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samedi 8 mars 2014

Les casques JOFA (1ère partie)






Lorsque cette saison 2013-2014 se terminera, il faudra malheureusement faire nos adieux au grand Teemu Selanne, l'un des joueurs les plus aimés par l'ensemble des fans de hockey. Je prédis qu'on verra une grande vague d'hommages de la part des médias et des autres joueurs envers le joueur finlandais mais je me demande si quelqu'un fera un hommage aux casques JOFA, qui disparaîtront des glaces de la LNH en même temps que Selanne. Je vais donc me porter volontaire.




Car voyez-vous, Teemu est le dernier à porter un de ces casques particuliers qui étaient autrefois très prisés par plusieurs stars de la ligue lors des années 80 et 90. Depuis 2004, Reebok s'est porté aquéreur de JOFA ainsi que de CCM et est devenu un des seuls fournisseurs d'équipement de la LNH avec Bauer et Easton. Par la suite, Reebok a éliminé graduellement la marque JOFA de leur catalogue, ce qui fait qu'on se retrouve maintenant avec pas mal moins de diversité dans le look des joueurs. Un peu comme dans le cas de Craig MacTavish qui pût jouer sans casque jusqu'en 1997, Selanne peut encore porter un casque JOFA grâce à une clause "grand-père" quoique le logo JOFA doit être masqué… Le JOFA est encore produit en Europe mais est maintenant une espèce en voie de disparition.

Alors pour célébrer les derniers miles du JOFA dans la LNH, voici un petit résumé de l'histoire de ce casque mythique.


Niss-Oskar Jonsson et son premier casque JOFA

La compagnie JOFA (pour Jonssons Factories) fût fondée à Malung en Suède par Niss-Oskar Jonsson en 1926 et se spécialisait dans la fabrication d'équipement sportif mais était aussi fournisseur d'équipement pour l'armée Suédoise. Ce n'est qu'en 1963 qu'ils créèrent ce qui allaient être leur plus grand succès : un casque de hockey. Ce modèle allait subir plusieurs modifications au cours des années suivantes.




Vers la fin des années 60, les premiers casques JOFA fûrent adoptés par de nombreux joeurs européens et soviétiques, qui à l'époque étaient plus enclin à porter des casques que les joueurs d'amérique du nord, qui eux mirent du temps à réglementer l'usage obligatioire du casque. Ce modèle était nommé JOFA 235 et allait bientôt devenir un incontournable.




C'est durant les années 70, lors de l'arrivée de joueurs européens en amérique du nord que  JOFA fît son apparition dans la LNH ainsi que l'AMH. Des joueurs suédois tels que Anders Hedberg, Ulf Nilsson, Inge Hammarström et Borje Salming portèrent fièrement leur produit local devant leurs nouveaux fans.




Le JOFA 235  allait par la suite être adopté par plusieurs joueurs nord-américains. Impossible de penser à JOFA sans penser à Wayne Gretzky, qui porta ce casque durant toute sa carrière dans la LNH. D'ailleurs ce modèle de casque avec trous de ventilation prominents est communément appelé le casque "Gretzky".




Dans ma tête, le JOFA 235 est synonyme de la dynastie des Oilers d'Edmonton qui en plus de Gretzky avaient comme joueurs vedettes les finlandais Jari Kurri et Esa Tikkanen. Les trois joueurs jouèrent d'ailleurs sur le même trio pour plusieurs saisons. On aurait pu appeler ce trio la "JOFA line".




Plusieurs autres piliers de la formation des Oilers immitèrent leurs célèbres coéquipiers. Entre autres Charlie Huddy, Kevin Lowe et Marty McSorley. Mark Messier quant à lui ne fît pas partie du groupe, préférant porter un autre casque fétiche, le Cooper.




D'autres joueurs européens arrivèrent dans la ligue à la même époque que Gretzky et ajoutèrent à la renommée du JOFA 235. C'est le cas des frères Stastny des Nordiques de Québec.



Le 235 se propagea à travers la ligue petit à petit et pas seulement chez les joueurs européens et chez les équipes canadiennes. Ici on retrouve Dirk Graham, Real Cloutier et John Ogrodnick qui rockèrent à leur tour le 235.



