Chaque
édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le
trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y
a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais
moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux
que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils
avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui
me fascinent.
Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.
Aujourd'hui on poursuit dans les années 90 avec la deuxième édition championne des Penguins de Pittsburgh, celle de 1992.
Joueurs:Ron Francis, Shawn McEachern, Ken Priestlay, Bryan Trottier (A), Jiri Hrdina, Mario Lemieux (Captain), Joe Mullen, Bob Errey (A), Jock Callander, Jay Caufield, Jamie Leach, Troy Loney, Kevin Stevens, Phil Bourque, Dave Michayluk, Jeff Daniels, Mike Needham*, Jaromir Jagr, Rick Tocchet, Jim Paek, Grant Jennings, Ulf Samuelsson, Jeff Chychrun, Paul Stanton, Kjell Samuelsson, Gordie Roberts, Peter Taglianetti, Larry Murphy, Wendell Young, Ken Wregget, Tom Barrasso
Staff: Morris Belzberg (Owner), Howard Baldwin Sr. (Owner/President), Thomas Ruta (Owner), Donn Patton (Vice President-Chief Financial Officer), J. Paul Martha (Vice President-General Council), Craig Patrick (Vice President/General Manager), Bob Johnson (Coach), William Scotty Bowman (Head Coach/Director of Player Development-Recruitment), Barry Smith (Asst. Coach), Rick Kehoe (Asst. Coach), Pierre McGuire (Asst. Coach), Gilles Meloche (Goaltending Coach/Scout), Rick Paterson (Asst. Coach), Steve Latin (Equipment Manager), Charles "Skip" Thayer (Trainer), John Welday (Strength-Conditioning Coach), Greg Malone (Head Scout), Les Binkley (Scout), Charlie Hodge (Scout), John Gill (Scout), Ralph Cox (Scout)
Quand même beaucoup de changement entre les éditions 1991 et 1992 des Penguins. La majorité des gros canons sont toujours présents (Lemieux, Jagr, Francis, Barrasso, Murphy, Mullen) mais plusieurs furent remplacés, notamment Mark Recchi et Paul Coffey qui firent partie d'un blockbuster à trois équipes entre les Flyers, Penguins et Kings. Ce sont alors Rick Tocchet, Kjell Samuelsson et le gardien Ken Wregget qui prirent leurs places.
Il y avait également quelques départs dans les joueurs de soutien, comme Barry Pederson, Randy Gilhen, Randy Hillier, Frank Pietrangelo et surtout Scott Young. Le futur joueur des Nordiques n'avait pas évolué dans la LNH en 1991-92, évoluant plutôt en Italie et avec l'équipe olympique américaine. Il fut en fait échangé aux Nordiques en mars 1992 mais termina l'année en Italie avant de venir à Québec à l'automne.
Mais pour le remplacer, notons la présence du jeune Shawn McEachern qui célébra en grande sa première
saison recrue dans la LNH avec rien de moins qu'une bague et son nom
gravé. Il avait obtenu 9 points en 19 matchs durant les séries.
Mais, comme choix de joueur élu de style «LVEUP» pour cette édition, je n'ai d'autre choix que d'y aller pour trois joueurs avec la «Muskegon Line» composée de Jock Callander, Dave Michayluk et Mike Needham, soit une des meilleurs histoires feel-good de l'époque et un classique des histoires de ligues mineures.
Jock Callander au centre avec la coupe et entouré de Mike Needham (premier en haut à gauche) et Dave Michayluk (à gauche de Mario Lemieux).
Comme en 1991, les Penguins réussirent à se rendre jusqu'au bout malgré plusieurs blessures dans leur alignement. Si en 1991 c'était principalement les gardiens qui étaient éclopés, en 1992 il s'agissait plutôt des attaquants.
Mario Lemieux par exemple, eut à rater six matchs durant les séries. Rick Tocchet et Bob Errey en manquèrent sept chacun, tandis que Joe Mullen ne put jouer que 9 matchs.
C'est quand même bien quand tu as des Jagr, Francis, Bryan Trottier et Kevin Stevens pour (grandement) compenser, mais au final, tu as souvent besoin de profondeur et de «grinders» en séries, et c'est ici que la «Muskegon Line» est entrée dans la légende.
Callander, Michayluk et Needham évoluaient tous avec le club-école, les Lumberjacks de Muskegon dans la IHL. Callander et Michayluk sont d'ailleurs parmi les meilleurs joueurs de l'histoire de cette ligue et formaient un duo redoutable depuis plusieurs saisons. Cependant, ils n'avaient jamais réussi à percer la LNH malgré quelques flashs au cours des années pour Callander, le meilleur des trois. Mais même ce dernier n'avait pu être rappelé ne serait-ce qu'un seul match durant la saison régulière, et il croyait même que son tour ne reviendrait jamais et était content de demeurer dans la IHL.
Pour sa part, Mike Needham était un choix de 1989 qui n'avait encore disputé aucun match dans la LNH, tandis que le dernier match Michayluk remontait à novembre 1982 avec les Flyers!
Donc, le coach Scotty Bowman rappela les trois joueurs tour à tour, eux qui évoluaient sur la même ligne à Muskegon. Il décida de les garder ensemble la plupart du temps, voulant garder leur chimie. Cependant, Callander joua 12 matchs (4 points), contre 7 pour Michayluk (2 points) et 5 pour Needham (1 point).
Pendant ce temps, les normalement puissants Lumberjacks de Muskegon écopèrent puisque sans leurs 3 gros canons, ils s'inclinèrent en finale de la IHL.
Mais la «Muskegon Line» put voir ses joueurs avoir leurs noms gravés sur le précieux trophée en 1992. Cependant, en réalité, seulement Callander et Michayluk se qualifiaient officiellement pour recevoir ce privilège alors qu'ils avaient disputé au moins un match en finale. Les cinq matchs de Needham eurent tous lieu avant la finale mais il continua à accompagner l'équipe jusqu'à la fin.
L'équipe fit toutefois la demande auprès de la ligue pour avoir le trio au complet sur le trophée.
En plus, pour continuer dans la thématique, les trois ont été gardés ensemble sur la même ligne:
En fait, les Penguins ont aussi fait pression pour inclure un autre joueur qui ne se qualifiait pas, soit Jeff Daniels, lui qui avait seulement joué deux matchs en saison et aucun en séries.
