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mercredi 30 octobre 2019

Le masque méconnu d'Arturs Irbe








Si je vous mentionne le nom d'Arturs Irbe, vous avez probablement tous une image semblable en tête : un petit gardien, un casque de joueur blanc avec un grillage à poule sur la tête, des jambières qui ont jadis été blanche et un chandail des Sharks (ou des Hurricanes) sur le dos. L'image décrit parfaitement le personnage. Bien que ces fameuses jambières et les milliers de cancans s'y rapportant, c'est plutôt son casque qui a frappé mon imaginaire.


Vers le milieu des années 90, la majorité des gardiens avec "combos" masque et grilles avaient soit disparu des radars de la LNH ou s'étaient converti au masque contemporain. Il y avait bien entendu Dominik Hasek et Chris Osgood qui portaient un Cooper SK2000 mais Irbe était le seul (selon ma mémoire) à porter un Jofa 280 (à l'exception de Kelly Hrudey, mais il s'est converti en 1995).

Irbe portait déjà ce modèle lorsqu'il jouait en URSS avant son arrivée en Amérique du Nord. À son arrivée dans l'organisation des Sharks, il essaya un autre modèle de Jofa, le 290, un peu plus circulaire que le 280 mais moins que son successeur et plus célèbre Jofa 390.

Irbe, en 1992, avec un Jofa 290 blanc ...

... et une version noire. Dire que j'ai déjà eu un bâton pareil à celui-ci !

Irbe étant assez capricieux sur son équipement (de nombreuses rumeurs existent sur le traitement qu'il réservait à ses jambières pour les ramollir), l'expérience du casque Jofa 290 fut de courte durée. Irbe revint assez rapidement avec son masque d'antan, qu'il conserva jusqu'à sa retraite en 2007, au sein d'une ligue slovaque.

Dans les années 1990, Ed Cubberly fabriquait des masques pour plusieurs gardiens de la LNH, dont celui de Mike Richter. Ses masques avaient comme particularité d'avoir un trou d'aération où les oreilles en forme de "C" (tsé, "C" pour Cubberly). Lors du passage de Irbe à San Jose, Cubberly lui fabriqua un masque que celui-ci essaya pendant plusieurs pratiques, mais il ne réussi jamais à s'y habituer pour tenter l'expérience lors d'un match, préférant le "confort" que lui procurait son casque habituel. 





Bien que j'aime bien le style caractéristique d'Arturs Irbe, je trouve dommage que nous ne l'ayons jamais vu en action avec le masque que Cubberly lui fabriqua.



vendredi 28 mars 2014

Les casques JOFA (2ème partie)




 Voici la deuxième partie de l'histoire des casques JOFA. Dans la première partie (que vous pouvez lire ici) je parlais de l'origine du casque ainsi que des célèbres joueurs à l'avoir porté dans la LNH durant les années 80 et le début des années 90. Maintenant, passons aux dernières années et les derniers modèles de JOFA.


 Un des joueurs emblématiques du début des années 90 est Jaromir Jagr qui, en plus de sa glorieuse crinière frisée, portait le JOFA 390. Ce nouveau modèle plus arrondi et plus sécuritaire était destiné à remplacer les JOFA 280 et 235, ce qui fût éventuellement le cas. Le 390 fût le produit le plus vendu de l'histoire de JOFA et de nombreuses vedettes de la LNH l'adoptèrent.



Mario Lemieux commença à porter un casque JOFA lors de la saison 1991-92 (il portait auparavant un Cooper) mais dans son cas il eût droit à un modèle personalisé, le JOFA 366 (bon marketing ici). Ce modèle est semblable au JOFA 390 mais n'a pas de protection aux oreilles. Mario avait aussi la particularité d'enlever le "3" du 366 sur l'avant du casque. Il porta ce casque jusqu'à sa première retraite en 1997. Lorsqu'il revint au jeu en 2000-01, il ne ramena pas son JOFA et porta différentes marques de casque dont certains pas mal moins beaux à mon avis...



Bien que le JOFA 366 fût fait spécialement pour Mario Lemieux, il n'en eut pas l'exclusivité. D'autres joueurs comme Teemu Selanne porteront fièrement le 366 au cours des années.



