pour devenir entraineur du HC Lugano. Il devint plus tard recruteur pour les Flyers mais a récemment quitté pour revenir en Finlande comme entraineur-chef des Pelicans de Lahti.

Sami Kapanen fut élu au temple de la renommée finlandais en 2015.


Kimmo Kapanen


Frère cadet de Sami, fils de Hannu et oncle de Kasperi, Kimmo Kapanen brisa toutefois le moule familial de petits attaquants rapides et habiles pour plutôt choisir d'être gardien.

Mais il suivit le reste de la famille, se développant lui aussi avec le KalPa junior et pro avec son frère et sous les ordres du père. Il était toutefois encore jeune et inexpérimenté et ne joua qu'une poignée de matchs comme gardien auxiliaire avec le club, jouant davantage avec le club U20.

Il suivit Sami avec le HIFK en 1994-95, jouant 8 matchs. Il évolua dans la SM-Liiga pour plusieurs clubs jusqu'en 2001. Il alterna entre plusieurs ligues et pays (Allemagne, Suède, Finlande) jusqu'en 2008, jouant principalement pour le Timra IK en suède pendant 4 saisons. 

Il devint ensuite entraineur des gardiens du KalPa, et plus tard DG de Timra.


Kasperi Kapanen

Comme vous avez pu voir, les Kapanen deviennent rapidement père à leur tour et parviennent à jouer avec la lignée précédente. Kasperi Kapanen, fils de Sami, est né le 23 juillet 1996, alors que Sami commençait à peine dans la LNH avec les Whalers. Il est toutefois né en Finlande durant l'été et a donc la nationalité finlandaise.

Comme son oncle Kimmo, Kasperi brisa lui aussi le moule à sa manière, étant davantage plus grand et costaud à 6'1" et 194 livres. Après avoir fait ses classes avec KalPa, il devint un des espoirs en vue de la première ronde du repêchage de 2014. Il fut choisi au 22e rang par les Penguins de Pittsburgh. Mais après seulement un an dans l'organisation de Pennsylvanie, où il demeura en Finlande et dans la AHL, il fut inclus dans la méga-transaction avec les Maple Leafs amenant Phil Kessel à Pittsburgh.

Il passa 5 saisons avec les Leafs, récoltant un sommet en carrière de 20 buts et 24 passes en 2018-19. Il fut réaquis par les Penguins en 2020 et y joua trois saisons. Il fut toutefois placé au ballotage en février 2023 et réclamé par les Blues. Même scénario par la suite alors qu'il joua avec les Blues jusqu'à une autre démotion au ballotage en novembre 2024, où il fut réclamé par les Oilers et où il semble avoir retrouvé une belle niche comme attaquant de soutien. Il a obtenu 6 points en 12 matchs lors du dernier parcours en séries des Oilers au printemps dernier.


Oliver Kapanen

Fils de Kimmo, oncle de Sami, cousin de Kasperi, petit-fils de Hannu et etc... Oliver Kapanen est le plus récent du clan à fouler les glaces de la LNH avec le Canadien de Montréal qui en fit son choix de 2e ronde (64e au total) en 2021.

Il a sans surprise été formé avec KalPa, au junior et ensuite chez les pros. Il représenta la Finlande à de nombreuses éditions du championnat junior, étant même nommé capitaine de son pays aux U20 de 2023. Après une dernière saison avec Kalpa en 23-24, il traversa l'Atlantique en 24-25, faisant ses débuts avec l'organisation montréalaise. Il commença même l'année avec le grand club, avant d'être finalement prêté au club Timra IK en suède, club où son père Kimmo était toujours DG. Il y connut une très bonne saison (35 points en 36 matchs) mais fut retourné à Montréal pour terminer l'année.

Ses premiers matchs furent toutefois timides, seulement 2 passes en 18 matchs et une autre passe en séries. Il termina ensuite le calendrier avec le Rocket de Laval, amassant 6 points.

Tout ce trimbalage en 2024-25 semble malgré tout avoir porté ses fruits, puisqu'il connait un départ canon en 2025-26 avec 6 points en 9 matchs au moment d'écrire ces lignes.