L'édition de 1992 des Penguins avait aussi établi un record à ce moment en incluant 31 joueurs et 21 membres du staff. En conséquence, aucun titre (président, coach, propriétaire etc.) ne fut gravé, seulement le prénom et nom de famille. Seulement Mario Lemieux eut droit à avoir la mention «Capt.».
Du coté du staff, les Penguins de 1992 firent également la demande pour graver le nom de leur ancien coach, Bob «Badger» Johnson, celui qui les avaient mené à la conquête l'année précédente avant de décéder subitement d'un cancer du cerveau en novembre 91.
Gilles Meloche et Rick Kehoe, dont j'ai parlé dans l'édition de 1991, étaient toujours fidèles au poste en 1992, comme beaucoup d'autres. Seulement, comme l'édition 1992 put comprendre plus de noms, plusieurs autres membres du staff qui étaient présents en 1991 sans pouvoir avoir leur nom gravé, purent l'avoir en 1992. C'était le cas des recruteurs Pierre McGuire, Ralph Cox, Charlie Hodge et Les Binkley.
McGuire, vous le connaissez pour son travail à la télé ainsi que son bref passage comme entraineur-chef des Whalers en 1993-94. Charlie Hodge est bien sûr l'ancien gardien du Canadien, des Seals et des Canucks et Les Binkley était le premier gardien numéro un de l'histoire des Penguins, jouant avec l'équipe de 1967 à 1972 avant de migrer dans l'AMH.
Cependant comme choix «LVEUP» j'ai choisi Ralph Cox. Son nom m'était familier sans que je me rappelle de où. Si vous avez vu le film «Miracle», vous vous souvenez peut-être de lui, il s'agit du dernier joueur retranché par Herb Brooks en vue des Olympiques de 1980.
Choix de 7e ronde des Bruins en 1977, Cox ne s'est jamais rendu à la LNH. En fait, il a à peine joué une trentaine de matchs dans les ligues mineures entre 1980 et 1984, passant le reste du temps dans la SM-Liiga. Il prit sa retraite en 1985 et c'est en 1989 qu'il devint recruteur chez les Penguins.
S'il n'a pas pu faire partie de l'équipe «Miracle», il peut toutefois se vanter d'avoir deux bagues de la coupe, dont celle de 1991 obtenue contre son ancien coéquipier Neal Broten des North Stars.
Cox demeura en poste à Pittsburgh jusqu'en 1999 et n'a jamais plus retravaillé dans le hockey depuis, se concentrant plutôt dans l'immobilier.
Avec leur conquête de 1991, les Penguins avaient rempli le dernier espace sur la 5e grande bande de la Coupe Stanley. Comme la LNH ne voulaient plus en rajouter d'autres pour éviter d'agrandir davantage le trophée, un ancien problème d'ailleurs dans les années 30-40, il fut décider de retirer la première bande contenant les champions de 1927-28 à 1939-40 au profit d'une nouvelle. L'ancienne bande est depuis ce temps au Temple de la renommée.
Depuis ce temps, à chaque 13 saisons (chaque bande pouvant contenir 13 équipes championnes), une bande est retirée et remise au Temple. La plus récente bande à subir ce sort fut en 2018 lorsque les Capitals devinrent champions. On retira alors la bande contenant les champions de 1953-54 à 1964-65, faisant en sorte de faire disparaître plusieurs noms illustres comme ceux de Maurice Richard et Gordie Howe... c'est la vie.
C'était donc les histoires de la Coupe de 1992. On se revoit avec une édition familière en 1993...
On a bien aimé mon texte de l'autre jour sur les derniers joueurs à avoir fait telle ou telle chose, si bien que j'ai pensé faire une suite, avec quelques suggestions de mes collègues et de quelques lecteurs. Allons-y donc.
Aussi je vous rappelle de vous abonner à notre infolettre pour vous permettre de voir des textes que vous avez peut-être manqué dans les dernières semaines, ainsi que des succès souvenirs et autres trucs.
Mick McGeough Dernier arbitre sans casque
Dans la première partie, on a parlé du célèbre Craig MacTavish, le dernier joueur sans casque en 1997, ainsi que d'Andy Brown, le dernier gardien sans masque. Mais qu'en est-il des arbitres?
Comme la règle permettant à MacTavish de jouer sans casque vu qu'il avait signé son premier contrat dans la LNH avant la saison 1979-80, la même chose s'appliqua plus tard aux arbitres, soit à partir de 1988. Ayant commencé sa carrière d'arbitre dans la LNH en 1987, Mike McGeough put donc arbitrer les cheveux à l'air pendant les 20 saisons suivantes, soit jusqu'en 2005-06. La saison suivante, la LNH annula cette «clause grand-père» et McGeough dut lui aussi porter le casque. Il arbitra (avec casque) jusqu'à la fin de la saison 2007-08. Il mourut malheureusement des suites d'un avc en 2018 à l'âge de 62 ans.
Kerry Fraser Dernier arbitre à avoir arbitré seul
La LNH implanta le système à 2 arbitres à temps plein pour la saison 2000-01. Entretemps il fallait tester la formule lors des saisons précédentes. On vit donc un 4e homme zébré apparaitre de plus en plus sur les glaces lors des saisons 98-99 et 99-00 et pour tous les matchs des séries durant ces deux saisons. Vers la fin de la saison 99-00, les matchs à un seul arbitre se firent de plus en plus rares, jusqu'à tomber à temps plein à deux arbitres en fin de saison.
J'ai donc du éplucher les sommaires d'une centaine de matchs à partir de la fin du calendrier 99-00 afin de trouver le dernier match où il n'y avait qu'un officiel. C'était vraiment palpitant.
Mais finalement j'ai trouvé, puisque lors du mardi 21 mars 2000 on programma deux derniers matchs avec seulement un officiel, un entre les Panthers et les Rangers à New York et le second entre les Flyers et les Predators à Nashville. Comme les matchs à Nashville ont tendance à débuter plus tard (20h-21h généralement), c'est donc durant ce match que le dernier arbitre tout seul fut tout seul pour la dernière fois. Et qui d'autre pour conclure cette ère que le fameux Kerry Fraser...
Ce match fut remporté 2-0 par les Flyers avec des buts de John Leclair et Simon Gagné...
Jonas Hiller Dernier gardien à porter la marque KOHO
Suggestion d'un lecteur ici du nom de Dannick Rivest. Difficile à confirmer ici mais selon toute vraisemblance, Jonas Hiller serait vraiment le dernier à porter de l'équipement de marque KOHO. Cette marque emblématique de notre jeunesse, qu'on a vu notamment sur de nombreuses cartes ou posters de Patrick Roy, est de nos jours discontinuée.
