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mercredi 31 décembre 2025

Lionel Bouvrette

 

Originaire de Hawkesbury, Lionel Bouvrette alla poursuivre ses études à Montréal, dans le but d’éventuellement devenir ingénieur. Son chemin a toutefois bifurqué vers le hockey. Sur la liste de négociation des Canadiens, il se retrouva avec les As de Québec de la ligue senior en 1941, tout en travaillant pour le gouvernement du Québec. 

En 1942-43, après une autre saison avec les As, Bouvrette se retrouva au cœur d’une situation particulière. 


 

Après avoir terminé premiers l’année précédente, les Rangers perdirent plusieurs joueurs au recrutement, incluant leur gardien, ″Sugar″ Jim Henry, qui s’était joint à l’armée. Pris au dépourvu, ils se rabattirent sur Steve Buzinski, avec des résultats catastrophiques. On utilisa donc le vétéran Bill Beveridge et le réserviste Jimmy Franks. 

Pour le dernier match de l’année, les Rangers étaient largués depuis longtemps et étaient assurés de terminer derniers. Ils affrontaient les Canadiens au Forum, alors que ceux-ci étaient à un point des Black Hawks et de la dernière place donnant accès aux séries. 

De leur côté, ces mêmes Hawks devaient jouer leur dernier match contre les Red Wings, qui n’avaient rien à gagner, puisqu’ils étaient assurés de terminer en première place. Petit détail, les Wings appartenaient à James E. Norris, qui détenait aussi le Chicago Stadium. Est-ce que Détroit pourrait lever le pied pour permettre aux Hawks de jouer plus de matchs au Chicago Stadium, qui appartenait aussi à leur propriétaire? 

Pour en rajouter une couche, Jimmy Franks était blessé et les Blueshirts demandèrent donc aux Canadiens de leur prêter un gardien, Lionel Bouvrette. Pour ses débuts dans la grande ligue, Bouvrette pouvait donc, en s’illustrant, éliminer l’équipe qui détenait ses droits.  

En cette période où il était fréquent qu'un même gardien joue tous les matchs, Bouvrette devenait le quatrième à garder la cage des Rangers, ce qui était extrêmement rare.  (Certaines sources évoquent même un record pour l'époque.)  Chose certaine, la situation devant le filet avait fortement contribué à leur déchéance. 

Finalement, l’honneur a été sauf. Bouvrette, bombardé par l’adversaire, a connu un fort match, mais Elmer Lach a eu un match de 3 points, alors que Joe Benoit, Buddy O'Connor, Toe Blake et Gordie Drillon en ont obtenu 2 chacun. Montréal l’a emporté 6-3 et ainsi, Bouvrette n'a pas contrecarré les plans de l'équipe à laquelle il appartenait. 

Il restait donc à régler le match entre les Wings de James Norris et les Black Hawks qui jouaient au Chicago Stadium de James Norris. Après le match, les spectateurs demeurèrent au Forum pour suivre les résultats de l’autre partie. (À cette époque, obtenir les résultats des autres confrontations n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui.)  C’est finalement Détroit qui l’a emporté 6-5 et Montréal a accédé au ″détail″ comme on disait à l’époque. 

Ce fut toutefois le seul match de Bouvrette dans la LNH. S’il a apparu sur la liste de négociation des Canadiens pendant plusieurs années, il n’a jamais pu s’entendre avec eux. À un moment, le directeur-gérant Tommy Gorman lui a offert 1800$ pour 3 ans, mais Bouvrette en demandait 3000$. Gorman lui demanda alors s’il voulait acheter le Forum. 

Il eut aussi des offres de Toronto, Détroit et des Rangers, mais il préféra demeurer à Québec, alors que de 1942 à 1948, il travaillait aussi comme gérant du personnel à la Morton Engineering. Ceci ne l’empêcha pas en 1943-44 d’aider les As à remporter la Coupe Allan, en plus de se mériter le Trophée Byng de Vimy, remis au meilleur joueur de la ligue, en plus de toucher un salaire de 1300$. 

Bouvrette s’aligna avec les As jusqu’en 1947, après quoi il joua différents rôles dans la communauté, comme par exemple entraîneur de hockey junior, organisateur d’un tournoi de curling et président du club Kiwanis local. 

Il a ensuite déménagé à Dorval à la fin des années 1960. 

Il est décédé en 2000 à l’âge de 85 ans. 

Sources : 

″Le Canadien clôture sa saison contre les Rangers ce soir″, 18 mars 1943, La Presse, page 22, 

″La saison régulière des Canadiens prendra fin ce soir avec une joute très importante″, 18 mars 1943, Montréal-Matin, page 14, 

″Le Canadien termine en 4e place et prendra part au détail″, 19 mars 1943, La Presse, page 20,

″Canadien bat les Rangers 6 à 3 et demeure en lice dans la N.H.L.″, PC, 19 mars 1943, Le Soleil, page 13, 

″Lionel Bouvrette et le Baronet″ de Jacques Arteau, 7 mars 1958, Le Soleil, page 17, 

″Lionel Bouvrette aurait joué dans la LNH avec le Canadien″, 4 janvier 1969, Le Soleil, page 25.

 

mardi 19 décembre 2023

Un joueur, Une équipe, Un match



J'avais envie de faire un truc spécial aujourd'hui. J'ai choisi de parler d'un joueur pour chaque équipe de la LNH mais seulement parmi eux qui ont seulement joué un match avec eux. J'ai décidé de choisir le joueur en fonction d'une particularité spéciale, soit la surprise de le voir là, ou bien tout simplement que son nom sonnait bien ou étrange.

ANAHEIM: Trevor Gillies

J'ai choisi ce joueur car je croyais me souvenir qu'il s'agissait du fils de Clark Gillies, cette légende des Islanders. Mais il n'en est rien, malgré qu'il a aussi joué pour les Islanders. Trevor Gillies n'a pas été repêché mais a été signé par les Rangers en 2004. Il ne joua jamais avec ces derniers mais fut éventuellement échangé aux Mighty Ducks en retour de Steve Rucchin. Il joua son seul match avec les Ducks durant la saison 2005-06. Il serait un bon candidat pour ma série des «Grands voyageurs», ayant joué pour 25 organisations durant sa carrière.


