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mercredi 23 juillet 2025

Stock volé à vendre #20 - Les RCAF Flyers d’Ottawa

Peu de temps après le début de l'aventure "La Vie Est Une Puck", Martin est devenu chroniqueur pour le défunt site 25stanley.com, avec sa "Chronique Vintage". Bien qu'on croyait ces textes perdus à jamais, la magie d'Internet (et beaucoup de patience …) nous a permis d'en retrouver la majorité. Au cours des prochaines semaines / mois, nous en ressortirons quelques-uns des boules à mites, pour votre plus grand plaisir. 






Originalement publié le 23 juillet 2011

Vous avez certainement prit connaissance du nouveau logo des Jets de Winnipeg, ce logo comprenant à l’avant-plan le logo de l’aviation canadienne.

Et bien, si vous ne le saviez pas, une autre équipe célèbre a porté le logo de la Royal Canadian Air Force dans les années 30 et 40 et cette fois il s’agissait d’une équipe de hockey militaire, contrairement aux Jets de Winnipeg. Il s’agissait des RCAF Flyers d’Ottawa…


Cette équipe formée de militaires de l’aviation canadienne fut fondée en 1934 et se joint alors à une ligue de hockey senior de la ville d’Ottawa pour la saison 1934-35.

C’est durant la Seconde Guerre mondiale que l’équipe défraya la manchette pour la première fois lorsque des joueurs de la NHL alors enrôlés sous les drapeaux firent parti de l’alignement de l’équipe. Et ce n’est pas n’importe quel joueur qui devint un des Flyers lors durant la Guerre. La fameuse « Kraut Line » des Bruins formée de Milt Schmidt, Woody Dumart et Bobby Bauer, qui terrorisait la NHL avant que ces trois joueurs ne se joignent à l’Armée Canadienne à l’hiver 1942, se sont joints aux Flyers. C’est d’ailleurs avec cette formation « boostée » de joueurs de la NHL lors de ce printemps 1942 que les Flyers se sont frayé un chemin à travers les échelons du hockey senior canadien jusqu’à remporter la célèbre Coupe Allan, trophée remis annuellement à la meilleure équipe amateur senior du Canada.

Les trois membres de la Kraut Line des Bruins de Boston avec les RCAF Flyers d’Ottawa.

À une autre époque, remporter la fameuse Coupe Allan était un haut fait. Avant la télévision, le hockey senior local était une chose très suivie et remporter la Coupe Allan était certes une grosse fierté. Sachez d’ailleurs que ce trophée qui est un petit peu « magané » de nos jours se remet toujours…

D’ailleurs, l’année après la conquête de la Coupe Allan des RCAF FLyers, une autre équipe militaire basée à Ottawa, les Commandos d’Ottawa, ont remporté la Coupe Allan…

C’est en 1948 que les RCAF Flyers d’Ottawa ont une fois de plus fait la manchette. À cette époque, les équipes représentant le Canada lors des compétitions internationales étaient des équipes séniors qui faisaient le voyage en Europe, parfois à leurs frais, pour aller représenter le pays. Lors des Olympiques de 1948 qui se tenaient à St-Moritz en Suisse, ce fut les Flyers de la RCAF qui portaient les couleurs du Canada. Cette fois par contre, les joueurs de la NHL étaient repartis dans leurs équipes et l’équipe était réellement formée de militaires de carrière.

Le format du tournoi Olympique n’allait pas donner le résultat escompté comme on pour pourrait s’y attendre de nos jours. Le tournoi olympique était à cette époque un tournoi à la ronde où les trois meilleures équipes allaient être récompensées par les médailles.

Les Flyers terminèrent à égalité avec l’équipe Tchécoslovaque et leur célèbre gardien Bohumil Modrý, ayant d’ailleurs fait match nul contre cette équipe, mais se vit décerner la médaille d’or. Le bris d’égalité était le différentiel de buts accordés contre les buts marqués. Le Canada l’emporta avec un différentiel de +64 ayant accordé seulement 5 buts et en ayant récolté 69 contre un différentiel de +62 pour les tchécoslovaques qui marquèrent 80 buts et en accordèrent 18…

Dans les années suivant cette conquête, les RCAF Flyers évoluèrent dans une ligue nommée la Eastern Canada Senior Hockey League. En 1951-52, l’équipe remporta le championnat de cette ligue mais ne put se rendre plus loin dans les échelons pour atteindre la Coupe Allan. Ce fut la chant du cygne de l’équipe qui disparut après 18 ans d’existence…

En 2001, l’armée canadienne rendit hommage aux Flyers en les reconnaissant comme étant les meilleurs athlètes militaires canadiens du 21e siècle…

Reste à savoir maintenant si les Jets s’approprieront les couleurs des RCAF Flyers d’Ottawa avec leur nouveau chandail… Pourquoi pas tant qu’à y être… 

EDIT : Ce fut le cas comme troisième chandail pendant la saison 2023-24



mercredi 29 janvier 2025

Joueur oublié des 90's #98 - Craig Billington









Le nom de Craig Billington est rarement un de ceux qu'on "name drop" lors d'une discussion entre nostalgiques du hockey des années 90. Pourtant un gardien durable car rarement blessé, et bien qu'il ne corresponde pas aux standards présent de la LNH (il mesure 5'10" et pesait 175 livres), Billington a su faire durer sa carrière, réussissant même à toucher à l'honneur ultime.

Né le 11 septembre 1966 à London en Ontario, Craig Billington débuta sa carrière junior avec les Diamonds de sa ville natale, dans le Junior B. Il fut promu la saison suivante dans la OHL, avec les Bulls de Belleville, obtenant rapidement le poste de gardien partant, disputant 44 matchs, maintenant une fiche partagée de 20 victoires contre 19 défaites. Il en fit assez pour attirer l'attention des Devils du New Jersey, qui firent de lui le premier gardien repêché en 1984, 23e au total en deuxième ronde.


De retour à Belleville pour l'année 1984-85, Billington participa à 47 rencontres, en remportant 26. De plus, il fut sélectionné pour représenté le Canada au championnat mondial junior qui avait lieu en Finlande. Il revint au pays avec la médaille d'or au cou en plus du titre de meilleur gardien du tournoi, ne perdant aucun de ses cinq matchs (3-0-2), blanchissant même les puissants soviétiques. En séries éliminatoires, il aida les Bulls à se rendre dans le carré d'as de la OHL, s'inclinant face aux Petes de Peterborough. Ses dernières performances lui permirent de se hisser au sein de l'équipe d'étoiles de la OHL.

Il fit ses débuts dans la LNH à l'automne 1985 en tant que troisième gardien derrière Glenn Resch et Alain Chevrier. Billington vit de l'action durant 5 matchs, remportant ses 3 décisions. Lorsqu'il devait laisser sa place aux deux autres gardiens de l'organisation, Billington en profitait pour être commentateur lors de la retransmission radio des matchs de son équipe. Les Devils le retournèrent ensuite à son équipe junior pour qu'il puisse rejoindre l'équipe junior canadienne afin de participer à un autre championnat junior, qui avait lieu cette fois en Ontario. Gagnant quatre de ses cinq parties, Billington et Équipe Canada durent se contenter de la médaille d'argent, alors que les soviétiques survolèrent le tournoi, remportant leur 7 parties. Il retourna ensuite au New Jersey jusqu'à la fin de la saison, connaissant sa part de difficulté, ne remportant qu'une seule de ses 11 décisions.