D'autres modèles fîrent leur apparition au cours des années 80. Un des plus populaires fût le JOFA 280. Le 280 était plus gros et plus sécuritaire que le 235 mais avait un désavantage pratique et esthétique avec la protection accrue des oreilles des joueurs, qui causa une réduction sonore importante. Si les Oilers avaient l'emprise sur le 235, les Flames semblaient avoir le monopole du 280 avec des joueurs comme Mel Bridgman, Kent Nilsson et Hakan Loob.



Mel Bridgman a d'ailleurs fait la joie des collectionneurs de cartes grâce à sa glorieuse moustache, ses dents manquantes ainsi que ce casque surdimensionné (et airbrushé comme dans le cas de la carte des Devils).



Les joueurs des Canucks affectionnaient également le JOFA 280 qu'on pût enfin voir en jaune...



Chez le Canadien, les joueurs suédois de l'équipe (Kjell Dahlin et Mats Naslund) favorisaient le 280 tandis que les plus vieux joueurs canadiens comme Steve Shutt, Mario Tremblay et Bob Gainey préféraient le 235.


Le 235 continua d'être utilisé par plusieurs joueurs jusqu'à la fin des années 90 mais sa réputation fût considérablement amochée lorsqu'en 1994, Michel Goulet des Blackhawks (et anciennemment des Nordiques) percuta dangeureusement la bande de la patinoire du Forum de Montréal lors d'un match entre Chicago et Montréal. Il passa une semaine dans le coma et cet incident mis fin à sa carrière. Il fût avancé que son casque n'était pas suffisament sécuritaire pour ce type de chute. Le JOFA 235 n'était effectivement plus réglementaire aux normes canadiennes de sécurité. La compagnie était déjà au courant de ce problème et mettait déja de la pression depuis plusieurs années après de joueurs vedettes comme Gretzky afin qu'ils adoptent leurs autres modèles plus sécuritaires. Mais malgré tout, ces joueurs continuaient de l'utiliser. On dût attendre jusqu'à la retraite de Kurri en 98 et Gretzky en 99 avant de le voir disparaître de la LNH pour de bon.




Un des nouveaux modèles que JOFA introduisit au début des années 90 fût le JOFA 390, un redesign du 280 plus arrondi et aérodynamique et plus sécuritaire également. De nombreuses vedettes de l'époque le portèrent et il est maintenant symbolique de l'époque explosive du début des années 90.

Comme ce billet est plutôt long, je continuerai sur les dernières années de gloire du JOFA dans la deuxième partie. À bientôt!

Sources :
Toronto Star, 24 avril 1994
http://jofahelmets.blogspot.ca/
wikipedia

mercredi 5 mars 2014

Blair MacDonald






La semaine dernière, Mr Seb, un très fidèle lecteur du blogue et collectionneur assez intense, a publié une photo de son jeu de hockey d'enfance en précisant qu'il s'agissait d'un jeu qui datait de 1983 où les deux équipes étaient le Canadien et les Canucks en V...

J'ai aussitôt demandé de me prendre une photo du joueur, le voici donc :



Aussitôt m'est venu en tête la fameuse (dans ma tête) carte de 1982-83 (ma série préférée de tous les temps) de Blair MacDonald, de loin une des cartes les moins viriles de tous les temps...




Intéressante quand même la carrière de Blair MacDonald...

Blair MacDonald est né en 1953 à Cornwall. C'est d'ailleurs avec les Royals de l'endroit qu'il joua son hockey junior où il fut un marqueur assez régulier, récoltant d'ailleurs une saison de 63 buts en 64 matchs, ce qui attira l'attention des équipes professionnelles. Ce sont les Kings de Los Angeles qui repêchèrent MacDonald au 6e tour du repêchage de 1973, Toutefois, C'est avec les Oilers d'Edmonton (de l'Alberta à l'époque, rappelons qu'ils jouaient la moitié des matchs à Calgary lors de la première saison) qui le repêchèrent au 3e rang (30e au total) qu'il se tourna pour devenir professionnel.

Avec les Oilers, MacDonald connut des débuts modestes, connaissant 3 saisons assez ordinaires avant d'être cédé aux Racers d'Indianapolis lors de la saison 1975-76 en retour de considérations futures. La saison suivante, McDonald connut enfin son explosion offensive, récoltant 64 points en 80 matchs. Après cette saison, MacDonald fut impliqué dans une échange avec les Oilers impliquant pas moins de 7 joueurs : MacDonald, Dave Inkpen (quel nom!) et Mike Zuke passèrent aux Oilers en retour de Kevin Devine, Barry Wilkins, Rusty Patenaude et Claude St-Sauveur. 