ARIZONA/WINNIPEG: David Aebischer

J'ignorais totalement que l'ancienne légende du CH David Aebischer avait joué ailleurs qu'à Montréal après ses deux saisons passées avec le tricolore. Mais apparemment que oui. Lors de la saison 2007-08, il signa un contrat d'un an avec les Coyotes, mais fut incapable de confirmer sa place avec le club lors du camp d'entraînement. Il ne joua qu'un match régulier avec l'équipe (son dernier dans la LNH) avant d'être placé au ballotage, envoyé dans les mineures et finalement prêté à un club suisse pour terminer la saison.

BOSTON: Brantt Myhres

Je me souvenais vaguement de ce matamore des années 90, notamment avec le Lightning, les Flyers et les Sharks. Brantt Myhres s'est éventuellement fait bannir à vie par la LNH pour avoir échoué trop de tests anti-dopage et a écrit un livre sur ses problèmes en 2021. Il s'était auparavant ramassé avec les Bruins en 2002-03 et c'est là qu'il joua son dernier match dans la LNH, match où il a amassé un impressionnant total de 31 minutes de pénalité...

BUFFALO: Petr Skudra

On est tombé sur Petr Skudra l'autre jour dans notre podcast lors du quiz sur les gardiens adjoints des années 90 alors qu'il apparaissait durant trois saisons consécutives comme gardien numéro deux chez les Penguins. Lorsque son séjour à Pittsburgh se termina après la saison 1999-2000, il signa avec les Bruins. Il dut toutefois passer par le ballotage en début de saison et il fut alors réclamé par les Sabres, avec qui il joua ce seul match en octobre 2000. Il retourna au ballotage quelques semaines plus tard et les Bruins le rattrapèrent à ce moment.

CALGARY: Patrick Lebeau

Frère de Stéphan, Patrick Lebeau avait lui aussi été repêché par le CH. Il fut cependant échangé aux Flames en octobre 1992 en retour de ces fameuses et nébuleuses considérations futures. C'est toujours un défi d'aller découvrir ce que furent éventuellement (ou non) ces considérations alors que souvent on semble laisser tomber et ne rien donner en retour, ce qui semble avoir été le cas ici alors que je n'ai rien retracé. Lebeau joua donc un seul match à Calgary et fut ensuite repêché par les Panthers de la Floride lors de l'expansion.

CAROLINE/HARTFORD: Bob Bodak

J'aurais pu prendre un joueur de la Caroline mais pourquoi faire? Autant aller plonger dans les archives hartfordiennes beaucoup plus palpitantes à tous les niveaux. Et ici, j'ai décidé de choisir un joueur simplement parce que son nom m'amuse: Bob Bodak. Un habitué des ligues mineures, Bodak a joué seulement 4 matchs dans la LNH; trois avec les Flames et un seul avec les Whalers en 1989-90. Histoire de lui faire justice, il a aussi remporté la coupe Turner dans la IHL en 1988 avec les Golden Eagles de Salt Lake City.

CHICAGO: Martin "Buster" Zoborosky

Histoire de ne pas trop demeurer dans le récent avec des joueurs des 80's et 90's, voici un joueur des années 40 avec Martin «Buster» Zoborosky, que j'ai choisi à cause de son nom (et surnom) intéressant mais aussi parce que ses statistiques sur Hockeydb sont tellement incomplètes qu'on est à se demander pourquoi il a pu se mériter un surnom en ayant joué aussi peu... 

Cependant ces statistiques sont grandement incomplètes alors qu'il a longtemps joué dans les ligues de l'ouest et dans l'armée canadienne, en plus de devenir un des premiers canadiens à éventuellement jouer outre-mer, dans son cas à Prague durant la saison 1946-47. Il est également devenu un des premiers recruteurs officiels en Europe pour des équipes de la LNH. Mais l'entièreté de son expérience dans la LNH se résuma à un match avec les Blackhawks en 1944-45.

COLORADO/QUÉBEC: Wayne Groulx

Encore ici pourquoi parler de l'Avalanche quand on peut parler des Nordiques, tsé? Mais le problème avec les Nordiques est qu'il y a seulement 5 joueurs dans leur histoire qui n'ont joué qu'un seul match avec eux, et j'ai déjà parlé d'un d'entre eux lorsque j'ai dédié un texte à l'éternel Paxton Schulte

J'ai donc choisi nul autre que Wayne Groulx. Choix de 9e ronde de l'équipe en 1983, il était tout un scorer dans la OHL avec les Greyhounds de Sault-Ste-Marie. Il n'a cependant joué qu'un seul match avec les Nordiques et dans la LNH en 1984-85, passant le reste du temps avec le club-école jusqu'à son départ pour l'Europe en 1987. 

COLUMBUS: Mike York

Quand je vais (probablement pas) lâcher les années 90, je vais peut-être passer aux «Joueurs oubliés des 2000's» et Mike York sera sûrement un candidat de choix en tant que bon petit joueur qu'on aura davantage oublié avec les décennies. 

Anciennement des Rangers, des Oilers et des Islanders, York se ramassa éventuellement avec les Blue Jackets en 2008-09 mais cela ne durera qu'un seul match, et il passa le restant de la saison dans la AHL. Il quitta plus tard pour l'Allemagne où il joua jusqu'en 2016.

DALLAS/MINNESOTA: Chuck Arnason

Encore une fois, apprécions tous ensemble le passé plutôt que le présent en revenant aux North Stars. J'ai choisi pour l'occasion le joueur qui a probablement joué pour le plus d'équipes poches durant son époque. Originalement un produit du CH, Chuck Arnason joua ensuite avec les Flames d'Atlanta, les Penguins de Pittsburgh, les Scouts de Kansas City / Rockies du Colorado, les Barons de Cleveland (bien sûr), les North Stars et finalement les Capitals de Washington lors de sa dernière saison en carrière en 1978-79, saison qu'il avait commencé au Minnesota après la fusion Barons/North Stars mais où il ne joua qu'un seul match, passant le restant de son temps avec leur club-école.