Comme la suédoise JOFA avant elle, KOHO était une compagnie d'équipement scandinave, en Finlande cette fois, qui connut des années fastes à partir des années 70 et 80, étant même une des premières à offrir des jambières de couleur. Et comme JOFA, KOHO fut avalée par CCM/Reebok durant les années 2000 avant de disparaître tranquillement du radar. La marque fut rachetée par une compagnie du nom de Monkeysports en 2008 et on revit brièvement KOHO par la suite mais c'est désormais chose du passé, alors que je n'ai trouvé aucun produit KOHO sur leur site.
Hiller fut donc le dernier aperçu à porter du KOHO, suite à ses derniers matchs dans la LNH avec les Flames en 2015-16. Il joua ensuite quatre saisons dans sa Suisse natale avant de prendre sa retraite en 2020.
Wade Flaherty Dernier gardien à accorder un but à Wayne Gretzky
C'est le 29 mars 1999 que Wayne Gretzky marqua son huit-cent-quatre-vingt-quatorzième (894e) but en carrière en saison régulière, lors d'une victoire des Rangers 3-1 sur leurs rivaux new-yorkais, les Islanders. Dans les buts des Insulaires se trouvait l'éternel Wade Flaherty, qui agissait alors en tant que remplaçant à Félix Potvin, qui était blessé.
En plus d'être le dernier but de Gretzky, il s'agissait également de son 1072e but professionnel, en incluant les séries et ses statistiques dans l'AMH. Cela lui valut de battre à nouveau Gordie Howe à ce niveau.
Éternel second, Flaherty joua deux autres saisons avec les Islanders, avant de jouer une poignée de matchs par la suite avec le Lightning (avec plusieurs autres collègues), les Panthers et les Predators.
Keith Yandle Dernier joueur de la LNH à avoir été coaché par Gretzky
On se souvient pas mal moins glorieusement de la carrière de Gretzky comme entraîneur. Et avec raison avec sa fiche de 143-161-0-24 en quatre saisons où les Coyotes ratèrent les séries à chaque fois. Il n'a jamais retenté l'expérience par la suite, démissionnant avant la saison 2009-10 suite au redémarrage de la franchise après une de ses faillites.
Donc, parmi les quelques dizaines de joueurs ayant joué sous les ordres de la merveille entre 2005-06 et 2008-09, il ne reste aucun joueur actif dans la LNH, le dernier étant Keith Yandle avec les Flyers en 2021-22. Il en reste toutefois une poignée en Europe comme Peter Mueller dans la ligue tchèque ainsi que Nigel Dawes en Allemagne.
José Théodore Dernier gardien à accorder un but à Mario Lemieux
On parle de Gretzky mais faudrait quand même pas oublier Mario Lemieux. Très diminué et en proie avec des difficultés cardiaques lors de sa dernière saison en 2005-06, il marqua son dernier but contre José Théodore et le Canadien de Montréal le 10 novembre 2005. Il joua ensuite 9 matchs sans marquer jusqu'à son dernier match le 16 décembre contre les Sabres. Il officialisa sa retraite en janvier 2006.
Pour sa part, Théo en était à ses derniers miles avec le CH à ce moment, étant échangé à l'Avalanche en mars 2006. Il prit sa retraite en 2013.
Robbie Tallas Dernier gardien à accorder un but à Ray Sheppard
Une date à jamais gravée dans les annales du destin, celle du 5 avril 2000 durant laquelle les Panthers de la Floride remportèrent un duel face aux Bruins de Boston par la marque de 6-3. La grande étoile de ce match, inutile de le mentionner, fut bien sûr Ray Sheppard avec 2 buts et 1 passe. La légende mythique qu'était «Ray» a d'abord marqué son premier du match contre le gardien partant John Grahame qui se fit plus tard sortir du match après 5 buts accordés. Nul autre que Pavel Bure obtint une passe sur ce magnifique but. J'ai pas vu ce but mais je sais qu'il était magnifique.
Sheppard en marqua ensuite un deuxième contre son remplaçant Robbie Tallas, ce qui donna un total de 10 filets pour clore la magnifissime carrière du numéro 26.
Il opta ensuite de jouer une dernière saison en Suisse en 2000-01 avec le club des Tigers de Langnau. Il m'a été malheureusement et criminellement impossible de savoir contre qui il marqua son véritable dernier but dans cette ligue.
Il marqua toutefois 13 buts en 13 matchs en Suisse donc à mon avis il aurait pu continuer encore un bon 10-15 ans dans la LNH si ce n'était de l'injustice flagrante de ne pas avoir obtenu un nouveau contrat.
Suite à sa véritable retraite, on mit les drapeaux en berne et une procession d'enfants aveugles firent le pèlerinage vers Compostelle en son honneur tandis que le Dalaï-lama fit un jeûne de trois semaines.
3 janvier 1932 Dernier match avec les dégagements acceptés
Le 8 décembre 1931, les Bruins reçurent la visite des Americans de New
York. Durant ce match, les Americans de New York tentèrent une nouvelle
tactique. Aussitôt qu'ils le purent, les joueurs des Americans
dégagèrent la rondelle dans le territoire adverse. Comme il n'y avait
aucun règlement concernant les dégagements, les Americans dégagèrent 61
fois, laissant un mauvais goût aux fans et surtout aux joueurs des
Bruins qui eurent à courir après la rondelle plus souvent qu'à leur
tour. La tactique sembla marcher car les Americans remportèrent le
match 3 à 2...
Mais comme la vengeance est un plat qui se sert froid, les Bruins
décidèrent de présenter une version améliorée de la tactique du 8
décembre lors de la rencontre suivante entre les Americans et les
Bruins, le 3 janvier 1932 à New York. Lors de ce match, les Bruins
dégagèrent la rondelle à 87 reprises dans un match qui se termina par la
marque de 0-0. Rien de bon pour vendre le
hockey... Les autres propriétaires firent pression afin de
donner une amende à Jack Adams, le propriétaire des Bruins pour avoir
poussé cette tactique au maximum. Le président de la NHL Frank Calder
décida de ne pas sévir sous prétexte qu'avec les règlements qui étaient
en cours, les joueurs n'avaient pas dérogé et avaient respecté le
règlement. Par contre, avant qu'un autre match de la sorte ne se reproduise, la NHL
développa rapidement une réglementation afin de limiter le nombre de
dégagements.
