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samedi 31 mai 2025

La remise de la Coupe en 1966


1966. Il y a toujours seulement six équipes. Les deux éternels mauvais de l’époque, New York et Boston, sont évidemment exclus des séries. Étonnamment, parmi les équipes qui participent ″au détail″ (comme on disait parfois à ce moment), le premier ne fait pas face au quatrième, mais au troisième, pendant que deuxième affronte le quatrième.

Montréal remporte la palme et balaie ensuite le troisième, Toronto. Dans l’autre série par contre, Détroit, quatrième, cause la surprise et élimine Chicago. On se retrouve donc avec une finale 1 (Montréal) contre 4 (Détroit).

Détroit démarre en lion en remportant les deux premiers matchs, au Forum, mais les Canadiens se mettent ensuite en marche, remportant les trois matchs suivants, incluant une victoire facile de 5-1 au match 5.

Le match 6 a lieu à l’Olympia de Détroit, où Montréal peut mettre fin aux hostilités. Le match est serré et se rend en prolongation.

Après deux minutes, Dave Balon est dans le coin et lance vers le devant du but. La rondelle atteint alors celui que Balon décrit comme le ″défenseur chauve″. (Gary Bergman. Considérant qu’il n’y a que six équipes, qu’on nous a souvent dit que les joueurs se connaissaient tous à cette époque, j’ai trouvé cocasse que c’est ainsi que Balon a désigné Bergman.) Le disque frappe ensuite le genou d’Henri Richard pour ensuite aboutir dans le but.

Le gardien des Wings, Roger Crozier, proteste, arguant que Richard a compté avec sa main. L’arbitre Frank Udvari n’a pas voulu l’entendre, alors qu’au même moment, dans un début de chaos, des spectateurs qui apparemment venaient de Windsor, sautaient sur la patinoire.

À ce moment, le Trophée Conn Smythe (qui n’existait que depuis un an) est décerné suite à un vote des six gouverneurs. Par contre, ceux-ci ne parviennent pas à se rejoindre dans l’aréna. (Il n'y a évidemment aucun cellulaire.)  Lorsqu’ils y arrivent finalement, ils ne s’entendent pas au sujet  du vainqueur. Lassés d’attendre que le président Clarence Campbell se présente, Jean Béliveau et Jean-Claude Tremblay saisissent la Coupe et la transportent dans le vestiaire.

Sur place, il n’y a qu’une seule bouteille de champagne, alors qu’il y aurait eu une question de superstition en lien avec le fait d’acheter du champagne à l’avance pour un match sur la route. Toe Blake taquine plutôt Lucien Desrochers, publiciste, en affirmant que c’était son travail.

Terry Harper est le premier à se servir et il en laisse bien peu à ses coéquipiers. Gump Worsley, qui a eu de très bonnes séries, en eut un peu, mais bientôt, il n’en reste plus pour le capitaine Jean Béliveau, celui qui avait compté le but décisif, Henri Richard, et les autres.

Clarence Campbell finit par se présenter sur la patinoire alors que la plupart des spectateurs ont déjà quitté. On s’attendait à ce que Béliveau, Worsley ou Jean-Claude Tremblay soit nommé récipiendaire du Conn Smythe. On opte plutôt pour Roger Crozier, qui avait joué un rôle certain dans le parcours surprenant des Wings, mais dont le choix est tout de même étonnant. Le gardien sort donc du vestiaire en nouant sa cravate et en attachant ses boutons de manchettes pour recevoir son trophée. Si la défaite de son équipe lui a fait passer un boni de 2000$ sous le nez, son Conn Smythe lui a tout de même valu 1000$ et une Ford Mustang. Tremblay, souvent sous-estimé au cours de sa carrière, fut déçu que sa très bonne performance passe encore sous le radar.

D’un point de vue télévisuel, disons qu’on a déjà fait mieux…  Les téléspectateurs devaient se demander ce qui se passait.

Sources :

Lalancette, Mikaёl, Jean-Claude Tremblay, Le magicien de la ligne bleue, Les Éditions de l’Homme, 2024, pages 93 à 96,

″Le soir de triomphe de Blake et de ses joueurs″ - Pollock, 6 mai 1966, La Presse, page 27,

″Je suis fier de mon équipe, même dans la défaite″, dit Syd Abel de Marcel Desjardins, 6 mai 1966, La Presse, page 28,

″Campbell n’a pu se rendre au centre de la patinoire″, GC, 6 mai 1966, La Presse, page 28,

″Canadiens Capture Stanley Cup In Overtime, Richard Goal Nips Wings 3-2″ de Pat Curran, May 6, 1966″, Montreal Gazette, page 33,

″MM. les magnats de la LHN (sic), où aviez-vous la tête?″ d’André Trudelle, 7 mai 1966, La Presse, page 18,

″Banquet, Sunday Parade Honor Champs, Toe Blake Seems Serious About Retiring As Coach″ de Pat Curran, May 7, 1966, Montreal Gazette, page 8.


vendredi 30 mai 2025

Toucher au trophée


 

 

Les Oilers et les Panthers se retrouvent de nouveau en finale et comme c'est la plate coutume depuis trop longtemps, il fallait attendre de voir si le capitaine allait toucher son trophée de conférence respectif. Du côté des Panthers, ils ont opté pour ne pas toucher au trophée Prince-de-Galles (après y avoir touché en 2023 et s'être abstenu en 2024). Pour les Oilers, Connor McDavid a touché au trophée Clarence Campbell cette année, alors qu'il s'était abstenu l'an passé.

Mais que c'est donc plate tout ça. 

Et en plus d'être devenu une tradition/superstition que je trouve idiote et qui enlève au spectacle, ça n'a vraiment aucune importance et ça n'affecte en rien le résultat ultime. Voici un tableau (très) scientifique de la chose, en se concentrant premièrement sur le trophée Campbell depuis la saison 1998-99, soit un échantillon de 25 saisons.


En résumé, les clubs n'ayant pas touché au trophée ont remporté 9 fois la Coupe Stanley et l'ont perdu 9 autres fois. Les clubs ayant «OSÉ» toucher au trophée ont perdu 3 fois en finale et l'ont emporté 4 fois.

Donc si cela sert à prouver quelque chose, même si ça ne prouve rien, c'est que le clan «TOUCHER au trophée» est meilleur que de ne pas y toucher, l'emportant par une seule instance.

Oui mais ça c'est seulement le trophée de l'ouest, me direz-vous. Ok. Allons voir dans l'est.



Alors dans l'est. Toucher au trophée a remporté 8 coupes et en a perdu 6. Pas touche en a gagné 4 et en a perdu 7.

Donc une autre victoire encore plus décisive du clan «Touches-y au christie de trophée». 

Faites comme Ovechkin qui a même pris l'avion avec en 2018:

 


Donc, si ça marche même pas, pourquoi cette superstition existe et comment ça a commencé? 

Dans ce documentaire de la coupe de 1993, Benoit Brunet explique qu'ils étaient tous fier d'y toucher et même de parader avec comme si c'était la Coupe Stanley. Même que chaque joueur a pu le prendre en paradant sur la glace. 


De nos jours, même si quelqu'un y touche, il s'agit bien probablement seulement du capitaine, qui accepte de le prendre une trentaine de secondes et de retraiter vite au vestiaire. Pas mal moins le fun...