Les Devils décidèrent d'envoyer Billington faire ses classes dans la ligue américaine pour la saison 1986-87, l'envoyant avec les Mariners du Maine, où il côtoya deux autres jeunes gardiens de l'organisation, Chris Terreri et un certain Kirk McLean. Ayant fait bonne figure lors des vingt parties qu'il disputa, Billington fut rappelé au début de l'année 1987 afin d'épauler Alain Chevrier. Il ne parvint cependant pas à élever son jeu, ne remportant que 4 des 22 matchs où il fut devant la cage du New Jersey, ce qui incita ces derniers à le retourner dans la ligue américaine pour débuter la saison suivante. Puisque son coéquipier Chris Terreri passa la majorité de la saison au sein de l'équipe nationale américaine, Billington disputa un grand nombre de 59 parties dans l'uniforme des Devils d'Utica en 1987-88, remportant 22 victoires. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour lui mériter un rappel, restant à Utica pour les deux saisons suivantes, n'étant d'office que pour trois parties avec le grand club pendant cette période.

Suivant l'exemple de Terreri (qui était maintenant à temps plein dans la LNH avec les Devils), Billington passa l'entièreté de la saison 1990-91 avec l'équipe nationale canadienne. En plus de jouer dans plus de 35 matchs, il participa au championnat mondial, revenant au pays avec une nouvelle médaille d'argent au cou. De retour dans l'organisation des Devils pour la saison 1991-92, il compléta la tâche derrière Terreri, participant à 27 matchs et remportant 13 de ses 21 décisions. De plus, possédant un équipement très ressemblant à celui de son coéquipier (à l'exception qu'il portait un masque et Terreri un casque), la compagnie ProSet (qui d'autre!) les mélangea pour leur carte, utilisant à chaque occasion une photo de Chris Terreri.

La carte de Billington est celle de droite …

Il partagea équitablement le travail avec Terreri lors de la saison suivante, disputant 42 parties. Il fut de plus sélectionné pour participer au match des étoiles qui avait lieu à Montréal en 1993. À la fin de la saison, les Devils devaient se départir d'un gardien à la fin de la saison, le jeune Martin Brodeur étant fin prêt à faire le saut dans la LNH. Ayant prouvé sa valeur, Billington fut expédié (ainsi que Troy Malette et un choix de 4 ronde) aux pauvres Senators d'Ottawa, qui avaient besoin d'un gardien solide, en retour de Peter Sidorkiewicz et un choix conditionnel qui devint Mike Peluso. 

Faisant de son mieux dans la capitale canadienne derrière une équipe pitoyable, Billington ne put faire mieux que 11 victoires en 72 matchs, dont aucune victoire en 9 matchs lors de la saison écourtée de 1994-95. Au moins, Billington avait un beau look dans la capitale nationale, puisque son équipement aux nouvelles couleurs des Devils concordait parfaitement avec les couleurs des Senators. Lorsqu'il reçut son nouveau masque plusieurs mois après son arrivée à Ottawa, il avait vraiment fier allure, comparativement à l'équipe …


Heureusement pour lui, les Bruins de Boston en firent son acquisition à la date limite des transactions 1995, afin de seconder Bill Ranford. Il fit bonne figure, ajoutant 5 victoires à son palmarès, et s'assurant le même job pour la saison suivante. Ses performances furent toutefois en dents de scie lors de la saison suivante et les Bruins ne renouvelèrent pas son contrat lorsqu'il vint à échéance en juin 1996. 

Billington dût attendre à la fin de l'été, tout juste avant le camp d'entraînement, avant qu'une équipe lui fasse signe. Ce sonr les Panthers de la Floride qui lui offrirent un contrat au début du mois de septembre. Alors qu'il devait être en train de planifier la job de peinture sur son casque, il fut réclamé par l'Avalanche du Colorado lors du repêchage de non-protection (Waiver Draft) à la fin du mois de septembre, chose qui n'existe plus depuis 2003. Ces derniers n'avaient pas encore trouvé de gardien pour seconder Patrick Roy depuis qu'ils avaient exaucé le vœu du deuxième gardien de l'organisation, Stéphane Fiset, alors qu'ils l'avaient envoyé aux Kings.

C'est donc en tant que substitut de Patrick Roy que Billington se présenta à Denver. Derrière une solide équipe, Billington enregistra les meilleures statistiques de sa carrière en trois saisons avec l'Avalanche, ajoutant 30 victoires à sa fiche en 67 parties. Dû à la progression d'un jeune Marc Denis, et après s'être amplement acquis de sa tâche, Billington fut échangé à l'été 1999 aux Capitals de Washington, où le même rôle l'attendait, cette fois derrière Olaf Kolzig.

Une saison et quart à Boston, trois saisons au Colorado

Dans la capitale américaine, Billington ne put tenir les mêmes standards qu'au Colorado, ne réussissant pas à montrer une fiche gagnante lors de trois saisons complètes, même en disputant moins de rencontres. Heureusement pour les fans des Capitals, Kolzig grugeait sa grande part de victoires et l'équipe prenait les victoires de Billington comme un "bonus" lorsqu'elles arrivaient. Toutefois, après n'avoir participé qu'à cinq matchs en 2002-03, Billington annonça sa retraite au début du mois de janvier, laissant sa place au jeune Sébastien Charpentier. 

Billington : Qu'est-ce que t'as mangé pour souper ?
Kidd : Des ramens.
Billington : Crime, ça aurait été bon ça !

Billington fut immédiatement engagé par son ancienne équipe, alors que l'Avalanche le nomma comme entraîneur des gardiens. Il est d'ailleurs toujours à l'emploi de l'équipe, ayant occupé différents postes, soit au sein du département de développement des joueurs, soit comme assistant au directeur général. Il a d'ailleurs pu mettre la main sur la coupe Stanley lors de la conquête de 2022 de l'Avalanche, trophée qui lui a échappé tout au long de sa carrière de joueur.


Fiche dans la LNH : 332 parties, 110 victoires, 149 défaites, 31 matchs nuls

lundi 13 janvier 2025

Joueur oublié des 90’s #97 : Jeff Lazaro

Quand j’étais au secondaire, mon école avait un petit magasin où on pouvait acheter des barres de chocolat, des jujubes, des chips, mais aussi des cartes de hockey ProSet 1991-1992. Mes camarades et moi collectionnions bien entendu les cartes de Gretzky, Roy, Lemieux et compagnie. Mais je me souviens d’une carte qui nous fascinait à cause d’une coupe de cheveux bien spéciale. Non ce n’était pas la coupe Longueuil de Jagr, mais bien le Z rasé sur le côté de la tête de Jeff Lazaro. Je me suis récemment rappelé de ce détail en jasant avec Pete Peeters de LVEUP et ça m’a donné le goût de produire la biographie de ce joueur obscur qui a marqué mon imaginaire tout comme l’histoire de la première édition de mes Sénateurs d’Ottawa en 1992-1993. Je ne suis pas encore certain si le symbole dans les cheveux est un Z ou un S, mais le lien avec le Z dans LaZaro devrait clore ce grand débat scientifique.


Né au Massachusetts en 1968, le petit Jeff Lazaro (5 pieds 9) ne fut pas repêché dans la LNH après une carrière productive comme défenseur au niveau collégial américain. Il joua quatre années pour l’Université du New Hampshire (95 points en 138 parties) et décolla vraiment à sa dernière saison avec 35 points en 38 parties, dont 16 buts. Comme c’est signalé sur sa célèbre carte Pro-Set, les Bruins de Boston le découvrirent en 1990 lors d’un camp d’essai en Nouvelle-Angleterre. Remarqué pour sa grande vitesse et son excellent échec-avant, ils furent suffisamment impressionnés pour l’inviter  à un vrai camp d’entraînement où il continua d’impressionner, ce qui lui permis de signer comme agent libre.

