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jeudi 25 août 2022

Julian Klymkiw








J'ai dernièrement fini la lecture du livre "Le Match", par Ken Dryden. J'avais déjà lu l'édition originale, alors intitulé "L'enjeu", mais lors de la réédition de 2008, la traduction française a été revue et je voulais me relancer dans cette lecture.

Lorsque Dryden évoque son enfance et les parties de hockey dans la cour avec son frère et les amis du voisinage, il fait mention des matchs de hockey à la télévision le samedi après-midi, vers la fin des années 50. Diffusé à CBS, il y avait entre les périodes une compétition opposant des joueurs de chaque équipe qui s'affrontait ce jour-là. Les joueurs prenaient part à deux épreuves, l'une d'elles étant le lancer de pénalité. Le gardien de but attitré pour cette épreuve était peu connu de Dryden et ses comparses mais ses prouesses, alors qu'il arrêtait la majorité des lancers, firent en sorte que lors de leurs propres concours de "lancers de pénalité", Dryden ne s'imaginait pas être Terry Sawchuck ou Glenn Hall ... il s'imaginait être Julian Klymkiw.

Né à Winnipeg le 16 juillet 1933 de parents ukrainiens, Julian Gregory Klymkiw s'aligna pendant deux saisons avec les Wheat Kings de Brandon, alors dans la Manitoba Junior Hockey League (MJHL) avant de graduer avec les Regals de Brandon, dans la ligue senior. Ayant raté la saison 1955-56, Klymkiw se dirigea vers le nord de l'Ontario pour rejoindre les Greyhounds de Sault-Ste-Marie où il disputa 33 matchs. Il retourna à Winnipeg vers la fin de la saison où il s'aligna avec les Warriors de Winnipeg pour 4 parties. Après trois parties avec eux la saison suivante, il rejoignit les Maroons de Winnipeg pour le tournoi de la coupe Allan. Il n'y disputa qu'un seul match. 

Les Red Wings de Detroit le contactèrent ensuite, afin de lui offrir un contrat comme préposé à l'équipement, et comme gardien d'urgence, majoritairement pour les pratiques de l'équipe. C'est pourquoi Gordie Howe lui colla le surnom de "Little Uke", en référence à ses racines, tout comme son coéquipier Sawchuk, d'ailleurs surnommé "Uke".


En octobre 1958, Klymkiw eut sa chance de garder les buts dans la LNH. Après deux périodes, les Wings menaient déjà 1-0 face aux Rangers de New York. Dès le début de la troisième période, Howe entra en collision avec le gardien des "Blue Shirts", Gump Worsley. Ayant subit une déchirure du tendon de la jambe gauche, il ne pouvait continuer le match. À l'époque, n'ayant toujours pas de gardien suppléant, les Rangers demandèrent aux Red Wings de leur prêter Klymkiw afin de terminer le match. En 18 minutes 50 secondes, il reçu 9 tirs, ne pouvant bloquer ceux de Marcel Pronovost et de Gordie Howe. Les Rangers s'inclinèrent 3-0.

Quelques semaines plus tard, Klymkyw subit une fracture à la cheville, ce qui mit un terme à son association avec les Red Wings. Il retourna alors à Winnipeg. Après deux saisons sans pouvoir jouer, Klymkyw retourna avec les Maroons de Winnipeg, qui faisaient office d'équipe nationale canadienne. Il prit sa retraite en 1965.


Après sa retraite comme joueur, il fut descripteur des matchs des Jets de Winnipeg sur l'antenne CJOB. Il s'impliqua aussi grandement au sein de hockey mineur, enfila régulièrement les jambières afin d'enseigner aux jeunes hockeyeurs de la région. Il travailla également longtemps chez les brasseries Carling O’Keefe et Molson en tant de responsable des relations publiques et des promotions. Il fit d'ailleurs partie des comités chargés de trouver les commanditaires pour les éditions de la coupe Canada. Il est décédé le 10 août dernier à l'âge de 89 ans.

vendredi 18 septembre 2020

Johnny Gottselig



Johannes Gottselig est né en 1905, pendant ce qui a été appelé la révolution russe de 1905. Il est né dans un territoire du gouvernement de Tauride, qui fait aujourd’hui partie de l’Ukraine. Toutefois, il quitta cet endroit avec sa famille quelques mois après sa naissance, pour s’établir à Régina. 

