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mardi 9 février 2021

Jacques Plante avec les Seals?

 

 
Je crois que le légendaire Jacques Plante n'a pas besoin d'introduction. On connait tous ce grand gardien non seulement excellent à sa position (7 trophées Vézina et 1 trophée Hart) mais également innovateur par sa capacité d'analyser le jeu et de diriger ses défenseurs tout autant par son introduction et par la suite du perfectionnement du fameux masque du gardien.


Le grand public reconnaît principalement ses meilleures années avec le CH, tandis que les plus férus connaissent ses années de fin de carrière alors qu'il revint au jeu lors de la grande expansion avec les Blues de St.Louis, pour par la suite jouer avec les Maple Leafs, brièvement avec les Bruins (8 matchs), et enfin un dernier tour de piste dans l'AMH avec les Oilers d'Edmonton à l'âge vénérable de 46 ans après une courte retraite et court séjour comme entraîneur des Nordiques en 1973-74....

Cependant, il existe un autre chapitre peu connu de la carrière de Plante, soit celui de sa première retraite d'une durée de trois saisons entre 1965-66 et 1967-68. À l'époque, Plante venait de connaître deux saisons moyennes avec les Rangers où il évoluait depuis la saison 1963-64 après plusieurs différends à Montréal avec ses coéquipiers et l'entraîneur Toe Blake (qui s'opposait au port du masque). Malgré sa récente prestation de maître en 1961-62 où il joua les 70 matchs des Canadiens et remporta le Vézina et le Hart, le Canadien se fit éliminer en première ronde pour la troisième année de suite ce qui suscita la grogne chez les partisans après la saison 1962-63.

Cette pression et les tensions entre lui et Plante firent en sorte que Blake imposa un ultimatum à l'équipe, déclarant que c'était lui ou Plante. Les Canadiens profitèrent donc de l'occasion pour secouer et remanier l'équipe et ils l'envoyèrent à New York en compagnie de Phil Goyette et Don Marshall. En retour ils mirent la main sur le gardien Gump Worsley ainsi que Dave Balon, Léon Rochefort et Len Ronson. Henri Richard aurait alors déclaré que c'était une surprise mais que personne dans l'équipe n'allait pleurer le départ de Plante...



Avec une équipe pas mal plus faible à New York, Plante eut pour la première fois de sa carrière une fiche perdante durant ces deux saisons 63-64 et 64-65. La seule autre fois fut en 72-73 avec les Leafs. Si sa première saison fut relativement bonne malgré sa fiche perdante, il perdit la faveur de ses patrons lors de la deuxième. Il débuta même la saison en passant quelques semaines dans la ligue américaine avec les Clippers de Baltimore pour retrouver la forme après des problèmes aux genoux. Lors de son retour, il avait perdu le poste de numéro un au profit de Marcel Paillé.

Après ces deux années tumultueuses, malgré qu'il se considérait toujours parmi les meilleurs gardiens au monde et qu'il avait un meilleur contrat qu'à ses années à Montréal, il désirait se rapprocher de sa famille et de sa femme malade. Il décida donc de prendre sa retraite. Cela faisait alors l'affaire des Rangers qui, après ces deux saisons en dessous de ses standards, ne le considéraient plus vraiment comme un gardien d'élite autour duquel il était sage de construire. En plus, Plante était décrit comme un solitaire qui ne se fraternisait pas beaucoup avec ses coéquipiers malgré qu'on retrouvait bon nombre d'anciens du CH et de québécois à New York (Rod Gilbert, Camille Henry, Jean Ratelle, Goyette, etc.).

Court séjour à Baltimore dans la AHL en 1964-65


Durant cette première retraite, il devint représentant des ventes pour Molson mais ne resta pas inactif du hockey pour autant. Il fut invité par Scotty Bowman, alors entraîneur des Canadiens Junior de la ligue de l'Ontario pour participer à un match hors-concours contre l'URSS en décembre 1965. L'équipe de Bowman était en fait composée de joueurs de deux filiales du CH, les Canadiens Junior et les Apollos de Houston. Cependant, les Canadiens durent recevoir la permission des Rangers pour utiliser Plante alors que ses droits leur appartenaient toujours.

Jean Béliveau déclara également dans sa biographie que Plante aurait joué quelques matchs avec les As de Québec, mais je n'ai trouvé aucune traces de ces statistiques.