 

Konsta Kapanen avec le KalPa
 

Deuxième fils de Sami et petit frère de Kasperi, Konsta Kapanen est né le 29 septembre 2003 et est le dernier de la lignée, pour l'instant, à se rendre au niveau professionnel. Non-repêché dans la LNH, il évolue présentement avec le club familial, le KalPa. Il y est depuis toujours en fait, soit depuis ses débuts avec le club KalPa U16 en 2018-19.

Si les autres avant lui ont un peu brisé le moule, Konsta est davantage «old school Kapanen» en tant qu'attaquant de 5'9" et 160 livres. 

S'il ne figure pas sur le radar de la LNH, il a toutefois la distinction d'être le seul de la famille Kapanen à avoir remporté le titre de la SM-Liiga avec KalPa, qui vient de remporter le premier titre de son histoire en 2025. 

Je vous laisse justement avec ce premier titre du KalPa, ce qui devait être un moment mémorable pour toute la famille Kapanen.

Vous pouvez y voir un but de Konsta Kapanen à 0:48 min. 

 

 

lundi 16 juin 2025

Richard Brodeur

 

C’est sur une patinoire faite par son père dans la cour arrière chez lui à Longueuil que Richard Brodeur a commencé à jouer au hockey. Ce n’est qu’à 9 ans qu’il a rejoint le hockey organisé. Ce délai n’a pas semblé lui causer de problème. 

En 1970, le gardien de petit gabarit se retrouva avec les Maple Leafs de Verdun de la LHJMQ, mais il joua peu, avant d’être échangé à la pire équipe de la ligue, les Royals de Cornwall. 

Brodeur fut alors au cœur d’un revirement spectaculaire, alors qu’avec l’arrivée d’Orval Tessier derrière le banc et la contribution de joueurs comme Blair MacDonald et Gary MacGregor, les Royals passèrent de derniers à premiers en 1971-72. Brodeur fut nommé meilleur gardien de la ligue, en plus d’arrêter 46 tirs dans une performance clé en finale de la Coupe Memorial, qui permit aux Royals de vaincre les Petes de Peterborough par la marque de 2-1. Brodeur remporta ainsi le Trophée Stafford Smythe, remis au joueur le plus utile à son équipe lors du tournoi de la Coupe Memorial. 

Avec ces honneurs dans sa besace, Brodeur avait de grands espoirs pour le repêchage de 1972. Toutefois, il n’y eut pas moins de 10 gardiens qui ont été choisis avant lui. Si les premiers (Michel Larocque et Denis Herron) ont connu de belles carrières, par la suite, il y eut Mike Veisor, Dave Elenbaas, Gilles Gratton et d’autres dont vous n’avez jamais entendu parler. Ce sont finalement les nouveaux Islanders qui choisirent Brodeur, au 7e tour, 97e au total. 

Être repêché par une équipe d’expansion aurait pu être une opportunité de gravir les échelons rapidement, mais New York avait aussi pu s’assurer des services de Gerry Desjardins, Billy Smith et Glenn Resch. On offrit donc à Brodeur un contrat d’un an pour 12 000$ avec un boni à la signature de 1000$ pour jouer à Fort Wayne, dans la Ligue internationale. 

Pendant ce temps, une nouvelle ligue, l’Association mondiale, tentait de démarrer. Comme les Nordiques offrirent à Brodeur un contrat de deux ans pour un total de 45 000$, en plus d’un boni à la signature de 20 000$, il opta pour le circuit maudit.    

S’il débuta derrière Serge Aubry, il partagea ensuite la place avec ce dernier et Michel Deguise, avant de devenir le gardien numéro un des Fleurdelysés à partir de 1974-75. En 1975-76, il remporta 44 victoires, un record de l’AMH qui ne fut jamais battu. Il fit aussi évidemment partie de l’édition de 1976-77 des Nordiques qui remporta la Coupe Avco. 

Lorsque l’AMH rendit l’âme en 1979, et que quatre de ses équipes, dont les Nordiques, furent absorbées par la Ligue nationale, Brodeur fut l’un des rares à avoir disputé toutes les saisons du circuit avec la même équipe. 

