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samedi 22 novembre 2025

Fern Flaman




 
 
 
 
 
 
On retrouve parmi les élus du Temple de la renommée de nombreuses vedettes offensives. En effet, cette façade du jeu y est favorisée. Oui, on compte des joueurs comme Bob Gainey et Rod Langway, mais parmi les patineurs, remplir le but aide énormément. De plus, comme il s’agit d’un vote, d’avoir un certain capital de sympathie ne peut pas nuire.

En 1990, la surprise fut donc grande lorsqu’il fut annoncé que Bill Barber et Gilbert Perreault feraient leur entrée au Temple avec Fern Flaman, un défenseur défensif qui avait conclu sa carrière dans la LNH trente ans auparavant,
 
                                           . 
 
Originaire de Saskatchewan, Flaman fut recruté par les Bruins pendant la deuxième grande guerre. Comme Boston fut particulièrement affecté par le recrutement de ses joueurs, Flaman eut l’occasion de progresser relativement rapidement avec les Olympics de Boston et eut même l’occasion de jouer son premier match avec les Bruins à 18 ans. Ce n’est toutefois qu’une fois la guerre terminée qu’il se fit une place définitive dans la Ligue nationale. 
 
Il se fit alors une réputation de joueur non seulement robuste, mais avec un style fougueux à la limite de la légalité, quand il ne traversait pas carrément la ligne. Ne reculant devant aucune méthode, incluant des insultes envers les canadiens-français, il se fit des ennemis dans la ligue et laissa de mauvais souvenirs à plusieurs, dont les frères Richard, qui le trouvaient particulièrement sournois. 
 
En novembre 1950, il passa aux Maple Leafs avec Léo Boivin, Phil Maloney et Ken Smith. En retour, les Bruins firent l’acquisition de Bill Ezinicki et Vic Lynn, qui poursuivait ainsi son tour de la ligue. 
 
Cet échange permit à Flaman de passer d’une équipe faible à une beaucoup plus compétitive. Les Bruins parvinrent alors à peine à se qualifier pour les séries, en devançant les Rangers d’un seul point. Par le fait même, Flaman put affronter ses anciens coéquipiers. Les Leafs ne firent toutefois qu’une bouchée de Boston, avant de venir à bout des Canadiens en finale. Bien que cette série ne se soit conclue qu’en 5 matchs, ceux-ci ont tous été décidés en prolongation. 
 
Cette victoire permit à Flaman de remporter sa seule Coupe Stanley. Celle-ci prit ensuite une tournure tragique avec la disparition de Bill Barilko
 
Au sein d’une équipe qui comptait à la ligne bleue Jim Thomson et un jeune Tim Horton, Flaman eut moins de temps de glace. Il fut donc retourné aux Bruins en juillet 1954, eux qui avaient des problèmes à la défense. En retour, Toronto mit la main sur Dave Creighton, un joueur offensif jugé peu robuste. Il ne fit que passer à Toronto, mais il eut finalement plus tard du succès avec les Rangers. 
 
Quant à Flaman, il rapporta son style rugueux et discutable à Boston, où dès son arrivée en 1954-55, il fut le joueur ayant obtenu le plus de minutes de pénalités dans la ligue. Il fut aussi nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles. Dans une période où Doug Harvey et Red Kelly étaient pratiquement des incontournables pour la première équipe, Flaman fut aussi nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles en 1956-57 et 1957-58. Fait à noter, alors que les Bruins n’étaient vraiment pas à ce moment une puissance de la ligue à six équipes, ils causèrent une certaine surprise en atteignant la finale lors de ces deux mêmes années. Ils se buttèrent toutefois aux Canadiens en finale, eux qui étaient au milieu de leur séquence historique de cinq Coupes Stanley consécutives. 
 
Flaman, qui était capitaine de 1955, demeura avec les Bruins jusqu’en 1960-61, avant de devenir joueur-entraîneur-directeur gérant des Reds de Providence de la Ligue américaine. Il fut ensuite entraîneur dans la WHL et la CHL. 
 
En 1970-71, il devint entraîneur des Huskies de l’Université Northeastern, à Boston. Il y sera 19 ans. Si sa fiche globale est négative (256-301-24), il remporta tout de même une troisième place nationale en 1981-82, alors qu’on retrouvait dans son alignement Randy Bucyk, qui a remporté la Coupe Stanley à Montréal en 1986. Il remporta aussi quatre Beanpots, le tournoi qui réunit les équipes universitaires de la région de Boston. 
 
Lorsqu’il fut élu au Temple de la renommée, il avait terminé son passage à Northeastern. Sa carrière de joueur était terminé depuis longtemps et avait laissé de mauvais souvenirs à plusieurs. Il était donc un peu étrange de voir refaire surface le nom d’un joueur qui a, oui, joué plus de 900 matchs, mais qui n’a compté que 34 buts, qui n’a jamais remporté le Trophée Norris, qui n’a jamais été retenu au sein de la première équipe d’étoiles et qui n’a jamais remporté la Coupe avec l’équipe avec laquelle il est principalement associé. Évidemment, on ne peut pas être contre le fait de reconnaître différents aspects du jeu, dont le jeu défensif. Mais peut-être que le temps a fini par adoucir les souvenirs de certains ou que celui-ci a permis une certaine réhabilitation. 
 
D’ailleurs, autant lors de son introduction au Temle qu’à son décès en 2012, on souligna beaucoup l’apport qu’il eut dans la vie des jeunes joueurs qu’il a dirigés à Northeastern. 
 
Étonnamment, il a été élu au Temple de la renommée des sports de la Saskatchewan en 1992, deux ans après sa sélection à celui du hockey, un peu comme si on trouvait étrange qu’un joueur local soit honoré par la grande ligue sans qu’il ne soit honoré dans son coin de pays et qu’il fallait corriger la situation.
 
Au Temple de la renommée, Flaman fut plus tard rejoint par Pat Quinn et Colin Campbell, deux joueurs qui n’étaient pas nécessairement des enfants de chœur, mais qui furent toutefois élus dans la catégorie ″Bâtisseurs″. 
 
Sources : 
 
″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, 21 juillet 1954, Montréal-Matin, page 18, 
 
″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, 3 janvier 1958, Montréal-Matin, page 30, 
 
″Flaman le détestable″ de Maurice Richard, 24 juin 1990, La Presse, page S7, 
 
″Friends remember ex-Bruin Flaman as original tough guy″ de Mark Divver, June 12, 2012, Providence Journal (providencejournal.com), 
 
″Leafs Hall of Famer Flaman passes away″ de Luke Fox, June 23, 2012, Sportsnet (sportsnet.ca),
 
hhof.ca.
 
 

 

vendredi 23 mai 2025

Normand Baron


Le parcours de hockeyeur de Normand Baron est pour le moins étonnant.

