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jeudi 28 août 2025

Joueur oublié des 90's #103 - Bruce Driver


  


Les Devils ont eu des défenseurs de renom durant leurs meilleures années, comme Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Mais avant ces trois-là, le premier vrai bon défenseur de l'histoire de l'équipe fut le plus discret Bruce Driver, qui vit la franchise passer de risée de la ligue à championne de celle-ci.

Né le 29 avril 1962 à Etobicoke en Ontario, Driver ne semblait pas destiné à faire carrière dans la Ligue nationale. À 13 ans, il est même coupé de son équipe bantam parce qu’on le juge trop petit et trop frêle. Il persévère malgré tout et se démarque dans le junior A, ce qui incite les Generals d'Oshawa à le repêcher. Il refuse toutefois l'appel de la OHL pour plutôt accepter de joindre les Badgers de l'Université du Wisconsin. 
 
À l'époque, la voie de la NCAA demeurait peu fréquente pour se rendre à la LNH, surtout pour les joueurs canadiens. Toutefois, coïncidence ou pas, c'est suite au «Miracle on ice» de 1980 qu'on remarqua de plus en plus de joueurs optant pour la NCAA au lieu de la OHL ou la LHJMQ. Le Wisconsin offrait d’ailleurs les exemples les plus éloquents, fort d’un des meilleurs programmes universitaires du pays, dirigé par le vénérable Bob Johnson.
 
Driver débuta son stage universitaire en force en 1980-81, aidant les Badgers à remporter le championnat national. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 6e ronde du repêchage de 1981 par les défunts Rockies du Colorado. 

En 1981-82, les Badgers reçurent davantage de renforts avec l'arrivée de deux autres futurs joueurs de la LNH, soit Patrick Flatley et Chris Chelios, ce dernier étant muté sur la première ligne de défense avec Driver, qui lui fut élu sur la première équipe d'étoiles.
 
En 1982-83, Driver fut nommé capitaine des Badgers et mena l'équipe à une autre conquête du championnat national. Lors du match décisif contre Harvard, il récolta 1 but et 2 passes dans une victoire de 6-2 qui allait clore son parcours universitaire de parfaite façon.
 
Voici un extrait. Vous pouvez également y voir Chelios (#21) en action.
 
 
 
Fun fact, l'équipe 1983 des Badgers mettait aussi en vedette le futur joueur du Canadien David Maley ainsi que le gardien Marc Berhend, futur joueur des Jets et des Canadiens de Sherbrooke.
 
Après cette conquête, Driver opta de ne pas jouer sa 4e saison universitaire pour plutôt porter le chandail rouge et blanc du Canada lors des Jeux olympiques de Sarajevo. L’équipe canadienne (où jouait également Flatley et son futur coéquipier Kirk Muller) termina en 4e place, mais Driver s’y fit remarquer comme le défenseur le plus productif de la formation.
 
Après les jeux, Driver termina la saison 1983-84 avec l'organisation l'ayant repêché en 1981, maintenant connue sous le nom des Devils du New Jersey. Il joua 4 matchs pour terminer la saison (récoltant 2 passes) et fut cédé au club-école, les Mariners du Maine pour poursuivre son apprentissage. Il en profita alors pour ajouter à son palmarès avec une conquête de la coupe Calder.
 
Driver fit ensuite l'équipe à temps plein en 1984-85. Dès ses premières saisons, il s’impose comme un défenseur fiable, intelligent et surtout constant. Il incarnait le défenseur universitaire typique de l’époque: capable de lire le jeu, de calmer la tempête et d’appuyer l’attaque par une première passe solide et un lancer précis de la ligne bleue. Il récoltait en moyenne 40 points par saison, son meilleur rendement ayant eu lien en 1987-88 avec 15 buts et 40 passes pour 55 points. Un spécialiste en avantage numérique, la moité de ses buts marqués en carrière furent lors du jeu de puissance.
 
Au fil des années, il devint un pilier de la défense des Devils, étant même nommé capitaine lors de la saison 1991-92 suite au départ de Kirk Muller. Sa longévité au New Jersey – douze saisons au total – en fit l’un des visages les plus associés à l’équipe de cette époque, bien avant l’ère glorieuse marquée par Martin Brodeur, Scott Niedermayer et Scott Stevens. 