Lors de son séjour en 1990-1991 dans le club-école des Maine Mariners, il fut converti en ailier gauche et répondit très bien aux attentes (19 points en 26 parties).


Vers la moitié de la saison, il  obtint sa promotion au sein des Bruins de Boston pour remplacer Bob Carpenter  qui s’était blessé. Dans le grand club dirigé par Mike Milbury, Lazaro fut inséré dans une ligne pilotée par Dave Poulin et Dave Christian, en plus de jouer en désavantage numérique en compagnie de Bob Sweeney. En 49 parties, il récolta 5 buts et 13 passes (18 points). Il fut ensuite considéré comme un élément-clé du désavantage numérique des Bruins en séries alors que l’équipe se rendit jusqu’en troisième ronde contre les futurs gagnants de la Coupe Stanley de 1991, les Penguins de Pittsburgh. Parmi les faits saillants de Lazaro en séries, notons qu’il a marqué contre Patrick Roy (défaite de 3-2 en prolongation contre Montréal) et son futur coéquipier des Sénateurs Peter Sidorkiewicz (défaite de 5-2 contre Hartford).

Une carte remplie de nostalgie pour moi

Désormais sous les ordres de Rick Bowness, Lazaro débuta la saison suivante sans grand éclat, si ce n’est sa violente altercation avec le défenseur Vladimir Konstantinov lors d’une bagarre générale qui le laissa presque inconscient sur la glace comme on peut le constater dans cette vidéo du match trouvée sur YouTube. Il avait alors accusé Konstantinov de l’avoir étranglé, mais celui-ci ne semble pas avoir fait l’objet de mesures disciplinaires pour ses agissements. Fait à noter, lors de cette même bagarre générale, le légendaire Bob Probert avait reçu une suspension de 10 matchs pour s’être battu contre Stéphane Quintal.

Lazaro semble exténué après s’être battu contre Vladimir Konstantinov
dans un match fou entre Boston et Détroit

Toujours en 1991-1992, Lazaro fit un séjour dans le club-école (12 points en 21 matchs), se blessa deux fois au genou avec Boston et termina la saison régulière avec une maigre récolte de 9 points en 27 matchs. Il participa aux séries de 1992, mais ne joua que 9 des 12 matchs de son équipe en amassant une seule passe. Comparativement aux séries de 1991, sa contribution fut plus discrète alors que Boston triompha contre Buffalo (4-3) et Montréal (4-0) avant de s’effondrer encore une fois devant les double champions de la Coupe Stanley (Pittsburgh). En bref, ça ne regardait plus trop bien pour Lazaro avec les Big Bad Bruins après la saison 91-92.

C’est donc sans surprise qu’il ne fut pas protégé par Boston lors du repêchage d’expansion de la LNH de 1992. Mes Sénateurs d’Ottawa décidèrent alors d’en faire leur 10e choix comme attaquant. On plaçait de bons espoirs en lui pour sa vitesse et son potentiel offensif. 

Un artiste a été payé pour peindre le portrait de Jeff Lazaro
dans le magazine Bodycheck des Sénateurs d'Ottawa en 1992

Je ne sais pas si cela avait été pris en compte dans ce choix, mais son ancien coach à Boston - Rick Bowness - venait aussi d’être nommé premier entraîneur-chef à Ottawa. Étonnamment, juste avant que la saison 1992-1993 ne commence, l’équipe décida de ne pas le protéger tout comme le vétéran défenseur Brad Marsh qui parvint malgré tout à participer au match des étoiles cette année-là! Personne ne le réclama et Lazaro fut donc somme toute « chanceux » de demeurer avec la première mouture pitoyable des Sénateurs d’Ottawa.

Très déçu que cette carte soit la seule de Jeff Lazaro avec les Sénateurs d'Ottawa.

Par contre, Lazaro avait été opéré à l’épaule pendant l’été 1992. Pour mieux se rétablir, il débuta donc la saison avec le club-école des Sénateurs à New Haven où il fit très bonne figure (25 points en 27 matchs). Il fut rappelé à Ottawa en novembre même s’il n’était pas encore complètement rétabli au niveau de son épaule. Ce rappel s’explique par la fait que  l’infirmerie des Sénateurs débordait déjà à l’époque et qu’il n’y avait pas vraiment de profondeur ou de relève pour ce club naissant.

Lazaro en train d'écraser Tatarinov alors que les Sénateurs
se sont écrasés 6-1 contre les Nordiques.
Lien en prime des auteurs de la photo (Photolaser) avec "Lazer"!

En bout de ligne, Lazaro a très bien démarré sa saison à Ottawa en marquant deux buts au cours de ses trois premiers matchs. Cependant, des blessures l’empêchèrent de faire mieux que 6 buts et 10 points en 26 matchs. Il s’est d’ailleurs blessé gravement lors de la victoire historique de 3-2 contre les Sharks de San José alors que mon joueur fétiche Bob Kudelski compléta le premier tour du chapeau des Sénateurs d’Ottawa modernes. Pour couronner sa malchance, c’était le 100e match en carrière de Lazaro dans la LNH! Peu avant sa blessure contre les Sharks, le journaliste Pierre Jury du journal Le Droit avait attribué la note de C+ à Lazaro à son bulletin de mi-saison tout en l’évaluant comme « Un marchand de vitesse qui a volé le poste du vétéran Doug Smail. Enjoué dans le vestiaire, il livre la marchandise sur le troisième trio. » (Jury, 1993, p. 36).

Par ailleurs, il ne faut surtout pas oublier que ce fut très difficile pour lui de passer d’une équipe dominante (Bruins) à une des équipes les plus faibles de l’histoire de la LNH. C’est d’ailleurs ce qui ressort de son témoignage après un 18e match sans victoire où il avait quand même marqué un superbe but selon le journaliste Marc Brassard : « Je viens tout juste d’arriver, mais c’est évident que les gars sont un peu découragés. […] Il faut essayer d’arriver à l’aréna avec le sourire aux lèvres quand même. » (Brassard, 1992, p. 66).

Dans la seule vidéo disponible sur YouTube où le focus est mis sur Lazaro lors de son séjour à Ottawa, on le voit se faire donner du coude dans face par Petr Svoboda et tomber par terre comme un sac de patates. J’aurais espéré trouver un de ses buts, mais les fans de hockey préfèrent partager les gooneries :

Simonac qu'il se fait ramasser!

Après avoir été remercié par Ottawa à la fin de la saison, Lazaro s’aligna avec l’équipe américaine en 1993-1994. Il retrouva alors sa touche offensive en ramassant 43 points en 43 matchs, dont 18 buts. Il représenta aussi son pays au championnat du monde de hockey masculin de 1993. Les États-Unis finirent 6e au tournoi après avoir perdu 5-2 contre la Suède en quarts de finale. Lazaro termina le tournoi en récoltant 2 buts en 4 matchs.

Intensément américain!

Il eut ensuite l’honneur de participer à titre d’assistant aux Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer. Il épaula ainsi le futur entraîneur de la LNH Peter Laviolette qui agissait alors comme capitaine des États-Unis.