Mais était-ce un cas isolé en 1993 d'assiter à autant de célébration? C'était tu juste Montréal qui est plus crinqué que le reste de la ligue comme d'habitude?

Et bien fouillons dans les années précédentes pour voir.

En 1991 à Pittsburgh, c'était semblable à Montréal, même encore plus le fun. L'année suivante, comme la série avait été remportée à Boston, la coutume de l'époque était que le club gagnant le reçoive dans leur vestiaire après la partie. 

 

 


Comme ici en 1990 avec les Oilers, alors qu'ils avaient remporté le trophée à Chicago. Dans leur cas, on voit pas mal moins d'excitation de leur part mais c'était compréhensible puisqu'ils l'avaient gagné 5 autres fois dans la décennie précédente...

 


Donc, partons du point de référence qu'est 1993 (et première saison de Gary Bettman en poste) et essayons de trouver à quel moment ça a vraiment changé.

En 1994, les Rangers et les Canucks ont tous touché à leur trophée respectif. Mais on peut déjà commencer à trouver des failles avec Trevor Linden qui échappe le couvercle du trophée (pourquoi c'est pas soudé ensemble?) en le soulevant. C'est peut-être à ce moment que la superstition a commencé à planter ses graines...

 
Je viens finalement de découvrir qui était à l'origine de cette superstition. Et comme lors de plusieurs moments  controversés qui ont changé le visage du hockey durant les années 90, il s'agit d'Eric Lindros...

 


1997 était la première année qu'une équipe fit un point d'honneur de ne pas toucher le trophée avec Eric Lindros, un habitué de refuser des trucs, qui ne fit que poser pour une photo avec le trophée en compagnie du gars de la ligue (même pas Bettman) avant de rejoindre ses coéquipiers.

Du côté de l'ouest, les Red Wings retournaient en finale après leur défaite de 1995 et y retouchèrent sans problèmes, en plus d'éliminer ensuite les Flyers en seulement 4 matchs.

Donc comme première instauration de la tradition, on pouvait dire que c'est râté. En 1998, les Red Wings y retouchèrent de nouveau, même chose pour leurs opposants, les Capitals.

 
Ensuite, ce sont les Sabres de 1999 qui perpétuèrent en deuxième cette tradition malfamée. Et encore une fois, aucun argument solide selon quoi cela porte chance puisque les Sabres perdirent la coupe en 6 matchs contre les Stars, le tout décidé par un but en prolongation controversé de Brett Hull.

 

Ensuite, tout le monde retrouva ses esprits et toucha au trophée dans chaque conférence de 2000 à 2002. Les Mighty Ducks d'Anaheim vinrent toutefois fucker la patente en 2003 en refusant de toucher au trophée Campbell, encore une fois dans une cause perdante. 0 en 3 jusqu'à date...

C'est en 2004 qu'on peut finalement voir un argument pour la cause puisque les champions, le Lightning, ne toucha pas au trophée, tandis que les Flames y touchèrent... OH!

 

Je crois que c'est à ce moment que la superstition est vraiment devenue mainstream. La saison suivante de 2006, après un lock-out en 2005 où vraiment personne ne toucha à rien, les deux clubs en finale, les Oilers et les Hurricanes, refusèrent de toucher au trophée, soit la première fois que cela se produisit dans les deux conférences en même temps. C'est sûr que quand aucun y touche, on peut pas dire que ça porte chance ou non...

On commença même à voir la nouvelle superstition dans la série de jeux vidéos NHL.

 

 

 

Ensuite, 2007 vint cimenter la légende de cette superstition/malédiction alors que les Sénateurs y touchèrent et perdirent, tandis que les Ducks n'y touchèrent pas (comme en 2003) et remportèrent les grands honneurs.

Mais, après avoir perdu en finale en 2008 sans avoir touché au trophée Prince de Galles, Sidney Crosby décida d'y toucher lors du rematch de 2009 et cette fois-ci, ils gagnèrent.


Ouais... On peut dire qu'il s'agissait pas d'une célébration comme en 1993. Il l'a pris dans ses mains, mais il l'a pas vraiment soulevé à bout de bras non plus, tandis que Malkin et Gonchar y touchèrent à peine et c'en était fini de ce protocole. Y'a des joueurs bantam qui sont plus contents que ça en recevant une médaille en plastique pour un tournoi à Chibougamau.

Bref c'est pas mal ça. Depuis, c'est plus ou moins la même chose, quelques équipes y touchent, d'autres non, et tout le monde fait semblant que c'est important pendant 2-3 jours. 

Les Penguins ont gardé l'habitude d'y toucher lors de leur double conquête de 2016 et 2017, même chose pour le Lightning qui y toucha lors de leurs trois participations consécutives de 2020 à 2022 terminant 2 en 3. 

Mais on peut vraiment dire que ces deux magnifiques trophées ont perdu leur lustre. En plus, le trophée Prince de Galles a été instauré en 1925, donc exactement 100 ans cette année, et personne en parle, quoique il n'a pas toujours eu la même fonction de mérite, étant d'abord décerné au champion de la division américaine de 1925 à 1937 et ensuite au champion de la saison régulière jusqu'en 1967.

C'est quelque chose de se rendre en finale, même si on perd. Comme ce cher Benoit Brunet l'a dit, ça arrive pas souvent, même jamais pour plusieurs joueurs. Je me rappelle de 2021 avec le Canadien. Même si je savais qu'ils allaient se faire détruire en finale, j'étais fier de cette présence en finale et la série de finale de conférence contre Las Vegas était épique. 

Au baseball et au football, on en fait pas mal plus une grosse affaire. Mais au hockey c'est la coupe ou rien. Et c'est un peu dommage.

 

samedi 12 avril 2025

Histoires de coupes: 1996

 




Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Chapitres précédents: 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995


Joueurs: Troy Murray, Joe Sakic (Captain), Mike Ricci (A), Peter Forsberg, Stéphane Yelle, Dave Hannan, Chris Simon, Valeri Kamensky, Warren Rychel, Adam Deadmarsh, René Corbet, Claude Lemieux, Mike Keane, Scott Young, Sylvain Lefebvre (A), Uwe Krupp, Alexei Gusarov, Craig Wolanin (A), Curtis Leschyshyn (A), Sandis Ozolinsh, Jon Klemm, Adam Foote, Patrick Roy, Stéphane Fiset

Staff: Charlie Lyons (Chairman/Chief Executive Officer/Owner/President/Governor), Pierre Lacroix (Vice President/General Manager), Marc Crawford (Head Coach), Joel Quenneville (Asst. Coach), Jacques Cloutier (Goaltending Coach), Francois Giguere (Asst. General Manager), Michel Goulet (Director of Player Personnel), Dave Draper (Chief Scout), Jean Martineau (Director of Public Relations), Pat Karns (Athletic Trainer), Matthew Sokolowski (Asst. Trainer), Rob McLean (Equipment Manager), Mike Kramer (Asst. Equipment Manager), Brock Gibbins (Asst. Equipment Manager), Skip Allen (Strength-Conditioning Coach), Paul Fixter (Video Coordinator), Leo Vyssokov (Massage Therapist)

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Chez les joueurs, on avait droit à deux premières avec la présence du premier joueur originaire de la Lettonie à avoir son nom sur la coupe en la personne de Sandis Ozolinsh. Également dans le même genre de première, on retrouvait Uwe Krupp en tant que premier Allemand.