DÉTROIT: Bjorn «Botta» Skaare

Nul autre que le premier norvégien à avoir foulé les glaces de la LNH. En fait c'était seulement une glace, étant donné qu'il n'a disputé qu'un seul match dans la ligue. 

Voir ancien texte de Martin ici pour plus de détails sur ce joueur.


EDMONTON: Steve Valiquette

Pourquoi pas un gardien ici pour les Oilers? Steve Valiquette a été repêché par les Kings en 1996 et s'est beaucoup promené par la suite, aboutissant entre autres avec les Islanders et les Panthers. Ces derniers ne l'ont jamais fait jouer et il se ramassa ainsi avec les Oilers par le ballottage. Il joua ce seul match avec les huileux en 2003-04, jouant 13 minutes et accordant 2 buts. Il fut ensuite échangé aux Rangers dans un échange envoyant Petr Nedved à Edmonton. Valiquette trouva de la stabilité avec les Rangers, étant avec l'organisation jusqu'en 2010.

FLORIDE: Jim Campbell

Ancien choix des Canadiens en 1991, Jim Campbell a principalement joué pour les Blues vers la fin des années 90 avant de revenir dans l'organisation montréalaise en 2000-01 durant l'espace de 57 matchs. 

Il termina son parcours dans la LNH pour ce seul match avec les Panthers en 2002-03 avant d'aller vagabonder dans les mineures et en Europe.

 

LOS ANGELES: Poul Popiel

Difficile de ne pas choisir Poul Popiel quand on croise un nom comme Poul Popiel. Un nom qui est autant amusant à dire qu'à lire et écrire. Poul Popiel. Il a même été élu par vous chers lecteurs au premier rang de notre célèbre Top 100 des joueurs au nom le plus drôle.

Il a également beaucoup voyagé, étant d'ailleurs né au Danemark, mais c'est en 1967-68 qu'il joua ce seul match avec les jeunes Kings de l'expansion. Il joua plus tard pour les Red Wings et les Canucks, en plus d'un long passage dans l'AMH avec les Aeros de Houston. Voir ancien texte de Martin ici.

Poul Popiel.


MINNESOTA: Zac Bierk

J'aime bien plugger le gardien Zac Bierk à chaque occasion possible, principalement parce qu'il a fait partie de la longue liste de 13 portiers du Lightning entre 1998 et 2001 (voir ancien texte ici) et aussi parce qu'il est le frère de Sebastian Bach, ancien chanteur du groupe Skid Row.

Après ces quelques saisons difficiles pour lui et le Lightning, il s'est ramassé avec le Wild en 2000-01 et n'y joua qu'un match. Il refit surface en 2002-03 pour une vingtaine de matchs avec les Coyotes.

MONTRÉAL: Bobby Joliat

J'ai beaucoup de choix comme «one-game wonders» avec le Canadien. Je pourrais bien choisir John Scott, Corey Locke ou encore Tomas Vokoun. Je vais toutefois aller plus loin dans le passé et choisir Bobby Joliat, frère d'Aurèle, qui a joué un seul match dans la ligue en compagnie de son frère durant la saison 1924-25. Il passa le restant de sa carrière avec des équipes seniors de sa ville natale d'Ottawa.

NASHVILLE: Pascal Trépanier

Voici un nom que j'avais pas vu depuis des lustres. Originaire de Gaspé et anciennement des Olympiques de Hull, des Draveurs de Trois-Rivières et des Faucons de Sherbrooke, le défenseur Pascal Trépanier n'a pas été repêché mais s'est éventuellement déniché un poste avec l'Avalanche en 1997-98. 

Il fut réclamé au ballottage par les Mighty Ducks la saison suivante et y joua trois ans avant de revenir avec l'Avalanche en 2001-02. Il signa ensuite avec les Predators mais ne joua qu'un seul match, son dernier dans la LNH, en 2002-03. Il joua ensuite quelques saisons dans les mineures et plusieurs saisons en Allemagne jusqu'à sa retraite en 2012. Il est également le neveu de Mario Tremblay.


NEW JERSEY/COLORADO/KANSAS CITY: Mike Boland

Avec une franchise comme les Devils, tu as le choix de choisir un joueur dans trois listes différentes. J'ai décidé d'y aller avec le plus vieux choix possible, soit avec le défenseur Mike Boland, qui ne joua qu'un seul match avec les anciens Scouts de Kansas City durant leur saison inaugurale en 1974-75. Il retourna dans les mineures par la suite avant de refaire surface avec les Sabres pour 22 matchs en 1978-79.

NEW YORK ISLANDERS: Vic «Skeeter» Teal

Ici j'aurais pu aller en terrain connu avec des noms déjà discutés comme Jason Herter et Goran Hogosta. Mais j'ai décidé d'innover en choisissant ce joueur uniquement à cause de son surnom parfaitement redneck de Skeeter qui me rappelle le personnage du même nom dans South Park... 

Mais pour sa part, Vic Skeeter Teal a joué un seul match dans la LNH et avec les Islanders et ce durant la saison 1973-74.

 

NEW YORK RANGERS: Doug Wickenheiser

Ici on avait beaucoup de choix et encore une fois des joueurs déjà discutés comme Alexandre Giroux, Tony Demers ou Julian Klymkiw. Mais vivons plutôt dangereusement en imitant le Canadien en 1980 en choisissant Doug Wickenheiser. Après son parcours tumultueux avec le tricolore, ce dernier s'est retrouvé avec les Blues, les Canucks et finalement les Capitals de 1988 à 1990. 

