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samedi 18 octobre 2025

Le plus d'équipes pro en même temps


Les saisons 1998-99 et 1999-00 ont vu un nombre records de 139 équipes professionnelles
dispersées sur toute l'Amérique du Nord dans 8 ligues.
(Zoomez pour une plus grande résolution)
 

(sources logos et images: sportslogos.net, funwhileitlasted.net)


Comme vu dans mon texte précédent, les saisons 1995-96 et 2008-09 furent les deux occurrences où on assista à un record de 9 ligues professionnelles/mineures/semi-pro lors d'une même saison, en Amérique du nord. 
 
Mais encore là, ce n'était toutefois pas le record en ce qui concerne le nombre d'équipes en même temps. 
 
Cet autre record appartient aux deux saisons consécutives qu'étaient 1998-99 et 1999-2000. Le paysage nord américain du hockey pro au tournant du siècle était alors étendu sur 8 ligues, incroyablement les mêmes d'une année à la suivante. Quelques équipes ont quitté le bateau pour être remplacées lors de la 2e, mais sans changer le nombre total.
 
Les voici:
 
1998-99: 139 clubs dans 8 ligues

LNH: 27 clubs (première saison pour Nashville)
AHL: 19 clubs
• IHL: 16 clubs (vers la fin de son existence, aura plafonnée en 95-96 avec 19 clubs)
• ECHL: 27 clubs (le petit circuit qui ramasse les miettes de la IHL)
WCHL: West Coast Hockey League): 9 clubs
WPHL: Western Professionnal Hockey League: 19 clubs, souvent mélangée (avec raison) avec la précédente, la WPHL (96-01) voyait encore plus gros que cette dernière avec un sommet de 19 équipes, mais subira le même sort, étant absorbée dans la CHL en 2001, en même temps que la IHL fut dissoute.
UHL: United Hockey League: 11 clubs. Anciennement la CoHL (Colonial Hockey League), renommée UHL en 1997. Elle aussi récupère des équipes orphelines de la IHL.
CHL: Central Hockey League: 11 clubs. 

WPHL



 1999-00: 139 clubs dans 8 ligues - pareil que 98-99 mais pas le même nombres d'équipes partout.

LNH: 28 clubs (première saison pour les Thrashers d'Atlanta)
AHL: 19 clubs
IHL: 13 clubs (avant-dernière saison, 2 clubs de la saison précédente ont migré dans la UHL et CHL)
ECHL: 28 clubs (la petite ligue désormais grande)
WCHL: 8 clubs
WPHL: 18 clubs
UHL: 14 clubs 
CHL: 11 clubs 

Donc de 98-99 à 99-00, quelques changements et migrations. La CHL a par exemple rescapé le Ice d'Indianapolis de la IHL mais avait aussi perdu une équipe, est donc demeurée à 11 clubs.
 
Pourquoi pas encore une autre archive vidéo? Cette fois-ci allons donc voir ce que ça donne dans la WPHL, parce que pourquoi pas? Voici le match des étoiles des la WPHL de 2000 mettant en vedette l'équipe «World» (comme dans la LNH à l'époque) contre l'équipe «Texas»? WTF?
 
 


Donc de 1998 à 2000, c'était «stable» à 139 équipes dans 8 ligues, les seuls changements notables découlant de la fin imminente de la IHL. D'ailleurs, beaucoup de ces ligues inférieures sous la IHL avaient vu jour en réponse à cette dernière. Lors de sa fondation et pour la majorité de son histoire, la IHL avait comme mission d'avoir des clubs principalement au midwest, dans des petits marchés en dehors des ligues majeures, avec quelques exceptions près. 
 
Les idées de grandeur de la IHL (jusqu'à vouloir rivaliser avec la LNH durant la grève de 1994) firent en sorte qu'il y avait de plus en plus de clubs dans des marchés majeurs et sur une plus grande superficie (Phoenix, Denver, San Diego, etc). En contrepartie, les plus petits marchés (Fort Wayne, Kalamazoo, Saginaw, etc.) décidèrent de former ou joindre de nouvelles ligues qui se réclamaient les anciens territoires délaissées par la IHL.

C'est principalement la ECHL qui en profita au final, gagnant cette «guerre de l’absorption» des ligues mineures. En analysant à fond, l'ADN de la ECHL inclut les deux IHL, la WCHL, la WPHL, la UHL et CHL. Quelques clubs et/ou marchés sont aussi parvenu à rejoindre la AHL (Chicago, Houston, Milwaukee)
 
Donc présentement c'est évidemment beaucoup plus stable. Ce l'était aussi d'une certaine manière avant les années 90-2000. Il y eut plusieurs saisons vers la fin des années 80 et début 90 où on ne retrouvait que 4 ligues (LNH,AHL,IHL,ACHL ou ECHL), tandis que dans les années pré-expansion de 1967, c'était aussi stable à environ 5-6 ligues par saison. 
 
Les années 70 ont parfois vu voir 7 même 8 ligues en même temps comme par exemple en 1973-74 (LNH, IHL, AHL, WHL, CHL, AMH, NAHL, SHL).
 
Depuis 2014, le niveau se situe annuellement dans les 100-120 équipes par saison, à l'exception notable, bien sûr, de la saison covid de 2020-21 où l'on chuta de 114 à 82, la LNH étant la seule à garder tous ses clubs (sur un calendrier réduit). Presque toutes les autres ligues virent leur nombre de membres chuter jusqu'à la moitié, tandis que la LNAH prit carrément une sabbatique. On revint à 114 équipes la saison suivante.

On se dit à la prochaine, sur pourquoi pas, un peu de IHL circa 1999...

 
 

Wow. Gilbert Dionne. J'oubliais qu'il avait son numéro retiré à Cincinnati...



mardi 14 octobre 2025

Le plus de ligues pro en même temps

 

(sources logos et images: sportslogos.net, funwhileitlasted.net)


Depuis la venue du sport et du hockey professionnel, il y eut une multitude de développements et déploiements d'équipes à travers les ligues et les âges. Le hockey nord-américain s’est construit à travers un enchevêtrement de ligues, dont certaines n’ont duré que quelques saisons. En plus de la LNH, les circuits mineurs, de développement (club-écoles), semi-pro et autres niveaux indéfinissables ont parsemé le paysage du hockey nord-américain depuis plus d'un siècle. 

En ce moment présent, nous avons ce que je considère 6 ligues pro/mineures/semi-pro en Amérique du nord, et cela n'a pas changé depuis 2014.

  • LNH -  Ligue Nationale de Hockey
  • AHL - Ligue américaine de Hockey
  • ECHL - anciennement «East Coast Hockey League» mais désormais «acronyme orphelin»
  • SPHL - anciennement «Southern Professionnal Hockey League», également une orpheline de nom.
  • LNAH - Ligue Nord-Américaine de Hockey - Autrefois la Ligue de hockey Semi-Pro du Québec (LHSPQ). Reconnue comme professionnelle depuis 2004.
  • FPHL - Federal Prospects Hockey League - En quelque sorte le penchant de la LNAH aux États-Unis depuis 2010.