Mais bref comme vous savez, Plante est éventuellement revenu au jeu dans la LNH suite à la grande expansion où la ligue passa de 6 à 12 équipes. On se souvient généralement de cette période de sa carrière par le duo de vieux routiers superbement efficace qu'il formait avec Glenn Hall. La jeune équipe, alors la meilleure de la nouvelle conférence comprenant seulement ces 6 nouvelles franchises, se rendit jusqu'en finale de la coupe Stanley lors des trois premières années post-expansion soit en 1968 et 1969 et 1970.

Cependant, Plante n'était seulement là que pour les éditions de 69 et 70. En 1967-68 il était toujours à la retraite et Hall faisait tandem avec le vénérable gardien du hockey senior canadien Seth Martin.

Mais il s'en est toutefois fallu de peu pour que le légendaire gardien ne joigne les rangs des non-légendaires Seals d'Oakland lors de leur saison inaugurale. Le premier entraîneur des Seals était alors l'ancien du CH Bert Olmstead. Ayant besoin de conseils pour son premier camp comme entraîneur recrue, il fit appel à son ancien coéquipier comme conseiller et entraîneur des gardiens. On le voit ici prodiguer ses conseils lors du camp d'entraînement des Seals aux jeunes Gary ''Suitcase'' Smith, le victoriavillois Jean-Guy Morrisette et Jack McCartan. On voyait d'ailleurs en Smith un disciple de Plante, alors qu'il était également du type à s'aventurer hors de son filet.


Si vous vous demandez quel est ce chandail des Seals sur la photo et bien il s'agit des anciens chandails des Seals de San Francisco. Cette ancienne équipe alors dans la défunte WHL fut en fait achetée par les proprios des nouveaux Seals et fut la base de la nouvelle équipe dans la grande ligue. Comme signe avant coureur que les Seals allaient être une organisation broche-à-foin, leurs nouveaux chandails pour leur entrée dans la LNH n'étaient pas prêts. Ils utilisèrent donc ces anciens chandails durant le camp.

Derrière cette invitation se tramait toutefois plusieurs spéculations. On évoquait dans les journaux que la présence de Plante était en fait une sorte de moyen de pression pour que le supposé gardien numéro un des Seals Charlie Hodge (repêché de Montréal) signe avec les Seals. Hodge avait alors refusé de se joindre à l'équipe à moins de recevoir une augmentation sur son nouveau contrat, contemplant d'ailleurs la retraite le cas échéant. 

Malgré qu'il ait déclaré n'être avec les Seals que comme conseiller, Plante enfila les jambières comme gardien durant le camp et même durant un match pré-saison contre les Kings. Il partagea en fait cette rencontre avec Smith. Les Seals et les Kings firent match nul 3-3 et Plante alloua 2 buts. Dans le camp opposé on retrouvait également une légende vivante dans les buts des Kings avec Terry Sawchuk qui lui aussi ne joua que la moitié du match.

Tout ce qui persiste de ce seul match en tant que Seal pour Jacques Plante est donc cette coupure d'un journal dont j'ignore le nom...


Mais quoiqu'il en soit, je suis aussi dans l'ignorance à savoir si le stratagème aura fonctionné pour les Seals car éventuellement Hodge revint sur sa décision et se rapporta à Oakland tandis que Plante retourna à la retraite, ce poste de conseiller/assistant entraîneur n'étant uniquement le temps de ce camp d'entraînement. On peut toutefois spéculer que la présence de Plante a dû faire réfléchir Hodge d'une manière ou d'une autre alors qu'il a longtemps dû ronger son frein à Montréal dans l'ombre de Plante. Ce n'est d'ailleurs qu'après que Plante fut échangé aux Rangers que Hodge put enfin graduer dans la LNH à temps plein. On raconte toutefois que les Seals n'avaient pas réussi à s'entendre avec les Rangers pour une compensation en retour des droits de Plante. Ces derniers auraient probablement désiré avoir Smith en retour, ce que les Seals n'étaient pas en mesure de sacrifier. 

Plante déclara par la suite à Pierre Foglia, alors au journal La Patrie, que ce n'était aucunement dans ses intentions de revenir au jeu, que ses raisons familiales de se retirer étaient toujours valides et même que toutes les six équipes d'expansion lui aurait fait la proposition d'un retour.