Cependant, il débuta la saison 88-89 avec les Rangers qui le signèrent comme agent libre. Après seulement un match où il récolta tout de même un but (dans un filet désert), il fut laissé de côté par la suite et subséquemment libéré de son contrat après seulement quelques semaines. Les Capitals le rapatrièrent éventuellement pour terminer la saison.


OTTAWA: Bobby Dollas

Voici un joueur que je devrais éventuellement considérer dans ma série des «Grands voyageurs». Bobby Dollas s'est effectivement beaucoup promené durant sa carrière, jouant pour plus de 20 équipes à travers les ligues, dont les Nordiques, les Mighty Ducks, les Red Wings et surtout, le Mission de St-Jean dans le senior québécois en 2003-04. 

Mais durant l'espace d'un match au début de la saison 1999-00, c'est avec les Sénateurs d'Ottawa qu'il nous fit part de sa présence. Il fut toutefois placé au ballotage quelques semaines plus tard et réclamé alors par les Flames.

PHILADELPHIE: Mike Peluso

J'ignorais que le célèbre matamore Mike Peluso avait joué avec les Flyers. Et bien j'avais raison d'être ignorant puisqu'il s'agit d'un «autre» Mike Peluso, qui, en plus d'avoir le même nom, est aussi son cousin... 

Dix ans plus jeune que le premier, ce Mike Peluso fut repêché par les Flames en 10e ronde du repêchage de 1994 et n'a jamais joué avec l'équipe albertaine, se ramassant plutôt éventuellement avec les Blackhawks où il joua 37 matchs en 2001-02. Il signa plus tard avec les Flyers en 2003-04 et y joua un seul match, son dernier en carrière dans la LNH.

PITTSBURGH: Alain Lemieux

Le frère ainé de Mario a eu quelques essais dans la grande ligue, d'abord avec les Blues (qui l'ont repêché) et ensuite les Nordiques. Les Penguins l'amenèrent ensuite dans l'organisation en 1986-87 avec leur club-école, les Skipjacks de Baltimore. 

Malgré une bonne fiche là-bas (97 points), les Penguins ne lui firent participer qu'à un seul match à Pittsburgh, en février 1987, son dernier dans la LNH.

SAN JOSE: Sergei Bautin

Anciennement des Jets et des Red Wings, le défenseur Sergei Bautin est un de ces joueurs que je me garde pour la séries des Oubliés des 90's mais je me devais bien de le plugger ici. On raconte qu'il n'était vraiment pas en forme et qu'il enchaînait les cigarettes une après l'autre, ce qui l'a chassé de Détroit après un seul match. Il a abouti à San Jose en 1995-96 mais là également cela n'aura duré qu'un seul match, suite à quoi il retourna terminer sa carrière en Russie.

ST.LOUIS: Shane MacEachern

Au premier coup, je croyais qu'il s'agissait de l'ancien joueur des Sénateurs mais non, ce dernier s'appelle plutôt «Shawn McEachern» et n'a jamais joué avec les Blues. Son «doppelgänger» Shane MacEachern est plutôt un ancien de la LHJMQ qui n'a jamais été repêché mais qui se trouva un poste dans le système des Blues en 1987. 

Il se faufila avec le grand club le temps d'un seul match en janvier 1988, passant le restant de sa carrière dans les mineures.

TAMPA BAY: David Littman

Anciennement des Sabres où il n'avait joué que deux matchs, le gardien David Littman en joua la moitié de moins avec la nouvelle équipe du Lightning en 1992-93, où il signa comme agent libre. Il se mérita toutefois une carte Fleer Ultra pour ce seul match. Il passa le restant de la saison avec les Knights d'Atlanta dans la IHL et continua son chemin dans les mineures jusqu'en l'an 2000.

 

TORONTO: Bob Wren

BOB WREN! J'ai pas le choix de plugger Bob Wren dès que l'occasion se présente, lui qui s'est accroché longtemps dans l'Allemagne profonde jusqu'à l'âge vénérable de 48 ans. Voir ancien texte ici de ce grand voyageur.

Il a évolué principalement dans le système des Mighty Ducks à la fin des années 90 sans jamais pouvoir s'imposer là-bas et il a obtenu une dernière chance dans la LNH avec les Leafs en 2001-02 où cela se résuma à ce seul match, suite à quoi il débuta sa longue carrière légendaire en Europe.

VANCOUVER: Mikko Jokela

Je ne savais pas qui choisir pour les Canucks, alors j'ai choisi ce défenseur finlandais quand j'ai vu qu'il a été obtenu des Devils en janvier 2003 en retour de Steve Kariya, le frère de Paul.

Le parcours de Jokela en Amérique du nord se résuma à trois saisons partagées entre les systèmes des Devils et des Canucks, suite à quoi il retourna dans sa Finlande natale.

VEGAS: Sven Baertschi

Je n'ai pas choisi Seattle dans cette liste puisque c'est une équipe encore trop jeune mais j'ai fait exception pour les Golden Knights où le flop Sven Baertschi s'est ramassé en 2021-22 le temps de match en 2021-22 après que les Canucks aient abandonné dans son cas. Il évolue présentement en Suisse.

WASHINGTON: Rod Seiling

Ce vétéran de longue date des Rangers a abouti à Washington au début de la saison inaugurale de l'équipe en 1974-75 lorsqu'il fut obtenu au ballotage de la part des Rangers le 30 octobre 1974. 

Il ne joua qu'un seul match avec les Capitals, étant échangé le 1er novembre aux Maple Leafs, s'évitant ainsi toute une saison de crotte avec les premiers Capitals, pire équipe d'expansion de l'histoire avec leur fiche de 8-67-5.

