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vendredi 28 mars 2025

Histoires de coupes: 1995

 




Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Aujourd'hui, après une pause de quelques mois, revoici la suite avec les Devils de 1995.

Chapitres précédents: 1990, 1991, 1992, 1993, 1994


 

Joueurs: Neal Broten, Jim Dowd, Brian Rolston, Bobby Holik, Sergei Brylin, Bob Carpenter, Randy McKay, Mike Peluso, Bill Guerin, John MacLean (A), Tom Chorske, Danton Cole, Claude Lemieux, Valeri Zelepukin, Stéphane Richer, Scott Stevens (C), Ken Daneyko, Tommy Albelin, Chris McAlpine, Bruce Driver (A), Scott Niedermayer, Kevin Dean, Shawn Chambers, Martin Brodeur, Chris Terreri

Staff: John J. McMullen (Owner/Chairman/Governor), Peter McMullen (Vice President), Lou Lamoriello (President/General Manager), Jacques Lemaire (Head Coach), Jacques Caron (Goaltender Coach), Dennis Gendron (Asst. Coach), Larry Robinson (Asst. Coach), Robbie Ftorek (AHL Coach), Alex Abasto (Asst. Equipment Manager), Bob Huddleston (Massage Therapist), Dave Nichols (Equipment Manager), Ted Schuch (Medical Trainer), Mike Vasalani (Strength-Conditioning Coach), David Conte (Director of Scouting), Milt Fisher (Scout), Claude Carrie (Scout), Dan Labraaten (Scout), Marcel Pronovost (Scout)

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D'abord pour les quelques faits divers cocasses et/ou semi-intéressants de cette finale, et bien il s'agissait de la première fois depuis 1980 (New York vs. Philadelphie) que la finale se disputa entièrement dans le même fuseau horaire. Heille on peut pas dire que je ne vous apprends jamais rien...

Il s'agissait également de la première de 9 finales consécutives à ne pas avoir une équipe canadienne dans les finalistes, ce qui demeure le record à ce jour, qui fut toutefois égalé par l'écart entre la présence en finale des Canucks en 2011 et celle du Canadien en 2021. Avant cet écart 1995-2004 (Flames vs. Lightning), le maximum avait été de seulement deux saisons et ce depuis la création du trophée en 1893.

Aussi comme la saison 1994-1995 avait dû être écourtée à seulement 1995 à cause du lock-out, la victoire des Devils fut retardée jusqu'au 24 juin 1995, ce qui était alors la date la plus tardive jamais vue jusque-là. Lors de l'autre finale affectée par un lock-out, celle de 2013, on assista également à une remise le jour de la St-Jean, encore le 24 juin, 2013 cette fois-ci. 

Ce record de date fut ensuite anéanti à jamais (on l'espère crissement) lors des séries compliquées covidiennes de 2020 alors qu'on dut attendre jusqu'au 28 SEPTEMBRE! Je sais, ça fait pas si longtemps mais on dirait que j'en reviendrai jamais de ça... Le lendemain, les joueurs commençaient leur entrainement d'été et le surlendemain c'était le camp d'entrainement...

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Mais bon, assez parlé de ces années de marde. 

Pour ce qui est des joueurs inscrits sur la coupe de 1995 des Devils, il y a plusieurs noms ici qui nous surprennent par le fait qu'on ignorait ou oubliait que le joueur ait remporté la coupe Stanley ou même qu'il avait joué avec les Devils tout court. Ou encore qu'il était encore avec l'équipe à ce moment. C'est le cas des Jim Dowd, Tom Chorske, Brian Rolston ou encore d'un Chris McAlpine. Un gros WTF d'ailleurs pour ce dernier alors que dans ma tête il avait seulement joué pour les Blues. Mais en fait non, il avait été repêché par New Jersey en 1990 et y a seulement joué durant cette saison écourtée de 1995, pour 24 matchs en saison et aucun en séries... Il se qualifiait toutefois pour être gravé car la limite normale de 41 matchs avait été abaissée.

Il y a aussi ces bons vieux cas de joueurs vétérans qui en méritaient finalement une comme Neal Broten, Bruce Driver, John MacLean, Shawn Chambers et Bob Carpenter. Stéphane Richer en méritait bien une deuxième. Bill Guerin, encore tout jeune, devra ensuite attendre en 2009 avec Pittsburgh pour en remporter une deuxième.

Mais donc qui choisir comme véritable joueur «LVEUP-WTF-quessé qu'il fait là lui»? 