En 1976-77, il s’est joint au Junior de Montréal. Dans cette équipe dirigée par Jacques Laperrière, on retrouvait Marco Baron, Normand Dupont, Robert Picard et Mark Hardy. Normand Baron ne joue que 7 matchs, amassant un but et une passe et aucune minute de pénalité.

Il se dirigea ensuite vers le junior B et des circuits intermédiaires.

Il prit sa retraite du hockey en 1979, pour ensuite mettre son énergie dans le culturisme. Il y rencontra un succès certain, alors qu’il fut désigné Monsieur Montréal et Monsieur Province de Québec en 1981. Sa force ne faisait pas de doute, réussissant à soulever 600 livres au développé couché (bench press). Son physique lui permit également de travailler comme portier de discothèque.

Au printemps 1983, alors que les Canadiens furent rapidement éliminés par Buffalo, Baron estima que Guy Lafleur s’était fait trop brasser. Il offrit alors ses services aux Canadiens. Claude Ruel lui dit de maigrir de 25 livres et de revenir.

Comme il avait tenu parole, il se présenta au camp. Ayant été inactif au hockey depuis un moment, sa présence suscita la curiosité. Ça ne l’empêcha pas d’affirmer qu’il était là pour prendre le poste de Chris Nilan. On l’envoya finalement à Halifax rejoindre les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse de la Ligue américaine. Il y présenta une fiche respectable de 11 buts et 11 passes en 68 matchs. Quant à son total de minutes de pénalité, il se chiffra à 275, le troisième plus élevé de la ligue.

Il fut rappelé en mars, alors que Chris Nilan avait fait preuve d’indiscipline. Il joua son premier match le 25 à New York, contre les Rangers.

Le 29 mars, dans un match contre Québec, il avait dit qu’il n’aimait le style de Dale Hunter et qu’il lui dirait sur la glace. Il a plutôt pris une pénalité d’indiscipline pour double-échec contre lui. Dans une victoire facile des Nordiques, Michel Bergeron dit que c’était décevant de devoir recourir à de tels joueurs. En pleine rivalité, on fit des comparaisons avec Jimmy Mann, que les Nordiques avaient acquis le mois précédent, qui vient aussi de Verdun et qui était l’ami de Baron dans la vie.

Il demeure que Mann avait un parcours de hockey plus étoffé que celui de Baron et Serge Savard fut critiqué d’avoir eu recours à ses services, alors qu’il avait déjà dit qu’il faudrait nettoyer le hockey.

En bout de ligne, il joua 4 matchs en saison régulière, pour un total de 12 minutes de pénalité. En séries, il participa aux trois matchs du premier tour contre les Bruins, mais il ne joua plus par la suite. C’est donc dire que Baron, tout comme Mann, n’était pas en uniforme lors du match du Vendredi Saint, contre les Nordiques en deuxième ronde.

Au camp de 1984, Nilan montra qu’il était définitivement un meilleur joueur de hockey et Baron fut envoyé aux Canadiens de Sherbrooke.

En Estrie, il eut des différents avec l’entraîneur Pierre Creamer, parce qu’il ne voulait pas seulement se battre, affirmant qu’il avait eu de bons résultats avec Serge Boisvert et Randy Bucyk. Il passa finalement l’année en entier avec Sherbrooke et fit partie de l’équipe qui remporta la Coupe Calder.

En septembre 1985, il fut échangé aux Blues contre un montant d’argent.

Après avoir débuté la saison dans l’IHL, il fut rappelé en décembre et marqua son premier but le lendemain de Noёl contre Murray Bannerman des Blackhawks. Son deuxième et dernier but fut quant à lui compté contre Mark Laforest, des Red Wings. Ce furent ses seuls points en carrière. En 23 matchs avec St-Louis, il accumula 49 minutes de pénalité.

C’est ainsi que se termina le parcours atypique de Normand Baron dans le hockey.

Par après, il s’est ouvert un gymnase pour culturistes à Verdun, pour ensuite travailler de nombreuses années à Postes Canada. Il est maintenant à sa retraite.

Pour ceux que ça intéresse, il a composé le Blues des Glorieux.

Sources:

″Un matamore veut le poste de Nilan″ de Bernard Brisset, 9 septembre 1983, La Presse, page S4,

″«L’homme le plus fort que j’aie vu dans le hockey» - André Boudrias″ de Bernard Brisset, 22 mars 1984, La Presse, page S4,

″Baron : «Pas besoin de me dire quoi faire»″ de Ronald King, 23 mars 1984, La Presse, page S3,

″Where’s Baron of Beef? Nordiques put him in cooler″ de Herb Zurkowsky, March 30, 1984, Montreal Gazette, page C1,

″Que fait Savard dans ce cirque?″ de Claude Larochelle, 31 mars 1984, Le Soleil, page C1,

″Normand Baron: rêve fini?″, PC, 31 mars 1984, Le Soleil, page C3,

″Baron : «Je peux tenir mon bout sur une ligne»″ de Richard Hétu, 21 septembre 1984, La Presse, page S2,

″Normand Baron victime de sa propre force″ de Pierre Turgeon, 19 janvier 1985, La Tribune, page S9,

″Les ex-Glorieux font d’excellents Blues″, AP, 27 décembre 1985, La Presse, page S7,

″Offrir une voiture sport à un enfant de 16 ans..″ de Tom Lapointe, 17 février 1987, La Presse, page S6,

″Que sont-ils devenus?″ de Michel Beaudry, 20 septembre 2021, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

hockey-reference.com.

vendredi 22 novembre 2024

Jimmy Mann


C’est avec le National de Laval que le verdunois Jimmy Mann a commencé son passage junior. En 1976, il quitta son coéquipier Mike Bossy lorsqu’il fut échangé à l’équipe dominante de la LHJMQ de cette période, les Castors de Sherbrooke. Avec sa nouvelle équipe, le robuste ailier droit apporta sa dose d’énergie, mais il compta aussi sa part de buts.

À sa première saison (partielle) avec Sherbrooke, en 1976-77, il marqua 12 buts. Ce total était peut-être inférieur à ceux de ses coéquipiers Jere Gillis, Ron Carter et Rick Vaive, mais il contribua tout de même à faire des Castors les champions de la LHJMQ. Ce titre les mena au tournoi de la Coupe Memorial, mais Sherbrooke n’y remporta aucun match et ce sont finalement les Bruins de New Westminster qui sortirent victorieux.

L’année suivante, son total monta à 27 buts, mais ce n’était pas son seul total à augmenter. Ses minutes de pénalité passèrent quant à elles de 205 à 277 minutes. Parmi elles, on compte celles accumulées le 28 mars 1978, lorsqu’il agressa celui qui fut brièvement son coéquipier, Mario Tardif du National de Laval, lors de la période d’échauffement. Il fut accusé et reconnu coupable d’une accusation de voies de faits mais reçut finalement une libération inconditionnelle. Pour le défendre, son entraîneur Ghislain Delage se présenta en cour, vanta ses talents de joueur et mentionna qu’il n’était pas un joueur salaud.