Mais auparavant, les quelques développements majeurs du siècle précédent furent, entre autres: 

  • La American Hockey Association (AHA 1926-1942) - ligue professionnelle mineure qui fut la première à implanter des équipes dans le sud des États-Unis (Oklahoma et Missouri). A quelque peu flirté avec une rivalité directe avec la LNH avec maintes manigances, traités rompus et installation de franchise dans des marchés convoités ou occupés (Détroit, Chicago, St.Louis).
  • La Canadian Professional Hockey League (CPHL, 1926-1930) : ligue mineure en Ontario et la frontière du Michigan. Aussi connue sous le nom de ligue Can-Am. Elle a aussi tenté des incursions dans des marchés de la LNH.
  • La International Hockey League (IHL, 1929-1936 - première version): née d’un exode d'équipes de la CPHL, la première IHL était un pallier important juste en dessous de la LNH. Les ligues Can-Am et IHL ont ensuite fusionné en 1940 pour créer l’International-American Hockey League, qui est devenue ensuite l’AHL que l'on connait.
  • La Eastern Professional Hockey League (EPHL, 1959-1963) : l’une des premières ligues de «club-écoles officiels» parrainés directement par la LNH.
  • CHL (Central Hockey League, 1963-1984) – Continuation de la EPHL. Ligue mineure centrale affiliée à la LNH, longtemps considérée comme un excellent circuit de développement, par moment même le circuit principal pour plusieurs équipes comme les Blackhawks (Blackhawks de Dallas) et le Canadien (Apollos de Houston). 
  • La EHL (Eastern Hockey League, 1933-1973) – Principale ligue mineure de la côte Est pendant 40 ans. Réputée pour son jeu rude et populaire. Elle a inspiré en partie le film Slapshot. Plusieurs incursions dans le sud des États-Unis.
Les Rebels de Roanoke - Eastern Hockey League

  • La IHL (International Hockey League, 1945-2001) – Grande ligue mineure du Midwest, longtemps rivale de l’AHL. Très solide jusqu’aux années 1990, mais disparue du radar en 2001 après une expansion trop ambitieuse. Grande gagnante par la suite? La ECHL... 
  • La WHL (Western Hockey League, 1952-1974) – Ligue professionnelle de l’Ouest nord-américain, À un moment presque du calibre de la LNH et rumeurs de fusion. Elle disparaît graduellement après la grande expansion de la LNH en 1967, plusieurs de ses marchés obtenant ensuite des clubs majeurs, dans la grande ligue ou l'AMH, ou démotions dans d'autres circuits.
  • La création de l'inévitable World Hockey Association (WHA 1972-1979) comme alternative à la LNH a forcé plusieurs changements: augmentation des salaires, concurrence pour les joueurs, pression sur le modèle économique de la LNH. Si certains clubs dominants comme les Whalers, Nordiques et Jets ont fait de l'AMH une digne ligue rivale, il y a avait maints clubs qui auraient été classés dans les bas fonds de l'AHL, IHL ou autres...
  • La NAHL (North American Hockey League, 1973-1977) – Successeure de l’EHL, active dans le Nord-Est et le Midwest. Ligue colorée et violente, qui, comme sa prédécesseure, a inspiré l’univers de Slap Shot, le film étant tournée pendant les deux dernières années de son existence.
  • La ECHL (depuis 1988) – Ligue professionnelle continentale de troisième niveau ou simplement identifiée comme «AA», elle s'est graduellement développé aujourd’hui au rang de second circuit de développement en Amérique du Nord. Fermement campé dans les rangs, LNH-AHL-ECHL forment le trio/trinité du hockey professionnel nord-américain.

IHL - 1945-2001 - Ligue hôtesse des très éphémères Rafales de Québec

 

Ce ne sont ici que les véritables ligues mineures (et majeures pour l'AMH) d'importance de leur époques. Il y a eu une autre multitude de ligues et d'équipes «on the side» qui ont tenté de s'inclure dans le portrait, qui ont parfois réussi momentanément leur pari, pour ensuite être soit dissout(e)s ou absorbé(e)s. C'est parfois du mineur tertiaire, voir quadrilatère (probablement pas le bon terme, non je sais, quaternaire) et autre ligues semi-pros selon vos définitions.

En voici encore quelques-unes, mais un peu moins détaillé parce que je veux pas plus vous perdre... C'est surtout une manière pour moi de vérifier que mes liens sont linkés ou me crinquer plus tard à faire d'autres textes:

  • ACHL (Atlantic Coast Hockey League, 1981-1987) – Petite ligue mineure du Sud-Est américain, instable mais précurseure des futurs circuits comme l’ECHL.
  • WCHL (West Cost Hockey League, 1996-2003) – Ligue professionnelle de la côte ouest s'étendant de l'Alaska à l'Arizona, fusionnée ensuite avec la ECHL en 2003
  • CoHL (Colonial Hockey League, 1991-1997) – Ligue régionale du Midwest et de l’Ontario, rebaptisée United Hockey League (UHL) et sous le nom vacant International Hockey League (IHL) par la suite. Fusionne avec la CHL en 2010. 
  • CHL (Central Hockey League 1992-2014) – Ligue refondée et indépendante, implantée surtout dans le sud et le Midwest; elle fusionne avec l’ECHL en 2014.

WCHL - 1996-2003
 

Bref c'est tout un tas de ligues et par le fait même d'équipes qui ont gravité autour de la LNH depuis très longtemps. Je continuerais à en décortiquer des dizaines. Mais je dois plutôt passer à mon point principal, soit à quel moment y-a-t'il eu le plus de ligues et/ou d'équipes en même temps? À moment donné ça prend un titre à tout ça.

Faque j'avais pas trop le choix. Il fallait que quelqu'un découvre ça. C'était pas facile et il semble que personne d'aussi craqué ait osé checker à moment donné. Alors je me suis starté un Excel, je me suis replongé dans d'anciennes formules de codage, et j'ai fais ça:


Zoomez pour voir un extrait de mon Excel compliqué...
  

Comme je disais au début, nous avons présentement 6 ligues sur l'échiquier nord-américain, ce qui donne un total actuel de 125 équipes pour la saison 2025-26 en cours. Il y a bien sûr une synergie évidente avec le trio LNH-AHL-ECHL qui ont chacune (ou tente d'avoir) le même nombre d'équipes (32 LNH, 32 AHL et 30 ECHL), ce qui fait inévitablement gonfler le total. 

Il ne s'agit toutefois pas du record dans les deux cas.

Il y eut à deux reprises un record de 9 ligues au même moment. Il s'agit des saisons 1995-96 et 2008-09. Il y avait alors congestion au niveau du nombre de ligues, dont, vous vous en doutez, plusieurs qui n'ont pas duré très longtemps et/ou ont été absorbées durant ces fastes et (un peu trop) prospères années 90 et 2000, frôlant parfois, même souvent les frontières du réalisme économique. La saison 95-96 était d'ailleurs la première fois que l'on dépassa le cap des 100 équipes professionnelles et semi-pro en même temps.  

Vous aimez les histoires à la Slap Shot des années 70 qu'on vous ramène tout le temps (surtout moi), et bien c'était juste transposé et exponentiel dans les années 90. Le gars écoutait pas du Kiss dans l'autobus, il écoutait Metallica. Le paysage de plusieurs de ces villes en déclin urbain changeait à peine. C’était l'ère des ligues audacieuses, parfois improvisées, où chaque région semblait vouloir son propre circuit — souvent sans le bassin économique ou démographique pour le soutenir. 

Certaines ligues, comme la WCHL ou la CoHL (future UHL), tentaient de se tailler une niche en misant sur les petits marchés oubliés par les grandes organisations. Même que la mission officielle même de la CoHL était de rapatrier d'anciens marchés low-level qui s'étaient fait larguer par un proprio en quête de plus verts pâturage. De nouvelles équipes de la IHL à Atlanta, Denver ou Kansas City, avait laissé en plan derrière elle des équipes de longues date et mythiques comme les K-Wings du Michigan et les magnifiques Komets de Fort Wayne

Pourquoi pas une petite pause vidéo? Voici du hockey de la UHL en 1999. On y voit au passage le Jonquiérois Robin Bouchard, champion pointeur de l'histoire de cette ligue, remporter la «Colonial Cup».