On retrouvait bien sûr bon nombre d'anciens Nordiques, dont plusieurs qu'on avait à peine vu à Québec avant le déménagement comme René Corbet ou Jon Klemm qui n'avaient joué qu'une poignée de matchs à Québec. Même Peter Forsberg n'y avait joué qu'une seule saison.

Il y avait aussi une bonne batch d'anciens Canadiens dans le tas, comme Claude Lemieux, Sylvain Lefebvre, Mike Keane et probablement un autre que j'oublie.

Mais ici je porte mon choix comme joueur «LVEUP» sur nul autre que Troy Murray. En fait c'est ce joueur qui m'a quelque peu inspiré à faire cette série, alors que sa présence dans cette équipe avait toujours échappé à mon radar.


Joueur de longue date des Blackhawks, Murray avait été repêché par Chicago en 1980 lors d'un repêchage qui changea le visage de la franchise pour plusieurs saisons, alors qu'il s'agissait du même repêchage leur procurant Denis Savard et Steve Larmer. 

Il joua avec les Hawks de 1982 à 1991, connaissant même une splendide saison de 99 points en 1985-86, saison qui lui valut également le trophée Selke. Mais il oscillait le reste du temps autour des 50-60 points.  Il passa aux Jets en 1991 et fut immédiatement nommé capitaine. Il fut retourné aux Blackhawks durant la saison 1992-93 mais fut échangé de nouveau la saison suivante, cette fois aux Sénateurs d'Ottawa. Le même pattern se répéta alors qu'il fut de nouveau échangé en milieu de saison l'année suivante, cette fois aux Penguins.

Agent libre durant l'été 1995, il signa alors avec l'Avalanche et il joua 63 matchs avec eux en saison, amassant 21 points. Il joua ensuite 8 matchs en séries, mais aucun en finale contre les Panthers.

Après cette conquête, il fut libéré et signa dans la IHL avec les Wolves de Chicago où il joua une dernière saison avant de prendre sa retraite. Il retourna ensuite dans l'organisation des Blackhawks, comme commentateur télé.

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Du côté du staff, il faisait du bien de voir d'anciens Nordiques ayant trimé dur durant les années 80 comme Michel Goulet. 

Mais il y avait aussi un autre qui avait du vivre le difficile début des années 90, le cerbère Jacques Cloutier. Il s'était amené avec les Nordiques durant la saison 1990-91 et y avait joué une soixantaine de matchs jusqu'à sa retraite en 1994. 

Il avait ensuite joint les rangs des Aces de Cornwall comme entraîneur des gardiens et gradua avec l'Avalanche à temps pour cette saison 1995-96 et cette conquête. Il fut en poste avec l'Avalanche jusqu'en 2009, ce qui en faisait le plus long terme jamais occupé par un membre du staff dans l'histoire de l'organisation. Il occupa ensuite les mêmes fonctions avec les Flames de 2012 à 2016.


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Et parmi les autres faits inusités par rapport à cette coupe de 1996, il y avait originalement une erreur lors de la gravure du nom d'Adam Deadmarsh qui était alors gravé sous le nom «Deadmarch». Une correction fut plus tard apportée et son nom est désormais bien inscrit. 

À noter également que la coupe de 1996 fut le premier championnat de l'histoire pour un club de sport professionnel de Denver ou du Colorado.

En plus de répéter l'exploit en 2001 et 2022, ils furent ensuite rejoints par:

  • les Denver de Broncos (NFL): 1997, 1998, 2015)
  • Le Mammoth du Colorado (Crosse): 2006, 2022
  • Les Rapids du Colorado (MLS): 2010
  • Les Nuggets de Denver (NBA): 2023


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C'était donc les histoires de la coupe de 1996. On se revoit avec les Red Wings de 1997.

 

 

vendredi 28 mars 2025

Histoires de coupes: 1995

 




Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Aujourd'hui, après une pause de quelques mois, revoici la suite avec les Devils de 1995.

Chapitres précédents: 1990, 1991, 1992, 1993, 1994


 

Joueurs: Neal Broten, Jim Dowd, Brian Rolston, Bobby Holik, Sergei Brylin, Bob Carpenter, Randy McKay, Mike Peluso, Bill Guerin, John MacLean (A), Tom Chorske, Danton Cole, Claude Lemieux, Valeri Zelepukin, Stéphane Richer, Scott Stevens (C), Ken Daneyko, Tommy Albelin, Chris McAlpine, Bruce Driver (A), Scott Niedermayer, Kevin Dean, Shawn Chambers, Martin Brodeur, Chris Terreri

Staff: John J. McMullen (Owner/Chairman/Governor), Peter McMullen (Vice President), Lou Lamoriello (President/General Manager), Jacques Lemaire (Head Coach), Jacques Caron (Goaltender Coach), Dennis Gendron (Asst. Coach), Larry Robinson (Asst. Coach), Robbie Ftorek (AHL Coach), Alex Abasto (Asst. Equipment Manager), Bob Huddleston (Massage Therapist), Dave Nichols (Equipment Manager), Ted Schuch (Medical Trainer), Mike Vasalani (Strength-Conditioning Coach), David Conte (Director of Scouting), Milt Fisher (Scout), Claude Carrie (Scout), Dan Labraaten (Scout), Marcel Pronovost (Scout)

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D'abord pour les quelques faits divers cocasses et/ou semi-intéressants de cette finale, et bien il s'agissait de la première fois depuis 1980 (New York vs. Philadelphie) que la finale se disputa entièrement dans le même fuseau horaire. Heille on peut pas dire que je ne vous apprends jamais rien...

Il s'agissait également de la première de 9 finales consécutives à ne pas avoir une équipe canadienne dans les finalistes, ce qui demeure le record à ce jour, qui fut toutefois égalé par l'écart entre la présence en finale des Canucks en 2011 et celle du Canadien en 2021. Avant cet écart 1995-2004 (Flames vs. Lightning), le maximum avait été de seulement deux saisons et ce depuis la création du trophée en 1893.

Aussi comme la saison 1994-1995 avait dû être écourtée à seulement 1995 à cause du lock-out, la victoire des Devils fut retardée jusqu'au 24 juin 1995, ce qui était alors la date la plus tardive jamais vue jusque-là. Lors de l'autre finale affectée par un lock-out, celle de 2013, on assista également à une remise le jour de la St-Jean, encore le 24 juin, 2013 cette fois-ci. 

Ce record de date fut ensuite anéanti à jamais (on l'espère crissement) lors des séries compliquées covidiennes de 2020 alors qu'on dut attendre jusqu'au 28 SEPTEMBRE! Je sais, ça fait pas si longtemps mais on dirait que j'en reviendrai jamais de ça... Le lendemain, les joueurs commençaient leur entrainement d'été et le surlendemain c'était le camp d'entrainement...

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Mais bon, assez parlé de ces années de marde. 

