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lundi 8 mars 2010

Wendell Young ou Ken Wregget?

Il y eut une époque où les deuxièmes gardiens étaient clairement identifiés en portant un casque et non un masque, où avoir un masque semblait se mériter... Rappelez-vous de cette époque où les deuxièmes gardiens avaient l'air faible avec leur jambières brunes et leur casque ou encore un masque blanc parce qu'encore une fois, avoir une masque peinturé semblait se mériter... Pas de débats interminables comme de nos jours avec le Canadien à propos de savoir qui est le gardien numéro un, non, les deuxièmes gardiens et les gardiens principaux étaient déterminés presque naturellement. À cette époque révolue, on naissait deuxième gardien et on étaient deuxième gardien toute sa vie ou, à force d'effort, on devenait gardien partant... Vous voyez... Enfin...

Trêve de plaisanterie... De ces gardiens à casques des années 80, deux me viennent toujours en tête, Ken Wregget et Wendell Young. Alors voici la question sondage pour le début de mars : "Ken Wregget ou Wendell Young?"

Voici les choix :

Ken Wregget : Ken Wregget est né en 1964 à Brandon au Manitoba. Il débuta sa carrière dans l'uniforme des Maple Leafs, une équipe aussi bonne (ironie) au milieu des années 80 que de nos jours. Wregget devint le gardien partant de l'équipe en 1986-87, mais ne connut pas une fiche de gagnant. Ne cumulant jamais une fiche au dessus de .500 avec les Leafs et ne terminant jamais une saison avec une moyenne en dessous de 4 (mis à part un 3,97 en 1986-87), Wregget n'était pas la grande sensation des Maple Leafs. C'est à la fin de la saison 1988-89 que Wregget passa aux Flyers de Philadelphie en retour de deux choix de première ronde qui deviendront Rob Pearson et Steve Bancroft. Les Flyers de cette époque étaient redoutables, c'était l'année de la fameuse guerre entre Chris Chelios et Ron Hextall et justement, Wregget se vit relégué de partant avec les Leafs à deuxième gardien avec les Flyers avec le succès du méchant numéro 27. La saison suivante, Hextall fut suspendu pour plusieurs matchs en raison des événements du printemps 1989 et Wregget eut la chance de défendre la cage des Flyers plus souvent. Il joua 51 matchs durant cette saison mais ne sut jamais s'imposer comme gardien partant et déterminant. En fait, les Flyers de cette époque étaient sur le déclin et le rendement de Wregget lors de ces deux saisons n'aida pas la cause des Flyers qui ne se qualifieront pas pour les séries pendant 5 saisons consécutives...

Ken Wregget obtint la chance de partir de ces cieux sombres de Philadelphie lors de la saison suivante en étant impliqué dans une grosse échange vers les champions de la Coupe Stanley de Pittsburgh en compagnie de Rich Tocchet et Kjell Samuelsson en retour de Brian Benning et Mark Recchi. On parle de 1991 ici, Mark Recchi, il est pas tuable... Avec les Penguins, Wregget se vit relégué à nouveau au poste de deuxième gardien, mais cette fois avec l'excellent Tom Barrasso. Il aida l'équipe à remporter sa seconde Coupe Stanley consécutive en épaulant Barrasso. Wregget partagea encore la cage des Penguins avec Tom Barrasso durant 5 saisons avant d'être échangé aux Flames de Calgary à l'aube de la saison 1998-99. C'est d'ailleurs durant ses années avec les Penguins que Wregget changea son casque Cooper pour un masque. Il se l'est peut-être payé avec son bonus de Coupe Stanley de 1992. Après une saison avec les Flames avec qui il connut statistiquement sa meilleure saison, Wregget se dirigea vers Detroit en signant à titre d'agent libre avec les Red Wings avec qui il évolua durant la saison 1999-2000 avant de jouer une dernière saison professionnelle dans l'IHL avec les Moose du Manitoba.

Wendell Young : Wendell Young est né en 1963 à Halifax. C'est avec les Rangers de Kitchener de l'OHL qu'il se fit remarquer au début des années 80, menant l'équipe à la Coupe Memorial de 1982. Ayant été repêché en 1981 par les Canucks, c'est avec cette organisation qu'il débuta sa carrière professionnelle. En 1987, il passa à l'organisation des Flyers. Avec les Flyers, il passa la majeure partie de son temps avec les Bears de Hershey, menant l'équipe à la Coupe Calder en 1988 et se méritant le trophée du meilleur gardien de la saison régulière et le titre de meilleur joueur des séries éliminatoire. La même année, il se fit échanger aux Penguins contre des choix de repêchage. C'est dans l'uniforme des Penguins qu'il se tailla enfin un poste de numéro un dans la NHL alors que Tom Barrasso se retira quelques temps pour veiller au chevet de sa fille atteinte du cancer. La gloire de Young fut toutefois courte, les Penguins connaissant une saison coussi-coussa en 1989-90 et Tom Barrasso revenant avec l'équipe la saison suivante. C'est donc en tant que second gardien des Penguins en partageant ce titre avec le jeune Frank Pietrangelo que Wendell Young retrouva son nom sur la Coupe Stanley à deux reprises...