 

 

Voici donc décortiquée cette saison 1995-96 - Première saison à 100+ équipes et record de 9 ligues

  • SHL (1995-96)
    LNH: 26 clubs, dont les récents des expansions  (SJ,TB,FLA,OTT)
  • AHL: 18 clubs (en grande rivalité avec la IHL)
  • IHL: 19 clubs (temporairement plus que la AHL)
  • ECHL: 21 clubs (le petit circuit qui veut)
  • CHL: 6 clubs (bientôt 12)
  • WCHL: 7 clubs (bientôt en compétition avec la WPHL (que vous verrez plus loin)
  • CoHL: 9 clubs 
  • SHL (Southern Hockey League): Une ligue on ne peut plus profonde établie au centre-sud des US qui n'a duré que cette seule saison 95-96. J'y ai retrouvé l'ancien des Nordiques Max Middendorf (bien sûr). J'y ai aussi retrouvé chez les champions, les Channel Cats de Hunstville, nul autre que l'ancien des Sharks Craig Coxe.
  • *La NAL (North American League): 5 clubs?  
    Une ligue à prendre entre parenthèses car à ce jour, il n'est pas encore 100% concluant que des matchs de cette ligue ont bel et bien eu lieu. Ou à quelle point elle aurait été «professionnelles». Le consensus le plus clair est qu'il s'agissait d'un scam de blanchiment d'argent et qu'il y aurait eu seulement deux clubs qui ont réussi à démarrer la saison (l'une contre l'autre) le temps de deux matchs avant de clore boutique. Les deux équipes furent celles de Eugene (Oregon) et Mexico City. Apparemment que Link Gaetz aurait joué pour l'équipe des Toreros de Mexico City. C'est assurément à suivre dans un autre texte. 


Une coupure prouvant possiblement l'existence de la NAL


Malgré l'échec, il s'agissait tout de même des premiers matchs professionnels dans l'histoire du Méxique.

Craig Coxe et Link Gaetz... D'après moi, Craig avait invité son ancien coéquipier Link à venir le rejoindre dans sa nouvelle SHL mais Link s'est égaré en chemin et s'est ramassé au Mexique dans la NAL parce que... Link Gaetz.  
 
Mais au final, cette ligue a été enregistrée et cataloguée professionnelle. Quelques joueurs ont probablement reçu une avance ou plus vraisemblablement un chèque qui a rebondi. 
 
Si tout ça est bien vrai et véridique, ç'est probablement le record de la ligue au plus court calendrier de l'histoire. Ou La plus courte durée de vie en ayant tout autant disputé des matchs. 
  • Total 1995-96: 117 équipes dans 9 ligues* (astérisque important)


Komets de Fort Wayne, de retour dans la International Hockey League (elle aussi de retour), champions trois ans d'affilée (2008 à 2010).

2008-09 - 9 ligues: Record de 95-96 réédité

  • LNH: 30 clubs depuis les expansions 98 à 2000 (NSH,ATL,CLB,MIN)
  • AHL: 29 clubs (désormais deuxième échelon incontestable depuis la fin de la IHL en 2001)
  • ECHL: 23 clubs (le petit circuit qui suit encore)
  • CHL (Central Hockey League): avec un presque sommet de 16 clubs. La deuxième CHL aura duré un impressionnant 22 ans, soit de 92 à 2014, avant d'être absorbée par la ECHL. C'est même PLUS longtemps que son ancêtre (1963 à 1984). Une saison de plus.
  • SPHL: 6 clubs. D'anciens clubs de différentes ligues du sud-est s'étant essayé dans les ligues précédentes... Parviendra à devenir 4e échelon discutable...
  • LNAH: 9 clubs (La LNAH, qui dans mon livre à moi, a et avait le même calibre, sinon meilleur à la SPHL et assurément mieux que les circuits suivants. Davantage d'ex-joueurs LNH par une marge considérable. En 2008-09, on y trouvait, entre autres: Jesse Bélanger, Steve Larouche, Christian Laflamme, Sylvain Blouin, Jean-Yves Leroux, (L'autre) Alain Côté, Mathieu Descoteaux.
  • IHL: 7 clubs Une autre incarnation de la ligue internationale. Il s'agissait en fait de la UHL vue précédemment qui changea de nom en 2007 et fut ensuite absorbée par la CHL en 2010.
  • AAHL: 5 clubs. On continue dans le profond ici avec la All-American Hockey League, circuit obscur mais qui était vraisemblablement affilié avec la ECHL et autres niveaux inférieurs. La AAHL commença lors de cette saison 2008-09 mais de dura que jusqu'en 2010-11. 

    (Connais fuckall de la AAHL. Note à moi-même, prendre la AAHL en note.)

  • EPHL (Eastern Professionnal Hockey League): 4 clubs. Autre ligue très inférieure qui n'aura duré qu'une saison. La EPHL a quand même eu un calendrier de 50 matchs avec seulement 4 clubs de New York (Brooklyn), West Orange (New Jersey), Danbury (Connecticut) et les Hudson Valley Bears de Poughkeepsie (New York). 

Euhhh... nul autre que Ron Duguay a joué 1 match pour les Jersey Rockhoppers et 1 match pour les Aces de Brooklyn. Âgé de 51 ans et plus de six ans après avoir disputé son dernier match professionnel, Duguay a joué deux parties dans la EPHL afin de récolter des fonds pour une organisation à but non lucratif associée au Madison Square Garden. Duguay aurait même signé une décharge et a joué son match avec les Brooklyn Aces sans casque, laissant ses cheveux flotter librement comme lorsqu’il jouait dans la LNH. À 37 secondes de la fin du temps réglementaire, il a effectué la passe menant au but égalisateur, mais les Aces ont perdu 4-3 en prolongation.
  • Total: 128 équipes dans 9 ligues. 
  
C'était donc les deux saisons qui se partagent le record du concours du plus de ligues en même temps.

Mais malgré tout, les 128 équipes de 2008-09 ne sont étonnement pas non plus le record pour le plus d'équipes au total en même temps. Le vrai record remonte à plus de 20 ans. 

J'y reviendrai... En attendant, voici un pas si vintage Ron Duguay:

dimanche 3 mars 2024

Les grands voyageurs #12: Patrick Labrecque









Né le 6 mars 1971 à La Salle, Patrick Labrecque fit ses premiers pas dans la LHJMQ en 1988 avec les Castors de St-Jean. L'année suivante, l'équipe devint les Lynx et Labrecque hérita de la très grande majorité du travail, apparaissant dans 107 matchs des Lynx en deux saisons. Malgré une fiche déficitaire au sein d'une équipe moribonde, par son effort et son sérieux au travail, Labrecque réussit à convaincre les Nordiques de Québec de miser sur lui, le sélectionnant au 90e rang du repêchage de 1991. Qui sait, les Nordiques avaient peut-être trouvé la perle rare cachée dans une mauvaise équipe, comme le Canadien avec un gardien en provenance de Granby en 1984...

Labrecque débuta alors un parcours de nomade, pattern qui le suivra pour l'ensemble de sa carrière. Il débuta d'abord avec le club-école AHL du Fleur-de-Lysée, les Citadels d'Halifax (1), où il participa à 29 matchs, soit autant qu'un autre espoir des Nordiques, Stéphane Fiset. Ce dernier en disputa par contre 23 autres à Québec. La saison suivante, Labrecque servit surtout d'auxiliaire à John Tanner, alors qu'il ne disputa que 20 matchs à Halifax, n'en sortant victorieux qu'à 3 reprises. Il fut également recallé le temps de 11 matchs dans la ECHL, avec les Monarchs de Greensboro (2).

Il signa comme agent libre le 21 juin 1994 avec le Canadien de Montréal. Après avoir disputé la saison 1994-95 avec le club-école à Fredericton (3) (ainsi qu'un petit passage dans la ECHL avec les Thunderbirds de Wheeling (4)), Labrecque réussi à se tailler une place comme adjoint à Patrick Roy avec le grand club à Montréal (5). Il faut dire que les noms de Marc Lamothe et Martin Brochu, qui se disputaient également le poste, ne sont pas familiers, et ne sont surtout pas synonyme de gardien calibre LNH.