Pour ce qui est des joueurs inscrits sur la coupe de 1995 des Devils, il y a plusieurs noms ici qui nous surprennent par le fait qu'on ignorait ou oubliait que le joueur ait remporté la coupe Stanley ou même qu'il avait joué avec les Devils tout court. Ou encore qu'il était encore avec l'équipe à ce moment. C'est le cas des Jim Dowd, Tom Chorske, Brian Rolston ou encore d'un Chris McAlpine. Un gros WTF d'ailleurs pour ce dernier alors que dans ma tête il avait seulement joué pour les Blues. Mais en fait non, il avait été repêché par New Jersey en 1990 et y a seulement joué durant cette saison écourtée de 1995, pour 24 matchs en saison et aucun en séries... Il se qualifiait toutefois pour être gravé car la limite normale de 41 matchs avait été abaissée.

Il y a aussi ces bons vieux cas de joueurs vétérans qui en méritaient finalement une comme Neal Broten, Bruce Driver, John MacLean, Shawn Chambers et Bob Carpenter. Stéphane Richer en méritait bien une deuxième. Bill Guerin, encore tout jeune, devra ensuite attendre en 2009 avec Pittsburgh pour en remporter une deuxième.

Mais donc qui choisir comme véritable joueur «LVEUP-WTF-quessé qu'il fait là lui»? 

Et bien dans ce cas-là, je prends souvent le plus no-name du lot, et ici il s'agit de nul autre que Kevin Dean.

Who the fuck is Kevin Dean?

Et bien l'actuel assistant-entraineur des Blackhawks est un cas super intéressant qui me réjouit beaucoup car lorsque je choisis d'écrire comme ici sans retenue avant de checker de quoi je parle avant de choisir d'en parler, et bien parfois j'ai pas grand chose à dire sur le joueur.

Mais ici non. Joueur de défense, Dean avait d'abord été un choix de 5e ronde des Devils en 1987. Il joua ensuite 4 années dans la NCAA avant de débuter son parcours dans les filiales des Devils. Ce n'est que durant cette saison écourtée de 1995 qu'il parvint finalement à jouer dans la LNH avec le grand club, jouant 17 matchs en saison et 3 en séries. 

Et comme la saison 1995 avait dû voir sa finale être repoussée jusqu'à la fin juin, il n'en était pas le cas dans les mineures, alors que la finale de la ligue américaine fut remportée le 26 mai 1995. Cette finale mettait aux prises les River Rats d'Albany contre les Canadiens de Fredericton et fut remportée par les River Rats, qui étaient alors le club-école des Devils. 

Donc les Devils et leur club-école ont remporté le trophée le championnat de leur ligue respective la même saison, ce qui représentait la troisième fois, et à ce jour la dernière, qu'on assistait à un tel exploit pour une organisation. La première fois avait eu lieu en 1975-76 lorsque les Canadiens remportèrent la coupe Stanley et leur club-école, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, remportèrent la coupe Calder. L'organisation répéta ensuite l'exploit la saison suivante, soit en 1976-77.

En plus de Kevin Dean, quelques autres joueurs comme Sergei Brylin et Chris MacAlpine avaient aussi joué avec les River Rats et les Devils durant la saison. Mais Dean est le seul du lot à avoir joué des matchs en séries pour Albany. Il avait alors joué 8 des 14 matchs du parcours des River Rats. Il m'est impossible de vérifier s'il a joué durant la finale contre Fredericton mais s'il a été ensuite choisi en renfort par les Devils quelques semaines plus tard, j'ose imaginer que oui.



J'ignore cependant quels sont les critères pour avoir officiellement fait partie d'une équipe championne de la coupe Calder, mais selon ce que j'ai pu voir, seulement les joueurs ayant joué en séries semblent être considérés. Un joueur comme Sergei Brylin avait joué 67 matchs en saison avec les River Rats mais fut rappelé en fin de saison. Il ne joua aucun match en séries avec Albany et ne semble pas faire partie de la liste de l'équipe championne.

Cela ferait donc de Kevin Dean un des seuls joueurs de l'histoire à avoir remporté la coupe Calder et la coupe Stanley la même saison.  J'ai vérifié avec les deux éditions de Montréal/Nouvelle-Écosse de 76 et 77 et les seuls autres joueurs à avoir gagné les deux coupes comme Dean sont Pierre Mondou et Mike Polich qui avaient tous les deux passé l'entièreté de la saison 76-77 en Nouvelle-Écosse avant de rejoindre le CH comme renforts en finale suite à leur coupe Calder, les deux championnats étant décalés de quelques semaines.

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Ensuite du côté du staff, on a plusieurs des acteurs qui ont avaient forgé cette équipe championne qui quelque 10 ans plus tôt était la risée de la ligue après deux déménagements (Kansas City et Colorado) et la fameuse déclaration «Mickey Mouse» de Wayne Gretzky. On parle ici surtout de Lou Lamoriello mais aussi le propriétaire John McMullen qui avait grandement travaillé à faire partir la franchise du Colorado. 

On retrouve également le coach Jacques Lemaire et son ancien coéquipier comme assistant, Larry Robinson. On retrouve également une première dans cette série car c'est la première fois que je vois l'inclusion du coach du club-école, ici Robbie Ftorek. Ce dernier avait probablement mérité sa place dû à la conquête des River Rats discutée plus tôt. 

Mais ici je porte mon choix sur le vénérable Marcel Pronovost, dont j'ignorais totalement qu'il avait, après une longue carrière qui le mena au temple de la renommée, été à l'emploi des Devils comme recruteur. Mais avant ça il avait tenté sa chance comme entraineur à divers niveaux, notamment comme entraineur des Sabres pendant deux saisons et aussi brièvement des Red Wings. 

C'est en 1990 qu'il devint recruteur au New Jersey, et apparemment qu'il aurait grandement aidé ses patrons à choisir Martin Brodeur au repêchage de 1990. Il demeurera en poste jusqu'à sa mort en 2015.


C'était donc la finale de 1995 et ses noms gravés sur la coupe. Contrairement aux Devils, qui ont incompréhensiblement raté les séries l'année suivante, on se revoit en 1996.

mardi 7 janvier 2025

Histoires de coupes: 1994

 




Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Chapitres précédent: 1990, 1991, 1992, 1993


Rangers de New York - 1994

Joueurs: Mark Messier (Captain), Eddie Olczyk, Sergei Nemchinov, Craig MacTavish, Mike Hudson, Alexei Kovalev, Adam Graves (A), Esa Tikkanen, Brian Noonan, Greg Gilbert, Mike Hartman, Nick Kypreos, Joe Kocur, Steve Larmer (A), Stéphane Matteau, Glenn Anderson, Brian Leetch (A), Kevin Lowe (A), Doug Lidster, Sergei Zubov, Jeff Beukeboom, Jay Wells, Alexander Karpovtsev, Glenn Healy, Mike Richter

Staff: Neil Smith (President/General Manager/Governor), Robert Gutkowski (Alt. Governor), Stanley Jaffe (Alt. Governor), Kenneth Munoz (Alt. Governor), Larry Pleau (Asst. General Manager), Mike Keenan (Head Coach), Colin Campbell (Associate Coach), Dick Todd (Asst. Coach), Matthew Loughran (Manager of Team Operations), Barry Watkins (Director of Communications), Christer Rockstrom (Scout), Tony Feltrin (Scout), Martin Madden (Scout), Herb Hammond (Scout), Darwin Bennett (Scout), Dave Smith (Medical trainer), Joe Murphy (Equipment trainer), Mike Folga (Equipment Manager), Bruce Lifrieri (Massage Therapist)

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Comme les Canadiens en 1993, les Rangers de 1994 étaient très différents des années précédentes. Le DG Neil Smith avait passé pas mal de temps à peaufiner et à transiger à gauche et à droite afin de finalement se monter une équipe championne. Il avait principalement pigé dans la cour des Oilers d'Edmonton alors que 7 joueurs de 1994 avaient auparavant gagné la coupe à Edmonton. Il s'agissait de Mark Messier, Adam Graves, Esa Tikkanen, Glenn Anderson, Kevin Lowe, Jeff Beukeboom et Craig MacTavish. Plusieurs vont même jusqu'à extrapoler que la coupe de 1994 des Rangers est la 6e coupe de la dynastie des Oilers, ce qui est un peu tiré par les cheveux, mais juste un peu...