Mais malheureusement pour notre folklore de hockey goldensealois, ce court retour de Plante d'une demie-partie hors-saison avec les Seals n'aurait été (selon lui) qu'une sorte de démonstration pratique pour les bienfaits de Smith, son protégé. 

La situation avait toutefois bien changé un an plus tard alors que Plante annonça aux Rangers qu'il était bel et bien prêt à sortir de sa retraite et qu'il désirait qu'ils fassent tout en leur pouvoir pour l'échanger ou le libérer. Ce fut alors plutôt facile puisque les Rangers durent l'exposer au repêchage intra-ligue afin de ne pas perdre leur tandem alors composé de Ed Giacomin et Gilles Villemure. Il fut alors sélectionné par les Blues et vous connaissez la suite. À son retour au jeu officiel à 39 ans, il avait effectivement encore du gaz dans le réservoir et gagna même à nouveau le trophée Vézina (son 7e et dernier) à sa première saison à St.Louis. Le trophée était alors remis au(x) gardien(s) de l'équipe ayant accordé le moins de buts et il fut donc partagé avec Hall.


Pendant ce temps à Oakland, Smith obtint le poste de gardien numéro 1 lors de la deuxième saison d'existence de l'équipe, tandis que Hodge devint son adjoint. Smith demeura en place jusqu'à son échange aux Blackhawks après la pire saison jamais enregistrée par un gardien (48 défaites) en 1970-71, mais lui aussi gagna le Vézina (partagé avec Tony Esposito). Hodge prit pour sa part le chemin de Vancouver avec une nouvelle équipe d'expansion, les Canucks en 1970-71 où il joua 35 matchs avant de prendre sa retraite. Les Seals, dorénavant connus sous le nom des Golden Seals, trouvèrent finalement leur véritable gardien de concession (également un québécois) lorsqu'ils renvoyèrent le gardien Gerry Desjardins aux Black Hawks. Desjardins avait été obtenu en retour de Smith mais était blessé et l'échange fut déclaré invalide. Les Blackhawks envoyèrent donc Gilles Meloche aux Seals et la aussi vous connaissez la suite (si vous lisez souvent ce blog).

Plante prit sa retraite finale après le camp d'entraînement des Oilers avant la saison 1975-76.

Sources:
Les Rangers savent comment rémunérer un joueur de Talent - Jacques Plante, La Presse, 30 juillet 1963
Jacques Plante se retire pour vivre avec sa famille - La Presse, 8 juin 1965
Retro Rangers: Plante Didn’t Bloom on Broadway - Insidehockey.com, 2 avril 2011
Jacques Plante sera dans les buts des As contre les Russes
- Le Nouveliste, 10 décembre 1965
Hodge à sa retraite? Plante de Retour? - La Presse, 18 septembre 1967
Plante ferait un retour au jeu dans la nationale - La Tribune, 23 septembre 1967
Jacques Plante: ''J'ai dit non... et c'est non!'' - La Patrie, 8 octobre 1967
Wikipedia
Greatest Hockey legends

mardi 7 février 2017

Critique: The California Golden Seals Story






Hier, j’ai finalement pu regarder le documentaire “The California Golden Seals Story” qui vient juste de sortir sur iTunes. Si vous suivez notre page Facebook, vous avez peut-être vu passer quelques bandes-annonces de cet ambitieux projet dont j'ai suivi le parcours depuis plusieurs mois.




Le documentaire est le fruit du travail acharné d’un certain Mark Greczmiel qui a produit ce documentaire de A à Z et qui a été financé en partie par une campagne sur IndieGoGo. J’ai moi-même été un des “backers” du projet et j’attendais avec impatience de pouvoir enfin télécharger le film. Avec mon “forfait” j’avais aussi droit à 90 minutes d’entrevues supplémentaires qui n’étaient pas dans le projet final.

Donc comment c’était? Et bien pour quelqu’un qui en savait déjà beaucoup à propos des Seals, qui a écrit beaucoup sur le sujet et qui a pas mal fait le tour de ce qui est disponible sur internet, j’ai adoré et j'ai même appris de nouveaux trucs. Il faut dire que Greczmiel a fait des pieds et des mains pour obtenir le plus de matériel inédit possible et c’est mission accomplie alors qu’il y a beaucoup d’images et de vidéos que je n’avais jamais vu avant. Il faut dire que les Seals avaient peu de contrats télé donc les extraits de matchs sont assez rares. Il a surtout été aidé par la donation de plusieurs vidéos maisons filmés sur Super8 dont plusieurs étant ceux de sa propre jeunesse. J’ai particulièrement aimé certains extraits de conférences de presse dont celui de l'arrivée de Charlie O'Finley comme propriétaire.