Un des joueurs à qui le JOFA allait particulèrement bien fût Claude Lemieux qui commença à le porter en 1993 lorsqu'il jouait au New Jersey et qui le portera également avec l'Avalanche du Colorado.



Theoren Fleury porta également le 390 pendant quelques saisons. Certains dénigreurs du JOFA évoquent le fait que les joueurs le portant ressemblent à des balles de golf. Ça peut être le cas mais personnellement je ne trouve pas qu'il s'agit d'une mauvaise chose. Ce casque est grandiose. J'aime particulièrement cette photo...



D'autres joueurs ont porté le JOFA 366 et 390 lors des années fastes du début des années 90 dont Rick Tocchet, Phil Housley et Alexandre Daigle. Dans la première partie je mentionnais que les Oilers d'Edmonton personnifiaient la popularité du JOFA 235, et bien je crois que les Penguins de Pittsburgh des années 90 personnifiaient le JOFA 390 (et 366).



Chez le Canadien le JOFA fût également très populaire. Denis Savard, qui portait déjà des casques au style arrondi avant son arrivée avec le CH, commença à porter le 235 pour ensuite porter le 390 lorsqu'il joua avec le CH et le porta jusqu'à la fin de sa carrière. Dans le cas d'Oleg Petrov et Benoit Brunet, il ne portèrent le JOFA que pour quelques saisons, Brunet changea de modèle vers 1997 (il changea également de numéro vers la même époque) et Petrov ne le porta que durant ses premières années avant de retourner en europe jusqu'en 2000. À son retour dans la LNH il porta un autre casque.



Selon mes recherches, le dernier joueur des Canadiens à avoir porté un casque JOFA fût Vincent Damphousse qui commençea à porter le JOFA lors de son arrivée avec le CH en 1992. Vers 1998 ou 1999 il changea pour CCM et ne porta plus le JOFA, même lors de ses dernières années avec les Sharks.



Chez les Nordiques, quelques joueurs portèrent le JOFA durant les dernières années d'existence de l'équipe. Les joueurs suédois semblèrent affectionner particulièrement leur produit local, Mats Sundin et Peter Forsberg commencèrent leur carrière en portant le JOFA. D'ailleurs on peut bien voir la différence ici entre le 390 et le 366 sur ces deux photos alors que le 390 de Sundin fait particulièrement plus "balle de golf" avec la protection aux oreilles. Le 366 de Forsberg est légèrement plus ajusté et a l'air plus confortable sans cette protection. Les deux joueurs changeront de modèle de casque plus tard dans leur carrière avec Toronto et Colorado respectivement.



Alors que les casques 390 et 366 gagnèrent en popularité, quelques joueurs continuèrent de porter l'ancien modèle, le 280, durant la première moitié de la décennie. C'était le cas de Zigmund Palffy des Islanders, Petr Klima des Oilers et Christian Ruuttu des Sabres. Palffy fût un des derniers joueur d'avant à porter le 280 dans la LNH. Il le porta durant ses deux premières saisons avec les Islanders, de 1993 à 1995.



Si Palffy fût le dernier attaquant à porter le JOFA 280, ce ne fût pas le dernier joueur. Quelques gardiens affectionnaient beaucoup le 280 muni d'une grille protectrice. Cette pratique remontait aux années 80 alors que des gardiens comme Richard Brodeur utilisaient ces mêmes casques. Arthurs Irbe porta ce casque rudimentaire jusqu'à sa retraite à la fin de la saison 2003-2004 et fût donc le dernier joueur (à l'exception de Selanne) à porter un JOFA dans la LNH.



Un des gardiens à avoir abusé du style JOFA fût sans aucun doute Tommy Soderstrom, ancien gardien des Flyers et des Islanders, qui apparemment aimait bien porter 10 livres d'équipement supplémentaire et qui n'avait pas peur du ridicule avec son JOFA 390 muni d'une grille surdimensionnée. Soderstrom et ce monstre disparurent de la ligue en 1997.