En fait, entre l'édition 1992-93 et celle championne de 1993-94, il y avait tous ces ajouts et départs:

Départs: Tony Amonte, Mike Gartner, Darren Turcotte, Doug Weight, James Patrick, Phil Bourque, John Vanbiesbrouck, Jan Erixon, Peter Andersson, Paul Broten, Steven King, Joe Cirella, Randy Gilhen

Ajouts: Stéphane Matteau, Glenn Anderson, Steve Larmer, Craig MacTavish, Brian Noonan, Doug Lidster, Mike Hudson, Greg Gilbert, Nick Kypreos, Glenn Healy

Pour Glenn Anderson, c'était pas d'Edmonton mais plutôt en provenance de Toronto qu'il avait abouti alors que c'est là qu'il jouait depuis 1991. Pour faire son acquisition, les Rangers avaient envoyé Mike Gartner aux Maple Leafs et ce seulement quelques semaines avant la conquête, soit en mars 1994 à la date limite des transactions, ce qui nous fait un peu de peine pour Gartner qui aurait bien mérité une coupe pour sa longue et prolifique carrière.

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Un autre fait notable sur cette édition de 1994 est qu'on retrouve pour la première fois gravés sur la coupe des noms de joueurs nés et formés en Russie avec Alex Kovalev, Sergei Zubov, Alexander Karpotsev et Sergei Nemchinov

Nemchinov, Kovalev et Zubov tenant le chandail de leur ancien coéquipier Alexander Karpotsev, lui qui décéda tragiquement dans l'écrasement d'avion du Lokomotiv Yaroslav en 2011.

Les Canadiens de 1993 sont passés près d'être la première équipe à ce niveau alors qu'il y avait un certain Oleg Petrov dans l'alignement. Cependant, Petrov ne se qualifiait pas pour le nombre de matchs et n'avait pas joué en finale, seulement un match en première ronde.

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Parmi les noms des joueurs gravés, si vous regardez de près la photo vous allez remarquer quelques anomalies. Le première rangée de joueurs est toujours réservée au capitaine et ses assistants. Ensuite, les joueurs devraient normalement être gravés en ordre alphabétique. Mais ici on voit Steve Larmer en premier, ce que je croyais être une erreur, mais non il était lui aussi un des assistants de Messier et est donc logiquement à la suite des autres.

Ensuite, après Sergei Zubov, on retrouve 4 noms de «trainers», soit des entraîneurs sportifs ou thérapeutes. Normalement, ces gens sont gravés avec les autres membres du staff dans le haut. Peut-être que la personne en charge de la gravure avait skippé une ligne et ne pouvait évidemment plus revenir en arrière...


Ensuite, après ces trainers, on retrouve Ed Olczyk et Mike Hartman, deux joueurs. Vous pouvez même voir que le graveur a eu de la misère, particulièrement pour Olczyk... On dirait aussi que les noms s'approchent dangereusement du repli dans le bas de la bande de noms.

En fait, les noms d'Olczyk et Hartman ont simplement été ajoutés plus tard, suite à une demande de l'équipe. Les deux noms avaient été initialement donnés par l'équipe pour être gravés mais ils furent ensuite omis car les deux ne se qualifiaient pas. Olczyk avait subi une grave blessure au pouce durant la saison et n'avait pu jouer que 37 matchs. Quand vint le temps des séries, Olczyk était désormais réserviste et ne joua qu'un seul match, durant la finale de conférence contre les Devils. 

Le même scénario s'était produit pour Mike Hartman, lui qui n'avait joué que 35 matchs en saison et aucun en séries. 

Comme ils avaient quand même accompagné l'équipe durant l'entièreté de la saison et les séries, l'équipe fit pression auprès de la LNH pour les faire ajouter au trophée.

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Il y a donc une bonne quantité de joueurs qui se qualifient comme choix «LVEUP» dans le genre «qu'est-ce qu'il fait là lui?». Celui qui détonnerait normalement le plus serait le défenseur Doug Lidster, lui qui venait lui aussi d'arriver avec les Rangers et qui dut se mesurer à ses anciens coéquipiers de longue date lors de cette finale, alors qu'il avait passé les 10 saisons précédentes à Vancouver. Cependant j'ai déjà écrit un texte sur lui alors je vais aller voir ailleurs.

J'ai donc choisi l'attaquant Greg Gilbert. Cet attaquant de soutien avait joué l'entièreté des 23 matchs en séries pour les Rangers de 1994, amassant 1 but et 3 passes. Avant de signer comme agent libre avec l'équipe à l'été 1993, il avait précédemment joué avec les Blackhawks et avant ça avec les Islanders de 1982 à 1989. Comme joueur recrue avec les Islanders en 1981-82, il avait seulement joué un match en saison et quatre en séries, dont aucun en finale, ce qui le disqualifiait pour avoir son nom gravé sur la coupe.


Cependant en 1982-83, lors de la dernière des quatre conquêtes d'affiliée des Islanders, il joua 45 matchs en saison et 10 en séries, dont un en finale contre les Oilers. Cela lui permit d'avoir une première bague. Avec cette deuxième conquête 11 ans plus tard avec les Rangers, il devint le premier et seul joueur à ce jour à remporter la coupe avec les deux clubs newyorkais de la LNH.

Pour ce qui est du staff, celui qui détonne le plus est Larry Pleau, qui était alors assistant DG à Neil Smith. J'ignorais totalement ce passage à New York pour sa part, lui qui est davantage associé aux Blues (DG de 1997 à 2010) et aux Whalers (DG 1981-83 et coach 1980-82). Il était en fait en poste avec les Rangers depuis 1989 et quittera en 1997 pour St.Louis.

Il y a aussi Martin Madden qui détonne du lot. Longtemps directeur du recrutement des Nordiques de 1980 à 1988 et ensuite directeur général de ces derniers jusqu'en 1990, Madden venait de se retrouver du boulot au bon moment avec les Rangers alors qu'il s'agissait de sa première année avec eux en 1994. Il n'y sera d'ailleurs que durant cette seule saison. Il refit surface en 2000-01 comme recruteur avec le Canadien avant de devenir assistant-dg à André Savard pendant deux saisons.


C'était donc les gravures de 1994. On se revoit en 1995 avec les Devils.

samedi 21 décembre 2024

Histoires de coupes: 1993

 




Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Aujourd'hui on poursuit dans les années 90 avec une édition peut-être un peu trop familière pour trouver un vrai joueur intrus à la LVEUP mais on va quand même faire notre possible...