Au départ, il y a beaucoup de choses qu'on s’attend à voir d’avance dans le film, je pense aux patins blancs, à l’échange avec les Canadiens qui mena à la sélection de Guy Lafleur, les uniformes et le nom de l'équipe qui changent tout le temps, etc. Mais il y eut quand même plusieurs révélations et interventions surprises dont la merveille Wayne Gretzky ainsi qu’une brève apparition de Larry Robinson qui raconte une des rares défaites des Canadiens contre les Seals. Je trouvais tout d'abord bizarre de retrouver Gretzky dans ce documentaire où il n'a à première vue aucun rapport mais il apporte plusieurs bons points sur la place des Seals dans l'histoire de la LNH et dans le développement du sport en Californie.


Greczmiel et Gretzky lors du tournage


Une des choses que j’ai le plus aimé était l’anticipation de voir et d’entendre parler de certains des personnages cultes de l’histoire des Seals. L’arrivée de Gilles Meloche entre autres est un excellent passage, de même que celle de Dennis Maruk. Losqu’on voit apparaître la moustache glorieuse de ce dernier je n’ai pu me retenir de lâcher un gros “Yeah” de satisfaction… Les entrevues avec les anciens joueurs, dirigeants et responsable médias des Seals demeurent le meilleur élément du documentaire alors que beaucoup de ces joueurs demeurent méconnus et c’était bien de les voir s’exprimer sans retenue sur leur passage à Oakland. Il en manque malheureusement quelques-uns comme le regretté Carol Vadnais ou bien d'autres joueurs importants comme Al MacAdam, Bob Stewart ou Jim Neilson mais on ne peut pas tout avoir. Au moins on retrouve certains joueurs cultes comme Gary "Suitcase" Smith et Gary Simmons.

Bien sûr ce documentaire n’est pas parfait. C’est un projet indépendant et ça se voit. Greczmiel a une certaine expérience en télévision mais il aurait certainement eu besoin d’un éditeur ou de quelqu’un d’autre pour la post-production. Il y a entre autres l’affichage textuel (les titres et noms des intervenants) qui sont particulièrement laids et cheap tandis que la musique est ultra générique. Mais ces quelques petits défauts sont bien mineurs et le sujet principal est tellement bien traité qu’au final ce n’est pas très grave. L’histoire des Seals est tellement étrange et ce documentaire réussit bien à faire transparaître l’ambiance moribonde et ridicule qui régnait à Oakland durant ces années difficiles. Il y a même un court passage sur le déménagement à Cleveland, chose qu’il aurait été impardonnable de ne pas adresser…



Je vous conseille donc d’y jeter un oeil. C’est tout de même rare de pouvoir regarder un documentaire de la sorte sur un sujet aussi peu glorieux que les Seals. C’est une bonne heure et demie remplie de souvenirs malaisants, d’espoirs déchus, d’incompétence crasse et d’humour malgré tout. Tout ça vous rappellera peut-être le film Slap Shot alors que plusieurs des mêmes thèmes sont présents.

Le documentaire est disponible seulement sur iTunes alors que la licence obtenu par Greczmiel par la LNH ne permet pas de sortie sur DVD pour l’instant, ce qui est un peu dommage. Mais c’est un bon 17,99$ ou 5,99$ en location virtuelle.

Vous pouvez cliquer ici pour aller vous procurer le documentaire.

jeudi 26 mai 2016

Le hockey à San Jose (et la baie de San Francisco)






Au moment d'écrire ces lignes, les Sharks de San Jose viennent de remporter leur série contre les Blues de St.Louis et se rendent donc en finale de la coupe Stanley pour la première fois de leur histoire. Pour l'occasion, pourquoi ne pas découvrir quelles sont les autres équipes de hockey professionnel à avoir fait partie de la région auparavant? Il faut dire qu'avant la venue des Sharks en 1991, aucune autre équipe n'avait évolué dans cette ville auparavant mais il en était autrement pour les villes avoisinantes de San Francisco et Oakland dont l'héritage de hockey remonte jusqu'aux années 20. Voici donc l'historique du hockey professionnel de la région de la baie de San Francisco.