WINNIPEG/ATLANTA: Rick Tabaracci

On va finir en beauté avec un joueur culte des années 90 transposé anachroniquement dans une équipe d'expansion défunte des années 2000. Rick Tabaracci se promena beaucoup durant sa carrière et particulièrement durant cette saison 1999-2000, première d'existence des Thrashers. Il joua en tout pour 5 clubs durant la saison, dont 3 dans la IHL. Il dépanna les Thrashers le temps d'un match en novembre 99 avant d'être envoyé en renfort à l'Avalanche au mois de décembre. Il joua ensuite deux matchs au Colorado avant de finir la saison dans la IHL.

mardi 7 mars 2023

Ted Ouimet



 

 
Dans l'histoire de la LNH, il y a eu plus de 400 joueurs qu'on appelle des «One-game wonders», ce nom donné à ceux qui ont joué un seul match dans la grande ligue. De ces 400 joueurs, un seul détient toutefois un fait d'arme supplémentaire qu'aucun autre joueur ne pourra accomplir jusqu'à probablement la nuit des temps.

Edward John «Teddy» Ouimet est né le 6 juillet 1947 à Noranda. Appartenant au puissant système de filières du Canadien durant les années 60, il joua d'abord trois saisons avec le Canadien Jr. de Montréal dans la OHA. Il épata particulièrement à sa première saison en 1965-66 lorsqu'il mena cette ligue avec une moyenne de 2.75, et surtout une séquence de trois victoires consécutives par blanchissage, un exploit de taille dans cette ligue hautement offensive. Après une autre saison avec les Canadiens Jr, il passa aux Nationals de London, en retour de pas n'importe qui, nul autre que Réjean Houle.

Ayant des surplus d'effectifs au sein de leur puissant club, les Canadiens vendirent plusieurs de leurs prospects aux Blues de St.Louis en juin 1968, dont le gardien Ouimet, qui pouvait alors débuter sa carrière professionnelle.

Il débuta donc en 1968-69 avec les Blues et leur club-école à Kansas City, également du nom des Blues. J'ai lu que Jacques Plante, alors gardien des Blues, est celui qui aurait inventé et instauré le système de 3 gardiens à chaque match où un des trois assiste à la rencontre depuis les estrades. Ouimet, désormais l'élève de Plante, est alors devenu ce 3e gardien derrière Plante et Glenn Hall. Il ne joua donc que très peu, soit un seul match le 22 mars 1969, une défaite de 2-1 contre Pittsburgh. Il alterna parfois ce titre ingrat de 3e portier avec ses collègues à Kansas City, soit Gary Edwards et Robbie Irons (également un one-game wonder), qui eux aussi ne jouèrent qu'un seul match avec le grand club en 68-69.

La saison suivante, ce même Gary Edwards, qui jouera plus tard avec les Kings, les Barons et les North Stars, supplanta Ouimet dans la hiérarchie des Blues, qui en plus de Hall et Plante, comptaient désormais sur Ernie Wakely dans leurs rangs. Ouimet ne revint donc jamais dans la LNH et partagea désormais son temps entre Kansas City et d'autres clubs où il fut prêté, dont les Gulls de San Diego dans la WHL et les Flags de Port Huron dans la IHL. Il fut libéré par les Blues après la saison 1970-71.

Il débuta alors un parcours nomade et ne joua jamais plus d'une saison consécutive avec le même club. Libéré des Blues, il mit le cap sur la Eastern Hockey League (EHL) où il partagea la saison 1971-72 avec les Rockets de Jacksonville, les Blazers de Syracuse, en plus d'un match de retour à Port Huron dans la IHL.

En 1972-73, il obtint un poste avec les légendaires Barons de Cleveland de la Ligue américaine. Toutefois, cette équipe dut plier bagage à la mi-saison, étant incapable de compétitionner avec la nouvelle franchise des Crusaders de Cleveland de l'AMH, arrivés sur la scène à l'automne précédent. En janvier 1973, les Barons déménagèrent donc à Jacksonville et y terminèrent la saison. Ouimet ne devait toutefois pas être dépaysé à Jacksonville, y ayant déjà joué un an plus tôt.

Il migra vers une autre ligue en 1973-74, soit dans la North American Hockey League (la ligue de Slap Shot) avec les Blazers de Syracuse, son ancien club de 1971-72 qui avait migré dans la NAHL après la fin de la EHL. Comme gardien #1 des Blazers, Ouimet mena l'équipe au championnat de la coupe Lockhart au printemps 1974.

Heureusement pour Ouimet, son bon parcours avec les Blazers attira l'attention des ligues majeures où il put finalement faire un retour. Pas dans la LNH mais bien dans l'AMH cette fois. Oui l'AMH était considérée comme une ligue majeure. Ce furent les Whalers de la Nouvelle-Angleterre qui signèrent donc Ouimet pour la saison 1974-75.

Toutefois, les Whalers étaient bien garnis devant le filet avec Al Smith et le suédois Christer Abrahamsson (frère jumeau de l'attaquant Thommy Abrahamsson). Ouimet joua donc la majorité de la saison avec le club-école des Whalers, les Cape Codders de… Cape Cod (l'équipe s'appelait seulement Cape Codders) dans la NAHL.

Ouimet ne joua donc qu'un seul match dans l'AMH avec les Whalers durant ce qui fut sa dernière saison professionnelle. 
 
Il est donc l'unique joueur dans l'histoire à être un «One-game wonder» à la fois dans la LNH et dans l'AMH. Oui j'ai vérifié. Oui c'est vrai. Oui j'ai cliqué sur environ une «quatre-vingtaine» de joueurs aux dates concordantes pour m'assurer de pas dire n'importe quoi. Non, ne me jugez pas.

Après sa retraite professionnelle, Ouimet retourna vivre à London, là où il avait rencontré sa future femme durant son parcours junior. Il joua une saison supplémentaire au niveau senior avec les Kings de London en 1975-76.

Il eut trois fils, dont un du nom de Mark Ouimet qui sera repêché par les Capitals de Washington en 1990.