C'est d'ailleurs l'arrivée de ce dernier en 1991-92 qui fit en sorte que le règne de Driver comme capitaine fut très court. Les Devils avaient obtenu Stevens suite à une offre hostile controversée des Blues envers Brendan Shanahan des Devils. Un arbitre décida que les Devils étaient en droit de recevoir Stevens en compensation. 
 
Il y eut un long litige par la suite et Stevens ne voulait pas venir au New Jersey. Il se résigna toutefois et apprit à profiter de la situation. Étant auparavant capitaine des Blues, il était logique qu'il devienne éventuellement capitaine des Devils. 
 
Mais comme ses débuts avec l'équipe étaient encore sous atmosphère tendue, ils ont préféré élire Driver comme capitaine. Ce ne fut toutefois que partie remise. Au même moment où les Devils changèrent leurs couleurs du vert/rouge au noir/rouge, Stevens fut nommé capitaine pour la saison 1992-93. Bon joueur, Driver ne rechigna pas et garda le "A" lors des saisons suivantes.
 
Le point culminant de sa carrière survint en 1995, quand les Devils remportèrent leur première Coupe Stanley en surprenant les Red Wings de Detroit en finale. Driver, désormais un vétéran respecté, joua un rôle discret mais essentiel dans ce triomphe. 
 
Il obtint une fiche modeste de 1 but et 6 passes lors de ces séries, mais son seul but eut lieu lors du 3e match de la finale.
 
 
 
«Driver» drives it home. On peut tu avoir un call plus parfait? Sérieux.
 
Lors de la remise de la coupe au capitaine, Stevens remit la coupe aux 3 joueurs les plus anciens de l'organisation, soit John MacLean, Bruce Driver et Ken Daneyko. 
 
Ces trois joueurs, surnommés les «Original Devils» avaient tous débuté leur carrière au New Jersey durant la saison 1983-84, soit la même saison où avait eu lieu la fameuse défaite «Mickey Mouse» de 13-4 contre Wayne Gretzky et les Oilers, le 19 novembre 1983. Cependant, seul MacLean était en uniforme lors de ce fameux match, Driver étant toujours avec l'équipe canadienne et Daneyko dans le junior.
 
Driver était toutefois le dernier joueur toujours en poste à avoir été repêché en tant que Rockies du Colorado. Il est d'ailleurs un des seuls joueurs repêché par les Rockies à avoir remporté la coupe, le seul autre étant Rob Ramage (1989 avec les Flames et 1993 avec le Canadien).

 

 
Après la conquête de 1995, le contrat de Driver se termina. Il désirait rester au New Jersey mais seulement s'il recevait un nouveau contrat d'au moins trois saisons et une clause de non-échange, ne voulant pas déménager sa famille. La direction opta de ne pas lui offrir de contrat, ayant plusieurs jeunes défenseurs prêts à faire le saut. 
 
Il obtint toutefois ce qu'il désirait, pas très loin, avec les Rangers de New York. Il joua donc trois dernières saisons complètes avec l'ennemi à Manhattan, se retirant finalement du jeu après la saison 1997-98.
 
Sa retraite ne signifia pas la fin de son lien avec le hockey. Installé dans le New Jersey, il devint entraîneur d’équipes féminines au Morristown-Beard School dès 2000 et ensuite durant plusieurs saisons. Il fut élu au temple de la renommée de l'Université du Wisconsin.

En 922 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 96 buts et 390 passes pour 486 points, ainsi que 50 points en 108 matchs en séries.
 
Après la cohorte «Driver-Chelios-Flatley» du début des années 80, plusieurs autres joueurs de renom gravirent la LNH après leur passage à l'Université du Wisconsin comme Gary Suter, Scott Mellanby, Tony Granato, Curtis Joseph, Mike Richter, Brian Rafalski, Dany Heatley, Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh et Cole Caufield.

vendredi 28 mars 2025

Histoires de coupes: 1995

 




Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Aujourd'hui, après une pause de quelques mois, revoici la suite avec les Devils de 1995.