Lors du match d'ouverture au Forum de Montréal, Labrecque était confortablement assis au bout du banc alors que les Flyers de Philadelphie s'amusaient fort au dépends du Canadien et de Roy, le chassant du match après à peine 22 minutes de jeu. Labrecque prit donc place devant les poteaux avec un score de 5-1 contre son équipe. Le gardien de Philadelphie était le "revenant" Ron Hextall, duquel le design du masque de Labrecque était fortement inspiré, pour ne pas dire carrément copié, et ce depuis son passage chez les juniors. Je suis peut-être le seul que ça fait réagir, mais le fait qu'un gardien dispute son premier match dans la LNH, avec un masque au design quasi identique au gardien vétéran adverse, c'est la fête en d'dans.


Au moins, ce n'était qu'au début de la décennie 1990 que Hextall arborait ce design, portant désormais la "Liberty Bell" bien en vue sur son front. Labrecque ne fit pas mauvaise figure dans ce match, n'accordant que 2 buts aux Flyers qui n'eurent aucunement à se méfier de l'attaque du CH. Labrecque fut fidèle à son poste au bout du banc pour les 10 matchs suivants, ne revoyant de l'action qu'un mois après le match d'ouverture, alors que le Canadien était en visite à Washington. Labrecque obtint son premier (et seul) départ en carrière, face aux Capitals et leur gardien étoile, Jim Carey. Malgré 30 arrêts, Labrecque et le CH s'avouèrent vaincu. D'ailleurs, si vous voulez voir les meilleurs moments de cette soirée ...


Voulant avoir un subsitut digne de ce nom, le nouveau directeur-général Réjean Houle fit ensuite l'acquisition de Pat Jablonski des Blues de St-Louis, en retour de Jean-Jacques Daigneault. Cette arrivée signifia donc le retour de Labrecque à Fredericton, lui permettant de disputer la majorité des matchs. L'année suivante, c'est de nouveaux espoirs du Canadien qui eurent la possibilité de se faire valoir devant le filet du club-école, alors que Tomas Vokoun et José Théodore commençaient leur parcours professionnel. Ne voyant de l'action que lors de 9 matchs, Labrecque fut prêté à la IHL. Il fit donc (indirectement) un retour à Québec, alors qui alla rejoindre les nouveaux Rafales de Québec (6).

Sans contrat à la fin de la campagne, Labrecque se trouva du travail dans la ECHL, avec le Kingfish de Baton Rouge (7). Remportant la moitié de ses 34 apparitions, il se fit offrir une promotion pour les séries éliminatoires de la AHL, avec les Bears d'Hershey (8). Alors qu'Hershey avait remporté la coupe Calder l'année précédente, cette fois leur parcours se termina en 2e ronde, Labrecque ne participant qu'à 10 minutes de jeu.

N'ayant plus d'option devant lui en Amérique du Nord, il se dirigea vers le vieux continent, plus précisément en Allemagne, s'alignant d'abord avec le SC Bietigheim (9) en 1998-99 et ensuite avec le Braunlage EHC (10) pour l'année 1999-2000. Il revint au bercail après ce hiatus de deux ans, mais ne rangea pas son baluchon pour autant. Il débuta la saison 2000-01 avec les Outlaws de San Angelo (11) de la WPHL, y disputant 8 matchs, avant de porter les couleurs des Komets de Fort Wayne (12), qui évoluaient dans la UHL le temps de 7 parties. Il termina l'année au sein des Condors de Bakersfield (13) en WCHL, protégeant leur cage à 5 occasions.

Pour la saison 2000-01, Labrecque revint au Québec, plus précisément à Sorel, alors qu'il rejoint les rangs des Royaux (14) de l'endroit, dans la Ligue de Hockey Semi-Pro du Québec. Il faut croire que la charge de travail dans la LHSPQ ne devait pas être trop dur pour un ancien de la LNH (même si ce n'est que le temps de deux matchs), car Labrecque était également l'entraîneur des gardiens des Screaming Eagles du Cap-Breton (!), mais que pendant la saison 2001-02. La distance entre les deux endroits étant plus que considérable. 


Labrecque resta à Sorel un total de quatre saisons, y disputant la majorité des matchs, mais ne parvenant jamais à amener l'équipe très loin. Lors de sa troisième saison à Sorel, il reçu une offre pour rejoindre le Neftekhimik de Nizhnekamsk (15) en Russie, ce qu'il fit le temps de 3 matchs avant de revenir au Québec.

Lorsque la LHSPQ devint la Ligue Nord-Américaine (LNAH), les droits de Labrecque furent envoyés au Cousins de St-Hyacinthe (16), pour qui il disputa ses 4 dernièrs matchs en carrière.

vendredi 5 mai 2023

Joueur oublié des 90's #77 - Alexei Yegorov



 


Né le 21 mai 1975 à Leningrad (aujourd'hui St-Petersbourg), le jeune Alexei Yurievich Yegorov était bien petit et chétif à la naissance, passant bien près de ne pas survivre. Il parvint toutefois à s'en tirer et devint un hockeyeur d'exception dès son plus jeune âge, jouant la majorité du temps au sein d'équipes aux joueurs plus vieux qu'il parvenait à mettre dans sa poche. 

Le jeune Yegorov était un enfant turbulent à l'école mais avait un bon cœur et était très populaire. Il parvient entre autres à faire adopter par sa mère un ami dont les parents sont décédés et il organise aussi des funérailles pour un chien desquels il réussit à faire assister toute son école au grand dam des professeurs impuissants. Pendant qu'il se développe dans les différents niveaux du club local, le SKA St-Petersbourg, Yegorov devient père à seulement 17 ans. Sa copine et lui entretiennent une relation difficile et mouvementée, les forçant à habiter séparément, ce qui mènera à ce que son fils Nikita soit majoritairement élevé par la mère d'Alexei.

Graduant au sein du SKA senior en 1992-93, où il évolue comme ailier droit, Yegorov a aussi des problèmes d'autorité avec son entraîneur, l'ancien joueur légendaire Boris Mikhailov, un entraîneur formé à la vieille école. Durant la saison 1994-95, les deux en viennent à un argument irréconciliable suite à quoi Mikhailov le libère de l'équipe. Ayant précédemment été repêché en 3e ronde du repêchage de 1994 par les Sharks, Yegorov quitte la Russie pour tenter sa chance en Amérique du Nord, terminant la saison avec le Fire de Fort Worth dans la Central Hockey League ou il récolte 14 points en 18 matchs. 

 

 


Il fait ses débuts dans l'organisation des Sharks en 1995-96 avec leur club-école de la IHL, les Blades de Kansas City. Il s'en sort admirablement bien avec une fiche de 31 buts et 25 passes en 65 matchs, ce qui lui vaut un rappel à San Jose en fin de saison. Durant ce court séjour de 9 matchs dans la grande ligue, il obtient 5 points dont 3 buts. Ces trois filets sont tous obtenus lors d'un match contre les Flames. Il est toutefois retourné à Kansas City après ce court essai.

L'année suivante, il migre dans la AHL avec les Thoroughblades du Kentucky ou il obtient 26 buts et 36 passes en 76 matchs. Il n'est rappelé que pour deux petits matchs avec les Sharks, récoltant une seule passe. Ce seront malheureusement ses derniers matchs dans la LNH. Il passe ensuite la saison 1997-98 exclusivement dans la AHL, obtenant 32 buts et 52 passes pour 84 points et participant au match des étoiles. Difficile de confirmer mais selon ce que j'ai lu, ce 84 points serait le record pour un joueur russe en une saison dans la AHL.