En 1925, il connut un parcours remarquable qui mena son équipe, les Pats de Régina, à leur première Coupe Memorial. 

Après un passage par le niveau senior et dans les mineures, dans la AHA, Gottselig fit ses débuts dans la LNH en 1928, avec Chicago. À ce moment, les Black Hawks n’étaient qu’à leur troisième saison dans la ligue et éprouvaient toujours beaucoup de difficultés. 

À sa deuxième année avec Chicago, Gottselig devint le meilleur buteur de son équipe, exploit qu’il répéta la saison suivante et qui aida les Hawks à atteindre la finale pour la première fois. Par contre, ils durent s’incliner devant les Canadiens. 

En 1933-34, Tommy Gorman fut engagé comme entraîneur. De plus, Lionel Conacher s’est joint à l’équipe. La force des Hawks était par contre la défensive, leur attaque étant anémique. La recette sembla fonctionner, puisque Chicago remporta sa première Coupe Stanley. Par contre, le tout ne dura pas. Gorman se disputa avec le propriétaire et quitta pour les Maroons. De son côté, Conacher fit partie d’un échange qui permit aux Hawks d’acquérir Howie Morenz. 

À ce moment, Morenz n’était plus aussi dominant et malgré sa présence, Gottselig fut encore le meilleur buteur de l’équipe. 

C’est ensuite en 1935 que Gottselig devint capitaine au sein d’une équipe sur la pente descendante. 

Gottselig mena d’ailleurs cette équipe aux grands honneurs en 1938, malgré une fiche des plus ordinaires de 14-25-9. Chicago fit à peine les séries, avant d’éliminer les Canadiens et les Americans de New York, avant de surprendre les favoris, les Leafs, en finale. Avec un pourcentage de 0,385, il s’agit de l’équipe avec la plus mauvaise fiche à remporter un titre d’un des quatre circuits majeurs nord-américains. La surprise fut telle que la ligue n’avait même pas prévu apporter la Coupe à Chicago lors du quatrième (et décisif) match. 

Gottselig demeura avec l’équipe en permanence jusqu’en 1940. Par la suite, il passa du temps avec les Black Hawks, mais aussi dans la AHA, et cessa d’être capitaine. 

En 1944, il devint entraîneur des Hawks, mais il eut plus ou moins de succès et il fut congédié en décembre 1947. Il demeura par contre dans l’organisation au niveau des relations publique pendant plusieurs années.  Il était d’ailleurs toujours là lorsque Chicago gagna sa troisième Coupe en 1961. 

Dans les années 1940, ayant déjà été gérant d'une équipe de softball au Canada, Gottselig occupa aussi un emploi d’été, alors qu’il fut gérant de trois équipes féminines de baseball. (Peut-être avez-vous vu le film "A League of Their Own" ou "Une ligue en jupons", sorti en 1992, mettant en vedette Geena Davis et Madonna et qui s’inspirait de cette ligue.)  Gottselig mena d’ailleurs les Belles de Racine (l'équipe qui perd la finale dans le film) au premier titre de l’histoire de la ligue. 

La géographie changeante de cette région du monde rend un peu compliqué d’expliquer la place de Gottselig dans l’histoire de la LNH.  En effet, il est né dans l’Empire russe. Par contre, jusqu’en 1917, le Grand Duché de Finlande faisait également partie de l’Empire.  Comme Albert Pudas, natif de Finlande pendant cette période, a joué avant Gottselig, ce dernier n’est donc pas le premier natif de l’Empire russe à y jouer. 

Si on prend les anciennes frontières de l’URSS, alors Gottselig y est né, mais pas Pudas.  Par contre, si on prend les frontières actuelles de la Russie, Gottselig n’est pas le premier russe, puisque son lieu de naissance fait aujourd’hui partie de l’Ukraine. 