Vers la fin des années 90, JOFA commençea à perdre des adeptes alors que de plus en plus de joueurs les delaissèrent pour passer à d'autres modèles plus modernes. JOFA essaya toutefois d'introduire différents modèles peu mémorables comme le JOFA 690 que Jaromir Jagr porta à l'occasion lors de ses séjours avec les Capitals et les Rangers. De nos jours il ne porte que le Reebok.



Mais apparemment que Jagr affectionne toujours le JOFA car il a été vu en train de porter un JOFA 235 (a.k.a le Gretzky) lors de ses passages en ligue Tchèque et en KHL. Ces ligues n'ont apparemment pas les mêmes standards d'équipement et de commandites que la LNH.



De nos jours la marque JOFA n'existe qu'en europe et n'est plus beaucoup associé au hockey. Les seuls casques que l'on peut trouver avec la marque JOFA inscrite dessus sont des casques plus appropriés pour le skateboard. Reebok marchande toujours le JOFA 390 pour le hockey mais sous le nom du Reebok 3K où aucun logo de JOFA n'apparait sur le produit. JOFA n'est plus qu'un souvenir que l'on retrouve sur les vieilles images de nos joueurs vedettes d'autrefois et n'a apparemment plus aucune forme corporative. Si vous cherchez JOFA sur Google vous aurez plus de chande de tomber sur la Jewish Orthodox Feminist Alliance que sur un site officiel de JOFA...



Donc il nous reste seulement Teemu Selanne comme survivant du JOFA qu'il continue de porter avec passion (à l'exception de cette rare photo de son passage avec les Sharks dont personne ne se souvient). Le mystère persiste à savoir comment il se les procure. Peut-être que Reebok lui a remis une batch de JOFA avant de discontinuer la marque ou bien peut-être qu'il les achète sur Ebay. Toujours est-il que je vais m'ennuyer de lui et de ces casques légendaires une fois qu'il accrochera ses patins (et son casque) pour de bon.

J'espère qu'on exposera le casque de son dernier match au temple de la renommée.

samedi 8 mars 2014

Les casques JOFA (1ère partie)






Lorsque cette saison 2013-2014 se terminera, il faudra malheureusement faire nos adieux au grand Teemu Selanne, l'un des joueurs les plus aimés par l'ensemble des fans de hockey. Je prédis qu'on verra une grande vague d'hommages de la part des médias et des autres joueurs envers le joueur finlandais mais je me demande si quelqu'un fera un hommage aux casques JOFA, qui disparaîtront des glaces de la LNH en même temps que Selanne. Je vais donc me porter volontaire.




Car voyez-vous, Teemu est le dernier à porter un de ces casques particuliers qui étaient autrefois très prisés par plusieurs stars de la ligue lors des années 80 et 90. Depuis 2004, Reebok s'est porté aquéreur de JOFA ainsi que de CCM et est devenu un des seuls fournisseurs d'équipement de la LNH avec Bauer et Easton. Par la suite, Reebok a éliminé graduellement la marque JOFA de leur catalogue, ce qui fait qu'on se retrouve maintenant avec pas mal moins de diversité dans le look des joueurs. Un peu comme dans le cas de Craig MacTavish qui pût jouer sans casque jusqu'en 1997, Selanne peut encore porter un casque JOFA grâce à une clause "grand-père" quoique le logo JOFA doit être masqué… Le JOFA est encore produit en Europe mais est maintenant une espèce en voie de disparition.

Alors pour célébrer les derniers miles du JOFA dans la LNH, voici un petit résumé de l'histoire de ce casque mythique.


Niss-Oskar Jonsson et son premier casque JOFA

La compagnie JOFA (pour Jonssons Factories) fût fondée à Malung en Suède par Niss-Oskar Jonsson en 1926 et se spécialisait dans la fabrication d'équipement sportif mais était aussi fournisseur d'équipement pour l'armée Suédoise. Ce n'est qu'en 1963 qu'ils créèrent ce qui allaient être leur plus grand succès : un casque de hockey. Ce modèle allait subir plusieurs modifications au cours des années suivantes.




Vers la fin des années 60, les premiers casques JOFA fûrent adoptés par de nombreux joeurs européens et soviétiques, qui à l'époque étaient plus enclin à porter des casques que les joueurs d'amérique du nord, qui eux mirent du temps à réglementer l'usage obligatioire du casque. Ce modèle était nommé JOFA 235 et allait bientôt devenir un incontournable.