À sa dernière année junior, il en marqua 35, ce qui le prépara pour le repêchage de 1979. Toutefois, peu de gens s’attendaient à ce qu’il soit choisi en première ronde, 19e total. C’est John Ferguson, le directeur-gérant des Jets de Winnipeg, qui en fit la première sélection de la franchise dans la Ligue nationale de son histoire, alors que l’équipe faisait auparavant partie de la défunte AMH. Et l’intérêt de Ferguson, lui-même un ancien joueur robuste, ne faisait pas de doute. S’il a choisi Mann avant deux autres québécois, Michel Goulet et Kevin Lowe, ce n’était pas pour ses talents de marqueur.


Mann fit immédiatement l’équipe et participa à l’entrée des Jets dans la LNH. Au sein d’une équipe faible, il fit ce qu’on attendait de lui et remporta même le titre de joueur le plus puni de la ligne, avec 287 minutes. Il dépassa ainsi des joueurs avec une réputation certaine pour cette facette du jeu, comme ″Tiger″ Williams, Paul Holmgren et Terry O’Reilly. Offensivement, il dut toutefois se contenter de 3 buts et 5 passes. En fait, il obtint plus d’inconduites de partie (4) que de buts.

Si sa saison 1980-81 a inclus un passage dans la Ligue centrale à Tulsa, elle fut aussi marquée par ses frasques. Le 9 décembre 1981, il bouscula le juge de ligne Greg Broseker lors d’une bataille dans un match contre les Maple Leafs. Il écopa alors d’une amende de 500$ et d’une suspension de 3 matchs.

Mann continua de cimenter sa réputation lorsque le 13 janvier 1982, dans un match contre Pittsburgh, Mann a quitté le banc pour s’en prendre à Paul Gardner. À deux reprises, il le frappa par derrière et lui brisa la mâchoire. La ligue le suspendit pour 10 matchs et lui imposa une amende de 100$. Gardner trouva la suspension trop clémente, puisque son absence fut plus longue que celle de Mann. Les Jets répliquèrent que c’est Gardner qui avait initialement brisé son bâton dans le visage de Doug Smail. Ce ne fut toutefois pas la fin de l’affaire, puisque la justice s’en est mêlé. La conclusion de l’affaire arriva en juin lorsqu’il fut condamné par un juge de Winnipeg à une amende de 500$.

Ce ne sont toutefois pas seulement les suspensions qui ralentirent sa carrière. Les blessures jouèrent aussi un rôle. Sa performance offensive anémique n’aida pas non plus. C’est pourquoi qu’au cours de la saison 1983-84, il fit un retour à Sherbrooke, puisque les Jets y avaient maintenant leur club de la Ligue américaine.

Cette saison le vit aussi finalement quitter l’organisation qui l’avait repêché. En effet, le 6 février 1984, alors qu’il jouait toujours avec Sherbrooke malgré son contrat de 100 000$ par année, il fut échangé aux Nordiques contre des considérations futures. Celles-ci deviendront un choix de 5e ronde. Les Jets choisiront Brent Severyn, qui ironiquement fera plus tard ses débuts dans l’uniforme des Nordiques. À ce moment, Québec semblait être à la recherche d’un défenseur offensif et les noms de Borje Salming et Randy Carlyle avaient été évoqués. Finalement, on obtint Mann, qui voulait faire oublier ses frasques et rappeler qu’il était capable de jouer au hockey autrement. Du côté des Nordiques, on voulait plus de robustesse pour combler l’absence de Wally Weir. Pendant la même période, les Canadiens embauchaient l’homme fort Normand Baron. Mann et Baron ne seront toutefois pas en uniforme lors de l’infâme match du Vendredi Saint.

C’est finalement encore pour sa robustesse que Mann fut utilisé lors de son passage dans la Vieille Capitale, qui fut parsemé de blessures, de matchs sur la galerie de presse et d’un passage avec l’Express de Fredericton de la LAH.

Après la saison 1985-86, Québec signifia son intention de ne pas lui offrir un contrat de la LNH et lui laissa évaluer ses options. Mann fut approché par son ancienne équipe, les Jets, mais il n’y eut pas de suite.
En juillet 1985, le magazine humoristique Croc
illustrait les différentes races de chien,
incluant le doberman.

Au moment du camp d’entraînement de la saison 1986-87, Mann n’avait toujours pas de contrat et évoqua la possibilité de s’inscrire à l’Institut de police de Nicolet. Il y eut aussi des rumeurs qui l’envoyait avec les Red Wings d’Adirondack et les Canadiens de Sherbrooke (où il habitait à ce moment), mais finalement, il rata la saison au complet.

Il y eut un regain d’intérêt pour Mann à l’été 1987, de la part entre autres de Calgary, New Jersey et Pittsburgh. Ayant offert un contrat de deux ans et un plus gros montant, ce sont finalement les Penguins qui l’ont convaincu. On voulait faire de lui le protecteur de Mario Lemieux. Il ne joua par contre que 9 matchs avec Pittsburgh. Il joua aussi à Muskegon dans la Ligue internationale, mais rata la majeure partie de la saison en raison d’une blessure à un bras.

L’année suivante, il y avait une nouvelle administration à Pittsburgh et Mann ne faisait plus partie des plans. Espérant qu’il prenne sa retraite, on l’envoya avec le Ice d’Indianapolis, une équipe indépendante de l’IHL, où il écoula la dernière année de son contrat.

Par la suite, il s’est établi en Mauricie, où il a investi en immobilier. Au fil des ans, celui que tous qualifient de sympathique a participé à des centaines de matchs des anciens et à une multitude de parties de balle-molle pour une variété d’activités et d’oeuvres de charité.

Si sa fiche de 10 buts et 20 passes et 895 minutes de pénalité en 293 matchs montre bien qu’il a rempli le mandat qu’on s’attendait de lui, il demeure qu’il aurait bien aimé qu’on lui laisse la chance de montrer l’ensemble de son talent de hockeyeur.

Aux dernières nouvelles, Mann s’occupe de patinoires extérieures dans la région de Trois-Rivières.

S’il nous lit, nous le saluons!