Cependant, les Sharks ne feront plus jamais appel à ses services. La haute direction des Sharks avait complètement changé de main et ils désiraient faire table rase sur la précédente recette d'employer une grosse majorité de joueurs européens, les entraîneurs précédents étant de toute manière très racistes envers eux. C'est un peu ce qui est arrivé à un autre joueur de cette série évoluant avec les Sharks, Jan Caloun (voir texte du 2 mars 2022).

Yegorov et sa famille décident alors de retourner en Russie. Il évolua pour 3 clubs en 1998-99, terminant la saison à St-Petersbourg de retour avec le SKA. Malheureusement pour lui, cette décision de revenir en terrain familier sera le point tournant et tragique de cette histoire.

 

Habitant le même quartier de sa jeunesse, Yegorov renoua avec d'anciens amis qui étaient désormais des gens peu fréquentables. Bien qu'il ait joué peu longtemps en Amérique, son contrat avec les Sharks lui rapporta tout de même plus de 300 000$. Ses amis commencèrent alors à abuser du généreux Yegorov qui leur payaient des vêtements et qui les sortaient dans des discothèques et des casinos. Mais la pire chose qui lui arriva fut son introduction à l'héroïne, qu'il commença à consommer sans retenue durant cette saison 98-99. Il se rendit compte assez rapidement qu'il avait un problème et tenta de se réhabiliter. Malheureusement, lors de ses séjours à l'hôpital pour sevrer, il se révéla qu'il était très facile de se procurer de l'héroïne à même l’hôpital qui était assez facile d'accès pour que ses amis aillent lui en porter directement.

Voulant tenter d'échapper à tout ça, Yegorov décida de tenter un retour en Amérique du Nord. Au même moment, coïncidence ou pas, les nouveaux Thrashers d'Atlanta avaient acquis les droits sur Yegorov lors du repêchage d'expansion. Il ne fut pas signé par les Thrashers mais joua quand même dans les mineures en 1999-2000 au sein des Ice Dogs de Long Beach dans la IHL et des Hawks d'Adirondack dans la UHL.

Il quitta ensuite pour l'Allemagne où il joua une saison en 2000-01, tout en continuant d'éviter de retomber dans la drogue et de subir des traitements. Mais encore une fois, il rechuta lors d'un retour à St.Petersbourg, renouant de nouveau avec sa vieille gang et écoulant ce qui lui restait monétairement. Toute tentative de réhabilitation sembla alors inutile et il ne joua plus jamais au hockey.

Au début de l'année 2002, alors qu'il commença à manquer d'argent, il se mit à consommer à crédit. Pour continuer à avoir du crédit, il laissa son passeport en garantie à son dealer. Sans argent lorsqu'il fut temps de payer, il se rendit chez le dealer pour tenter de récupérer son passeport de force. Il fut toutefois accueilli par trois autres hommes forts qui le tabassèrent sans merci et le firent débouler les escaliers entre le 7e et le 3e étage. Selon la version officielle diffusée dans les journaux, Yegorov se serait ensuite jeté lui-même par la fenêtre du 3e étage, certains disent pour échapper à ses assaillants, d'autres racontent que c'était pour simplement en finir lui-même. Il mourut donc sur le coup de l'impact à l'âge de 26 ans, le 2 mars 2002. Ses attaquants jetèrent ensuite son passeport sur son corps inerte avant l'arrivée des policiers. 

Lors de ses funérailles, peu de ses anciens amis ou anciens coéquipiers furent présents à la demande de la famille, offusquée que plusieurs d'entre eux lui aient tourné le dos quand il avait besoin d'aide.

Son fils Nikita Yegorov, aujourd'hui âgé de 30 ans, joua également au hockey à divers niveaux en Russie durant les années 2010. Il a toujours eu des doutes sur la mort de son père, refusant la théorie officielle du suicide. Il raconte être retourné sur les lieux plus tard pour faire sa propre enquête et un ancien résident lui aurait dit qu'il aurait plutôt tenté de s'échapper en s'accrochant par la fenêtre et qu'il aurait plutôt glissé ou bien que ses assaillants l'aient fait tomber.

1975-2002


La fiche dans la LNH de Alexei Yegorov fut de 3 buts et 3 passes en 11 matchs.

Il obtint également 247 points en 298 matchs combinés dans les rangs mineurs nord-américains ainsi que 110 points en 259 matchs en Russie et en Europe.


Sources:
White trash burned Alexei Yegorov, Sovsport.ru, 23 octobre 2002
He was admired in Russia and America, and he traded his career for drugs. The tragedy of Egorov's hockey talent, Sport24.ru, 29 avril 2022
The terrible story hockey player Yegorov, Sportexpress.ru, 15 avril 2020
Sharks lose game, but may have found a star in Yegorov, SF Gate.com, 21 février 1996

mardi 14 septembre 2021

Les grands voyageurs #9 - Mike Sgroi

 
 
Ça va être difficile de faire mieux en terme de joueur nomade que Trevor Jobe et ses 38 équipes dans l'épisode précédent. Mais ça veut pas dire qu'on va pas essayer et de toute façon, chaque histoire de ces grands voyageurs a quelque chose d'unique et c'est aussi le cas avec le joueur d'aujourd'hui, un autre de ces drôles de moineaux, le fameux Mike Sgroi. 

Si vous n'êtes pas familier avec cette série, je comptabilise chaque équipe professionnelle où le joueur a joué entre parenthèse au fur et à mesure que le récit progresse...


 
Né le 14 août 1978 à Toronto, c'est très tôt que Mike Sgroi fut habitué aux déménagements alors qu'il déménagea à Calgary à l'âge de 4 ans. Il déménagea ensuite aux États-Unis lorsqu'il était adolescent et il joua ainsi son junior dans la NAHL. Géant de 6'5" et 230 livres, il se développa assez tôt une réputation d'homme fort lorsqu'il mena la NAHL avec 328 minutes de pénalité en 1997-98 avec les Blues Jr. de Springfield. Il retourna ensuite en Ontario cette fois dans le Junior B avec les Bulldogs de Tecumseh où il connut une bonne saison qui lui permit d'être recruté par la suite par l'université UMass-Lowell. Il détesta toutefois l'université et quitta après seulement 6 matchs et 1 semestre.

Non repêché, il débuta ensuite son parcours professionnel en 2000-2001 où il s'établit comme un des nouveaux hommes forts de la ECHL. Il joua pour trois équipes lors de cette première saison soit le Storm de Toledo (1), le Brass de New Orleans (2) et les Generals de Newsboro (3). Davantage un habitué de la colonne des minutes de pénalité, il récolta en tout 10 buts, 11 passes et 210 minutes de punition en seulement 58 matchs. Il obtint également un essai avec les Red Wings de Detroit et joua même quelques matchs pré-saisons avec eux sans toutefois réussir à se dénicher un poste.

Il changea de ligue pour la UHL en 2001-02 et évolua alors avec deux clubs, les Icehogs de Rockford (4) et les Mallards de Quad City (5) en plus de faire ses débuts dans la AHL lors d'un séjour de 4 matchs avec les Wolves de Chicago (6). 
 
Durant la saison morte, Sgroi habitait Orlando et peaufinait depuis plusieurs années ses habiletés de combattant en participant à des combats d'arts martiaux mixtes. Il débuta ces combats à l'âge de 18 ans mais comme il était encore considéré comme mineur aux États-Unis, il combattait sous le nom de Jason Anderson, soit le nom apparaissant sur ses fausses cartes d'identité. Il garda ce même nom pour ses combats même une fois passé ses 21 ans... 


À l'époque, Sgroi faisait comme plusieurs joueurs en envoyant un vidéo de ses habilités aux équipes de la LNH afin de se faire recruter. Cependant, le vidéo de Sgroi contenait également des extraits de ces combats MMA... Celà fonctionna car à l'aube de la saison 2002-03, il obtint un essai au camp des Flames de Calgary. Il avait à ce moment une fiche à vie impressionnante de 88-1 comme combattant MMA.