Chapitres précédent: 1990, 1991, 1992

1993 - Canadiens de Montréal


D'abord, avant de commencer, merci à mon collègue keithacton pour cette photo originalement publiée sur un ancien billet de 2014 sur les problèmes d'identité du club avec ses différents noms inscrits sur le trophée. Difficile à croire, mais je n'avais pas réussi à trouver une seule autre bonne photo des noms gravés de 1993 après plusieurs recherches. Comme quoi LVEUP est vraiment LA référence on dirait... Sti qu'on est hot.

Donc sur ce, allons-y donc.


Joueurs: Guy Carbonneau (C), Paul DiPietro, Denis Savard (A), Vincent Damphousse, Jesse Bélanger, Stéphan Lebeau, Kirk Muller (A), Mike Keane, John LeClair, Benoit Brunet, Brian Bellows, Gary Leeman, Ed Ronan, Mario Roberge, Todd Ewen, Gilbert Dionne, Rob Ramage, Kevin Haller, Lyle Odelein, Mathieu Schneider, Éric Desjardins, Donald Dufresne, Sean Hill, Patrice Brisebois, J. J. Daigneault, Patrick Roy, André Racicot

Staff: Ronald Corey (Chairman/President), Serge Savard (Vice President/General Manager), Jacques Demers (Head Coach), Jacques Laperrière (Asst. Coach), Charles Thiffault, (Asst Coach), Francois Allaire (Goaltending Coach), Jean Béliveau (Sr. Vice President-Director of Cooperate Affairs), Jacques Lemaire (Asst. General Manager/Director of Player Personnel), André Boudrias (Asst. General Manager), Gaétan Lefebvre (Athletic Trainer), John Shipman (Asst. Athletic Trainer), Eddy Palchak (Equipment Manager), Pierre Gervais (Asst. Equipment Manager), Robert Boulanger (Asst. Equipment Manager)


Difficile ici d'élire mon choix sur un joueur no-name ou que j'ignorais qu'il avait gagné la coupe etc. Cette édition est tellement gravée dans ma mémoire.

Cependant, une chose qui m'a toujours fasciné avec l'édition de 1993 était la composition des attaquants. Les quatre principaux canons à l'attaque provenaient tous d'ailleurs et n'étaient pas avec l'équipe depuis très longtemps. Kirk Muller s'était amené en 1991 (en retour de Stéphane Richer), tandis que Brian Bellows et Vincent Damphousse étaient tous frais arrivés du Minnesota (contre Russ Courtnall) et d'Edmonton (contre Shayne Corson et autres). Et ce que je considère être le quatrième canon (sur papier) Denis Savard était lui aussi relativement nouveau, étant arrivé en provenance de Chicago (contre Chris Chelios) en 1990-91. Cependant en 1992-93 il avait définitivement ralenti et ne sera pas un gros impact en séries.

Ces gros canons avaient jusque-là passé pas mal toute leur carrière dans l'ombre des autres vedettes offensives des 10-15 années précédentes. Savard était un des meilleurs joueurs des années 80 mais était inévitablement éclipsé par les Gretzky, Lemieux, Stastny, Bossy, Kurri etc. malgré qu'il demeure au 4e rang des meilleurs pointeurs de la décennie.

Bellows, Damphousse et Muller contre les Nordiques

Muller était un très bon joueur mais qui devait vivre avec le fait d'avoir été repêché deuxième derrière Mario Lemieux. Bellows était lui aussi un 2e choix au total (en 1982) et avait connu d'excellentes saisons au Minnesota. Mais on dirait qu'il n'avait jamais été considéré comme une star, probablement parce qu'il n'a jamais eu une saison de 100 points. Il en avait toutefois eu une de 99 en 1989-90.

Pour sa part, Damphousse (6e choix au total en 1986) était lui aussi un excellent joueur à Toronto, pour ensuite servir de monnaie d'échange dans la méga transaction entre Toronto et Edmonton envoyant Grant Fuhr et Glenn Anderson aux Maple Leafs. Lui aussi n'aura jamais connu de saisons de 100 points (max. 97) et aura été sans le vouloir dans l'ombre de Lemieux, étant considéré par plusieurs comme le deuxième meilleur attaquant québécois de la ligue à un moment, quoique c'est très subjectif et débattable.

En fait, aucun de Bellows, Damphousse ou Muller n'ont eu de saisons de 100 points, les trois s'en étant souvent approché avec des 94, 97 ou 99 points. Mais ce n'était pas non plus des piochons et en 92-93 tout a semblé cliquer à moment donné. On parle beaucoup de Patrick Roy comme étant le principal élément qui a fait des Canadiens les champions en 1993, mais il fallait également quelqu'un capable de marquer le gros but quand il fallait. Cette très bonne combinaison d'échanges et de talent local ont fait de l'édition 1993 quelque chose qui a marché. Damphousse a marqué 11 buts, Muller 10 et Bellows a eu 15 points en 18 matchs. Pour Denis Savard ça a pas trop marché comme on le sait tous, pouvant seulement jouer durant 14 matchs et ratant l'entièreté de la finale étant blessé. 

Bref je voulais pas trop m'éterniser sur ce groupe mais je l'ai toujours trouvé spécial. Cependant comme choix «LVEUP» je ne sais pas trop encore qui choisir. Il y a bien sûr un Paul DiPietro un peu sorti de nulle part avec ses 8 buts. Ou bien Ed Ronan. Ou bien Donald Dufresne. Ou bien Gary Leeman... mais j'ai déjà fait un texte sur lui.

Ou bien Jesse Bélanger. Ce dernier a eu son nom gravé sur la coupe malgré qu'il ne se qualifiait pas officiellement. Il avait seulement joué 19 matchs en saison régulière et 9 autres en séries, mais aucun en finale. 

Je vais finalement élire mon choix sur nul autre que Rob Ramage. Avec du recul c'est vraiment lui qui détonne le plus par sa présence.

On l'oublie peut-être, mais Ramage était un tout premier choix, en 1979, des défunts Rockies du Colorado. Il s'est ensuite promené pas mal. D'abord avec les Blues de 1982 à 1988, ensuite à Calgary dans l'échange envoyant Brett Hull à St.Louis. Il aboutit ensuite à Toronto (où il fut brièvement capitaine) et ensuite au Minnesota. Il fut ensuite sélectionné par le Lightning au repêchage d'expansion et fut un de leurs premiers défenseurs. Mais au mois de mars 1993, les Canadiens désiraient des renforts pour les séries et ils conclurent donc une transaction avec le Lightning. On envoya donc au Lightning les défenseurs Éric Charron et Alain Côté, qui évoluaient tous les deux à Fredericton, en plus de considérations futures.

Également à noter qu'à ce moment, Ramage était le seul membre du club, à l'exception de Guy Carbonneau et Patrick Roy, à avoir remporté la Coupe Stanley (1989 contre le Canadien et ces mêmes Carbonneau et Roy). Le club voulait de la profondeur et de la robustesse et c'est ici que Ramage semblait être un bon fit. Le club était quand même assez soft et Serge Savard voulait un gars aguerri si jamais le CH se reprenait de nouveau contre les Bruins en séries, ce qui n'arriva pas au final.

Ramage était également assez connu de l'organisation, ayant joué plusieurs saisons sous les ordres de Jacques Demers à St-Louis, et ayant aussi joué avec plusieurs joueurs comme Damphousse et Bellows au cours des années.

Quoique Ramage et Demers avaient aussi eu à en découdre en tant qu'adversaires... mais j'imagine qu'ils avaient enterré la hache de guerre depuis.