Les droits sur Brodeur devaient donc en théorie revenir aux Islanders, mais les Nordiques utilisèrent alors l’une de leurs trois sélections prioritaires pour conserver ses droits. Toutefois, New York accepta de laisser Gerry Hart sans protection. En retour, les Nordiques acceptaient d’échanger Brodeur contre un autre gardien. Même si Hart n’avait pas vraiment envie de venir à Québec et Brodeur de la quitter, le plan fut mis en place et Brodeur fut éventuellement échangé contre Göran Högosta

À son arrivée à New York, les perspectives d’avenir ne paraissaient pas très prometteuses pour Brodeur, étant donné que Smith et Resch y étaient toujours. Brodeur se retrouva donc à Indianapolis dans la Ligue centrale. En février 1980, Smith dut s’absenter, Brodeur fut rappelé d’urgence. Comme le match suivant avait lieu à Québec, l’entraîneur Al Arbour eut le flair de lui confier le filet pour faire face à son ancienne équipe, contre qui il avait une certaine rancoeur. Brodeur remporta ainsi son premier match dans la LNH, 5-3. Il participa à un deuxième match avant de retourner à Indianapolis, où il remporta le Trophée Terry-Sawchuk à la fin de la saison. 

À la fin du camp de 1980, frustré de la situation, Brodeur exigea d’être échangé, sans quoi il prenait sa retraite. Une demi-heure plus tard, on lui annonça qu’il s’en allait à Vancouver avec une inversion de choix de cinquième ronde à l’encan de 1981. Les Islanders prirent Jacques Sylvestre, alors que les Canucks choisirent Moe Lemay. 

Tout ceci n’améliorait pas tant la situation de celui qu’on surnommait Kermit, puisqu’il se retrouvait encore deux autres gardiens, cette fois c’était Gary Bromley et Glen Hanlon. Toutefois, les deux se sont rapidement blessés et Brodeur saisit sa chance. Bromley perdit sa place et Hanlon fut éventuellement échangé à St-Louis. 

Jusque-là, les Canucks avaient toujours été une équipe ordinaire et ils n’avaient jamais remporté une série depuis leur création en 1970. Si Brodeur joua 52 matchs en 1980-81, il faut dire que leur fiche était plutôt ordinaire à 28-32-20. (Oui, 20 matchs nuls!) 

En 1981-82, Brodeur a joué autant de matchs que la saison précédente et la fiche de l’équipe était à peine mieux (30-33-17). Par contre, Vancouver se trouvait dans la division Smythe, où à part les Oilers, qui s’étaient complètement échappés, les autres équipes étaient au mieux très ordinaires. Toutefois, au premier tour, les faibles Kings ont causé une énorme surprise en envoyant la bande à Gretzky en vacances, ce qui a été appelé le ″Miracle on Manchester″. Pendant ce temps, les Canucks, dirigés par Roger Neilson suite à la suspension de Harry Neale, ont balayé les Flames. 

Au deuxième tour, Los Angeles devait donc affronter des Canucks reposés. C’est alors que suite au jeu brillant de Brodeur, on affirma que si Vancouver devait affronter les Rois (Kings), les Canucks pouvaient compter sur le Roi Richard (King Richard, en référence à Richard III). Le surnom a collé.

Les Canucks ont ensuite facilement éliminé les Kings, 4-1, avant d’affronter une autre équipe qui avait surpris, les Blackhawks. 

Vancouver défit aussi rapidement Chicago. Lors du deuxième match, en dérision d’une performance de l’arbitre qui l’irritait, l’entraîneur Roger Neilson a brandi une serviette blanche au bout d’un bâton, comme une ironique reddition. Neilson fut expulsé, mais ce fut la seule défaite des Canucks.


Vancouver, qui n’avait jamais eu de succès en séries, se retrouvait ainsi en finale, contre les champions en titre (et son ancienne équipe), les Islanders. Les partisans des Canucks ont agité des quantités phénoménales de serviettes blanches. Brodeur, qui a joué tous les matchs des Canucks en séries, a continué de se distinguer, mais la réalité a fini par rattraper Vancouver, qui a été balayé. Ce parcours en séries et la contribution de Brodeur sont alors entrés dans la légende sur la côte-ouest. Malgré la défaite, un défilé a eu lieu et plus de 100 000 personnes y ont assisté. 