Sources:
Ted Ouimet est échangé au London, La Presse, 30 août 1967
Ted Ouimet, un élève à l'école de Plante et Hall, La Patrie, 4 mai 1969

dimanche 21 février 2021

Joueur oublié des 90's #48 - Jason Herter


 

Il est normal que le joueur d'aujourd'hui ne vous soit pas aussi connu que d'autres joueurs semi-oubliés de cette série comme Valeri Bure, Cliff Ronning ou Craig Janney. Contrairement à ces joueurs qui ont quand même connu de bonnes et longues carrières dans la LNH, Jason Herter fait plutôt partie de la catégorie des ''One-game wonders'', ces joueurs qui n'ont joué qu'un seul match dans la LNH. En fait, si vous vous rappelez de lui, c'est peut-être que vous avez comme moi cette étrange carte de la première édition Upper Deck en 1990-91. Carte que j'ai judicieusement choisi comme carte du jour d'ailleurs...

 
 
 
Jason Herter est né le 2 octobre 1970 à Hafford en Saskatchewan et est d'origine métis française. Défenseur offensif de gros gabarit, il était très haut placé en vue du repêchage de 1989 après sa première saison à l'Université du Dakota du Nord. Il fut même à un certain moment considéré comme le possible premier choix. Il fut plus tard relégué au deuxième rang, mais ce n'est finalement qu'au 8e rang qu'il fut choisi par les Canucks. Ces derniers recherchaient désespérément un véritable défenseur numéro un, eux qui n'ont jamais vraiment eu de défenseurs vedette autres que Doug Lidster, Jyrki Lumme ou Mattias Ohlund... De bons joueurs mais pas vraiment des prétendants au trophée Norris.
 
Il considéra ensuite de transférer avec les Blades de Saskatoon dans la WHL, mais opta finalement de rester avec les Fighting Sioux dans la NCAA en 1989-90, saison où il fut élu sur la deuxième équipe d'étoiles en plus de remporter l'or avec l'équipe canadienne des moins de 20 ans au championnat junior. 
 
Il joua ensuite une dernière saison universitaire en 90-91 avant de finalement signer un contrat avec les Canucks. Il joua quelques matchs pré-saison avec l'équipe avant d'être envoyé dans les mineures avec les Admirals de Milwaukee dans la IHL. Une blessure à l'aine ralentit toutefois sa progression et lui fit manquer une vingtaine de matchs.

Il passa ensuite une autre saison dans les mineures, cette fois avec les Canucks d'Hamilton dans la ligue américaine sans vraiment s'imposer avec une fiche de 7 buts et 16 passes pour 23 points. Il n'était donc pas le défenseur offensif que les Canucks cherchaient depuis tant d'années et il fut libéré après la saison 1992-93. Il fut ensuite signé par les Stars de Dallas mais ne put également percer leur alignement, passant les deux saisons suivantes dans la IHL.

Il fut ensuite obtenu des Stars par les Islanders en échange d'une somme d'argent. Il débuta la saison 95-96 avec le club-école des Islanders, les Grizzlies de L'Utah où il fit assez bien pour finalement se mériter un rappel au début décembre avec le club, alors en pleine déroute lors de cette première saison du chandail ''Fisherman''. Il fit donc finalement ses débuts dans la LNH avec les Islanders le 6 décembre 1995, soit plus de 6 ans après sa sélection au repêchage. Il était alors dans l'histoire de la ligue le plus haut choix au repêchage à ne pas encore avoir joué un match dans la LNH.

Ceci n'est techniquement pas vrai, alors que plusieurs joueurs repêchés dans le top 5 lors des premières années du repêchage n'ont jamais joué dans la LNH, mais c'était à une toute autre époque où le repêchage n'était pas encore aussi sophistiqué et important dans le processus de recrutement des équipes (voir texte du 22 juin 2015). Mais depuis 1970, Herter était effectivement le plus haut choix (8e) d'un repêchage à n'avoir pas encore goûté à un match de la LNH.


Son seul match... son seul chandail dans la LNH...


Il fit d'ailleurs bien lors de ce premier match à Long Island, puisqu'il obtint une passe et une fiche de +1. Son histoire de persévérance fut une des seules bonnes histoires des Islanders durant cette saison trouble et les journalistes aimaient ce qu'ils avaient vu de sa part, alors que l'équipe avait peu de relève et peinait à attirer des joueurs autonomes. Ce ne fut cependant pas assez suffisant pour percer l'alignement des pauvres Islanders et il retourna avec les Grizzlies, où il remporta la Coupe Turner de 1996. Mais même s'il n'avait pas joué ce seul match à Long Island, son ''record'' aurait tout de même été battu puisqu'en 1992, les Flyers repêchèrent au 7e échelon l'attaquant Ryan Sittler, fils du légendaire joueur des Leafs Darryl Sittler, qui ne se rendit jamais à la LNH et qui détient désormais ce titre peu enviable.

Herter joua ensuite deux autres saisons dans la IHL partagées avec les Blades de Kansas City et les Solar Bears d'Orlando suite à quoi il mit le cap sur l’Allemagne où il joua de 1998 à 2002 et où il remporta le championnat en 1999-2000 avec les Barons de Munich. 

Il revint ensuite en Amérique du Nord et débuta un long parcours comme entraîneur à divers niveaux junior aux États-Unis. Il occupa ensuite longtemps le poste d'entraîneur-adjoint à l'Université de Minnesota-Duluth.

Il raconta plus tard qu'il n'avait jamais assez travaillé pour atteindre la LNH et qu'il avait trop pris son talent pour acquis sans faire les efforts nécessaires pour passer au niveau suivant.


Sa fiche dans la LNH fut de 0 but, 1 passes pour 1 point en 1 match.
Sa fiche dans la IHL fut de 63 buts, 145 passes pour 208 points en 394 matchs.
Sa fiche dans la NCAA fut de 30 buts, 89 passes pour 119 points en 118 matchs. 


Sources:
Wasted Talent: Jason Herter's Not Alone, The Province, 12 mai 2008
We want Fish Sticks, the bizarre and infamous rebranding of the New York Islanders
, Nicholas Hirshon, University of Nebraska Press, 2018

dimanche 3 février 2019

Paul Pageau




Paul Pageau a débuté son stage junior avec les Remparts de Québec, où il côtoya des joueurs comme Mario Marois, Michel Goulet et Gaston Therrien. Par contre, il dut occuper le poste de gardien auxiliaire, derrière entre autres Vincent Tremblay, qui jouera plus tard avec les Maple Leafs.