24 février 2004 Dernier match de 0-0 dans l'histoire de la LNH
Si les dégagements acceptés étaient choses du passé à partir de 1932, ce n'était pas encore le cas pour les matchs nuls se terminant 0-0. J'ai parlé du dernier but égalisateur et dernier match nul à la fin de la saison 2003-04 dans la première partie, mais le dernier «snooze-fest» de 0-0 se produisit quelques semaines plus tôt, soit le 24 février 2004 à Long Island lors d'un match d'anthologie entre les Bruins et les Islanders.
De quoi on peut bien parler après un match de 0-0... Félix Potvin des Bruins et Rick DiPiertro des Islanders récoltèrent le jeu blanc, tandis que Trent Hunter, Brian Rolston et Martin Lapointe récoltèrent chacun 5 tirs. Ah oui, également un jeune Patrice Bergeron fut utilisé pendant seulement 29 secondes durant ce match...
Jack Walker Dernier joueur ayant joué comme «Rover»
On va terminer avec une suggestion de mon collègue KirkMclean ici. Ça m'a demandé beaucoup de travail. Merci Kirk.
Le Rover, ou «Maraudeur» est une ancienne position datant des débuts du hockey, dans le temps où on alignait 6 patineurs sur la glace. Utilisé comme joueur de transition entre les 2 défenseurs et les 3 attaquants, le Rover se promenait à sa guise où il se sentait utile. Il s'agissait souvent du meilleur patineur de l'équipe. L'évolution de cette position devint en quelque sorte celle du défenseur offensif, dans le style des Bobby Orr, Paul Coffey et Erik Karlsson.
Plus le hockey se développa et plus le rover devenait encombrant. L'ancêtre de la LNH, la National Hockey Association (NHA), retira la position et adopta le système à 5 patineurs lors de sa deuxième saison d'existence en 1910-11, et la LNH poursuivit dans la même voie par la suite.
Cependant, les ligues de l'ouest, la PCHA (Pacific Coast Hockey Association) et la WCHL (West Coast Hockey League) gardèrent le Rover, et ce jusqu'en 1923.
Donc, qui fut le dernier «Rover»? Et bien il est assez difficile, voire impossible de trouver réellement. Beaucoup de joueurs ont un jour évolué ou alterné comme rover, et il n'existe à ma connaissance pas d'endroits où ces vieilles informations sont entièrement répertoriées. De plus, lorsque la Coupe Stanley fut disputée entre la NHA/LNH et les ligues de l'ouest, soit jusqu'en 1926, la finale opposant les deux ligues alternait les règles entre chaque matchs, soient les règles et positions LNH durant un et celles de l'ouest lors du suivant. Ça devait être fuckant solide tout ça. Il y a donc quelques joueurs de la LNH qui ont brièvement joué comme rover lors de ces matchs de finale jusqu'à l'abolition de la position en 1923 et il est pratiquement impossible de savoir lesquels exactement. À moins que j'aille éplucher des archives de journaux comme un craqué mental mais là heille c'est assez.
Comme on considère que le Rover était souvent le meilleur joueur ou meilleur patineur de l'équipe, on peut extrapoler pour dire que les meilleurs rovers ont joué plus longtemps que les autres, donc la liste des membres du temple ayant été rovers est ma meilleure option. Parmi cette liste, celui qui prit sa retraite en dernier fut nul autre que Jack Walker.
Né le 29 novembre 1888, Walker a joué 27 saisons de hockey professionnel, soit de 1907 à 1933, et ce au sein de plusieurs ligues, dont la New Ontario Hockey League, la NHA, la PCHA/PCHL, la WHL et la LNH. Il joua le plus longtemps pour les Metropolitans de Seattle, soit de 1915 à 1924. On raconte même qu'il était le meilleur rover de son époque lors de ses années à Seattle.
Il aurait aussi été l'instigateur du balayage de bâton (ou hook check) consistant à soutirer la rondelle à l'adversaire. Il remporta la Coupe Stanley à trois reprises, soit en 1914 avec les Blueshirts de Toronto, en 1917 à Seattle et en 1925 avec les Cougars de Victoria.
Après la dissolution des ligues de l'ouest, Walker et les autres Cougars devinrent les nouveaux Cougars de Détroit, alors que l'équipe fut achetée et transférée dans l'est et dans la LNH. Il y joua deux saisons avant de revenir dans l'ouest dans une nouvelle ligue, la Pacific Coast Hockey League, avec les Eskimos de Seattle. Il y joua jusqu'en 1931, suite à quoi il joua deux autres saisons dans une ligue en Californie dont je me dois de consacrer probablement un autre texte plus tard, la California Hockey League.
Walker joua alors pour les Stars d'Hollywood et les Sheiks d'Oakland avant de finalement prendre sa retraite en 1933. Il fut introduit au temple en 1960.
À noter aussi qu'un autre ex-Rover joua jusqu'en 1930 avec les Bruins, soit Mickey Mackey, un ancien adversaire de Walker avec les Millionnaires de Vancouver. Mackey serait donc le dernier Rover à avoir joué dans la LNH mais je considère Walker comme le véritable dernier Rover. Que celui qui ose me contredire me lance la première pierre...
Donc ce sera tout pour les derniers, à moins que vous ayez encore d'autres suggestions...
L’immense talent offensif de Mario Lemieux n’a jamais fait de doute. Dès sa première saison junior, en 1981-82, il termina en tête des pointeurs des Voisins de Laval avec 96.
À sa deuxième année, il fut invité à faire partie d’Équipe Canada Junior, alors que le championnat du monde avait lieu à Leningrad. L’entraîneur était alors Dave King, qui avait mené l’unifolié à sa première médaille d’or dans cette compétition l’année précédente.
King valorisait l’effort, le repli défensif et s’attendait à ce que ses joueurs s’insèrent dans son système. Un pur talent offensif comme Lemieux ne cadrait pas vraiment dans les attentes de King et certains invoquèrent aussi un manque d’atomes crochus de ce dernier avec les francophones. En bout de ligne, Lemieux ne joua que trois des sept matchs. Il repartit tout de même d’URSS avec une médaille de bronze au cou, mais l’expérience lui apporta beaucoup de frustration. À Laval, il termina l’année avec 184 points.