Avec les Oilers, MacDonald continua sur sa lancée si bien qu'il se retrouva sur le même trio qu'un dénommé Wayne Gretzky, ce qui fit en sorte que sa production alla encore plus vers le haut. Sa meilleure saison fut en 1979-80, première année des Oilers dans la NHL, où il récolta 94 points dont 46 buts. Cette année-là, il fut d'ailleurs un des représentants des Oilers au match des étoiles et fut nommé capitaine des Oilers quand le capitaine Ron Chipperfield fut échangé aux Nordiques...

On peut voir MacDonald dans ce vidéo spectaculaire où il est alimenté par Wayne Gretzky dans ce match historique où le championnat des marqueurs de la NHL de 1980 était en jeu :



Vous noterez qu'à environ à 8min40, le commentateur fait d'ailleurs remarquer que si tous les joueurs qui reçoivent des passes de Wayne Gretzky concrétisaient le tout, il aurait plus de points... Et bien, l'année suivant, il se fit flanquer à sa gauche un joueur finlandais assez exceptionnel qui fit en sorte de "booster" sa production...



C'est d'ailleurs l'arrivée de ce jeune finlandais et d'autres jeunes comme Glenn Anderson et Mark Messier et de leur talent plus marqué qui fit en sorte que MacDonald fut échangé aux Canucks à la date limite des échanges de 1981 en compagnie des droits de Lars-Gunnar Petterson en retour de Garry Lariviere et Ken Berry.

Avec les Canucks, MacDonald n'était plus aux côtés du meilleur joueur au monde, ce qui fit en sorte de voir sa production diminuer considérablement et compte tenu du fait qu'il ne cadrait pas très bien dans le système très défensif des Canucks de Roger Neilson de l'époque, sa charge de travail diminua jusqu'à passer la majeure partie de la saison 1982-83 dans la AHL avec l'Express de Fredericton. La saison suivante, il prit le chemin de l'Autriche où il termina sa carrière lors de la saison 1985-86...

Il entreprit une carrière d'entraîneur par la suite. Il fut notamment nommé entraîneur de l'année dans la IHL en 1988-89 alors qu'il dirigeait les Lumberjacks de Muskegon qu'il mena à sa première saison en tant qu'entraîneur en Amérique du Nord au championnat de la ligue...


(Dave Michayluk et sa moustache...)


On se souviendra donc de Blair MacDonald comme ayant été le premier sidekick de Wayne Gretzky dans la NHL...


lundi 3 mars 2014

Pentti Lund










Aujourd’hui, les joueurs nés en Finlande sont légion dans la Ligue Nationale.  Par contre, ce phénomène n’a débuté que dans les années 1970.  Auparavant, il pouvait y en avoir un de temps à autre, mais c’était surtout une curiosité.  De plus, il s’agissait de joueurs dont la famille avait immigré au Canada alors qu’ils étaient en bas âge.  Et comme comme la communauté finlandaise n’est pas si nombreuse au pays…

Le premier à atteindre la LNH fut Albert Pudas, qui joua quatre matchs avec Toronto en 1926-27.  (voir texte du 1er mars 2011)  Le deuxième à y parvenir (et le premier à avoir une carrière significative et à marquer un but) fut Pentti Lund.  Tout comme Pudas, il arriva au Canada alors qu’il était enfant, à l’âge de six ans dans son cas.

Suite à un passage junior remarqué dans sa ville de Port Arthur (faisant aujourd’hui partie de Thunder Bay), Lund se retrouva avec les Olympics de Boston, une filiale des Bruins en 1945-46.  Après avoir remporté le championnat des compteurs de la ligue en 1946-47, il eut droit à un rappel du grand club pour un match des séries.

Il passa l’année suivante dans la Ligue Américaine et eut encore droit à un bref rappel pendant les séries.
C’est finalement en 1948-49 qu’il eut finalement l’occasion de faire l’équipe sur une base régulière, mais à New York cette fois, puisqu’il avait été échangé aux Rangers.  Lund ne rata pas son entrée dans la Grosse Pomme, puisqu’il gagna le Trophée Calder, remis à la recrue de l’année.  Par contre, il faut avouer que la compétition n’était pas des plus intenses et que son total de 30 points est loin d’être impressionnant.