En 1978-79, l’entraîneur des Remparts, Ron Racette, fut engagé pour faire tourner la chance des Dynamos de Shawinigan (rebaptisés Cataractes), qui venaient de connaître une saison tout simplement horrible (3-65-4). En début de saison, Racette rapatria Pageau, où il eut l’occasion de devenir numéro 1, secondé par le futur gardien des Canadiens, Steve Penney. L’équipe demeura faible, mais elle s’améliora tout de même.


En 1979-80, plutôt que de terminer sa saison à Shawinigan, il fut recruté pour représenter le Canada aux Jeux olympiques à Lake Placid. Pour le Canada, il s’agissait d’un retour au tournoi olympique, après avoir refusé d’envoyer une équipe en 1972 et en 1976. À l’époque, les professionnels n’étaient pas admis aux Jeux, ce qui empêchait le Canada et les États-Unis d’envoyer leurs meilleurs joueurs. Par contre, les pays du bloc de l’est (principalement l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie) prétendaient que leurs joueurs n’étaient pas rémunérés parce qu’ils jouaient au hockey, mais bien parce qu’ils faisaient partie de l’armée, et qu’ils étaient donc amateurs.


Aux Jeux de Lake Placid, le Canada eut un résultat en conséquence. Même si l’équipe comptait tout de même de jeunes joueurs qui connurent de belles carrières comme Glenn Anderson, Randy Gregg, Paul MacLean et Jim Nill, elle ne fit pas le poids et termina sixième.

Pageau joua trois des cinq matchs de la ronde préliminaire. Ses deux premiers furent des victoires relativement faciles, contre la Pologne et le Japon. 

Contre la puissante Union soviétique, Pageau connut ensuite un fort match. Après deux périodes, le Canada menait 3-2, mais Alexander Golikov et Boris Mikhailov ont marqué deux buts chacun en troisième, pour sauver la mise des Soviétiques, qui l'emportèrent 6-4. Le fil à retordre que leur ont donné les jeunes Canadiens était probablement un prélude au tremblement de terre qu’allaient causer les jeunes universitaires américains. En battant l’URSS deux jours plus tard, les États-Unis purent  réaliser ce qu’on appela le ″Miracle On Ice″, et remporter la médaille d’or contre la Finlande par la suite.

Quant à l’équipe canadienne, étonnamment, on préféra donner le filet à Bob Dupuis plutôt qu’à Pageau pour le match de ronde éliminatoire, face à la Tchécoslovaquie. Par contre, Dupuis accorda deux buts rapides et fut remplacé par Pageau. Toutefois, le mal était fait et le match ne fut pas à l’image de celui contre l’URSS. Les six buts tchécoslovaques furent tous comptés par de futurs Nordiques (Marián Šťastný trois fois, Anton Stastny deux fois et Miroslav Frycer). La Tchécoslovaquie l’emporta 6-1 et mit fin au tournoi des Canadiens.


Comme Pageau n’avait pas été repêché, sa bonne performance aux Jeux pouvait lui permettre d’espérer recevoir une offre pour devenir professionnel. C’est finalement en mai qu’elle est venue, de la part de Los Angeles.

Après avoir débuté la saison 1980-81 dans la Ligue centrale, Pageau fut rappelé par les Kings. Ceux-ci connaissaient une bonne saison, mais l’entraîneur Bob Berry ne trouva pas de meilleure idée que de l’envoyer dans la fosse aux lions le 3 février 1981. C’est à ce moment qu’il jugea pertinent d’accorder un repos à son gardien régulier, Mario Lessard. L’adversaire?  Les champions de la Coupe Stanley en titre et meneurs au classement général, les Islanders, pour un match sur la route bien sûr.  Comme début, on a déjà vu plus facile…

Denis Potvin marqua un but et obtint deux passes et les Islanders ne firent qu’une bouchée des Kings en l’emportant 8-1. Berry laissa Pageau prendre la dégelée en entier, mais il eut au moins la décence de venir à sa défense après le match, affirmant qu’il avait été laissé à lui-même. Il ne fit toutefois plus jamais appel à lui. En fait, Pageau ne rejoua plus jamais dans la LNH. Ce fut son seul match.

Photo : Anthony Poulin

Par la suite, il joua dans la Ligue internationale et la Ligue américaine, avant que son ancien entraîneur Ron Racette lui fasse signe à nouveau en 1983-84, alors qu’il joua sous ses ordres pour les Jets de Sherbrooke.

L’année suivante, l’équipe fut renommée les Canadiens de Sherbrooke. Au cours des séries, Pageau dut s’absenter parce que sa femme devait accoucher. On dut donc rappeler un jeune gardien du junior, un certain Patrick Roy. Lorsque le gardien en service, Greg Moffett, dut se retirer temporairement pour un bris d’équipement, Roy fit son entrée et créa une solide impression. Il ne regarda ensuite plus jamais derrière et aida Sherbrooke à se mériter la Coupe Calder, avant de boire dans la Coupe Stanley l’année suivante.

Quant à Pageau, suite à sa carrière de hockeyeur, il travailla entre autres de nombreuses années pour Slush Puppie Canada, où il occupe présentement le poste de vice-président Ontario.

Sources: , ″Le Canada perd de haute lutte face à l’URSS″, CP, Le Devoir, 21 février 1980, p.18, “Le Canada termine 6e” CP, 23 février 1980, Le Devoir, p.9, “Islanders turn on ignition, douse Kings”, CP, 4 février 1981, Calgary Herald, p.D2, collectionscanada.gc.ca, hhof.com, hockey-reference.com, linkedin.com, wikipedia.org.

lundi 10 juillet 2017

Louis Levasseur



Louis Levasseur avait tenté sa chance dans le monde du hockey et a même joué quelques matchs avec les Dixie Flyers de Nashville de l’EHL en 1968-69. Par contre, le rêve ne s’est pas poursuivi et il a dû abandonner. Il est alors retourné dans son coin de pays, à Rouyn, pour travailler dans les mines.