L’année suivante, les performances de Brodeur furent reconnues, lorsqu’il fut invité au match des étoiles. Le tout fut toutefois contrecarré, lorsqu’il fut atteint d’un lancer-frappé de Dan Daoust, des Leafs. Son tympan droit a été perforé et il a dû recevoir 10 points de suture. Il rata donc le match des étoiles, qui avait lieu trois jours plus tard et fut remplacé par son coéquipier John Garrett

Pendant les années suivantes, Brodeur continua de jouer de nombreux match au sein d’une équipe qui stagnait ou qui régressait, et ce jusqu’en mars 1988. À ce moment, les Canucks étaient l’une des pires équipes de la ligue. Ils échangèrent donc Brodeur aux Whalers contre Steve Weeks, pour qu’il puisse appuyer Mike Liut. Une fois en séries, Hartford affronta Montréal, qui était favori. Brodeur joua quatre matchs, mais dans une cause perdante. Le Tricolore eut le dessus. 

L’année suivante, les Whalers envoyèrent Brodeur dans la Ligue américaine à Binghampton, pour servir de mentor à leurs jeunes gardiens. Il joua six matchs, avant de finalement prendre sa retraite.

Brodeur revint au Québec pour devenir représentant pour Labatt, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, puis dans le Bas du fleuve. Il retourna ensuite à Vancouver, pour gérer un hôtel. 

Brodeur avait toutefois une passion, la peinture. C’est lors de son passage à Cornwall qu’il a commencé à peindre de façon autodidacte. Toutefois, dans l’atmosphère macho des années 1970, alors que les gardiens étaient déjà considérés comme bizarres, il est demeuré discret à ce sujet. Par contre, ayant subi plusieurs commotions cérébrales au fil de sa carrière, lorsqu’il eut des conséquences de celles-ci, c’est sa peinture qui lui a servi de bouée de sauvetage. 

Il y a 25 ans, il a eu envie de se consacrer entièrement à son art. Habitant toujours en Colombie-Britannique, il a vendu au fil des ans plusieurs centaines de toiles. Il expose régulièrement dans plusieurs galeries, incluant La Belle Galerie, dans le Vieux-Québec. Ses sujets préférés sont la nature et les scènes de hockey avec des enfants. 

 

Sources: 

D’Auteuil, Jean-Pierre et Otis, Jean-Philippe, La Ligue de hockey junior majeur du Québec, Depuis Lafleur, en passant par Lemieux et Crosby, Éditions Caractère, 2013, pages 25 à 30; 

″Brodeur avait un petit compte à régler à Québec″ de Maurice Dumas, 28 février 1980, Le Soleil, page C1, 

″Brodeur blessé, Garrett devient numéro un″ d’UPI et AP, 7 février 1983, Le Soleil, page B2,

″Canucks at 50: How Richard Brodeur went from Kermit to king to a folk-art ′Picasso′″ de J.J. Adams, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com), 

″Richard Brodeur du filet à la toile″ de Jean-François Chabot, 26 avril 2020, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

″Des Nordiques au pinceau: l’ex-gardien de but Richard Brodeur raconte à quel point la peinture l’a «sauvé»″ de Diane Tremblay, 31 janvier 2024, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

″Quand la peinture sauve la vie du Roi Richard″ de Mikaël Lalancette, 1er février 2024, La Tribune (latribune.ca), 

 ″L’ex-gardien de but Richard Brodeur expose ses toiles à Québec″ de Gabrielle Morissette, 2 février 2024, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

brodeurartist.com, hockeydraftcentral.com. labellegalerie.ca.

mercredi 28 août 2024

Sondage: Risto Siltanen ou Reijo Ruotsalainen ?



 


Dans la lignée de nos précédents sondages tels que Pavel Trnka ou Petr Tenkrat? Lucien DeBlois ou Mario Marois? ou encore Merlin Malinowski ou Terry Ruskowski?, le temps est venu de trancher encore une fois sur une question d'importance capitale, qui est maintenant:

Quel est votre préféré entre «Risto Siltanen ou Reijo Ruotsalainen?»