Les Américains n’avaient pas une très bonne équipe à l’époque. Ils comptaient principalement sur des joueurs de second plan comme les attaquants Brian Rolston et Todd Marchant et les gardiens Mike Dunham et Garth Snow. Ils offrirent une performance médiocre en ronde de qualification en obtenant une seule victoire en cinq matchs (7-1 contre l’Italie), en plus de donner le seul point obtenu par la France au tournoi dans un match nul fort gênant de 4-4. Ils se firent ensuite pulvériser 6-1 par la Finlande en quarts de finale, terminant ainsi leur aventure olympique en 8e place. Lazaro obtint tout de même deux buts et deux passes en 8 matchs à Lillehammer. On peut d’ailleurs regarder un de ses buts dans ce match perdu 5-2 contre la République tchèque :

Le but de Lazaro est présenté par un commentateur européen francophone! :)

A la suite des olympiques, il revint temporairement dans le giron des Bruins de Boston en s’alignant avec leur club-école de Providence pendant 16 parties (7 points). Il mit ensuite le cap pour l’Europe et fit très bonne figure pour le EC Graz en Autriche, avec 43 points en 43 matchs, bon pour le 10e rang des pointeurs du circuit. Fait obscur à noter, le meneur de la ligue autrichienne en 1994-1995 est un albertain du nom de Jackson Penney qui a brûlé la ligue avec 75 points dont 48 buts en 38 parties. Méritera-t-il un texte sur LVEUP? Ça étonnerait même Jackson Penney!

Jeff Lazaro signa ensuite avec les Lions de Ratingen en Allemagne. Son équipe se plaça en milieu de peloton en 1995-1996 et termina sa course en première ronde des séries. Lazaro connut une très bonne saison avec 71 points en 49 parties, ce qui le classa 7e meilleur pointeur de la ligue allemande. Il fit donc mieux que Mike Bullard (8e avec 70 points), mais moins bien que Sergei Berezin (4e avec 80 points), John Chabot (3e avec 81 points) et Robert Reichel (1er avec 101 points). Oui c’est le festival du name dropping et avouez que vous aimez ça!

Toujours aussi intense, mais avec le numéro 66! 
Le Mario Lemieux allemand! Non pas vraiment...

L’année suivante fut moins reluisante pour les Lions de Ratingen. L’équipe termina alors dernière de la ligue allemande avec seulement 9 victoires en 48 matchs. Lazaro vit sa production chuter de moitié (36 points en 44 matchs), mais il eut tout de même la chance de jouer quelques matchs avec Ken Hodge Jr., un célèbre feu de paille qui s’illustra lui aussi avec les Bruins de Boston. Je sais, je sais, je namedrop à en faire râler les sourds-muets, mais c’est tellement exaltant de faire ça pour un auditoire aussi gigantesque!

Lors de la saison 1997-1998, Lazaro revint en Amérique du Nord par la petite porte du hockey professionnel en joignant une nouvelle franchise de la ECHL en Louisiane: le New Orleans Brass. Le premier logo de l’équipe (trouvé uniquement sur HockeyDB) était très discutable, car il présentait un joueur de hockey qui frappe une rondelle avec un saxophone :

Seule image disponible sur le web de cet horrible logo

Donc quand vous chiâlez contre un chandail de la LNH que vous ne trouvez pas beau, pensez aux fans du Brass avec leur torchon musical. Et savourez du même coup cette hallucinante publicité qui invitait les louisianais à aller voir le Brass en 1997!

Publicité du New Orléans Brass en 1997 : ça donne le goût de regarder le baseball!

Le dernier logo de l’équipe fut beaucoup mieux réussi avec des colliers que les gens se lancent lors du Mardi Gras et le mot Brass entubé dans une trompette. 

Logo du Brass (2000-2002)

Côté performances, l’équipe n’arriva pas à se rendre bien loin en séries pendant son éphémère existence (1997-2002). L’équipe ne connut qu’un seul entraîneur, Ted Sator, un coach qui n’a jamais réussi à conserver un poste plus de deux ans dans la LNH. Je constate cependant que Sator connaissait déjà Lazaro puisqu’il avait été son entraîneur adjoint lors de la première et meilleure saison de Lazaro avec les Bruins de Boston (1990-1991). C’est donc à se demander si ce n’est pas Sator qui l’invita à se joindre au Brass lors de sa création!

Pendant son séjour en Louisiane, Lazaro fit très bonne figure en terminant 5e meilleur pointeur de la ligue en 1997-1998 avec 101 points, dont 37 buts. Lors du match des étoiles de 1998, Lazaro en profita pour établir le record du patineur le plus rapide de l’histoire de la ECHL avec 13,395 secondes (Solar Bears, 2015). Il semble avoir fait le saut très temporairement dans la AHL à la fin de cette même saison, puisqu’il joua en séries pour les Bulldogs de Hamilton (5 points en 8 matchs). 

Rare image de Lazaro jouant avec le Brass (capture d'écran YouTube).

En 1998-1999, Lazaro revint exceller avec le Brass en saison (71 points en 52 matchs) comme en séries (16 points en 11 matchs). La même année, il retourna dans l’AHL avec les Red Wings d’Adirondack (10 points en 16 matchs), mais il perdit son poste après avoir été arrêté par la police pour conduite en état d’ébriété. Il fut alors renvoyé pour de bon dans l’ECHL avec le New Orleans Brass où il devint joueur-entraîneur jusqu’à la fin de sa carrière après la dissolution de l’équipe en 2002. 

Le Brass de New Orleans ne remporta pas de championnat avec Lazaro, mais celui-ci eut comme coéquipiers notables Gordie Dwyer (ancien joueur des Canadiens de Montréal puis longtemps entraîneur dans la LHJMQ), le grand voyageur Kimbi Daniels et le gardien Patrick Charbonneau, un ancien choix de 3e ronde de mes Sénateurs d’Ottawa qui a passé toute sa carrière dans les ligues mineures.

Reportage de 2018 où on voit Lazaro jouer notamment avec le Brass de New Orleans

Le plus ironique dans la carrière de Jeff Lazaro, c’est qu’une bière a récemment été nommée en son honneur par la Hampline Brewing Company, une entreprise basée à Memphis au Tennessee. Il s’agit d’une bière belge épicée et fruitée au nom « francophone » : Le Lazer!

Capture d'écran tirée du site web de la Hampline Brewing Company (janvier 2025).

C’est incroyable de constater qu’une simple image de carte de hockey avec un Z boucle la boucle avec une bière nommée Lazer quelques décennies plus tard! C’est ça la magie du web et surtout de La Vie Est Une Puck! On vous raconte des histoires passionnantes avec les retailles du hockey! :)

Terminons sur une note encore plus positive en soulignant que selon son compte Instagram personnel, Jeff Lazaro serait aujourd’hui un homme marié et père de 6 enfants qui œuvre dans le domaine des assurances. Peut-être qu’un de ses enfants deviendra un petit laser dans le hockey professionnel avec un gros Z dans les cheveux!