C'est durant les années 70, lors de l'arrivée de joueurs européens en amérique du nord que  JOFA fît son apparition dans la LNH ainsi que l'AMH. Des joueurs suédois tels que Anders Hedberg, Ulf Nilsson, Inge Hammarström et Borje Salming portèrent fièrement leur produit local devant leurs nouveaux fans.




Le JOFA 235  allait par la suite être adopté par plusieurs joueurs nord-américains. Impossible de penser à JOFA sans penser à Wayne Gretzky, qui porta ce casque durant toute sa carrière dans la LNH. D'ailleurs ce modèle de casque avec trous de ventilation prominents est communément appelé le casque "Gretzky".




Dans ma tête, le JOFA 235 est synonyme de la dynastie des Oilers d'Edmonton qui en plus de Gretzky avaient comme joueurs vedettes les finlandais Jari Kurri et Esa Tikkanen. Les trois joueurs jouèrent d'ailleurs sur le même trio pour plusieurs saisons. On aurait pu appeler ce trio la "JOFA line".




Plusieurs autres piliers de la formation des Oilers immitèrent leurs célèbres coéquipiers. Entre autres Charlie Huddy, Kevin Lowe et Marty McSorley. Mark Messier quant à lui ne fît pas partie du groupe, préférant porter un autre casque fétiche, le Cooper.




D'autres joueurs européens arrivèrent dans la ligue à la même époque que Gretzky et ajoutèrent à la renommée du JOFA 235. C'est le cas des frères Stastny des Nordiques de Québec.



Le 235 se propagea à travers la ligue petit à petit et pas seulement chez les joueurs européens et chez les équipes canadiennes. Ici on retrouve Dirk Graham, Real Cloutier et John Ogrodnick qui rockèrent à leur tour le 235.



D'autres modèles fîrent leur apparition au cours des années 80. Un des plus populaires fût le JOFA 280. Le 280 était plus gros et plus sécuritaire que le 235 mais avait un désavantage pratique et esthétique avec la protection accrue des oreilles des joueurs, qui causa une réduction sonore importante. Si les Oilers avaient l'emprise sur le 235, les Flames semblaient avoir le monopole du 280 avec des joueurs comme Mel Bridgman, Kent Nilsson et Hakan Loob.



Mel Bridgman a d'ailleurs fait la joie des collectionneurs de cartes grâce à sa glorieuse moustache, ses dents manquantes ainsi que ce casque surdimensionné (et airbrushé comme dans le cas de la carte des Devils).



Les joueurs des Canucks affectionnaient également le JOFA 280 qu'on pût enfin voir en jaune...



Chez le Canadien, les joueurs suédois de l'équipe (Kjell Dahlin et Mats Naslund) favorisaient le 280 tandis que les plus vieux joueurs canadiens comme Steve Shutt, Mario Tremblay et Bob Gainey préféraient le 235.


Le 235 continua d'être utilisé par plusieurs joueurs jusqu'à la fin des années 90 mais sa réputation fût considérablement amochée lorsqu'en 1994, Michel Goulet des Blackhawks (et anciennemment des Nordiques) percuta dangeureusement la bande de la patinoire du Forum de Montréal lors d'un match entre Chicago et Montréal. Il passa une semaine dans le coma et cet incident mis fin à sa carrière. Il fût avancé que son casque n'était pas suffisament sécuritaire pour ce type de chute. Le JOFA 235 n'était effectivement plus réglementaire aux normes canadiennes de sécurité. La compagnie était déjà au courant de ce problème et mettait déja de la pression depuis plusieurs années après de joueurs vedettes comme Gretzky afin qu'ils adoptent leurs autres modèles plus sécuritaires. Mais malgré tout, ces joueurs continuaient de l'utiliser. On dût attendre jusqu'à la retraite de Kurri en 98 et Gretzky en 99 avant de le voir disparaître de la LNH pour de bon.




Un des nouveaux modèles que JOFA introduisit au début des années 90 fût le JOFA 390, un redesign du 280 plus arrondi et aérodynamique et plus sécuritaire également. De nombreuses vedettes de l'époque le portèrent et il est maintenant symbolique de l'époque explosive du début des années 90.