Chapitres précédents: 1990, 1991, 1992, 1993, 1994


 

Joueurs: Neal Broten, Jim Dowd, Brian Rolston, Bobby Holik, Sergei Brylin, Bob Carpenter, Randy McKay, Mike Peluso, Bill Guerin, John MacLean (A), Tom Chorske, Danton Cole, Claude Lemieux, Valeri Zelepukin, Stéphane Richer, Scott Stevens (C), Ken Daneyko, Tommy Albelin, Chris McAlpine, Bruce Driver (A), Scott Niedermayer, Kevin Dean, Shawn Chambers, Martin Brodeur, Chris Terreri

Staff: John J. McMullen (Owner/Chairman/Governor), Peter McMullen (Vice President), Lou Lamoriello (President/General Manager), Jacques Lemaire (Head Coach), Jacques Caron (Goaltender Coach), Dennis Gendron (Asst. Coach), Larry Robinson (Asst. Coach), Robbie Ftorek (AHL Coach), Alex Abasto (Asst. Equipment Manager), Bob Huddleston (Massage Therapist), Dave Nichols (Equipment Manager), Ted Schuch (Medical Trainer), Mike Vasalani (Strength-Conditioning Coach), David Conte (Director of Scouting), Milt Fisher (Scout), Claude Carrie (Scout), Dan Labraaten (Scout), Marcel Pronovost (Scout)

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D'abord pour les quelques faits divers cocasses et/ou semi-intéressants de cette finale, et bien il s'agissait de la première fois depuis 1980 (New York vs. Philadelphie) que la finale se disputa entièrement dans le même fuseau horaire. Heille on peut pas dire que je ne vous apprends jamais rien...

Il s'agissait également de la première de 9 finales consécutives à ne pas avoir une équipe canadienne dans les finalistes, ce qui demeure le record à ce jour, qui fut toutefois égalé par l'écart entre la présence en finale des Canucks en 2011 et celle du Canadien en 2021. Avant cet écart 1995-2004 (Flames vs. Lightning), le maximum avait été de seulement deux saisons et ce depuis la création du trophée en 1893.

Aussi comme la saison 1994-1995 avait dû être écourtée à seulement 1995 à cause du lock-out, la victoire des Devils fut retardée jusqu'au 24 juin 1995, ce qui était alors la date la plus tardive jamais vue jusque-là. Lors de l'autre finale affectée par un lock-out, celle de 2013, on assista également à une remise le jour de la St-Jean, encore le 24 juin, 2013 cette fois-ci. 

Ce record de date fut ensuite anéanti à jamais (on l'espère crissement) lors des séries compliquées covidiennes de 2020 alors qu'on dut attendre jusqu'au 28 SEPTEMBRE! Je sais, ça fait pas si longtemps mais on dirait que j'en reviendrai jamais de ça... Le lendemain, les joueurs commençaient leur entrainement d'été et le surlendemain c'était le camp d'entrainement...

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Mais bon, assez parlé de ces années de marde. 

Pour ce qui est des joueurs inscrits sur la coupe de 1995 des Devils, il y a plusieurs noms ici qui nous surprennent par le fait qu'on ignorait ou oubliait que le joueur ait remporté la coupe Stanley ou même qu'il avait joué avec les Devils tout court. Ou encore qu'il était encore avec l'équipe à ce moment. C'est le cas des Jim Dowd, Tom Chorske, Brian Rolston ou encore d'un Chris McAlpine. Un gros WTF d'ailleurs pour ce dernier alors que dans ma tête il avait seulement joué pour les Blues. Mais en fait non, il avait été repêché par New Jersey en 1990 et y a seulement joué durant cette saison écourtée de 1995, pour 24 matchs en saison et aucun en séries... Il se qualifiait toutefois pour être gravé car la limite normale de 41 matchs avait été abaissée.

Il y a aussi ces bons vieux cas de joueurs vétérans qui en méritaient finalement une comme Neal Broten, Bruce Driver, John MacLean, Shawn Chambers et Bob Carpenter. Stéphane Richer en méritait bien une deuxième. Bill Guerin, encore tout jeune, devra ensuite attendre en 2009 avec Pittsburgh pour en remporter une deuxième.

Mais donc qui choisir comme véritable joueur «LVEUP-WTF-quessé qu'il fait là lui»? 

Et bien dans ce cas-là, je prends souvent le plus no-name du lot, et ici il s'agit de nul autre que Kevin Dean.

Who the fuck is Kevin Dean?

Et bien l'actuel assistant-entraineur des Blackhawks est un cas super intéressant qui me réjouit beaucoup car lorsque je choisis d'écrire comme ici sans retenue avant de checker de quoi je parle avant de choisir d'en parler, et bien parfois j'ai pas grand chose à dire sur le joueur.