Il n'obtint toutefois pas de poste avec les Flames et repris alors de plus belle dans les mineures avec les Grizzlies de l'Utah (7) dans la AHL et les Men O'War de Lexington (8) dans la ECHL. Note à moi-même, me renseigner sur ces intrigants «Men O'War»...

Le même pattern AHL/ECHL se répéta pour Sgroi lors des saisons suivantes. Grizzlies de l'Utah et Steelheads de l'Idaho (9) en 2003-04 et ensuite une saison partagée entre les Penguins de Wilkes-Barre/Scranton (10) et les Nailers de Wheeling (11) en 2004-05.

Durant l'été 2005, il fit partie de la fameuse et malfamée édition de «Battle of the Hockey Enforcers», cette compétition diffusée sur «pay per view» de combats d'hommes forts sur glace qui fit les manchettes de façon controversée. Après ses 3 victoires de qualification consécutives, Sgroi gagna la demie-finale et perdit ensuite en grande finale contre Dean Mayrand (alors un joueur de la LNAH) qui remporta la bourse de 60,000$... À noter que le légendaire Link Gaetz participa également à ce fameux tournoi mais ce ne fut pas aussi glorieux pour lui alors qu'il se retira après avoir subi une commotion lors de son premier combat...
 


Cette prestation vint probablement ajouter à la notoriété de Sgroi alors qu'il réussit à demeurer dans la AHL en 2005-06, obtenant un contrat avec les Devils qui l'assignèrent à leur club-école, les River Rats d'Albany (12). Il fut toutefois libéré avant la fin de la saison et termina l'année avec le Crunch de Syracuse (13).

Ensuite, il ne joua seulement qu'une trentaine de matchs en 2006-07 avec les Senators de Binghamton (14) et les Jackals d'Elmira (15) dans la UHL. Une certaine réputation de cancer dans le vestiaire semblait le suivre lorsqu'on consulte les archives de textes à son sujet.

En fait, beaucoup des textes ou vidéos que l'on peut trouver à son sujet porte à propos de ses bagarres...
 
 
 
 
ou de ses crampes au cerveau:
 

 
J'aime particulièrement le prochain où comme un champion, il brise la baie vitrée avec sa tête et pour quitter ensuite le match... 

 
 
C'est ce qu'on peut qualifier de tête folle...
 
Jusque-là Sgroi était principalement connu pour ses talents de pugiliste, et jamais vraiment pour ses talents offensifs, lui qui n'avait jamais marqué plus de 10 buts en une saison. Son retour dans la ECHL en 2007-08 fut toutefois une amélioration à ce niveau alors qu'il obtint 25 buts et 22 passes en 53 matchs partagés entre les Ice Pilots de Pensacola (16) et les Chiefs de Johnstown (17)

Il croyait que cette bonne saison lui vaudrait une place définitive dans la AHL en 2008-09 mais il en fut autrement. S'en suivit plutôt une saison plus que rocambolesque. Il fut remercié après seulement 3 matchs d'essai à Syracuse et retourna donc avec les Chiefs. Il n'y connut pas autant de succès offensifs qu'en 2007-08 et les Chiefs l'échangèrent donc aux Grizzlies de l'Utah, là où il avait aussi joué en 2002 et 2003. Il ne joua cependant qu'un seul match avec eux avant d'être libéré. 
 
Durant cette même saison, il obtint un autre essai de 25 matchs dans la AHL avec les Senators de Binghamton mais fut également remercié après un seul match. Le même scénario se produisit avec les Admirals de Norfolk (18), toujours dans la AHL. Ces derniers ne le gardèrent aussi que très peu longtemps, soit 3 matchs. Il signa ensuite avec les Jackals d'Elmira Pour terminer la saison, là où il avait aussi joué dans le passé. 
 
C'est donc avec 6 clubs dont 5 où il avait déjà joué, que Sgroi passa sa saison 2008-09. Ces 6 clubs en une saison représentent pour moi une possible première... J'ai déjà vu quelques joueurs atteindre les 5 clubs, par exemple Chris Wideman en 2018-19, mais c'est la première fois à ma mémoire défaillante que je vois un joueur se rendre à 6 clubs. Un fait encore plus impressionnant lorsqu'on se rappelle que la saison de hockey dure environ 8 mois... Et il ne joua que très peu avec ces 6 clubs, soit seulement 37 matchs au total...

En 2009-10 il obtint un essai au camp des Americans de Rochester mais fut libéré avant la saison. Il signa éventuellement avec les Bucks de Laredo (19) dans une nouvelle ligue pour lui, la CHL. Les Bucks le libérèrent toutefois après 1 mois et il retourna alors avec les Jackals d'Elmira, soit son 3e séjour là-bas. Ce fut une nouvelle fois un séjour éphémère alors qu'il fut de nouveau libéré. Il opta alors de tenter l'expérience outre-mer en signant un contrat pour le reste de la saison avec les Steelers de Sheffield (20) dans la ligue du Royaume-Uni. 

Il revint dans la CHL en 2010-11 avec les Eagles du Colorado (21) mais fut libéré après le congé de Noël. Il signa alors avec les Brahmas du Texas (22) toujours dans cette CHL où il termina la saison à l'exception d'un prêt de 2 matchs dans la AHL avec les Sound Tigers de Bridgeport (23). Ces deux matchs furent ses derniers dans la AHL.

 

La saison 2011-12 fut ensuite plutôt tranquille pour Sgroi alors qu'il ne joua que pour un seul club (une première en carrière), les IceMen d'Evansville (24) dans la CHL. Ce fut également sa dernière saison comme joueur à temps plein. Il récolta 5 buts et 4 passes en 51 matchs en plus de 103 minutes de pénalité.

Après une brève pause au début de la saison 2012-13 et un essai infructueux avec le Rush de Rapid City (libéré sans jouer de match), il revint au jeu à la mi-saison avec l'équipe de sa ville d'adoption, les Solar Bears d'Orlando (25) dans la ECHL. Il y joua 11 matchs et prit sa retraite par la suite, à l'exception de deux signatures d'urgence chez les Solar Bears soit pour 2 matchs en 2014-15 et ensuite 1 dernier match à la fin de la saison 2016-17. Il obtint 17 minutes de pénalités durant ce seul match, étant chassé pour inconduite.

En 598 matchs professionnels en carrière (AHL, CHL, ECHL, EIHL, UHL), Mike Sgroi a récolté 95 buts et 108 passes pour 203 points en plus de 1937 minutes de pénalité. Son unique championnat en carrière fut lors de la conquête de la Coupe Kelly des Steelheads de l'Idaho en 2004 mais il ne joua qu'un seul match durant ce parcours.
 
En tant que grand voyageur et bien ses 25 équipes ne font évidemment pas le poids contre les membres précédents de cette série comme Trevor Jobe (38) et David Ling (27) mais il faut aussi prendre en considération que sa carrière fut pas mal plus courte que ces deux joueurs et le ratio équipe/année est davantage élevé pour Sgroi. Et jusqu'à maintenant, seul Sgroi aura effectué le fait d'armes d'avoir joué pour 6 équipes en une saison, ce qui jusqu'à ce que je trouve mieux, est un record.

Depuis sa retraite, Sgroi habite toujours Orlando où il enseigne plusieurs styles de combat comme le Muay Thai, le jiu-jitsu brésilien et a également une école de hockey.


Sources:
Scrappiness name of game for Flame, The Globe and Mail, 14 sept. 2002
Sheffield Steelers secure enforcer Mike Sgroi, BBC, 26 janvier 2010
Chiefs trade enforcer Sgroi to Utah, The Tribune-Democrat, 24 janvier 2009
Solar Bears blasted by Everblades, Pro Hockey News, 9 avril 2017

mercredi 25 août 2021

Les grands voyageurs #8 - Trevor Jobe

 

Ouuuhh que j'en ai un bon aujourd'hui. 
 