Ces deux joueurs finlandais des années 80 ont toujours été quelque peu confondants pour moi et j'imagine pour une flopée d'autres gens qui ne les ont pas nécessairement vu jouer. En plus d'avoir un nom similaire, les deux étaient également des défenseurs du même âge, en plus d'avoir joué pour quelques-unes des mêmes équipes et de porter un beau JOFA à la Jari Kurri. Et comme ce dernier, les deux font également figure de pionniers du hockey finlandais.

Allons-y donc pour leur bio respective et ensuite on passera au sondage.


Risto Siltanen

Risto Siltanen est né un jour d’Halloween, soit le 31 octobre 1958 à Mänttä. Défenseur rapide et agile de seulement 5'9", il était toutefois très trapu et costaud, ce qui lui valut le surnom «Le petit Hulk». Sans faire partie de l'élite, il était toutefois reconnu pour avoir un des meilleurs lancers sur réception de la LNH et un des tirs les plus foudroyants.

Il débuta son développement avec l'équipe junior du Ilves Tampere. C'est lors de la saison 1975-76 qu'il démontra tout son talent alors qu'il termina au premier rang des buteurs de la ligue avec 39 buts en 36 matchs, et ce malgré qu'il était défenseur à temps plein. Il gradua ensuite en SM-Liiga et fut élu comme recrue de l'année en 1976-77 en plus de faire partie de l'équipe d'étoiles.

Les Blues de St.Louis prirent le pari sur lui lors du repêchage de 1978 avec un choix tardif de 11e ronde (173e au total). Il n'était toutefois pas intéressé par les Blues et débuta la saison suivante en Finlande avant de finalement traverser en Amérique vers la fin de la saison, non pas avec les Blues mais plutôt avec les Oilers d'Edmonton dans l'AMH. Il termina la saison 78-79 avec 7 points en 20 matchs et 9 autres en séries où les Oilers s'inclinèrent contre les Jets lors de la dernière finale de l'histoire de la ligue rebelle.

Les Blues détenaient toujours ses droits dans la LNH lors de la fusion des deux ligues mais Siltanen refusa toujours de se rapporter à eux, menaçant plutôt de retourner en Finlande plutôt que d'aller à St.Louis.  Les deux équipes conclurent donc un échange envoyant le défenseur Joe Micheletti aux Blues en retour de Siltanen et Tom Roulston.

Siltanen fit donc partie des premières éditions des Oilers dans la LNH, et il fit également partie des nombreuses réussites initiales des Oilers avec les joueurs finlandais. En fait, il s'agit du premier de cette lignée, étant le seul joueur de ce pays lors de cette saison 79-80. Il servit d'ailleurs d'interprète lors de l'arrivée de Kurri la saison suivante. Après une première saison de 35 points, Siltanen devint le défenseur offensif de prédilection de Glen Sather avec une saison de 53 points dont 17 buts en 1980-81. Il marqua également le but vainqueur lors du 2e match de la série contre les Canadiens au printemps 1981, une série 3 de 5 que les Oilers remportèrent à la surprise générale en 3 matchs. 

Siltanen enchaina ensuite avec sa meilleure saison en carrière avec 63 points en 1981-82. Il fut également le premier défenseur de l'histoire des Oilers à obtenir un tour du chapeau.

Cependant, l'émergence rapide de Paul Coffey incita les Oilers à sacrifier Siltanen dans le but d'obtenir plus de robustesse, ce qu'ils réussirent avec brio en l'envoyant aux Whalers de Hartford en retour de Ken «the Rat» Linseman.  Dans cette échange à trois équipes, Mark Howe prit le chemin de Philadelphie.

Siltanen continua donc sa carrière comme défenseur numéro un des Whalers à partir de 1982-83. Après une première saison où il régressa à 30 points, il revint à ses bonnes habitudes avec 15 buts et 53 points en 83-84 et ensuite 12 buts en 84-85.

En 1985-86, les Whalers étaient sur une lancée. Et une fois de plus, l'émergence d'un autre défenseur offensif poussa Siltanen en dehors du portrait, cette fois-ci au profit de Dave Babych. 