Sources :

Croc, juillet 1985, page 52,

″Jimmy Mann libéré sans condition″, PC, 23 mars 1979, Le Soleil, page C1,

″Que puis-je demander de plus″ - Jimmy Mann de Mario Goupil, 10 août 1979, La Tribune, page 19,

″Mann pourrait être poursuivi″, PC, 19 janvier 1982, La Presse, page S6,

″Gardner trouve légère la suspension de Mann″, UPI, 29 janvier 1982, La Presse, page S5,

″Que vient faire Mann avec les Nordiques?″ de Maurice Dumas, 7 février 1984, Le Soleil, page C1,

″Jimmy Mann arrive dans de bonnes dispositions″ d’André Bellemare, 8 février 1984, La Presse, page S17,

″Jimmy Mann de retour à Winnipeg?″, PT, 19 août 1986, La Tribune, page D1,

″Jimmy Mann sans emploi″ de Pierre Turgeon, 12 septembre 1986, La Tribune, page D1,

″Douris rappelé à Winnipeg″ de Pierre Turgeon, 28 octobre 1986, La Tribune, page D3,

″Mieux vaut pour Kordic que je ne retourne pas dans la Ligue Nationale″, MG, 17 janvier 1987, La Tribune, page D1,

″750,000$ pour 10 buts et une bonne gauche″ de Mario Goupil, 3 décembre 1988, La Tribune, page D1,

″Jimmy Mann aurait bien voulu jouer au hockey″ de Mario Goupil, 25 février 1993, La Tribune, page B3,

″Jimmy Mann se désole de l’interdiction de jouer au hockey à l’extérieur″, Toujours le matin, 3 décembre 2020, Ohdio (radio-canada.ca),

hockedraftcentral.com, wikipedia.org.

vendredi 22 mars 2024

Trève de hockey (ou presque) #108 - The Goon









La lutte et le hockey sont souvent reliés. On va souvent voir des lutteurs arborer le chandail de l'équipe de l'endroit où le spectacle se déroule, ils utilisent parfois même de l'équipement de hockey pour battre leurs adversaires, tsé, même Bret "The Hitman" Hart a une équipe à son nom.

Mais il n'est arrivé qu'une seule fois dans l'histoire de la WWF/WWE qu'un lutteur se vit donner une gimmick (un rôle) de joueur de hockey. Et quelque temps après avoir décerné cette gimmick, ils se sont rapidement rendus compte qu'ils avaient fait une gaffe.

En juillet 1996, alors que la (alors) WWF était devancée dans les cotes d'écoute par sa rivale, la WCW, ils engagèrent plusieurs lutteurs de second ordre, qu'on appelle des "jobbers", afin de fournir des adversaires à leurs vedettes. Parmi ceux-ci, ils firent signe à "Wild" Bill Irwin, un vétéran de près de 20 ans d'expérience. Suite à des discussions afin de lui trouver une gimmick appropriée, Irwin leur mentionna qu'il jouait au hockey au High School, qu'il était le "goon" de l'équipe. Son personnage était né. Il devint "The Goon", un joueur de hockey tellement salaud qu'il fut banni de toutes les ligues de hockey dans lesquelles il aura joué.

Avec un bâton et habillé en joueur de hockey de la tête aux pieds (avec pas de casque bien entendu), Irwin fit même modifier ses patins, afin que la lame soit en fait une plateforme de caoutchouc rigide. Fou le goon, mais pas au point de trancher la gorge de ses adversaires !


La vidéo suivante montre sa première apparition dans la WWF où il est filmé sur une patinoire en train de démolir un autre joueur et d'annoncer sa venue triomphale dans le monde de la lutte.

En matière de promos de lutteurs, on est très loin de Ric Flair!

Jetant les gants au son de la cloche et ruant ses adversaires de coups de poings, les plaquant sur le rebord du ring lorsqu'ils se retrouvaient en dehors de l'arène, c'était les points fort du "Goon" … mais ce furent les seuls. À son arrivée, il put détruire plusieurs adversaire, comme dans le vidéo ci-bas où on peut le voir détruire un certain Dan Jesser dans ce combat très peu excitant commenté par le propriétaire de la WWF Vince McMahon.


Par la suite, il devint finalement le jobber pour mieux faire paraître d'autres lutteurs comme "The Stalker" (vidéo) et "Flash Funk" (vidéo). Son personnage ne leva pas, les combats l'impliquant étant facilement oubliables et, après avoir perdu en 55 secondes face à "The Undertaker", Irwin et son "Goon" disparurent de la WWF en mars 1997.

Un mauvais film à regarder que ce Goon in 55 seconds

Mais dans le monde de la lutte, un personnage n'est jamais complètement disparu. C'est ainsi que "The Goon" revint en 2001, le temps d'une bataille royale à WrestleMania 17, ainsi qu'en 2007, au 15e anniversaire de l'émission du lundi soir, "Raw", encore une fois lors d'une bataille royale. Vous comprendrez qu'il n'a remporté aucune des ces batailles.

C'est une carte de lutte, ou une carte de hockey ?

Soulignons enfin que "Wild" Bill Irwin semble avoir récemment traversé une mauvaise période de sa vie, comme en témoigne cette entrevue malaisante de 2021, où il était fortement intoxiqué. C'est toutefois rassurant de voir qu'il allait déjà beaucoup mieux lors d'une entrevue en 2023 avec Gerald Brisco et John Bradshaw, deux grands lutteurs de l'histoire de la WWE. Il y jase d'ailleurs de son expérience en tant que "The Goon", preuve que sa courte gimmick lui permet encore de faire parler de lui !

En finissant, voici un fait à ajouter dans une partie inutile de votre mémoire. Le lutteur Chris Jericho est le fils de Ted Irvine, un ancien joueur des Bruins, Kings, Rangers et Blues. Étant jadis un jeune canadien de Winnipeg, Jericho a bien sûr appris à jouer au hockey, hobby qu'il exerce encore parfois lors de matchs caritatifs.


Peut-être aurait-il connu plus de succès qu'Irwin avec le personnage du "Goon" (il a d'ailleurs failli obtenir ce rôle). Mais soyons honnêtes : personne n'aurait réussi à devenir une grande vedette avec ce type de personnage dans le ring, surtout s'il se prend au sérieux. Peut-être dans un rôle comique, mais encore là, le potentiel est très limité dans les histoires à raconter.

(bobKudelski a fait quelques ajouts dans le texte originalement produit par KirkMcLean)

Sources:

jeudi 22 décembre 2022

Gordie Gallant


Pourtant pas particulièrement imposant physiquement (5’11’’, 165 lbs), c’est avant tout avec ses poings que Gordon Gallant a fait sa marque. En 1971-72, bien que non-repêché, il disputa 6 matchs avec les Golden Seals de Columbus, équipe de l'IHL bien sûr affiliée à l’équipe de la Ligue nationale du même nom. Lors de ce court séjour, il amassa 38 minutes de pénalité.

L’année suivante, l’athlète de Shédiac, au Nouveau-Brunswick, s’aligna avec les Blazers de Syracuse de la Ligue Eastern. L’équipe domina outrageusement la ligue (63-9-4) et remporta ainsi la Coupe Walker. Gallant y contribua avec 231 minutes de pénalité. (Il amassa aussi tout de même 51 points.) S’il s’agissait du cinquième total de la ligue, deux de ses coéquipiers l’avaient quand même devancé.