California Hockey League (1925-1933)

La première ligue de hockey professionnel de l'ouest des États-Unis fut la California Hockey League qui débuta ses activités en 1925. Au départ on n'y retrouvait que des équipes à Los Angeles et en banlieue de cette dernière mais dès la saison 1927-28 les villes de Oakland et San Francisco y firent leur apparition. Les Sheiks d'Oakland et les Seals de San Francisco débutèrent donc cette année-là et restèrent en place jusqu'à la fin de la ligue en 1933. Les Seals changèrent toutefois de nom à plusieurs reprises, devenant les Black Hawks, les Tigers et ensuite les Rangers. En plus des Sheiks, une autre équipe évolua à Oakland en 1930-31 sous le nom des Checkers mais ne dura qu'une seule saison. La ligue termina ses activités en 1933 suite aux ravages de la grande dépression. Il ne restait à ce moment-là que trois équipes: les Sheiks, les Rangers et les Millionaires d'Hollywood.


Oakland/Spokane Clippers (PCHL)
1936-37

La PCHL (Pacific Coast Hockey League) a une histoire assez complexe. Originalement, la première version de la ligue fut fondée en 1928 par les frères Frank et Lester Patrick, deux des hommes les plus influents du hockey à l'époque. La ligue comprenait des équipes dans le nord-ouest nord-américain avec des équipes entre autres à Vancouver, Seattle et Portland. Cette ligue cessa toutefois ses activités en 1931 mais quelques-unes de ces équipes transférèrent dans la North West Hockey League (NWHL). En 1936, quelques-unes des équipes de la NWHL (et anciennement de la PCHL) se sont jointes à une nouvelle équipe à Oakland et reformèrent ainsi la PCHL. 

Les Clippers d'Oakland ramenèrent donc le hockey professionnel dans la "Bay Area" mais cette expérience dans cette nouvelle ligue ne fut qu'éphémère alors que les Clippers déménagèrent à Spokane dans l'état de Washington à la mi-saison. La ligue termina ses activités en 1941 principalement dû à la 2e guerre mondiale.


Oakland Oaks (PCHL)1944-1950
San Francisco Shamrocks (PCHL)1944-1950


Une troisième ligue nommée PCHL débuta quelques années plus tard, soit en 1944 et comprenait cette fois 10 équipes allant de Vancouver jusqu'à San Diego, dans l'extrémité sud de la Californie. La ligue méritait alors bien son nom de "Pacific Coast" Hockey League. Les Oaks d'Oakland et les Shamrocks de San Francisco constituaient la division "centrale" de la ligue alors qu'ils se trouvaient à mi-chemin entre les équipes plus au sud de la californie (San Diego, LA...) et celles au nord (Seattle, Vancouver, etc.).

Les deux équipes terminèrent leurs activités en même temps soit après la saison 1949-50 mais les Oaks ne terminèrent pas la saison au complet, se retirant après 29 matchs. 

En 1951, après le départ des Oaks et des Shamrocks entre autres, la PCHL ne comprenait plus que 6 équipes et fusionna avec les trois équipes de la Western Canada Senior Hockey League. Un an plus tard, cette nouvelle mouture changea de nom pour la Western Hockey League (WHL). 


San Francisco Seals / California Seals (WHL)
1961-1967

Cette nouvelle ligue comprenait à la base que des équipes dans le nord-ouest mais revint en Californie en 1961 avec l'ajout de deux franchises à Los Angeles (les Blades) et à San Francisco (les Seals). Cette incursion dans l'ouest par la WHL incita la LNH à vouloir également y implanter des équipes de peur que la WHL ne rivalise avec elle comme circuit majeur. Les Seals furent un succès à San Francisco, attirant de bonnes foules et remportant le championnat deux fois d'affilée en 1963 et 1964.