En 1949-50, sa production baissa ensuite à 27 points.  Par contre, il connut d’excellentes séries.  En plus de couvrir Maurice Richard, il accumula 11 points en 12 matchs.  Cette année-là, les Rangers firent une rare apparation en finale, qu’ils perdirent.  Il fut ensuite rééchangé aux Bruins, avec qui il subit une très sérieuse blessure à l’œil.  Celle-ci arriva le 13 novembre, au treizième match de la saison à un joueur portant le numéro 13 (Lund).  Les superstitieux ont pu s’en donner à cœur joie…

Il put malgré tout revenir et joua d’autres matchs l’année suivante, avant de terminer sa carrière au niveau senior à Sault-Ste-Marie.

Ayant déjà écrit des articles pour une publication finlandaise pendant son passage à New York, il devint après sa carrière de joueur, journaliste sportif et photographe dans la région de Thunder Bay.

Membre du Temple de la Renommée du hockey finlandais depuis 1992, Pentti Lund est décédé le 16 avril dernier, à l’âge de 87 ans.  

Sources :  “Pentti Lund, First Finn to Star in the N.H.L., Dies at 87” de Richard Goldstein, 18 avril 2013, New York Times (nytimes.com), legendsofhockey.net.

samedi 1 mars 2014

Les pingouins...





Comme vous le savez, le hockey peut nous apprendre des choses qui parfois sortent du cadre du sport à proprement parler... On peut s'en servir pour faire des allégories sur la vie en général ou il peut même servir d'objet pour influencer la société... On peut même apprendre des choses sur les anomalies de la langue de Molière avec le hockey...

La photo ci-dessus est un pingouin, un oiseau qui vit dans l'hémisphère Nord et qui vole... En anglais, on appelle cet oiseau un razorbill...

La photo ci-dessous est un manchot royal, un oiseau qui ne vole pas qui vit principalement dans un ancien vélodrome en Hémisphère Sud. En anglais, on appelle cet oiseau un penguins...


Cette anomalie de la langue française est d'autant plus bizarre que le manchot est appelé "pingouin" dans la plupart des langues européennes. Ce qui est intéressant en plus dans l'histoire, c'est que ces oiseaux ne sont même pas de la même famille, le pingouin étant un alcidé (la seule espèce toujours vivant sur terre de cette famille) et le manchot étant un sphéniscidés... On en apprend tous les jours...

L'erreur de traduire le mot penguins en français par manchot est donc une erreur assez répandue dans la francophonie, rappelez-vous par exemple l'histoire du pingouin qui n'aimait pas le froid...



Et bien, nous avons la chance de voir couramment cette erreur dans le monde du hockey car nous avons la chance d'avoir une des équipes les plus connues du hockey qui possède comme nom Penguins... Et bien quand on a la chance d'entendre parler des Penguins dans les médias québécois, on fait souvent la traduction de Penguins à pingouin... C'est souvent une erreur due à la méconnaissance de ce fait, mais quand on sait la chose, on grince souvent des dents quand le Canadien affronte les Penguins par la répétition à outrance de cette erreur linguistique... Vous allez voir, maintenant que vous avez lu ces lignes...

Donc la prochaine fois que vous ferez une joke genre, "le Canadien s'est fait battre par les Pingouins, une équipe avec le nom d'un oiseau qui ne vole même pas..." et bien vous êtes dans l'erreur alors que si vous faites comme Brian Spencer dans les années 70 et que vous vous plaignez en anglais que vous êtes insatisfait de jouer pour une équipe avec comme logo un oiseau qui ne vole pas, et bien vous n'êtes pas dans l'erreur...

Sachez d'ailleurs que ce commentaire fait à la télé a fait en sorte non seulement de chasser Spencer, joueur à la vie assez "fucked-up" s'il en est...) des Penguins, mais de la NHL tout court...

Mais parlant d'anomalie, sachez que le nom Penguins a été décidé par un vote populaire, il vient du fait que le futur aréna des Penguins, le Civic Center (futur Mellon Arena) ressemblait à un igloo... Je doute qu'un manchot ait déjà croisé un igloo d'inuit...