Mais ici non. Joueur de défense, Dean avait d'abord été un choix de 5e ronde des Devils en 1987. Il joua ensuite 4 années dans la NCAA avant de débuter son parcours dans les filiales des Devils. Ce n'est que durant cette saison écourtée de 1995 qu'il parvint finalement à jouer dans la LNH avec le grand club, jouant 17 matchs en saison et 3 en séries. 

Et comme la saison 1995 avait dû voir sa finale être repoussée jusqu'à la fin juin, il n'en était pas le cas dans les mineures, alors que la finale de la ligue américaine fut remportée le 26 mai 1995. Cette finale mettait aux prises les River Rats d'Albany contre les Canadiens de Fredericton et fut remportée par les River Rats, qui étaient alors le club-école des Devils. 

Donc les Devils et leur club-école ont remporté le trophée le championnat de leur ligue respective la même saison, ce qui représentait la troisième fois, et à ce jour la dernière, qu'on assistait à un tel exploit pour une organisation. La première fois avait eu lieu en 1975-76 lorsque les Canadiens remportèrent la coupe Stanley et leur club-école, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, remportèrent la coupe Calder. L'organisation répéta ensuite l'exploit la saison suivante, soit en 1976-77.

En plus de Kevin Dean, quelques autres joueurs comme Sergei Brylin et Chris MacAlpine avaient aussi joué avec les River Rats et les Devils durant la saison. Mais Dean est le seul du lot à avoir joué des matchs en séries pour Albany. Il avait alors joué 8 des 14 matchs du parcours des River Rats. Il m'est impossible de vérifier s'il a joué durant la finale contre Fredericton mais s'il a été ensuite choisi en renfort par les Devils quelques semaines plus tard, j'ose imaginer que oui.



J'ignore cependant quels sont les critères pour avoir officiellement fait partie d'une équipe championne de la coupe Calder, mais selon ce que j'ai pu voir, seulement les joueurs ayant joué en séries semblent être considérés. Un joueur comme Sergei Brylin avait joué 67 matchs en saison avec les River Rats mais fut rappelé en fin de saison. Il ne joua aucun match en séries avec Albany et ne semble pas faire partie de la liste de l'équipe championne.

Cela ferait donc de Kevin Dean un des seuls joueurs de l'histoire à avoir remporté la coupe Calder et la coupe Stanley la même saison.  J'ai vérifié avec les deux éditions de Montréal/Nouvelle-Écosse de 76 et 77 et les seuls autres joueurs à avoir gagné les deux coupes comme Dean sont Pierre Mondou et Mike Polich qui avaient tous les deux passé l'entièreté de la saison 76-77 en Nouvelle-Écosse avant de rejoindre le CH comme renforts en finale suite à leur coupe Calder, les deux championnats étant décalés de quelques semaines.

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Ensuite du côté du staff, on a plusieurs des acteurs qui ont avaient forgé cette équipe championne qui quelque 10 ans plus tôt était la risée de la ligue après deux déménagements (Kansas City et Colorado) et la fameuse déclaration «Mickey Mouse» de Wayne Gretzky. On parle ici surtout de Lou Lamoriello mais aussi le propriétaire John McMullen qui avait grandement travaillé à faire partir la franchise du Colorado. 

On retrouve également le coach Jacques Lemaire et son ancien coéquipier comme assistant, Larry Robinson. On retrouve également une première dans cette série car c'est la première fois que je vois l'inclusion du coach du club-école, ici Robbie Ftorek. Ce dernier avait probablement mérité sa place dû à la conquête des River Rats discutée plus tôt. 

Mais ici je porte mon choix sur le vénérable Marcel Pronovost, dont j'ignorais totalement qu'il avait, après une longue carrière qui le mena au temple de la renommée, été à l'emploi des Devils comme recruteur. Mais avant ça il avait tenté sa chance comme entraineur à divers niveaux, notamment comme entraineur des Sabres pendant deux saisons et aussi brièvement des Red Wings. 

C'est en 1990 qu'il devint recruteur au New Jersey, et apparemment qu'il aurait grandement aidé ses patrons à choisir Martin Brodeur au repêchage de 1990. Il demeurera en poste jusqu'à sa mort en 2015.