Après cette seconde conquête de la Coupe Stanley avec les Penguins, Wendell Young fut réclamé par les Lightnings de Tampa Bay au repêchage d'expansion où il partagea le chemin entre Tampa Bay et les Knights d'Atlanta de l'IHL durant deux saisons. Après deux campagnes dans l'organisation des Lightnings avec qui il joua en tout 40 matchs, Young fut échangé à nouveau aux Penguins de Pittsburgh lors de la saison 1994-95. Il ne joua que 10 matchs avec l'équipe et prit le chemin de Chicago afin d'évoluer avec les Wolves de la IHL. Il évolua durant 7 saisons avec les Wolves, aidant l'équipe à remporter la Coupe Turner 1998 et en 2000. Il se retira en 2000-2001 après avoir été nommé meilleur joueur de la ligue... Il est maintenant le directeur général des Wolves de Chicago.

Il est à ce jour le seul gardien à avoir remporté la Coupe Memorial, la Coupe Calder, la Coupe Stanley et la Coupe Turner...

vendredi 28 août 2009

Les Goaldiggers de Toledo, 1974-75


Ce qui est impressionnant avec nos voisins du sud c'est qu'ils n'ont pas à lire Roland Barthes pour comprendre le mécanisme d'un mythe parce que créer des mythes fait presque parti de la nature de la société américaine. Je ne rentrerai pas dans la théorie barthienne pour ne pas trop vous emmerder, mais disons qu'il est naturel chez les américains de doubler l'équation "signifiant/signifié = signe" tel que l'a théorisé Barthes dans ses fameuses Mythologies, lecture que je vous recommande bien sûr! En clair, chez Barthes, le mythe est l'art de transformer le sens en forme... Bon, j'arrête...

Et le terrain sportif sera l'endroit de prédilection de la construction de mythe. On a qu'à penser à toutes ces martyrs, ces héros obscures, ces malédictions et autres figures qui forment l'histoire du sport chez les américains. Il n'y a à cet effet que les américains pour convertir une performance sportive en "Miracle". Je ne parlerai même pas ici de la version Disney du miracle en question...

Voici une autre performance surprenante sur glace qu'on a qualifié de "miracle", la saison inaugurale des Goaldiggers de Toledo en 1974-75. À priori, je vais être honnête, c'est le nom de cette équipe qui m'a marqué, difficile d'avoir un jeu de mot plus winner que Goaldiggers pour nommer une équipe de hockey. Les Goaldiggers de Toledo (Ohio) étaient une équipe de la International Hockey League dans les années 70 et 80. L'équipe fut fondée en 1974, prenant la place d'une autre équipe de la IHL plutôt médiocre, les Hornets de Toledo, qui furent délocalisés après la saison 1973-74 à Lansing au Michigan.

C'est sous les commandes de Ted Garvin que les Goaldiggers allaient évoluer. Garvin était déjà à l'époque un coach très renommé au sein de la IHL, ayant mené l'équipe de Port Huron à la Turner Cup en 1972, qui n'a toutefois pas su transposer ses talents dans la NHL. À la saison 1973-74, Garvin fut nommé entraîneur des "pas très fort à l'époque" Red Wings de Detroit. Il fut toutefois remercié après 11 matchs suite à une fiche pas très victorieuse de 2-8-1.

Afin de compliquer les chances de succès de l'équipe, les Goaldiggers de Toledo s'affilièrent avec les Golden Seals de la Californie de la NHL, de là le vert et jaune. Les Seals étaient à l'époque une équipe de fond de cave qui semblait ne pas être capable de se sortir du gouffre, donc leur club école ne devait pas trop se fier sur le grand club pour l'alimenter en talent. Les Goaldigger se construisirent donc comme la plupart des équipes mineures des années 70 le faisaient, avec la robustesse et la jeunesse. On raconte même que le coach Garvin appelait sa ligne de soutien "Murder Incorporated". On était quand même à une époque fond du baril du hockey professionnel où il y avait déjà une trentaine d'équipes professionnelles en comptant les équipes de la NHL et de la WHA. On était passé en moins de 8 ans de 6 à 30 équipes de hockey professionnel, ce qui avait fait en sorte de diminuer le talent général des ligues professionnelles, notamment la AHL et la IHL qui écopaient réellement des restants. L'expansion de la NHL durant cette saison 1974-75 avec les Capitals de Washington et les Scouts de Kansas City avait fait en sorte de montrer cette diminution du talent disponible dans le hockey à cet époque. Les deux équipes prendront une bonne décennie avant d'avoir un certain succès et dans le cas de Kansas City ça lui prendra deux relocalisations avant d'avoir un certain succès. Alors imaginez l'état de la Ligue internationale à l'époque...