Ils sacrifièrent donc Siltanen en l'envoyant aux Nordiques en retour de l'attaquant John Anderson, juste avant un match entre les deux équipes à Hartford.

Siltanen était un bon fit à Québec et put même se venger des Whalers pour l'avoir échangé lorsqu'il obtint 5 passes à leurs dépends lors d'un match des séries de 1987, aidant ainsi grandement à leur élimination par les bleus. Ces 5 passes en un match demeurent à ce jour le record pour un défenseur en séries. Il est en fait co-détenteur du record, précédemment établi par nul autre que... Paul Coffey en 1985.

Cependant, après cette seule saison complète passée à Québec (10 buts, 29 passes), durant laquelle il eut également un séjour dans les mineures pour reconditionnement physique, Siltanen décida de partir pour la Suisse avec le HC Berne pour la saison 1987-88. Il était triste de quitter Québec mais il évoqua comme raison principale le fait qu'il voulait que son fils puisse aller à l'école en Finlande. Il ne gardait également pas la porte fermée pour un éventuel retour avec les Nordiques dans le futur. Ses droits passèrent toutefois aux Devils et ensuite au Canucks lors des années suivantes, sans qu'il ne revienne dans la LNH.

Après une seule saison à Berne, il revint en Finlande pour de bon, avec son ancien club de Tampere, comme capitaine. Il joua ensuite avec le TuTo Turku de 1992 à 1996 suivi d'une dernière saison en Allemagne suite à quoi il prit sa retraite. 

Il fut élu au temple de la renommée du hockey finlandais en 1998. 

En 560 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 90 buts et 265 passes pour 355 points.

Vous pouvez voir un de ses «plombs» ici en action contre les Rangers et Ruotsalainen d'ailleurs.


Passons justement à son compatriote.


À première vue, il est tentant de déclarer Reijo Ruotsalainen comme étant supérieur à Siltanen mais décortiquons d'abord son parcours et notez bien toutes les nuances qu'on y retrouve. Et je vous rappelle qu'il ne s'agit pas de voter pour le meilleur des deux, mais bien votre préféré entre les deux.

Reijo Ruotsalainen est né le 1er avril 1960 à Oulu en Finlande. Si Siltanen est né à l’Halloween, Ruotsalainen est lui aussi né à une date rigolote, soit celle du Poisson d'avril...

Patineur prodige, Reijo (prononcé Réixo) est grandement considéré comme un des meilleurs patineurs de sa génération. À seulement 15 ans, il parvint à faire l'équipe senior de son club local, le Kärpät Oulu, pour la saison 1975-76. Il s'imposa dans le meilleur niveau finlandais lors des 5 saisons suivantes, étant deux fois élu meilleur défenseur de la SM-Liiga, et aidant le Karpat à remporter le championnat en 1981. Durant ses années d'éligibilité au junior, il était tellement convoité que les Saguenéens de Chicoutimi ont bien failli obtenir ses services en 1977. Il aurait alors fallu que ses parents acceptent et que les Sags versent une caution de 10 000$ à la fédération de hockey finlandaise, ce qui n'arriva éventuellement pas...

Ce sont les Rangers qui prirent le pari de le repêcher, soit en 6e ronde (119e au total) du repêchage de 1980, soit la même cuvée de celui auquel il fut grandement comparé durant sa carrière, Paul Coffey (au 6e rang pour sa part). C'est l'ancien défenseur des Jets Lars-Erik Sjoberg, alors recruteur avec les Rangers, qui était grandement fan et qui convainquit les Rangers de le sélectionner. Comme Coffey, Ruotsalainen était reconnu pour mieux patiner à reculons que la plupart des joueurs de la LNH à la normale.

Ruotsalainen fit le saut avec les Rangers en 1981-82. Jumelé avec le robuste Barry Beck sur la première paire de défenseurs des Rangers, il obtint une splendide saison recrue avec 18 buts et 38 passes pour 56 points. Il obtint également 9 points en 10 matchs durant les séries. Comme Siltanen, Ruotsalainen était aussi reconnu pour son lancer frappé sur réception et son habileté avec la rondelle. Cependant, Ruotsalainen était considéré supérieur grâce à sa vitesse. 