Durant ces années, il y avait des rumeurs que la WHL et la ligue américaine (AHL) avaient l'intention de fusionner et de rivaliser directement avec la LNH comme circuit majeur. Les deux ligues jouèrent d'ailleurs un calendrier inter-ligue en 1965-66. Mais la LNH ne resta pas en reste et annonça en 1966 les plans de sa grande expansion prévue pour la saison 1967-68 où elle avait l'intention de s'étendre jusqu'en Californie. San Francisco et Los Angeles furent sélectionnés comme nouveaux marchés par la LNH et cela signifiait la fin des Blades de Los Angeles ainsi que de cette version des Seals. Contrairement aux Kings de LA, les Seals n'étaient pas un club d'expansion lors de leur arrivée dans la LNH. L'équipe fut plutôt achetée au complet et transférée dans la LNH tout en gardant le même nom et même quelques-uns de ses meilleurs joueurs. 

En 1966-67, lors de leur dernière saison dans la WHL avant l'expansion, les Seals furent transférés de San Francisco à Oakland dans un aréna plus moderne en vue de préparer le terrain pour la future équipe dans ce marché.


California/Oakland Seals/Golden Seals (NHL)
1967-1976

Les Seals firent donc leur entrée dans la LNH en 1967 alors que la ligue doubla son nombre d'équipes. Cette franchise devint l'une des plus instables et des plus loufoques de l'histoire de la LNH. Je n'élaborerai pas davantage sur cette équipe qui est un des sujets fétiches de ce blog. Je préfère me concentrer sur les équipes hors-LNH de la région. Référez-vous plutôt à la section "Équipes défuntes" dans le menu déroulant pour y trouver d'anciens articles de toutes sortes à propos des Seals...

Après le départ des Seals en 1976 vers Cleveland, une autre équipe s'installa à San Francisco et reprit le nom des Shamrocks de San Francisco. Ces nouveaux Shamrocks évoluèrent dans la Pacific Hockey League (PHL), une ligue éphémère similaire à l'ancienne PCHL qui ne dura que deux saisons, soit de 1977 à 1979.


San Francisco Sharks (AMH)
1972

Lors de la création de l'Association Mondiale de Hockey (AMH) en 1972, une des équipes fondatrices fut les Sharks de San Francisco. Toutefois cette équipe ne joua pas un seul match alors que leurs propriétaires manquèrent de fonds monétaires pour débuter la saison et l'équipe fut transférée d'urgence à un groupe d'hommes d'affaire de la ville de Québec qui étaient également propriétaires des Remparts de Québec. La franchise se renomma les Nordiques de Québec et marquèrent l'histoire de l'AMH et du hockey québécois. La nouvelle franchise de Los Angeles dans l'AMH prit le nom et le logo des Sharks à leur place mais ne joua que deux saisons.


San Jose Sharks (NHL)
1991-

La LNH revint finalement dans la région de la baie de San Francisco en 1991 alors que les anciens propriétaires des Seals recurent une équipe d'expansion qui débuta lors de la saison 1991-92 sous le nom des Sharks de San Jose. L'équipe fut un succès au niveau marketing avec leurs uniformes qui ont fait et font toujours sensation. Mais l'équipe fut également un succès sur la glace, enregistrant quelques-unes des meilleurs foules de la ligue et sont demeurés généralement compétitifs au niveau hockey. Une victoire de la coupe Stanley est toujours attendue cependant. Serait-ce finalement l'année des Sharks?

Pour plus d'infos sur les débuts bizarres des Sharks, voir mon article sur l'héritage des Seals et de la naissance des Sharks publié il y a quelques mois.


San Jose State Spartans (PCHA - 3e division)1991-


Comme j'aime bien ratisser les fonds de tiroirs, pourquoi pas aller dans le hockey universitaire. Ici on ne parle pas de la NCAA mais plutôt de la Pacific Collegiate Hockey Association (ACHA). Les Spartans de l'université San Jose State évoluent dans cette division depuis 1991, soit en même temps que l'arrivée des Sharks. Les Spartans furent une des meilleures équipes durant les années 90, remportant le championnat 4 fois entre 1993 et 1997 mais jamais depuis.


Oakland Skates (RHI)
1992-1996


Aucune équipe professionnelle n'évolua à Oakland après le départ des Seals en 1976 jusqu'à l'arrivée de la mode des patins à roues alignées au début des années 90. Les Skates d'Oakland furent l'une des équipes fondatrices de la Roller Hockey International (RHI) en 1992 et restèrent en place jusqu'à la fin de la saison 1995-96 alors que la ligue passa de 18 à 10 équipes et que le rollerblade commença à diminuer en popularité.