En 1972, une nouvelle ligue, l’Association mondiale, était sur le point de prendre son envol. Levasseur voulut donc reprendre son rêve et envoya une lettre à chacune des équipes de l’AMH. L’une d’elles l’invita à son camp, mais alors qu’il transitait par l’aéroport de Toronto, Levasseur apprit que celle-ci avait été rayée de la carte.

Loin de chez lui, sans équipe et avec peu d’argent, un ami lui conseilla de contacter Jimmy Keon (le frère de Dave et abitibien comme lui), des Terriers d’Orillia de la Ligue senior d’Ontario. Celui-ci lui répondit qu’ils venaient de perdre leur gardien et qu’il pouvait se présenter.

Les regards sur lui furent d’abord plutôt sceptiques lorsqu’il arriva avec son équipement qui datait un peu, mais une fois sur la glace, il sut les convaincre. Levasseur devint alors une pièce importante des Terriers, qui remportèrent la Coupe Allan.

Après une deuxième année à Orillia, Levasseur reprit sa carrière pro, lorsqu’il signa avec les Fighting Saints du Minnesota de l’AMH en septembre 1974. Ceux-ci l’assignèrent alors avec les Jets de Johnstown de la NAHL, qu’il aida à remporter la Coupe Lockhart. Mais au-delà du titre de la ligue, il se tramait autre chose. Nancy Dowd, la sœur de son coéquipier Ned Dowd, prenait des notes pour écrire le scénario d’un film, Slap Shot.

Levasseur correspondait parfaitement au stéréotype du gardien un peu excentrique. Apparemment, il avait l'habitude de faire une foule de choses que ne comprenaient pas ses coéquipiers. Par exemple, la légende veut qu’il se soit déjà présenté à une fête d’équipe habillé en pêcheur, où il passa la soirée à essayer d’attraper un pain de savon avec une canne dans un aquarium. Nancy Dowd créa donc le personnage de Denis Lemieux, un gardien francophone qui avait différentes théories loufoques, en s'inspirant de Levasseur.

C’est évidemment le comédien Yvon Barrette qui joua Denis Lemieux, mais Levasseur put quand même participer au film. Le gardien des Ducks, Tommy Hanrahan, est joué par l’acteur Christopher Murney. Par contre, celui-ci n'était pas un joueur de hockey. C’est pourquoi que lors des scènes où Hanrahan porte son masque, il est joué par Levasseur. Ceci inclut donc la fameuse scène où Reggie Dunlop (Paul Newman) passe derrière son filet et lui crie que sa femme est lesbienne.



Étonnamment, Levasseur n'a vu le film qu'une fois, à sa sortie, et il n'a jamais jugé bon de regarder la version française, dont il a bien sûr entendu parlée.

En 1975-76, Levasseur retourna à Johnstown, mais il eut tout de même l’occasion de jouer quatre matchs avec les Fighting Saints, avant que l’équipe ne fasse faillite.

En 1976-77, les Crusaders de Cleveland déménagèrent au Minnesota et devinrent la deuxième incarnation des Fighting Saints. Levasseur devint alors leur gardien numéro 1 et s’illustra au point d’être invité au match des étoiles. Malheureusement pour lui, les Fighting Saints deuxième version firent également faillite. Il dut donc payer de sa poche pour se rendre à Hartford. En bout de ligne, il ne fit pas ça pour rien, puisqu’il fut nommé le joueur du match pour la division est. Il termina ensuite sa saison avec les Oilers.


Il se retrouva l’année suivante avec les Whalers de la Nouvelle-Angleterre, tout comme un autre abitibien, Dave Keon, avec qui il avait joué au Minnesota. Levasseur y fut le substitut d’Al Smith. Les Whalers se rendirent en finale, mais ils s’inclinèrent devant les Jets de Winnipeg.

Pour ce qui s’avéra la dernière année de l’AMH, 1978-79, les Whalers lui préférèrent John Garrett et Levasseur fut échangé aux Nordiques. Il ne joua par contre que trois matchs dans leur uniforme et passa le reste de la saison dans la Ligue américaine.


Avec la disparition du circuit maudit, Levasseur signa comme agent libre avec les North Stars du Minnesota. S’il passa la majeure partie de l’année dans la Ligue centrale, avec les Stars d’Oklahoma City, il eut tout de même la chance de jouer son premier (et également son dernier) match dans la LNH. Toutefois, on peut supposer qu’il aurait souhaité que son seul match à vie dans la grande ligue se passe autrement. D’abord, les North Stars, pourtant pas une mauvaise équipe, furent défaits 7-5 par les faibles Red Wings. Et comme si ce n’était pas assez, ce match (et tous les autres joués dans la LNH le 24 février 1980) passèrent plutôt inaperçus, puisque à ce moment, tous les yeux étaient tournés vers Lake Placid. Cette même journée, l’équipe américaine eut le dessus sur la Finlande par la marque de 4-2. Par le fait même, elle s’assura de la médaille d’or olympique et compléta ainsi le ″Miracle on Ice″.

Après une autre année à Oklahoma City, sous les ordres de Ted Hampson, Levasseur accrocha ses jambières.


Sources:
Jackson, Jonathon, The Making of Slapshot: Behind the Scenes of the Greatest Hockey Movie, John Wiley & Sons Canada Ltd, 2010, p.31-32, 43, 75,

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.106,

″Levasseur, who will attend Terriers reunion this month, says Orillia treated him ′like a king′ during his time here″ de Dave Lawson, 1er septembre 2015, Orillia Packet & Times (orilliapacket.com),

“40e de Slap Shot: témoignage du vrai Denis Lemieux, le rouynorandien Louis Levasseur″ de Félix B. Desfossés, 27 févier 2017 (radio-canada.ca),

legendsofhockey.net, wikipedia.org.