C'était donc la finale de 1995 et ses noms gravés sur la coupe. Contrairement aux Devils, qui ont incompréhensiblement raté les séries l'année suivante, on se revoit en 1996.

mercredi 17 janvier 2024

Mats Naslund avec les Bruins

 






L'autre jour j'ai publié comme carte du jour cette carte Donruss 1995-96 de Mats Naslund lors de son bref passage à Boston en fin de carrière. Je savais que ce genre de carte ferait réagir et j'ai bien reçu quelques émoticônes du genre: 😢😡😮, ainsi qu'un commentaire selon quoi il s'agissait d'un sacrilège, tandis que d'autres ignoraient totalement ce passage de Naslund à Boston.

Personnellement, je ne considère pas vraiment cette carte comme étant un sacrilège, étant donné que de nombreux joueurs adorés des fans avant et après Naslund ont aussi terminé leurs carrière ailleurs. Faut vivre avec les faits, et les faits sont que la plupart du temps, le joueur ou l'équipe va voir ailleurs.


Tiens, voici d'autres sacrilèges:



 
 
Donc oui ça arrive que des joueurs cultes et légendaires partent du nid. Mais j'avoue que le cas de Mats Naslund est assez particulier et ça m'a toujours intrigué d'aller en savoir plus sur son départ et retour surprise à Boston lors de cette saison écourtée de 1995. Et à LVEUP on aime bien aller dans le moins glorieux, le moins célébré et le malaisant alors préparez-vous mentalement, on va aujourd'hui voir beaucoup du petit Viking en jaune et noir de Boston...

D'abord, qu'est-ce qui a poussé Mats Naslund à partir prématurément de Montréal? 

Au printemps 1990, la grogne est installée à Montréal. Cette équipe qui avait été défaite en finale à peine un an plus tôt vient de se faire éliminer en 5 parties par les Bruins en deuxième ronde. Le titre de co-capitaine, détenu par Guy Carbonneau et Chris Chelios, ne fait pas l'unanimité et on retrouve pas mal de bois mort et de mécontents dans l'alignement. Ils seront d'ailleurs nombreux à quitter l'équipe durant l'entre-saison 1990, comme entre autres Bobby Smith, Rick Green, Craig Ludwig, Brian Hayward, Claude Lemieux et surtout Chris Chelios.

Il y a aussi un petit attaquant suédois du nom de Mats Naslund qui vient de connaître sa pire saison en carrière en 1989-90 avec seulement 21 buts et 20 passes en 72 matchs, soit une baisse de plus de la moitié de sa saison précédente (84 points). Il vient de passer le cap des 30 ans et songe depuis la dernière finale à retourner dans son pays, ou du moins sur le continent européen, là où les saisons sont moins longues et ardues.

 
Le Soleil, lundi 30 avril 1990


C'était d'ailleurs une tendance à l'époque pour plusieurs européens de ne pas vouloir finir leur carrière en Amérique du Nord. D'autre joueurs vedettes comme Hakan Loob et Kent Nilsson avaient précédemment fait de même, notamment pour voir leurs enfants être éduqués dans leur pays d'origine. En impasse salariale, le finlandais Jari Kurri fit aussi de même après la conquête des Oilers de 1990, optant d'aller jouer en Italie.
 
Donc durant cette saison 1989-90, on semble voir un Mats Naslund moins intéressé et moins impliqué. Ayant d'abord refusé une prolongation de contrat au début de la saison et étant courtisé depuis deux ans par plusieurs clubs européens, il se laisse finalement tenter durant cette saison difficile et officialise le tout après l'élimination du CH au début du moi de mai, après n'avoir pu disputer que 3 matchs, étant blessé et même laissé de côté par Pat Burns. Il raconte alors aux médias qu'il aurait pu physiquement continuer encore quelques saisons mais qu'il en a assez des longs calendriers et des voyages lassants. Il raconte également qu'il ne voulait pas finir usé comme Mike Bossy ou Yvan Cournoyer.

 

 

Du côté du CH, on n'a pas beaucoup essayé de retenir Naslund. Les offres qu'on lui a fait en Europe étaient bien supérieures à ce que Serge Savard était prêt à donner, et en plus pour moins de matchs. De plus, avec la mauvaise saison qu'il venait de connaître, Naslund n'aurait surtout pas reçu le montant que Savard était initialement prêt à lui donner au début de la saison.