À la fin de la saison, la Ligue Eastern (EHL) se scinda en deux pour devenir d’un côté la Ligue Southern (SHL) et de l’autre, la North American Hockey League (NAHL), la ligue qui inspira le film Slap Shot. Gallant n’y sera toutefois pas, puisqu’il fut embauché par les Fighting Saints du Minnesota de l’AMH. Après une première année plutôt moyenne, le directeur-gérant Glen Sonmor avait décidé d’y aller avec la philosophie en vogue à ce moment en ajoutant du muscle, allant même jusqu’à embaucher brièvement Bill Goldthorpe.

La stratégie de Sonmor eut un certain succès. Si Mike Walton remporta le championnat des pointeurs de la ligue, Gallant remporta de son côté la couronne des minutes de pénalité, avec 223. Les Saints s’inclinèrent toutefois en séries contre les éventuels champions, les Aeros de Houston de la famille Howe.

Ces honneurs ne signifiaient toutefois pas que Walton et Gallant s’entendaient bien. Lors d’un match, alors que le crâneur Walton partit en échappée, Gallant écopa d’une pénalité. Furieux de perdre son occasion, Walton alla invectiver son coéquipier au banc des pénalités. Lorsque le belliqueux Gallant en sortit, il alla frapper Walton. Lorsque l’arbitre menaça de donner une pénalité aux Saints, l’entraîneur Harry Neale répondit que rien n’empêchait un joueur de frapper un coéquipier.

Ce n’est pas la seule altercation qu’eut celui qu’on surnommait "Machine Gun" avec un membre de son équipe. En séries, alors que les Saints étaient à Hartford, Neale imposa un couvre-feu. Lorsqu’il appela la chambre de Gallant, son co-chambreur Mike McMahon répondit à l’entraîneur qu’il n’était pas là. Neale demanda alors à McMahon d’avertir Gallant qu’il venait d’hériter d’une amende de 100$. Une heure plus tard, McMahon appela Neale pour le prévenir que le bouillant Gallant n’était pas content. Un instant plus tard, on cognait énergiquement à sa porte. Après avoir ouvert, Neale se retrouva en sous-vêtements dans le corridor, et il en conserva un œil au beurre noir et des blessures à la bouche qui ont requis 10 points de suture.

Suite à ses agissements, ce n’est pas son deuxième titre du plus grand total de minutes de pénalités qui put venir à la rescousse de Gallant. Il fut aussitôt congédié. Gallant affirma alors que la situation couvait depuis un moment, alors Neale aurait accordé des privilèges excessifs à ses joueurs vedettes. L’allusion à Walton était à peine voilée…

C’est finalement à Québec que se retrouva la petite peste moustachue pour l’année 1975-76. Son séjour dans la vieille capitale fut toutefois marqué par le disgracieux incident Marc Tardif / Rick Jodzio. Quelques minutes avant la sauvage agression de Jodzio à l’endroit de Tardif, Gallant s’en était pris à celui-ci. Y a-t-il un lien entre les deux? Probablement pas, puisque selon une version des faits, l’entraîneur des Cowboys de Calgary Joe Crozier aurait donné ordre à Jodzio de sortir Tardif, chose qu’il a ensuite exécutée sans retenue. Le tout a ensuite tourné en une interminable foire. Gallant fut l’un des nombreux joueurs expulsés du match, après avoir quitté le banc des pénalités pour se mêler à la bagarre.

Cette année avec les Nordiques lui a tout de même permis d’éviter un épisode d’instabilité typique de l’AMH. Après 59 matchs, les Fighting Saints rendirent l’âme et les anciens coéquipiers de Gallant durent alors se retrouver un nouvel endroit où jouer. Mais à la fin de cette même saison, les Crusaders de Cleveland se rendirent à l’évidence que les choses ne fonctionnaient pas et qu'en plus, les Barons de la LNH s'en venaient en ville. Pour la saison 1976-77, ils déménagèrent donc… au Minnesota et décidèrent de s’appeler… les Fighting Saints. Comme entraîneur, ils embauchèrent… Glen Sonmor, qui décida de ramener plusieurs anciens joueurs des anciens Fighting Saints, incluant Gallant. Si la recette était à peu près identique, le résultat fut le même. Après 42 matchs, les Saints cessèrent leurs activités. Gallant alla alors terminer son année avec les Bulls de Birmingham à son dernier tour de piste dans l’AMH.


Il retourna alors à Shédiac pour jouer au niveau senior, pour ensuite jouer dans la Ligue centrale, la Ligue américaine, avant de retourner du côté senior, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve. Il se joignit aussi à l’armée pendant un moment.

À l’été 1998, le chauffe-eau de sa résidence de Pointe-du-Chêne, au Nouveau-Brunswick, explosa. Il parvint à sauver sa conjointe et son fils, mais il fut brûlé sur 80% de son corps et sombra dans le coma. Bien qu’on lui administra deux fois l’extrême onction, il survécut. Après cinq mois à l’unité des grands brûlés à Moncton et neuf opérations, Gallant, toujours aussi indestructible, reprit ses activités et parvint éventuellement à jouer des matchs des anciens.

Sources:

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.2-3, 88, 91, 101-102, 166-167,

"Gallant congédié pour avoir battu son entraîneur", 12 avril 1975, Le Soleil, page E2,

"Filion et Gordy Gallant" de Claude Larochelle, 14 avril 1975, Le Soleil, page B1,

"Tardif à l’hôpital et les Nordiques écopent" de Claude Larochelle, 12 avril 1976, Le Soleil, page C1,

eliteprosprects.com.


mercredi 7 mars 2018

Une petite photo pour le plaisir #72 - Marcel Dionne vs. Ed Hospodar



Je suis récemment tombé sur cette splendide photo et elle m'a tellement fasciné que je me devais de l'analyser pour vous.

Cliquez pour une plus grande résolution


Il s'agit d'une bagarre générale entre les Kings et les Rangers lors du deuxième match de leur série de première ronde le 9 avril 1981. En fait, au moment de la photo il s'agissait plutôt du début de la bagarre, avant que les choses n'empirent pour de bon et que cette mêlée ne devienne légendaire. Un grand total de 59 pénalités furent discernées durant ce match pour un total de 267 minutes, un record à l'époque. Comme plusieurs d'entre vous, j'estime que ce genre de choses n'a plus sa place dans le hockey mais d'un point de vue historique et lorsque l'on porte nos lunettes des années 80, ça demeure amusant d'analyser de telles bagarres.