«You're dead fucking meat Jacques!»
Classique division Norris...


Ramage ne fut pas un très grand facteur cependant à Montréal, étant définitivement en fin de carrière. Il joua seulement 8 matchs pour terminer la saison, en ratant quelques-uns blessés ou laissé de côté. En séries, il ne joua que 7 matchs (5 contre Québec, et 2 contre Buffalo). 

Son seul véritable fait notable sera d'avoir servi d'inspiration à ses coéquipiers après être revenu au jeu après avoir mangé une rondelle au visage contre les Nordiques.

C'est d'ailleurs la seule archive vidéo que j'ai pu trouver de Ramage avec le Canadien... Mais vous regarderez le documentaire au complet si vous avez le temps. Frissons garantis.




Bref, après cette deuxième bague de la Coupe Stanley pour Ramage, le club décida de le garder un an de plus. Il débuta la saison 93-94 à Montréal mais il était alors totalement déphasé et le club l'envoya aux Flyers en retour d'une somme d'argent en novembre 1993. Ramage ne joua ensuite que 15 matchs avec les Flyers avant de prendre sa retraite.

En 2003, Ramage se rendait en voiture à un meeting de l'association des joueurs à Toronto avec l'ancien des Blackhawks Keith Magnuson. Il dérapa dans l'autre voie et entra en collision avec un véhicule, tuant Magnuson sur le coup. Ramage fut accusé de conduite dangereuse en état d'ébriété. Les procédures légales perdurèrent pendant de nombreuses années mais finalement, il eut à purger 4 ans en prison, ce qui fut éventuellement réduit à moins d'un an. Il est revenu avec l'organisation montréalaise en 2014, d'abord comme entraîneur du développement et depuis 2017 comme directeur du développement.

Il est à noter également que le CH dut se départir des services de Donald Dufresne après la conquête. Dufresne fut alors envoyé au Lightning, étant désigné comme la considération future, désormais au présent, que le CH dut envoyer pour compléter l'échange de Ramage. Tout compte fait, Eric Charron, Alain Côté et Donald Dufresne contre 15 matchs de Rob Ramage c'était assez cher payé...

Également à noter au sujet de Dufresne, ce dernier a aussi eu son nom gravé sur la coupe, étant habillé lors du dernier match contre les Kings, ce qui le qualifiait pour avoir son nom. Il n'avait auparavant joué que 32 matchs en saison, ce qui l'aurait autrement disqualifié. Demers aimait bien Dufresne et raya Kevin Haller de l'alignement lors de ce match #5 afin de faire vivre ça à Dufresne. Un bon jack, ce Jacques.

Ensuite, terminons avec une histoire ou deux chez le staff. Il y a les noms habituels de l'époque comme Eddy Palchak et Gaétan Lefebvre ainsi que Jean Béliveau et compagnie. Mais il y en a un qui mérite un peu plus d'attention.

Charles Thiffault (avec un rare caméo de Patric Kjellberg en arrière-plan)


L'assistant-coach Charles Thiffault avait d'abord obtenu un doctorat en éducation physique en Californie. Il fonda en 1974 un groupe de recherche pour le perfectionnement des méthodes d'enseignement du hockey et dirigea plusieurs équipes universitaires avant de joindre les rangs des Nordiques en 1980. Il suivit ensuite Michel Bergeron lorsque ce dernier prit le chemin de New York mais revint au Québec en 1990 comme adjoint de Pat Burns avec le CH. 

Il quitta la LNH en 1995 et à l'exception d'un an comme entraîneur des Huskies de Rouyn-Noranda en 1998-99, il n'a jamais retravaillé dans le hockey.

Également dans le staff, mention spéciale à André Boudrias dont j'avais oublié la présence en 1993. L'ancien des Canadiens, North Stars, Canucks et Nordiques durant les années 70, fut nommé assistant directeur-général en 1983-84 et restera en poste jusqu'en 1996 lorsqu'il devint dépisteur au New Jersey. Il a ainsi pu voir son nom gravé à 4 reprises sur le trophée (1986, 1993, 2000, 2003).


On se revoit en 1994.


mercredi 18 décembre 2024

Histoires de coupes: 1992


 



Chaque édition de champions qui se retrouve inscrite annuellement sur le trophée comporte son lot d'histoire et de petits détails fascinants. Il y a bien sûr des joueurs vedettes que l'on reconnait inévitablement, mais moi, ce que je préfère, ce sont évidemment les joueurs no-names ou ceux que je ne me souvenais pas qu'ils avaient joué avec l'équipe ou même qu'ils avaient gagné la coupe. Parfois aussi, ce sont les membres du staff qui me fascinent. 

Donc, au cours du texte, je porte mon choix sur un ou deux joueurs qui détonnent du lot par leur présence.

Aujourd'hui on poursuit dans les années 90 avec la deuxième édition championne des Penguins de Pittsburgh, celle de 1992.

Chapitres précédent: 1990, 1991

 

Penguins de Pittsburgh - 1992


Joueurs: Ron Francis, Shawn McEachern, Ken Priestlay, Bryan Trottier (A), Jiri Hrdina, Mario Lemieux (Captain), Joe Mullen, Bob Errey (A), Jock Callander, Jay Caufield, Jamie Leach, Troy Loney, Kevin Stevens, Phil Bourque, Dave Michayluk, Jeff Daniels, Mike Needham*, Jaromir Jagr, Rick Tocchet, Jim Paek, Grant Jennings, Ulf Samuelsson, Jeff Chychrun, Paul Stanton, Kjell Samuelsson, Gordie Roberts, Peter Taglianetti, Larry Murphy, Wendell Young, Ken Wregget, Tom Barrasso

Staff: Morris Belzberg (Owner), Howard Baldwin Sr. (Owner/President), Thomas Ruta (Owner), Donn Patton (Vice President-Chief Financial Officer), J. Paul Martha (Vice President-General Council), Craig Patrick (Vice President/General Manager), Bob Johnson (Coach), William Scotty Bowman (Head Coach/Director of Player Development-Recruitment), Barry Smith (Asst. Coach), Rick Kehoe (Asst. Coach), Pierre McGuire (Asst. Coach), Gilles Meloche (Goaltending Coach/Scout), Rick Paterson (Asst. Coach), Steve Latin (Equipment Manager), Charles "Skip" Thayer (Trainer), John Welday (Strength-Conditioning Coach), Greg Malone (Head Scout), Les Binkley (Scout), Charlie Hodge (Scout), John Gill (Scout), Ralph Cox (Scout)
 
 
Quand même beaucoup de changement entre les éditions 1991 et 1992 des Penguins. La majorité des gros canons sont toujours présents (Lemieux, Jagr, Francis, Barrasso, Murphy, Mullen) mais plusieurs furent remplacés, notamment Mark Recchi et Paul Coffey qui firent partie d'un blockbuster à trois équipes entre les Flyers, Penguins et Kings. Ce sont alors Rick Tocchet, Kjell Samuelsson et le gardien Ken Wregget qui prirent leurs places. 

Il y avait également quelques départs dans les joueurs de soutien, comme Barry Pederson, Randy Gilhen, Randy Hillier, Frank Pietrangelo et surtout Scott Young. Le futur joueur des Nordiques n'avait pas évolué dans la LNH en 1991-92, évoluant plutôt en Italie et avec l'équipe olympique américaine. Il fut en fait échangé aux Nordiques en mars 1992 mais termina l'année en Italie avant de venir à Québec à l'automne.
 