Mais à seulement 5'8" et 170 livres, Ruotsalainen n'était pas le plus robuste et sur ce point, Coffey, et même Siltanen, lui étaient supérieurs.

L'entraîneur des Rangers était alors le légendaire Herb Brooks, qui parvenait à tirer le maximum du talent de Ruotsalainen. Il l'utilisait aussi souvent à l'aile, ce qui fit immanquablement gonfler ses statistiques. Son sommet en carrière fut atteint en 1984-85 lorsqu'il amassa 28 buts et 45 passes pour 73 points, bon pour le premier rang chez les Rangers. Il termina toutefois cette saison avec le pire différentiel de l'équipe à -27.

En fait, les Rangers de 84-85 avaient connu une saison médiocre avec une fiche de 22-48-10, étant parvenus à faire les séries seulement parce que les Devils et les Penguins avaient fait pire qu'eux dans leur division. Ils se firent d'ailleurs éliminer rapidement en trois matchs par les Flyers en première ronde. 

Brooks fut remercié après cette saison et son remplaçant Ted Sator n'avait pas la même affection envers Ruotsalainen, qui régressa alors à 59 points en 85-86. Sator s'est d'ailleurs mis beaucoup de joueurs à dos durant cette saison et il fut rapidement congédié au début de la saison suivante. À ce moment, Ruotsalainen n'était plus là. Incapable de blairer Sator et en froid avec la direction, il signa en Suisse avec le HC Berne, précédant d'un an l'arrivée de Siltanen avec le même club.

C'est alors que Glen Sather flaira le coup et en passa toute une à son collègue Phil Esposito des Rangers. Il obtint les services de Ruotsalainen, Clark Donatelli, Jim Wiemer et Ville Kentala en retour de Mike Golden, Miroslav Horava et Don Jackson. Jackson était un vétéran accompli mais ne joua qu'une vingtaine de matchs à New York et prit sa retraite, tandis qu'Horava ne devint qu'un joueur marginal et Golden ne se rendit jamais à la LNH. 

Le DG des Jets, John Ferguson, déclara alors qu'il y avait «une douzaine de DG de la LNH qui voulaient la tête d'Esposito» pour s'être débarrassé ainsi de ce qu'on considérait toujours comme un des meilleurs défenseurs de la planète, qui était désormais dans le même vestiaire que Paul Coffey...


Cependant,
Ruotsalainen était menotté par le contrat avec le HC Berne. Sather tenta de le racheter mais le club refusa car Ruotsalainen attirait de larges foules. Il dut ainsi attendre la fin de la saison là-bas (qui se termine plus tôt) pour revenir dans la LNH. Il joua alors les 16 derniers matchs de la saison à Edmonton, amassant 5 buts et 8 passes et jouant l'entièreté du parcours des séries des Oilers jusqu'à leur reconquête de la coupe au printemps 1987. Il obtint 7 points durant ces séries menant à sa première coupe Stanley.

Mais malgré ce retour en force dans la LNH, une coupe et le départ imminent de Coffey chez les Oilers (échangé à Pittsburgh à l'automne 1987), Ruotsalainen opta de retourner en Europe, cette fois-ci en Suède avec le HV71. Il avait alors en vue de participer aux Olympiques de 1988, ce qu'un contrat dans la LNH lui rendait impossible. Il aida grandement sa patrie lors de ces jeux, obtenant 4 buts en 8 matchs et aidant son équipe à remporter la médaille d'argent, à ce moment la plus haute marche sur le podium olympique pour les finlandais dans leur histoire.

Durant cette saison passée en Suède et aux Olympiques, les droits de Ruotsalainen furent acquis au ballotage par les Devils. Après une saison de retour en Suisse en 1988-89, il se laissa tenter de nouveau par la LNH. Cependant, on retrouvait trop de défenseurs similaires chez les Devils, eux qui venaient de finalement acquérir les services de Viacheslav Fetisov et Alexei Kasatonov, sur qui ils avaient parié gros. Ruotsalainen était donc de trop et fut souvent laissé de côté, n'amassant que 7 points en 31 matchs au New Jersey.