Références:

Ballou, B. (1999, 2 novembre). Carolina prospect gets ready for prime time. ESPN. https://www.espn.com/nhl/s/1999/1101/145908.html

Brassard, M. (1992, 19 juin). Bowness s’est dit heureux des joueurs à sa disposition. Le Droit. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4520826 

Brassard, M. (1992, 18 novembre). Enfin le fond du filet. Le Droit. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4520982 

Jury, P. (1992, 19 décembre). La liste des blessés d’allonge: Ce pourrait être encore pire pour les Sénateurs. Le Droit. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4521013 

Jury, P. (1993, 11 janvier). Les Sénateurs à la mi-saison: le temps des bulletins… Le Droit, p. 36. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4523093 

Laflamme, R. (1992, 28 décembre). Déjà 20 victoires en 38 matches: Les années se suivent… sans se ressembler. Le Quotidien, p. 26. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4224973

Mike. (2024, 13 juin). Tank 7-inspired ‘Le Lazer’ Saison returns to Hampline Brewing. Memphis Beer Blog. https://memphisbeerblog.com/2024/06/13/le-lazer-saison-returns-to-hampline-brewing/

Presse canadienne. (1992, 4 octobre). Liste des joueurs non protégés. Le Soleil, S-4. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2927478 

Solar Bears. (2015, 13 janvier). Solar Bears announce All-Star Skills Competition participants. https://orlandosolarbearshockey.com/news/2015/01/solar-bears-announce-all-star-skills-competition-participants-1597

Wikipedia.

HockeyDB.

Images: Ebay, YouTube, magazine Bodycheck, HockeyDB

samedi 1 avril 2023

Hib Milks


 


C'est assez rare que je parle de joueurs des années 20 (1920 pas 2020) et encore moins de joueurs des anciens Pirates de Pittsburgh. Je me suis donc dit que ce serait une bonne opportunité de faire ça quand je suis tombé sur un nom comme Hib Milks...

Hibbert Henry «Hib» Milks
est né le 1er avril 1899 dans le petit village de Eardley en Outaouais, un patelin qui fut fusionné en 1975 avec 3 autres villages pour donner aujourd'hui la municipalité de Pontiac. Il déménagea de l'autre côté de la rivière, à Ottawa lors de ses 18 ans et gradua dans les différents niveaux de la ligue de hockey organisé de la région, la Ottawa City Hockey League (OCHL), qui est considérée comme la deuxième ligue organisée dans l'histoire du hockey, ses origines remontant à 1890. Au sein des Gunners d'Ottawa, Milks, qui évoluait comme ailier gauche et comme centre, forma un duo redoutable avec un joueur du nom de Harold Darragh pendant trois saisons, soit de 1919-20 à 1921-22. 
 
Milks et Darragh prirent la décision de joindre les rangs des Yellowjackets de Pittsburgh de la United States Amateur Hockey Association (USAHA) pour la saison 1922-23. Ils revinrent tous les deux dans la OCHL la saison suivante avec les New Edinburghs d'Ottawa mais cela ne dura qu'une saison avant de revenir avec les Yellowjackets en 1924-25 lors de ce qui était la dernière saison d'existence de la USAHA. La saison suivante, comme Pittsburgh allait faire son entrée dans la LNH, une dizaine d'anciens membres des défunts Yellowjackets, bref pratiquement toute l'équipe à cette époque, devinrent membres de la nouvelle organisation des Pirates de Pittsburgh, qui sont essentiellement considérés comme la continuation des Yellowjackets. On retrouvait également chez ces premiers Pirates de futurs membres du temple comme le défenseur Lionel «Big Train» Conacher et le gardien Roy Worters, en plus du fameux duo Darragh-Milks.

Les Pirates de Pittsburgh ont existé pendant seulement 5 saisons et n'ont jamais laissé une très grande marque dans l'histoire du hockey, à l'exception de la présence des Conacher et Worters. Mais si ces derniers représentaient bien le niveau défensif de l'équipe, on n'y retrouvait pas vraiment de grandes vedettes offensives. Durant 4 de ces 5 saisons, c'est Hib Milks qui termina au premier rang des pointeurs des Pirates, Darragh étant celui de la cinquième. Durant ces saisons de 44 matchs, Milks mena les Pirates pour les points avec des saisons de 19, 22, 21 et une de seulement 12 points en 1928-29, qui faisait quand même de lui le meneur des Pirates. 
 
Il faut cependant dire qu'on ne décernait pas autant de mentions d'assistance à l'époque, soit seulement une mention pour la première passe et même souvent qu'on oubliait de l'inscrire au pointage. Par exemple, Milks obtint un sommet en carrière de 18 buts en 1927-28, le restant de sa fiche étant composée de 3 passes. Autre exemple durant cette même saison 1927-28, Howie Morenz du Canadien termina avec 33 buts et 18 passes, ce qui le plaçait au premier rang pour les deux catégories.

 
Milks, au deuxième rang et Darragh à l'avant-dernier.


Les Pirates firent les séries durant deux de leurs trois premières saisons mais commencèrent à vivre des difficultés financières les forçant à vendre des joueurs pour survivre, dont Conacher. Milks et Darragh furent toutefois épargnés et terminèrent exæquo en 1928-29 avec cette mince fiche discutée plus haut de 9 buts et 3 passes chacun pour 12 points en tête des faibles Pirates qui terminèrent avec une fiche de 9-27-8. La saison 1929-30 fut ensuite la dernière de l'équipe où les choses ne firent que se dégrader davantage avec une fiche de 5-36-3.
 
La franchise fut alors achetée par le bootleger Bill Dwyer et déménagée à Philadelphie sous le nom des Quakers en 1930-31, dans l'espoir qu'un nouvel aréna soit construit à Pittsburgh pour y ramener l'équipe plus tard. Les Quakers furent encore pire que les Pirates et finirent leur seule saison d'existence avec une minable fiche de 4-36-4, ce qui est toujours le deuxième pire pourcentage de victoire après les Capitals de Washington de 1974-75. Milks fut toutefois fidèle au poste comme toujours, terminant premier compteur des Quakers avec 17 buts et 23 points. Il termina toutefois au deuxième rang pour les points derrière les 27 points d'un certain Gerry Lowrey. 
 
Cette saison marqua toutefois la fin du duo Milks-Darragh alors que ce dernier fut échangé aux Bruins  en retour d'un défenseur et d'une somme d'argent.

Hib Milks avec les Quakers
Après la disparition des Quakers, Hib Milks aboutit avec les Rangers où il ne fut que très peu utilisé en attaque, terminant la saison 1931-32 totalement blanchi de la colonne des buts avec 0 filets et seulement 4 passes. Il décida ensuite de revenir au bercail, alors qu'il signa avec les Senators, qui eux revenaient au jeu après une saison d'inactivité causée aussi par des difficultés financières. La disette de Milks continua à Ottawa alors qu'il fut de nouveau blanchi durant cette saison 1932-33. N'ayant toujours pas marqué en 19 matchs, il se blessa grièvement au genou en janvier 1933 et ne revint jamais au jeu.

Il retourna dans l'Outaouais après sa retraite et y mourut en 1949 après une longue maladie. Il avait 50 ans.

En 317 matchs dans la LNH, Hib Milks récolta 87 buts et 41 passes pour 128 points. Ses 98 points acquis avec les Pirates font de lui le meneur de l'histoire de la franchise, suivi de près par Darragh à 91 points.