Comme ce billet est plutôt long, je continuerai sur les dernières années de gloire du JOFA dans la deuxième partie. À bientôt!

Sources :
Toronto Star, 24 avril 1994
http://jofahelmets.blogspot.ca/
wikipedia

mardi 26 mai 2009

Kjell Dahlin


À défaut d'avoir eu d'autres joueurs flamboyants provenant de ce coin de pays, Kjell Dahlin est à ce jour le deuxième plus grand suédois à avoir porté les couleurs du CH après mon héros d'enfance, Mats Naslund. Et il marcha dans les pas de ce dernier. Tout comme Naslund, Dahlin est né à Timrå dans le nord de la Suède, ils portèrent tous les deux le même style de casque JOFA et tous les deux ont connu des débuts retentissants dans l'uniforme du Canadiens. L'un par contre aura un carrière nord-américaine plus brève que l'autre, mais ils auront été des joueurs marquant de l'édition 1985-86 du Canadiens.

Kjell Dahlin est né en 1963 à Timrå en Suède. Il arriva à Montréal à la saison 1985-86, après à son service militaire. C'est lors de cette saison que Dahlin connaîtra la meilleure campagne de sa carrière. Il mena les recrues de la ligue nationale avec 32 buts et 39 passes pour un total impressionnant de 71 points. À ma connaissance, aucun joueur du Canadiens n'a connu une saison recrue aussi prolifique depuis. Parlant de saison prolifique qui n'a pas été surpassée depuis, son compatriote, le célèbre numéro 26, a connu lors de cette saison une récolte de 43 buts et 67 passes pour un total de 110 points. À noter qu'aucun joueur du Canadiens n'a récolté plus de 100 points depuis... Donc la saison 1985-86 était assez impressionnante pour les joueurs suédois du Canadiens. Malheureusement, bien qu'il fut le leader des points chez les recrues, Dahlin ne remporta pas le trophée Calder à la fin de la saison. Le défenseur Gary Suter sera le récipiendaire...

Alors que tout le monde croyait que le Canadiens avait déniché en Scandinavie une nouvelle vedette avec un coup de patin impressionnant et un lancer du poignet redoutable, le sort en décida autrement. Lors de sa seconde saison, Dahlin, éprouvé par des blessures au genoux, au dos et aux côtes, il ne disputa que 41 matchs, ne récoltant que 20 points. La saison suivante ne fut guère plus impressionnante, ne récoltant que 25 points en 48 matchs. Dahlin prit par la suite la décision de retourner jouer en Suède à la saison 1988-89 plutôt que de jouer une saison de plus en Amérique. Le côté physique du style nord-américain aura eu raison de lui. Il jouera 6 autre saisons pour le Farjestads BK de Karlstad, le club de la Ligue d'élite de Suède pour lequel il évoluait avant son arrivée à Montréal.

Apparemment, il était ébéniste pour IKEA dans sa prime jeunesse.

Il était également à la défense anti-aérienne durant son service militaire...

Dans un autre ordre d'idée, le Farjestads BK de Karlstad, l'ancienne équipe de Kjell Dahlin, est le champion de 2009 du championnat de Suède... Mikael Johansson, que les Canadiens auraient signé cette semaine, faisait parti de l'équipe...


samedi 28 mars 2009

Mike Bullard

La saison de hockey 2008-09 s'achève et présentement (28 mars) et présentement une seule personne au classement des marqueurs a dépassé le plateau des 100 points. Il s'agit bien sûr du très sous-estimé Evgeny Malkin avec 106 points. Pour les gens qui ont à peu près mon âge, genre autour de la trentaine, le hockey des années 80 nous sert pour la plupart de référence. J'aime bien qualifier cette époque d'âge d'or du hockey offensif. Rappelez-vous combien de joueurs étaient capable à cette époque de dépasser le plateau des 100 points.