Court passage avec les Devils

Avec ses compatriotes Jari Kurri et Esa Tikkanen en 1990

Avec le HC Berne en Suisse

Mais, c'est alors qu'un personnage familier retentit de nouveau. Au début du mois de mars 1990, Glen Sather refit l'acquisition de Ruotsalainen en vue des séries. Il ne céda en retour que le défenseur Jeff Sharples, un joueur marginal qui ne revint jamais dans la LNH. 

Le deuxième séjour de Ruotsalainen à Edmonton fut très similaire au premier. Il obtint 8 points en 10 matchs pour clore la saison. Il fut toutefois un gros rouage de l'équipe en séries avec 13 points en 22 matchs, aidant à ramener de nouveau la coupe à Edmonton. Il obtint alors le surnom de «Rental Rexi».

Il s'agissait toutefois du chant du cygne dans la LNH pour Ruotsalainen, qui retourna ensuite en Suisse avec le HC Berne pour les trois saisons suivantes. Il alterna ensuite entre la Suisse et la Finlande jusqu'à sa retraite en 1998 (un an après Siltanen). 

En 446 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 107 buts et 237 passes pour 344 points, en plus de 47 points en 86 matchs en séries.

Il fut élu au temple de la renommée finlandais en 2000.

Étrangement, malgré son départ de la LNH et sa retraite, son nom fut longtemps disponible sur les listes de protection ou non-protection lors des expansions des années 90 et 2000. On le retrouve par exemple ici protégé par les Oilers lors de l'expansion de 1998 et ici disponible lors de l'expansion de 2000... 

Jusqu'à ce jour, il est affectueusement «name-droppé» en blague par les commentateurs et partisans des Oilers lorsque l'équipe aurait besoin de renfort en défense...


Bon il est désormais temps de voter. 

Je sais qu'à première vue c'est Ruotsalainen qui devrait l'emporter mais ce sera à décider selon vos propres critères et votre degré d'affection. Peut-être retrouverons nous une légion des anciens fans de Siltanen durant son temps avec les Nordiques qui feront pencher la balance en sa faveur...

Voici un aide-mémoire pour vous aider dans votre décision.

RISTO SILTANEN

  • Premier défenseur offensif des Oilers dans la LNH.
  • Premier joueur finlandais des Oilers dans la LNH.
  • Surnommé «Le petit Hulk»
  • Recrue de l'année en Finlande en 1977
  • Un des meilleurs lancés sur réception de son époque
  • Sommets de 17 buts en 1980-81 et 63 points en 1981-82
  • A seulement évolué comme défenseur
  • A joué pour les Whalers et les Nordiques
  • A joué pour 3 des 4 équipes de l'AMH qui ont gradué dans la LNH
  • Record de la LNH avec 5 passes en un match des séries (co-détenu avec Paul Coffey)
  • 90 buts et 265 passes pour 355 points en 560 matchs dans la LNH. 18 points en séries.
  • Temple de la renommée finlandais


REIJO RUOTSALAINEN

  • 2 coupes Stanley
  • 1 médaille d'argent olympique
  • 3 championnats de la ligue Suisse
  • 2 titres de meilleur défenseur en Finlande
  • 1 championnat en Finlande
  • Surnommé «Rental Rexi»
  • N'a pas joué pour les Whalers ou les Nordiques
  • A été employé comme défenseur et attaquant
  • 107 buts et 237 passes pour 344 points en 446 matchs dans la LNH. 47 points en séries.
  • Temple de la renommée finlandais
  • #10 retiré par Kärpät

Les deux ont joué avec Paul Coffey mais n'ont jamais joué ensemble, à l'exception des championnats mondiaux junior et la Coupe Canada de 1981. Les deux ont joué avec les Oilers et le HC Berne.

VOTEZ!


Sources:
Reijo Ruotsalainen téléphone à ses parents, Le Quotidien, 28 décembre 1977
Anderson sacrifié pour Siltanen, Le Soleil, 9 mars 1986
Enfin je pourrai jouer à ma manière,
Le Soleil, 9 mars 1986
Fergy en veut à Espo, Le Soleil, 2 novembre 1986

J'ai vraiment appris à aimer les Nordiques, le Soleil, 4 mai 1987
Heureux qui comme Reijo, La Tribune, 25 mai 1990