Et bien dans ce cas-là, je prends souvent le plus no-name du lot, et ici il s'agit de nul autre que Kevin Dean.

Who the fuck is Kevin Dean?

Et bien l'actuel assistant-entraineur des Blackhawks est un cas super intéressant qui me réjouit beaucoup car lorsque je choisis d'écrire comme ici sans retenue avant de checker de quoi je parle avant de choisir d'en parler, et bien parfois j'ai pas grand chose à dire sur le joueur.

Mais ici non. Joueur de défense, Dean avait d'abord été un choix de 5e ronde des Devils en 1987. Il joua ensuite 4 années dans la NCAA avant de débuter son parcours dans les filiales des Devils. Ce n'est que durant cette saison écourtée de 1995 qu'il parvint finalement à jouer dans la LNH avec le grand club, jouant 17 matchs en saison et 3 en séries. 

Et comme la saison 1995 avait dû voir sa finale être repoussée jusqu'à la fin juin, il n'en était pas le cas dans les mineures, alors que la finale de la ligue américaine fut remportée le 26 mai 1995. Cette finale mettait aux prises les River Rats d'Albany contre les Canadiens de Fredericton et fut remportée par les River Rats, qui étaient alors le club-école des Devils. 

Donc les Devils et leur club-école ont remporté le trophée le championnat de leur ligue respective la même saison, ce qui représentait la troisième fois, et à ce jour la dernière, qu'on assistait à un tel exploit pour une organisation. La première fois avait eu lieu en 1975-76 lorsque les Canadiens remportèrent la coupe Stanley et leur club-école, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, remportèrent la coupe Calder. L'organisation répéta ensuite l'exploit la saison suivante, soit en 1976-77.

En plus de Kevin Dean, quelques autres joueurs comme Sergei Brylin et Chris MacAlpine avaient aussi joué avec les River Rats et les Devils durant la saison. Mais Dean est le seul du lot à avoir joué des matchs en séries pour Albany. Il avait alors joué 8 des 14 matchs du parcours des River Rats. Il m'est impossible de vérifier s'il a joué durant la finale contre Fredericton mais s'il a été ensuite choisi en renfort par les Devils quelques semaines plus tard, j'ose imaginer que oui.



J'ignore cependant quels sont les critères pour avoir officiellement fait partie d'une équipe championne de la coupe Calder, mais selon ce que j'ai pu voir, seulement les joueurs ayant joué en séries semblent être considérés. Un joueur comme Sergei Brylin avait joué 67 matchs en saison avec les River Rats mais fut rappelé en fin de saison. Il ne joua aucun match en séries avec Albany et ne semble pas faire partie de la liste de l'équipe championne.

Cela ferait donc de Kevin Dean un des seuls joueurs de l'histoire à avoir remporté la coupe Calder et la coupe Stanley la même saison.  J'ai vérifié avec les deux éditions de Montréal/Nouvelle-Écosse de 76 et 77 et les seuls autres joueurs à avoir gagné les deux coupes comme Dean sont Pierre Mondou et Mike Polich qui avaient tous les deux passé l'entièreté de la saison 76-77 en Nouvelle-Écosse avant de rejoindre le CH comme renforts en finale suite à leur coupe Calder, les deux championnats étant décalés de quelques semaines.

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Ensuite du côté du staff, on a plusieurs des acteurs qui ont avaient forgé cette équipe championne qui quelque 10 ans plus tôt était la risée de la ligue après deux déménagements (Kansas City et Colorado) et la fameuse déclaration «Mickey Mouse» de Wayne Gretzky. On parle ici surtout de Lou Lamoriello mais aussi le propriétaire John McMullen qui avait grandement travaillé à faire partir la franchise du Colorado. 

On retrouve également le coach Jacques Lemaire et son ancien coéquipier comme assistant, Larry Robinson. On retrouve également une première dans cette série car c'est la première fois que je vois l'inclusion du coach du club-école, ici Robbie Ftorek. Ce dernier avait probablement mérité sa place dû à la conquête des River Rats discutée plus tôt. 

Mais ici je porte mon choix sur le vénérable Marcel Pronovost, dont j'ignorais totalement qu'il avait, après une longue carrière qui le mena au temple de la renommée, été à l'emploi des Devils comme recruteur. Mais avant ça il avait tenté sa chance comme entraineur à divers niveaux, notamment comme entraineur des Sabres pendant deux saisons et aussi brièvement des Red Wings. 