Les Skates demeurent à ce jour la dernière équipe de hockey professionnelle à jouer à Oakland.


San Jose Rhinos (RHI)
1993-1999

Une autre équipe de la région joignit les rangs de la RHI et ce dans la nouvelle ville branchée de San Jose. Les Rhinos de San Jose évoluèrent à partir de la deuxième saison de la RHI et restèrent en place jusqu'à la fin de cette dernière en 1999. Ils remportèrent le championnat (la coupe Murphy) contre les Roadrunners de Montréal en 1994.



San Francisco Spiders (IHL)
1995-96

Les Spiders de San Francisco furent une équipe éphémère qui débuta comme équipe d'expansion dans l'ambitieuse International Hockey League (IHL) en 1995-96. Si l'existence des Spiders fut plutôt courte, ils étaient tout de même assez marquants. L'équipe était dirigée par l'ex-entraineur des Canadiens Jean Perron et un des assistants-entraineurs était l'actuel entraineur du Wild Bruce Boudreau. Les Spiders comprenaient également beaucoup d'anciens membres des Sharks de San Jose comme Dale Craigwell, Robin Bawa et l'inimitable Link Gaetz. L'ancien défenseur étoile Rod Langway (photo) y joua également une quarantaine de match en tant que joueur-entraineur (assistant). Sandis Ozolinsh, en dispute contractuelle avec les Sharks, y joua également deux matchs au début de la saison et marqua d'ailleurs le premier but de leur histoire. Les Sharks l'échangèrent finalement à l'Avalanche du Colorado. Les Spiders terminèrent leur seule et unique saison avec une bonne fiche de 40-32-10 et s'inclinèrent en première ronde des séries. Leur gardien Stéphane Beauregard (anciennement des Jets de Winnipeg) fut nommé le joueur le plus utile de la ligue lors de cette saison.

L'équipe peinait toutefois à attirer des partisans et les frais d'expansion étaient trop dispendieux, chose commune pour l'IHL à l'époque (voir texte du 28 janvier 2016). Les Spiders représentaient d'ailleurs parfaitement tous les problèmes des équipes de l'IHL à l'époque. L'équipe du déclarer faillite et fermer les livres à la fin de cette seule saison et ses joueurs furent dispersés à travers la ligue.


San Francisco Bulls (ECHL)
2012-2014

Les Bulls de San Francisco débutèrent leurs activités en 2012 et étaient la première équipe de hockey sur glace de la ville depuis la fin des Spiders en 1996. Ils étaient à l'époque le deuxième club-école des Sharks après les Sharks de Worcester dans la AHL. Comme beaucoup d'équipes de cette région, des problèmes d'assistance et d'ordre financier survinrent et l'équipe du suspendre ses opérations d'urgence à la mi-saison en 2013-14. Torrey Mitchell du Canadien joua quelques matchs avec les Bulls durant le lock-out de 2012-13.


Bay Area Seals (WSHL)
2012-13


Les Bay Area Seals faisaient partie de la Western States Hockey League (WSHL), une ligue junior de l'ouest américain. Ils portaient des uniformes rappelant ceux des anciens Seals dans les années 70. Ils eurent toutefois des problèmes d'horraire au vétuste Cow Palace de San Francisco et déménagèrent plutôt dans la ville de South Lake Tahoe, toujours en Californie. Dans les années 90, une autre équipe de cette ligue se nommait les Sharks Junior de San Jose.


San Jose Barracuda (AHL)
2015-

Pour terminer, une nouvelle tendance dans la LNH est d'avoir le club-école dans la même ville ou du moins de même état ou province que le grand club. Le Barracuda de San Jose a débuté ses activités cette saison après être déménagé de Worcester au Massachusetts où le club évoluait depuis 2006. Ce club-école des Sharks dans la AHL en est donc à sa 4e incarnation après les Thoroughblades du Kentucky (1996-2001), les Barons de Cleveland (2001-06) et les Sharks de Worcester (2006-15).


Donc en plus des Sharks et leur héritage grandissant, la région de la baie de San Francisco a pu voir toutes sortes de hockey depuis 1927 et ce dans plusieurs ligues, presque toutes les ligues d'ailleurs: PCHL, AHL, IHL, ECHL, WHL et bien sur dans la LNH (et presque l'AMH).


Sources:
wikipedia
hockeydb