Une chose est sûre par contre. Gottselig est le premier capitaine d’une équipe championne de la Coupe Stanley et le premier entraîneur né en Europe de l’histoire de la Ligue nationale. 

Par contre, d'une manière ou d'une autre, on parle ici du lieu de naissance, puisque Gottselig a clairement fait ses classes au Canada, et non dans une entité qui a ou qui a eu un lien avec la Russie.

Gottselig est décédé en 1986, à l’âge de 80 ans. 

Sources : "Blackhawks fans eye Cup clincher at home, paying huge game 6 tickets prices" de Darren Rovell, June 14, 2015, ESPN (espn.com), 

hockeydb.com, quanthockey.com, wikipedia.org.


mercredi 14 février 2018

Les touristes olympiques



Si les Américains en seront à leur 23e participation au tournoi olympique (ils n'ont raté que celui de St.Moritz en 1928), les Canadiens et les Suédois en seront à leur 22e.  Le Canada refusa d'envoyer une équipe à Sapporo en 1972 et à Innsbruck en 1976, voulant protester contre l'interdiction des professionnels, alors que les Soviétiques et les Tchécoslovaques pouvaient contourner les règles en envoyant des "militaires" qui avaient tout des professionnels. 

Quant aux Suédois, ils ont raté Lake Placid en 1932 et imité le Canada en 1976 pour les mêmes raisons.

Par contre, d'autres n'ont fait que passer.  Étant le pays hôte, la Corée du Sud fera ses débuts à Pyeongchang, mais autrement, elle n'y serait pas.

Ça m'a donné le goût de chercher les équipes qui ont joué quelques Jeux...

Voici donc les touristes des Jeux Olympiques :

Catégorie Bronze (Trois participations)

Hongrie (1928, 1936, 1964) - Qui dit hockey dit bien certainement Hongrie, c'est connu! D'ailleurs, en 1964, aux Jeux d'Innsbruck, le tournoi comptait un nombre record de 16 équipes et à cette dernière participation historique, les Hongrois terminèrent 16e sur 16 équipes! Plus rien depuis...


Belarus (1998, 2002, 2010) - Le pays des frères K fait partie de ces anciens pays soviétiques qui ont connu relativement du succès sur la scène internationale depuis l'explosion de l'URSS. Leur meilleure position fut lors des Jeux de Salt Lake City, à leur deuxième participation, alors qu'ils terminèrent 4e. Ceci qui constitue en quelque sorte l'une des meilleures positions de cette liste.

Catégorie argent (Deux participations) 



Kazakhstan (1998, 2006) Le pays d'Evgeni Nabokov et Anton Khudobin a participé à deux occasions aux Jeux Olympiques. Leur meilleure performance fut en 1998 avec une 8e place.

Slovénie (2014, 2018)  La Slovénie avait terminé 7e à Sotchi, ayant parvenu à remporter une victoire de 3-1 contre la Slovaquie en ronde préliminaire et une autre de 4-0 contre l'Autriche en ronde de qualification.  Mais que fera-t-elle à PyeongChang sans Anze Kopitar?

C'est l'ex-joueur de la LNH Craig Ramsay qui est leur entraîneur.

Catégorie or (Une seule participation) 

Australie (1960)   Avec des Jeux d'hiver en Californie (Squaw Valley), pourquoi se surprendre de retrouver l'Australie au tournoi de hockey?  Les résultats n'ont toutefois pas été impressionnants: 6 défaites, 10 buts pour, 87 buts contre. 

Ils ont évidemment terminé derniers (9e).  Durant la ronde consolation, les Japonais (avant-derniers), les ont battu 13-2 et 11-3.

Allemagne de l'Est (1968)  Dans un tournoi avec seulement huit équipes, c'est à Grenoble qu'eut lieu la seule fois en hockey olympique où se sont affrontées les deux Allemagnes.  Les deux équipes ont terminé à la queue, l'Ouest finissant avant dernière, suite à sa victoire de 4-2 contre l'Est. 

L'Est a perdu ses sept matchs, marquant 13 buts et en accordant 48, terminant huitième.