Mais pour le remplacer, notons la présence du jeune Shawn McEachern qui célébra en grande sa première saison recrue dans la LNH avec rien de moins qu'une bague et son nom gravé. Il avait obtenu 9 points en 19 matchs durant les séries.

Mais, comme choix de joueur élu de style «LVEUP» pour cette édition, je n'ai d'autre choix que d'y aller pour trois joueurs avec la «Muskegon Line» composée de Jock Callander, Dave Michayluk et Mike Needham, soit une des meilleurs histoires feel-good de l'époque et un classique des histoires de ligues mineures.


Jock Callander au centre avec la coupe et entouré de Mike Needham (premier en haut à gauche)
et Dave Michayluk (à gauche de Mario Lemieux).



Comme en 1991, les Penguins réussirent à se rendre jusqu'au bout malgré plusieurs blessures dans leur alignement. Si en 1991 c'était principalement les gardiens qui étaient éclopés, en 1992 il s'agissait plutôt des attaquants. 

Mario Lemieux par exemple, eut à rater six matchs durant les séries. Rick Tocchet et Bob Errey en manquèrent sept chacun, tandis que Joe Mullen ne put jouer que 9 matchs.

C'est quand même bien quand tu as des Jagr, Francis, Bryan Trottier et Kevin Stevens pour (grandement) compenser, mais au final, tu as souvent besoin de profondeur et de «grinders» en séries, et c'est ici que la «Muskegon Line» est entrée dans la légende.
 
Callander, Michayluk et Needham évoluaient tous avec le club-école, les Lumberjacks de Muskegon dans la IHL. Callander et Michayluk sont d'ailleurs parmi les meilleurs joueurs de l'histoire de cette ligue et formaient un duo redoutable depuis plusieurs saisons. Cependant, ils n'avaient jamais réussi à percer la LNH malgré quelques flashs au cours des années pour Callander, le meilleur des trois. Mais même ce dernier n'avait pu être rappelé ne serait-ce qu'un seul match durant la saison régulière, et il croyait même que son tour ne reviendrait jamais et était content de demeurer dans la IHL. 
 
Pour sa part, Mike Needham était un choix de 1989 qui n'avait encore disputé aucun match dans la LNH, tandis que le dernier match Michayluk remontait à novembre 1982 avec les Flyers!

Donc, le coach Scotty Bowman rappela les trois joueurs tour à tour, eux qui évoluaient sur la même ligne à Muskegon. Il décida de les garder ensemble la plupart du temps, voulant garder leur chimie. Cependant, Callander joua 12 matchs (4 points), contre 7 pour Michayluk (2 points) et 5 pour Needham (1 point).


 

Pendant ce temps, les normalement puissants Lumberjacks de Muskegon écopèrent puisque sans leurs 3 gros canons, ils s'inclinèrent en finale de la IHL. 

Mais la «Muskegon Line» put voir ses joueurs avoir leurs noms gravés sur le précieux trophée en 1992. Cependant, en réalité, seulement Callander et Michayluk se qualifiaient officiellement pour recevoir ce privilège alors qu'ils avaient disputé au moins un match en finale. Les cinq matchs de Needham eurent tous lieu avant la finale mais il continua à accompagner l'équipe jusqu'à la fin. 

L'équipe fit toutefois la demande auprès de la ligue pour avoir le trio au complet sur le trophée.
 
En plus, pour continuer dans la thématique, les trois ont été gardés ensemble sur la même ligne:



En fait, les Penguins ont aussi fait pression pour inclure un autre joueur qui ne se qualifiait pas, soit Jeff Daniels, lui qui avait seulement joué deux matchs en saison et aucun en séries.

L'édition de 1992 des Penguins avait aussi établi un record à ce moment en incluant 31 joueurs et 21 membres du staff. En conséquence, aucun titre (président, coach, propriétaire etc.) ne fut gravé, seulement le prénom et nom de famille. Seulement Mario Lemieux eut droit à avoir la mention «Capt.».

Du coté du staff, les Penguins de 1992 firent également la demande pour graver le nom de leur ancien coach, Bob «Badger» Johnson, celui qui les avaient mené à la conquête l'année précédente avant de décéder subitement d'un cancer du cerveau en novembre 91. 

Gilles Meloche et Rick Kehoe, dont j'ai parlé dans l'édition de 1991, étaient toujours fidèles au poste en 1992, comme beaucoup d'autres. Seulement, comme l'édition 1992 put comprendre plus de noms, plusieurs autres membres du staff qui étaient présents en 1991 sans pouvoir avoir leur nom gravé, purent l'avoir en 1992. C'était le cas des recruteurs Pierre McGuire, Ralph Cox, Charlie Hodge et Les Binkley.

McGuire, vous le connaissez pour son travail à la télé ainsi que son bref passage comme entraineur-chef des Whalers en 1993-94. Charlie Hodge est bien sûr l'ancien gardien du Canadien, des Seals et des Canucks et Les Binkley était le premier gardien numéro un de l'histoire des Penguins, jouant avec l'équipe de 1967 à 1972 avant de migrer dans l'AMH. 

Cependant comme choix «LVEUP» j'ai choisi Ralph Cox. Son nom m'était familier sans que je me rappelle de où. Si vous avez vu le film «Miracle», vous vous souvenez peut-être de lui, il s'agit du dernier joueur retranché par Herb Brooks en vue des Olympiques de 1980.

Choix de 7e ronde des Bruins en 1977, Cox ne s'est jamais rendu à la LNH. En fait, il a à peine joué une trentaine de matchs dans les ligues mineures entre 1980 et 1984, passant le reste du temps dans la SM-Liiga. Il prit sa retraite en 1985 et c'est en 1989 qu'il devint recruteur chez les Penguins.

S'il n'a pas pu faire partie de l'équipe «Miracle», il peut toutefois se vanter d'avoir deux bagues de la coupe, dont celle de 1991 obtenue contre son ancien coéquipier Neal Broten des North Stars.

Cox demeura en poste à Pittsburgh jusqu'en 1999 et n'a jamais plus retravaillé dans le hockey depuis, se concentrant plutôt dans l'immobilier.

Avec leur conquête de 1991, les Penguins avaient rempli le dernier espace sur la 5e grande bande de la Coupe Stanley. Comme la LNH ne voulaient plus en rajouter d'autres pour éviter d'agrandir davantage le trophée, un ancien problème d'ailleurs dans les années 30-40, il fut décider de retirer la première bande contenant les champions de 1927-28 à 1939-40 au profit d'une nouvelle. L'ancienne bande est depuis ce temps au Temple de la renommée.

Depuis ce temps, à chaque 13 saisons (chaque bande pouvant contenir 13 équipes championnes), une bande est retirée et remise au Temple. La plus récente bande à subir ce sort fut en 2018 lorsque les Capitals devinrent champions. On retira alors la bande contenant les champions de 1953-54 à 1964-65, faisant en sorte de faire disparaître plusieurs noms illustres comme ceux de Maurice Richard et Gordie Howe... c'est la vie.

C'était donc les histoires de la Coupe de 1992. On se revoit avec une édition familière en 1993...