L'origine de cette mêlée eut lieu au milieu de la première période. Après quelques accrochages et escarmouches en début de match, le capitaine des Rangers Barry Beck assena un "one-punch" à Rick Chartraw (voir texte du 16 janvier 2017) des Kings lors d'une mini-mêlée. Chartraw était alors retenu par l'arbitre qui faisait dos à Beck et le coup de ce dernier était vraiment un cheap shot. Après la première période, les deux équipes se rencontrèrent sur la glace pour régler leur comptes.

Le moment où tout explosa fut magnifiquement capturée en photo ici (photographe inconnu). Au centre, on retrouve Ed Hospodar (#23) des Rangers qui avait Marcel Dionne (#16) comme cible depuis les premières minutes de la série. Il profita de cette mêlée pour s'en prendre à Dionne et c'est là que les choses se dégradèrent.

Il se passe tellement de choses sur cette photo qu'on se doit de l'analyser par section:



On retrouve le regretté Carol Vadnais (voir texte du 31 août 2014) à la gauche de tout ça qui semble vouloir rester en retrait mais qui est sur le point de s'en mêler lui aussi.

Comme on peut voir, les Rangers de l'époque portaient une variante de leur chandail traditionnel avec le "New York" au lieu du "Rangers" à la diagonale. En fait c'était le cas seulement sur le chandail bleu et non pas le chandail blanc à domicile. Ils portèrent ce chandail jusqu'en 1987.
Deux belles permanentes ici avec l'instigateur de toute cette pagaille, le capitaine Barry Beck, ainsi que le resplendissant Ron Duguay en arrière de lui.

On peut entrevoir un peu de frayeur dans les yeux de Beck ainsi qu'un léger soupçon de culpabilité. Pour sa part, Duguay a l'air plutôt cool, comme d'habitude. (Voir texte du 1er nov. 2012)
On a ici un beau trio de belles faces que j'ai décidé de surnommer les "3 Stooges". Selon mes recherches, le seul que je suis capable d'identifier est celui du milieu, l'attaquant Eddie Johnstone , car ce dernier a une bouille assez reconnaissable. Les deux autres demeurent difficiles à identifier. Je ne sais même pas si le troisième (le gars qui a l'air un peu stone) est avec New York ou L.A.
À la toute droite on retrouve d'autres acteurs secondaires dont le légendaire Dean Talafous des Rangers, un des membres de notre Top 100 des joueurs aux noms les plus drôles. D'ailleurs, Hospodar est aussi dans cette liste.

Les deux autres joueurs des Kings sont Greg Terrion (#14) et le Rouynorandien André St.Laurent (#15). Ce dernier était un des fiers porteurs de ces casques ultra-padés aux oreilles.
Et au centre de tout ce beau monde on retrouve le fameux Ed "Boxcar" Hospodar, un des joueurs les plus détestés de l'époque, particulièrement lors de son passage plus tard avec les Flyers. Il fut d'ailleurs un des instigateurs d'une autre mêlée légendaire, celle des séries de 1987 entre Montréal et Philadelphie. On sait qu'on a affaire avec un vrai goon lorsqu'on retrouve une photo officielle du joueur avec un œil au beurre noir.

Au moins il peut se vanter d'avoir marqué le premier but du match.
Finalement, on retrouve dans le haut au centre un joueur qui je pense est Ron Greshner, futur capitaine de l'équipe après Beck. (voir texte du 7 mars 2015).

Ce joueur résume parfaitement la situation et les sentiments des annonceurs du match...








Comme bonus, j'ai trouvé ce vidéo de cette mêlée avec les éléments instigateurs de Beck et compagnie plus tôt dans la période.Vers la marque de 6:30, on voit la situation dégénérer davantage lorsque Hospodar est emmené près de la baie vitrée par un des officiels. Hospodar fut ensuite attrapé par derrière par le gardien réserviste des Kings, Paul Pageau. Ce dernier n'était pas en uniforme, tout comme le réserviste des Rangers, Nick Fotiu. Ce dernier s'en prit à Pageau par la suite et c'est le garde du corps du proprio des Kings qui intervint pour séparer tout ce monde. Fotiu n'était pas en uniforme car il servait à ce moment une suspension de 8 matchs pour s'être battu avec des fans lors d'un match à Détroit en mars...

Au final, les Kings remportèrent le match 5-4 mais perdirent le suivant 10-3 et la série 3-1 (dans les temps des 3 de 5 en première ronde. Dionne marqua également un but en première période. Malgré tout, Dionne ne reçut que 5 minutes de pénalité dans ce match tandis qu'Hospodar en reçut 39 et Beck 30 minutes.



Du hockey comme dans l'temps! Dans l'temps qu'on était mongol...


Sources:
LA Times
Dropyourgloves.com
Scoutingtherefs.com
NHL.com

lundi 3 juillet 2017

Paul Baxter



Paul Baxter a bénéficié du fait que l’AMH permettait à ses équipes de repêcher des joueurs de 18 ans, alors que la LNH exigeait d’attendre à 19 ans. Il fut donc un choix de première ronde, 11e au total, des Crusaders de Cleveland en 1974. Sa saison fut toutefois courte. Il a joué 5 matchs avec Cleveland, puis à son 2e match avec les Cape Codders de Cape Cod de la Ligue nord-américaine, il subit une blessure au genou qui mit fin à sa saison. Par contre, lors de son court séjour à Cleveland, le pourtant religieux Baxter donna le ton de sa carrière à venir, en accumulant tout de même 37 minutes de pénalité. Son style cadrait donc parfaitement avec les agressives années 1970.

L’année suivante, Baxter fut repêché par les Penguins en 4e ronde, mais il demeura avec Cleveland, où il afficha un total de 201 minutes de pénalité.

À la fin de la saison 1975-76, les Crusaders rendirent l’âme et Baxter signa donc comme agent libre avec les Nordiques. Ceux-ci venaient d’être éliminés des séries suite à une attaque sauvage de Rick Jodzio des Cowboys de Calgary qui les avaient privés de leur meilleur joueur, Marc Tardif. Baxter était donc là pour ajouter de la robustesse.

La stratégie a alors bien fonctionné. Baxter accumula 244 minutes de pénalité et les Nordiques remportèrent la Coupe Avco.

En 1977-78 et en 1978-79, Baxter demeura avec les Nordiques et il totalisa 240 minutes de pénalité à chaque occasion. Au total, à la fin des activités de l’AMH, Baxter était donc le meneur de toute l’existence de la ligue, avec 962 minutes et ce, malgré que pendant les 7 années qu’elle a duré, il n’a pas joué pendant les deux premières et à peine quelques matchs pendant la troisième.