Cela avait des répercussions jusqu'au hockey mineur. La plupart des parents voulaient avoir comme fils un Wayne Gretzky et tout était mis de l'avant de la part de ces derniers pour faire de leur rejeton un marqueur né. Le tout cela était fait au détriment de la défensive et du poste de gardien. Avant que Patrick Roy fasse naître la véritable profession de gardien de but, non seulement au Québec mais partout dans le monde, nous étions encore au temps où le gardien était le petit gros ou celui qui patinait mal. Peu étaient intéressé à recevoir des rondelles, surtout en des temps où les idoles qui étaient les exemples pour les jeunes enfilaient jusqu'à 92 buts par année... Et pour ceux qui étaient le moins disposés à devenir des futurs Gretzky, tout comme on va "à la vache" quand on est mauvais au baseball et bien on se retrouvait à la ligne bleue. C'était mon cas, je jouais à la défense, le rôle probablement le moins utile du hockey des années 80... Vous savez, quand même des défenseurs se tiraient des saisons de 100 points... (*Je dis ça sous toute réserve en généralisant, des défenseurs comme Rick Green ou Rod Langway avaient quand même un remarquable impact dans leurs équipes respectives)

Donc, il y avait dans les années 80 beaucoup de marqueurs. Presque toutes les équipes avaient leur marqueur de 100 points et/ou de 50 buts. Ça fait en sorte qu'il y a beaucoup de joueurs de cette époque qui étaient de fins marqueurs qui récoltèrent des saisons de 50 buts et/ou de 100 points qui sont de nos jours dans l'oubli. Qui se souvient des saisons solides de Denis Maruk, Bernie Federko, John Ogrodnick et autres Barry Pederson de ce monde? C'est d'ailleurs le cas du joueur dont il est question ici, Mike Bullard.

Je me rappelle de Mike Bullard comme ayant été un joueur qui avait tout ce qu'il fallait pour être aimé et ce même si il était l'étoile des très piteux Penguins de Pittsburgh de la période pré-Mario Lemieux. Bullard portait sous le nez un trophée de chasse qui d'ailleurs a poussé au cours de son passage dans la NHL. Comment détester un marqueur de 100 points avec une moustache? Autre fait intéressant, Mike Bullard se protégeait également la caboche à l'aide d'un casque Jofa. Est-ce qu'il n'y a que moi et mon ami François dit "El Punkos" qui avons une fixation pour ce type de casque qu'entre autres Peter Stastny, Wayne Gretzky et Michel Goulet ont aidé à populariser?

Une des raisons pourquoi Mike Bullard n'est pas passé à l'histoire réside dans le fait qu'il est arrivé dans la NHL avec une équipe qui n'était pas un standard de qualité de hockey. Après une bonne carrière junior avec les Alexanders de Brantford, Bullard est arrivé lors de la saison 1980-81 avec les très ordinaires Penguins de Pittsburgh. Petit fait au passage, il s'agissait de la première saison où les Penguins ont joué la saison complète en uniforme noir et jaune. Ils changèrent leur couleur principale du bleu au noir en plein milieu de la saison 1979-80 (plus exactement le 30 janvier 1980) afin de surfer sur le succès des Steelers qui venaient de remporter le Super Bowl XIV. Il s'agit également des couleurs du drapeau de la ville de Pittsburgh que les Pirates de Pittsburgh du baseball majeur utilisent également. C'est quand même intéressant de voir une ville de sport dont les uniformes ont toutes les mêmes couleurs. Autre fait intéressant par rapport à ce changement de couleur. Les Bruins de Boston protestèrent contre ce changement de couleur alléguant que le noir et le jaune était leur marque de commerce. Les Penguins firent valoir leur point en affirmant qu'une équipe de la NHL de Pittsburgh, les Pirates de Pittsburgh des années 1920, ont déjà arboré ces couleurs...

Anyway, pour revenir à Bullard, lorsqu'il arriva à Pittsburgh, l'équipe était une équipe de bas classement. L'équipe se qualifia pour les séries lors des deux premières saisons de Bullard, perdant à ces deux reprises en première ronde à la limite des matchs de la série. À noter également que la première vague de séries à l'époque était une série 3 de 5 et non 4 de 7 comme de nos jours. Les Penguins du début des années 80 possédaient dans leurs rangs, outre le jeune Bullard, le vétéran Rick Kehoe, un bon marqueur nommé Paul Gardner et l'excellent défenseur et futur coach des Ducks Randy Carlyle, d'ailleurs récipiendaire du trophée Norris en 1981. Mais suite à la saison 1981-82 où les Penguins s'inclinèrent face aux Blues de St-Louis en première ronde, l'équipe allait être 7 saisons sans connaître l'expérience des séries éliminatoires.