Je crois même que ce sera un prétendant pour le titre du plus grand nombre d'équipes ever. Et en plus il s'agit de tout un personnage au parcours coloré digne d'un bon texte sur cette page. Allons-y donc sans plus tarder... Si vous n'avez pas lu les chapitres précédents de cette série, je compte à mesure chaque équipe où on en est rendu mais seulement celles avec qui il a joué un match. Normalement je n'inclus pas les équipes junior mais je fais une exception pour ce joueur...

 

 
 
Trevor Jobe est né le 14 mai 1967 à Brandon au Manitoba. Grand centre costaud de 6'2" et 230 livres, c'est très tôt lors de son stage junior qu'il débuta sa vie de nomade alors qu'il joua pour pas moins de 6 équipes junior en 4 saisons. Il débuta d'abord en 1984-85 avec les Wranglers de Calgary (1). Sa saison 1985-86 fut ensuite mouvementée alors qu'il joua seulement 7 matchs pour les Wranglers et se fit échanger deux fois durant la saison. Il joua donc 7 autres matchs avec les Broncos de Lethbridge (2), 11 avec les Chiefs de Spokane (3) et il fut recalé 11 matchs dans le junior A avec les Grizzlys de Olds (4) en Alberta. 

Jusque là sa carrière junior ne semblait mener nulle part mais tout changea en 1986-87 lorsqu'il joignit les rangs des Warriors de Moose Jaw (5). Muté au centre de Theoren Fleury, il explosa avec 54 buts et 33 passes pour 87 points, ce qui lui valut le 2e rang des pointeurs des Warriors derrière Fleury (61 buts et 129 points). Cette bonne saison lui valut également d'être repêché par les Maple Leafs de Toronto en 7e ronde (133e au total). C'était d'ailleurs une ronde avant Fleury qui lui dut attendre en 8e ronde avant d'être repêché par les Flames. Les deux reprirent de plus belle la saison suivante mais Jobe fut éventuellement échangé de nouveau, cette fois aux Raiders de Prince Albert (6) où il termina son parcours junior. Il termina tout de même cette saison au 2e rang de la WHL pour les buts avec 69 et 9e pour les points avec 132.

Il débuta ensuite son parcours professionnel et fut invité au camp des Maple Leafs en 88-89, faisant bonne impression et jouant quelques matchs pré-saison. Il fut cependant cédé à leur club-école, les Saints de Newmarket (7) dans la AHL où il obtint 47 points durant cette première saison chez les pros. 
 

 
Ce fut toutefois sa seule saison complète dans l'organisation des Leafs. Insatisfait de son rendement et de son attitude, il fut libéré après un seul autre match à Newmarket au début de la saison 1989-90 et il signa alors avec les Admirals de Hampton Roads (8) dans la toute jeune ECHL, qui en était alors à sa 3e saison d'existence. Selon ce que j'ai lu à son sujet, les raisons de son renvoi par les Maple Leafs incluaient un manque de discipline et un penchant pour la boisson et activités hors-glace illicites... On raconte également qu'il était un joueur ultra uni-dimensionnel, simplement intéressé par l'attaque et extrêmement paresseux en défensive. Cette narrative le suivra pour le restant de son parcours et contribuera sans surprise au nombre d'équipes qui ne fera qu'augmenter... Les Admirals s'en débarrassèrent également pour ces mêmes raisons malgré ses 49 buts en 52 matchs lors de cette seule saison avec eux...

Il obtint néanmoins une autre chance avec les Leafs en 1990-91 mais cela ne dura que 2 derniers matchs à Newmarket suite à quoi il retourna dans la ECHL avec sa nouvelle équipe, les Knights de Nashville (9) où il obtint 109 points.

Il signa avec une autre équipe en 1991-92, les Renegades de Richmond (10) mais ces derniers ne le gardèrent qu'une trentaine de matchs avant de le retourner à Nashville. Il obtint 103 points durant cette saison.

 
Vint alors la saison 1992-93. De retour avec les Knights, Jobe connut une saison légendaire des ligues mineures avec une fiche de 85 buts et 76 passes pour 161 points, faisant de lui le Wayne Gretzky de la ECHL...

Ses 85 buts en une saison demeurent le record non seulement de la ECHL mais de toutes les ligues mineures d’Amérique du nord. Il avait alors éclipsé le record de 80 jusque là détenu par Bill McDougall. À titre de comparaison, le détenteur des buts dans la AHL est Stéphan Lebeau avec 70 et celui de l'ancienne IHL était Daniel Lecours avec 75. Ses 161 points sont également un record de saison des ligues mineures, si on exclut l'inférieure United Hockey League (un record de 165 points). Il remporta cette saison-là le trophée du MVP de la ECHL. Étonnement il passa aussi beaucoup de temps au banc des pénalités cette saison-là avec un total de 222 minutes.
 
Il obtint également un essai avec les Senators de New Haven (11) dans la AHL où il obtint 3 points en 3 matchs mais ce furent ses derniers matchs dans cette ligue, passant le restant de sa carrière dans les niveaux inférieurs. 
 
En fait, ses années avec les Knights de Nashville furent l'étape de sa carrière où il eut le plus de «stabilité». Malgré sa saison légendaire en 1992-93, il opta en 93-94 de jouer en Slovénie avec le club Olimpija Ljubljana (12) où il obtint 80 buts. Ce fut toutefois une expérience d'une seule saison alors qu'il revint dans la ECHL en 1994-95 et repartit de plus belle son jeu de chaise musicale. Il joua pour trois clubs cette saison-là, les Knights ainsi que les Icecaps de Raleigh (13) et un petit séjour de 10 matchs dans la IHL avec les Knights d'Atlanta (14). Pour le restant de sa carrière, il ne joua jamais plus d'une saison complète avec le même club. En fait il ne joua plus jamais pour moins de deux clubs en une seule saison... 
 
Donc vous comprenez le principe, si vous étiez étourdi jusqu'à maintenant vous pouvez allez prendre un verre d'eau avant de continuer votre lecture.

Également à noter que durant l'été 1994, il joua dans la Roller Hockey International avec les Rockin' Rollers du New Jersey. Je me demande toujours si je l'inclus dans le décompte... mais au final je le laisse ici en parenthèse...

En 1995-96, il partagea la saison toujours dans la ECHL avec deux nouveaux clubs, les Chiefs de Johnstown (15) et les Tiger Sharks de Tallahassee (16) et amassa 98 points.

En 1996-97, il fit le saut dans la Central Hockey League (CHL) avec le Thunder de Wichita (17). Malgré qu'il détenait le premier rang des pointeurs de la ligue, le Thunder l'échangea avant la fin de la saison aux Cottonmouths de Columbus (18). Il termina la saison avec 61 buts et 135 points.

Il débuta la saison 1997-98 avec Columbus mais se fit arrêter pour conduite en état d'ébriété ayant causé un accident de la route le 22 novembre 1997. Il fut suspendu par l'équipe et éventuellement libéré. Il joignit donc les rangs des Gila Monsters de Tucson (19) en Arizona dans la West Coast Hockey League (WCHL). Il n'y joua toutefois que 23 matchs avant de terminer la saison avec un 3e club dans une 3e ligue, les Generals de Flint (20) dans la United Hockey League (UHL). Les Generals se rendirent jusqu'en finale mais perdirent en 7 matchs contre Quad City. 
 