C'est en 1990 qu'il devint recruteur au New Jersey, et apparemment qu'il aurait grandement aidé ses patrons à choisir Martin Brodeur au repêchage de 1990. Il demeurera en poste jusqu'à sa mort en 2015.


C'était donc la finale de 1995 et ses noms gravés sur la coupe. Contrairement aux Devils, qui ont incompréhensiblement raté les séries l'année suivante, on se revoit en 1996.

mercredi 29 janvier 2025

Joueur oublié des 90's #98 - Craig Billington









Le nom de Craig Billington est rarement un de ceux qu'on "name drop" lors d'une discussion entre nostalgiques du hockey des années 90. Pourtant un gardien durable car rarement blessé, et bien qu'il ne corresponde pas aux standards présent de la LNH (il mesure 5'10" et pesait 175 livres), Billington a su faire durer sa carrière, réussissant même à toucher à l'honneur ultime.

Né le 11 septembre 1966 à London en Ontario, Craig Billington débuta sa carrière junior avec les Diamonds de sa ville natale, dans le Junior B. Il fut promu la saison suivante dans la OHL, avec les Bulls de Belleville, obtenant rapidement le poste de gardien partant, disputant 44 matchs, maintenant une fiche partagée de 20 victoires contre 19 défaites. Il en fit assez pour attirer l'attention des Devils du New Jersey, qui firent de lui le premier gardien repêché en 1984, 23e au total en deuxième ronde.


De retour à Belleville pour l'année 1984-85, Billington participa à 47 rencontres, en remportant 26. De plus, il fut sélectionné pour représenté le Canada au championnat mondial junior qui avait lieu en Finlande. Il revint au pays avec la médaille d'or au cou en plus du titre de meilleur gardien du tournoi, ne perdant aucun de ses cinq matchs (3-0-2), blanchissant même les puissants soviétiques. En séries éliminatoires, il aida les Bulls à se rendre dans le carré d'as de la OHL, s'inclinant face aux Petes de Peterborough. Ses dernières performances lui permirent de se hisser au sein de l'équipe d'étoiles de la OHL.

Il fit ses débuts dans la LNH à l'automne 1985 en tant que troisième gardien derrière Glenn Resch et Alain Chevrier. Billington vit de l'action durant 5 matchs, remportant ses 3 décisions. Lorsqu'il devait laisser sa place aux deux autres gardiens de l'organisation, Billington en profitait pour être commentateur lors de la retransmission radio des matchs de son équipe. Les Devils le retournèrent ensuite à son équipe junior pour qu'il puisse rejoindre l'équipe junior canadienne afin de participer à un autre championnat junior, qui avait lieu cette fois en Ontario. Gagnant quatre de ses cinq parties, Billington et Équipe Canada durent se contenter de la médaille d'argent, alors que les soviétiques survolèrent le tournoi, remportant leur 7 parties. Il retourna ensuite au New Jersey jusqu'à la fin de la saison, connaissant sa part de difficulté, ne remportant qu'une seule de ses 11 décisions.

Les Devils décidèrent d'envoyer Billington faire ses classes dans la ligue américaine pour la saison 1986-87, l'envoyant avec les Mariners du Maine, où il côtoya deux autres jeunes gardiens de l'organisation, Chris Terreri et un certain Kirk McLean. Ayant fait bonne figure lors des vingt parties qu'il disputa, Billington fut rappelé au début de l'année 1987 afin d'épauler Alain Chevrier. Il ne parvint cependant pas à élever son jeu, ne remportant que 4 des 22 matchs où il fut devant la cage du New Jersey, ce qui incita ces derniers à le retourner dans la ligue américaine pour débuter la saison suivante. Puisque son coéquipier Chris Terreri passa la majorité de la saison au sein de l'équipe nationale américaine, Billington disputa un grand nombre de 59 parties dans l'uniforme des Devils d'Utica en 1987-88, remportant 22 victoires. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour lui mériter un rappel, restant à Utica pour les deux saisons suivantes, n'étant d'office que pour trois parties avec le grand club pendant cette période.

Suivant l'exemple de Terreri (qui était maintenant à temps plein dans la LNH avec les Devils), Billington passa l'entièreté de la saison 1990-91 avec l'équipe nationale canadienne. En plus de jouer dans plus de 35 matchs, il participa au championnat mondial, revenant au pays avec une nouvelle médaille d'argent au cou. De retour dans l'organisation des Devils pour la saison 1991-92, il compléta la tâche derrière Terreri, participant à 27 matchs et remportant 13 de ses 21 décisions. De plus, possédant un équipement très ressemblant à celui de son coéquipier (à l'exception qu'il portait un masque et Terreri un casque), la compagnie ProSet (qui d'autre!) les mélangea pour leur carte, utilisant à chaque occasion une photo de Chris Terreri.