Pour sa part, Darragh joua quelques matchs à Boston suite à son départ de Philadelphie. Il joua ensuite deux saisons à Toronto, mais fut cédé dans la IHL en 1933. Il y joua quelques temps avant de prendre sa retraite en 1936 et revenir lui aussi dans le coin d'Ottawa. Son plus vieux frère, Jack Darragh, joua longtemps pour les Senators, y gagnant 4 Coupes Stanley, et fut élu au temple de la renommée en 1962.

vendredi 28 octobre 2022

Joueur oublié des 90's #68 - Jim Kyte


 

 

Né le 21 mars 1964 à Ottawa, James G. Kyte est le fils de John Kyte, un ancien athlète multidisciplinaire durant ses années d'études à l'Université St.Francis Xavier. Le paternel, ainsi que ses 5 fils, sont tous atteints d'une déficience auditive héréditaire. Les 5 frères Kyte ont donc tous perdu entre 65 et 75% de leur ouïe avant l'âge de 5 ans. Dans le cas du père, il a toujours réussi malgré tout à passer au travers son handicap, une persévérance qu'il a enseigné ensuite à ses fils, refusant par exemple de les envoyer dans une école spéciale pour élèves sourds. Jim et ses 4 frères ont donc grandi comme des enfants canadiens normaux et ont tous joué au hockey organisé. Seule la petite soeur du clan n'a pas été atteinte de cette déficience. 

Jim ne croyait toutefois pas devenir un joueur à temps plein jusqu'à ce que, à la surprise générale, ce défenseur format géant soit repêché au tout premier rang de la CCHL (Central Canada Hockey League) par les Hawks de Hawkesbury. Après une solide saison dans cette ligue, il fut sélectionné en première ronde (12e au total) du repêchage de la OHL de 1981 par les puissants Royals de Cornwall. C'est seulement après sa sélection, lorsqu'ils rencontrèrent Kyte à leur table du repêchage, que les recruteurs découvrirent son handicap...

À 6'5" et 210 lbs, ce défenseur «stay-at-home» (je n'ai jamais trouvé d'équivalence aussi bonne en français) en imposait avec sa grande stature et son jeu acharné. Il pouvait solidement cogner et intimider l'adversaire, sans jamais être considéré comme un goon, malgré que l'on s'attendait bien sûr à ce qu'il utilise son gabarit pour défendre ses coéquipiers. 

Malgré des statistiques offensives bien moyennes, il continua d'étonner dans le junior par son jeu défensif, au point de se retrouver de nouveau sélectionné en première ronde, 12e au total une fois de plus, par les Jets de Winnipeg au repêchage de 1982. Il devint alors le premier, et à ce jour le seul joueur étant considéré comme légalement sourd dans l'histoire de la ligue. Il était aussi un des plus grands joueurs de la ligue pour l'époque.

Utilisant un appareil auditif l'aidant à capter quelques sons, Kyte apprit tôt à compenser pour son handicap en maîtrisant le jeu d'une manière différente, particulièrement en utilisant ses autres sens. Il mémorisait parfaitement les systèmes de jeu et travaillait constamment sur son positionnement pour ne jamais être pris au dépourvu dans son rôle de défenseur. Il avait aussi développé la capacité de compter et repérer rapidement où étaient en tout temps ses 5 adversaires sur la glace. Et à défaut de bien pouvoir entendre un joueur arriver derrière lui, dans les coins par exemple, il se servait des reflets sur les baies vitrées pour analyser ses alentours. 

Ce n'était bien sûr jamais facile. Les appareils auditifs de l'époque étaient quand même plus gros et rudimentaires, surtout avant son arrivée dans la LNH. Ils étaient au départ raccordés à un appareil attaché à la poitrine, ce qui pouvait causer bien des ecchymoses ou parfois des saignements aux oreilles lors de mises en échec percutantes ou des combats. 

D'ailleurs il prenait bien soin d'avertir les juges de ligne de ramasser ses appareils s'ils tombaient sur la glace durant un combat. Parfois, la sueur et l'humidité faisaient court-circuiter ses appareils, qu'il faisait sécher pendant les intermissions avec un séchoir à cheveux. Il apprendra plus tard à les protéger avec de la pellicule plastique. Il commença aussi à utiliser un casque spécial avec une protection accrue aux oreilles pour protéger ses appareils.

Après une dernière saison junior en 1982-83, il fit partie à temps plein des Jets en 83-84. Il n'était au départ utilisé que sporadiquement et principalement comme homme fort pour protéger les vedettes des Jets. Il n'obtint que 2 buts et 10 points au total lors de ses trois premières saisons où il était assez craintif avec la rondelle. Ce n'est qu'en 1986-87, lorsque les Jets embauchèrent Dan Maloney comme entraîneur, que Kyte obtint davantage de responsabilités et de temps de glace. Le défenseur désormais plus mature répondit alors avec une saison de 5 buts (son sommet), 5 passes et 162 minutes de pénalité en 72 matchs.

Kyte a plus tard mentionné qu'il ne croit pas l'avoir inventé, mais qu'il est grandement responsable de la popularisation de la technique employée par les gardiens pour signaler un dégagement en levant le bras, technique qu'il aurait instauré avec son coéquipier Pokey Reddick durant cette même saison chez les Jets. En fait, comme on peut s'y attendre, Kyte avait des liens particuliers avec ses coéquipiers et entraîneurs, et obtint ainsi plusieurs accommodements de leur part. Il demandait par exemple à son entraîneur de bien vouloir se tourner vers lui et les joueurs en parlant au tableau lors des entraînements, pour qu'il arrive à bien lire sur ses lèvres. Sinon, il allait voir personnellement l'entraîneur pour qu'il lui répète tout ce qu'il venait de dire.


Après deux autres saisons à Winnipeg, dont sa meilleure en carrière en 1988-89 avec 12 points, Kyte fit partie d'un gros échange à l'été 1989 entre les Jets et les Penguins. Il prit ainsi le chemin de Pittsburgh en compagnie de Randy Gilhen et Andrew McBain, tandis que Randy Cunneyworth, Dave McLlwain et le gardien Rick Tabaracci prirent le chemin inverse. Après une saison où il fut utilisé sporadiquement à Pittsburgh, il fut rétrogradé dans les mineures au début de la saison 1990-91, avant d'être échangé en décembre aux Flames de Calgary en retour de Jan Hrdina. Il rata donc la chance de remporter la Coupe Stanley cette saison-là. 
 
Il joua très peu lors de sa deuxième année à Calgary en 1991-92 où il continua à payer le prix pour tout ce qu'il avait fait endurer à son corps. Il rata le début de la saison suite à une blessure à la main et dut ensuite mettre une croix sur le restant de la saison en se cassant la cheville durant un combat contre Mike Peluso des Blackhawks en janvier 1992. Il traînait aussi une vieille blessure datant de la saison 1987-88 où une fracture d'une vertèbre lui fit rater une trentaine de matchs.

Après avoir été libéré par les Flames durant l'été 1992, il se trouva du boulot avec le nouveau club de son patelin natal, les Sénateurs d'Ottawa, mais ce ne fut que très bref. Toujours aux prises avec la réhabilitation de sa cheville cassée à Calgary qui nécessita une intervention chirurgicale, il ne joua que quatre matchs avec les Sénateurs durant leur saison inaugurale, passant le restant de l'année dans la Ligue américaine. Il obtint toutefois ses meilleurs statistiques à vie avec le club-école des Sénateurs, avec une fiche de 6 buts et 18 passes.

Sans contrat durant l'été 1993 et contemplant la retraite, une nouvelle équipe d'envergure débuta ses activités dans la IHL, le Thunder de Las Vegas, qui offrit un contrat lucratif à Kyte en plus de le nommer capitaine de l'équipe. La IHL était alors en plein essor et empiétait même dans les plates-bandes de la LNH en offrant de gros contrats et en s'installant dans des gros marchés (voir texte du 28 janvier 2016). De plus, son ancien coéquipier Pokey Reddick faisait aussi partie de l'aventure à Vegas, un club qui voulait gagner immédiatement. Kyte aida ainsi le Thunder à gagner sa division. Sa carrière connut alors un regain de vie, ce qui incita les Sharks de San Jose à le signer durant la saison suivante, quelques semaines après la fin du lock-out de 1994.