C'est finalement avec le HC Lugano que Naslund continue sa carrière pour la saison 1990-91, ayant signé un contrat de 2 saisons avec le club suisse, pour environ 300 000$ par saison. Le club lui offre également de payer ses impôts en plus de lui fournir voiture et logement.

Mais l'aventure en Suisse de Naslund ne se déroula pas comme prévu. Malgré qu'il termina premier pointeur du club avec 70 points, et 7e pointeur de la ligue, le club décida de rompre son contrat après cette seule saison 1990-91, expliquant qu'il n'avait pas offert le rendement attendu.

Fun fact, l'autre exilé suédois Kent Nilsson termina au 3e rang des pointeurs, lui qui jouait à ce moment avec le HC Kloten.  Un autre ex-joueur de la LNH, Mike Bullard, termina au 5e rang, et Anton Stastny termina derrière Naslund au 8e rang.

Naslund opta donc d'effectuer un retour en Suède avec le club Malmo IF, qu'il mena au championnat suédois en 1991-92. Il représenta ensuite son pays aux Olympiques de 1992 et 1994, récoltant la médaille d'or en 94 aux côtés de Peter Forsberg et compagnie.



Il prit initialement sa retraite après cette saison 1993-94, avec en plus de l'or olympique, un autre championnat national avec Malmo.

Il reprit toutefois du service le temps d'un match en décembre 1994 lorsqu'il participa à la tournée «Ninety-Nine All-Star Tour» organisée par Wayne Gretzky durant le lock-out de l'automne 1994. Durant ce court tournoi de 8 matchs organisé par la merveille pour garder la forme et amasser de l'argent pour des causes humanitaires, un des adversaires du club All-Star de Gretzky fut le Malmo IF de Naslund. Ce dernier marqua 2 buts, dont le but égalisateur en fin de troisième contre la troupe de Gretzky qui mettait également en vedette Mark Messier, Jari Kurri, Brett Hull et Steve Yzerman.
 
Malmo l'emporta finalement 6-5 en prolongation et cela sembla remettre Naslund sur le radar des équipes de la LNH. Au retour des activités de la LNH au début 1995, les Bruins approchèrent Naslund pour acquérir ses services en renfort, en lui offrant un contrat de deux ans pour 400 000$. Par courtoisie, Naslund contacta Serge Savard pour savoir si le CH désirait ravoir ses services en premier, mais Savard refusa, ne voulant pas égaler l'offre des Bruins.
 

 
Tout un but de Naslund à 7:25, qui envoya le match en prolongation.




Donc après avoir passé ses tests physiques, le petit viking fit son retour dans la LNH le 22 février 1995. Il accepta principalement l'offre des Bruins puisqu'il ne s'agissait que d'une saison de quelques mois seulement, et qu'il allait considérer par la suite s'il allait demeurer davantage.
 
Il affronta pour la première fois son ancienne équipe le 16 mars à Boston, match où il récolta 2 passes, et il revit ses anciens partisans à deux reprises plus tard en avril. En tout, il s'en sortit pas mal et rendit de fiers services aux Bruins, récoltant 8 buts et 14 passes pour 22 points en 34 matchs. Il était alors principalement partenaire de trio avec Adam Oates, et aida beaucoup l'attaque à cinq des Bruins.

Les Bruins connurent toutefois de courtes séries, s'inclinant en 5 matchs contre les Devils en première ronde. Naslund ne récolta qu'un seul but durant ces dernières séries, suite à quoi il déclina de revenir pour la deuxième année optionnelle de son contrat et prit sa retraite définitive. 
 
Autre fun fact, Kent Nilsson (encore lui) effectua lui aussi un retour dans la LNH la même saison, pour sa part avec les Oilers d'Edmonton, là où il avait joué pour la dernière fois en 1986-87. Il ne joua cependant que 6 matchs.  
 
Avec ces 22 points en tant que membre des Bruins, Mats Naslund aura fait gonfler sa fiche à un total de 251 buts et 383 passes pour 634 points en 651 matchs dans la LNH.
 
Il marqua son dernier but le 1er mai 1995 contre les Sénateurs d'Ottawa, eux qui n'existaient pas encore lors de son départ du CH en 1990.