King se vit ensuite confier l’équipe olympique en vue des Jeux de Sarajevo, en Yougoslavie. Pour son recrutement pour le programme national, il appliqua de façon dogmatique la même recette. Il choisit des joueurs qui eurent par la suite de belles carrières comme Pat Flatley, Carey Wilson et Kirk Muller. En défense, on retrouvait entre autres Bruce Driver, Jean-Jacques Daigneault et James Patrick. Dans les buts, il y avait le futur Nordique Mario Gosselin. Toutefois, invoquant des carences défensives, il laissa Mario Lemieux de côté. Pris entre l’arbre et l’écorce, l’entraîneur-adjoint Jean Perron dut affirmer que malgré des lacunes offensives, l’équipe n’avait pas besoin de Lemieux.
Comme King s’occupait maintenant de l’équipe olympique, c’est Brian Kilrea des 67’s d’Ottawa qui fut désigné pour le championnat junior de 1984. Toujours amer de son expérience de l’année précédente, Lemieux refusa l’invitation. Il invoqua, en plus de sa mauvaise expérience de l'année précédente, un désir de passer un dernier Noël en famille avant d’amorcer sa carrière professionnelle, en plus de vouloir pleinement se consacrer aux Voisins de Laval, avec qui il était à la poursuite de plusieurs records de la ligue.
La LHJMQ répliqua en suspendant Lemieux tant que le tournoi ne serait pas terminé. Lemieux et son agent Gus Badali poursuivirent alors la ligue, argumentant qu’il n’était pas juste que les Canadiens soient obligés à représenter leur pays à ce tournoi, alors que les Américains (comme Pat Lafontaine qui avait joué à Verdun) ne l’étaient pas. L’affaire se rendit en cour et Lemieux eut gain de cause.
À Sarajevo, le tournoi olympique comptait douze équipes, réparties en deux groupes.
L’équipe de King parvint facilement à défaire la Norvège et l’Autriche. Le résultat fut plus serré contre les États-Unis et la Finlande, mais ce fut aussi en faveur des Canadiens. La Tchécoslovaquie blanchit toutefois le Canada 4-0 et termina en tête du groupe.
En ronde finale, la défaite contre les Tchécoslovaques fut prise en considération. Il restait donc au Canada à affronter les deux équipes de tête de l’autre groupe, l’Union soviétique et la Suède. Contre l’URSS, le Canada se buta à Vladislav Tretiak et malgré une belle performance de Mario Gosselin, il s’inclina par la marque de 4-0. Contre la Suède, le Tre kronor eut le dessus 2-0. En trois matchs de la ronde des médailles, le Canada ne marqua donc aucun but et termina au pied du podium, en quatrième place. Est-ce que dans ces circonstances, Lemieux aurait pu être utile? King répondit que pour Calgary, en 1988, il pourrait être opportun de choisir des joueurs offensifs, quitte à leur enseigner le repli défensif.
Lemieux termina sa saison à Laval avec 133 buts et 282 points, deux marques de la LHJMQ qui tiennent toujours, pour ensuite connaître la carrière extraordinaire que l’on sait avec les Penguins. En 2002, à Salt Lake City, il ajouta finalement l’or olympique à son palmarès.
L’équipe de King termina également quatrième aux Jeux de Calgary, avant de finalement remporter l’argent à Albertville en 1992. À ce moment, il pouvait compter sur Eric Lindros dans son alignement. Il fut également entraîneur-adjoint à Pyeongchang en 2018, où le Canada remporta le bronze.
Dans la Ligue nationale, après Albertville, il dirigea les Flames pendant trois ans, en plus d’avoir été l’adjoint d’Alain Vigneault à Montréal de 1997 à 1999.
Il fut également le premier entraîneur-chef des Blue Jackets, adjoint de Dave Tippett (qui était allé à Sarajevo sous ses ordres) chez les Coyotes, en plus de travailler en Allemagne et dans la KHL.
Sa fiche dans la LNH est de 173-182-52-13.
Sources :
"L’équipe nationale vise les deux premiers rangs" de Gilles Blanchard, La Presse, 18 novembre 1983, page S4;
"Il ne pourrait pas nous aider - Perron" de Gilles Blanchard, La Presse, 18 novembre 1983, page S4;
"Mario Lemieux est-il un joueur à sens unique?" de Richard Milo, Le Devoir, 18 novembre 1983, page 11;
"Il a tout à gagner d’accepter l’invitation de Brian Kilrea – Serge Savard" de Réjean Tremblay, La Presse, 23 novembre 1983, p.S5;
"Bloc-notes" de Gilles Blanchard, 26 novembre 1983, La Presse, page D2;
"On n’a jamais eu d’attaque", PC, 20 février 1984, La Presse, page D3;
"Blanchi par la Suède, le Canada laisser filer la médaille de bronze", PC, 20 février 1984, La Presse, page D3;
"Ce sera la même chanson à Calgary dans quatre ans" de Réjean Tremblay, 20 février 1984, La Presse, page D5;
Un des items de ma bucketlist de confinement est de finir ou du moins continuer d'avancer cet éternel projet des équipes All-star des oubliettes commencé en 2017... Nous en sommes maintenant à la 23e équipe, les Penguins de Pittsburgh.
Je reconnais aucun de ces joueurs de 1983-84...
Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe partante de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également. Parfois aussi, j'omets d'inclure un joueur pour le mettre dans une autre équipe. Je les ajoute cependant dans les mentions honorables.
Une saison assez anonyme de Lucky Luke à Pittsburgh durant la saison écourtée de 1995 lors de son (premier) exil de Los Angeles. Avant ça, il se serait apparemment fait jouer dans le dos par Wayne Gretzky qui voulait amener son ami Rick Tocchet le rejoindre à L.A. Robitaille fut donc utilisé comme monnaie d'échange pour soi-disant faire plaisir à Gretzky. Il y aurait aussi eu des tensions entre les deux légendes bien avant cet épisode et Robitaille serait resté amer envers Gretzky pendant quelques années. S'étant fait promettre par l'ancien propriétaire Bruce McNall qu'il ne serait jamais échangé, Robitaille se sentit trahi et déclara aux journalistes qu'il trouvait que Gretzky avait trop de pouvoir sur le personnel des Kings.
Il s’amena donc à Pittsburgh durant cette étrange demie-saison 1995 où Mario Lemieux était en sabbatique et il s'en sortit tout de même bien avec 23 buts et 42 points en 46 matchs. Il n'était cependant qu'au 4e rang des pointeurs de l'équipe derrière Jaromir Jagr, Ron Francis et Tomas Sandstrom.