Bulgarie (1976)  Le tournoi d'Innsbruck comprenait tout de même 12 équipes, une de plus qu'à Sapporo (1972) et quatre de plus qu'à Grenoble (1968).  En plus, quatre équipes déclinèrent l'invitation.  Le Canada et la Suède refusèrent de s'y rendre pour les raisons mentionnés plus haut.  L'Allemagne de l'Est et la Norvège décidèrent également de ne pas envoyer d'équipe pour d'autres raisons.  Les Bulgares, 16e au monde, furent donc invités.

Le format du tournoi fit en sorte que les équipes du groupe B ne jouèrent qu'un seul match contre celles du groupe A.  Les Bulgares s'inclinèrent 14-1 devant la Tchécoslovaquie.

Jouant ses autres matchs contre des adversaires moins coriaces, la Bulgarie perdit néanmoins ses cinq parties, mais en parvenant tout de même à compter 19 buts et en accordant 38. 


Pays-Bas (1980)  Les Néerlandais n'ont pas à rougir de leur participation aux Jeux de Lake Placid.  Ils ont terminé 9e sur 12.  Ils ont d'ailleurs marqué 4 buts contre les Soviétiques (défaite de 17-4), annulé 3-3 contre le Japon et battu la Pologne par la marque de 5-3.

Ukraine (2002)  Le tournoi de Salt Lake City comprenait douze équipes.  Les meilleures équipes des groupes A et B accédaient alors à la deuxième ronde avec les quatre équipes du groupe C, préqualifiées.

Avec deux victoires et une défaite, l'Ukraine faillit passer au deuxième tour, mais perdit au bris d'égalité contre le Belarus.

En ronde consolation, elle s'est toutefois fait compter 6 buts en première période, pour perdre 9-2 contre la Lettonie.  L'Ukraine dut donc se contenter du 10e rang.

Sergeï Petrenko porte l'uniforme sans inscription devant Brad Schlegel et Sean Burke

Communauté des États Indépendants (1992) Disons que celle-ci ne compte pas... On est en 1992 et l'URSS venait d'exploser et ce qui formait cette puissance en décomposition se présenta aux Jeux d'Albertville sous le nom d'Équipe Unifiée avec le drapeau des Jeux Olympiques comme étendard. Branding vite fait, mêmes athlètes... L'équipe comptait encore un bon nombre de futures vedettes de la LNH évoluant encore dans la défunte URSS et ne fit qu'une bouchée de ses adversaires... Ce fut à ce jour le dernier triomphe russe aux Olympiques... Si on les inclut à juste titre dans cette liste, il s'agit du seul pays qui a remporté une médaille à sa seule participation... 

Nous avons cette année une situation un peu semblable, alors que les Russes compétionneront sous une autre appellation, les Athlètes olympiques de Russie, avec le drapeau olympique comme étendard.  Nous verrons s'ils auront autant de succès que l'Équipe unifiée. 

Sources: collectionscanada.gc.ca, wikipedia.org.

jeudi 11 août 2011

Une coche de plus que Ron Hextall

Evgeny Tsaregorodtsev, gardien du HC Donbass en Ukraine. Si je me fis à ce que je connais en psychologie, la colère est quelque chose d'assez éphémère normalement... Rendu au point où le gardien "pête sa coche", je ne sais pas si le gars est juste show off ou simplement débile...

Il ferait un bon prospect dans la LNAH! J'aimerais le voir à Sorel l'an prochain...

Pour votre information, le HC Donbass évolue dans la Высшая хоккейная лига (ВХЛ) (Vysshaya hokkeinaya liga), la Ligue majeur de Russie, deuxième échelon de la pyramide du hockey russe après la KHL... Il s'agit d'une équipe non affiliée à une équipe de la KHL... Sergei Klimovich qui a joué un match avec les Hawks dans les années 90 joue avec le HC Donbass. L'ancien des Capitals et des Canucks Alexei Tezikov ainsi que Serhiy Varlamov qui a joué quelques saisons avec les Flames et les Blues y évoluent aussi.

Je viens de trouver ma nouvelle ligue préférée...







Merci à Martin Jarry pour le lien