C'est donc dans cette ligue mutilée de talent que cette nouvelle équipe de Toledo entra dans la ligue. Avec quelques vétérans que Garvin fit venir afin de solidifier l'équipe qui termina avec une troisième position dans leur division avec une fiche de 34-38-4. Ce qui fut une meilleure fiche que les Lancers de Lansing, les anciens Hornets de Toledo, qui cessèrent leurs activités après 41 matchs avec une fiche de 12-28-1. Mais c'est durant les séries éliminatoires que les Goaldiggers surprirent tout le monde. Après avoir vaincu les Owls de Columbus, la jeune équipe de Toledo surprirent l'équipe favorite, les Gems de Dayton, pour accéder à la finale. Et ce qui devait arriver arriva, la jeune équipe d'expansion affiliée à la pire concession de la NHL qui avait fait une saison moyenne remporta la Coupe Turner en disposant des Gears de Saginaw. Ils remportèrent la coupe à Saginaw de surcroît. C'est ce qui fut qualifié de "Miracle on Main Street" par les fans.


L'équipe connut une bonne dizaine de saisons de hockey, remportant la Coupe Turner à nouveau en 1978, 1982 et en 1983. L'équipe cessa ses opérations en 1986 après avoir été vendu à des gens demeurant à Kansas City qui firent renaître la franchise en tant que Blades de Kansas City en 1990 qui firent la pluie et le beau temps dans le circuit jusqu'à la disparition de la ligue en 2001... Il y eut de 1991 à 2007 une équipe nommée le Storm de Toledo dans la ECHL. Une nouvelle équipe, le Walleye de Toledo devrait jouer lors de la saison 2009-10 dans ce merveilleux circuit!


lundi 11 mai 2009

Les Komets de Fort Wayne, toujours champions...


La septième plus vieille équipe professionnelle en Amérique du Nord, après les "Original Six" et les Bears de Hershey, les Komets de Fort Wayne, viennent de remporter leur second championnat de la coupe Turner de suite et la sixième de son histoire. La coupe Turner est remise à chaque année au champion de la Ligue Internationale de Hockey.

L'histoire de cette ligue est un peu étrange. Vous n'êtes pas sans savoir que la Ligue Internationale de Hockey était une ligue mineure professionnelle qui exista de 1945 à 2001. La ligue disparut à la fin de la saison 2000-01 et les équipes prirent différentes avenues. Six équipes (les Wolves de Chicago , les Griffins de Grand Rapids, les Aeros de Houston, les Grizzlies de Utah, les Admirals de Milwaukee et les Moose Manitoba) se joignirent à la ligue rivale, la Ligue Américaine, et d'autres équipes se joignirent à d'autres ligues inférieures comme la United Hockey League et la East Coast Hockey League. La Ligue internationale avait été fondée dans la région de Detroit et de Windsor, donc les marchés naturels de cette ligue se retrouvaient notamment au Michigan, dans des villes comme Kalamazoo, Fort Wayne, Flint et Muskegon. La Ligue Internationale n'avait pas beaucoup de plans pour des villes à petits marchés comme celles nommées plus haut, préférant se concentrer sur le grosses villes américaines n'ayant pas d’assises dans la NHL, et abandonna ses petits marché naturels du Michigan pour des plus grosses villes. Une ligue plus régionale nommée la Colonial Hockey League apparut dans les années 90 afin de couvrir ces petits marchés. Cette ligue fut renommée United hockey League à la fin des années 90 et elle revendiqua le nom Ligue Internationale en 2007, prétextant que la ligue possédait en son sein les marchés originaux de cette ligue. Et en se renommant International Hockey League, la ligue restaura la Turner Cup, trophée de championnat de l'ancienne International Hockey League.

Ce qui fait que maintenant cette International Hockey League est une ligue plutôt régionale où seulement 6 équipes qui sont pour la plupart des clubs affiliés aux Red Wings de Detroit. Seuls les Komets de Fort Wayne ne sont pas affiliés à une équipe. Les Komets de Fort Wayne (Indiana) furent fondés en 1952. Ils firent la pluie et le beau temps dans la ligue internationale jusqu'en 1999. Ne pouvant entretenir une équipe dans un petit marché comme Fort Wayne dans une ligue qui se développait de plus en plus vers de grands marchés, les Komets se rétrocédèrent vers une ligue inférieur. Ils avaient à la fin des années 90 une masse salarial qui était d'environ 2 millions de dollars avec le coût des billets moyens qui était autour de 12$ et ils ne recevaient également pas de revenus par une affiliation à une équipe de la NHL. Les Komets ont d'ailleurs la particularité de n'avoir jamais été un club école... Donc ils payèrent le prix de leur indépendance en se rétrocédant à une ligue inférieure.

Les Komets semblent une institution dans leur ville. Les gens de cette ville peuvent quand même être fiers d'avoir une des plus vieilles équipes de hockey professionnelles en Amérique du Nord ayant conservé son nom d'origine. Pour ma part, ça fait un petit bout que je caresse l'idée d'aller voir un match des Komets à Fort Wayne. Mais ça reste un projet à très long terme...

Bravo aux Komets!