 

Il revint donc dans la LNH en mars 1995. Durant cette fin de saison, il joua probablement son meilleur hockey en carrière, obtenant 2 buts et 5 passes en seulement 18 matchs. Formant un duo efficace en défense avec Jayson More, il aida les Sharks à surprendre son ancien club, les Flames, en première ronde lors d'une série qui alla à la limite de sept matchs. Kyte se mérita alors un nouveau contrat dans la LNH la saison suivante avec les Sharks.

Ces derniers connurent toutefois un mauvais début de saison en 1995-96 et après le congédiement de Kevin Constantine, le nouvel entraineur des Sharks préféra faire jouer davantage de jeunes joueurs, ce qui causa son retour dans les mineures en 1996-97 avec le club-école des Sharks, les Blades de Kansas City de la IHL.

En octobre 1997, alors qu'il revenait d'une pratique des Blades, Jim Kyte vit sa carrière prendre fin lors d'un grave accident de voiture qui lui causa une commotion cérébrale majeure qui, combinée avec ses nombreuses commotions subies durant sa carrière d'homme fort, lui causa de forts maux de tête durant les années suivantes. Un docteur lui ordonna alors d'arrêter de jouer au hockey.

Maintenant de retour avec sa famille à Ottawa, il commença à écrire sur sa condition dans un journal scientifique et devint également chroniqueur au Ottawa Citizen. Il devint ensuite conférencier et enseignant au Collège Algonquin d'Ottawa. Il est présentement doyen du département du tourisme du collège. Il a aussi profité de l'occasion pour obtenir une maîtrise en administration des affaires.

Il habite toujours Ottawa. Il a eu trois enfants, tous des garçons, mais aucun n'a développé la même déficience auditive familiale. Au cours de sa carrière, Kyte s'est grandement impliqué dans le développement du hockey pour personnes sourdes. Il a par exemple longtemps tenu des camps d'été pour joueurs sourds, et ce dès ses premières saisons à Winnipeg. 

Lui, ses frères et quelques nièces et neveux atteints de la déficience familiale ont d'ailleurs participé en 2018 au Canada Deaf Games. La «Team Kyte» s'est alors bien sortie d'affaire en remportant l'or.

 

Jim Kyte (à gauche) avec le reste de la Team Kyte

En 598 matchs dans la LNH, Jim Kyte aura récolté 17 buts, 49 passes pour 66 points en plus de 1342 minutes de pénalité. Il fut introduit au Temple de la renommée des sports d'Ottawa en 2018.

Et il peut encore cogner solide...


 

Sources:
The sky's the limit: Jim Kyte Alumni Profile, NHL.com, 9 janvier 2019
Outside the box: The life and times of Ottawa's Jim Kyte, Ottawa Citizen, 13 février 2016
Jim Kyte Was NHL’s First Legally Deaf Player, SJ Hockey Now, 26 avril 2021
A TRUE JET FIGHTER, Sports Illustrated, 12 octobre 1987
Team Kyte Wins Hockey Gold at Canadian Deaf Games, ReSound Blog, 6 avril 2018

 

mercredi 31 août 2022

D'un autre angle #8 - Daniel Alfredsson vs. les Jets

 



 

J'ai eu un souvenir l'autre jour de cette carte Upper Deck 2012-13 de Daniel Alfredsson. Je l'avais choisi il y a plusieurs mois comme «Carte du jour»™ sur Facebook et Instagram et s'en était suivi pas mal de commentaires. Il y avait entre autres un gars qui ne comprenait pas le concept et qui me reprochait cette habitude de mettre des cartes sans valeur. Il m'a ensuite fait un cours de marketing 101 comme quoi on attirerait et intéresserait pas mal plus de monde en mettant des cartes rares à la place. Après lui avoir expliqué notre «démarche» comme quoi on aime toutes les sortes de cartes, même souvent davantage les commons et les cartes laides, il a énoncé qu'il ne comprenait toujours pas et que ça n'intéressait personne. 

C'est quand même rare de voir ce genre de commentaires et justement pour le contredire davantage, il y avait un autre commentaire, pas mal meilleur, d'un autre usager qui aimait la carte et se demandait si Alfredsson avait bel et bien réussi à marquer sur cette séquence ou si l'ex gardien légendaire des Thrashers Ondrej Pavelec avait réussi à faire l'arrêt.  

Plusieurs mois plus tard ça m'est revenu et j'ai pensé que tout ça se mérite de voir la chose «D'un autre angle»™. Pareil pour le gars tannant qui voit juste les cartes comme du cash et non pas selon ce que ça devrait être, un hobby. Mais j'avoue quand même que je suis peut-être un cas spécial et non pas le collectionneur traditionnel. Moi je m'achète des cartes au Dollaramma et j'en transforme en sous-verres ou en autre gogosse compliquée qui prend toute la place dans mon garage...

Bref comme j'aime apparemment parler de trucs inutiles, je m'étais porté volontaire pour aller au fond des choses et bel et bien vérifier si Alfredsson avait marqué contre les Thrashers Jets.


 

D'abord, ce qui est facile et intéressant avec des événements récents comme celui-ci, c'est que la documentation est pas mal plus facile d'accès que, disons, la photo de Maurice Richard et Sugar Jim Henry de 1952. Comme la série Upper Deck 2012-13 contient probablement en majorité des photos de la saison précédente, il est assez facile d'aller retrouver de quel match il s'agissait. Comme la saison 2011-12 était la première des Jets après le déménagement d'Atlanta, les Jets et les Sénateurs se sont affrontés 4 fois durant la saison, puisqu'ils gardèrent la place des Thrashers dans l'association de l'Est jusqu'à leur déplacement dans celle de l'Ouest pour la saison 2013-14.

Ensuite, il faut aller voir la fiche d'Alfredsson durant ces 4 matchs contre les Jets. En fait on ratisse davantage à 2 matchs, puisque selon la photo sur la carte, le match avait lieu à Winnipeg en se fiant au chandail foncé pour les Jets et le blanc pour les Sénateurs. Lors du premier match, le 29 novembre 2011, il a amassé une passe et aucun but. Lors du deuxième, le 26 mars 2012, il a marqué deux buts. 

Comme c'est encore assez récent et qu'on vit dans une magnifique ère de technologie, tout ça est encore disponible en deux trois clics sur Youtube. On peut donc voir si un de ces buts concorde avec la photo. 

Je vous recommande de regarder ces extraits au complet, cela vous permettra d’apprécier davantage le moment en question dans le contexte de ce très bon match. Ça vous rappellera peut-être des souvenirs désormais vintage comme dans le temps que les Sénateurs étaient bons et que les Jets étaient encore pas mal juste les Thrashers de Winnipeg avec un Evander Kane pas de barbe et moins de problèmes personnels. 



Comme ce match avait lieu en fin de saison, il était quand même assez important pour les Sénateurs qui ont terminé cette saison 2011-12 au 8e rang dans l'ouest avec une fiche de 41-31-10 pour 92 points. Les Jets pour leur part ont terminé onzièmes avec une fiche de 37-35-10 pour 84 points. 

Daniel Alfresson a terminé cette saison, son avant-dernière à Ottawa, avec une fiche de 27 buts et 32 passes pour 59 points.