 

Sources:
Naslund de plus en plus près de la Suisse, Le Soleil, 30 avril 1990
Savard laissera aller Naslund, Le Soleil, 1er mai 1990
Naslund quitte Montréal pour la Suisse, Le Droit, 5 mai 1990
Kamensky n'a rien signé, La Presse, 19 avril 1991
Swedes edge Gretzky's stars, Washington Post, 13 décembre 1994
Retour de Naslund, La Tribune, 17 février 1995
Mats Naslund va très bien, La Presse, 26 février 1995
Les Bruins aussi sont hués..., La Presse, 16 mars 1995
Naslund revivra au Forum, Le Soleil, 17 mars 1995
Naslund revient au Forum après 5 ans, Le Soleil, 16 avril 1995

mercredi 9 septembre 2020

Joueur oublié des 90's #37 - Valeri Zelepukin






Né le 17 septembre 1968 à Voskresensk, une banlieue de Moscou, Valeri Mikhailovich Zelepukin fit d'abord ses classes principalement avec le club de son patelin, le Khimik Voskresensk, où il joua de 1984 à 1991 à l'exception de deux saisons passées avec le CSKA Moscou. Joueur rapide et habile avec la rondelle, il était également capable de se défendre et de jeter les gants occasionnellement. C'est avec ce profil de joueur complet qu'il se fit remarquer et qu'il devint un joueur parfait pour le système de l'équipe qui le repêcha dans la LNH.



Le public nord-américain fit la connaissance de Zelepukin lors du championnat du monde junior de 1987, ce fameux tournoi qui se solda par une disqualification des équipes canadiennes et soviétiques suite au match du 4 janvier 1987 où les deux équipes quittèrent leur banc respectif et déclenchèrent une bagarre générale (voir texte du 26 décembre 2016). Incapables de mettre fin aux disputes, les officiels quittèrent le match et les responsables de l'aréna éteignirent les lumières. Le match fut annulé et les deux équipes furent ainsi disqualifiées.

Zelepukin fut malgré lui un des acteurs principaux des événements qui menèrent à cette mêlée. C'est tout d'abord un joueur du nom de Pavel Kostichkin qui démarra les premières hostilités en cinglant Theoren Fleury, qui se rua ensuite sur Kostichkin. Zelepukin, qui jouait alors avec une blessure à l'épaule, était au même moment aux prises avec Mike Keane qui avait le dessus. La légende raconte que l'attaquant Evgeny Davydov quitta le banc des russes pour défendre Zelepukin et c'est ainsi que les canadiens firent de même et que les choses dégradèrent totalement.





Zelepukin n'était alors qu'un joueur de soutien qui jouait principalement sur les trios défensifs. Mais le tout changea durant la saison 1989-90 lorsqu'il revint avec le Khimik Voskeresensk après ses deux années passées avec le CSKA. Il débloqua offensivement avec 17 buts et 31 points en 46 matchs en plus de participer à la Super Series de 1990, cette tournée annuelle de matchs d'exhibition entre des clubs russes et quelques clubs de la LNH.

Zelepukin obtint 3 buts lors de cette série de 6 matchs, ce qui convainquit les Devils du New Jersey de prendre un pari tardif en faisant sa sélection en 11e ronde (221 au total) du repêchage de 1990. Il était à l'époque assez commun de voir des équipes de la LNH prendre de tels paris sur des joueurs soviétiques plus âgés lors des dernières rondes.

Il joua une dernière saison avec le Khimik en 1990-91, année où il remporta également la médaille de bronze aux championnats du monde.

Il fit ensuite le saut en Amérique lorsque les Devils l'assignèrent avec leur club-école, les Devils d'Utica pour la saison 1991-92. Il démarra en force à Utica avec une récolte forte impressionnante de 20 buts et 9 passes en seulement 22 matchs, suite à quoi les Devils furent assez convaincus et le firent monter dans la LNH. Il termina donc la saison au New Jersey et s'en sortit bien avec 13 buts et 31 points en 44 matchs en plus de deux points en 4 matchs des séries.

Zelepukin avec son capitaine Bruce Driver en arrière-plan... retenez ce nom

Il confirma ensuite sa place dans la hiérarchie de la jeune équipe montante avec 23 buts et un sommet en carrière de 64 points durant la saison 1992-93. Le Devils se firent toutefois éliminer de nouveau en première ronde et amenèrent un nouvel entraîneur du nom de Jacques Lemaire pour la saison 1993-94. Zelepukin régressa à 57 points mais obtint tout de même un sommet de 26 buts dans le nouveau système de Lemaire qui mena les Devils à leur première saison de 100 points de leur histoire.