La carte de Billington est celle de droite …

Il partagea équitablement le travail avec Terreri lors de la saison suivante, disputant 42 parties. Il fut de plus sélectionné pour participer au match des étoiles qui avait lieu à Montréal en 1993. À la fin de la saison, les Devils devaient se départir d'un gardien à la fin de la saison, le jeune Martin Brodeur étant fin prêt à faire le saut dans la LNH. Ayant prouvé sa valeur, Billington fut expédié (ainsi que Troy Malette et un choix de 4 ronde) aux pauvres Senators d'Ottawa, qui avaient besoin d'un gardien solide, en retour de Peter Sidorkiewicz et un choix conditionnel qui devint Mike Peluso. 

Faisant de son mieux dans la capitale canadienne derrière une équipe pitoyable, Billington ne put faire mieux que 11 victoires en 72 matchs, dont aucune victoire en 9 matchs lors de la saison écourtée de 1994-95. Au moins, Billington avait un beau look dans la capitale nationale, puisque son équipement aux nouvelles couleurs des Devils concordait parfaitement avec les couleurs des Senators. Lorsqu'il reçut son nouveau masque plusieurs mois après son arrivée à Ottawa, il avait vraiment fier allure, comparativement à l'équipe …


Heureusement pour lui, les Bruins de Boston en firent son acquisition à la date limite des transactions 1995, afin de seconder Bill Ranford. Il fit bonne figure, ajoutant 5 victoires à son palmarès, et s'assurant le même job pour la saison suivante. Ses performances furent toutefois en dents de scie lors de la saison suivante et les Bruins ne renouvelèrent pas son contrat lorsqu'il vint à échéance en juin 1996. 

Billington dût attendre à la fin de l'été, tout juste avant le camp d'entraînement, avant qu'une équipe lui fasse signe. Ce sonr les Panthers de la Floride qui lui offrirent un contrat au début du mois de septembre. Alors qu'il devait être en train de planifier la job de peinture sur son casque, il fut réclamé par l'Avalanche du Colorado lors du repêchage de non-protection (Waiver Draft) à la fin du mois de septembre, chose qui n'existe plus depuis 2003. Ces derniers n'avaient pas encore trouvé de gardien pour seconder Patrick Roy depuis qu'ils avaient exaucé le vœu du deuxième gardien de l'organisation, Stéphane Fiset, alors qu'ils l'avaient envoyé aux Kings.

C'est donc en tant que substitut de Patrick Roy que Billington se présenta à Denver. Derrière une solide équipe, Billington enregistra les meilleures statistiques de sa carrière en trois saisons avec l'Avalanche, ajoutant 30 victoires à sa fiche en 67 parties. Dû à la progression d'un jeune Marc Denis, et après s'être amplement acquis de sa tâche, Billington fut échangé à l'été 1999 aux Capitals de Washington, où le même rôle l'attendait, cette fois derrière Olaf Kolzig.

Une saison et quart à Boston, trois saisons au Colorado

Dans la capitale américaine, Billington ne put tenir les mêmes standards qu'au Colorado, ne réussissant pas à montrer une fiche gagnante lors de trois saisons complètes, même en disputant moins de rencontres. Heureusement pour les fans des Capitals, Kolzig grugeait sa grande part de victoires et l'équipe prenait les victoires de Billington comme un "bonus" lorsqu'elles arrivaient. Toutefois, après n'avoir participé qu'à cinq matchs en 2002-03, Billington annonça sa retraite au début du mois de janvier, laissant sa place au jeune Sébastien Charpentier. 

Billington : Qu'est-ce que t'as mangé pour souper ?
Kidd : Des ramens.
Billington : Crime, ça aurait été bon ça !

Billington fut immédiatement engagé par son ancienne équipe, alors que l'Avalanche le nomma comme entraîneur des gardiens. Il est d'ailleurs toujours à l'emploi de l'équipe, ayant occupé différents postes, soit au sein du département de développement des joueurs, soit comme assistant au directeur général. Il a d'ailleurs pu mettre la main sur la coupe Stanley lors de la conquête de 2022 de l'Avalanche, trophée qui lui a échappé tout au long de sa carrière de joueur.


Fiche dans la LNH : 332 parties, 110 victoires, 149 défaites, 31 matchs nuls