Après cette seule saison, il fut utilisé de nouveau comme monnaie d'échange lorsqu'il passa aux Rangers de New York en échange d'un joueur que vous verrez plus loin dans ce décompte. Le séjour de Robitaille à Pittsburgh fut donc court et peu mémorable mais il fut quand même immortalisé à jamais avec ceci:
''On va les enculer..''
À New York, Robitaille connut deux saisons moyennes et fut même réuni avec Gretzky lorsque ce dernier signa avec les Rangers en 1996-97. Ils déclarèrent alors tous les deux qu'il n'y avait pas de problèmes entre eux, qu'ils étaient contents d'être réunis et de tourner la page sur les années difficiles des Kings après la finale de 1993. Cependant les Rangers le renvoyèrent à Los Angeles en août 1997 contre... un ex-Penguins, Kevin Stevens.
Pete Mahovlich
117 matchs (1977-79)
Un des échanges les plus malfamés pour les fans des Penguins se produisit en 1977 lorsque le populaire Pierre Larouche (alors âgé de 22 ans) fut envoyé aux Canadiens en compagnie de Peter Marsh. En retour les Penguins désiraient des joueurs plus combatifs et agguéris. Ils obtinrent donc les services du plus vieux Pete Mahovlich (alors âgé de 31 ans) et de Peter Lee. Le propriétaire des Penguins à l'époque, Al Savill, déclara ''les gars qu'on a échangé étaient des perdants. Ceux qu'on a amené sont des gagnants''. Il faisait également référence à l'acquisition récente de l'ex-Flyer Dave Schultz.
L'échange tourna cependant rapidement en faveur des Canadiens alors que Larouche connut une autre saison de 50 buts avec le CH en 1979-80 tandis que Mahovlich était souvent blessé et sur la pente descendante. Il obtint tout de même des saisons de 61 et 53 points soit près d'un point par match et il était populaire auprès des fans.
Cependant les Penguins décidèrent le l'échanger après la saison 1978-79 aux Red Wings en retour de Nick Libett. Il joua 1 saison et demie à Detroit et termina ensuite sa carrière dans les mineures.
J'ai combiné ces deux joueurs pour le dernier poste d'attaquant car leur histoire est assez similaire.
Les premiers Penguins de l'ère "post-lockout/nouvelle LNH'' de 2005-06 étaient une drôle d'espèce. On retrouvait d'une part les jeunes loups qui incarnaient le renouveau de la franchise comme Marc-André-Fleury, Ryan Whitney, Maxime Talbot et bien sûr Sidney Crosby. Et de l'autre part on retrouvait des vieux routiers comme Mark Recchi, Lyle Odelein et bien sûr un Mario Lemieux qui en était à ses derniers miles comme joueur. En renfort pour cette nouvelle équipe après le lock-out, on retrouvait également deux des meilleurs marqueurs des 10 années précédentes qui signèrent avec l'équipe pour entourer Crosby et Lemieux.
Le premier, l'ex-Islander et King Zigmund Palffy signa avec les Penguins après 5 saisons passées à Los Angeles. Il avait auparavant raté la moitié de la saison 2003-04 avec une blessure sérieuse à l'épaule. Il complimentait bien le trio de Crosby et récolta 42 points en autant de matchs. Sa blessure le rattrapa toutefois et il choqua l'équipe en décidant de prendre sa retraite en janvier. Après une saison sabbatique, il revint toutefois au jeu dans sa Slovaquie natale et y joua même jusqu'en 2013, participant au passage aux Jeux Olympique de Vancouver en 2010.
Le deuxième, l'ex-Canadien et ex-Flyer John Leclair fut libéré par ces même Flyers au retour du lock-out pour épargner de l'argent sur la masse salariale, eux qui étaient une des équipes les plus dépensières. Il se retrouva donc chez l'ennemi à Pittsburgh, ce qui demeure étrange à voir jusqu'à ce jour. Il n'était plus le marqueur de 40-50 buts qu'il était à ses belles années mais fit un travail honnête en 2005-06 avec 22 buts et 51 points en 73 matchs. Les choses se gâchèrent toutefois la saison suivante alors qu'après seulement 7 points en 21 matchs et ayant également blessé le nouveau venu Evgeny Malkin lors d'un entraînement, l'équipe le libéra et le plaça au ballottage. Ne trouvant pas preneur et ne voulant pas se rapporter dans les mineures, il décida de prendre également sa retraite.
Mentions honorables:
Marian Hossa (12 matchs 2007-08), Jarome Iginla (13 matchs 2012-13), Derek Sanderson (13 matchs 1977-78), Wilf Paiement (23 matchs 1987-88), Pat Falloon (30 matchs 1999-00), Alexandre Daigle (33 matchs 2002-03), Charlie Simmer (50 matchs 1987-88), Ron Duguay (53 matchs 1985-87), Gary Roberts (57 matchs 2006-08), Stephane Richer (58 matchs 2001-02), Miroslav Satan (65 matchs 2008-09), Steve Sullivan (79 matchs 2011-12), Andy Bathgate (150 matchs 1967-71)
DÉFENSEURS
Sergei Zubov
64 matchs (1995-96)
Après une saison 1995 décevante pour Sergei Zubov et les Rangers, ces derniers décidèrent de pousser davantage pour renforcer leur attaque afin de remporter une autre coupe Stanley durant l'ère Mark Messier. Ils se départirent donc de l'as défenseur russe qui prit le chemin de Pittsburgh en compagnie de l'attaquant Petr Nedved avant le début de la saison 1995-96. En retour de ces deux jeunes joueurs, les Rangers obtinrent deux joueurs plus expérimentés mais plus vieux en Luc Robitaille (voir plus haut) et Ulf Samuelsson. Il y aurait aussi eu un échange avorté quelques mois auparavant avec les Nordiques impliquant Mike Ricci mais ça c'est une autre histoire.
En 64 matchs avec les Penguins, Zubov s'en sortit bien avec 11 buts et 66 points. Mais parlant du nombre 66, il y avait apparemment des conflits professionnels entre Mario Lemieux (revenu de sa sabbatique mentionnée plus haut) et son nouveau coéquipier. La légende raconte que Lemieux trouvait que Zubov perdait trop de temps durant les avantages numériques et ne lançait pas assez. Et comme Gretzky à L.A, Lemieux en menait large à Pittsburgh dans les décisions hockey et la direction échangea donc Zubov aux Stars de Dallas en juin 1996.