Jobe fit ensuite un retour dans la ECHL avec le Kingfish de Baton Rouge (21) pour la saison 1998-99. Il quitta toutefois abruptement l'équipe au début du mois de janvier 1999 pour faire un retour surprise en Slovénie avec le même club avec qui il avait passé la saison 1993-94, le Ljubljana Olimpija. Attendant vainement son possible retour, le Kingfish dut suspendre Jobe indéfiniment. Ce furent ses derniers matchs dans la ECHL et il était le meneur de l'histoire de cette ligue pour les buts (324) et les points (634). Étonnemment (ou pas), il ne termina pas la saison 98-99 en Slovénie, préférant revenir en Amérique après seulement 4 matchs. Il devint alors membre des Rattlers d'Amarillo (22) dans la Western Professionnal Hockey League (WPHL) mais n'y joua que 3 matchs, 1 de moins qu'en Slovénie, et termina la saison avec un 4e club, les Warthogs d'Alexandria (23) toujours dans la WPHL.

Saison semi-stable en 1999-2000 où il fit un retour dans la UHL avec le Speed de Knoxville (24) mais fut échangé à la mi-saison aux IceHawks d'Adirondack (25). Il mena tout de même la ligue pour les buts avec 61 et termina deuxième pointeur derrière Brent Gretzky avec 122 points.

Vint ensuite une autre saison chaotique en 2000-2001. Encore là si vous êtes essoufflés vous pouvez aller prendre l'air. Il débuta la saison de nouveau dans la UHL mais avec une nouvelle équipe, les Jackals d'Elmira (26). Il fut toutefois suspendu et libéré par l'équipe au début du mois de décembre, apparemment pour une altercation avec le président de la UHL, Mitch Lamoureux. Après son renvoi des Jackals, il signa avec les Prowlers de Mohawk Valley (27) mais fut libéré après seulement 2 matchs. Il avait quand même obtenu 2 buts et 1 passe lors de ces deux matchs, ce qui nous prouve à quel point ce type devait être indésirable. Ou bien peut-être que le président de la ligue s'arrangea pour qu'il parte...
 
Quoi qu'il en soit, il joignit alors une autre équipe, sa troisième dans le même mois(!) à la fin du mois de décembre 2000, les Bandits de Border City (28) dans la CHL. La nouvelle équipe de Border City (située à Texarkana en Arkansas) en était alors à sa première saison d'existence mais dut fermer boutique d'urgence à la mi-saison, soit en février 2001. Note à moi-même, me renseigner davantage sur cette équipe... Jobe termina donc la saison en effectuant un retour avec le Thunder de Wichita où il avait joué en 1996-97.

Cependant lors de sa première pratique de retour à Wichita, il aurait été arrêté par les autorités locales pour avoir raté une comparition au tribunal lors d'une autre arrestation pour ivresse au volant lorsqu'il jouait à Wichita en 1997. Il fut condamné à 180 jours de pénitencier avec permission de sortie pour les pratiques et les matchs du Thunder...

À sa sortie de prison, il se devait de trouver un autre poste pour la saison 2001-02. Il opta donc de revenir dans la WCHL mais s'éloigna alors du sud profond pour plutôt mettre le cap sur l'Alaska avec les Aces d'Anchorage (29). Après seulement 13 matchs en Alaska, il alla terminer la saison en 3ème division allemande avec le club ERC Selb (30). Il y débuta ensuite la saison 2002-03 avant de passer dans un autre club de cette division, le ERC Habfurt (31).

Jobe revint en amérique en 2003-04, cette fois dans l'ancienne incarnation de la LNAH, la Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec (LHSPQ) avec le St-Francois de Sherbrooke (32). Après 21 matchs à Sherbrooke, il fut échangé aux Dragons de Verdun (33). Lors de son échange, l'entraineur du St-François déclara «Ce n'est pas son talent qui a sorti Trevor de Sherbrooke, mais son éthique de travail. Le hockey, ça se joue dans les deux sens et son implication défensive était mal vue au sein de l'équipe...» Comme quoi les vieilles habitudes ne se perdent pas facilement.
 
Après une douzaine de matchs à Verdun, il passa à déjà une 3e équipe dans cette ligue et durant cette saison lorsqu'il fut troqué au Garaga de St-George-de-Beauce (34) pour clore la saison. 

Le Quotidien - 27 octobre 2004


La saison suivante, il accrocha ses patins et fut nommé comme entraineur du défunt Fjord du Saguenay (35). Cependant le Fjord était en déroute financière et manquait cruellement de joueurs, ce qui fait que Jobe rechaussa les patins pour 11 matchs. L'équipe dut toutefois fermer boutique au mois de décembre 2004 et les joueurs furent dispersés. Jobe décida alors de continuer à jouer et il signa alors avec le Cousin de St-Hyacinthe (36) mais se fit libérer après seulement 1 match. Durant l'incertitude concernant l'avenir du Fjord, Jobe s'était aussi aligné dans la Ligue Senior du Nord-est du Québec avec le club Excavation Savard (37) durant un court séjour de 9 matchs. Je compte quand même cette équipe même si j'ignore s'il empocha un salaire... 
 
Finalement, histoire de compléter sa carrière de façon appropriée, il signa avec un 4e club en 2004-05, les Polar Twins de Winston-Salem (38) dans la Southern Professionnal Hockey League (SPHL). Il y termina ainsi sa carrière professionnelle avec 20 points en 17 matchs.
 
Difficile de savoir ce qu'il est advenu de lui suite à sa retraite mais il habiterait de nos jours en Alaska et occupait temporairement en 2014-15 le titre de recruteur pour les Warriors de Moose Jaw.

En additionnant toutes ses statistiques professionnelles (et semi-pro) à travers toutes les ligues où il a joué (AHL, CHL, ECHL, Allemagne3, IHL, LNAH, Slovénie, SPHL, UHL, WCHL et WPHL), sa fiche en carrière fut de 751 buts et 727 passes pour 1478 points en environ 890 matchs, ses totaux de Slovénie étant incomplet. Je n'inclus pas ici le roller hockey. Il n'aura remporté qu'un seul championnat durant sa carrière et ce en 2003 en 3e division allemande. Il demeure toujours au 4e rang des pointeurs de l'histoire de la ECHL, là où il joua le plus longtemps.
 
Il n'existe que très peu d'informations à son sujet, sa page wikipedia étant d'ailleurs truffée de liens qui n'existent plus donc il se pourrait que certaines informations soient erronées. La seule constante que j'ai pu trouver sur certains sites et forums est qu'il était un joueur avec un talent inouï mais qui souffrait de paresse, d'un manque de sérieux à l'entrainement et de manque de préparation physique. Mais le principal défaut et problème qu'il aura eu sur son chemin était l'alcool. Un problème qui serait même apparu au niveau junior, ce qui explique en partie ses nombreux déplacements dès ce jeune âge. Cet abus lui causa non seulement un poste possible dans la LNH car il avait le talent pour s'y rendre, mais aussi cette incapacité chronique à rester en place dans les mineures ou ailleurs, où plusieurs clubs s'en seraient facilement débarassé au plus vite malgré qu'il pouvait contribuer offensivement. On dit également que non seulement il était un ivrogne mais qu'il eut plusieurs épisodes de bagarres avec ses coéquipiers et autres épisodes dans les bars où il avait tendance à se sauver sans payer.

Mais bref, il mérite tout de même sa place dans cette série. Comme je disais, je crois qu'il s'agit probablement du record pour le nombre d'équipes. C'est difficile à prouver alors qu'il n'existe pas vraiment de sites qui compilent véritablement ce genre d'information et chacun a des barèmes différents. Moi au final j'arrive à 38 (39 incluant le roller hockey et le senior profond) et c'est environ le même consensus que j'ai trouvé ailleurs. Du moins jusqu'à maintenant il est mon recordman. Le seul autre de ma série qui s'en approchait était David Ling avec 27 équipes...
 
 
Mais j'ai tout de même d'autres pistes alors on ne sait jamais mais ce sera difficile à battre.

À suivre...