Zelepukin marqua ensuite le plus grand but de sa carrière soit le but égalisateur avec seulement 7.7 secondes à jouer lors du 7e match de la finale de conférence contre les Rangers. Les Devils s'inclinèrent toutefois en prolongation mais ce n'était que partie remise.





Les Devils se reprirent en 1995 après le lock-out et remportèrent leur première Coupe Stanley. Zelepukin n'était cependant plus vraiment un facteur à ce moment. Il ne joua que 4 matchs durant cette saison écourtée alors qu'il fut inactif pendant 3 mois après avoir été atteint à l’œil par le bâton de son coéquipier Bruce Driver lors d'un entraînement. Il revint à temps pour la fin de la saison et les séries mais fut rétrogradé sur les deux derniers trios et n'obtint que 3 points en 18 matchs lors de ces séries, étant même laissé de côté lors du 4e match décisif de la finale contre les Red Wings.

Il ne fut ensuite plus jamais le même après cette blessure et ce n'est que par très courts moments qu'il retrouva sa touche offensive d'autrefois. Il n'obtint que 6 buts et 15 points en 61 matchs la saison suivante avant de rebondir quelque peu en 1996-97 avec 14 buts et 38 points.

Lors de la saison 1997-98, les Devils étaient en impasse avec l'attaquant Bill Guérin qui avait fait la grève au camp d'entraînement et qui avait des problèmes personnels avec Lou Lamoriello. Dans l'autre conférence, les Oilers d'Edmonton avaient des problèmes similaires avec leur jeune attaquant Jason Arnott. Les deux équipes s'échangèrent donc leurs cas à problèmes respectifs. Guerin mit le cap sur Edmonton en compagnie de Zelepukin en retour d'Arnott et du défenseur Bryan Muir.



Après une fiche de seulement 2 buts et 10 passes en 35 matchs au New Jersey, Zelepukin espérait retrouver le fond du filet avec une équipe plus offensive. Ce ne fut malheureusement pas le cas alors qu'il obtint des statistiques presque identiques avec les Oilers où il obtint 2 buts et 10 passes en 33 matchs. Au moins il put tout de même retirer du bon de sa saison 1997-98 alors qu'il fit partie de l'équipe olympique russe pour les jeux de Nagano avec qui il remporta la médaille d'argent.

Mais les Oilers ne continuèrent pas l'aventure dans son cas et l'envoyèrent aux Flyers avant la saison suivante en retour de l'ailier Daniel Lacroix. Il joua deux saisons comme joueur de soutien à Philadelphie, amassant respectivement 25 et 32 points. Il signa ensuite comme agent libre avec les Blackhawks en 2000-01.

Après un maigre 3 buts et 7 points en 36 matchs, les Blackhawks l'envoyèrent terminer la saison dans la ligue américaine avec les Admirals de Norfolk. Il s'agissait de son premier séjour dans la ligue américaine depuis la saison 1991-92. N'ayant pas davantage de plan d'avenir pour ce joueur décevant, les Blackhawks le gardèrent également dans la AHL la saison suivante.

Ses obligations contractuelles envers les Blackhawks terminées, Zelepukin retourna en Russie pour la saison 2002-03. Il joua d'abord une saison pour le Ak Bars Kazan et ensuite deux saisons pour le SKA St-Petersbourg. Il termina ensuite sa carrière à la maison en jouant une dernière saison avec le Khimik Mytishchi, son ancien club des années 80 qui venait tout juste de changer de nom en 2005.

Après sa retraite, il devint directeur général du Metallurg Novokuznetsket entre 2013 et 2016 et il occupa ensuite les même fonctions avec le Severstal Cherepovets en 2017-18 avant d'être remercié.

En 595 matchs dans la LNH, il obtint 117 buts et 177 passes pour 295 points.



Sources:
ZELEPUKIN HAS EYES ON RETURN, NY Daily News, 15 oct. 1995
New Jersey Devils’ Unsung Heroes, Pucks and Pitchfork
Valeri Zelepukin: A New Jersey Devils Cult Hero, All About the Jersey
Zelepukin no throw-in on Arnott trade, Edmonton Journal 6 jan. 1998
Blackhawks demote Zelepukin. CBC 28 jan. 2001