En retour de Zubov, les Penguins obtinrent le défenseur Kevin Hatcher des Stars. Apparemment que ce dernier avait une influence négative sur son jeune frère Derian à Dallas. Hatcher ne joua que 3 saisons à Pittsburgh tandis que Zubov fut le pilier de la défense des Stars pendant plus de 10 ans, gagnant au passage une 2e coupe Stanley en 1999.
Marty McSorley
134 matchs (1983-85, 1993-94)
J'était un peu embêté par le peu de choix croustillants pour le poste de deuxième défenseur mais en scrutant davantage je me suis attardé au parcours de McSorley. Oui ce n'était pas vraiment une superstar et sa réputation est à jamais entachée depuis son coup de bâton sauvage à Donald Brashear en 1999-2000. Cependant il eut quelques moments où il était considéré comme un solide joueur et faute de meilleur options je me lance avec lui.
Je me rappelais vaguement de lui avec les Penguins en 1993-94 mais j'ignorais totalement qu'il avait déjà joué là-bas auparavant soit au début de sa carrière. Non repêché, McSorley parvint à obtenir un contrat avec l'équipe en 1983 et joua la saison 1983-84 au complet avec eux, récoltant 224 minutes de pénalités. Il fut toutefois renvoyé dans les mineures la saison suivantes et ne refit surface qu'à l'automne 1985 lorsqu'il fut échangé aux Oilers contre le (légendaire) gardien Gilles Meloche.
McSorley devint garde du corps de Gretzky à Edmonton et ensuite à Los Angeles alors qu'il fit partie de ''L'échange''. Il se réinventa graduellement à Los Angeles en devenant un joueur plus complet et capable de contribuer offensivement. Les Kings l'échangèrent toutefois après les séries de 1993 aux Penguins en retour du jeune joueur prometteur Shawn McEachern. McSorley ré-enfila donc l'uniforme noir et or des Penguins mais cela ne dura que 47 matchs alors que la transaction fut en quelque sorte annulée. En février 1994, McSorley retourna à Los Angeles en compagnie de Jim Paek en retour du même McEachern et de Tomas ''Clin d'oeil'' Sandstrom.
Les Penguins du milieu des années 90 étaient weird...
Mentions honorables:
Bryan Fogarty (12 matchs 1992-93), Mark Streit (19 matchs 2016-17), Philippe Boucher (25 matchs 2008-09), Lyle Odelein (27 matchs 2005-06), Tim Horton (44 matchs 1971-72), Christian Ehrhoff (49 matchs 2014-15), Darryl Sydor (82 matchs 2007-09), Fredrik Olausson (127 matchs 1996-98)
GARDIEN
Gilles Meloche 104 matchs (1985-88)
Un autre poste qui me posait problème et qui retarda la sortie de ce billet était celui du gardien. J'avais d'abord choisi Tomas Vokoun mais je n'avais pas grand chose à dire sur les 20 matchs qu'il joua à Pittsburgh en 2012-13 avant de prendre sa retraite. Même chose pour des joueurs comme Jocelyn Thibault ou Ron Tugnutt dont je n'avais rien d'intéressant à raconter. Mais après avoir parlé de McSorley tantôt et d'y avoir croisé notre notre vénérable Gilles Meloche et aussi que je voulais sortir ce billet pour cette fin de semaine, j'ai donc décidé de me faire plaisir et de l'inclure ici malgré que je l'ai aussi élu dans l'équipe des Blackhawks...
Après avoir trimé dur avec les Golden Seals de Californie, les Barons de Cleveland et ensuite avec les North Stars du Minnesota (où il connut finalement un peu de succès), Meloche fut finalement échangé pour la première fois de sa carrière. Malgré les loyaux services qu'il rendit aux North Stars, les plus jeunes Don Beaupre et Roland Melanson lui poussaient dans le dos. Il mit alors le cap sur Pittsburgh via les Oilers d'Edmonton qui l'obtinrent d'abord en mai 1985 contre l'attaquant Paul Houck. Cependant cette acquisition faisait peu de sens pour les Oilers qui étaient bien garnis en gardien avec Grant Fuhr et Andy Moog. Il ne joua donc jamais avec les Oilers qui l'échangèrent avant le début de la saison 1985-86.
Malgré qu'il aurait pu probablement écrire son nom sur la Coupe Stanley à Edmonton dans un rôle réduit de 3e gardien, je crois que Meloche préférait de se retrouver à Pittsburgh et jouer davantage alors que ces derniers l'obtinrent en retour du McSorley vu plus haut ainsi que l'ailier Tim Hrynewich.
De retour au sein d'une équipe encore médiocre à Pittsburgh, Meloche continua son travail honnête, partageant le filet pendant 3 saisons avec entres autres Roberto Romano, Pat Riggin, Steve Guenette et Frank Pietrangelo. Il obtint en tout une fiche de 34 victoires, 43 défaites et 17 matchs nuls avec les Penguins et se retira après la saison 1987-88, alors un des derniers ex-Seals et Barons encore en service. Il demeure toutefois dans l'organisation jusqu'à ce jour comme dépisteur et il occupa aussi pendant quelques saisons le poste d'entraîneur des gardiens. Il a donc pu finalement goûter au champagne dans la Coupe Stanley à 5 reprises depuis sa retraite.
Mentions honorables:
Antti Niemi (3 matchs 2017-18), Ron Tugnutt (7 matchs 1999-00), Tomas Vokoun (20 matchs 2012-13), Jocelyn Thibault (38 matchs 2005-07), Patrick Lalime (39 matchs 1996-97).
Dans le prochain épisode, nous passons dans l'ouest avec les Blues de St.Louis. J'espère que ce sera avant l'automne...
Né le 18 juin 1966 dans une petite communauté de 3000 habitants nommée Chemainus en Colombie-Britannique, le défenseur Douglas Paul Bodger gradua rapidement des rangs junior jusqu'à la ligue Nationale où il joua solidement, discrètement et sans arrêt pendant plus de 15 saisons. Jamais une grosse vedette ni un joueur marginal, il était un bon défenseur numéro deux ou trois. Une bonne monnaie d'échange. Bref le genre de joueur qu'on oublie trop facilement.