Le marasme de l'équipe de la ville de l'acier n'allait toutefois pas empêcher Mike Bullard de performer. La saison 1981-82 allait être la première de six saisons de 30 buts dans la NHL. Les Penguins ont atteint le fond du baril lors de la saison 1983-84 alors que l'équipe de récolta qu'un faible 38 points en tout. Ce qui peut également rappeler les Nordiques de 1989-90 qui en récoltèrent 31. Et Bullard s'est avéré le joueur fier qui continua de performer malgré les malheurs de l'équipe tout comme Joe Sakic dans la période noire de Québec. Bullard dépassa lors de cette saison le plateau des 50 buts pour la seule fois de sa carrière avec un bon 51, terminant la saison avec 92 points. Cette mauvaise saison allait toutefois transformer la franchise de Pittsburgh avec l'obtention du premier choix au repêchage qui allait devenir le grand Mario Lemieux. Bullard prit par la suite part à deux saisons de "l'ère Lemieux" en effectuant deux autres campagnes au-delà du plateau des 30 buts dans l'uniforme des Penguins.

Lors de la saison 1986-87, après avoir disputé ses 6 dernières saisons avec les Penguins, Mike Bullard fut échangé aux Flames de Calgary en retour de Dan Quinn. Avec les Flames, Bullard allait enfin avoir la chance d'évoluer avec une équipe compétitive. Il termina la saison 1986-87 avec son premier différentiel positif en carrière. Lors de sa carrière avec Pittsburgh, même à sa meilleure saison en termes de points, Bullard termina avec un différentiel négatif assez élevé. Comme je disais dans un autre article, le différentiel montre d'une manière significative si le joueur évoluait dans une équipe médiocre malgré sa performance remarquable. Lors cette saison 1983-84, alors que les Penguins atteignirent des bas fonds, Bullard termina avec un différentiel de -33. Bullard n'allait par la suite connaître qu'une seule saison dans le négatif suite à son départ de Pittsburgh.

C'est à sa seconde saison à Calgary que Bullard allait atteindre le sommet de sa carrière avec une récole de 108 points et ne ratant le plateau des 50 buts pour la seconde fois de sa carrière par seulement deux buts. Les Flames n'avaient toutefois aucuns projets à long terme avec Bullard dans leur alignement. Ce marqueur de 100 points fut utilisé en compagnie de Craig Coxe et Tim Corkery pour obtenir des Blues de St-Louis le redoutable Doug Gilmour en compagnie de Mark Hunter, Steve Bozek et un certain Michael Dark. (Quelqu'un a des infos sur Michael Dark? Je me mets sur la piste!) À connaître de nos jours l'impact qu'eut Doug Gilmour à Calgary et celui de Bullard à St-Louis, on peut nous faire penser que cet échange fut à sens unique, mais rappelez-vous qu'à la même époque, un peu plus tard en fait, les Blues avaient obtenu le jeune Brett Hull et ce même Steve Bozek des Flames en retour de Rick Wamsley et Rob Ramage... Donc ils étaient quittes au chapitre des échanges à sens unique...

C'est à partir de son passage à St-Louis que la carrière de Bullard allait aller en pente descendante. Il ne joua que 20 matchs dans l'uniforme des Blues avant de se faire échanger aux Flyers de Philadelphie où il connût deux saisons satisfaisantes. Suite à la saison 1989-90, Bullard prit le chemin de la Suisse pour ensuite revenir en Amérique pour jouer pendant une saison très pénible dans l'uniforme des Leafs. C'est suite à cette première saison depuis 1982-83 en deçà de la barre des 50 points que Bullard prit la direction de l'Europe où il évolua avec différentes équipes jusqu'à la saison 2002-03.

Mike Bullard termina sa carrière dans la NHL avec une récolte respectable de 674 points en 727 matchs dont 329 buts...