Lors de la fusion LNH-AMH, les équipes restantes du circuit maudit eurent des conditions d’admission plutôt difficile et ne purent protéger que trois de leurs joueurs. Alors qu’on aurait pu croire qu’ils protégeraient des joueurs comme Marc Tardif, Réal Cloutier ou Serge Bernier, ils utilisèrent d’autres façons de les conserver. Ils choisirent plutôt Richard Brodeur (qui finit par retourner aux Islanders de toute façon), Gary Larivière et Baxter. De cette façon, ce dernier ne retourna pas aux Penguins, qui détenaient ses droits dans la LNH.

Ce ne fut que partie remise puisqu’à la fin de la saison, Baxter devint joueur autonome et signa avec Pittsburgh.


À sa deuxième saison avec les Penguins, en 1981-82, la réputation de Baxter, qui n'était pourtant pas si grand, n’était plus à faire. En novembre et en décembre, il fut la cible de quatre incidents qui entraînèrent la suspension d’adversaires. Chris Nilan écopa d’abord de trois matchs pour lui avoir lancé une rondelle qui le coupa et demanda neuf points de suture. Paul Holmgren reçut quant à lui cinq matchs pour un coup de poing destiné à Baxter qui aboutit finalement sur l’arbitre. Barry Beck (six matchs) et Nick Fotiu (un) des Rangers furent de leur côté suspendus pour avoir quitté leur banc lors d’une mêlée pour lui mettre la main au collet. Finalement, Blaine Stoughton reçut une suspension de huit matchs pour avoir donné un double-échec à la tête de Baxter.

Baxter continua malgré tout sa saison et atteignit un sommet : 409 minutes de pénalité. Il s’agissait non seulement du plus haut total de la ligue, mais également du deuxième plus haut total de l’histoire, derrière le 472 minutes de Dave Schultz en 1974-75. Il s’agit encore aujourd’hui du deuxième plus haut total de l’histoire en une saison.

L’année suivante, Baxter établit une autre marque personnelle, mais dans un autre registre. Il marqua 11 buts, un niveau qu’il n’avait jamais atteint, même dans le junior.

Il devint ensuite à nouveau joueur autonome et signa avec les Flames, avec qui il joua ses quatre dernières années. Au total, le défenseur joua 472 matchs dans la LNH et accumula 1564 minutes de pénalité. En ajoutant son total dans l’AMH, on en obtient 2526.

Les Flames le nommèrent ensuite entraîneur-chef de leur club école, les Golden Eagles de Salt Lake. Dès sa première année, il les mena à la Coupe Turner. L’année suivante, ils se rendirent à la finale.

Baxter est ensuite retourné dans la Ligue nationale comme entraîneur-adjoint avec Calgary, Chicago, San Jose et la Floride. Il a aussi été entraîneur-chef du HIFK en Finlande, et entraîneur, directeur-gérant et propriétaire des Wildcats de Wichita Falls de la NAHL.

Sources : hockeydb.com, legendsofhockey.net, quanthockey.com, wikipedia.org.

lundi 12 décembre 2016

Frank Beaton



Le chemin de Frank Beaton vers les grandes ligues a été plutôt tortueux. Après avoir joué dans sa Nouvelle-Écosse natale, il se retrouva dans la Ligue junior du sud de l’Ontario pendant deux ans. Pourtant pas si imposant (5 pi 10, 175 lbs), Beaton se fit une réputation de dur et passa de nombreuses minutes sur le banc des punitions.

Même pas dans l’une des meilleures ligues juniors, il n’attira évidemment pas l’attention des équipes de la Ligue nationale et ne fut pas repêché.

Dans cette période où la LNH prenait de l’expansion rapidement et où l’AMH venait de débuter ses activités, la demande pour des joueurs de hockey était tout de même forte et comme nous étions dans les belliqueuses années 1970, c’était particulièrement le cas pour les bagarreurs. Après un camp infructueux avec les Flames d’Atlanta, Beaton passa les saisons 1973-74 et 1974-75 avec les Generals de Flint de l’IHL.

L’année suivante, après avoir débuté la saison avec les Gulls de Hampton et battu le record de minutes de pénalités par saison de la Southern Hockey League en à peine 30 matchs, Beaton fut rappelé par les Stingers de Cincinnati de l’AMH. Pendant son séjour de 29 matchs, avant de retourner à Hampton, Beaton a été impliqué dans un incident hors glace. Alors qu’il était allé faire le plein, le pompiste aurait renversé de l’essence sur sa précieuse corvette. Il s’en suivit une engueulade, jusqu’à ce que le pompiste agrippe un démonte-pneu. Toutefois, Beaton n’a pas eu besoin d’aucun instrument pour amocher le pompiste, qui porta plainte.

L’année suivante, Beaton s’alignait avec les Oilers d’Edmonton. Lors de leur premier voyage à Cincinnati, à la fin du match, des policiers confondirent Beaton avec le descripteur des Oilers. Lorsque ce dernier avertit Beaton, celui-ci fit en sorte de se camoufler dans un sac d’équipement, qu’on chargea et qui lui permit d’échapper aux policiers.

En 1977-78, il signa avec les Bulls de Birmingham, une équipe de bagarreurs dirigée par Glen Sonmor. Lorsqu’il fut rappelé, il fut aussitôt impliqué dans le massacre de l’Action de grâce, pour ses talents pugilistiques bien sûr.

À son retour à Cincinnati, dans l’uniforme des Bulls cette fois, les forces de l’ordre ne prirent pas de chance et ils se présentèrent à leur banc pendant la première période. Beaton alla alors vers le vestiaire pour se cacher. Les policiers finirent par lui mettre le grappin dessus, et il fut emmené en prison. Avant de quitter, on lui permit tout de même de prendre une douche, mais comme Beaton s’était déjà défilé, ils ne voulurent pas lui laisser terminer son match.

Rick Dudley des Stingers lui apporta de la nourriture, puis Jacques Demers, avec Cincinnati à ce moment, vint verser sa caution, comme quoi les relations entre adversaires n’étaient pas si mauvaises.

À l’été 1978, l’entraîneur des Broad Street Bullies, Fred Shero, quitta Philadelphie pour déménager à New York et diriger les Rangers. Sans surprise, il voulut rendre les Blueshirts plus robustes et il signa entre autres Beaton. Ce dernier joua peu (25 matchs en deux ans), mais ceci lui permit de goûter à la LNH et même de marquer un but, à Vancouver, contre les Canucks. Par contre, il passa plus de temps dans la Ligue américaine, avec les Nighthawks de New Haven. Il faut dire que c'est ce qu'il a fait tout au long de sa carrière, la navette entre le grand club et les ligues mineures.

Il termina finalement sa carrière dans la Ligue centrale, avec entre autres Birmingham, où il avait joué du temps de la maintenant défunte AMH.

À la fin de sa carrière, celui qu’on surnommait ″Seldom″ (rarement) s’était battu tellement fréquemment et on lui avait recousu les lèvres tellement souvent que la chair s’était épaissie, au point de rendre difficile de lui insérer l’aiguille pour le recoudre, ce qui rendait la chose évidemment encore plus douloureuse.