Il débuta son junior dans la WHL en 1982-83 avec les Oilers Junior de Kamloops, un nom qu'ils gardèrent jusqu'en 1984 lorsqu'ils devinrent les Blazers que l'on connait de nos jours (mais ils gardent toujours un lien évident avec les Oilers). Il termina sa première saison à Kamloops avec 26 buts et 92 points, ce qui lui valut un poste sur la deuxième équipe d'étoiles de la WHL. Il améliora ses statistiques la saison suivante avec 98 points et une nomination sur la première équipe d'étoiles. Il aida également son équipe à éliminer Mario Lemieux et les Voisins de Laval durant les séries de la Coupe Memorial. Ils perdirent toutefois en demie-finale contre les éventuels champions, les 67's d'Ottawa.
Suite à ces deux excellentes saisons junior, il était un des meilleurs espoirs en vue du repêchage de 1984. Les Penguins de Pittsburgh détenaient, en plus du premier choix au total, un autre choix au 9e échelon obtenu des Jets de Winnipeg en retour du défenseur Randy Carlyle. Ils mirent donc la main sur Bodger qui retrouva Lemieux mais cette fois-ci comme co-équipier. Ils détenaient également le 16e choix, obtenu des Flyers, qui devint un joueur de centre nommé Roger Belanger des Canadians de Kingston dans la OHL. Parmi ces trois choix de première ronde, Lemieux devint immédiatement une légende vivante et Bodger joua plus de 1000 matchs. Pour sa part, Belanger ne joua que 45 matchs dans la LNH et prit sa retraite rapidement en 1988.
Belanger, Lemieux et Bodger Les trois choix de première ronde des Penguins en1984
Bodger débuta dès la saison suivante avec les Penguins qui malgré l'arrivée de Lemieux demeurèrent une équipe de bas fonds du classement pendant plusieurs autres années. Il devint toutefois un des meilleurs défenseurs de l'équipe, étant parrainé par Moe Mantha et ensuite Paul Coffey. Il termina sa première saison avec 31 points mais un différentiel de -24. Lui et l'équipe s'améliorèrent lors des saisons suivantes. Il atteignit un sommet personnel de 14 buts en 1987-88 mais l'équipe demeura au dernier rang de sa division une fois de plus, ce qui poussa les Penguins à faire des changements. Une des grosses lacunes de l'équipe était au niveau des gardiens donc au début de la saison 1988-89, ils réussirent un grand coup en obtenant le gardien Tom Barrasso et un choix de 3e ronde des Sabres de Buffalo. En retour, les Sabres mirent la main sur Bodger et l'attaquant Darrin Shannon.
Pendant que les Penguins continuèrent d'ajouter d'autres morceaux à leur future équipe championne, Bodger continua son chemin à Buffalo où il joua le plus longtemps et où il atteignit son sommet personnel de 54 points en 1992-93. Son rôle fut toutefois réduit par la suite. Autrefois un expert en supériorité numérique, il fut relayé sur la deuxième paire durant ses dernières saisons avec les Sabres qui l'échangèrent éventuellement aux Sharks en novembre 1995.
Il occupa alors un rôle de mentor auprès des jeunes défenseurs des Sharks où il joua pendant deux saisons et demie. Durant la saison 1997-98, alors qu'il en était à sa dernière année de contrat, les Sharks l'envoyèrent aux Devils dans un échange de bons vétérans. Il prit le chemin du New Jersey en compagnie de Dody Wood. En retour, les Devils envoyèrent l'attaquant John MacLean et le défenseur Ken Sutton en Californie.
Son séjour au New Jersey fut toutefois de courte durée alors qu'il fut échangé aux Kings lors de l'entre-saison. Après une saison à Los Angeles où il franchit la barre des 1000 matchs en carrière, il réalisa un rêve de jeunesse en signant comme agent libre avec l'équipe de son enfance, les Canucks de Vancouver où il espérait conclure sa carrière. Il aurait même apparemment accepté une diminution de salaire pour jouer avec eux. Cependant les Canucks ne lui firent pas beaucoup de place dans leur alignement, le laissant souvent de côté et lui préférant d'autres joueurs plus jeunes. Après seulement 13 matchs, il fut placé au ballotage. N'étant pas réclamé, il fut renvoyé dans les mineures, là où il n'avait jamais encore joué durant sa carrière. Plutôt que de se rapporter au club-école des Canucks à Syracuse, il opta de prendre sa retraite en décembre 1999.
Après sa retraite, il continua de travailler dans son magasin d'équipement sportif ''Eddy's hockey shop'' à Duncan en Colombie-Britannique, un magasin qu'il ouvrit durant sa carrière et où il travaillait durant l'été.
Il devint ensuite assistant-entraîneur avec les Capitals de Cowichan Valley de la ligue junior de la Colombie-Britannique où il avait évolué avant de jouer à Kamloops. Il fit le saut dans la WHL en 2016 avec les Royals de Victoria où il est également assistant.
Sa fiche dans la LNH fut de 106 buts et 422 passes pour 528 points en 1071 matchs. Il ne joua en série qu'avec les Sabres pour 42 matchs et 5 autres matchs avec les Devils pour 24 points en 47 matchs.
Je vous laisse avec un bon vidéo granuleux d'un de ses buts aidés par Lemieux et Coffey avec les Penguins.
On entre maintenant dans la 3e phase de cette grande rétrospective de la série NHL de EA Sports. La 1re phase (92 à 96) était sur Sega Genesis tandis que la 2e (97 à 2001) marquait le début de la série sur la première Playstation (et aussi NHL 99 sur N64).
On est donc maintenant rendu sur une nouvelle console, la première Xbox que j'ai du rapatrier de chez mon frère il y a quelques semaines pour continuer cette rétrospective. La première Xbox était une très bonne console quoique c'est un vrai bateau qui prends pas mal trop de place dans mon salon.
Quoiqu'il en soit, NHL 2002 marquait un nouveau chapitre dans la série tant au niveau de l'évolution des graphiques qu'au niveau des nombreuses nouvelles options de jeu qui ne font que se multiplier d'année en année.
Voici la rétrospective.
Notes supplémentaires:
- Le jeu mettait en vedette Mario Lemieux dans l'horrible chandail "robo-penguin" de Pittsburgh.
- En plus de la Xbox, le jeu est aussi sorti sur PC, Playstation 2 ainsi que sur Game Boy Advance.
- La version GBA est en fait une adaptation de NHL 96 sur SNES et est en fait la dernière version de la série avec des graphiques en 2D. Il n'y eut aucune version portable de la série par la suite jusqu'à NHL 07.