Histoire de compléter avec d'autres angles supplémentaires, voici une variante de la photo prise quelques centièmes de seconde plus tard... Si le gars d'Upper Deck avait plutôt choisi celle-ci, je n'aurais pas pu pondre un tel texte d'anthologie...



samedi 7 novembre 2020

Joueur oublié des 90's #41 - Darrin Madeley




Né le 25 février 1968 dans le petit village de Holland Landing (maintenant un quartier de Newmarket) en Ontario, Darrin Madeley fut ce qu'on appelle un ''late bloomer'' ou si vous préférez ma traduction boboche, une ''éclosion sur le tard''. Il joua son hockey mineur très loin des radars des recruteurs de la LNH, évoluant d'abord au niveau Junior A et étant ensuite relégué au Junior B vers la fin des années 80. Alors agé de 21 ans, il décida alors de se concentrer sur son éducation tout en jouant au hockey avec les Lakers de la Lake Superior University au Michigan, un club faisant partie de la 1re division de la NCAA, plus précisément dans la conférence ouest, la WCHA.

Madeley sortit de nulle part et devint une brute au niveau universitaire au sein des puissants Lakers où les choses n'allèrent qu'en s'améliorant à chaque année.

À sa première saison en 1989-90, il eut une fiche de 21-7-1 avec une moyenne de 2.42 et un pourcentage d'arrêt de 0.915. Il fut élu sur la deuxième équipe d'étoiles de sa division ainsi que sur l'équipe d'étoiles des recrues. Il répliqua avec une meilleure saison en 90-91 avec une récolte de 29-3-3, une place cette fois sur la première équipe d'étoiles en plus d'aider les Lakers à gagner leur division et participer au tournoi national. Ils perdirent cependant en 1re ronde.

Il repartit encore de plus belle en 91-92 avec une fiche inférieure de 21-6-4 mais par contre sa meilleure moyenne à vie à 2.01 et un pourcentage de 0.917. Lors de cette dernière année à Lake Superior, Madeley et les Lakers remportèrent le championnat national de la NCAA. Il remporta le MVP de sa division en plus d'être finaliste pour le trophée Hobey Baker attribué au meilleur joueur de la NCAA, trophée qui alla toutefois à Scott Pellerin.

(Note à moi-même, inclure Scott Pellerin dans cette série).



Suite à ce parcours exemplaire, Madeley attira l'attention des nouveaux Senators d'Ottawa qui lui offrirent un contrat pour leur saison inaugurale en 1992-93. Il fit partie de l'entourage de l'équipe pendant ses premières semaines d'existence et obtint son premier départ le 5 novembre 1992 contre Calgary. Madeley alloua 6 buts sur 21 lancers en 30 minutes d'action avant de se faire retirer du match. Il obtint à nouveau le départ le lendemain à Vancouver et alloua cette fois-ci 4 buts dans une défaite de 4-1. Les Senators décidèrent alors qu'il devait prendre de la maturité dans les mineures et signèrent éventuellement le québécois Daniel Berthiaume pour seconder adéquatement le partant Peter Sidorkiewicz. En seulement 2 matchs dans la LNH, Madeley avait alors une moyenne satanique de 6.66 buts par match... C'est quand même mieux que la moyenne de Berthiaume la saison suivante...

Il passa donc le restant de la saison avec le club école des Senators à New Haven dans la AHL où il obtint une fiche de 10-16-9 en 41 matchs. Ces Senators de New Haven sont d'ailleurs une des franchises les plus éphémères de l'histoire de la ligue américaine alors qu'ils n'existèrent que durant cette seule saison 1992-93. En fait je dit éphémère mais ce n'est pas tout à fait vrai. Elle ne fut qu'éphémère sous ce nouveau nom des Senators alors que la franchise existait auparavant sous le nom des Nighthawks depuis 1972 jusqu'à l'arrivée des Senators sur la scène. La saison suivante, le grand club déménagea son club-école sur l'Île-du-Prince-Édouard. 

Mais Madeley avait assez bien fait à New Haven (il mérita même une place sur la 2e équipe d'étoiles) pour graduer à temps plein à Ottawa pour la saison 1993-94 afin de seconder le nouveau venu Craig Billington, obtenu des Devils en retour de Sidorkiewicz. À travers tout ça, le fait demeurait que les Senators voyaient grand pour Madeley, croyant fermement qu'il pourrait devenir un vrai gardien numéro un.

 

Dans ce rôle d'adjoint, Madeley obtint davantage de départs et comme ses comparses et prédécesseurs à Ottawa, il ''vit du rubber'' lors de cette saison où il joua 32 matchs. Comme les Senators ne s'améliorèrent que très marginalement en 93-94 (fiche de 14-61-9 au lieu de 10-70-4) et bien Madeley ne put vraiment se faire justice. Toutes ses prouesses au niveau universitaire ne purent se transposer au niveau de la LNH, encore moins au sein d'une pauvre équipe d'expansion qui visait davantage le plancher que le plafond... 

Durant cette première saison complète, il n'obtint que 3 victoires contre 18 défaites et 5 matchs nuls, une moyenne de 4.36 et un pourcentage d'arrêt de .868 Il joua également 6 matchs dans la AHL durant cette saison et le club école continuait d'en arracher autant que le grand club (23-49-8) et Madeley ne remporta aucune victoire durant ce séjour.

 

Ouff.... Ça a pas l'air de tout repos...

Ses chances de s'établir à Ottawa semblèrent encore plus minces la saison suivante suite à l'acquisition du vétéran Don Beaupre. Il fut retourné à Charlottetown et ne joua donc que 5 matchs durant la saison écourtée de 1995. Il remporta sa seule victoire de la saison lors de ce qui fut son dernier match en carrière dans la LNH, le 29 avril 1995 contre les Islanders. Il resta également à Charlottetown la saison suivante mais les Senators avaient pendant ce temps trouvé un autre gardien d'avenir en Damian Rhodes, qu'ils obtinrent des Islanders en retour de Beaupre. Ils décidèrent donc de tourner la page et ''prêtèrent'' Madeley aux Vipers de Detroit dans la IHL pour écouler cette dernière année de contrat. Il fit toutefois bien à Detroit et réussit ensuite à signer avec l'organisation des Sharks de San Jose mais il ne joua jamais avec eux et fut éventuellement racheté. Il joua donc la saison 1996-97 dans la AHL avec les Flames de St..John et aussi avec un retour de quelques matchs avec les Vipers.

Il tenta sa chance ensuite en Finlande et en Allemagne mais ce ne fut que très bref et il revint à chaque fois en Amérique, cette fois-ci dans la ECHL où il termina sa carrière en 1999 avec les Ice Pilots de Pensacola.

Il demeura dans le hockey après sa retraite comme entraineur au sein du programme de développement de l'équipe nationale américaine où il fut en poste de 2001 à 2005. Depuis 2012, il œuvre à titre de directeur des opérations hockey de l'équipe féminine de Lake Forest Academy en Illinois en plus d'être entraîneur de l'équipe masculine. Il entraîna d'ailleurs brièvement Alex DeBrincat avant que celui-ci ne se joigne à la OHL.

En 39 matchs dans la LNH, Darrin Madeley obtint une fiche de 4 victoires, 23 défaites et 5 matchs nuls.
En exactement 100 matchs dans la NCAA à Lake Superior, sa fiche fut de 71 victoires, 16 défaites et 8 matchs nuls.