Établi depuis en Alabama, Beaton fit un retour dans le monde du hockey, lorsqu’il devint l’adjoint de Garry Unger, derrière le banc des Slammers de l’Alabama de la WHA2.

(Le nom ″Slammers″ est plutôt particulier, puisque d’abord, un Slammer est une prison. Et puis un Alabama Slammer est un cocktail à base d’amaretto, de Southern Comfort, parfois de sloe gin, complété par du jus d’orange.)

L’aventure a duré un an, tout comme la ligue.

Sources:
Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.1, 122-123, 199,
″Top 10 Toughguys″ de Murray Greig, 5 janvier 2007, Edmonton Sun (slam.canoe.com), ″Frank ″Seldom″ Beaton″ de Mark Malinowski, 28 août 2011, The Hockey News (thehockeynews.com), hockeydb.com.

lundi 4 mai 2015

Randy Holt









Randy Holt est un autre de ces bagarreurs des années 1970.  Choix de troisième ronde en 1973, il ne tarda pas à s’établir une réputation chez les pros.  Après avoir amassé 222 minutes de pénalité avec les Black Hawks de Dallas de la Ligue centrale, il remit ça pour l’année 1974-75.  En 65 matchs, il amassa 411 minutes de pénalité, soit une moyenne de 6 minutes et 19 secondes par match.  Ses ″exploits″ lui valurent d’ailleurs d’être rappelé par Chicago.  En fait, si on ajoute son total dans la LNH et celui pendant les séries de la CHL, Holt a passé 510 minutes au cachot pendant cette saison.  Sa ″performance″ lui a d’ailleurs valu d’être choisi au sein de la première équipe d’étoiles de la CHL.

Holt passa les années suivantes à faire la navette entre Chicago et Dallas, mais en 42 matchs dans la grande ligue, il n’avait marqué aucun but.  En fait, ce n’est qu’au cours de son passage avec les Barons de Cleveland, en 1977-78, qu’il trouva finalement le fond du filet.

C’est aussi à partir de ce moment qu’il commença à jouer plus régulièrement, même si son séjour à Cleveland fut de courte durée.  À la fin de la saison, l’équipe fut dissoute et il passa aux Canucks, puis aux Kings, où dans leur uniforme, il établit une marque qui tient toujours.  Le 11 mars 1979, les Kings ont affronté les Flyers, dans un match qui a tourné en foire.  Le tout a commencé par une escarmouche entre Holt et Frank Bathe.  Dans la seule première période, 372 minutes de pénalité ont été décernées.  Au total, dix joueurs ont été expulsés et 380 minutes de pénalité ont été purgées.  La marque de 380 était de 124 minutes supérieure à l’ancien record.   (Ce record a depuis été battu par les Sénateurs et ces mêmes Flyers, le 5 mars 2004.  Ils en ont alors accumulé 419.)  À lui seul, Holt s’est mérité 67 minutes, ce qui constitue toujours un record.  Pourtant, Holt ne s’est pas décrit comme un batailleur, seulement comme un joueur robuste…

En 1980, il est acquis par les Flames de Calgary, fraîchement déménagés d’Atlanta, en retour de l’homme de fer du moment, Garry Unger.

L’équipe fit les séries à sa première saison en Alberta et se rendit même jusqu’en demi-finale.  En éliminatoires, Holt joua 13 matchs et marqua deux fois, un nombre égal au total de buts qu’il avait compté jusque-là, soit en 240 matchs.

Au cours de l’année 1981-82, il fut échangé aux Capitals.  Pendant cette saison, il atteint deux de ses sommets : 259 minutes de pénalité et… 8 points, incluant ses deux derniers buts en carrière.

En 1982-83, il ne se contenta pas de battre son record personnel.  Ses 275 minutes de pénalité lui valurent le sommet de la ligue dans cette catégorie.

Il termina sa carrière en jouant quelques matchs avec les Flyers en 1983-84.

Au total en saison régulière, il a joué 395 matchs et accumulé 1438 minutes de pénalité, soit une moyenne de 3 minutes et 38 secondes par match.  D’autre part, sa fiche offensive se limite par contre à 4-37-41.

Sources : ″Penalty records In Kings vs Flyers debacle″, AP, 12 mars 1979, Montreal Gazette, p.19, ″Goon hockey still is around; game is termed ′a disgrace′″, CP, 12 mars 1979, Calgary Herald, p.C4.

vendredi 25 juillet 2014

Scott Parker, le Sheriff










Parmi les joueurs des dernières années que je n’écœurerait pas, Scott Parker fait partie du top de la liste. J'imagine qu'au-delà de son look qui l'associe plus à un membre d'un groupe metal comme Crowbar ou Soilent Green, il doit être un bon mec, après tout, les goons sont apparemment tous des bons mecs. Mais si on se fie à ses faits d'armes, j'imagine qu'il n'est pas toujours gentil. Rappelons-nous ce qu'il a dit à propos de son ancien collègue Steve Moore, prenant la défense de Steve Bertuzzi :

He's a good man ... he is, I mean, he did get dealt some bad cards, and the thing is, (Moore) always thought he was better than everybody else. He went to Harvard, you know what, b*** me. College grad. I never went to college, but I can kick your ass. I'll bring you right down to my IQ level if you want. I'll hit you about four times in the skull, that'll bring you right down. So, you know, Todd just ... it was one of those games. I know he's marked now. People hate him, and it's amazing what that can do to a man, too. It can make you feel this small, you know. And he's not a bad man. He's a great guy and a good family guy, and he just got marked.

Des commentaires comme ça feraient peur à Jasmin Roy... Donc si vous ne respectez pas The Code, vous allez vous mettre Parker à dos...

Tout ça pour dire que je voulais simplement montrer ce vidéo qui date de la saison 2006 alors que Parker jouait pour les Sharks... Après avoir asséné un bon coup de coude dans le visage de Jordin Tootoo, Parker a essayer d'agripper Brendan Witt en sautant sur la vitre séparant les deux bancs...



Parker s'est pris deux matchs de suspension pour ça...

Si je peux m'exprimer également, les deux équipes portent des chandails horribles...

Depuis qu'il a pris sa retraite, du moins que l'Avalanche ait brisé son contrat pour avoir refusé de se reporter aux Monsters de Lake Erie et que personne n'ait voulu de lui, Parker est le propriétaire avec son épouse d'un salon de barbier au Colorado... Je ne sais pas si je m'obstinerait avec lui pendant qu'il me coupe les Cheveux...

Parker faisait parti de l'équipe de l'Avalanche qui a remporté la Coupe Stanley en 2001... Il l'a d'ailleurs immortalisé dans son cou...